Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 02:40
Tchad, RCA, Côte d'Ivoire - la France en position délicate
(Le Courrier d'Abidjan 16/11/2006)


La France, qui assure ne plus jouer le rôle de "gendarme de l'Afrique", se retrouve dans une position délicate au Tchad et en Centrafrique, où elle appuie militairement des régimes menacés, et reste enlisée en Côte d'Ivoire sans perspective d'un retrait de ses troupes. La poursuite de l'appui militaire au régime du président tchadien Idriss Deby Itno, de nouveau menacé par des rebelles soutenus par le Soudan, présente le risque "d'une décrédibilisation de la politique globale de la France vis-à-vis de l'Afrique", estime le chercheur Roland Marchal. La France fournit notamment des renseignements sur les mouvements des rebelles au régime d'Idriss Deby Itno, une aide qui avait joué un rôle crucial en avril lors d'une précédente offensive contre N'Djamena. Les rebelles et BBBBBBBBl'opposition accusent la France de soutenir politiquement et militairement un ancien chef de guerre dont Paris avait favorisé la prise du pouvoir par les armes en 1990. Pour Roland Marchal, cet engagement militaire "jette le doute sur des pans stratégiques de la politique de la France". "Comment prétendre jouer un rôle dans la prévention des conflits en Afrique alors que la France aura objectivement poussé à une escalade du conflit tchadien en multipliant les assurances à Deby sans conditions politiques?", explique-t-il. La France prône depuis des années une approche multilatérale du règlement des conflits en Afrique, et aide les organisations régionales à mettre sur pied une future force de paix africaine. Mais reste le poids du passé: Paris assure fournir son soutien à N'Djamena au nom de la "stabilité" dans une région menacée par le débordement de la guerre civile au Darfour et du respect des accords de coopération militaire passés avec ce pays. Paris souligne que le millier de soldats et les avions Mirage F1 du dispositif Epervier -mis en place il y a 20 ans pour contrer la Libye- n'intervenaient pas dans les combats. Même type de scénario en Centrafrique voisine: Paris fournit une assistance militaire accrue -logistique et renseignements- aux forces armées notoirement sous-équipées de ce pays exsangue. Le régime du président François Bozizé, que la France soutient à bout de bras, subit une offensive d'un petit groupe de rebelles à laquelle il semble incapable de s'opposer. Paris avait lancé l'été dernier un appel à la communauté internationale pour qu'elle empêche une déstabilisation de la Centrafrique et demande aujourd'hui le déploiement d'une force internationale à la frontière entre le Soudan, le Tchad et la Centrafrique. Dans ce pays, Paris affirme agir "en étroite liaison avec les organisations régionales africaines" notamment la CEMAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) et sa Force multinationale.
Le politologue allemand Andreas Mehler, directeur de l'Institut d'études africaines de Hambourg, a récemment souligné dans la revue française Politique étrangère qu'une organisation comme la CEMAC peut "arriver à une stabilisation de court terme, mais guère plus" en Centrafrique.
Dans l'urgence, Paris se retrouve donc en première ligne pour éviter une chute du régime Bozizé.
Ces crises interviennent alors que la France continue de maintenir 3.500 soldats en Côte d'Ivoire, sa plus importante opération militaire extérieure - pour un coût de 250 millions d'euros par an--, sans perspective d'une sortie de crise rapide alors que les élections ont été repoussées d'un an par l'ONU.
Cette présence est fustigée par le camp du président Laurent Gbagbo, mais un retrait français pourrait conduire à une "dérive rappelant le Rwanda" et le génocide de 1994 et, dans ce cas, "on accusera ceux qui auront abandonné les populations d'avoir laissé le vide se faire", a mis en garde le président de la Commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré.


Par Alain BOMMENEL (AFP)

Partager cet article

Repost 0
Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans CE QUI FAIT DEBAT SUR NOS FORA
commenter cet article

commentaires

Texte Libre

Recherche

A VOS PLUMES