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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 20:31
La Révélation dans la tempête du renouveau: Le journal s'est attaqué au chef de l'Etat. Et patatras.
(Camer.be 05/12/2006)


Le 15 novembre 2006, la Révélation, périodique paraissant à Yaoundé, consacre une page à l'affaire Djomo Pokam. La une du journal est barrée par un très visible : " Assassinat de Djomo Pokam, au Hilton hotel : Paul Biya impliqué, à lire et à conserver ". Dans son contenu, l'article, qui n'est pas signé, s'interroge sur le silence du président de la République par rapport à la mort de Djomo Pokam dont les assassins étaient déjà connus. Le lendemain de la parution du titre dans les kiosques, le gouvernement, par le biais du ministre de la communication monte au créneau. Ebénézer Njoh Mouelle s'insurge dans un communiqué de presse publié le 16 novembre 2006 contre un outrage sur la personne du chef de l'Etat et une dérive de la presse.

Le communiqué de presse du ministre de la Communication est abondamment relayé par les médias de service public. Bosco Tchoubet qui a " impliqué " le président de la République est jugé peu professionnel par ses confrères.. " Décidément, les journalistes ont du culot. Rien ne fait plus peur à cette presse triomphante et sans pudeur, depuis peu investie du pouvoir de dévoiler la part intime des personnes, ou la partie invisible de l'iceberg, dans une quête effrénée de sensationnalisme. Dans ce qu'il faut bien appeler la " grand-messe " de l'information de ce mois de novembre à mi-parcours, le " grand prêtre " nous vient d'une chapelle au label très révélateur : " La Révélation ". Signes distinctifs : périodicité non déclarée et ours en cours d'élaboration. Effet choc et idée chic sur l'assassinat de Djomo Pokam au Hilton Hôtel, en ouverture de son édition du 15 novembre dernier : " Paul Biya impliqué ". Mention spéciale : " A lire et à conserver. S'indigne Abui Mama Eloundou dans un éditorial de Cameroon Tribune du 17 novembre 2006.
Le Directeur des rédactions du journal de la rue de l'aéroport fait au passage quelques précisions. : On peine à se souvenir que le patron à tout faire du journal " La Révélation " n'en est pas à sa première incartade, et qu'il n'en finit pas de prendre goût à ces acrobaties de haute voltige qui, serait-on tenté de croire, l'amènent aujourd'hui au sommet de son art.

“Sincères excuses”
Piqué au vif, Bosco Tchoubet se résout à présenter des excuses au Chef de l'Etat à travers une correspondance parvenue à la même rédaction du journal de la rue de l'aéroport.
"Donnant suite à l'audience à nous accordée par le ministre de la Communication ; audience relative à l'émoi causé au sein de l'opinion publique par le titre à la Une du journal La Révélation dans son édition n° 089 du mercredi 15 novembre 2006, nous directeur de publication du journal mis en cause précisons ce qui suit : La Une ainsi libellée : Assassinat de Djomo Pokam au Hilton Hôtel, Paul Biya impliqué, n'entendez pas dans cette implication, la mise en cause du Président de la République par rapport à la commission du crime. Mais plutôt sa sollicitation dans la prise de décision d'interpellation des présumés assassins de Monsieur Djomo Pokam Olivier Narcisse. L'article de la page 3 relatif à cette Une le démontre à suffisance. Loin de nous donc l'idée de la participation du Chef de l'Etat à la commission du crime. Néanmoins, compte tenu de diverses interprétations dudit titre, nous tenons à présenter nos sincères excuses au Président de la République à qui nous réitérons notre déférence."

Rien n'y fait. L'article qui accuse le chef de l'Etat de protéger les meurtriers de Djomo Pokam fait polémique. Et déjà l'Esstic où Bosco Tchoubet prend des cours en auditeur libre depuis trois années se saisit du dossier. Un conseil de discipline est arrêté pour le 20 novembre 2006 par le directeur de l'Ecole, Laurent Charles Boyomo pour statuer sur les manquements graves au niveau de l'éthique et de la déontologie. Dans la salle où les assises du conseil de discipline ont lieu en présence de Bosco Tchoubet, se retrouvent entre autres Valentin Nga Ndongo, Michel Tjade Eone, Paul Célestin Ndembiyembe, Pierre Paul Tchindji.
Le mis en cause est interrogé par le jury sur ses manquements professionnels. " Je leur ai expliqué tout le sens que je donnais au mot " impliqué ". Pour moi, il s'agissait d'une implication indirecte. L'implication du chef de l'Etat dans la prise d'une décision demander de prendre les coupables d'une affaire dont on dit que les coupables sont connus " révèle t-il aujourd'hui.

Un argumentaire qui n'a pas convaincu les membres du conseil de discipline de l'Esstic. Hugo Minko, chef du service de la scolarité et rapporteur dudit conseil vers lequel le directeur de l'Esstic nous a guidé est clair : " on a d'abord jugé un étudiant et non un directeur de publication pour les lacunes observées dans son titre qui ne reflétait pas le contenu de l'article. A la fin du conseil, on lui a posé la question de savoir s'il se reprochait quelque chose. Il a insisté a répéter qu'impliqué veut dire interpeller. Face à ses lacunes de la langue française, nous décidé de son exclusion. Surtout qu'il était un auditeur libre ".
" C'est un acte illégal et fondé sur aucune base juridique. Le problème réside ailleurs" fulmine Bosco Tchoubet. Lequel, dans la dernière édition de son journal accuse nommément le ministre de l'Enseignement supérieur d'être à l'origine de son exclusion. Une version des faits contestée dans l'entourage de Jacques Fame Ndongo : " Que cet ancien étudiant s'en remette à lui-même. Il a commis une faute grave, il s'agit d'une atteinte à la plus haute autorité de la République, à savoir le chef de l'Etat ", dit-on ici.

© Mutations : Francky Bertrand Béné

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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