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7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 20:45
PRESSIONS DE L'ELYSEE, DETERMINATION DE GBAGBO : Les gros soucis de Konan Banny
(Le Matin d'Abidjan 07/11/2006)


L'heure n'est pas à la sérénité du côté du Premier ministre. Cela, depuis le vote de la résolution 1721 et le dernier discours à la Nation du président de la République, annonciateur de lendemains incertains pour le locataire de la " cage ". Décryptage.

Bientôt une semaine que le Conseil de sécurité des Nations unies a voté à l'unanimité des " 15 " la résolution 1721, la 17ème du genre sur la Côte d'Ivoire, depuis le déclenchement de la crise ivoirienne en septembre 2002. Et depuis, le Premier ministre garde un lourd silence sur le texte onusien qui en bien d'endroits s'est montré généreux envers lui, en lui attribuant sur papier des pouvoirs " renforcés " pour conduire à bien sa mission. Pourquoi le chef du gouvernement se mure t-il dans le silence, là où en temps normal il se serait déjà précipité pour remercier la communauté pour la confiance placée en lui et la volonté de voir s'éteindre la crise en Côte d'Ivoire ? Selon nos sources au cœur de la primature, l'attitude du Premier ministre est commandée par une sorte de profond drame intérieur que vit en ce moment l'enfant de Morofè, pris dans les feux croisés des pressions élyséennes et de la détermination d'un Laurent Gbagbo désormais d'attaque et, dit-on, prêt à tout. Une équation bien difficile qui, assure t-on, ôte le sommeil au nouvel argentier de l'Etat. Comment faire pour ne pas décevoir définitivement le parrain français,- qui compte désormais sur lui pour se venger d'un Laurent Gbagbo devenu indomptable sur le terrain diplomatique-, et ne pas se mettre totalement à dos le chef de l'Etat et l'armée régulière qui vient une fois encore de lui faire allégeance ? Comment s'y prendre pour montrer à l'Elysée que contrairement à ce qui se raconte, il a de la personnalité, donc capable de tenir tête à Gbagbo, et ne pas donner l'image repoussante à ses concitoyens d'un homme qui veut "vendre" le pays à la France ? C'est en somme pour soigner ce mal intérieur que Charles Konan Banny s'est replié depuis quelques jours dans son village natal de Yamoussoukro, pour, dit-on, "se ressourcer et demander conseils à ses parents ". Car, à en croire notre informateur, bien que la France ait assuré Banny de la disponibilité de la force Licorne, qui pourrait intervenir en cas de difficulté, celui-ci reste encore hésitant. Et cela, pour au moins trois raisons. Premièrement, indiquent nos sources, " le Premier ministre sait qu'au-delà de tous les discours, la réalité du pouvoir s'exerce sur le terrain. Or à ce niveau, Laurent Gbagbo qui a avec lui la Constitution et la loyauté de l'Armée reste toujours un épouvantail. Plus d'une fois, il a eu à en faire l'expérience, avec les infortunes diverses du G7 qui pourtant, a toujours bénéficié du soutien sans réserve de Paris. Il n'a donc pas envie de s'engager dans une voie qui pourrait lui être préjudiciable, vu que la France ne voudra jamais se salir les mains en utilisant ouvertement la force en Côte d'Ivoire ". Aussi fait-on observer que Banny est loin de se laisser griser par l'actuel soutien massif dont il bénéficie de la part de l'opposition ivoirienne dans le débat sur la R 1721 car " il est conscient que ce soutien circonstanciel ne vise seulement qu'à combattre Laurent Gbagbo, et rien de plus ". Deuxièmement, il faudra chercher dans la nature même de l'homme les raisons de l'embarras. C'est que Banny, malgré la grande gueule et la fierté excessive, (qui colle généralement aux banquiers), qui lui sont reconnues, n'est pas homme à aller au charbon. Il n'est pas partisan des solutions de rupture, qui lui commanderaient de guerroyer ouvertement contre Gbagbo comme l'y invite Paris et l'opposition ivoirienne. D'ailleurs, lui-même a toujours clamé qu'il ne se mettra jamais dans une logique d'affrontement avec le N°1 ivoirien. Car il est conscient que pareille posture ne pourra déboucher que sur la violence avec son corollaire de morts. Et c'en sera fini de l'image de l'homme aux mains immaculées que Banny entretient depuis son arrivée sur la scène politique nationale dans la perspective de l'horizon 2012. Or le Premier ministre compte jouer sur cette image de rassembleur, de faiseur de paix, pour massivement rallier les suffrages de ses concitoyens. Enfin, fait-on également observer, le chef du gouvernement n'a pas envie de dégainer le premier et donner ainsi l'occasion au Président Laurent Gbagbo de le dégommer en formant un nouveau gouvernement confié à un nouveau Premier ministre, comme l'annonce du reste la rumeur abidjanaise devenue d'ailleurs persistante ces derniers jours. Surtout que dans l'entourage du " Primus ", on s'accorde à reconnaître que " de tous les acteurs politiques ivoiriens, le chef de l'Etat est le seul qui a franchement collaboré avec le premier ministre ". Ceci explique t-il cela ? Wait and see.

Yves De Sery
Yvesdesery2@yahoo.fr



Couleuvre

Ça y est ! Le Président Laurent Gbagbo est monté en première ligne. Ainsi qu'il a lui-même annoncé dans son adresse à la nation, le 02 novembre dernier. Le chef de l'Etat ivoirien tient donc solidement la barre. D'ailleurs la situation du moment le commande. Et à lire bien ses déclarations de ces derniers jours, Laurent Gbagbo semble décidé à ne plus céder la moindre parcelle de terrain à ceux qui, pour aller à la paix, font de grands détours. Alors qu'on peut y accéder directement. Le locataire du palais d'Abidjan va donc tracer un nouveau cadre de sortie de crise dans les tout prochains jours. Le temps de sa traditionnelle consultation populaire qu'il entame ce matin avec le peuple de Côte d'Ivoire. C'est pas petit boucan ! Comme aimait à le dire, le président Douk Saga (paix à son âme). Et comme quand deux couteaux se battent, le poulet se met très loin du théâtre de l'affrontement, Konan Banny, le Premier ministre ivoirien, s'est replié sur Yamoussoukro. Son village natal. Le temps de voir si ses parrains français se remettront de sitôt de la couleuvre qu'ils viennent d'avaler. Mais apparemment, les choses ne semblent pas aisées pour Konan Banny dont les hagiographes annoncent une prochaine sortie. Autant dire que le chef du gouvernement ivoirien prépare, lui-même, la plus grande humiliation qu'il n'ait jamais connue. La politique, ce n'est pas une affaire de banque. Encore un jeu d'enfant.

 

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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