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27 octobre 2006 5 27 /10 /octobre /2006 23:58
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

Bureau Politique du PDCI-RDA, hier- Djédjé Mady, Secrétaire général : “Gbagbo sera responsable de tout ce qui mettrait le pays en péril”
(Le Nouveau Réveil 27/10/2006)
( 27/10/2006)


Le Bureau politique du PDCI-RDA s'est réuni hier au siège du parti à Cocody sous la présidence du Professeur Alphonse Djédjé Mady pour évoquer la situation socio-politique. Avec en toile de fond la question de la transition après le 30 octobre. Après avoir fait le point des différentes négociations (Yamoussoukro-New York-Abuja, Addis-Abeba) le Secrétaire général du PDCI-RDA a demandé au Bureau politique de se prononcer sur la conduite à tenir au cas où la résolution de l'ONU ne prendrait pas en compte les préoccupations essentielles du PDCI-RDA et de ses alliés politiques. Ci-dessous, l'intégralité de ses propos liminaires. Mmes et MM. les vice-présidents, M. l'inspecteur général, M. le président du conseil de discipline, vénérés membres du conseil politique, honorables membres du bureau politique, je voudrais vous saluer au nom du président du PDCI-RDA, le président Henri Konan Bédié qui se porte bien. Nous avons appris des nouvelles partout, mais comme on dit en Afrique c'est dire qu'il aura longue vie. Il sera très bientôt avec nous et nous continuerons ensuite notre route. Il a donc préconisé que nous tenions ce bureau politique aujourd'hui pour des démarches qui ont été faites depuis la dernière fois que le bureau politique s'est ici réuni. Et il a demandé de conduire une délégation aux différentes rencontres pour faire connaître la position du parti dans la gestion de la crise. Et ensuite pour échanger avec vous sur cette situation socio-politique délétère et que le bureau politique puisse indiquer quelques voies à suivre en attendant que la réalité nous amène à des positions suffisamment complexes et que lui-même puisse être de retour. Cela dit, lors de la dernière réunion du bureau politique la déclaration que nous avons faite comportait les points suivants. Comme en 2005, le PDCI, en expliquant les raisons pour les quelles il prend cette position, a encore demandé que dans l'intérêt du pays et pour qu'on sorte de cette crise, il faut que la transition à venir se fasse sans le président Gbagbo comme gestionnaire principal de la transition. Le deuxième point, c'est que le PDCI a demandé que eu égard à l'expérience que nous avons vécue dans les conflits qu'on a voulu créer inutilement entre la constitution et les résolutions de la communauté internationale, la constitution soit suspendue. Si ce n'était pas le cas qu'il soit clairement affirmé qu'en ses points où elle s'oppose aux résolutions, les décisions de la communauté internationale prévalent. Troisième point que nous avons souhaité au PDCI, c'est qu'il faut pouvoir donner au premier ministre les pouvoirs de l'exécutif et lui donner les moyens de les assumer. Quatrième point, compte tenu depuis quelque temps du comportement du médiateur de la crise ivoirienne, le président Thabo Mbeki, le PDCI en accord avec ses alliés, demandait que la médiation de M. Thabo Mbeki connaisse son terme. Cinquième pont souhaité, c'est la main mise totale, l'autorité totale de la Commission électorale indépendante sur le processus électoral. Sixième point, reprendre et continuer concomitamment le processus d'identification et le processus de désarmement de la démobilisation et de la réinsertion avec, compte tenu de la situation particulière que traverse le pays, la possibilité de pouvoir délivrer des certificats de nationalité au cours de ces audiences foraines. Septième point, travailler d'arrache-pied à la réunification du pays, réunification qui aurait pour cible palpable, le redéploiement de l'administration et la reconstruction d'une nouvelle armée républicaine faite des forces de défense et de sécurité et des militaires réguliers des forces armées des forces nouvelles qui ont été amnistiées et qui devraient pouvoir rejoindre l'armée de la république. Ce sont là, les principaux points qui ressortaient de notre dernier communiqué et que vous avez convié au président Bédié pour le faire savoir aux différentes rencontres où le PDCI était invité. Le président Bédié, accompagné donc d'une forte délégation, s'est donc rendu aux Etats Unis pour rendre part à la réunion qui avait été décidée ici en Côte d'Ivoire à Yamoussoukro le 5 Juillet en présence du secrétaire général des Nations Unies, du chef de l'Etat ivoirien, du Premier ministre ivoirien, du président du Rassemblement des républicains, du Secrétaire général des forces nouvelles et du secrétaire général du PDCI qui, ce jour là, représentait le président du parti. C'est ce qui concerne le côté ivoirien. A cette réunion, ont également pris part le médiateur de la crise ivoirienne Thabo Mbeki, le président Olusegun Obasanjo et les ministres des Affaires Etrangères du Congo qui représentant le président de l'Union Africaine, le ministre des Affaires Etrangères du Burkina, le ministre des Affaires étrangères du Mali et le représentant de la Cedeao et l'Union Africaine qui demeurent en Côte d'Ivoire. C'est donc au cours de cette réunion qu'il a été décidé en marge de l'assemblée générale des Nations Unies, qu'un sommet sur la Côte d'Ivoire devrait se tenir. Sommet qui avait pour but de faire le point d'avancement de la feuille de route confiée au premier ministre et en faisant ce point, pouvoir tirer les conclusions qui s'imposaient. De deux (02) choses, l'une : ou le bilan était satisfaisant et on disait qu'on pouvait aller aux élections avant le 31 Octobre. Ou le bilan ne l'était pas et on envisageait un autre schéma après le 31 Octobre 2006. C'est donc à cette initiative ivoirienne et de la communauté internationale qu'on s'est rendu aux Etats-Unis. Mais comme vous le savez, tous ceux qui devraient y prendre part, y étaient sauf le chef de l'Etat qui, après avoir fait des déclarations d'invectives à la communauté internationale que vous avez tous entendues n'était pas à New York. Le 20 Septembre donc s'est tenue au palais des nations à New York cette rencontre où la délégation de PDCI était composée du président du parti, accompagné du secrétaire général et du secrétaire général adjoint chargé des affaires juridiques, le ministre Ahoussou Kouadio Jeannot. Parce que chaque chef de délégation était accompagné de deux (02) personnes. Cependant, la délégation qui était aux Etats Unis comprenait en outre, le vice-président Thiémélé Amoakon, le secrétaire général adjoint chargé des relations extérieures Kacou Gervais et le ministre Adjoumani Kobenan. Sous la présidence du secrétaire général, cette séance était ouverte avec la prise de parole d'abord par le premier ministre qui a donc fait le point d'avancement de la mise en oeuvre de la feuille de route qui lui avait été confiée. L'exposé du premier ministre a été suivi par celui de M. Pierre Schori puis celui de M. Studman le haut représentant aux élections puis par celui du président Sassou Nguesso, président en exercice de l'Union Africaine. La parole a été ensuite donnée au président Henri Konan Bédié, le premier ministre Alassane Dramane Ouattara et au secrétaire général des forces nouvelles Soro Guillaume. Tous les exposés qui ont été faits tant par les Ivoiriens que par les observateurs internationaux neutres ont convergé vers un seul point. C'est que la partie présidentielle avait bloqué le processus. Il faillait pour l'avenir prendre des décisions claires et courageuses. Il fallait une sortie de crise et qui nous évite les pièges du passé. Et ça a été l'occasion pour les différents intervenants de faire leurs propositions en tenant en compte des différents points que j'ai énumérés tout à l'heure, point parmi lesquels, j'ai oublié de vous dire que nous avons proposé que le départ de Gbagbo de la gestion de la transition soit comblé par un conseil de la république qui comprendrait les principaux leaders qui de serviraient ainsi de cadres d'encadrement du premier ministre qui serait seul maître à bord avec le pouvoir de l'exécutif. A la fin de l'exposé, puisque l'assemblée générale se déroulait et que le secrétaire général voulait être aussi en salle des plénières pour écouter l'exposé de certains chefs d'Etat, il a dû s'excuser pour demander au président Sassou Nguesso de continuer la réunion en la présidant. C'est ce qui a été fait. Et le président Sassou Nguesso a donc voulu, a vu des informations qui ont été données, qu'un débat s'instaure pour donner les impressions des uns et des autres. Entre-temps, j'ai oublié un point qui n'est pas anodin. C'est que quand Sassou NGuesso a fini d'exposer, le Secrétaire général a passé la parole à Thabo Mbeki en tant que médiateur pour faire son exposé. Thabo Mbeki s'est contenté de dire que comme le président de l'Union Africaine a pris lui-même en main le dossier de la Côte d'Ivoire, lui, n'avait pas d'autres exposés à faire.
Donc lors du débat, lui qui n'avait pas d'exposé à faire, il a été le premier à intervenir. Pour dire l'une des parties importantes du conflit n'étant pas là, il suffirait que le débat n'ait pas lieu, qu'on prenne acte des différents exposés pour éviter d'aggraver la situation en Côte d'Ivoire. Et que de toutes les façons, des instants de débat vont suivre, puisque le dossier doit retourner à la CEDEAO, à l'Union Africaine avant de revenir au Conseil de sécurité. Devant une telle intervention, ceux qui ont eu à prendre la parole se sont aussi montrés diplomates et ont évité le débat. Le président Blaise Compaoré a dit que de toutes les façons, comme "je serai aux débats, je prends acte. On débattra quand le moment sera venu". C'était à peu près le ton de l'intervention du président Kufuor du Ghana. Et le président de la Commission de l'Union Africaine Oumar Konaré a eu à faire une intervention assez creuse. Mais, si j'ai retenu quelque chose, c'est que je suis très fort. On n'a pas retenu grand'chose. Mais, cela voudrait peut-être dire qu'il faut attendre que Gbagbo soit là. Donc en terme de débat après les exposés, il n'y a pas eu de débat de fond sur les exposés qui ont été faits le jour du 20 septembre 2006. Il faut cependant retenir que contrairement à ce qu'on aurait pu penser, l'exposé de Pierre Schori a été assez franc. Puisqu'il a fait le constat de la situation et a dit en terme clair à la communauté internationale de faire au moins deux choses en ce qui concerne son mandat. De préciser le contenu du mandat des forces de l'ONUCI. Et surtout d'augmenter les effectifs. Parce que si le contenu de ce mandat n'était pas précisé, que les effectifs n'étaient pas augmentés, il considère que la présence des Nations Unies en Côte d'Ivoire est ridicule. Le mot ridicule vient de lui. Le Haut représentant aux élections a également souhaité avoir suffisamment de moyens dans tous les domaines pour être presque seul responsable dans l'arbitrage du processus électoral qui doit avoir lieu. C'est un peu sur ces éléments là que la réunion s'est achevée après près de 4 heures de débat. Mais une chose était constante, c'est l'unanimité des points de vue de tous ceux qui étaient à cette réunion en dehors de Konaré et de Thabo Mbeki sur la responsabilité du camp présidentiel qui en rajoutait en plus de sa désinvolture avec tous les propos qui ont été tenus à l'endroit de la communauté internationale et qui ont été illustrés par son absence physique. De nombreux contacts ont été également pris ensuite par le président Bédié avec des personnalités qui étaient à New York dans ce cadre-là. Contacts auxquels il a ajouté la rencontre avec nos militants aux USA. Donc après un séjour de 72 heures, nous avons dû replier sur Abidjan Via Paris. Et de Paris, on avait arrêté le projet d'aller de Paris à Abuja avant de revenir à Abidjan. Pour cela, des contacts ont été pris par le président Bédié et le premier Alassane Dramane Ouattara. A l'approche du sommet d'Abuja, tous ces contacts concluaient au fait que la position de l'opposition ivoirienne et le dossier ivoirien étaient suffisamment connus par les acteurs qui seraient à Abuja. Lesquels acteurs ne savaient pas encore très bien si Gbagbo allait partir ou pas. Eux qui ont estimé que si par hasard, Gbagbo ne partait pas, et que seule l'opposition était là-bas, cela allait alourdir l'atmosphère pour rien, sans changer le contenu du dossier. Et qu'il était beaucoup plus sage que l'opposition s'abstienne d'être à Abuja. Et nous n'avons pas été à Abuja. Mais entre-temps, comme c'est avant Abuja que Thabo Mbeki était venu chercher Gbagbo à Abidjan pour l'amener à Ouagadougou, cet élément a poussé le Président Bédié et le Premier ministre. Alassane Dramane Ouattara pour concrétiser leur vision de la médiation de Thabo Mbeki à adresser une correspondance au président de la CEDEAO et au président de l'Union africaine avec ampliation au Secrétaire général des Nations Unies. La logique qui a été suivie pour Abuja a été la même que celle qui a été suivie pour Addis-Abeba. Au terme de ces deux rencontres à tutelle qui ont eu lieu respectivement le 06 octobre et le 15 octobre, je pense que nous savons le contenu de la proposition de l'Union africaine aux Nations Unies. Je vous fais l'économie de ce contenu parce que je sais que chacun d'entre nous suit le dossier. Les journaux de la presse l'ont suffisamment publié. Cependant, quand on essaie de faire un certain décompte, on observe que deux points essentiels semblaient prêter à confusion. Le premier c'est que la proposition fait état du maintien de Gbagbo comme Chef de l'Etat pendant douze mois encore. Avec des pouvoirs dévolus au Premier ministre qui devrait pouvoir gouverner par des ordonnances et des décrets-lois. Et qui, quinze jours après avoir pris ces dispositions, aurait la latitude de les promulguer. Il était également fait presque l'impasse sur la relation entre la Constitution si elle demeure et les textes de la communauté internationale. Donc le président Bédié et les leaders du RHDP ont adressé un courrier au Conseil de sécurité de l'ONU pour avoir des éclaircissements sur ces points, sources de blocages. Et ont posé la question de savoir par quel mécanisme les ordonnances et les décrets-lois, devraient être pris en conseil des ministres par le premier ministre. Qui du premier ministre ou du chef de l'Etat préside ce conseil des ministres ? Le premier ministre peut-il prendre ces décisions au cours d'un conseil présidé par le chef de l'Etat ? Cela nous ne semblait pas clair, qu'on nous le précise. Deuxièmement, qu'on nous précise la confusion qu'avaient dans la tête les gens de mauvaise foi sur la primauté de la Constitution de Côte d'Ivoire sur les textes internationaux. Qu'on prenne le courage de suspendre la Constitution pendant cette transition. Et que si ce n'était pas le cas, qu'on affirme d'une manière indiscutable la supériorité des textes de la communauté internationale sur les lois nationales. Tout comme cela est en vigueur dans le droit international. Une autre précision et non des moindres traite également de l'autorité du Premier ministre sur les Forces de défense et de sécurité et les Forces armées des Forces nouvelles unifiées. Alors, on se pose la question de savoir, comme ce résultat de l'unification des forces de défense et de sécurité et des Forces armées des Forces nouvelles n'est pas encore un acquis, à partir du 1er novembre, qui commande les Forces de défense et de sécurité ? Parce que le minimum de moyens d'un premier ministre qui doit faire exécuter des décisions il n'a pas la force républicaine, c'est une vue de l'esprit. Qu'on nous donne des éclaircissements. Et beaucoup d'autres points. Encore que le débat nous permettra peut-être de les évoquer. Donc ce courrier est parti, adressé à tous les pays membres du Conseil de sécurité. Depuis hier, ce Conseil de sécurité est censé avoir débuté ses échanges sur la proposition de décret conduite par la France. On nous a laissé entendre que ces échanges diplomatiques se poursuivraient jusqu'au 30 ou 31 octobre au plus tard. Dates auxquelles la résolution sera votée. Le Bureau politique qui est élargi au Conseil politique est donc appelé cet après-midi a pour objectif d'abord de vous tenir au courant des démarches qui ont été effectuées. Mais en retour, vise à recueillir ses analyses et ses suggestions. Puisque le processus est encore en cours. La résolution n'est pas encore votée. Et la pression diplomatique, la pression de toute nature doit continuer à se faire. Mais le Bureau politique est également appelé à peaufiner sur l'attitude que nos militants doivent avoir. Nous savons que lors de la dernière réunion, nous avons eu à décider que par tous les moyens appropriés, nous devons défendre notre liberté et nos droits comme on l'a fait au mois de juillet lors des audiences foraines bloquées. Ce n'est pas ce principe qui est remis en cause. Le problème qui est posé, c'est qu'en sachant ce que vous savez, c'est-à-dire une Côte d'Ivoire pleine de rumeurs et de tractations, une Côte d'Ivoire où des plans de guerre se mijotent à tous les points de rue, une Côte d'Ivoire où même si vous n'avez pas décidé d'attaquer, on vous attaque, donc vous êtes obligé de répondre. Où une Côte d'Ivoire où vous devez donner le temps de vous préparer pour attaquer si c'est vous qui prenez l'initiative de l'attaque. Cette atmosphère politique mérite également échange avec les membres du Bureau politique élargi au conseil politique. Pour que nous ne soyons, pas surpris. Et que nous soyons nous mêmes dirigeants de ce parti, informés et en alerte maximale avec la stratégie qui conviendrait la mieux pour nous permettre de rester nous-mêmes. Et d'atteindre nos objectifs.
Toutefois, il convient de rappeler le rassemblement que nous avons tenu en RHDP le 15 octobre dernier. Je voudrais vous féliciter pour la mobilisation qui a été réalisée. Et la manière dont ce rassemblement s'est déroulée. L'une des conséquences de ce rassemblement, c'est qu'un autre devrait avoir lieu le moment venu avec la présence de nos chefs. Parce que ce rassemblement risque d'être déterminant. Je crois que c'est de tout cela que nous devons parler en toute responsabilité parce que cela y va de la survie de nos structures politiques. Mais surtout, il y va de l'avenir de la Côte d'Ivoire, des Ivoiriens et de ceux qui vivent en Côte d'Ivoire. Les contacts continuent au plan de la diplomatie. C'est l'une des raisons pour lesquelles le président n'est pas encore là. Parce que certaines choses sont plus faciles à faire ailleurs qu'ici. Cela dit, nous l'aurons très bientôt avec nous en pleine santé. Je pense que j'ai dit ce que j'avais à dire en introduction. La parole va vous être laissée pour nous faire part de ce que vous voulez qu'on dise et au président et à nos militants à la fin de cette séance de travail.
Je vous remercie
Propos recueillis par Djè. K. M

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DIALOGUE NATIONAL
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