Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 23:46

Report du verdict de la Cour suprême de justice: André Kimbuta , nouveau gouverneur de la ville de Kinshasa, sur une corde raide
(Le Potentiel 07/03/2007)
( 07/03/2007)


Qui de Adam Bombole (UN) et de André Kimbuta (AMP) occupera l’Hôtel de ville de Kinshasa ? Seule la Cour suprême de justice tranchera. Mais, le greffier de la chambre concernée a annoncé, mardi, sans en donner la raison, le report de l’audience au cours de laquelle l’arrêt de la Haute Cour devait être rendu pour départager les parties. Dès lors, André Kimbuta, déjà déclaré favori, se trouve sur une corde raide.

Attendu pour hier mardi 6 mars, le dernier round du contentieux électoral qui oppose l’Union pour la nation (UN) à l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) n’a pas eu lieu à la Cour suprême de justice (CSJ).

Pourtant, le Centre de documentation, un des services du ministère de la Justice qui sert de siège provisoire à la Haute Cour, était plein de monde.

En effet, c’est de cet arrêt que la population kinoise devra être fixée sur le nom du gouverneur de la ville-province de Kinshasa. Mais bien que prévue, rien n’était fixé à l’extrait de rôle. Néanmoins, le greffier de la chambre concernée a annoncé à cette bouillonnante marée humaine que l’audience a été reportée. Sans en donner la raison.

Quant à la nouvelle date d’audience pour cet arrêt tant attendu, le greffier a, sans précision, déclaré qu’elle pourrait tomber ce mercredi 7 mars 2007 ou, à défaut, le vendredi 10 mars. Ce qui a laissé l’assistance perplexe.

Hier mardi 6 mars, l’ambiance qui a régné à la Cour suprême de justice ressemblait à une reddition de la campagne électorale. Il y avait là toutes sortes de banderoles, chacune portant un message précis. Les combattants de l’Union pour la nation chantaient à tue-tête, juste comme en cette inoubliable journée du 21 novembre 2006, avant le crépitement des balles et l’incendie de la Cour suprême de justice. Ces hommes exaltés n’attendaient qu’une chose : cet arrêt qui – pour eux - allait signer la déchéance d’André Kimbuta, le gouverneur déclaré élu par la Commission électorale indépendante (CEI) pour la ville-province de Kinshasa.

LA PSHYCHOSE

Cette ambiance de carnaval ne pouvait que créer une véritable psychose dans l’esprit de ceux qui peuvent se remémorer, non seulement ce qui était advenu à la Cour suprême de justice le 21 novembre 2006, à l’occasion d’une requête en contestation des résultats de l’élection présidentielle ayant opposé au deuxième tour le candidat Jean-Pierre Bemba au président déclaré élu Joseph Kabila; mais aussi les tristes événements qui avaient endeuillé la province du Bas-Congo - trois jours durant - après l’élection à la tête de la province des candidats de l’AMP Simon Mbatshi Mbatshia et Déo Nkusu.

Sans l’affirmer, on pourrait penser que c’est cette angoisse d’insécurité, non seulement pour les membres de la Haute Cour, mais aussi pour la population venue nombreuse, que cette audience aurait été reportée. Etant donné qu’au Congo démocratique, les réactions de la masse sont imprévisibles.

Ce qu’il faudrait dire, c’est qu’André Kimbuta est vraiment sur une corde raide. Car, l’Union pour la nation avait relevé en date du 27 février 2007devant la Cour suprême de justice que parmi les grands électeurs qui avaient porté Kimbuta au pouvoir, deux avaient des démêlés avec la justice.

D’abord, il y a le cas du député provincial Ngobila qui aurait une double nationalité. Ce dernier aurait même été condamné par la justice belge, en rapport avec cette double nationalité. Mais donnant son avis à ce sujet, l’organe de la loi avait déclaré qu’il n’y a jamais eu un jugement coulé en force de la chose jugée.

Le deuxième dossier concerne un chef coutumier qui avait accordé sa voix à André Kimbuta. Selon les avocats de l’Union pour la nation, cet électeur aurait enfreint la loi. Car, n’ayant pas un casier judiciaire vierge. L’homme a été condamné par la justice congolaise. Mais dans son avis, le ministère public a fait voir à la Cour qu’après le jugement le condamnant au premier degré, ce chef coutumier - aujourd’hui député provincial - avait interjeté appel. Son affaire, n’ayant pas encore été tranchée au deuxième degré, on ne peut conclure qu’il a été condamné définitivement.

DES DOUTES SUR LE MAINTIEN DE KIMBUTA

Pour conclure, le ministère public avait prié la Haute Cour de dire la requête de l’Union pour la nation recevable, mais non fondée. Entre-temps, les députés invalidés sont, à leur tour, allés en appel devant la Cour suprême de justice depuis le 28 février.

Comme si les malheurs d’André Kimbuta ne suffisaient pas, deux des électeurs ayant porté leur dévolu sur lui - à savoir les chefs coutumiers Nzama du groupement Ngana de Maluku et Ngandoli du groupement Lemba-Makala - viennent d’être invalidés par la Cour d’appel de Kinshasa/Matete.

Selon les analystes, l’invalidation de ces deux députés ayant pris part à l’élection d’André Kimbuta, pourrait avoir une conséquence fâcheuse sur le scrutin. Ceci, pour la simple raison que leur vote devrait être considéré comme nul et de nul effet. Et ils se réfèrent aux dispositions de la loi électorale. Va-t-il s’en sortir ou pas ? Sincèrement, l’avenir ne semble pas rose pour André Kimbuta. Surtout si l’on tient compte de la houleuse séance plénière tenue le jeudi 1er mars 2007 à l’Assemblée provinciale.

Au cours de cette séance, la plénière avait validé les mandats des élus confirmés par la Cour d’appel de Kinshasa/Matete. Heureux élus qui devront maintenant prendre la place des députés déchus de l’Alliance de la majorité présidentielle que sont Nzama, Ngandoli, Ngobila et Pascal Tabu Ley. Il faut rappeler, en passant, que la plénière programmée à l’Hôtel de ville le lundi 5 mars 2007 a été suspendue suite au boycott des députés provinciaux membres de l’AMP, qui avaient agi par solidarité avec leurs collègues invalidés. En attendant, l’espoir est permis de chaque côté mais sans occulter une éventuelle surprise. Les forces de l’ordre doivent jouer leur rôle d’encadrement de la masse sans verser dans le parti pris afin d’épargner à la RDC la réédition des événements du 21 novembre 2006 à Kinshasa ainsi que ceux du 31 janvier et 1er février 2007 au Bas-Congo.




Par Le Potentiel

© Copyright Le Potentiel

Partager cet article

Repost 0
Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans JUSTICE
commenter cet article

commentaires

Texte Libre

Recherche

A VOS PLUMES