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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 09:17
Derniere Mise a Jour: dimanche 18 mars 2007, 04:12

Forces Républicaines Nouvelles : Mémorandum relatif au conflit armé et au dialogue en vue

 

 

I – Introduction 


Après son indépendance en 1960, la République Centrafricaine a très tôt basculé dans un système de terreur et de dictature inauguré par le Colonel Jean-Bedel BOKASSA et poursuivi par ses successeurs immédiats.
 En 1979,à la chute de l’Empire, les centrafricains en précurseurs ont initié et réussi une la première conférence nationale du genre, dans la tolérance la tempérance et la responsabilité.

Dès 1982,un certain Général BOZIZE va par ses aventures  permettre à la junte qui venait de s’installer au pouvoir et dont il faisait comme par hasard partie, d’installer la terreur et la loi du parti unique. 
 Grâce au combat acharné des forces républicaines et démocratiques le pays va se libérer de la dictature pour faire son entrée en démocratie consacrée par les élections libres et transparentes de 1993. « PLUS JAMAIS CELA » scandaient en chœur tous les centrafricains pour tourner la page à l’obscurantisme. 

Malheureusement, alors que le Centrafrique s’est résolument engagé dans une véritable démarche de démocratisation et de recherche des possibilités pour son développement harmonieux, le putsch du 15 mars 2003 opéré par le Général François BOZIZE va mettre un terme à ce processus salvateur.
 

Aujourd’hui, du fait des dégâts sociaux et économiques liés à la rébellion et au putsch du Général BOZIZE ainsi que de sa gestion clanique, prédatrice et criminelle du pouvoir, le Centrafrique traverse une crise sans précédent. Laquelle compromet dangereusement la paix sociale, l’unité du peuple centrafricain, la légitimité et la viabilité des institutions de la République.
 

Par ce Mémorandum, les Forces Républicaines Nouvelles (FRN), plate-forme de concertation stratégique et d’action de toutes les organisations en lutte armée contre le régime au pouvoir voudraient éclairer la Communauté nationale et internationale sur la nature et les motifs du conflit armé actuellement en cours en Centrafrique ainsi que de donner sa vision du dialogue en vue de sortir de la crise. 
 

II - Du conflit armé actuel en Centrafrique
 

Le Général BOZIZE a pris sur lui et ses penseurs de GONESSE, la responsabilité historique de créer un dangereux précédent non seulement en utilisant une de ces violences jamais connues de mémoire de centrafricain pour accéder par leur calamiteuse rébellion, au pouvoir, mais mieux ils ont légalisé, lors de leur dialogue national, le raccourci du coup d’état comme moyen unique privilégié pour la conquête du pouvoir de l’état.

Contrairement aux thèses développées par le Pouvoir et ses soutiens extérieurs tendant à faire accréditer l’idée selon laquelle le conflit armé au Nord-Ouest et Nord-est de la République Centrafricaine est intimement lié à la « guerre du DARFOUR » et donc il est d’origine étrangère, notamment soudanaise ; nous affirmons ici de la manière la plus nette que toutes les unités combattantes de l’opposition armée opérant sur l’ensemble du territoire centrafricain sont d’origine nationale centrafricaine et trouvent leur vraie raison d’être dans les manquements graves aux principes républicains et démocratiques du régime instauré dans le pays par le Général-Président BOZIZE.  
 

En effet, nonobstant tous les crimes de guerre, les assassinats massifs de populations civiles, les viols de femmes, les vols et destruction des moyens de production des entreprises publiques et privées qui ont émaillé la rébellion menée par le Général BOZIZE du mois d’octobre 2002 au 15 mars 2003 ; l’exercice du pouvoir par ce dernier depuis son auto-proclamation en chef de l’Etat est marqué par :
 

·       
L’autoritarisme, la violence et les atteintes graves aux libertés fondamentales et aux droits de l’homme,

·       
La pratique de l’exclusion et du tribalisme primaire comme méthode de gestion politique et de gouvernement,

·       
La déstructuration de l’armée nationale par son sous-équipement, l’éclatement et la dichotomie dans la hiérarchie de commandement, le manque cruel de formation des officiers et hommes de troupe, les promotions en grades sans rapport avec les règles établies au sein des armées modernes,  la constitution de milices et de forces paramilitaires composées d’éléments choisis sur des critères tribaux ainsi que de mercenaires étrangers au service exclusif du Président-Général BOZIZE,

·       
Le bradage à des réseaux mafieux internationaux et la captation par une minorité clanique et tribale des richesses minérales et forestières du pays,

·       
La prédation organisée au plus haut sommet de l’Etat des ressources financières internes ainsi que des aides au développement accordées par les organismes internationaux et des pays amis,

·       
Le musellement des partis politiques d’opposition.   C’est donc pour arrêter avec tous ces maux et surtout pour faire barrage au grand risque de retour d’une dictature destructrice et sanguinaire à la BOKASSA que des filles et des fils de Centrafrique convaincus des principes et valeurs de liberté républicaine, de démocratie et du progrès ont décidé de prendre leur responsabilité en entrant légitimement en RESISTANCE ARMEE contre le régime despotique et antipatriotique du Général-Président BOZIZE. De ce qui précède, les FRN tiennent à affirmer ici que le but ultime de toutes les organisations de l’opposition armée est de parvenir à l’instauration en Centrafrique de : 

·       
la démocratie véritablement pluraliste et participative,

·       
le respect scrupuleux des libertés fondamentales et des droits de l’homme,

·       
la mise à terme du pillage à grande échelle des richesses naturelles du pays et leur gestion responsable au profit de tous les Centrafricains,

·       
le partage juste et équitable de toutes les ressources disponibles entre les différentes composantes de la Nation,

·       
l’organisation et la gestion des institutions de la République sur des bases démocratiques et transparentes Aussi, le choix des armes pour atteindre ce but a été imposé aux organisations combattantes par la nature même du régime au pouvoir. Lequel, il faut bien le rappeler, est d’essence militariste et violente. Ce régime qui n’entend que la voix de la violence s’est adonné de manière notoire et récurrente à la discrimination,  à l’exclusion, à l’emprisonnement et aux tortures des opposants politiques ainsi qu’au mensonge et à la fourberie comme méthode de gestion de conflits sociaux et politiques. En muselant et en fragilisant les partis politiques de l’opposition par la terreur, la corruption et le débauchage de leurs cadres et militants tout en refusant obstinément tout dialogue avec les leaders qui ne se soumettent pas à son diktat, le Général-Président BOZIZE a laissé aucune possibilité au combat démocratique contre son régime. Enfin, lâcher par les officiers et soldats des forces armées centrafricaines (FACA) lesquels refusent obstinément d’engager le combat contre leurs frères d’arme de l’opposition militaire, le Général-Président BOZIZE n’est soutenu sur le terrain que par ses milices tribales, des mercenaires étrangers et des corps expéditionnaires venus de pays amis du Centrafrique, particulièrement le Tchad, le Gabon, le Congo et la France. Les dirigeants de ces pays s’étant laissés convaincre à tort par la thèse qui voudrait que la « guerre du DARFOUR » ait fait de l’Etat centrafricain la victime de puissances étrangères, dont celle du Soudan.  Mais, jusqu’à quand les soldats étrangers envoyés en Centrafrique par leurs pays d’origine se battront au risque d’y laisser leur vie afin de sauver un régime dont les propres forces de sécurité et de défense refusent de soutenir ? 

III - Du dialogue pour la sortie de crise 
 

Les FRN tiennent à rappeler à la Communauté nationale et internationale que toutes les organisations de l’opposition armée ont toujours exprimé leur disposition à dialoguer avec le régime en place afin de trouver pacifiquement les solutions au conflit qui les oppose. Malheureusement, comme à son habitude, le Général-Président BOZIZE a préféré le maintien de la violence permanente par sa posture guerrière sans faille ainsi que la pratique de la fourberie en parlant de dialogue alors qu’il n’en veut pas du tout.
 Sur ce dernier point, l’exemple le plus significatif est donné par la signature à Syrte (Libye) d’un prétendu accord de paix entre le Pouvoir et Monsieur KOUMTA MADJI alias Général Abdoulaye MISKINE. Cet accord visiblement mort-né dénote parfaitement la méthode du régime consistant à dire une chose et à faire son contraire.  Au lieu de répondre à la demande du dialogue politique global et inclusif émanant de toutes les forces vives centrafricaines et soutenue par l’ensemble de la Communication internationale, le Général-Président BOZIZE et ses plus proches collaborateurs tentent par tous les moyens de corrompre et de phagocyter isolément les leaders de l’opposition démocratique et de l’opposition armée. Espérant ainsi arriver à leur fin qui est de maintenir coûte que coûte le statu quo politique et ainsi poursuivre leur œuvre de destruction nationale.  Malgré toutes les manœuvres dilatoires du régime, les FRN demeurent convaincues de la nécessité du dialogue en vue de sortir pacifiquement et durablement de la profonde crise où est plongé notre pays.

Ce dialogue politique global et inclusif doit permettre la RENAISSANCE, l’instauration d’une NOUVELLE REPUBLIQUE en tant que révolution démocratique par la construction des contre-pouvoirs donc par la DELIBERATION PERMANENTE des orientations politiques du pays par ses propres fils. 

Il nous faut donc sans délai, rentrer la République Centrafricaine dans un système activement et concrètement démocratique et non plus monarchique comme aujourd’hui où la dictature de la pensée unique s’est installée avec l’imposture qu’on connaît aux commandes d’un état devenu voyou par la responsabilité directe du Général BOZIZE
 

Nous estimons que compte tenu de la gravité de la situation que traverse notre pays, le dialogue doit servir de cadre où doit s’élaborer les conditions précises de re-légitimation et de renforcement des capacités institutionnelles de l’Etat en Centrafrique. En ce sens, il est donc impératif de s’inscrire dans un schéma de concertation réunissant les acteurs militaires et politiques nationaux sous le parrainage d’un dirigeant d’Etat étranger ami dont la neutralité dans le conflit centrafricain ainsi que la probité en matière de pratique démocratique et d’expertise en médiation politique internationale sont avérées.   


Paris, le 16 mars 2007
 

Pour le Bureau National des Forces Républicaines Nouvelles,


Christophe GAZAM-BETTY

Coordonnateur national
Ancien Ministre
Ancien Ambassadeur en RP Chine

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DIALOGUE NATIONAL
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