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11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 13:28
RDC
Départ en famille
L'ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba, a quitté mercredi Kinshasa pour le Portugal, près de trois semaines après des combats meurtriers entre sa garde rapprochée et l'armée régulière, a-t-on appris de source aéroportuaire.
Il a embarqué avec sa femme et ses cinq enfants à bord de son Boeing 727, qui a décollé à 02H00 (01H00 GMT) à destination de Lisbonne.

Le président de l'ex-rébellion du Mouvement de libération du Congo (MLC), devenue le premier parti d'opposition du pays, était "hébergé" dans une résidence de l'ambassade d'Afrique du Sud à Kinshasa depuis le 22 mars.

La famille Bemba a été convoyée dans la nuit de cette résidence à l'aéroport par des Casques bleus de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc).

La garde rapprochée de l'ex-rebelle a été totalement défaite lors des combats à l'arme lourde des 22 et 23 mars, qui ont fait plus de 200 morts dans la capitale, selon des sources diplomatiques.

L'adversaire malheureux de Joseph Kabila à la présidentielle de 2006 quitte officiellement le pays pour des soins à une ancienne fracture à la jambe dans une clinique de Lisbonne.

Pour un diplomate en poste à Kinshasa, cet "exil sanitaire" devrait ouvrir la voie à "une restructuration de l'opposition" dans un climat encore très tendu à Kinshasa.

Le MLC, qui est resté très silencieux ces dernières semaines, a dénoncé dimanche des menaces contre ses cadres, des arrestations arbitraires et l'occupation de son siège national, encore occupé par la garde présidentielle.
Toutefois, ses élus ont continué à siéger à l'Assemblée nationale et ont réaffirmé leur volonté de mener un combat républicain pour sauvegarder le processus démocratique en RDC. Mardi, l'opposition a obtenu par consensus deux des sept présidences de commission permanente à l'Assemblée.

Les élections de 2006, considérées comme les premiers scrutins libres en plus de 40 ans dans l'ex-Zaïre, ont mis fin à une difficile transition politique entamée en 2003 après une guerre régionale de près de cinq ans.
Le camp du président Kabila, qui s'est imposé avec 58% des voix contre M. Bemba à la présidentielle, dispose d'une confortable majorité dans la totalité des institutions élues depuis 2006.

Après la présidentielle, l'ex-rebelle Bemba s'était engagé à conduire une "opposition forte et républicaine". Elu sénateur de Kinshasa en janvier, il avait refusé de voir ses troupes intégrer l'armée régulière, estimant que les 12 policiers affectés à sa protection par décret présidentiel étaient totalement insuffisants.

Après la défaite des troupes de l'ancien chef rebelle, le pouvoir a accusé ce dernier d'entretenir "une milice" et le parquet général a ouvert une "information judiciaire" qui pourrait déboucher sur des poursuites contre lui.

Dans ce contexte délétère, le sénateur Bemba, actuellement couvert pas son immunité parlementaire, avait demandé à être évacué pour des soins au Portugal, où il possède une résidence.

En dépit de son engagement à n'avoir "aucune activité politique" sur le sol portugais et d'un "accord de principe" de la présidence, les discussions ont duré près de 15 jours avant qu'un feu vert soit finalement donné par le président du Sénat.

Cette autorisation permet à M. Bemba de quitter librement le pays et d'être assuré de ne pas perdre son siège au Sénat, où toute absence non autorisée à plus d'un quart des séances d'une session met automatiquement fin au mandat.

Publié le 11 avril 2007.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans AFRIQUE CENTRALE
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