Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 novembre 2006 3 15 /11 /novembre /2006 18:21
Qui a dit bonne gouvernance ? : Denis Sassou Nguesso invité à Bruxelles pour la bonne gouvernance par l’Union Européenne
(Mwinda 15/11/2006)



Dans une lettre datée du 1er août 2006, M. Louis Michel invite M. Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo aux Journées Européennes du Développement qui se tiendront du 13 au 17 novembre à Bruxelles consacrées à la sensibilisation du grand public sur les enjeux économiques et la problématique de la bonne gouvernance.

Selon les classiques, la bonne gouvernance se définit comme une exigence et un mode de gestion en vue de la réalisation d’une série d’objectifs de développement en impliquant tous les acteurs concernés. La mise en œuvre de ces objectifs et l’amélioration de la qualité des prestations publiques exigent le respect des règles de transparence. Elles nécessitent une claire vision de la programmation des politiques de développement fondées sur les potentialités et ressources nationales, la culture de la performance, la systématisation des sanctions, le respect des aspirations démocratiques et la participation citoyenne à travers la société civile.

Le concept de bonne gouvernance repose sur le postulat selon lequel les autorités politiques n’ont pas le monopole de la responsabilité. Promouvoir les objectifs de bonne gouvernance dans un pays revient à reconnaître la nécessité et la volonté de faire émerger de nouveaux principes et de nouvelles modalités de régulation pour éliminer les dysfonctionnements de l’action publique.

Dans une société moderne, l’Etat doit se doter des dispositifs juridiques pour faire face aux impératifs du marché et de compétition internationale, contribuer efficacement au développement et de la croissance économique, accompagner les mutations de la société tout entière. Par conséquent, il doit adapter ses structures, améliorer son fonctionnement en vue d’accroître sa crédibilité au plan national et international.

Pour réaliser cette réforme structurelle et amorcer sa modernisation, l’Etat doit engagée au préalable une réflexion profonde, suivie d’un débat public sur ses missions, ses modes d’intervention, la qualité de ses services publics rendus aux citoyens, car la bonne gouvernance se mesure à l’efficacité des solutions proposées pour résoudre les problèmes posés quotidiennement aux populations.

La question essentielle est de savoir si dans notre pays, cette belle définition des objectifs de bonne gouvernance sont respectées par le régime en place, si la politique dite de la nouvelle espérance répond véritablement aux attentes des populations congolaises dans leur ensemble, si la performance et la compétence sont recherchées pour assurer le service public, si la lutte contre la corruption, les détournements des deniers publics est efficacement menée, si la modernisation et la réforme de l’Etat sont amorcés neuf (9) ans après la guerre civile, si la transparence est établie dans la gestion publique, si en définitive notre pays progresse dans la consolidation de son expérience démocratique et réalise des performances au plan économique et social.

Il faudrait craindre que sur le terrain de la vie quotidienne au Congo, au lieu de progresser vers la bonne gouvernance, le pays recule dangereusement à tout point de vue. Dans ces conditions, sur quelle base la Communauté Européenne peut-elle déplier son tapis rouge pour accueillir le président de la République du Congo qui a opté délibérément pour faire le chemin inverse de la bonne gouvernance dans son propre pays ?

Alain Bazebizonza


 

© Copyright Mwinda

Partager cet article

Repost 0
Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
commenter cet article

commentaires

Texte Libre

Recherche

A VOS PLUMES