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13 décembre 2006 3 13 /12 /décembre /2006 20:55

POURQUOI BOZIZE REFUSE T-IL LE DIALOGUE ?



La RCA est un Etat souverain et indépendant. Elle ne doit souffrir d'aucune entorse dans tous ses compartiments. De plus, le chef de l'Etat est le premier garant de cette souveraineté ; il doit assurer la protection de l'intégrité territoriale en cas d'agression étrangère. Mais, cette fonction du chef de l'Etat est mal perçue par certains de nos compatriotes qui voient dans l'attitude du Président BOZIZE, les caractéristiques d'un tyran dans un pays démocratique. A la réflexion, on ne peut souscrire à cette option ; car comment comprendre que notre constitution du 27 Décembre 2004 donne pouvoir au chef de l'Etat d'assurer la protection du territoire et que celui-ci doit tendre la main aux rebelles aux ambitions sans issues à travers le dialogue.
En effet, si le dialogue est l'un des moyens de résoudre les crises, il faut aussi noter qu'il n'est pas applicable dans tous les cas, surtout en de pareilles circonstances où les assoiffés du pouvoir contournent les différents organes de dialogue mis en place par le Président BOZIZE pour assujettir le peuple centrafricain. Autant, les rebelles ne passent pas par les organes de dialogue pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis du pouvoir en place ; autant les différents organes de dialogue n'ont pas fait leur travail comme il se doit. Si le principal rôle des organes de dialogue est d'écouter et d'apaiser les tensions sociales comme nous le voyons actuellement dans certains secteurs de la vie sociale, il faut dire que cet attribut est resté lettre morte ; et c'est à juste cause que Bozizé refuse de tendre la main du dialogue.
Le comité national de médiation que dirige le Pr. Abel NGOUMBA, le comité des sages du Pasteur ZOKOUE et le comité de suivi des Actes du dialogue national de Mme SAMBA PANZA, contemplent tous paresseusement les évènements survenus dans le Nord-Est de la RCA et se limitent à une simple condamnation verbale sans effet. Si BOZIZE refuse le dialogue, c'est en vertu des fonctions que lui confère la constitution. Cependant, ces différents organes de dialogue doivent aller à la rencontre des ces rebelles ne fut-ce que les écouter que demander au Président de la République d'ouvrir le dialogue avec les ennemies de la nation comme l'a fait le Pr. Abel GOUMBA.
Cette déviation du rôle des organes de dialogue est perceptible dans d'autres secteurs tel l'éducation. Les différents remous au sein du système éducatif centrafricain n'ont même pas inquiété ces « paisibles réconciliateurs ». Depuis la menace d'aller en grève des enseignants du fondamentale 1 (F1) jusqu'à la crise actuelle des enseignants du supérieur en passant par la grève des vacataires du fondamentale 2 (F2) qui ont menacé de ne pas reprendre les cours sinon bâclé les enseignements faute d'intégration dans la fonction publique, les différents organes de dialogue sont restés sourds à la crise sociale. S'il faut encore demander à Bozizé et au gouvernement de Elie DOTE d'aller au dialogue avec les enseignants, nous pouvons nous demander sur le véritable rôle de ces différents organes.
Comment comprendre qu'une grande institution comme l'Université de Bangui est paralysée depuis bientôt 4 mois et que cela n'inquiète personne. Au lieu de se complaire dans les honneurs, ces différents organes feraient mieux de prendre leur responsabilité même s'il ne leur revient pas de trouver une solution immédiate à la crise qui perdure.
Au regard de tout ce qui précède, il apparaît comme une urgence sinon une nécessité de revisiter ces différents organes de dialogue qui ont d'ailleurs pour mission fondamentale « l'écoute et l'apaisement des crises sociales ». Car il ne faut pas oublier, la reconstruction de notre pays et la recherche de la paix ne sont pas une mince entreprise encore moins l'œuvre d'une seule personne comme l'a si bien rappelé le Président BOZIZE dans son allocution le 1er Décembre 2006 à Bouar lors de la 48° fête de la proclamation de la République. L'heure n'est plus au dialogue, mais au travail rien que le travail (KNK).
Frédéric BAMADO,
Enseignant-chercheur
Université de Bangui


Mercredi 13 Décembre 2006
Frédéric BAMADO

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DIALOGUE NATIONAL
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