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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 01:00

Dix ans après sa mort, Bokassa sort des oubliettes de l'histoire (AFP)

 BANGUI (AFP) - jeudi 02 novembre 2006 - 10h29 - Despote brutal, corrompu et excentrique, Jean-Bedel Bokassa est mort haï de tous le 3 novembre 1996. La Centrafrique s'apprête à célébrer l'anniversaire de la mort de l'ex-empereur, signe de son lent retour en grâce dans le pays. L'hommage sera discret. Pas question de cérémonie officielle avec fanfare et personnalités. Mais, pour la première fois, les proches de feu Bokassa Ier ont décidé d'élargir le cercle de la poignée de fidèles qui, chaque 3 novembre, se retrouvaient en catimini autour de sa tombe. "Pour le recueillement de cette année, nous voulons réunir les ressortissants de Bobangui, de Bérengo, de la Lobaye, en un mot des compatriotes, dans une communion d'esprit", annonce un membre du comité d'organisation des festivités. Avant de lâcher, comme pour se justifier: "il n'a pas fait que le mal dans ce pays". Aux yeux des Centrafricains, le nom de l'ancien maréchal, président à vie puis empereur reste associé à quelques-uns des épisodes les plus terribles de l'histoire du pays, notamment le massacre en 1979 d'une centaine d'écoliers qui refusaient le port d'uniformes scolaires. Dix ans après sa disparition, la population du pays, fatiguée de l'instabilité politique et de la pauvreté persistantes qui ont suivi son règne (1965-1979), lui reconnaît volontiers le titre de "seul président bâtisseur" de la Centrafrique. Mais le personnage de Bokassa reste encore largement honni. Sans surprise, le Dialogue national réuni après le coup d'Etat du général François Bozizé à l'automne 2003 a catégoriquement refusé la demande de réhabilitation formulée par l'un de ses fils. Mais depuis cette date, le nom de Jean-Bedel Bokassa est lentement sorti de l'oubli. Notamment dans les discours officiels du nouveau président Bozizé, qui se plaît régulièrement à rendre hommage à celui qui avait fait de lui son aide de camp. "Lui au moins a pu faire quelque chose dans ce pays, même si on ne lui reconnaît que le mal", déclarait début 2005 le chef de l'Etat. "Tous les grands édifices de Bangui datent de l'époque Bokassa. Nous autres, qu'avons-nous fait de bon? Nous passons tout notre temps à mentir, à médire des autres, à détruire notre pays au lieu d'ajouter un peu à ce qu'il a fait". "Il a porté haut le flambeau du pays par ses réalisations", insistait François Bozizé quelques mois après. "Ce sont des hommes comme lui qu'il nous faut. Pas ces +Munzu Voko+ (Noirs qui se disent Blancs ou intellectuels) au ventre bedonnant à force de piller les ressources de l'Etat". "Le général parle de l'ex-empereur comme un enfant parle de son père", confie sous couvert de l'anonymat un proche du président. "Il aime bien dire +papa+ quand il fait allusion à Bokassa", ajoute-t-il. "Pour lui, c'était un homme qui aimait son pays, qui aimait son peuple, qui savait commander et qui lui a appris à connaître les Centrafricains". Ces hommages appuyés ont redonné du baume au coeur des fidèles de l'ancien chef de l'Etat, qui pensent que l'heure de sa réhabilitation a sonné. "Notre père a été jugé, condamné et gracié", rappelle l'un des fils de l'ex-empereur, le député Jean-Serge Bokassa. "Nous pensons qu'aujourd'hui, la Nation saurait lui pardonner à travers nous, qui demandons pardon au nom de toute la famille Bokassa". "J'avais juré de ne pas pardonner à Bokassa. Même s'il devait mourir plusieurs fois", concède Serge, une des victimes des massacres de 1979. "Mais son fils Jean-Serge n'est pour rien dans ces massacres", poursuit-il. "Aujourd'hui, son pardon peut bien être accepté".

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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