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25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 00:01
AVANT LA REUNION DU CONSEIL DE SECURITE : Voici le projet de résolution de la France


Avant de prendre leurs retraites respectives, Chirac et Kofi Annan veulent définitivement régler le " cas Gbagbo ". Après l'échec des manigances à l'Ua c'est à l'Onu que le président français et les siens veulent jouer leur va-tout. Un projet de résolution de mise sous tutelle de la Côte d'Ivoire circule déjà sous les manteaux à New York

La France veut encore peser de tout son poids sur la prochaine rencontre du conseil de sécurité. Qui le 25 octobre prochain doit se pencher sur le cas ivoirien. Un projet de résolution circule donc déjà dans les couloirs de la maison de verre. Selon ce document que la France veut faire adopter par le conseil de sécurité, et dont nous avons pu nous procurer copie, Chirac qui tient toujours à son projet de suspension de la constitution ivoirienne, insiste pour que le conseil de sécurité des nations unies " décide que la résolution (en préparation) soit le seul cadre légal de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire ". C'est que le président français désormais conscient d'avoir crié trop tôt victoire après le sommet de l'Ua ne veut plus se laisser surprendre. Ses projets n'ayant pas abouti du côté de l'Ua malgré le forcing de Sassou Nguesso, c'est maintenant au tour de Kofi Annan de jouer sa partition. Et le Sg de l'Onu n'a d'ailleurs pas manqué, mais de façon édulcorée pour ne pas éveiller les soupçons, d'insister sur le fait que " cette transition soit la dernière ". L'Ua ayant manqué de courage pour suspendre la constitution et offrir de façon formelle tous les pouvoirs de Gbagbo à Banny. Chirac veut lui-même montrer la voie du " grand nettoyage ". A travers un projet de résolution qui porte en onze points, la France demande donc en sus la mise sous tutelle et que notamment " le premier ministre de la transition dispose de tous les pouvoirs nécessaires, y compris les nominations aux emplois civils et militaires ; et signe et promulgue les ordonnances et décrets-lois pris en conseils de gouvernement et en conseil des ministres ". En outre? selon les désirs de Chirac, après la réunion du 25 octobre prochain, Banny qui réclame en vain une garde prétorienne, pourra enfin, si l'Onu lui en donne le quitus, se constituer une armée avec " des éléments des Fds ivoiriennes triés et choisis par le premier ministre lui-même pour assurer sa sécurité ainsi que la protection de ses bureaux ". Ainsi Banny qui a révélé à la communauté internationale que " Mangou ne le respecte pas " aura les mains libres pour parachever ce que la rébellion est incapable de réussir depuis 4 ans. Mais le projet de la France ne s'arrête pas là. Chirac veut faire les choses en grand. Il envisage donc de tuer toute résistance dans l'œuf. Aussi, la métropole projette-t-elle de s'occuper elle-même de la montée en grade des rebelles. Cette tâche sera l'affaire de l'Onuci et de la force Licorne à charge d'assurer " la restructuration des forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire ". Et pour faire bien, l'Onu et tous les autres soutiens de Chirac dans sa guerre contre Gbagbo ne sont pas oubliés. Le Gti aura donc lui aussi sa part du gâteau. Le projet de résolution de la France " apporte son soutien au Groupe de travail international dont le Conseil de paix et de sécurité dont l'Ua a pratiquement mis fin au mandat le 17 octobre dernier ". Et c'est lui qui sera chargé de " réévaluer tous les trois mois, la première évaluation intervenant avant le 30 avril et la seconde avant le 31 octobre ". Mais pour mieux comprendre cette insistance de la France, faisons un retour en arrière. On s'en souvient, à l'issue du conclave de l'Union africaine, des révélations avaient été faites sur l'existence d'au moins 5 moutures différentes les unes des autres du communiqué final de la 64è réunion du conseil de paix et de sécurité. Et l'un de ces faux communiqués mis en circulation par les soins du secrétariat exécutif de la Cedeao disait en un de ces points qu'avec le départ du médiateur sud africain, l'Ua donnait les pleins pouvoirs au Gti et à l'Onuci pour gérer la crise ivoirienne. L'affaire était donc dans le sac pour Schori et Adada, les coprésidents du Gti. Il n'ont d'ailleurs pas, selon ce qui nous a été rapporté, manqué de manifester leur joie par des " we did it ! " Mais aujourd'hui, la vérité a fini par révéler que le Groupe de travail international est désormais out ! Consciente du fait que cette autre pilule trop amère risque de " soulever Abidjan ", la Françafrique a tout prévu. L'Onu va " interdire toutes les manifestations de rue ". En sus, " toute attaque contre les forces de l'Onu et la force Licorne ne sera pas tolérée ". Et pour assurer le départ définitif de Gbagbo des arcannes de la politique ivoirienne, la gestion des élections à venir sera exclusivement l'affaire du Haut représentant des Nations unies pour les élections. Au plan local le fait est que ce projet de mise sous tutelle de la Côte d'Ivoire par la France épouse point par point les propositions faites par le Rhdp dans une lettre que les houphouétistes ont adressée, en fin de semaine, à Kofi Annan avec ampliation aux 15 pays membres du conseil de sécurité. Dans ce courrier daté du 20 octobre, Bédié et Ado qui s'interrogent sur la " couardise " de l'Ua veulent, avec la caution de Kofi Annan, que l'Onu franchisse le pas. Ils " demandent avec insistance la suspension de la constitution. Et la mise à l'écart du Chef de l'Etat, de la gestion de la transition ".

Mireille Abié

L'énergie du désespoir

La haine est mauvaise conseillère. Car elle ruine toute lucidité et interdit toute appréciation judicieuse d'une situation donnée. Cette vérité maintes fois ressassée par les sages vient une fois encore de se vérifier avec la conduite pour le moins surprenante du président français qui semble avoir perdu la raison dans son combat contre le Président Laurent Gbagbo et la Côte d'Ivoire digne et résistante. Sinon comment comprendre qu'alors que la France qui a l'initiative des résolutions sur la Côte d'Ivoire à l'Onu a toujours clamé que son action est guidée par la seule volonté des Africains eux-mêmes, cette puissance colonisatrice décide de passer outre les volontés de la Cedeao et du Cps de l'Union africaine pour accomplir son projet de mise à mort du régime d'Abidjan ? Sur quoi s'appuie donc Jacques Chirac pour demander au Conseil de sécurité des Nations unies de suspendre la Constitution ivoirienne et transférer par la même occasion tous les pouvoirs de l'exécutif au Premier ministre, si ce n'est la haine pour Laurent Gbagbo ? Curieuse démarche pour une puissance dite impartiale qui reprend à son compte toutes les jérémiades et autres desiderata de l'opposition ivoirienne ! Pour ceux qui doutaient encore de l'implication de la France dans le conflit de Côte d'Ivoire, ils sont aujourd'hui situés sur la position qu'a toujours eue Paris dans la crise ivoirienne. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ce projet de résolution est une véritable humiliation pour les Africains dont les recommandations à l'ONU sont ainsi royalement ignorées par le colonisateur français. On se croirait au congrès de Berlin où le sort des Africains a été décidé en leur absence. Et cela, par le seul vouloir d'un homme qui ne supporte pas que le Chef d'un petit Etat d'Afrique lui tienne tête depuis plus de quatre années, alors que sonne pour lui la retraite politique. Le Conseil de sécurité de l'ONU a là l'occasion de gagner en crédibilité en tournant le dos aux pratiques mafieuses de l'ère Kofi Annan ou de tomber à jamais dans l'abîme de la prévarication, de la corruption et de la compromission. Fort heureusement, il existe encore des pays qui ont le sens de l'honneur et qui refusent de cautionner la mascarade de la France. Jean-Marc de la Sablière, le " monsieur à tout faire de l'Elysée " dépêché aux Nations Unies en sait quelque chose, lui qui reste sur deux revers essuyés récemment dans le cadre de la résolution de la crise ivoirienne. Les prochaines heures nous situeront davantage. Surtout que le Président Laurent Gbagbo, bien au fait des manœuvres françaises, n'entend pas rester les bras croisés. L'homme a son plan de contre offensive qu'il compte dérouler en temps opportun, et dont nous nous gardons ici, pour des raisons stratégiques, de dévoiler les grands axes.

Safiatou Ouattara

Les dessous d'une mauvaise foi

Le Conseil de Sécurité de l'ONU rendra public, à l'issue de sa réunion du 25 octobre prochain, une résolution plus corsée, nous dit-on, sur la Côte d'Ivoire. La quintessence de cette résolution a déjà fui les salons feutrés de New York pour nous parvenir. Ici sur les bords de la lagune Ebrié. La lecture de ce document qui allie mauvaise foi et duplicité, implique que l'on s'y arrête un moment. Pour remonter l'histoire récente des déclarations du Président Gbagbo. En effet, le chef de l'Etat ivoirien déclarait récemment que "les décisions prises à l'extérieur de la Côte d'Ivoire ne résoudraient rien". Et qu'il fallait laisser aux Ivoiriens le soin de trouver des solutions à leurs problèmes. C'est donc à ce jeu que Chirac veut avoir Gbagbo. L'attaquer sur son propre terrain. La première chose qu'il fait est de rédiger un rapport qu'il fait injonction au RHDP d'endosser, en tant que "Propositions de l'opposition politique ivoirienne". Une façon de dire à Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, ceci : "Gbagbo veut régler la crise avec ses frères ivoiriens, voici ce que ces mêmes frères souhaitent pour leur pays." Ainsi, le Conseil de sécurité de l'ONU pourra résoudre le problème ivoirien en décidant des points suivants : suspension de la Constitution afin que la nouvelle résolution de l'ONU soit le seul acte juridique qui régisse la nouvelle transition, mise à l'écart du Président Gbagbo, dévolution de tout le pouvoir exécutif au Premier ministre Banny, qui présidera les Conseil des ministres, signera les ordonnances, les décrets-lois et nommera enfin aux hautes fonctions politiques, administratives et militaires. Et tutti et quanti. On comprend aisément que là où la CEDEAO et l'UA n'ont pas franchi le pas, en admettant simplement des moyens pour que Banny opère, le G7 par Chirac interposé et par un jeu indigne de lobbying veuille induire l'ONU en erreur en lui demandant d'abroger la Constitution d'un Etat souverain, de surcroît membre de cette institution internationale. C'est là tout le grave danger que court la communauté internationale. Parce que ni le Président Gbagbo, ni le peuple souverain de Côte d'Ivoire, n'accepteront une résolution sortie de l'imagination de Annan et de Chirac pour satisfaire Ouattara, Bédié et compagnie. Toute la question se trouve là. Nous attendons donc tous ce 25 octobre. Pour voir quelle valeur fera entendre l'ONU, là où l'Afrique a donné son avis.

ASIA

Extraits du Projet de résolution de la France sur la Côte d'Ivoire à l'ONU

.. .Le Conseil de sécurité des N ations Unies:

1°)- Apporte son soutien au Groupe de travail international dont le CPS a pratiquement mis fin au mandat le 17 octobre dernier; 2°)- Décide que la résolution (en préparation) soit le seul cadre légal de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire; 3°)- Décide que cette transition (31 octobre 2006-31 octobre 2007) soit la dernière pour les autorités ivoiriennes; 3°)- Décide que le Premier ministre de la transition dispose de tous les pouvoirs nécessaires, y compris les nominations aux emplois civils et militaires; 4°)- Décide que le Premier ministre signe et promulgue les ordonnances et décrets-lois pris en Conseil de gouvernement et en Conseil de ministres ; 5°)- Décide que le Premier ministre autorise par ordonnance la délivrance des jugements supplétifs et des certificats de nationalité au cours des audiences foraines; 6°)- Décide que l'ONUCI et les forces françaises Licorne assurent la restructuration des Forces de défenses et de sécurité de Côte d'Ivoire; 7°)- Décide qu'un groupe travail mis en place par le Haut représentant des Nations Unies pour les élections (HRE) et le Premier ministre procèdent à l'identification et à l'organisation des élections; 8°)- Décide que le HRE soit la seule autorité chargée d'arbitrer les conflits et content.ieux électoraux; 8°)- Décide que la sécurité du Premier ministre, ainsi que la protection de ses bureaux, soient assurées par des éléments des FDS ivoiriennes triés et choisis par le Premier ministre lui-même; 9°)- Décide que toutes les manifestations de rues soient interdites; 10°)- Décide que toute attaque contre les forces de l'ONU et les forces Licorne qui les soutienne ne sera pas tolérée; 11 °)- Décide que le processus de paix dans la nouvelle transition sera réévalué tous les trois mois, la première évaluation intervenant avant le 30 avril 2007 et la seconde avant le 31 octobre 2007.



REUNION DU CS DE L'ONU : Chirac à Pékin pour torpiller Gbagbo

Depuis que Chirac sait que la Chine, membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, veut bien voir clair avant de prendre quelque décision pour une résolution sur la Côte d'Ivoire lors des réunions du Conseil de Sécurité de l'ONU, il joue à caresser les Chinois dans le sens du poil. Depuis hier, il est à Pékin. Officiellement, pour réchauffer les relations bilatérales. Cependant, nos sources font savoir que Chirac est à Pékin pour demander aux autorités chinoises de l'aider à solutionner l'équation ivoirienne. En clair, c'est à un lobbying à visage découvert que le chef de l'Etat français lui-même est allé se prêter. Pour avoir la tête de Laurent Gbagbo dans cet ultime combat qu'il entend mener avant de quitter l'Elysée.

ASIA


 

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE
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