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27 novembre 2006 1 27 /11 /novembre /2006 19:09
Arrestation de deux chefs rebelles centrafricains au Bénin
(Edicom 25/11/2006)


Les autorités de Bangui ont réussi à porter un premier coup aux rebelles centrafricains qui se sont emparés il y a un mois de plusieurs localités du nord-est du pays, en obtenant l'arrestation de deux de leurs principaux chefs installés au Bénin.
Selon une source judiciaire à Bangui, le président de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) Michel Am Non Droko Djotodia et son porte-parole, le capitaine Abakar Sabone, ont été interpellés en début de semaine dans la capitale béninoise Cotonou.

Ces arrestations ont été réalisées en vertu d'un mandat d'arrêt international, remis directement aux autorités judiciaires béninoises par le procureur de la République de Bangui et le doyen des juges d'instruction de la capitale lors d'un déplacement au Bénin il y a une semaine, a précisé samedi à l'AFP cette source judiciaire.

Cette procédure fait suite à l'ouverture par le parquet de Bangui d'une série d'enquêtes pour "complot, rébellion, assassinats, meurtres, coups et blessures, atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat et association des malfaiteurs" visant les responsables de l'UFDR, selon la même source.

Une source judicaire béninoise a confirmé, sous le couvert de l'anonymat, l'arrestation des deux chefs rebelles. Ils ont été "mis aux arrêts et détenus à Cotonou", "les informations concernant l'utilisation du Bénin comme base arrière pour déstabiliser un autre pays étant confirmées", a ajouté cette source.

"Les autorités béninoises n'ont fait que prendre leurs responsabilités. La présidence centrafricaine se réjouit de cette arrestation, parce que le Bénin refuse ainsi de servir de base arrière à la déstabilisation d'un pays frère", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la présidence centrafricaine.

Les autorités centrafricaines ont demandé au Bénin l'extradition de MM. Am Non Droko Djotodia et Sabone, a précisé Cyriaque Gonda. "La procédure est en cours", a-t-il ajouté.

En 1989, le Bénin avait extradé vers la Centrafrique l'actuel président François Bozizé, qui y avait trouvé refuge pour échapper à des poursuites pour "complot" contre le président de l'époque André Kolingba.

Cette victoire judiciaire intervient alors que le gouvernement centrafricain a jusque-là été incapable de contrer sur le terrain l'avancée des rebelles, qui se sont emparés sans grande difficulté le 30 octobre de la ville de Birao, à 800 km au nord-est de Bangui, puis de celle d'Ouadda Djallé, à une centaine de kilomètres plus au sud.

Les hommes de l'UFDR ont ensuite poursuivi leur progression vers l'ouest sans opposition réelle de la part des Forces armées centrafricaines (Faca), mal payées, peu motivées et sous-équipées. Selon des sources militaires centrafricaines, ils menacent désormais l'importante ville minière de Bria, à 600 km au nord-est de la capitale.

L'état-major des Faca y a déployé d'importants renforts et a obtenu le soutien de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (Cémac). Le détachement de sa Force multinationale (Fomuc) déployé à Bria a été porté à plus de 250 soldats tchadiens, congolais et gabonais, qui ont reçu le feu vert politique de la Cémac pour intervenir contre les rebelles.

Outre le soutien de pays de la sous-région, le régime du président Bozizé a obtenu le soutien de la France, son ancienne puissance coloniale, qui a renforcé d'une centaine d'hommes son contingent actuel de 200 soldats à Bangui et lui fournit un appui logistique et en matière de renseignement.

L'un des chefs militaires de l'UFDR a dénoncé samedi auprès de l'AFP l'arrestation de ses deux responsables. "Je ne comprends pas le jeu du régime. Nous étions dans une logique de négociation", a déploré le capitaine Yao Bejo, interrogé par téléphone satellitaire.

"Ces arrestations changent tout. Maintenant, je suis décidé à marcher jusqu'à Bangui, quoi qu'il arrive", a-t-il annoncé.

Le gouvernement centrafricain a accusé le Soudan voisin de soutenir les hommes de l'UFDR. Khartoum a catégoriquement démenti.


 

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans REBELLION
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