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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 23:35
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

La crise ivoirienne traitée demain à l'ONU: Chirac attaque, Gbagbo riposte / Le coup d'Etat de Chirac en treize points /Laurent Gbagbo : “La France et l'Afrique doivent assumer leur histoire commune ”


Mercredi 25 octobre 2006, le Conseil de sécurité des Nations-unies se réunit au siège de l'organisation planétaire à New York (Etats-Unis) pour prendre une nouvelle résolution de sortie de crise en Côte d'Ivoire. Comme à son habitude, le président français Jacques Chirac vient d'introduire à l'ONU un projet de résolution qui consacre le coup d'Etat dans notre pays. Le président Laurent Gbagbo qui en a été alerté aurait déjà réagi.
Trente (3O) lettres, au bas mot. Dans le silence des tractations diplomatiques pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire, c'est le total des correspondances que le président Laurent Gbagbo se serait résolu à envoyer à certains de ses pairs africains et du monde entier. Les quinze (15) premières lettres ont été adressées aux chefs d'Etat et de gouvernement africains membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) et les quinze dernières aux chefs d'Etat et de gouvernement membres du Conseil de sécurité (CS) de l'Organisation des Nations unies (ONU). Ces trente correspondances contiennent presque toutes le même message.
Dans un premier temps, le président de la République de Côte d'Ivoire, chef de l'Etat, rappelle aux chefs d'Etat et de gouvernement d'Afrique et des autres continents, destinataires du courrier, que les dernières décisions du CPS de l'Union africaine découlent d'un large consensus sur la Côte d'Ivoire au sein de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et que c'est ce consensus qui a été entériné le mardi 17 octobre 2006 à Addis-Abeba. Il félicite donc les hautes autorités africaines pour le travail abattu et rappelle que les décisions de l'UA, bien que critiquables, ouvrent la voie à des “perspectives de paix” pour son pays. Ensuite, ayant écrit cela, le président Gbagbo leur annonce que “toute autre mesure qui tendrait à transférer les pouvoirs relevant des attributions du président de la République élu au Premier ministre, notamment les nominations aux emplois civils et militaires, la signature des décrets et des ordonnances ainsi que la promulgation des lois, constituerait une suspension de la Constitution ivoirienne”. Enfin, s'élevant contre la possibilité d'une telle forfaiture, le président Gbagbo fait cette sévère mise en garde : “L'ONU, dont la Côte d'Ivoire est membre, violerait ainsi sa propre charte et se rendrait coupable d'une atteinte à la souveraineté de mon pays. Cela ne sera pas accepté par le gouvernement de Côte d'Ivoire dont je suis le représentant légal et légitime”. Bien évidemment, Laurent Gbagbo appelle chaque destinataire africain ou onusien à la vigilance.
Chirac continue sa guerre
A l'origine de cette offensive diplomatique du chef de l'Etat ivoirien, se trouve un guerrier “projet de résolution” introduit par le président français Jacques Chirac auprès des ambassadeurs des cinq pays membres permanents et des dix pays membres non permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. De toute évidence, président ivoirien a été alerté par “ses ” nombreuses amitiés approchées par les émissaires chiraquiens à l'ONU. Car, dans ce projet de résolution nocif, dangereux et porteur de germes de guerre civile et dont nous avons obtenu les extraits ci-dessous, le président français demande que le Conseil de sécurité : 1°)- apporte son soutien au Groupe de travail international (dont le CPS a pratiquement mis fin au mandat le 17 octobre dernier) ; 2°)- décide que la résolution (en préparation) soit le seul cadre légal de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire ; 3°)- décide que cette transition (31 octobre 2006-31 octobre 2007) soit la dernière pour les autorités ivoiriennes ; 4°)- décide que le Premier ministre de la transition dispose de tous les pouvoirs nécessaires, y compris les nominations aux emplois civils et militaires ; 5°)- décide que le Premier ministre signe et promulgue les ordonnances et décrets-lois pris en conseil de gouvernement et en conseil des ministres ; 6°)- décide que le Premier ministre autorise par ordonnance la délivrance des jugements supplétifs et des certificats de nationalité au cours des audiences foraines ; 7°)- décide que l'ONUCI et les forces françaises Licorne assurent la restructuration des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire ; 8°)- décide qu'un groupe travail mis en place par le Haut représentant des Nations-unies pour les élections (HRE) et le Premier ministre procède à l'identification et à l'organisation des élections; 9°)- décide que le HRE soit la seule autorité chargée d'arbitrer les conflits et contentieux électoraux ; 10°)- décide que la sécurité du Premier ministre, ainsi que la protection de ses bureaux, soien assurées par des éléments des FDS ivoiriennes triés et choisis par le Premier ministre lui-même ; 11°)- décide que toutes les manifestations de rue soient interdites ; 12°)- décide que toute attaque contre les forces de l'ONU et les forces Licorne qui les soutiennent ne sera pas tolérée ; 13°)- décide que le processus de paix dans la nouvelle transition sera évalué tous les trois mois, la première évaluation intervenant avant le 30 avril 2007 et la seconde avant le 31 octobre 2007.

Les appuis intérieurs et extérieurs du complot

Ce projet de résolution introduit par Jacques Chirac au CS de l'ONU est guidé par trois motivations. D'abord, suite aux décisions du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine prônant le maintien de la Constitution ivoirienne et le prolongement du mandat du président Laurent Gbagbo, le président français aurait piqué une grave crise de nerf. Il aurait, en privé, dans un de ses accès de racisme mal contenus dont il a le secret, traité les chefs d'Etat et de gouvernement africains membres du CPS de “connards, nègres ” et, à ses yeux de négrier gaulliste “incapables de la moindre responsabilité”. Apparemment, Chirac a décidé de prendre lui-même les choses en main. D'où, la proposition qui contredit les décisions de l'Union africaine. Le président français est d'autant plus à l'aise que, et c'est la deuxième motivation de son projet, par un courrier daté du 20 octobre 2006 et adressé à Kofi Annan avec ampliations à tous les membres du Conseil de sécurité (voir encadré, le G7 vend la Côte d'Ivoire à Chirac), l'opposition politico-armée du G7 ivoirien demande “avec insistance la suspension de la Constitution..., la résolution de l'ONU devant être le seul acte juridique qui régisse la nouvelle transition (point 2 des extraits du projet de résolution); la mise à l'écart du chef de l'Etat, Monsieur Laurent Gbagbo, de la gestion de la transition” et, enfin, “la transcription par les Nations unies dans la prochaine résolution de tous les pouvoirs de l'exécutif au Premier ministre pour présider les conseils des ministres, signer les ordonnances et les décrets-lois et nommer aux hautes fonctions politiques, administratives et militaires (points 4 et 5 des extraits du projet chiraquien). Chirac a même si bien entendu les cris de ses suppôts et traîtres à la Nation ivoirienne qu'il a fait droit à leur “recommandation d'une évaluation trimestrielle” de la nouvelle transition (point 13 des extraits du projet de résolution). Enfin, le président français croit tenir son affaire, parce que, dans une déclaration pondue la semaine dernière, le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, énonçait clairement que “les institutions internationales établissant les modalités de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire auront...la prééminence sur la constitution et les lois ivoiriennes ”.
Les choses sont ainsi plus claires que jamais. Jacques Chirac est animé d'une farouche volonté de parachever le coup d'Etat entamé le 19 septembre 2002 par ses bras séculiers ivoiriens et qui a foiré. En face, le président Gbagbo oppose une silencieuse et héroïque résistance qui mérite d'être portée à l'attention des patriotes ivoiriens.

César Etou cesaretou2002@yahoo.fr


Le coup d'Etat de Chirac en treize points

Voici résumé en treize (13) points le projet de résolution que le président français compte faire adopter au Conseil de sécurité de l'ONU demain:
...Le Conseil de sécurité de l'ONU :

1°)*- apporte son soutien au Groupe de travail international (GTI) ;
2°)- décide que la résolution (en préparation) soit le seul cadre légal de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire ;
3°)- décide que cette transition (31 octobre 2006-31 octobre 2007) soit la dernière pour les autorités ivoiriennes ;
4°)- décide que le Premier ministre de la transition dispose de tous les pouvoirs nécessaires, y compris les nominations aux emplois civils et militaires ;
5°)- décide que le Premier ministre signe et promulgue les ordonnances et décrets-lois pris en conseil de gouvernement et en conseil de ministres ;
6°)- décide que le Premier ministre autorise par ordonnance la délivrance des jugements supplétifs et des certificats de nationalité au cours des audiences foraines ;
7°)- décide que l'ONUCI et les forces françaises Licorne assurent la restructuration des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire ;
8°)- décide qu'un groupe de travail mis en place par le Haut représentant des Nations-unies pour les élections (HRE) et le Premier ministre procède à l'identification et à l'organisation des élections ;
9°)- décide que le HRE soit la seule autorité chargée d'arbitrer les conflits et contentieux électoraux ;
10°)- décide que la sécurité du Premier ministre, ainsi que la protection de ses bureaux, soient assurées par des éléments des FDS ivoiriennes triés et choisis par le Premier ministre lui-même ;
11°)- décide que toutes les manifestations de rue soient interdites ;
12°)- décide que toute attaque contre les forces de l'ONU et les forces Licorne qui les soutiennent ne sera pas tolérée ;
13°)- décide que le processus de paix dans la nouvelle transition sera évalué tous les trois mois, la première évaluation intervenant avant le 30 avril 2007 et la seconde avant le 31 octobre 2007.
*La numérotation des points du projet est de la rédaction.



C.E


Laurent Gbagbo : “La France et l'Afrique doivent assumer leur histoire commune ”
“Quand nous regardons la liste des anciens combattants, on constate que la plupart sont morts. Nous devons prendre soin de ceux qui sont encore en vie. Et nous en prendrons soin... C'est récemment, grâce à un film produit par un cinéaste, que les soldes des anciens combattants africains ont été alignés sur ceux de leurs amis français. Et qu'ils soient payés au même moment. Il faut que les Africains et les Français comprennent que cette histoire des Africains dans l'armée française, c'est notre histoire commune. C'est aussi bien l'histoire de l'Afrique que de la France. Il faut éviter de biaiser cette histoire. Mon métier m'a appris qu'à des moments, l'histoire de deux, de trois ou de quatre pays est mêlée. Au temps de Charlemagne, on ne pouvait pas faire la distinction entre la France et l'Allemagne. Il y a des moments où l'histoire est commune à plusieurs peuples. Il faut l'assumer. Il ne faut pas dire qu'on ne la voit pas. Il faut la regarder et l'assumer en tant que telle. C'est-à-dire qu'il faut en tirer les leçons. Quelquefois, cela peut mener à des embrassades, à des amitiés. Cela peut quelquefois aussi mener à des frictions. Mais c'est notre histoire commune et nous n'avons pas à la cacher. Nous avons une histoire commune, écrite par la sueur et le sang de nos parents communs. Et, en se battant contre l'Allemagne, l'Italie et le Japon, nos parents se sont battus pour leur pays. Parce que c'était notre pays. C'est l'histoire, et il faut qu'on l'assume. Il faut que les jeunes générations l'apprennent. Nous l'avons appris un peu à l'école, car, à l'époque, nous étions sous régime français. La première fois que j'ai débarqué à Paris, j'avais ma carte d'identité. J'allais d'un point à un autre de mon pays. Je n'avais pas besoin de visa et de passeport. C'est une autre histoire. Donc, nous avons une histoire commune. Nos parents ont servi vaillamment notre pays à cette époque-là. Si, aujourd'hui, les Français décorent l'adjudant Yéo, c'est parce qu'ils reconnaissent cette histoire commune. Nous aussi, nous avons le devoir de le décorer pour reconnaître notre histoire commune. C'est pourquoi adjudant-chef Yéo Naniéné Horona, au nom du peuple de Côte d'Ivoire, nous vous faisons commandeur de l'Ordre national ”.







Propos recueillis par Faustin Yao K.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans INSECURITE
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