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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 01:17
RDC
 
La villa de Bemba encerclée
La situation était très tendue mardi à Kinshasa où des dizaines de militaires congolais et des blindés de l'ONU étaient déployés aux abords d'une résidence de l'ex-vice-président Jean-Pierre Bemba, dans la crainte d'incidents armés avec les gardes de l'ex-chef rebelle. Des témoins ont affirmé que trois coups de feu avaient retenti peu après 10H00 GMT dans ce quartier de la commune de la Gombe (nord), sans être en mesure d'indiquer s'il provenait de soldats des Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC) ou des gardes affectés à la sécurité de M. Bemba.
"Il s'agit apparemment d'un soldat des FARDC qui a tiré en l'air. On ne sait pas si les coups sont partis à cause d'une mauvaise manipulation de l'arme ou pour une autre raison", a indiqué une source sécuritaire occidentale.

Ces détonations ont eu pour effet immédiat une fuite des commerçants du quartier, qui craignaient une intervention imminente de l'armée contre les hommes de M. Bemba, et un déploiement massif de militaires des deux parties.

En début d'après-midi, des officiers de la Mission de l'ONU (Monuc), qui a déployé une quinzaine de blindés dans la quartier depuis plusieurs jours, discutaient avec des militaires armés de M. Bemba devant sa résidence, visiblement excédés.

La situation est tendue depuis le 15 mars, date à laquelle tous les soldats détachés auprès des vice-présidents pendant la transition politique - commencée en 2003 après une guerre de près de cinq ans et sanctionnée par des élections en 2006 - devaient commencer à regagner leurs quartiers en vue de réintégrer l'armée régulière.

Les ex-vice-présidents et anciens chefs rebelles Bemba et Azarias Ruberwa se sont opposés à cette injonction, estimant que les 12 policiers affectés par décret à leur protection étaient insuffisants, et ont exigé de nouvelles négociations.

Toutefois, les gardes de M. Ruberwa n'ont pas été déployés dans la rue, contrairement à ceux de M. Bemba, dont certains étaient visiblement sous l'emprise de drogue ou d'alcool.

Les autorités congolaises ont jusqu'à présent privilégié "le dialogue" pour régler cette question, niant tout plan visant à désarmer de force les soldats réfractaires.
La Monuc affirmait mardi redouter des incidents isolés entre soldats.

"On ne craint pas un dérapage organisé, volontaire, mais qu'un ou deux individus chanvrés (ayant consommé du chanvre) déclenchent un incident qui pourrait dégénérer", a indiqué à l'AFP le lieutenant-colonel Didier Rancher, porte-parole militaire de la Monuc.

En août et en novembre 2006, des affrontements post-électoraux entre FARDC, policiers et soldats de M. Bemba avaient fait une trentaine de morts à Kinshasa, dans le même quartier de la Gombe.

Lundi, la Monuc s'est interposée à deux reprises entre FARDC et des gardes de Bemba qui s'approchaient d'une position de l'armée régulière, évitant un affrontement.

Des sources sécuritaires occidentales estiment à 250 les gardes armés de M. Bemba dans ses deux résidences de la Gombe - sans compter des éléments disséminés dans les quartiers périphériques de Kinshasa - et à environ 120 ceux de M. Ruberwa.

"Cette situation de tension ne pourra pas durer indéfiniment, a affirmé un officier des FARDC, sous couvert d'anonymat. On ne veut pas faire couler le sang, mais on ne peut passer laisser la population de Kinshasa être prise en otage".

Publié le 20 mars 2007.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans AFRIQUE CENTRALE
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