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28 octobre 2006 6 28 /10 /octobre /2006 11:50
Fort du score du premier tour, Joseph Kabila part favori. L’adversaire n’étant pas de sa taille, J.Kabila ne fera pas un score serré. Car, JP. Bemba n’a jamais été un adversaire redoutable que dans le discours. Battu au premier tour, battu au jeu des alliances, battu aux législatives, JP Bemba sera sans con­teste battu le 29 octobre. Après avoir tout perdu, le leader du Mlc compterait désormais sur l’envoûtement des électeurs, c’est-à-dire sur le diable.

Joseph Kabila est bien parti pour gagner l’élec­tion de ce 29 octobre 2006. C’est le constat que tout observateur attentif et désintéressé peut faire. Les chances d’un candidat se calculent en fonction de celles du concurrent.

En ce qui concerne les élec­tions du deuxième tour de la présidentielle, Joseph Kabila a comme challenger, JP Bemba. Si au  premier tour les chances de chacun se calculaient au hasard, tel ne peut plus en être le cas au second tour. Car, les deux candidats ont démontré leur véritable force au premier round qui avait engagé 33 candidats. Joseph Kabila a eu près de la moitié des suffra­ges exprimés. Ironie du sort, celui qui a menacé et compro­mis ses chances de passer au premier n’est pas le candidat qu’il affrontera au deuxième tour.

Car, les deux candi­dats ont démontré leur véritable force au premier round qui avait engagé 33 candidats. Joseph Kabila a eu près de  moitié des suffrages expri­més. Ironie du sort, celui qui a menacé et compro­mis ses chances de pas­ser au premier tour n’est pas le candidat qu’il af­frontera au deuxième tour. En fait Joseph Kabila ca­racolait en tête du peloton affichant toutes les chan­ces de l’emporter au premier tour jusqu’au jour où les résultats du patriarche Gizenga au Bandundu, particulièrement au Kwilu ont été rendus publics. C’était la dégringolade pour le chef de l’Etat. Le leader du Palu avait arra­ché presque le maximum des voix à Gungu et à Idiofa.

Bemba n’a jamais fait le poids

En termes clairs, JP Bemba n’avait jamais cons­titué un vrai danger pour Joseph Kabila. L’impor­tance électorale de JP Bemba dont peut se préva­loir le leader du Mlc, c’est dans certains médias et dans un certains discours d’autosatisfaction d’inutile­ment triomphaliste. Sur le terrain, le vote serré qu’on devrait avoir ou qui avait été annoncé, n’a pas eu lieu. L’écart au premier tour 44,81% pour Kabila et 20,03% pour son challenger en est la preuve palpable. C’est donc par des manœuvres et la manipulation que JP Bemba s’est imposé comme concurrent de taille pour Joseph Kabila. Il a d’abord utilisé sa posi­tion de vice-président de la République.

Tout au long de la transition, il a essayé de façon artificielle de s’isoler afin de se faire une étoffe de concurrent numéro un du chef de l’Etat en fonction. Ainsi, le leader du Mlc était sans cesse à la recherche de la petite bête. Foulant souvent aux pieds les dispositi­fs du protocole lors des manifestations publiques et officielles, il s’organisait à venir à la même heure que le chef de l’Etat. En plus de cela, les imprudences des autres adversaires de Jo­seph Kabila ont fait de JP Bemba le premier challenger.

Alors qu’il était membre à part entière du gouverne­ment et de l’espace prési­dentiel, il a pris des positions pour s’attirer la sympathie des opposants qui en ont fait un de leurs. En recou­rant à lui comme l’exemple des hommes au pouvoir plus attentionné aux problèmes de l’opposition, on en a fait le leader de cette opposi­tion. C’est ainsi que les autres candidats à la prési­dentielle à part Antoine Gizenga se sont mis sous sa coupe.

Il voulait prendre les autres au dépourvu

Pour terminer, le leader du Mlc s’était organisé à damer les pions à ses ad­versaires dont Joseph Kabila. Avant même que la campagne commence, JP Bemba comme vice-président de la république, prend son bâton de pèlerin. Il sillonne le pays, galvanise les foules qui viennent à lui comme membre du gouver­nement. Le moment venu, les images sont utilisées à des fins électoralistes. Il se présente comme l’homme le plus populaire. Exploit qu’il n’a osé rééditer. Ses tour­nées il les commence par l’Est du pays, une façon de couper l’herbe sous les pieds de Joseph Kabila.

Malheureusement, la loi du premier venu ne lui profitera pas. Le discours selon le­quel il était le seul à fouler le sol de l’Est du pays pen­dant que les autres hésitaient encore, n’a pas cons­titué un argument de poids. Ce qui est positif pour le lea­der du Mlc, c’est qu’il avait étudié l’électorat et il savait que l’Est était acquis à Jo­seph Kabila. Il fallait le dé­tourner, sinon le partager. C’est ainsi que JP Bemba arrivant à Goma et Bukavu, au moment où Joseph Kabila n’y était pas encore allé en dépit de l’attente de la population, voulait se donner l’image non seule­ment le plus courageux, mais aussi le plus proche de cette population. Il avait fallu que Joseph Kabila arrive pour que ce discours fonde comme la neige au soleil. C’était l’occasion de confirmer ce que le poète avait chanté : le mensonge prend l’ascenseur alors que la vérité emprunte les escaliers. Mais au finish, les deux se rencontrent. Comme le jour chasse la nuit, la vérité chasse le mensonge.

La bataille des allian­ces gagnée

Malgré son avance du premier tour et la dé­monstration de force face à son challenger actuel, Joseph Kabila a tout fait pour mettre toutes les chances de son côté. Il a battu JP Bemba au jeu des alliances. On peut dire à ce sujet que le vote avait déjà eu lieu et Joseph Kabila l’a emporté haut la main. La signature du protocole d’accord avec le Palu a enlevé à JP Bemba toute la prétention du leader de l’Ouest. Il ne restait plus que Nzanga Mobutu s’ali­gne pour que JP Bemba cesse de se targuer du droit de contrôle de la province de l’Equateur. Selon le discours, il continuait à se prévaloir du contrôle de la capitale.

Pour ce faire, il fait confiance aux agitations visibles de quelques dé­soeuvrés et de quelques ressortissants de la pro­vince de l’Equateur essen­tiellement dans certains quartiers. Le tort de JP Bemba justement, c’est de vouloir faire de cela un pro­blème des ressortissants de l’Equateur. En faisant cela, il oublie que la grande majorité de la population de la capitale se partage en­tre le Bandundu et le Bas-­Congo. Sur cette base il lui sera difficile, très difficile de contrôler Kinshasa avec le rapprochement Gizenga-­Kabila. On ne voit pas com­ment et partant de quelle base ? Objectivement, on ne voit pas JP Bemba ga­gner le deuxième tour de la présidentielle devant Jo­seph Kabila dans la mesure où il n’a fait aucun effort pour consolider le petit ac­quis du premier tour. Il n’a pratiquement pas battu campagne.

A la place, il a ali­gné des individus qui n’avaient pas pu mobiliser pour eux, des conflictuels dont le discours a com­mencé à agacer les individus qui n'avaient pas pu mobiliser pour eux, des conflictuels dont le discours a commencé à agacer les Congolais. 

Une certaine opinion est convaincue qu’après avoir perdu sur tous les ter­rains, JP Bemba ne compterait plus que sur l’envoû­tement de la population. Le diable existe, mais il ne l’emportera jamais sur la lumière.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans ELECTIONS
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