Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 00:19
Le Cardinal Etsou persiste et signe : "On a volé la victoire du peuple"
(Congolite 15/11/2006)
( 15/11/2006)


15 novembre 2006 - Le cardinal Frédéric Etsou Bamunwabi, archevêque de Kinshasa a fait une déclaration retentissante à Radio France internationale, portant sur le déroulement des élections. Il redoute des manœuvres frauduleuses qui ne respectent ni la vérité des urnes ni le choix des électeurs : « Je suis inquiet et les choses ne se déroulent pas comme il se devait. Nous voulons des élections libres, transparentes et démocratiques. En tant que pasteur, je ne peux accepter le mensonge. Je ne veux que la vérité. L’abbé Malumalu doit prendre toutes les dispositions pour respecter la vérité des urnes et non falsifier les résultats ». L’archevêque de Kinshasa s’en est pris également à la Communauté internationale à qui il conseille de s’abstenir à vouloir imposer celui que le peuple n’a pas élu. « C’est un acte grave d’irresponsabilité. Nous ne voulons rien d’autre que la paix et je ne veux pas de morts comme ceux enregistrés au mois d’août dans mon pays », a ajouté le cardinal Etsou sur un ton grave, pour souligner, combien est grande son inquiétude.

Répliquant à ces accusations, le président de la CEI se dit étonné et surpris, pour autant que le cardinal Etsou n’a même pas participé aux élections. Comme pour dire en d’autres termes qu’il n’est pas sur place à Kinshasa. « C’est une déclaration dangereuse. Tout se fait en accord avec toutes les parties. Les procès-verbaux en témoignent que tout se passe dans la transparence », a répliqué l’abbé Malumalu.

Comment interpréter cette déclaration du Cardinal Etsou? Est-ce le point de vue de la Conférence épiscopale nationale du Congo, Cenco? Questions intéressantes.

La recherche de la vérité

Ce qu’il faut retenir, c’est que de tout temps, l’Eglise catholique a toujours plaidé pour des élections libres, transparentes et démocratiques. C’est ainsi qu’à la veille du premier tour, l’Eglise catholique avait menacé de ne pas prendre acte de ces élections, si toutes les garanties d’une bonne organisation des élections n’étaient pas réunies. Rassurée, l’Eglise catholique avait appelé le peuple congolais à voter utile en se rendant massivement aux urnes.

Même attitude affichée à la veille du second tour. Et pas plus tard qu’il y a de cela une semaine, Mgr Monsengwo Laurent, au sortir des entretiens qu’il a eus avec William Lacy Swing, représentant spécial du secrétaire général de l’ Onu et responsable de la Monuc, revenait sur la vérité des urnes, le respect des résultats et que plus jamais, aucun acteur politique ne devrait ramener la guerre en République démocratique du Congo.

La déclaration du cardinal Etsou soutient cette constance de l’Eglise de ne s’en tenir qu’à des élections libres, correctes et transparentes, pour que l’on ne vole pas la « victoire du peuple », peu importe le gagnant. Mais bien au-delà, l’Eglise catholique a toujours tenu à faire la différence en invitant tous les observateurs et la communauté tant nationale qu’internationale sur la nette démarcation entre l’Eglise catholique, sa vision politique, et le travail accompli au niveau de la Commission électorale indépendante. Bien que présidée par l’abbé Apollinaire Malumalu, membre de l’Eglise catholique.

L’Eglise catholique du Congo qui s’est illustrée par un activisme, disons parfois débordant et sans complaisance, pour accompagner positivement le processus électoral ne s’inscrit que dans la recherche de la vérité. Rien que la vérité. Raison d’ailleurs pour laquelle elle s’était impliquée dans la formation des observateurs pour un scrutin crédible. En invitant le président de la CEI à mettre tout en oeuvre pour éviter des manoeuvres de manipulation des résultats, c’est dans le but de consolider la paix et d’éloigner à jamais tout affrontement armé. Il importe par conséquent de rencontrer cette préoccupation pour exclure toute extrapolation des faits. Au risque de déboucher sur une guerre civile.

Le Cardinal Etsou accuse

« Je dis fermement non, et non à toute manœuvre qui mettrait en cause le libre choix, transparent et démocratique du peuple congolais. Nous savons que le président sortant, dans beaucoup de coins, n’a pas les résultats qu’on essaie de faire sortir comme on a fait au premier tour. Je demande également à la communauté internationale de s’abstenir de toute tentative d’imposer au peuple congolais celui qu’il n’a pas choisi comme son président. Toute tentative de ce genre serait un acte grave d’irresponsabilité et pourrait entamer et hypothéquer tout ce qui fait le prestige et la fierté de l’Occident. Je dis non à toute tentative d’imposer au peuple congolais un candidat devant juste satisfaire les appétits gloutons et prédateurs de ces commanditaires étrangers ».

« Je suis très inquiet, parce que je vois que les choses ne se déroulent pas comme elles devraient se dérouler. La chose la plus importante, la publication des résultats des élections. Mais il me semble qu’il y a déjà des manœuvres. Des résultats que nous connaissons de plusieurs coins de la République ne sont pas les résultats qu’on semble essayer de publier. Nous savons que le président sortant, dans beaucoup de coins, n’a pas les résultats qu’on essaie de faire sortir cette fois, comme on l’a fait au premier tour. Alors que nous avions dit que nous voulons des élections libres, transparentes et démocratiques. Et ce n’est pas cela qui se manifeste. Moi, personnellement comme pasteur, je n’accepte pas le mensonge. Il faut la vérité, la vérité des urnes. L’abbé Malumalu doit se conformer au verdict des urnes. Il ne peut pas se permettre qu’on falsifie le verdict des urnes. Après la publication du premier tour, il y a eu des bagarres, des affrontements, il y a eu des morts. Et c’est cela que je refuse. Je ne veux pas des morts inutiles dans mon pays. Ce que nous voulons, c’est la paix ».

L’abbé Malu-Malu recuse

« Je dois d’abord dire que je suis étonné par cette déclaration, d’autant plus que je sais que le cardinal n’a même pas participé aux élections. Là, je trouve que c’est une déclaration dangereuse qui ne reflète pas la réalité. Nous sommes en possession des procès-verbaux de compilation venant de différents centres locaux de compilation, signés par les deux parties et qui vous indiquent clairement qu’il n’y a pas de problèmes. Nous avons eu des réclamations venant du vice-président Bemba. On a reçu cinq requêtes. On a déjà examiné deux de ces requêtes et les trois autres, on va les achever. La contre – vérification a montré que ce que la CEI a affiché était conforme à la réalité. Donc, jusqu’à présent on a aucune preuve pouvant nous dire le contraire. Tout se fait dans la transparence ».

Et comment expliquez-vous que dans le Kivu et le Katanga et dans certains bureaux de vote que les taux de participation aient dépassé les 100 %? « Non, on ne peut pas démentir. Mais on vous dit que ce phénomène, on l’a vu à l’Equateur et au Katanga. Nous avons affiché. On n’a pas dissimulé. » Et comment expliquer cela? « On l’explique par le vote par dérogation. On a fait voter plus des gens par dérogation. C’est un phénomène qu’aucun des deux candidats ne peut chercher à se faire prévaloir, parce qu’on les trouve dans des fiefs qui sont favorables à l’un comme à l’autre ».

Source : Le Potentiel

© Copyright Congolite

Partager cet article

Repost 0
Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans ELECTIONS
commenter cet article

commentaires

Texte Libre

Recherche

A VOS PLUMES