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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 00:47
Chirac met la pression sur Compaoré
(Le Matin d'Abidjan 28/02/2007)
( 28/02/2007)


Les signaux en provenance de Ouaga annoncent la fin imminente du dialogue direct. C'est le moment que choisit la France pour tenter de peser sur une rencontre qui s'est jusqu'ici déroulée sans heurts.

Brigitte Girardin, ministre français délégué à la Coopération, au Développement et la Francophonie arrive à Ouagadougou ce matin. Selon le porte-parole du Quai d'Orsay, " elle s'y entretiendra avec le Président Blaise Compaoré des différentes crises au règlement desquelles la CEDEAO contribue. Il sera en particulier question du dialogue direct entre le camp présidentiel ivoirien et les Forces nouvelles ". Les observateurs n'en attendaient pas moins. Malgré une indifférence de façade, Paris suit de très près le dialogue direct débuté le 5 février dernier. Et si Chirac et les siens laissent la médiation se dérouler selon le vœu de l'initiateur du projet, des signes subtils jusque-là ont laissé croire que l'ombre de la cellule africaine de l'Elysée plane sur Ouagadougou. C'est lors du sommet France-Afrique à Cannes qu'un membre influent de la nébuleuse a rompu les amarres. Bongo, véritable porte-voix du président français sortant, s'est outré de l'absence de Bédié et Ouattara aux pourparlers inter ivoiriens. Dès son retour de Cannes, Blaise Compaoré s'est empressé de ''corriger'' cette lacune. Malheureusement, il semble que le déplacement express de Ouaga n'a pas été salutaire pour Bédié et Ado. L'intrusion du "tandem houphouëtiste" dans le dialogue direct n'a pas été du goût des deux parties en discussion. Le facilitateur ne pouvait donc faire grand'chose pour la délégation du RHDP. Ado et Djédjé Mady (l'émissaire de Bédié) sont rentrés bredouilles. Les postes de vice-présidence qu'ils étaient partis "réclamer" à Blaise, sur instruction de Paris, ayant été purement et simplement rejetés. Un revers pour le RHDP, qui, pour "brouiller les pistes", a tenté de faire croire à l'opinion qu'elle avait fait un si long chemin juste pour "donner sa bénédiction" à son allié du G7. Mais Paris, véritable instigatrice de ce déplacement inexpliqué des houphouëtistes à Ouaga, refuse de lâcher du lest. C'est donc pour rattraper les choses que Brigitte Girardin, l'exécutrice des besognes africaines du "Grand Manitou", arrive dans la capitale burkinabé. Afin de donner les dernières consignes de Chirac à Compaoré. Mais "elle devrait également rencontrer Guillaume Soro". Sans doute, pour lui "tirer les oreilles". Une autre intrusion qui démontre à plus d'un titre que la France tient à avoir son nez dans une affaire qui ne la concerne plus. Puisque, selon la configuration initiale des pourparlers inter ivoiriens qui déroulent en ce moment sur le sol burkinabé, la France n'a jamais été invitée à donner un quelconque avis. L'on comprend donc difficilement cet empressement de "Madame GTI" à s'entretenir avec Compaoré sur le dialogue direct. Alors que dans le même temps, Gbagbo s'apprête à se rendre, demain, dans la capitale burkinabé pour le bouquet final.

Mireille Abié

© Copyright Le Matin d'Abidjan

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DIALOGUE NATIONAL
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