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19 février 2007 1 19 /02 /février /2007 23:36
Une crise évitée de justesse -
L’Union africaine (UA) a évité in-extremis une crise majeure sur le dossier de l’attribution de la présidence au Soudan, mais peine à mobiliser troupes et fonds pour sa force de paix en Somalie, lors de son 8è sommet à Addis Abeba.
 
"Il y a plusieurs points très positifs à l’issue de ce sommet: au premier rang desquel le consensus sur la désignation du Ghana à la tête de l’UA, consensus général appuyé par le Soudan lui-même alors qu’il était candidat", a déclaré mercredi le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré, au lendemain de la clôture des débats.
 
Lors du précédent sommet à Khartoum, les Etats membres avaient adopté une déclaration désignant le Soudanais Omar el-Béchir comme prochain président à la condition que la situation humanitaire s’améliore dans la province occidentale soudanaise du Darfour, où l’UA a déployé une force de paix (Amis).
 
Cette perspective avait provoqué un tollé de la part de nombreuses organisations humanitaires qui accusent le régime de Khartoum d’envenimer le conflit au Darfour et menaçé de diviser les Etats membres de l’UA lors du sommet d’Addis Abeba.
 
La fracture de l’organisation a finalement été évitée, le Soudan acceptant de se désister au profit du Ghana, "élu à l’unanimité".
 
Sur le Darfour, M. Konaré juge qu’il y a eu "une volonté de sortir de la situation de +ron-ron+, la définition d’une stratégie commune avec l’ONU pour ne plus perdre de temps".
 
"Ensuite, sur la Somalie, il y a eu la réaffirmation d’un engagement fort de l’organisation pour déployer une force de stabilisation, mais à la condition expresse que le gouvernement de transition ouvre le dialogue à toutes les composantes de la société somalienne", souligne-t-il.
 
Mais les finances ne suivent pas. M. Konaré déplore "d’avoir toujours à tendre la main, nous comptons trop sur l’extérieur, ce qui est inacceptable pour moi. Nos Etats n’assument pas leur responsabilités".
 
Pour la Somalie, "nous avons besoin d’une force de 8.000 hommes. Jusqu’à présent, nous en avons 4.000", a lancé le chef de l’Etat ghanéen John Kufuor à l’issue du sommet appelant les 53 Etats de l’Union "à contribuer" à cette force et assurant que le déploiement "commencera aussi rapidement que possible".
 
L’UA avait espéré que le sommet permettrait de lever des fonds et de trouver des troupes, mais les résultats semblaient maigres mardi soir. Seul le Burundi a annoncé pendant cette réunion qu’il enverrait 1.000 soldats.
 
Les islamistes somamiens ont été mis en déroute fin décembre-début janvier, et le gouvernement somalien tente désormais, avec l’appui de l’armée éthiopienne, d’établir son autorité.
 
Le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Seyoum Mesfin s’est dit confiant à l’issue du sommet que la force de paix de l’UA commencera à se déployer en Somalie "d’ici deux ou trois semaines", coïncidant avec la fin du retrait des soldats somaliens.
 
Face à son impuissance financière, "la vraie force de l’Afrique est dans l’union. Je suis un partisan inconditionnel des Etats-Unis d’Afrique, qui sera le sujet exclusif du prochain sommet d’Accra" en juillet, explique le président de la Commission.
 
Les Etats-Unis d’Afrique constituent l’objectif ultime de la construction de l’UA depuis sa création, mais le dossier divise lui aussi les Etats membres.
 
Comme souvent aux sommets de l’UA, les conflits ont éclipsé les thèmes officiels de la réunion d’Addis Abeba, qui devait notamment être consacrée au changement climatique. Les présidents ont toutefois appelé les pays riches à lutter davantage contre le réchauffement de la Terre, dont l’Afrique subit de plein fouet les conséquences.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans AFRIQUE CENTRALE
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