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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 18:05
Hémorragie des cadres et déliquescence accélérée du pouvoir de Bozizé
(Centrafrique-Presse 18/04/2007)


Le régime de Bozizé est réellement en train de vaciller non pas seulement et forcément sous les coups de boutoir assénés par la résistance armée de l’UFDR et de l’APRD mais par un propre phénomène d’auto-destruction suicidaire en somme, des principaux piliers du régime bozizéen en place depuis la fameuse « transition consensuelle » au lendemain du coup d’état du 15 mars 2003. La preuve ou la manifestation en date de cette situation est le prétexte offert par le décès le lundi 16 avril à Paris du secrétaire général de la présidence Charles Hervé Wénézoui, l’une des têtes pensantes du pouvoir bozizéen. Certains piliers du régime Bozizé qui ont cru devoir prendre part aux travaux du comité préparatoire des obsèques ont fait l’objet de menaces de la part de « gbaya boys » armés et excités à tel point que Bozizé lui-même a dû donner discrètement des instructions pour la protection de certains dignitaires.
Depuis quatre mois où ce dernier, gravement malade, avait été évacué à Paris, non seulement son poste est resté vacant car aucun intérimaire n’a été désigné mais le directeur de cabinet de Bozizé Jean Eudes Téya, le ministre de la communication Karim Meckassoua, tous deux ministres d’état ainsi que le directeur administratif et financier à la présidence Gilbert Bomayako, ont été soupçonnés et même accusés par le clan bozizéen de l’avoir envoûté. Aussitôt la nouvelle de la mort de Wénézoui connue, à l’exception de Karim qui était déjà arrivé à Paris trois jours plus tôt, Jean Eudes Téya et Gilbert Bomayako ont juste eu le temps se mettre à l’abri car quelques énergumènes très excités du clan bézambéen voulaient les agresser. Depuis lors, ils ne peuvent plus mettre pied à leurs bureaux au palais présidentiel. En clair, Bozizé n’a plus de dircab, ni de SG ni de DAF à la présidence. Plus grave, les deux ministres d’état Karim Meckassoua et Jean Eudes Téya n’étaient pas au courant du départ à Birao de Bozizé le vendredi 13 avril où il devait rencontrer Zakaria Damane pour signer un accord de paix avec l’UFDR.
S’agissant de Karim Meckassoua, son domicile sis au quartier Sambo au Km5 a été fouillé en règle le mardi 17 avril par le procureur de la République accompagnés de deux véhicules bourrés de gendarmes et de militaires. Bangui grouille actuellement de rumeurs de toutes sortes le concernant. D’aucuns disent qu’il aurait fui le pays pour la France ; d’autres prétendent qu’il serait parti officiellement pour des soins médicaux en France. Une chose est sûre, il avait réuni ses collaborateurs du ministère de la communication le matin du jour de son départ de Bangui, pour les informer de son départ. Il leur a également dit que c’était par hasard qu’il avait appris que Bozizé allait partir à Birao le lendemain.

On a ainsi la preuve que Bozizé n’a plus confiance en ses deux ministres d’état. Tout indique qu’il a goupillé son projet et le programme de signature de l’accord de paix avec l’UFDR à Birao dans le plus grand secret avec juste les membres de son clan tout en excluant ses proches collaborateurs officiels que sont les ministres d’état Téya et Meckassoua. Tout un chacun, surtout les intéressés, peut en tirer les conclusions qui s’imposent d’une telle situation. Pourtant il n’y a pas si longtemps le 15 mars dernier, à l’occasion de la commémoration du quatrième anniversaire de son coup d’état, Bozizé s’en était retourné à Sido flanqué de Anicet Parfait Mbay actuel ministre des transports et Karim Meckassoua, qui y allaient chacun de son bon souvenir en vantant les circonstances de la rébellion et de leur arrivée au pouvoir dans les conditions que l’on sait. Parti en mission à Libreville avant la disparition de Charles Hervé Wénézoui, le retour au bercail de Parfait Mbay est attendu avec impatience. Fera-t-il aussi l’objet d’une agression par les excités du clan bozizéen, lui qu’on taxe d’être un ministre « rebelle ».

Après l’éjection du pouvoir de son ancien ministre délégué aux affaires étrangères, ex conseiller en communication et porte parole Guy Moskit, en France depuis plusieurs mois, Karim Meckassoua vient aujourd’hui le rejoindre à Paris. Edouard Franck, conseiller juridique de Bozizé qui se trouvait également en France depuis plusieurs semaines officiellement pour raisons de santé, a demandé un asile politique auprès de l’OFPRA qu’on lui a refusé. La question se pose de savoir pourquoi tous ces dignitaires du régime bozizéen quittent-t-ils le navire à cette fréquence et maintenant ? Bozizé a du souci à se faire !

© Copyright Centrafrique-Presse

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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