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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 22:32

LA PAIX SANS POUVOIR D'ACHAT EST IMPOSSIBLE EN CENTRAFRIQUE, UNE DANGEREUSE ILLUSION



La pauvreté est la pire ennemie de la paix sociale. Une politique sociale inexistante fait le lit des tensions sociales. Et les choses se compliquent aujourd'hui avec une flambée sans précédent des denrées de première nécessité comme le sucre, le lait, le savon, le riz, le pétrole, l'huile, la farine, la viande du bœuf, le poisson, etc.
La vérité, c'est que la paix sans pouvoir d'achat est impossible en Centrafrique. et c'est malheureusement tout le drame social de la majorité des ménages centrafricains qui voient leur pouvoir d'achat s'amenuiser tous les jours sous le poids de la flambée des prix qui concernent désormais les loyers dans un pays où il n'y a pas d'habitat social et de politique en la matière.
Oublier le social au profit de l'économique et du politique est un ‘‘pêché mortel'' pour tout gouvernement engagé dans un processus de paix et de reconstruction nationale. Faire la paix sur un capital géant de pauvreté, c'est joué avec le feu. Car le social mal maîtrisé est toujours une ‘‘bombe à retardement''.
Cela est connu de notoriété publique depuis des lustres.
Le fait aggravant de ces dernières années, c'est cette flambée constante des prix des denrées de premières nécessité sous l'œil condescendant d'un gouvernement sans repères où perspectives. Une enquête exhaustive et approfondie montrerait que sur une décennie et plus encore ces quatre dernières années, les prix des denrées de premières nécessité ont connu une augmentation spectaculaire du simple au double et sinon plus. Il n'y a qu'à observer la montée brusque du prix du sucre supposé être fabriqué en Centrafrique hier par la SOGESCA, aujourd'hui par l'entreprise SUCAF entre les mains de CASTEL qui a fini par contrôler toute la filière sucrière en Centrafrique. Car avec 95% de part et 5 % réservés aux petits commerçants qui ne voient plus que du feu, SUCAF détient de fait le monopole de la commercialisation du sucre sur le territoire centrafricain avec l'abandon organisé de la production locale (Bambari ou N'gakobo) qui aurait pu donner du travail à la main d'œuvre paysanne, aux ouvriers et aux agents de maîtrise.
Au nom d'une « libéralisation » mal maîtrisée des prix et d'une économie du marché fondée sur la recherche du ‘‘plus value'' et de la compétitivité, la République est en train de sombrer dans le « tout libéralisme » qui fragilise davantage des petits ménages et la couche moyenne sérieusement paupérisée et clochardisée.
Oublier que plus de 70% de la population Centrafricaine vit au dessous du seuil de la pauvreté avec désormais moins d'un dollar US par jour par habitant, relève d'une grave cécité politique. Oublier aussi que les salaires des fonctionnaires et agents de l'Etat ont perdu sa valeur de moitié depuis la dévaluation inattendue du CFA en 1994 sans contre partie pour la RCA, est une autre preuve de cécité politique.
On se demande si le ministère du commerce a un droit de regard à travers des études économiques et sociales pointilleuses sur cette flambée des prix qui agit comme un cancer mortel qui ronge le porte feuille des ménages centrafricains désormais sans grandes ressources financières ni épargne famille.
Les familles ploient justement sous le poids de la libéralisation outrancière des prix, sous le poids de la « dette à usure » et d'une paupérisation avancée. Rares sont celles qui parviennent encore à fournir à «la marmaille » trois repas décents par jour : petit déjeuner, déjeuner et souper ! Ce sont des notions trop compliquées par l'écrasante majorité des populations, victimes d'une dégradation avancée de leurs conditions de vie et d'une dégradation encore de leur pouvoir d'achat.
On aurait souhaité que madame la ministre du commerce réagisse un tant soi peu à cette flambée incontrôlée des prix qui ne tient pas souvent compte de la base économique et sociale des ménages et des familles et qui viole en passant la structure officielle des prix qui ne devrait pas toucher à certaines denrées vitales. Et lorsqu'on sait que l'économie nationale, l'import-export est absolument entre les mains d'une puissante « oligarchie libano-syriènne » face à la quelle l'Etat n'a que ses yeux pour pleurer ou sa main tendue pour recevoir des « pots de vin », le peuple Centrafricain est naturellement sacrifié sur l'autel des intérêts individuels et catégoriels.
Nos plaintes et complaintes ne valent que pour nous, mais attention tout de même au mécontentement social qui grandit chaque jour qui passe ! Car une explosion sociale fera encore plus de dégâts que ces bruits de bottes qui nous viennent encore du Nord Ouest et du Nord Est. Car la paix sociale sans véritable pouvoir d'achat pour les ménages est une calamité sociale, un danger potentiel pour la stabilité des institutions démocratiques tant il est vrai que la paix sans pain, la démocratie sans justice sociale sont de dangereuses illusions.



Jeudi 08 Mars 2007
Jean Ding Kpi

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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