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8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 01:35
Les amis siciliens d'Omar Bongo
(Libre antenne 07/11/2006)


Pour admirer le linge le plus sale du régime Bongo, nul besoin d’infiltrer la blanchisserie du palais. De très beaux spécimens s’exposent régulièrement, mine de rien, à la Une de L’Union, le quotidien du pouvoir.

Me Louis-Gaston Mayila appartient à la catégorie d’exploitants forestiers que nous estimons le plus, celle qui nous lit. Françafricain d’exception, l’actuel Vice-Premier ministre gabonais, ministre de la Solidarité nationale, des Affaires sociales, du Bien-être et de la Lutte contre la pauvreté est un pilier de la kleptocratie bongoïste depuis plus de trois décennies : conseiller personnel du jeune dictateur dès 1974, plusieurs fois ministre, président du Conseil économique et social depuis 1997, ce vice-président du parti au pouvoir est aussi actionnaire unique de la Compagnie forestière de Tsamba Magotsi (COFMA).

Il est bien vu en France. Grand officier de l’ordre national du Mérite, commandeur de la Légion d’honneur, commandeur des Palmes académiques, Me Mayila s’occupait en 2005 de la direction de campagne d’Omar Bongo auprès des Gabonais de l’étranger, y compris ceux de l’Hexagone. Ce travail s’est déroulé, tout comme l’élection, sans incident. Il est vrai que la Société Générale s’est plaint un moment auprès d’American Express du règlement par carte bancaire des frais d’une conférence débat et cocktail au Concorde Lafayette. Le raout a coûté 50 000 euros.

Il y a un an, nous avons pris la liberté de publier un listing des forestiers gabonais redevables d’arriérés auprès du fisc de leur pays. Loin derrière Bongo père et fils, avec presque un milliard d’euros, mais aussi à la traîne du Premier ministre de l’époque et sa petite famille (279 743 200 FCFA), ainsi que du ministre du Pétrole (259 085 400 FCFA) et celui des Travaux publics (154 140 000 FCFA), Me Louis-Gaston Mayila s’y affichait avec un très honorable 72 632 000 FCFA. Par la suite, il a été le seul hiérarque gabonais à nous avoir honoré d’un échange d’information.

En août 2005, dans une lettre à l’ONG gabonaise qui a diffusé nos informations, il précise que le règlement de la somme citée est alors en cours – ce que nous ignorions totalement – et qu’ « En droit, lorsque le débiteur et le créancier ont signé un moratoire et que le débiteur respecte les échéances […] ce deal vaut titre libératoire » – principe dont nous étions déjà au courant. Mais de cet informateur inattendu, nous avons appris beaucoup plus. Il y a dans son style épistolaire quelque chose du Romain antique :

« Tout pouvoir a un début, a une fin, nous sommes payés pour le savoir et les exemples autour de nous abondent. »

« Je n'ai jamais cessé dans mes discours, dans mes prises de position publiques [de dire] qu'un homme politique doit être capable de rendre des comptes à tout moment. »

Voir ci-dessous.

« Sur son char, tiré par quatre taureaux blancs, le bouffon de César lui rappelait ceci : “N'oublies [sic] pas César que tu es mortel” ».

Ceci nous l’avons en effet oublié. « Nous » ? Mais que vaut notre piteuse première personne du pluriel face à une troisième personne aussi singulière ?

« Aujourd'hui, en pleine crise de l'emploi, Louis Gaston MAYILA emploie plus de 250 personnes. Si vous donnez une femme à chacun [sic] et une moyenne de un à deux enfants par personne, le compte est vite fait, du nombre de personnes qui vivent grâce à l'initiative et à l'action de Louis Gaston MAYILA. »

« S'il y en a qui pensent qu'être au pouvoir est une sinécure et qu'un poste politique est une rente viagère, MAYILA n'est pas dedans. »

Fessée bien reçue. Et encore :

« Je suis un des rares [G]abonais, sinon le seul, qui exploite en direct mon permis sans passer par les fermiers qui se sucrent sur le dos des [G]abonais et qui bénéficient grassement des largesses de la Banque Mondiale. »

L’actuel Vice-Premier ministre gabonais conclut sur cette ode à la bonne gouvernance :

« Quand on a la naïveté sinon la bêtise de confier le fichier du Trésor d'un pays à une Institution Internationale, on doit savoir que ceci, un jour ou l'autre se retournera contre le pays. »

Redevables depuis un an envers cet auteur, nous nous trouvons finalement, heureusement, en mesure de lui rendre la faveur. Nous espérons qu’il saura apprécier.

*

It's almost irresistible. She's so deliciously low. So horribly dirty.

Professor Henry Higgins, My Fair Lady

On va longtemps se souvenir du dîner de gala organisé au palais du bord de mer le 17 août, lors de la fête de ce qu’il est convenu d’appeler « l’indépendance ». Les invités les plus branchés sont venus de loin. L’Union leur a consacré sa Une.

« Omar Bongo Ondimba honoré pour son engagement pour la paix.
Le président gabonais s'est vu décerner le trophée de la paix 2006 par le Parlement mondial des Etats pour la sécurité et la paix, nouvelle société des Nations qui a dépêché à Libreville les Prs Eugenio Caliguira, Ciro di Costanza et le Dr Massimiliano Alesi. »

Excusez-nous de devoir citer longuement :

« Le président gabonais devient ainsi, suite au choix porté sur sa personne par cette auguste institution […] grand Chancelier international et sénateur à vie de ce Parlement. Il rejoint les anciens présidents Nelson Mandela, Gorbatchev et Hugo Sanchez [sic], ainsi que d'autres illustres personnalités […]. Bongo Ondimba a donc reçu des mains des membres du Parlement pour la paix les attributs y relatifs. Notamment le trophée de la paix 2006, le diplôme attaché à ce trophée, le drapeau du Parlement mondial des Etats pour la sécurité et la paix, son passeport et les copies de tous les diplômes qui s'attachent à ces qualités. C'était en présence des hôtes de marque du Gabon […] et du gotha institutionnel et politique gabonais visiblement heureux de cette marque de considération et de reconnaissance de l'oeuvre accomplie des armées durant par le président Bongo Ondimba, dans le règlement des conflits dans de nombreux pays du continent […]. »

Peu de détails, sinon que

« Les allocutions des Prs Eugenio Caliguira (ministre de la Coopération diplomatique internationale au sein du Parlement et avocat international membre du Bureau international de Londres), Ciro Di Costanza (Maître de cérémonie international du Parlement, Pr de conférence universitaire, en Italie, en Urkraine [sic] et aux Etats-Unis) et surtout celle de Me Louis-Gaston Mayila, sénateur au Parlement mondial des États pour la sécurité et la paix, membre de la Haute chambre, ont ponctué cette cérémonie. »

Voici quelques trop brefs extraits de cette dernière allocution :

« “La paix a un nom et un visage, ceux d'Omar Bongo Ondimba” ». Visage auquel l’orateur s’adresse en déclamant : « “Vous vous dépensez sans compter” » – pour « l’Afrique » s’entend – « “avec un dévouement et une abnégation qui désormais font école” ». Le président gabonais est du coup assimilé à un « “dépositaire” », en l’occurrence de « “sagesse africaine” ». Aparté du journal : « le président Bongo Ondimba a toujours su cultiver les cinq (5) vertus fondamentales selon “la Kabbale” que sont, la bonté, la justice, l’amour, la sagesse et la vérité. » C’est bien de notre cher mollah Omar qu’on parle ? Oy vey…

Selon Me Mayila, le vénérable mystique apporte au parlement mondial « “un plus d'âme, un plus de sagesse, un plus de prestige. Mais surtout un peu plus de chacune des vertus” énoncées plus haut. » Impossible de rater la répétition du thème de la vertu.

C’est dommage que le forestier Vice-Premier ministre n’ait eu rien de plus solide à nous dire d’une instance dont il jure que « “Le rôle, l'importance, et l'influence […] grandisse[nt] à mesure que s'amoncellent à l'horizon des menaces pour la paix du monde” ». A noter que Louis-Gaston Mayila est « sénateur » de l’institution en question depuis le 15 novembre 2004. Absent d’un récent inventaire de ses innombrables « distinctions honorifiques », ce titre figure parmi ses « fonctions occupées ». Un bon boulot.

C’est ainsi que nous nous voyons offrir, sur un plateau, le dernier projet d’un personnage que les juges anti-mafia connaissent bien, qui est souvent dénoncé dans la presse italienne comme proche de l’extrême droite et du monde du mercenariat, et dont la condition psychologique serait, selon les services secrets péninsulaires, « marcatamente anormali ».

Voyons ça ensemble.

Il n’y a pas meilleure introduction au Parlamento Mondiale per la Sicurezza e la Pace – basé à Palerme, disons-le tout de suite – que son hilarant site web. La page d’accueil existe en plusieurs langues, y compris celle, plus ou moins, de Molière :

« Le parlement pour la paix et la sureté du monde que est aussi connu pour etre etabli le 15 Decembre 1975 pendant des jours très diffcilies pour la intialtive de un Ortodox Eveque Mons.: Viktor Busá. Il a recu la Presidence pour toute sa vie et le Mons Makarios III a até Elireé comme secretaire Generale. Il a eté aussi le President de Cypre. Après la mort de sa beauté Makarios pendant l’anneé 1977 La postion etait pour Dr Sypros Kiprianou qui etait le President de la Republique de Cipre qui est devenu Le Vice-President du Parlement du Monde Pour la paix et la sureté. »

On a bien compris : le parlementaire en chef, Viktor Busà, serait un patriarche de l’église biélorusse (non reconnue par l’église orthodoxe). Plus loin on apprend que ses amis parlementaires l’appellent « Lord Presidente Internazionale ». Appellation digne du noble but poursuivi :

« la defense de toutes les villess du monde et la sureté des Nations selon les norms du Droit International et Les lois priveées. »

Précision :

« Tous Le Etats que veulent etre partie du Parlement du Monde devran supporter le development economique, politique, morale, religiueuse, culturale et diplomatique entre tous les gouvernements […]. »

Il est entendu que les envoyés de l’auguste parlamento bénéficient de « tous les benefits et l’immunité diplomatique ». On va y revenir.

Ah ben, jusqu’à aujourd’hui, le bilan global est assez positif. Impressionnant même :

« […] intervention dans crises diplomatiques et guerres comme dans les Nationes suivantes: Turquie contre Cypre, Guerre en Somalie and Ethiopia internal conflict Uganda, Central African Republic, Mali, Chad, the Congo, Zaire, Mozambique, Angola et la guerre dans le Moyen Est. En outre a partecipé dans la mediation entre le conflict de guerre avec Ecuador et Perù, dans la guerre civile en Modavie et la Persecution raciste en l’Afrique du Sur, a fait une grande action pour la protection de minoriteés. Le Parlement du Monde aussi deplores la continuation des experiments nucleares de la France en Oceanie. »

Très fort, cette préoccupation chez Busà pour le sort des pays africains. L’Union a omis d’inclure « Sesee-Seko-Mobutu [sic] ex Chef de Zaire » dans la liste des bénéficiaires précédents du trophée qu’a reçu en août dernier le Chef du Gabon et co-fondateur de la Françafrique,

Non seulement

« La Greffierie du Parlement International Pour la Sureté et la Paix du Monde a etabli des relationes diplomatiques avec des Nationes Africaines ou de-facto avec nombreuses Institutiones […]. »

mais

« Le Parlement du Monde a partecipé dans les elections politiques de nombreuses nationes comme la Repubblique du Congo (Brazzaville) en envoyant un accrediteé observateur. »

Certes, à première vue le parlement pue le pétrole. Un de ses deux vice-présidents n’est autre que Teodoro Obiang, PDG de l’entreprise familiale « la Guinée équatoriale ». L’autre –malgré l’allusion de l’Union à l’ancien footballeur mexicain Hugo Sanchez – s’appelle Hugo Chavez. Pourtant, le poids des députés de Palerme n’est pas en simple fonction de leurs barils. Lansana Conté, generalissimo de la Guinée, se charge du secrétariat général : son pays est riche en pétrole, pauvre, pour l’instant, en production pétrolière. Sont membres du Consiglio supremo di présidenza, Leurs Excellences Luis Almeida Cabral et Manuel Pinto da Costa, anciens autocrates des pays producteurs de deuxième rang que sont le Sao Tomé-et-Principe et la Guinée Bissau. Ils sont assistés par le ministre libérien des Postes, le ministre adjoint somalien de la Santé, le ministre malgache de l’Environnement, ainsi que l’excentrique ancien premier ministre de la Grenade – aujourd’hui plus excentrique que jamais puisque mort depuis 1997. Amici, il se peut qu’on ait affaire ici à des postes fantômes.

Le site du parlamento propose une intéressante page sur son vice-président Obiang, où l’on apprend qu’en 2002 il se voit décerner le titre de docteur honoris causa en relations internationales de la « Senior University International ». Cette école réapparaît curieusement sur la page très détaillée consacrée à sa Béatitude Monseigneur Busà, profil qui n’est disponible qu’en italien, mais qui se comprend assez facilement. Après déclinaison de son état civil –

« Mons. Viktor Busà, Arcivescovo Ortodosso della Chiesa Russa-Autocefala, è nato il 15 Dicembre 1941 a Palermo, dove risiede. Artista, letterato e scienziato di chiara fama mondiale […] » –

il est précisé que ce faiseur de paix est

« Rettore Internazionale della Senior University (Canada - USA), Rettore Internazionale dell'American International University (USA - Suriname), nonché Presidente della Commissione Scientifica Europea dell' American International University (USA - Suriname). »

Seul hic, c’est que Senior University et American International sont des universités du seul cyberspace. La première a souvent changé de nom ces dernières années. En juin 2006, sous le sobriquet « Rutherford University », elle est chassée de sa domiciliation dans le Wyoming aux USA, où elle manquait de toute accréditation. Une enquête fédérale de 2004 s’était indignée des diploma mills (usines à diplômes) dont cet Etat était un bastion, pourvoyeurs juteux de qualifications permettant d’accéder aux emplois publics. Sur l’attrayant site de Rutherford – et c’est tout à son crédit – on ne se vante que du « décret officiel » que lui a octroyé « the International States Parliament for Safety and Peace ». La rumeur dit que cette fac vient de déménager au Swaziland.

Ne nous attardons pas sur le cas de l’« American International University (USA – Suriname) », alias « University of Louisiana ». Elle a été démasquée il y a six ans déjà.

Gothique à temps plein, Busà porte plusieurs casquettes. La plus importante de ses nombreuses fonctions universitaires est « Professore Straordinario di Tanatologia, » – c’est l’étude de la mort et de l’agonie, il n’est jamais trop tard pour le savoir – « Storia della Medicina e Sessuologia ». Une chaire de la chair quoi. Cet enseignement serait assuré au « Psychoembriology College di San Paolo del Brasile ».

*




Un ladro son forse ? Son forse un bandito ?
Qual altro cliente da me fu tradito ?
Mi paga quest’uomo… fedele m’avrà.

Sparafucile, Rigoletto, acte III

On va peut-être arrêter là. Pour toute information complémentaire sur notre « Presidente Onorario della Banca di Germoplasma del Mediterraneo di Palermo » on a deux options. Vous êtes libres de consulter ses nombreuses monographies, dans la mesure du possible : certaines d’entre elles, à l’instar de la quasi-totalité de son œuvre poétique, semblent n’avoir jamais été déposées à la Biblioteca nazionale. En vain nous y avons cherché des titres comme :

« Introduzione al fenomeno omosessuale (Ed. USEC, 1974) »
« Manifesto per una nuova politica popolare delle Nazioni (Ed. Accademia Italiana, 1976) »
« Tesi sul Tyrannosaurus Rex (Ed. Pellerito, 1984) »
« Aspetti Psicopatici nella criminalizzazione (Ed. Universitarie, 1985) »
« La Tanatomania nella Psichiatria contemporanea (Ed. Accademia Siciliana per le Scienze, 1996) »
« Patogenesi e patologia della paranoia multiforme (Ed. Accademia Siciliana per le Scienze, 1999) »

Deuxième option : abonnez-vous au très lucide mensuel italien, La Voce della Campania. Depuis plus de deux ans cet ancien canard du Parti communiste italien met à nu les accointances réelles de Busà.

La curiosité de la rédaction s’éveille dès l’ouverture de l’enquête du procureur de Gêne sur le regretté Fabrizio Quattrocchi, ce spécialiste de la sécurité privée, enlevé et exécuté en Irak en avril 2004. Il paraît que le défunt fut un « collaborateur occasionnel » de la société IBSA Italie, boîte d’un passioné d’arts martiaux nommé Giacomo Spartaco Bertolleti. Jusqu’à sa démission courant 2005, celui-ci était un des membres les plus actifs de l’International Bodyguard & Security Services Association (IBSSA), organisme créé en France en 1994, avec siège à Budapest, secrétariat à Tel Aviv et compte bancaire en Floride. Aux dernières nouvelles, le président honoraire d’IBSSA est « H.R.H. Prince Michael James Alexander Stewart of Albany », de son vrai nom Michel Lafosse. Cet imposteur belge, se prétendant descendant direct de Bonnie Prince Charlie – ainsi que, plus plausiblement, l’attaché culturel de l’ambassade des chevaliers de Malte au Sao Tomé – est actuellement dans la nasse de la justice britannique pour faux et usage de faux, notamment lors de l’obtention de sa nationalité britannique. Parallèlement, l’Office of the Scottish Charity Regulator enquête sur deux fondations bien pourvues qu’il aurait montées à sa propre gloire. En juillet 2006, en instance d’expulsion, Lafosse quitte Edinburgh pour rentrer en Belgique habiter avec sa maman.

Les 25 et 26 septembre 2004, le parlamento mondiale et IBSSA organisent ensemble, à Palerme, une « XII Conference on Security of the Mediterranean », où, figurez-vous, il est beaucoup question d’Irak. Dans un « rapport » apparemment rédigé dans la foulée, Giacomo Bertoletti évoque l’intervention d’un « cheik Mamoud Ahmed », qui s’exprimait

« en langue française de l’université de la Sorbonne les yeux radieux qui subjuguent le public qui se tait en écoutant. […] Il se présente : “Je suis le chef d’un tribu irakien de 18 millions, PDG d’une grande société pétrolière, peut-être je serai président ou vice-président si les élections de janvier 2005 aura lieu. […] Je ne plaisante pas, si la monarchie absolue existait toujours, […] peut-être j’aurais été roi.” »

Le cheik appelle à un effort de guerre renforcé « afin de terminer le travail de défense contre des groupes terroristes qui pour la plupart ne sont pas irakiens ». Que Giacomo Bertoletti ait été parmi le public médusé de ce monsieur pourrait s’expliquer de par sa qualité de représentant principal en Italie de la co-organisatrice IBSSA. Pourtant il est aussi « coordinateur international d’IBSSA pour la région du Golfe ». Nous soupçonnons qu’il ne s’agit pas là de celui de Naples.

Peu après la disparition de Quattrocchi, Bertoletti supprime le seul lien sur le site web de sa société « Sport Promotion » : celui renvoyant au parlamento de Busà. Pas grave. En juin 2005, La Voce déniche un listing interne confortant la thèse d’une « longue affiliation » entre les deux hommes.

Pas surprenant dans ces conditions que celui que les journalistes considèrent le numéro due de Busà soit membre honoraire d’IBSSA. Au sein de l’hémicycle de Palerme, le Sicilien Rocco Giacalone est « Capo del Cerimoniale », « Ambasciatore Straordinario e Plenipotenziario » et « Portavoce ufficiale del Consiglio Supremo di Presidenza ». Pour La Voce, parlement et Rambos seraient « étroitement liés ».

Et au mensuel de s’inquiéter que,

« Formés en Italie, les mercenaires issus de la synergie IBSSA-Parlement mondial trouvent la voie ouverte au recrutement sur n’importe quel front de guerre, grâce aux bonnes entrées de l’organisme palermitain et aux passeports diplomatiques qu’il délivre et qui sont reconnus par de nombreux états étrangers. Et peut-être même par l’état italien. »

De nouvelles révélations en octobre 2005. Busà et d’autres membres de son équipe auraient été longtemps détenteurs de « passeports diplomatiques à durée illimitée » d’une alarmante ONG macédonienne, la « First Children’s Embassy of the World Megjashi » (FCEWM). Privilège qu’ils partageaient avec le néo-fasciste Riccardo Sindoca, « consul honoraire à Milan » de cette opération. Rappelez-vous que le co-fondateur du Dipartimento studi strategici antiterrorismo (DSSA) est arrêté avec son complice Gaetano Saya début juillet 2005 pour avoir projeté l’enlèvement en France de plusieurs gauchistes italiens exilés, dont le plus célèbre, Cesare Battisti – celui qu’ils appelaient « le Porc rouge ». L’opération avortée aurait bénéficié des contacts du DSSA dans le milieu des pieds nickelés en Irak.

La presse française présente le DSSA comme une « cellule d’investigation parallèle sur les islamistes, les antimondialistes, la gauche radicale et modérée », composé d’anciennes barbouzes « se revendiqua[n]t ouvertement de George W. Bush ». Son ambition principale : « éliminer le terrorisme islamique et protéger le pape ». Pour Le Figaro, il aurait été le bras armé des partis fascistes Movimento sociale italiano et Destra Nazionale. Et surtout un bon ami du syndicat de police Unione Nazionale. En effet, l’arrestation des cerveaux Sindoca et Saya s’est accompagnée de la mise en examen de pas moins de 24 policiers, gendarmes et agents de la répression des fraudes.

Rien vu, rien entendu à la direction de l’ambassade macédonienne des bambins, pour qui Sindoca était simple « expert international en sécurité et diplomatie ». Allez comprendre. La justice italienne enquête sur des liens éventuels entre le DSSA et IBSSA. La Voce, lui, parle déjà du « lien occulte » entre le DSSA et le parlement mondial.

Peut-être Louis-Gaston Mayila pourrait-il nous aider à trancher ce débat. Un des trois porte-flingues de Busà dépêchés au gala du grand kabbaliste de Libreville était un certain Ciro di Costanzo, propriétaire d’un gymnase de karaté en banlieue napolitaine. En tant que « consul général en Italie » de la First Children’s Embassy, il aurait été le boss de Sindoca, consul à Milan.

Ce qui est sûr c’est que Ciro di Costanzo est un fanatique de golf. Voyez, de toute urgence, le site web de « Birdie per la vita », fondation dont il est président d’honneur et qui semble faire dans l’humanitaire à Mogadiscio, au Congo-Brazzaville, au Liberia et… en Serbie. Est présent sur ce site un larmoyant président de la Somalie :

« Aidez-nous ! La paix est notre objectif, mais nous avons besoin d’aide. Si l’Europe et les USA ne nous aident pas maintenant, au moment où nous nous battons pour la paix, nous risquons véritablement de devenir une base terroriste. Le terrorisme est contre notre religion […]. Nous avons formé une armée de 20 000 jeunes hommes, mais il nous manque de l’argent pour les payer. Le désarmement n’est pas facile et personne ne nous aide. […] On veut rendre opérationnel le port et l’aéroport mais nous ne pouvons pas y arriver seuls. Aux entrepreneurs prêts à nous aider, nous proposons les terres gratuites et l’exemption fiscale. »

*

Très actuels, les papiers parus dans La Voce della Campania n’ont pourtant pas omis de revisiter le lointain passé judiciaire de sa Béatitude Busà.

Ses ennuis commencent en 1989 avec l’enquête du juge turinois Lorenzo Poggi sur une ribambelle de malfaiteurs supposés qui auraient voulu « confectionner et distribuer des diplômes sans valeur légale portant des timbres contrefaits de la CEE ». Aux côtés de Busà s’y trouve l’affable prince Alliata di Monreale, mafieux multicarte planant entre univers maçonnique, CIA et excités anticommunistes de tout poil. Le juge obtient la permission du président du Conseil d’accéder aux fiches des services secrets sur Busà. C’est un personnage, lit-il,

« psychologiquement instable et notoirement mythomane avec une tendance à inventer des entités de nature diverse […] ».

Un des premiers à avoir pressenti des liens entre le parlement de Palerme et le monde de la maçonnerie parallèle, le juge Poggi vise « l’università Pro-Deo » et le « Sovrano Militare Ospedaliero Ordine di San Giorgio in Carinzia ». Il découvre, dans l’entourage immédiat de Busà, un certain Piero Tabellini.

Encore un passionné d’Afrique, comme on l’apprendra par la suite. Fin 2002, en faux commissaire européen, Piero Tabellini déboule à Brazzaville avec dans ses valises un « prix lauréat des docteurs de la CEE » pour le Cobra en chef, dont il fallait « récompenser [les] efforts en faveur de la démocratie et le maintien de la paix et la cohésion sociale ». Au lieu des Prodi, Barre et Giscard promis, ne débarquent que « quelques personnalités italiennes et françaises de second ordre et une “princesse belge” mal identifiée ». Cette délégation est « logé[e] dans les deux principaux hôtels de la capitale et transporté[e] dans des véhicules officiels escortés d’une armada de motards ». Manque de pot – si c’était bien ça – la supercherie est exposée au tout dernier moment, aucun prix n’est finalement attribué. Fête et bouffe sont annulées.

Revenons au pedigree de Busà. Le 7 juillet 1996, en tête à tête avec des magistrats de la Direzione distrettuale antimafia (DDA) de Reggio Calabria, un repenti du nom de Curio Pintus (5 ans et 6 mois de prison), affidé du chef de la ’Ndrangheta d'Africo (28 ans), se met à parler des montages qu’a couvert sa rentable boîte aux lettres panaméenne, « Soliman Finance ». L’interrogé déclare avoir utilisé le parlamento mondiale « pour déplacer l’argent d’un pays à l’autre ». Dieu sait que Pintus en avait pas mal. En 1993, la Banque centrale d’Argentine lui aurait remis des promissory notes d’une valeur de 650 millions de dollars.

1996 : pour les mafieux, c’est l’annus horribilis. Les instructions baptisées « Phoney Money » et « Chèque to chèque » battent leur plein et connaissent une éphémère célébrité. Avant d’être retirée au substitut du procureur d’Aoste et enterré, « Phoney » implique l’arrestation de 18 financiers supposés friands de recyclage et familiers de la loge maçonnique P2 et la ligue du Nord. Rien que de très banal. Il en allait tout autrement avec « Chèque to chèque » (36 arrestations), où le substitut au procureur de Torre Annunziata s’est rapidement trouvé nez à nez avec des indices de trafics d’armes, de dinars libyens, d’or, et de cochonneries radioactives, entre autres. A la hauteur du scénario, une distribution de rêve : Vladimir Zhirinovsky l’ultra nationaliste russe et anti-sémite, Licio Gelli le patron octogénaire du P2, Ricard Maria Carles l'archevêque de Barcelone. Faisant des débuts remarquables : Nicholas Oman, marchand slovène de missiles et consul honoraire du Liberia à ses heures, et Said Omar Mugne, « industriel » somalien et fin connaisseur du trafic d’armes qui intéressait tant la journaliste italienne Ilaria Alpi au moment de son assassinat en mars 1994 en Somalie.

Le parlamento mondiale aurait été cité lui aussi dans cet écheveau de bonheur. Pas plus de précisions du côté de La Voce. Osons l’observation qu’un certain « ZHIRINOVSKY S.E. Sen. Dr. Vladimir » s’affiche toujours comme l’« Ambasciatore Straordinario e Plenipotenziario » du dit parlamento.

D’autres observations seraient plus hasardeuses. Que le « mercure rouge », l’osmium et le plutonium de « Chèque to chèque » seraient passés par la Biélorussie n’aurait sans doute pas grand-chose à voir avec le fait, signalé plus haut, que Busà se veut patriarche de « l’Eglise orthodoxe biélorusse slave » depuis 1971. Quant aux supporters somaliens du parlamento, nous naviguons à vue. Certes, il y en a, et on est parfois très content de le faire savoir. Une courte dépêche pondue au lendemain du 11 septembre par un certain Fernando Mariotti, envoyé plénipotentiaire, claironne à qui veut l’entendre que selon le ministre somalien du commerce il n’y a pas, à Mogadiscio, ni de Ben Laden en fuite ni aucun de « ses acolytes ».

Mais pour aussi utile qu’elle soit, la bio de Busà version La Voce passe carrément à côté d’une bien bonne. En clair : du sommet de sa carrière. Disons le comble. Reste à savoir si le reportage paru dans La Stampa du 30 juillet 1999 ne fait pas partie intégrante des procédures que nous venons de feuilleter.

« Pour vendre de l’uranium et de faux titres diplomatiques, les trafiquants se sont servis de passeports du “Parlement mondial pour la sécurité et la paix”, une organisation méconnue jusqu'il y à peu dans les milieux diplomatiques. Hier, des carabinieri de Rome, au cours d’une opération comportant l’arrestation de huit personnes […], ont saisi un montant de pesos argentins d’une valeur d’un milliard de lire. L’organisation trafiquait de l’uranium provenant de San Diego en direction de la République du Zaïre, en échange de matériel militaire, escroquant instituts de crédit italiens et étrangers par le biais d’un réseau de sociétés financières opérant entre Rome et la Sicile, à l’aide de faux titres et certificats de crédits. […] Le “Parlement mondial”, créé il y a 25 ans à Palerme par monseigneur Vittorio Maria Busà, aurait des représentations diplomatiques dans tous les pays et un petit siège “anonyme”, situé au centre du chef-lieu sicilien ; ses représentants affirment ne pas être “ni criminels ni trafiquants, mais seulement des messagers de la paix”. Les huit arrêtés (deux Siciliens et six Romains) sont accusés d’association de malfaiteurs en vue de la fabrication de faux billets et titres d’Etat, et de trafic de matériel radioactif. »

*
Fatalement, nous nous acheminons vers un anticlimax. Car à côté du terrible patriarche de Palerme, un Eugenio Caligiuri fait figure de doux chérubin. Voir photos. Deuxième membre de l’équipée librevilloise d’août dernier, cet humble consul honoraire de la Guinée équatoriale en Roumanie – et « Ambasciatore at Large » du parlamento – est d’une légitimité rare. Rien à voir avec Busà. Ou presque.

De nationalité australienne, le jeune Caligiuri est « cyberdiplomat », comme il se présente dans son cv en ligne (en espagnol). S’il semble avoir été éduqué, récemment, au Chili, où est hébergé son site web, il aurait aussi fréquenté l’« Universite des Sciencies Humaines » en « Francia ». Institution dont nous avons jusqu’ici ignoré l’existence. L’érudit serait également « Doctor en Jursiprudencia, Estados Unidos de América », école de droit homonyme semble-t-il de la superpuissance hyper connue.

Spécialiste en relations internationales, membre de l’internationale de gros bras IBSSA, Caligiuri est avant tout médecin de renom. Il détient un « Licenciado en Cirugía (Summa Cum Laude) Medico », d’une école qui n’est pas nommée, un « Certificado de Postgrado en Cardiología et Clínica et Acupuntura » de West China University of Medical Sciences, et un « Diploma de Acupuntura Clínica » de la « República de Singapur ».

Il accumule déjà les honneurs les plus divers, à commencer par ceux décernés par la même « Rutherford University » qui a su gratifier Busà et Obiang. Plus sérieusement, il est « Miembro academia de Ciencias de Nueva York », une vraie institution. Devenir membre vous en coûtera 95 dollars par an si vous êtes résident américain, 115 dollars dans le cas contraire. A la « Sociedad Americana de Derecho Internacional », dont il est également membre, la carte annuelle se vend à 165 dollars.

Un peu plus occultes sont les droits d’entrée dans l’« Orden de San Gerardo De la Soberana Orden de los Caballeros de Malta ». Tout comme ceux pour devenir « Arkansas Traveller », « Kentucky Colonel », « Nebraska Admiral », ou « Tennessee Squire ». Notre cyberdiplomate ne manque pas de signaler que ce dernier titre le rend citoyen honoraire du comté de Moore dans le Tennessee. Il aurait pu ajouter que l’organisme qui l’octroie est la distillerie de l’excellent whisky Jack Daniels.

Les Blancs, ils se marrent bien en Afrique, non ?

« Hijo Benemérito » d’Obiang-père depuis décembre 2005, l’artiste Caligiuri rencontre OBO pour la première fois en juin 2006, soit deux mois avant de revenir à Libreville avec son trophée, et cela, selon lui, « à l’invitation du gouvernement du Gabon ». C’est noté. En septembre dernier, Calgiuri reçoit un « mandat spécial » d’Obiang pour organiser sa virée au XIème Sommet de la Francophonie, qui s’est tenu cette année à Bucarest. Quelle chance pour le consul honoraire en Roumanie.

Si l’Australien est donc aux antipodes même du style Busà, un parlement mondial pour la sécurité et la paix domicilié aux Bahamas en est plus éloigné encore. A l’œil nu, « The International Parliament of the States for Safety and Peace » de Nassau serait une sorte de parlamento bis, en réalité c’est un clone maléfique, à en croire les mises en garde de Busà. Dont acte.

Sauf que le parlement de Nassau et celui, officiel, de Palerme ont beaucoup en commun. En premier lieu, « Son Excellence » Kevin Charles King. Bizarrement, le chef du faux parlement est toujours indiqué sur le site du vrai comme « Ministro Plenipotenziario ». Facheux oubli du webmaster sicilien sans doute.

L’équipe de King est nettement plus réduite que celle de Busà. Pour l’aider à appuyer le gouvernement bahamien en matière d’« élections, de désastres [sic], d’éducation, de conflits [sic], et d’assistance médicale », le prétendant King, quoique chevalier de Malte, ne peut compter que sur M. Julian Stubbs et le Dr. Jonathan Carey. M. Stubbs – « a certified Personal Protection Specialist (PPS) » et ancien « Surveillance officer » à Atlantis Resort and Casino – est l’actuel PDG de Rohi Protective Services. Le docteur Carey, homme de Dieu, a reçu son doctorat en « psychologie pastorale » de Faith Theological Seminary à Tampa, en Floride. Pendant six ans il gérait une école « alternative » pour « étudiants avec problèmes disciplinaires chroniques ».

Difficile à savoir ce qui a pu être à l’origine du schisme entre obédiences bahamiennes et siciliennes. Il est vrai que King semble flirter avec une branche qui attire de plus en plus le canal historique : le business New Age. Chairman du conseil exécutif de la « World Organization of Natural Medicine » (WONM) – contrefaçon éhontée de la « World Organization of Natural Medicine Practitioners » (WONMP) palermitaine – il serait lui-même docteur de médecine « naturelle » et de médecine de « Naturopathy ». Ainsi que de médecine tout court. Ses diplômes sont de l’« Open International University of Complimentary Medicine », de l’« International Naturopathic College », du « Zoastarian College of Complimentary Medicine (Accredited by the United Nations) », etc. L’« etcetera » est de lui : ses « Additional Certificates and Diplomas » sont « To numerous to mention ». Dommage seulement que « complimentary » veuille dire « gratuit », que « Zoastarian » s’écrive « Zoroastrian », et que « to numerous » ne veuille rien dire du tout.

On comprend qu’à être associée à de tels gens, la maison mère de Palerme ait dû craindre pour sa crédibilité.

Ce serait pourtant salutaire de savoir combien de fonds le parlamento véritable, lui, a récoltés, le 14 septembre dernier à Brampton au Canada. S’y inaugurait ce jour-là un « Institute of Energy Wellness » – disons un Institut de l’énergie de bien-être – où il a été proposé aux invités de contribuer pour 15 dollars à l’assemblée de Palerme afin d’« aider la paix dans le monde ». Evidemment, la directrice de cette nouvelle fac, la « Hon. Dr. Sabina M. DeVita, Ed.D, R.N.C.P., D.N.M., CBP, OSJ, IPSP » est membre du parlamento et de la WONMP.

La pétillante « Dr. » Sandra Rose Michael de Honolulu, inventrice d’un truc qui s’appelle l’« Energy Enhancement System », se présente elle aussi comme copine de Busà. Auprès de ses disciples elle recommandait le Congrès annuel de celui-ci, à Palerme, aussi chaleureusement qu’elle a promu le fundraiser de Bramption. Cette guru s’extasiait, courant octobre, d’un « projet d’avenir pour Chernobyl avec le ministère ukrainien de Santé ».

Gary Young, aussi de l’Institut de good vibes, est « député ministre » de Busà dans l’Etat de l’Utah. Vendeur de remèdes miracles dits « huiles essentielles », c’est un personnage dans la grande tradition des charlatans du Far West. Monsieur le Sheriff l’a arrêté à plusieurs reprises. Doc Young a pratiqué la médecine sans licence, il a fait de la fausse publicité, il semble aussi avoir menacé des gens avec une hache.

Mais enfin. On ne va pas lister chaque personne sur terre se réclamant de la haute chambre de Palerme. Ce serait trop long. Jetons aux orties ce sbire libanais, le feu Maurice Khoury Hanna Dib, qui aurait représenté l’« Allied Veterans Organization » au couronnement de Bokassa, ainsi que décoré Baby Doc des « official Star and Gravat of Honor of the Signum Fidei Order of Munich (Germany) ». Laissons aussi de côté le cas de Thomas J. Serafin, PDG de « The Apostolate for Holy Relics, Inc. », une « non-profit, tax-exempt Calif. Corporation » promouvant « l’éducation des fidèles, la vénération des restes des saints, et la préservation des reliques ». Passons nous enfin de « BJ in den Bosch », démarcheur hollandais des vieilles dames écossaises, proposant une adhésion au parlamento (afin d’aider « les pauvres de l’Ethiopie ») contre le paiement de 140 dollars, histoire de couvrir les frais de port et de plastification du certificat officiel.

*

Notre question est plutôt la suivante. Les services français qui veillent jour et nuit au bonheur d’Omar Bongo, sont-ils finalement incompétents ou seulement traîtres ? Le jeu d’enfant auquel nous venons de nous livrer sans vergogne, ne l’ont-ils pas joué eux aussi, plus discrètement ?

Notre seule ambition est d’être juste, pas justicier. Mettons que les colonels et autres anciens paras du palais du bord de mer ne lisent pas les journaux italiens. Mettons que leur connexion ADSL soit un peu lente. Soit. Soyons charitable. Problème :

Un an avant la remise de trophée à Bongo, des escrocs présumés du parlement mondial ont été mis en examen et écroués en France. Pour des faits, ça va de soi, commis sur le territoire français.

Le 13 juin 2006, Bernard Payet-Descombes et Gabriel Maiolino ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel de Lyon pour « escroquerie ». Ils sont accusés d’avoir soutirer 550 000 euros à six familles de la haute bourgeoisie lyonnaise.

« Les deux prévenus se disaient les dignes représentants d’un organisme lié au Vatican, baptisé “parlement mondial pour la sécurité et la paix”. Sa vocation humanitaire, ses apparences officielles, les titres de “député” et de “ministre plénipotentiaire” ont donné des gages. […] En 2002, les deux prétendus diplomates organisaient même un voyage au Sénégal, en présence des plus hautes autorités locales, en vue d’un projet de lutte contre la sécheresse, nommé “Sud-Pakao”. “Un paravent humanitaire sans substance” estime le juge d’instruction. »

Faux « héritier d’une procureure générale », M. Payet-Descombes s’est révélé chauffeur en situation d’invalidité. Financier fictif de haut vol, M. Maiolino est un réel retraité de l’enseignement technique.

Au moins pour M. Payet-Descombes, l’arnaque était payante. L’homme possède un Rolls Royce Silver Shadow, une Bentley et « une très rare Rochet-Schneider de 1911 ».

Les scribouillards de la presse locale sont allés à la recherche de la « mission diplomatique » du parlamento à Lyon, rue Stalingrad. Ils ont découvert « un immeuble sans âme, avec une flopée de sociétés civiles immobilières (SCI) sur les boîtes aux lettres, mais aucune trace de la représentation en question ». Ils ont demandé à « un spécialiste des questions religieuses » ce qu’il pensait de la charte du parlamento : il la trouvait « “contraire à toutes les pratiques de l’église chrétienne” ».

Fidèles à leurs habitudes, les médias français n’ont pas cru bon de s’informer sur le volet africain de cette affaire. Le projet sénégalais aurait échoué grâce au refus du président Wade de le déclarer d’utilité publique. Les Lyonnais avaient prévu

« la construction d’un passage à deux voies au pont Gouloumbou reliant Kolda à Tambacounda, la route Vélingara-Fafacourou-Kolda, le dragage du fleuve Casamance, le barrage de Témento, la route internationale Kolda-Bissau, des aéroports, des hôtels communautaires, les brigades de gendarmerie et leur équipement, des postes de santé, etc. »

Le tout pour 238 milliards de FCFA, dont l’origine était peu claire, ce qui explique des « insinuations suspectant les initiateurs de blanchiment d’argent sale », à quoi les initiateurs ont donné des gages on ne peut plus sûrs :

« […] Selon une source bien au fait du projet, Bernard Payet Descombes, représentant du Parlement mondial pour la paix, aurait juré la main sur le cœur qu’on pouvait estampiller la manne “En provenance du Parlement mondial”. »

Gare au régime Bongo ! C’est une simple arnaque.

Arnaud Labrousse, octobre 2006
Arnaud Labrousse, auteur de "Le Silence de la Forêt".

http://www.mamboundou2005.com/2006/11/les_amis_sicili.html#more

 

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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Curio Pintus 20/03/2017 21:16

Demande d'annulation Lien
Chers Messieurs,
Je demandai à plusieurs reprises avec une bonne motivation pour effacer les liens diffamatoires écrits et maintenus par vous depuis 10 ans.
J'ai jamais eu aucune relation avec M. Bongo et si vous lisez les arrêts de la Cour de Reggio de Calabre m'a acquitté de ne pas avoir commis des faits fei dans l'acte d'accusation initial.

Considérant que, la Cour suprême a statué qu'il est également la responsabilité du domaine publier des nouvelles sans fondement et depuis que je suis informé à plusieurs reprises votre domaine, vous avez rien à supprimer fait ladite liaison et pour cette raison, je deunciato le procureur de Rome sur votre domaine et M. Virgil, ainsi que la société d'investissement Angel.

Aspect de l'annulation de la liaison procéder autrement contre vous avec une demande évidente pour les dommages matériels et moraux.
Dr. Curio Pintus
PDG de General Manager
Le Groupe Pintus
www.thepintusgroupusa.us

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