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13 avril 2007 5 13 /04 /avril /2007 01:39
Advocate Rick Neal and Vice-President for Policy Joel Charny visited the CAR from March 3 to 17, 2007. [ Any views expressed in this article are those of the writer and not of Reuters. ]

Réfugiés internationaux - les Etats-Unis Site Web : http://www.refugeesinternational.org

La République centrafricaine : Prendre des mesures maintenant pour résoudre une crise difficile

04/04/2007 Contact : Rick Neal et Joel Charny ri@refugeesinternational.org ou 202.828.0110

Les Nations Unies et d'autres dépositaires internationaux manquent une occasion de désamorcer la crise humanitaire et politique en République centrafricaine. La situation là, tandis que liquide et incertaine, n'est clairement pas aussi insurmontable ou violente que les conflits dans Darfour ou les Grands Lacs. Dans l’immédiat, un engagement politique des autorités de Bangui et le déploiement rapide d’une aide maintenant aux populations marginalisées du nord ouest permettront de ramener la paix dans le pays et aideront ces populations à retourner chez elles avant que le conflit ne se durcisse et déboucher sur un autre désastre insurmontable pour la région.Plus de 200.000 Centrafricains ont abandonné leurs maisons depuis 2005 et se cachent maintenant dans leurs champs, parvenant juste à survivre dans des conditions présentant un danger pour la vie. La cause de leur malheur est politique, car la plupart des populations de cette partie nord du pays souffrent d'avoir été abandonnées depuis si longtemps par le gouvernement central dans Bangui. Les rébellions armées dans le nord-ouest, fief du Président déposé Ange-Félix Patassé - et celui du nord-est davantage intégré au Soudan qu’à la République centrafricaine - ont pris naissance en raison des frustrations, du manque des structures de santé, éducatives et de développement économique au cours des vingt dernières années.

Les troupes gouvernementales, en particulier la garde présidentielle (mais également, plus récemment, les hommes de troupe), ont provoqué le déplacement massif des populations en brûlant et en pillant des villages et en exécutant sommairement des civils en représailles aux attaques rebelles. Le président actuel de la République centrafricaine, le Général François Bozizé, est venu au pouvoir par coup en 2003, mais a gagné ensuite des élections généralement considérées comme légitimes en 2005. Il ne peut pas tenir ses promesses électorales, du fait sa politique arbitraire et discriminatoire, d’un système politique verrouillé et à un état faible.Le secteur du nord-ouest fortement affecté par négligence du gouvernement est habité par des membres de la tribu de l'ex-président Patassé, et la région a subi le choc de la politique de contre-insurrection du gouvernement, des incendies de village, du pillage et d’assassinat de civils pour les punir sous le prétexte de collaboration avec les rebelles. Le Président Bozizé est grandement tributaire du Président Déby du Tchad pour sa sécurité, lequel l'a soutenu dans son processus de renversement de Patassé.

Les troupes tchadiennes font partie de la garde présidentielle et participent à la FOMUC, une petite force régionale de maintien de la paix. Elles sillonnent également la République centrafricaine à leur guise, pillent les villages et terrorisent les populations le long de la frontière. Comme les éléments de la crise actuelle en République centrafricaine ne datent pas de plus d’une année, beaucoup estiment qu'elle est liée, en particulier dans le nord-est, à la crise dans le Darfour. Cependant, cela est peu d'évident. Les rebelles dans le nord-est peuvent obtenir l'appui du Soudan, et les rebelles Tchadiens croisés en avril 2006 au nord-est de la République centrafricaine lors de leur coup manqué contre le Président Déby, soutenus par Khartoum. Mais l'idéologie de la supériorité arabe qui a tué les millions de déplacés non-Arabes dans le Darfour n'est pas encore apparue dans le nord-est de la République centrafricaine, et il est clair quoi qu'il arrive, que la crise dans le nord-ouest centrafricain est essentiellement due à la politique arbitraire du gouvernement centrafricain, aggravée par des incursions de Tchadiens.

En dépit de l'attention accrue accordée par la communauté internationale à la situation de la République centrafricaine en raison de ses liens présumés avec la crise du Darfour, la réaction du corps diplomatique de Bangui, des pays et des agences donatrices et partenaires de développement, des Nations Unies, a été lente, mal organisée, et dénuée d'imagination. Les agences humanitaires commencent à répondre aux besoins des déplacés, mais cette réponse demeure insuffisante et n’est pas conjuguée avec un vigoureux effort pour faire cesser les attaques contre les civils et l'aide à apporter aux gens pour regagner leur domicile. Le reste des engagements internationaux posés comme préalables au soutien du processus de réconciliation nationale dirigé par un gouvernement élu et n'a pas évolué pour prendre en compte la nouvelle réalité du conflit et la situation des déplacés internes.

Le Bureau des Nations Unies en République centrafricaine (BONUCA) a été établi en 2000 avec pour mission le maintien de la paix et les élections. Le BONUCA, dirigé par le Général Lamine Cissé du Sénégal depuis juillet 2001, est une mission politique plutôt que de maintien de la paix. C’est ainsi qu’il n'a aucune troupe à sa disposition et est contrôlé par le département des affaires politiques de l'ONU (DPA) plutôt que par le département des opérations de maintien de la paix de l'ONU qui a une plus grande expérience dans le contrôle des opérations de maintien de la paix à facettes multiples.

Le mandat initial du BONUCA avait entre autres objectifs, de soutenir les efforts du gouvernement pour consolider la paix et la réconciliation et de renforcer les institutions démocratiques. Dans une lettre au Conseil de sécurité à la fin de 2005 cependant, le Secrétaire général a opéré un changement important, chargeant le BONUCA de soutenir la réconciliation et le dialogue national sans en référer au gouvernement.C'est crucial parce qu’en interprétant son mandat, le BONUCA et son chef, le Général Cissé, ont aussi évolué pour se rapprocher du gouvernement, s'empêchant d'agir en tant que médiateur et facilitateur neutres.

L’exemple le plus parlant est la réticence du BONUCA à affronter le gouvernement par l’ouverture immédiate d’une enquête sur le massacre de 26 civils, ainsi que l'exécution par les forces armées gouvernementales de 17 élèves à Paoua en janvier 2006, d'une violation de droits humains largement rapportée et condamnée par des organismes internationaux respectés de droits de l'homme.Après avoir failli en n’ouvrant pas immédiatement l’enquête, deux hauts responsables du BONUCA, dans des entrevues séparées, ont déclaré que les règlements sécuritaires de l'ONU en vigueur les ont empêchés de se rendre dans la zone concernée.

Le problème est celui-la à ce jour ; même pendant que l'ONU a revu à la baisse ses grilles de sécurité dans le nord-ouest, le BONUCA n'a jamais mis pieds dans les régions en question et n'a pas résolu les problèmes logistiques simples qui empêchent son personnel de droits de l'homme de voyager. Le rapport du BONUCA sur les droits de l'homme est par exemple inconsistant et incomplet si l’on se réfère seulement à l’allusion aux « nombreux cas de violation du droit à la vie » dans la plus récente actualisation faite par le Secrétaire général sur la République centrafricaine.

La communauté diplomatique de Bangui a également adopté une stratégie de soutien au Président Bozizé, minimisant la politique des mauvais traitements et des exactions tout en conseillant la patience, laissant entendre qu’une vive critique extérieure encouragerait l'intransigeance des rebelles et compromettrait les projets de réforme.

Cependant, il ne semble pas qu’il y ait aucun plan concerté pour travailler avec le président pour freiner les abus et aider les personnes déplacées à regagner chez elles ; plutôt, les diplomates citent des initiatives vagues - d'aide au développement de l'union européenne, de réforme du secteur de sécurité par les partenaires non identifiés qui produira d’une façon ou d'une autre des résultats. Il est admis par tout le monde que le Président Bozizé est « le seul maître du jeu », du moins comme un diplomate l’a déclaré avec optimisme, le président « n'est pas un assoiffé de sang. »

Les représentants de l'ONU et des principaux Etats Membres n'ont aucune stratégie politique pour mettre fin au conflit. De ce point de vue, les initiatives locales et nationales de médiation traînent en longueur. Il n'y a aucun processus véritable de dialogue entre le gouvernement, les groupes rebelles, et d'autres protagonistes, en dépit de l’accord de paix contrôlé par la Libye et signé à Syrte en février 2007.Le groupe national des sages basé à Bangui semble paralysé, focalisé comme le BONUCA, sur la suite des tensions dues aux élections de 2005 plutôt que sur les menaces actuelles.

A Paoua, l'ancien député maire édifié parce qu’arrêté plusieurs fois et la perte de tous ses biens aux mains de la garde présidentielle, est prêt pour former un groupe local de sages. « Ces garçons dans la brousse sont nos fils, » a-t-il dit à Réfugiés Internationaux, se référant aux rebelles d’à côté. « Nous voulons aller vers eux pour leur dire de cesser de combattre ». Il a demandé au gouvernement de reconnaître ses efforts, en évitant les accusations de complicité, mais n'a reçu aucune réponse. Les déplacés eux-mêmes sont particulièrement prêts pour la paix : ils regagneront chez eux – ont-ils indiqué - quand ils verront les rebelles déposer les armes, quand le président annoncera un accord de paix, et quand l'armée ne les attaquera plus.La situation en RCA n'est pas encore aussi complexe ou aussi insurmontable que celle du Darfour ou les Grands Lacs.

Les représentants de la France, de l'Union européenne, et des Etats-Unis à Bangui trouveront les fonds qu'ils cherchent en favorisant la réforme avec le président en lançant un groupe de bailleurs de concert avec la Banque mondiale et le Vatican ; et le Secrétaire général doit désigner un nouveau représentant spécial pour accomplir un mandat nouveau et revitaliser le BONUCA. Avec une population de moins de quatre millions et seulement 4.000 soldats, et avec la moitié méridionale du pays à la paix, la mise en œuvre d’une politique concertée et l'octroi rapide d’une aide au nord donnera aux Nations Unies et aux donateurs internationaux une occasion de succès en Afrique centrale, s'ils peuvent la saisir à temps.

Réfugiés Internationaux recommande :

Que le Président Bozizé décide résolument d’aller vers la paix en République centrafricaine en déclarant un cessez-le-feu unilatéral dans le Nord, en y lançant immédiatement des projets d’assistance et de développement incluant le paiement de la restitution des maisons brûlées, et qu’on sévisse contre les exactions des troupes gouvernementales sur les populations civiles.

Que Les Etats-Unis, l'union européenne, la France, le Vatican, la Banque mondiale, et BONUCA viennent ensemble à Bangui pour oeuvrer directement avec le Président Bozizé pendant une période soutenue pour tenir la promesse de son élection, spécifiquement en discutant avec les groupes rebelles, en arrêtant les attaques sur les civils, et en finançant le développement du nord.

Que le BONUCA travaille avec les médiateurs locaux en tendant les bras aux groupes rebelles avec le message selon lequel ils doivent arrêter les attaques sur les troupes gouvernementales et permettre qu’un processus politique s’engage, et que leur stratégie militaire a des conséquences mortelles pour les civils.

Que le département des affaires politiques des Nations Unies, les membres du Conseil de sécurité, et le Secrétaire général clarifient et renforcent le mandat du BONUCA pour le rendre plus neutre, et désigne un nouveau représentant spécial pour s'assurer que celui-ci a le leadership requis pour exécuter le nouveau mandat.

L’avocat Rick Neal et le vice-président pour la politique Joel Charny ont visité la République centrafricaine du 3 au 17 mars 2007. [Toutes les opinions exprimées dans cet article sont ceux de l'auteur et pas de Reuters. ]

(Traduction de l’anglais par la rédaction de Centrafrique-Presse qui demande d’avance l’indulgence de ses lecteurs pour les imperfections.)

© Copyright Centrafrique-Presse

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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