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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 19:24
Paris a annoncé jeudi un renforcement de son aide militaire à la République centrafricaine, s'engageant encore un peu plus, comme au Tchad, au côté d'un régime fragilisé par une rébellion accusée de trouver appui au Soudan voisin.
 
Cette décision place un peu plus la France, déjà fortement présente militairement en Côte d'Ivoire, dans un rôle délicat de "gendarme de l'Afrique", avec lequel elle souhaite officiellement rompre.
 
L'Etat-major des armées a annoncé le déploiement "ces derniers jours" d'une centaine d'hommes supplémentaires en Centrafrique, face à la dégradation de la situation dans ce pays et dans la région.
 
"Compte-tenu de la situation en RCA (République centrafricaine), le détachement Boali d'environ 200 hommes a été renforcé ces derniers jours avec l'équivalent d'une compagnie, soit une centaine d'hommes", a déclaré le commandant Christophe Prazuck.
 
Paris avait déjà annoncé le 13 novembre un aide logistique et en matière de renseignement aérien aux forces mal équipées du régime du président François Bozizé.
 
La rébellion armée de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), qui progresse vers le sud-ouest du pays, est accusée de venir de la province soudanaise du Darfour, elle-même en proie à un grave conflit civil. Le Soudan de son côté dément toute implication.
 
Un scénario semblable se déroule au Tchad, où le pouvoir du président Idriss Deby Itno a été à plusieurs reprises sérieusement menacé par des offensives rebelles accusées de trouver appui au Soudan voisin.
 
La France a plaidé mi-novembre pour la mise en lace d'une force onusienne à la frontière entre le Soudan et ses voisins tchadien et centrafricain, une idée qui n'a pas trouvé d'écho favorable à Khartoum.
 
Paris souligne que le millier de soldats et les avions Mirage F1 du dispositif Epervier présents au Tchad n'interviennent pas dans les combats, même s'ils apportent un soutien crucial aux forces tchadiennes dans les domaines de la logistique et du renseignement aérien.
 
En Centrafrique, Paris insiste sur le fait que ses soldats interviennent au côté des forces locales, mais aussi de celles de pays voisins présentes dans le cadre de la FOMUC (Force multinationale de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale en Centrafrique) pour aider à la stabilisation du pays.
 
Leurs actions principales sont un soutien logistique de ces forces, un soutien en matière de renseignement et une assistance à la planification et à la conduite des opérations, a ajouté le porte-parole militaire français.
 
Interrogé sur une implication de l'armée française dans les combats, il a précisé que les soldats français "sont armés comme tous les militaires, principalement pour assurer leur légitime défense".
 
Les hommes du détachement Boali sont "particulièrement basés à Bangui", a-t-il encore indiqué.
 
La France promet depuis des années qu'elle ne veut plus jouer le rôle de "gendarme" de ses anciennes colonies africaines et prône une approche multilatérale du règlement des conflits sur ce continent.
 
Mais l'aggravation de la crise en Afrique centrale s'ajoute pour Paris à la situation en Côte d'Ivoire, où la France maintient déjà 3.500 hommes -sa plus importante opération militaire extérieure-.
 
Ces tensions se doublent d'un regain de polémique avec le Rwanda sur le rôle de la France avant et pendant le génocide de 1994.
 
Kigali a relancé ses accusations contre Paris après la mise en cause par un le juge français Jean-Louis Bruguière de l'actuel président rwandais, Paul Kagame, pour son implication présumée dans l'assassinat de l'ex-président Juvenal Habyarimana, qui avait marqué le début des massacres.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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