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17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 18:30

Birao sous contrôle des rebelles reprend vie, le sous-prefet a repris fonction

BANGUI (AFP) - 13/11/2006 10h33 - La situation était calme lundi dans la ville de Birao, dans l'extrême nord-est de la Centrafrique, vidée d'une partie de ses habitants depuis sa chute aux mains de rebelles centrafricains il y a deux semaines, a affirmé lundi le sous-préfet de la ville.



 

Centrafrique: situation calme à Birao occupée par les rebelles
"La situation est calme dans Birao", a déclaré Albert M'bongo lors d'un entretien téléphonique. "Les rebelles tiennent la ville, ils sont nombreux", a-t-il ajouté sans préciser leur nombre.

"A l'arrivée des rebelles, la population était paniquée et a pris la fuite. Les responsables (des rebelles) ont pris des porte-voix pour demander aux habitants de revenir en disant qu'ils ne leur voulaient pas de mal (...) aujourd'hui, de nombreuses personnes qui ont fui ne sont pas rentrées", a poursuivi M. M'bongo. La sous-préfecture de Birao compte d'ordinaire près de 20.000 habitants. Le responsable local a également affirmé ne pas avoir été informé d'exactions commises par les hommes de l'Union démocratique des forces pour le changement (UDFR) sur les habitants de Birao. "Je ne suis pas au courant d'exactions commises par les rebelles contre la population", a déclaré Albert M'bongo. Depuis la prise de Birao le 30 octobre, les autorités ont accusé à la radio nationale la rébellion de violences contre la population.

Les rebelles centrafricains de l'Union démocratiques des forces pour le rassemblement (UDFR) ont poursuii dimanche leur avancée vers l'ouest, menaçant la ville minière de Bria, après s'être emparés de Birao et Ouadda Djallé, dans l'extrême nord-est du pays. "Depuis les prises de Birao puis d'Ouadda Djallé, les rebelles continuent à progresser vers l'ouest" en direction de Bria, à près de 600 km au nord-est de la capitale Bangui, a affirmé sous couvert de l'anonymat un responsable gouvernemental centrafricain.

Selon ce responsable, les rebelles ont d'ores et déjà pris le contrôle de la petite localité de Sam Ouandja, entre Ouadda Djallé et Bria. "Nous faisons actuellement mouvement vers Bria et Ndélé (à 250 km au nord-ouest de Bria, non loin de la frontière tchadienne)" , a confirmé un des chefs rebelles, le capitaine Yao, interrogé par téléphone satellitaire. "Si l'état-major nous en donne l'ordre, nous attaquerons" , a-t-il ajouté. "Nous ne rencontrons aucune résistance de la part des Forces armées centrafricaines (Faca)", a-t-il poursuivi, "il n'y a pas eu de combats depuis vendredi et la prise d'Ouadda Djallé, et de nombreux soldats de l'armée gouvernementale nous ont rejoints". Une source militaire centrafricaine a confirmé des mouvements de troupes rebelles vers Bria.

Des témoins joints dans la région ont eux aussi signalé la présence dimanche de groupes d'hommes armés au nord de Bria. "Ces hommes, habillés en civils ou en uniforme militaire, s'expriment en arabe ou en sango (la langue nationale centrafricaine) . Ils avancent en groupes en évitant les principales voies et utilisent les pistes rurales". Ces mouvements n'ont été ni confirmés, ni démentis de sources militaires centrafricaines. "Nous ne savons pas trop ce qui se passe sur le terrain", a dit un militaire, confirmant par ailleurs que des renforts des Faca étaient en cours d'acheminement vers Bria.

Préfecture de la région de la Haute-Kotto, Bria accueille de nombreux "ramasseurs" de diamants alluvionnaires, deuxième source de recettes d'exportation du pays. C'est pour protéger cette activité des bandits que la Force multinationale de la Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale (Cémac), la Fomuc, y déploie depuis un an un contingent de 80 de ses soldats gabonais, tchadien et congolais.

Les rebelles de l'UDFR n'ont pas paru s'inquiéter de la présence des soldats de la Fomuc à Bria. "Nous n'avons aucun problème avec les soldats de la Fomuc", a assuré le capitaine Yao. "Selon leur mandat, ils ne sont pas à Bria pour nous combattre. Ils ne nous empêcheront pas de continuer, s'il le faut, sur Bangui", a-t-il ajouté. Un des dirigeants de l'UDFR, le capitaine Abakar Sabone, avait justifié vendredi la poursuite des opérations militaires par le refus du régime "anti-démocratique, mafieux et ethnique" du président François Bozizé d'ouvrir un dialogue avec eux. Même si de nombreuses sources à Bangui l'ont confirmée, le porte-parole de la présidence Cyriaque Gonda a formellement démenti vendredi la chute d'Ouadda Djallé. Depuis, les autorités centrafricaines sont restées silencieuses.


© 2006 AFP

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans REBELLION
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