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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 00:28

Des troupes de la Cemac prêtent main forte à Bozizé pour mater la rébellion

Par  Pierre Emangongo

La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) a ordonné à sa force multinationale en Centrafrique (Fomuc) de soutenir le régime Bozizé afin de mettre hors d’état de nuire la rébellion qui est en progression dans le Nord-est du pays.cette décision se justifie par le risque d’embrasement de la sous-région de la Cemac.

Les alliés de la République centrafricaine regroupés au sein de la Cemac (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) vont renforcer leur petit contingent militaire dans ce pays pour aider son gouvernement à contrer l’offensive lancée par les rebelles dans le Nord, a déclaré le président gabonais Omar Bongo dans un communiqué diffusé dimanche dont une copie est parvenue à Reuters.

Un diplomate gabonais a précisé à l’AFP que des moyens et du matériel supplémentaires seraient envoyés à la Fomuc, qui dispose déjà de 380 soldats gabonais, tchadiens et congolais. Il n’a pas été en mesure de dire si des renforts en hommes seraient dépêchés en Centrafrique.

RISQUE DE LA DESTABILISATION SOUS-REGIONALE

Selon lui, Libreville, soutien traditionnel du président centrafricain François Bozizé depuis son coup d’Etat de mars 2003, a pris «l’initiative» de cette intervention face au «risque d’embrasement» de la sous-région.

Il a rappelé qu’en plus de la Centrafrique, où les rebelles de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) ont entamé le 30 octobre une percée dans le Nord-est du pays, le Tchad était menacé par des rébellions et des violences intercommunautaires, tandis que le processus électoral en République démocratique du Congo pourrait encore dérailler.

«Il est à craindre une déstabilisation non seulement de la Centrafrique et du Tchad, mais aussi de la sous-région», a estimé le président Bongo dans sa déclaration.

Au nom d’un comité ad hoc de la Cemac sur la Centrafrique, le doyen des chefs d’Etat africains a «sollicité de la communauté internationale tout l’appui logistique et financier nécessaire à la stabilisation de cette région».

La Cemac réunit la Centrafrique, le Tchad, le Gabon, le Congo, le Cameroun et la Guinée Equatoriale.

Cette force, la Fomuc, est déployée à Bangui mais aussi à Bozum, à 300 km au Nord-ouest de la capitale, et à Bria, la ville minière du Nord-est du pays menacée par l’avancée de l’UFDR. La rébellion a pris le 30 octobre la ville de Birao, dans l’extrême nord-est de la Centrafrique, et a depuis progressé vers le sud-ouest, en occupant notamment la localité de Ouadda-Djallé. Les Forces armées centrafricaines (Faca), mal équipées et peu formées, ne lui ont pour l’heure opposé qu’une faible résistance.

Le Tchad a déjà annoncé jeudi l’envoi de renforts militaires en Centrafrique pour venir en aide aux Faca et la France apporte un soutien logistique et en renseignement, grâce notamment au survol par ses avions du territoire centrafricain.

Quel que soit le soutien à apporter au régime Bozizé les Africainsdevront tout d’abord résoudre la crise du Darfour, considérée comme la racine de tous les maux. Ensuite, il appartiendra au président Bozizé de procéder par une véritable réconciliation nationale et d’accepter les négociations sur le partage du pouvoir avec les rebelles. Faute de quoi la Centrafrique ira d’une crise à une autre.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans REBELLION
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