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21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 21:07
Pas d’asile pour la veuve de l'ancien président - 15/2/2007
La veuve de l’ancien président rwandais, Agathe Habyarimana, a été déboutée jeudi de sa demande d’asile en France par une instance administrative de recours qui a confirmé un premier rejet, motivé par l’implication présumée de l’intéressée dans le génocide au Rwanda en 1994.
 
Mme Habyarimana, qui réside dans la région parisienne, est par ailleurs depuis mardi l’objet d’une plainte déposée devant la justice française pour "complicité de génocide et de crimes contre l’humanité".
 
Dans un document de dix pages, la commission des recours des réfugiés (CRR) a rappelé le rejet décidé le 4 janvier par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), selon qui Agathe Kanziga, veuve de Juvénal Habyarimana, a été impliquée en tant "qu’instigatrice ou complice" dans le génocide rwandais, entre avril et juillet 1994.
 
La commission des recours parvient aux mêmes conclusions, affirmant notamment qu’elle "s’est trouvée au coeur du régime génocidaire responsable de la préparation et de l’exécution du génocide qu’a connu le Rwanda durant l’année 1994".
 
Les avocats de Mme Habyarimana, Me Jean-Marc Florand et Me Philippe Meilhac, comptaient aussitôt déposer un pourvoi devant le Conseil d’Etat, la plus haute instance administrative française.
 
Ce sera fait "dans les heures qui viennent", ont-ils indiqué à l’AFP après publication de la décision de la CCR.
 
En théorie, l’expulsion reste possible malgré le dépôt d’un tel pourvoi. Mais dans la pratique, les autorités administratives pourraient attendre la fin de la procédure.
 
Par ailleurs, la France, qui s’oppose à l’extradition de personnes risquant la peine capitale dans leur pays, ne devrait pas expulser Mme Habyarimana vers le Rwanda, où la peine de mort est en vigueur.
Si l’administration française décidait d’un arrêté d’expulsion à l’encontre d’Agathe Habyarimana, elle devrait trouver un pays qui accepte de l’accueillir.
 
La demande d’asile avait été formulée en juillet 2004.
 
La commission des recours avait longuement entendu le 25 janvier Mme Habyarimana. Le rapporteur de la commission avait finalement demandé le rejet de sa demande d’asile.
 
Dans sa décision, la CRR estime que Mme Habyarimana faisait partie d’un "premier cercle du pouvoir (...) appelé akazu (petite maison en Kinyarwanda, ndlr)" qui "détenait des pouvoirs réels depuis le coup d’Etat de 1973", date à laquelle son mari a pris le pouvoir.
 
Mme Habyarimana "ne pouvait ignorer" une certain nombre de faits relatifs au génocide, a estimé la CCR, se fondant sur de nombreux rapports et témoignages, dont certains devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
 
Des témoignages attestent, selon la CCR, qu’elle était présente "lors de l’élaboration d’une liste de personnalités politiques à éliminer avec leur familles, à savoir notamment Agathe Uwilingyimana", Premier ministre en exercice, assassinée le 7 avril 1994.
 
Mardi, une plainte pénale a été déposée contre Agathe Habyarimana au tribunal de grande instance d’Evry, près de Paris, pour "complicité de génocide et de crimes contre l’humanité", par le collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), association créée en 2001 pour poursuivre et traduire en justice les auteurs présumés du génocide qui résident sur le sol français.
 
A ce jour, aucune poursuite n’a été notifiée à Mme Habyarimana, y compris par le TPIR, chargé de juger les crimes de génocide au Rwanda.
 
La mort le 6 avril 1994 du président rwandais Habyarimana, dont l’avion avait été abattu, a été le point de départ du génocide. Il a fait entre 800.000 et un million de morts entre avril et juillet 1994 parmi les Tutsis et les Hutus modérés, selon l’ONU.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE AFRICAINE DE LA FRANCE
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