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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 12:28

LA MAJORITE GAGNEE PAR LE PESSIMISME ET TENTEE PAR L'OPPOSITION AU GENERAL BOZIZE



 

Les partis de la majorité Présidentielle et leurs leaders, après avoir fait les yeux doux au Général Bozizé dans l'espoir d'avoir à gérer le pouvoir, ont fini par comprendre qu'ils sont «  les dindons de la farce. »
Une farce qui commence à faire grincer des dents aux partis et leurs leaders soucieux d'obtenir rapidement une clarification politique sur leur place, sur l'échiquier politique et dans le cadre d'une majorité Présidentielle et Parlementaire reconnue et organisée. Mais les malins esprits de l'entourage immédiat du Président de la République sont plutôt enclins à penser que la situation n'est pas propice à un tel débat, vu que la paix est menacée et que les fondements même du régime actuel sont sérieusement menacés par la rébellion de l'UFDR dont les membres ne sont autres que des ‘' ex compagnons du général Bozizé et les Patassistes revanchards soucieux de la reconquête par tous les moyens du pouvoir.
Or, l'on se rend compte que depuis le 30 octobre 2006, date de l'attaque et de l'occupation de Birao par l'UFDR, le Président de la République s'est enfermée dans sa tour d'ivoire sans aucun début de concertation élargie à sa propre famille politique. Dans aucune démocratie au monde, un pouvoir issu des urnes avec une majorité parlementaire ne peut pas ne pas s'ouvrir à sa majorité en crise aussi grave que celle du Nord Est qui défie l'autorité de l'Etat et menace les Institutions de la République.
Bozizé a préféré orchestrer une ‘'marche de la paix ‘'sans lendemain au lieu d'une large concertation avec sa famille politique pour échanger sur la situation et éventuellement harmoniser les points de vue sur la lecture de la situation et les solutions de sortie de crise. Solutions à court, moyen ou long terme…
Le mépris royal que le Président de la République affiche vis-à-vis de sa propre majorité commence à durer et à susciter des réactions négatives à l'égard du pouvoir dans le creux de la vague et presque aux abois. Car de toute évidence, le déclenchement d'une rébellion armée dans le Nord-Est révèle au grand jour la fragilité du régime assis plutôt sur du sable mouvant au lieu de reposer sur du roc solide et inébranlable. Il révèle également la fragilité d'une majorité présidentielle sans cohésion ni consistance.
Une majorité sans contours ni lignes de force, sans grandes idées ni grandes ambitions pour elle-même et pour la République Centrafricaine.
Au sujet des événements du Nord-Est, les prises de position des composantes de la majorité présidentielle (G.P.P.M.P, Convergence KNK, PSD, MDI, PS, FODEM….) partent dans tous les sens. On pourrait croire à l'expression vivante de la démocratie.
Mais c'est oublier la très grande frustration de la majorité Présidentielle dont les prises de position rejoignent quant au fond les prises de position des partis d'opposition.
En effet, loirs des événements du Nord-Ouest ( Markounda, Paoua, Bemal..) rares étaient les partis politiques qui d'étaient prononcés clairement en faveur du dialogue politique avec les mouvements rebelles. Or que constate t-on aujourd'hui depuis la prise de Birao, de Ouadda. Djalle et Sam Ouandja ?
Une évolution significative de la part des partis de la majorité hier fermement opposés au dialogue politique. Ainsi, ceux qui pensaient qu'il était impossible de négocier avec des rebelles lourdement armées, mettent sensiblement de l'eau dans leur vin.
On ne peut pas parler de «  retournement de veste mais plutôt de bon sens ». Car il faut savoir aller dans le sens du vent comme aiment à dire certains hommes politiques plutôt opportunistes jusqu'au bout des ongles.
On connaît les frémissements du sein de la « Convergence KNK » et même du GPPMP. Bien des formations de la Majorité Présidentielle commencent à louvoyer sérieusement du côté de l'opposition à cause d'une très grande déception et frustration. On peut leur donner raison, car on ne saurait être de la majorité politique au pouvoir et être hors du pouvoir du fait d'une marginalisation et d'une exclusion dont le Président de la République est le principal responsable, en raison de son manque de vision politique et du rôle réel d'une majorité politique.
Normal que la majorité Présidentielle soit gagnée par le pessimisme et qu'elle s'effrite, car de plus en plus tentée de rejoindre les rangs de l'opposition au Général François Bozizé qui à la tête ailleurs. Mais reste à savoir si cette majorité marginalisée est capable de taper du poing sur la table en bloc.




Mercredi 15 Novembre 2006
Paul Gové

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans CE QUI FAIT DEBAT A BANGUI
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