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12 décembre 2006 2 12 /12 /décembre /2006 19:19

LE PK 12 SOUS HAUTE TENSION : LES COMMUNAUTES MUSULMANE ET CENTRAFRICAINE A COUTEAU TIRE



 

« Nous voulons la mort, nous voulons la mort, Bozizé ». C'est par ces mots prononcés sous la colère que les jeunes centrafricains du PK12 de Bangui ont manifesté publiquement hier matin leur ras le bol après les diverses escarmouches qui les ont opposé à la communauté musulmane de PK12. L'on se rappellera que le vendredi dernier, un incident grave s'était produit au niveau de la barrière de PK12, à l'issue duquel un lieutenant de la gendarmerie nationale a été gravement poignardé par un élément de la sécurité du Président de la République, de nationalité tchadienne. La non intervention des éléments de défense et de sécurité pour empêcher voire maîtriser l'auteur du crime, a suscité la colère des jeunes de PK12 qui étaient obligés d'organiser une riposte à l'issue de laquelle, on a enregistré de part et d'autres, des cas de mort. L'incident a vite pris l'allure d'une bataille rangée opposant la communauté musulmane et la population de PK12. Les jeunes en ont profité pour chasser loin les hommes en robe.
Le samedi 9 décembre 2006, alors que la plupart des jeunes du PK 12 s'étaient rendus au Stade pour assister au match de football qui opposait les Fauves cadets aux Panthères cadets du Gabon, la communauté musulmane qui n'en démord pas, en a profiter pour gagner du terrain au point que des violents combats ont repris dans la soirée du samedi où, des coups de feu se sont fait entendre toute la nuit.
De sources concordantes recueillies auprès de la population, les hommes en robe étaient armés de couteaux, flèches, arcs et des armes à feu de marque Kalachnikov et A52.
Selon les témoignages recueillis auprès des jeunes du PK12, en plus du gendarme poignardé et de deux autres enlevés, les musulmans ont kidnappé et tué deux chrétiens catholiques qui revenaient d'une cérémonie religieuse organisée au Sanctuaire Mariale à Ngou Komba au PK 23, route de Damara. Cérémonie à laquelle prenait part le couple présidentiel et officiée par l'archevêque de Bangui, Paulin Pomodimo. Les deux victimes catholiques ne sont autres qu'une femme de la fraternité Légion de Marie et un homme de la fraternité St Joseph, retrouvés égorgés sans une forme de procès par les musulmans. En répression de cet acte barbare, trois musulmans, selon les informations en notre possession, ont été tués et un autre connu sous le nom de Maloum derrière l'école Begoua blessé dans le quartier Yembi 1 du Chef Thiamalé.
Hier matin et une fois de plus, la tension est montée d'un cran. De part et d'autres, les deux « belligérants » se regardaient en chiens de faïence. Les jeunes de PK 12 qui étaient prêts à en découdre avec les musulmans avaient comme moyens de défense, des coupe-coupe, flèches, machettes, morceaux de pierre, gourdins, d'explosif artisanal, fabriqué à l'aide des morceaux de fer, du sable, tessons de bouteilles et de l'essence…
Devant les éléments de sécurité qui étaient déployés au niveau de l'école Begoua, un musulman de la localité du nom d'Hissein et propriétaire d'une boutique a brandi deux kalachnikovs, à titre de démonstration de force aux manifestants, sans pour autant que les gendarmes déployés sur le terrain puissent le désarmer. Ces jeunes très écoeurés racontent que le chef des insurgés musulmans n'est autre qu'un certain Issa qui est connu dans le quartier comme étant un coupeur de route, lequel avait remis à ses confrères un A 52 avec lequel ils avaient manœuvré le samedi 9 décembre 2006.
Certains jeunes que nous avions interrogé soutiennent que c'est parce que les forces de défense et de sécurité (Gendarmerie, la Police et autres) sont des femmelettes, donc incapables de se défendre malgré que l'un d'eux ait été tué qu'ils sont obligés d'organiser la résistance face à ces musulmans.
Ils comptent ainsi prouver aux autorités que la RCA est avant tout le patrimoine des centrafricains et par conséquent, une quelconque communauté, fut-elle tchadienne ne pourra aucunement s'approprier le droit de cité quoique ce soit en Centrafrique. Certains jeunes ont poussé l'outrecuidance jusqu'à déclarer que si le président de la République est tributaire de dettes morales envers cette communauté, il doit se rendre compte qu'il est avant tout président d'un Etat souverain, qu'est le Centrafrique et qu'il a cette obligation de défendre son peuple.
Un jeune centrafricain qui requiert l'anonymat déclare sous la colère que « le vin est tiré et il faut absolument le boire puisque cette communauté tchadienne depuis le coup d'Etat du 15 mars 2003 se considère comme des intouchables de la République et qu'ils peuvent valablement tuer les centrafricains sans pour autant être inquiétés. Cette fois-ci ou c'est eux ou bien ce sont les musulmans». Ces jeunes ont même lancé un véritable défi aux forces de défense et de sécurité, qualifiées par eux de « défaillants », de leur remettre leurs armes et munitions de guerre pour leur permettre de protéger la population de PK12. Le Colonel Thierry Lengbé et Eric Touaboy arrivés sur les lieux à bord d'un véhicule des Commandos d'intervention Rapide immatriculé 024 BPSGR n'ont pu contenir les jeunes centrafricains qui étaient très surexcités.
Qu'il s'agisse des axes Damara ou Boali, la colère était à son comble.
Les jeunes ont déclaré haut et fort qu'ils regrettent amèrement pourquoi ils avaient accepté se faire démobiliser. Ils ont ajouté que c'est parce qu'ils n'ont plus leurs armes que la communauté musulmane a tenté de leur tenir tête.
Pour certains, il est temps que le Président de la République puisse se prononcer solennellement sur ce cas de figure car, ils en ont marre d'être à la traîne des musulmans qui n'hésitent pas un seul instant à poignarder ou tuer les dignes fils du pays. Sans commentaires, nous osons espérer que les autorités centrafricaines sauront trouver des solutions appropriées à cette situation qui osons-le dire n'est que le bout de l'iceberg.
D'ores et déjà, l'on peut sans risque de se tromper affirmer que la zone de PK 12 serait à n'en point douter une « poudrière virtuelle » qui pourrait nous réserver une bien triste réalité si rien n'est fait d'ici là pour désarmer les musulmans qui selon les jeunes, cacheraient leurs armes au fond de leurs puits. On annonce déjà que les populations de cette localité sont en train de vider la zone, baluchons, sacs au dos et tout ce qui leur est essentiel pour échapper à l'insécurité grandissante.
Somme toute, il y a du feu en la demeure puisque PK 12 qui abrite la résidence présidentielle est sous haute tension et c'est vraiment inconcevable que des civils puissent se substituer aux militaires pour non seulement les défendre mais se défendre eux aussi.
S'achemine-t-on vers un Etat où l'auto défense serait désormais la règle ? That's the question. (Affaire à suivre)




Lundi 11 Décembre 2006
Harly - Schengen

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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