Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 12:46

LA DEBACLE MILITAIRE DE BIRAO ET L'AVENIR DES FORCES ARMEES CENTRAFRICAINES (FACA)



 

La débâcle militaire de Birao puis celle de Ouadda-Djallé dans le Nord –est de la RCA, place l'Armée Nationale dans la ligne de mire de toutes les critiques.
C'est désormais une certitude : les Centrafricains dans leur écrasante majorité doutent de plus en plus de la capacité des forces armées centrafricaines à défendre l'intégrité du territoire national et à sécuriser les Institutions de la République. Car avec ce qui prévaut dans le nord-est de la RCA, c'est plus que la souveraineté nationale qui est mise à rude épreuve, mais encore et surtout le régime même du général Bozizé qui est dans le collimateur de la rébellion armée dont rien n'arrête pour l'heure la progression vers le Sud et l'Ouest du pays.
Or si toute une armée est anesthésiée, neutralisée par des contradictions internes et formalisée, c'est toute la chaîne de commandement militaire qui est en cause : les corps et les chefs de corps, les groupes de combat, les sections, les régiments, les compagnies, les bataillons, l'Etat-major général et le ministre de la défense sont directement responsables de cette débâcle militaire qui pourrait ouvrir la voie au pourrissement de la situation.
Au sommet de la hiérarchie militaire se trouve tout naturellement le Président de la République Chef de l'Etat, ministre de la Défense et Chef Suprême des Armées. Sa responsabilité politique et morale est encore plus grande dans cette débâcle militaire qui annonce la fin d'une armée hier décapitée par Bokassa, embourgeoisée par Kolingba à travers le CMRN, divisée et tribalisée par Patassé et aujourd'hui tétanisée par le Général Bozizé qui ne doit que s'en prendre à lui-même à vouloir cumuler ses fonctions constitutionnelles et régaliennes à celles de ministre de la Défense Nationale. Bozizé a donné le coup de grâce qui confirme la déconfiture de cette armée.
A quoi cela sert-il d'exposer les FACA à la vindicte populaire si depuis son retour de Chine, le haut commandement militaire patronné par le ministre de la défense lui-même ne décide pas d'une véritable contre-offensive en terme de riposte militaire fulgurante et victorieuse ? Bien au contraire, c'est l'attentisme, l'immobilisme et l'appel répété à la France comme s'il appartient à un pays tiers de monter en première ligne pour défendre l'intégrité territoriale d'un autre territoire et son régime englué dans l'incapacité notoire à donner une lisibilité à l'action militaire souveraine.
Dans d'autres situations, tout revers militaire sur le terrain conduit fatalement au balayage de toute la chaîne du commandement militaire jusqu'au ministre de la défense qui doit justifier de son rôle dans ce qui est désormais considéré comme le pourrissement avancé de la « Grande muette », naguère respectée et respectables.
Il reste au Président Bozizé, chef Suprême des Armées de prendre ses responsabilités régaliennes pour nettoyer les FACA des Officiers Généraux et Officiers Supérieurs devenus «  gagas » inefficaces et prêts à fuir systématiquement leurs responsabilités en cas de conflit armé comme dans le Nord de la République Centrafricaine.
Il va de soi que bien de ses hauts gradés ont fait leur époque. Ils ont tout perdu des rudiments des fondamentaux militaires.
Nombreux n'ont pas toujours toute la lucidité voulue pour commander la troupe et d'autres encore ont perdu la main en ce qui concerne la manœuvre et le maniement des armes. Ne parlons pas de condition physique par laquelle on reconnaît un militaire préparé.
En l'état actuel des choses, la RCA ne peut raisonnablement rêver de créer une armée d'élite et professionnelle avec un haut comandataire grabataire continue de ‘‘fuyards'' et de poules mouillées incapables de tuer une mouche, un asticot ou une fourmi. Quelle armée pour quel avenir de la République Centrafricaine ?
Le Général François Bozizé doit pouvoir prendre ses responsabilités avant d'accuser le soudan et le Président Omar El Bechir.
Il doit pouvoir prendre ses responsabilités avant d'en appeler à la Communauté Internationale et surtout à la France dont on sait qu'elle est engagée dans un processus électoral difficile et qui a son approche des événements qui se déroulent dans le Nord Est de la RCA.
La France a cru un moment à l'agression soudanaise, mais elle s'est rendue après une semaine depuis la prise de Birao qu'il n'y a pas de mouvement aérien sur l'aérodrome de Birao. Elle en conclut que l'attaque de Birao et son occupation est une affaire interne à la RCA.
Par conséquent, il appartient aux autorités centrafricaines de décider de l'organisation naturelle de la riposte avec les FACA en première ligne avant que la France effectivement présent à Bangui et dans la FOMUC donne l'appui logistique et même aérien en terme de renseignements militaires.
Or de toute évidence, on attend tout de la France en voulant manifestement mettre la charrue avant les bœufs. C'est la preuve qu'il y'a un malaise profond au sein des FACA. Lequel malaise hypothèque gravement l'avenir immédiat des Forces Armées centrafricaines (FACA).
Mais il n'appartient qu'au Chef Suprême des armées pour secouer vigoureusement le cocotier et éviter l'humiliation suprême des armées…


Mercredi 15 Novembre 2006
Jean Ding Kpi

Partager cet article

Repost 0
Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
commenter cet article

commentaires

Texte Libre

Recherche

A VOS PLUMES