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30 novembre 2006 4 30 /11 /novembre /2006 16:59

Photo : N?Cho Jean et Soly Germaine
Koné Mamadou, ministre de la Justice et Désiré Tagro, porte-parole de la Présidence
Déchets toxiques : ? Le ministre de la Justice demande contre une caution de 2 milliards LA LIBÉRATION DES 2 CADRES DE TRAFIGURA ? La Présidence s?y oppose
Dernière mise à jour : 29 Nov 2006 - 23:21 GMT

Au moment où la polémique sur les décrets présidentiels fait rage, le ministère de la Justice joue sa partition dans cette affaire qui défraie la chronique.

La lutte contre l?impunité est à géométrie variable dans le gouvernement du Premier ministre. Alors que Charles Konan Banny, évoquant la bonne gouvernance, proteste contre les décrets présidentiels réintégrant, à compter du 16 décembre prochain, le gouverneur du district d?Abidjan, les directeurs généraux des Douanes et du Port autonome d?Abidjan suspendus depuis le 15 septembre dernier dans le cadre de l?affaire des déchets toxiques, le ministère de la Justice rame à contre-courant.
En effet, il a entrepris des démarches pour obtenir la liberté provisoire pour Claude Dauphin, président du conseil d?administration et fondateur de Trafigura, et Jean-Pierre Valentini, directeur Afrique de l?Ouest de ladite société. Dans le courrier n°65 MJ/DACP en date du 29 novembre 2006 adressé au procureur de la République près le tribunal de première instance d?Abidjan-Plateau, Ouattara Zakaria, directeur des Affaires civiles et pénales au ministère de la Justice, conclut de facto à l?innocence des deux responsables de Trafigura. «Sur le fond, il convient de relever que les inculpés sont à des postes de responsabilité tels qu?en l?état de l?instruction, il est peu probable qu?ils puissent être ceux-là même qui, directement, ont convoyé puis déversé les déchets toxiques dans le district d?Abidjan», écrit-il. Aussi, instruit-il le procureur de la République «à l?effet de requérir la mise en liberté sous caution d?un milliard chacun» des deux responsables de Trafigura.
Cette correspondance d?une part, apporte de l?eau au moulin de la Présidence de la République qui, rappelant la distinction entre responsabilité administrative et culpabilité, a réhabilité les responsables suspendus; et d?autre part, disqualifie les discours actuels relatifs aux principes de transparence, de justice et d?équité. Trafigura, multinationale du trading pétrolier et des matières premières, se trouve être l?affréteur du Probo Koala, navire battant pavillon panaméen qui a transporté les déchets toxiques en Côte d?Ivoire. Ses deux responsables inculpés ont été arrêtés, dans la nuit du 16 au 17 septembre dernier, à l?aéroport international d?Abidjan et écroués à la Maison d?arrêt et de correction d?Abidjan (MACA).
C?est pourquoi par courrier n°014/PR/CSCAJ en date du 29 novembre 2006, Désiré Tagro Asségnini, Conseiller spécial du Président de la République chargé des Affaires juridiques, a exprimé son étonnement devant cette demande enregistrée le 31 octobre 2006 sous le n°400 au 4ème cabinet d?instruction du tribunal de première instance d?Abidjan-Plateau. «Je suis particulièrement troublé par une telle demande du ministre de la Justice au profit de deux personnes qui n?ont aucune adresse en Côte d?Ivoire et qui, j?en suis persuadé, vont quitter le pays dès leur mise en liberté», s?inquiète le Conseiller spécial du Chef de l?Etat dans sa correspondance adressée au procureur de la République près le tribunal de première instance d?Abidjan-Plateau. En outre, le montant du cautionnement de deux milliards de FCFA proposé suffit à montrer la puissance financière des inculpés à travers leur multinationale. Cette fortune, redoute le Conseiller spécial du Président Gbagbo, est susceptible d?être «utilisée de manière à nuire à la conduite de l?enquête qui n?est pas à son terme, comme le reconnaît par ailleurs le ministre de la Justice». Aussi, a-t-il demandé au procureur Tchimou Raymond de s?opposer «fermement par les moyens légaux à la mise en liberté des inculpés afin de ne pas en rajouter à l?émoi des Ivoiriens en général et des victimes de ce drame national en particulier, jusqu?à la fin de la procédure d?instruction».
Dans la nuit du 19 au 20 août dernier, des déchets toxiques contenant de l?hydrogène sulfuré et du mercaptan ont été déversés dans plusieurs sites à Abidjan, faisant une dizaine de morts. Plusieurs personnes interpellées croupissent à la MACA et les directeurs généraux des Douanes, du PAA et le gouverneur du district d?Abidjan ont été suspendus le 15 septembre dernier par le Premier ministre. Parallèlement, deux enquêtes ont été diligentées pour établir les responsabilités et punir les coupables. La première, orchestrée par la Primature, est administrative. Présidée par Mme Fatou Diakité, magistrat hors hiérarchie, elle a terminé ses travaux et a conclu à des dysfonctionnements dans l?administration. La seconde est judiciaire. Demandée par le Chef de l?Etat, elle est en cours sous la direction du procureur de la République près le tribunal de première instance d?Abidjan-Plateau.

Ferro M. Bally

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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