Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 23:17
LE CHANGEMENT À L’ÉPREUVE DU POUVOIR: Quand incurie et résistances freinent l’action
(BeninInfo.com 01/12/20OO

Est-il raisonnable qu’un Président de la République soit au four et au moulin et que le peuple ne fasse confiance qu’à lui seul ? Cette problématique est au centre même des nombreux bouleversements intervenus en huit mois de gestion du pouvoir. Trois ministres limogés, et peut-être encore plus, dans les mois à venir, car les dossiers capitaux qui pié- tinent appellent à situer les responsabilités, à juger sur les résultats, dans une maison Bénin minée par des dysfonctionnements, des mauvaises habitudes et des réseaux même au sein de la présidence de la république. Donc on peut se demander, s’il suffit de changer des ministres, au risque d’élargir le rang des mécontents, pour assainir la gouvernance au niveau stratégique et tactique de l’action gouvernementale.
L’hypothèse que l’on peut émettre aujourd’hui est celle d’une confrontation entre le régime du changement auquel le chef de l’Etat, animé d’une foi enthousiaste, tente d’impulser une vraie dynamique de bouleversement, et les forces du piétinement qui paniquent, parce que tout chambardement apparaît toujours comme une menace pour les positions acquises et les intérêts qui se sont bâtis au fil des ans et des régimes politiques successifs. Il serait hasardeux et même excessif de parler de la situation actuelle comme une tentative de sabordage du changement par quelque force que ce soit. Car on ne peut juger les difficultés actuelles du président Boni Yayi à mener à bien ses ambitions par la simple exploitation de ses erreurs par une cinquième colonne qui serait animée par ses adversaires d’hier qui tenteraient de reprendre leur revanche. Les crocs en jambes, les guerres de tranchées peuvent être aussi le fait des partisans du président de la république, chacun ayant tendance à protéger les intérêts de son clan, réseau ou obédience. Il y a une maxime –qui vaut ce qu’elle vaut- mais qui dit « Protège-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge ! ». Dans ces cas généralement, l’action commune est entravée par la fuite des informations, la rétention des vraies données, la fi ltration dans la presse de la désinformation ou de l’intoxication, le retour au chef d’un feedback tronqué, les conseils orientés vers la destruction de l’adversaire, les ambitions démesurées et propices à tous les coups de Jarnac ou représailles etc. Si le chef devrait s’arrêter à ces considérations, il lui passerait le goût de gouverner, par méfi ance excessive, par paranoïa ou tout simplement par découragement. Et si le président de la république agissait ainsi, il créerait un climat de suspicion et de chasse aux sorcières qu’il ne cesse d’écarter de ses intentions. La réalité c’est que l’habitude est une seconde nature et que le régime du changement est en train d’éprouver ses premières diffi cultés à imprimer une marche forcée au pays et à une administration minée, forgée dans de vieilles et mauvaises habitudes, contrôlée encore par une caste de fonctionnaires qui s’adaptent mal à la vitesse que Boni Yayi voudrait donner à la relance du développement. Mais la diffi culté n’est pas seulement à rechercher dans le piétinement des forces de la continuité. Elle est au sein même du combat des groupes d’intérêts qui ont soutenu le chef de l’Etat. Outre la grande déception au sujet du coton, d’autres découragements attendent le président de la république. Puisse Dieu lui donner la patience d’admettre qu’après quelques mois seulement d’exercice du pouvoir, une quantité non négligeable de ses compatriotes, du moins dans les niveaux de décision et d’exécution, ne soient pas encore prêts à franchir le Rubicon. Le changement prendra le temps qu’il prendra, mais le régime ne doit point donner l’impression que le chef de l’Etat est élu sur la promesse de défi s particuliers. La relance du coton est apparue comme une locomotive pour le reste de l’économie et il en est ainsi aussi de l’énergie, particulièrement de l’électricité qui n’en fi nit avec des délestages dont les effets sociaux et économiques mesurés devraient être très importants. Mais d’autres défi s comme le social, l’emploi et même le développement d’autres fi lières agricoles sont tout aussi importants que le coton qui mobilise et épuise autant d’énergie humaine qui aurait pu être effi ciente ailleurs. Il y a comme un problème de confi ance quelque part, entre le peuple et ses gouvernants d’une part, entre le président du changement et ses ministres et cadres d’autre part. Les limogeages, même s’ils ne résolvent pas les problèmes globalement sont une nouveauté dans le combat contre l’impunité et l’incurie des responsables et des cadres. Ajoutés aux sanctions qui tomberont suite aux audits, toutes les sanctions qui pleuvent rassureront le peuple que le changement n’est pas un vain mot, et un slogan de campagne, alors qu’ils paniqueront et dresseront des mécontentements qui seront de véritables aubaines pour les forces qui redoutent les conséquences du changement. Même si le chemin des vrais bouleversements sera parsemé de rocailles, de résistances, de mécontentements, de défi ance, de trahison même, il faudrait que le président de la république ne perde pas la confi ance du peuple et qu’il ait la confi ance d’une grande partie des forces politiques qui animent la vie nationale.
ur(s) / source : Par Léon BRATHIER

Partager cet article

Repost 0
Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DEMOCRATIE PARTICIPATIVE
commenter cet article

commentaires

Texte Libre

Recherche

A VOS PLUMES