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A VOS PLUMES

CENTRAFRIQUE NEWS

 

   


LA LIBERTE D'EXPRESSIVITE EST UN ATOUT MERVEILLEUX POUR LA DEMOCRATIE ET L'EVEIL DES CONSCIENCES POLITIQUES; SI TU VEUX FAIRE AVANCER TON PAYS, OUBLIES TON PASSE QU'IL SOIT SIMPLE OU COMPOSE  VIENS PARTICIPER A TON PRESENT POUR QUE TON FUTUR SOIT PLUS QUE PARFAIT    
LUCE RAYMOND BOMONGO
OBJECTEUR DE CONSCIENCE POLITIQUE




REGARDS CROISES DE LA DIASPORA

Dans le cade de la préparation du forum de la dispora centrafricaine à Bangui,   après Paris et Lyon, c 'est au tour de la ville de Bordeaux d'abriter la grande reunion de concertation , de débats et  de préconisations.
Toute la diaspora centrafricaine de l'exagone est attendue dans cette belle ville de bordeaux qui est et demeure  le centre névralgique de la politique dans notre pays.
Cette reunion  se tiendra dans la salle Municipla de BRUGES TASTA  la place des fusillés 33520 BRUGES  à 5mn de Bordeaux centre de 13H A 19 H

POUR TOUT CONTACT :06 66 15 19 52
lucé Raymond BOMONGO

QUAND UN ENSEIGNANT REFUSE UNE PROMOTION



QUAND UN ENSEIGNANT REFUSE UNE PROMOTION
WALLOT Joël Yvon
B.P3210 BANGUI R.C.A
TEL: 70.97.28.02
77.48.08.02


M’Baïki, le 26 septembre 2008

A l’attention de Monsieur le ministre de l’éducation nationale, de l’alphabétisation, de l’enseignement supérieur et de la recherche

Par voie hiérarchique

Objet : Refus de la nomination au poste de chef de département de l’exploitation Agricole de l’Institut Supérieur de Développement Rural de M’Baïki (ISDR

Monsieur le ministre,

J’ai appris par mes collègues, l’annonce radiodiffusée sur la radio nationale de ma nomination au poste de chef de département de l’exploitation agricole de l’ Institut Supérieur de Développement Rural de M’baïki (ISDR). J’ai été surpris par cette nomination pour laquelle, je n’ai pas été consulté. Je suis au regret de vous annoncer que je ne peux accepter cette nomination .Deux raisons essentielles me conduisent à décliner cette charge.

La première est une question de principe. Je suis et je demeure un démocrate sincère et un patriote convaincu pour qui rien ne peut se faire de durable sans la recherche d’un consensus par le dialogue. Pour éviter tout malentendu, il me semble utile de ne m’engager qu’après harmonie des points de vue sur les causes et les solutions les plus appropriés à la crise en cours.

La deuxième raison est dictée par l’expérience de ses dix dernières années. Depuis belle lurette, la hiérarchie du mérite est inversée à l’ISDR. Cela s’est traduit par la dénaturation des programmes d’enseignement et une gabegie liée à l’impunité qui pénalise le fonctionnement de cet établissement de formation agricole et sa crédibilité internationale. L’exploitation agricole n’est pas qu’un service technique de production commerciale mais le pilier d’une professionnalisation des filières de formation. La réforme des programmes d’enseignement, du système d’évaluation, des modalités de recrutement des étudiants et des enseignants sont donc au cœur de cette crise. L’expérience récente a confirmé que l’on peut minimiser ces priorités en isolant le fonctionnement de la ferme de l’institut de celui global de la pédagogie. Il me semble incohérent d’inverser l’ordre des priorités. Il me sera difficile dans le bourbier actuel qu’est devenu l’institut de ne pas poser ma démission au bout de trois mois comme ce fut le cas sous le régime précédent.

C’est donc pour ces deux motifs que je suis désolé de ne pas accepter cette nomination qui me conduirait à légitimer une dégradation durable de la qualité de la formation à l’ ISDR.

Meilleures considérations




Lundi 06 Octobre 2008
J.-Y. WALLOT
 Le 13 octobre dernier, selon l'Agence France Presse, les

 Représentants des Maliens de l'extérieur se sont retrouvés à

 Bamako pour discuter avec les autorités de leur pays de l'«

 Organisation et (la) gestion de la diaspora malienne », ou encore de

 leur « implication dans la politique nationale de développement ».

 Qu'en est-il de la RCA et de sa diaspora ?

 

 Entre 1975 et 1988, le solde migratoire net s'établit en Centrafrique à 0,05%, c'est-à-dire que chaque année, il y a 0,05% de la population (soit environ 1800 personnes) qui émigre. Cela représente, au total depuis 1980, 28000 personnes. Cette estimation est à relativiser, compte tenu des importants mouvements de population qui ont eu lieu en RCA ces dernières années. Mais elle montre l'importance de cette partie de la population centrafricaine qui vit hors du territoire national. À l'inverse des Maliens cités ci-dessus en exemple, la diaspora centrafricaine, notamment celle de France, est mal organisée, voire complètement désorganisée.

 Des tentatives d'organisation qui ont toutes échoué Suite au changement de régime politique intervenu en Centrafrique le 15 mars 2003, différentes tentatives d'organisation de la diaspora centrafricaine ont vu le jour, aussi bien en France (pays qui accueille le plus grand nombre de centrafricains) qu'en Centrafrique.

 Ainsi, le 5 octobre 2003, à l'initiative de Mme Yvonne Mété-Nguemeu (Présidente de l'Association Centrafrique Sans Frontières), un groupe de compatriotes résidants en France s'est réuni à Paris pour jeter les bases d'une future fédération des associations centrafricaines. Un Comité ad hoc a été mis en place à l'issue de cette réunion, en vue de sensibiliser les différentes associations centrafricaines, dans le but de mettre en place une fédération de toutes ces associations.

Un calendrier a été adopté et l'assemblée générale constitutive de la fédération a été programmée pour mi-janvier 2004.

 Le 25 octobre, un autre groupe de Centrafricains de la diaspora s'est

 également réuni à Paris pour aborder la question de la représentativité des Centrafricains de l'étranger au sein des institutions de la transition et de leur participation à la mise en place des institutions démocratiques. Ce groupe, dit « du 25 octobre » voulait également se pencher sur la mise en place d'une commission chargée du recensement des Centrafricains et de l'organisation d'une élection démocratique des représentants de la communauté centrafricaine de l'extérieur. Les conclusions de ce groupe rejoignent complètement ceux du « Groupe du 5 octobre ».

 Il a été décidé de mettre en place un « organe fédérateur et/ou représentatif des Centrafricains de l'étranger » et de convoquer l'assemblée générale constitutive pour le 29 novembre 2003. Même si la diversité est une richesse, on ne peut que déplorer le manque d'unité qui a caractérisé ces deux tentatives d'organisation. Des problèmes personnels et d'incompréhension mutuelle ont entraîné la démission d'Aristide Mblanendji, le Secrétaire-Général du Comité ad hoc du « Groupe du 5 octobre », tandis que des accusations de tentative de récupération de l'initiative par le Réseau Kodro étaient formulées. Tout cela, ajouté aux tensions qui prévalaient entre les membres des deux groupes, a créé un certain trouble chez les compatriotes qui étaient sollicités par les uns et les autres pour adhérer à ces initiatives.

 Suite à une réunion organisée le 9 novembre 2003 par le « Groupe du 5 octobre » et à laquelle participait le « Groupe du 25 octobre », un communiqué de presse nous apprenait qu'« après avoir délibéré, les participants ont adopté le principe d'un regroupement des 2 Comités en vue de la mise en place d'un projet de Rassemblement des Centrafricains et Centrafricaines de l'Étranger. » On ne peut que se réjouir de voir nos compatriotes de la diaspora taire leurs divisions et divergences et enfin mener une action unitaire.

 Entre-temps, un petit groupe de compatriotes s'est réuni à Bangui le 1er novembre 2003 pour lancer, sous prétexte de suivre les recommandations du Dialogue National, le Conseil Supérieur des Centrafricains de l'Étranger. À cette réunion participaient essentiellement quelques représentants de la diaspora au Dialogue National ainsi que certaines personnalités politiques qui sont en réalité d'anciens membres de la diaspora. Pour l'heure, ce groupe n'a publié aucun document de travail pouvant nous permettre de porter un jugement de valeur sur ses ambitions et ses actions prévues.

 D'autres tentatives d'organisations de la diaspora centrafricaine

 avaient eu lieu dans le passé, elles aussi sans grand succès.

 Le 13 mars 1999 à Paris, des membres de la diaspora établis-en

 France et au Canada parmi lesquels figuraient Henri Grothe (actuellement

Directeur adjoint du Cabinet du Premier ministre) et Joseph Kiticki-Kouamba (actuel Ministre de l'Environnement et de l'Écologie

 nationale), après avoir dressé un constat catastrophique de la

 situation en RCA « ont décidé d'informer, de sensibiliser et d'appeler la Diaspora centrafricaine partout où elle se trouve, à:

  [- ]  S'ORGANISER en un véritable GROUPE de pression, en une FORCE porteuse d'espoirs, afin de s'impliquer et de peser désormais sur tous les événements politiques, économiques et socio-culturels en RCA ;

[- ]  S'ENGAGER résolument et sous toutes les formes de mobilisations solidaires et patriotiques, en appui aux NOUVELLES FORCES vives et démocratiques qui émergent et luttent pour la RENAISSANCE de la RCA ». Cette tentative n'a pas donné de résultats tangibles.

Début 1999, le GADEC (Groupe d'Action pour la Défense de la Démocratie en Centrafrique) , sous l'impulsion de Narcisse Komas,avait tenté d'organiser à Montréal, au Canada, un Congrès (Ier Congrès International des Centrafricains, CICA I) qui devait réunir pendant trois jours des « fils et filles du pays associés à tous ceux qui s'intéressent à la République Centrafricaine ».

 Ce « CICA I » devait accueillir des « délégués sous des conditions spécifiques (réfléchir sur l'avenir économique, politique, social et culturel de la République Centrafricaine) » et devait « déboucher sur des propositions concrètes réalisables avec les moyens dont dispose essentiellement le pays ».

Malgré l'engagement et la mobilisation de ses initiateurs, ce congrès n'a jamais vu le jour.

Face à l'échec permanent ou annoncé de ces tentatives d'organisation de la diaspora centrafricaine, il nous semble urgent que l'État Centrafricain intervienne pour fixer un cadre légal dans lequel ses ressortissants vivants à l'étranger pourront s'exprimer sur différents aspects de la vie de leur pays d'origine, et prendre une part active au développement de ce pays, dans tous les domaines. Comment organiser la diaspora centrafricaine ? En s'inspirant de l'expérience des diasporas malienne, sénégalaise et française (Conseil Supérieur des Français de l'Étranger), nous proposons le schéma suivant pour essayer d'organiser cette diaspora centrafricaine qui peine à exister en tant qu'entité face aux autorités nationales. En premier lieu, il appartient à l'État, grâce aux services consulaires établis dans les pays amis, de recenser tous les Centrafricains inscrits sur leurs listes vivant dans les différents pays. Ensuite, l'État devra créer, de préférence à travers une loi adoptée par le pouvoir législatif, un organe représentatif des Centrafricains de l'extérieur. Étant donné que le Dialogue National recommande, dans le chapitre « Diplomatie », de «créer un Conseil National des Centrafricains de l'Étranger placé sous l'autorité du Ministère des Affaires étrangères et le doter d'une Direction de coordination », cela ne devrait pas poser de problème au législateur.

Ce Conseil National des Centrafricains de l'Étranger devra être souple et compter au maximum 20 membres élus par les Centrafricains de l'étranger, répartis entre les continents en fonction du nombre des compatriotes qui résident dans chaque zone géographique.Il sera co-présidé par le Ministre en charge des Centrafricains de l'étranger et par un co-président élu

par les membres du Conseil. Ce dernier devra siéger dans la nouvelle Assemblée Nationale ou au futur Sénat en tant que député ou

Sénateur des Centrafricains de  l'étranger. Un des membres de ce Conseil devra être élu pour siéger au Conseil Économique et Social, si une telle institution venait à être créée par la future Constitution de la RCA.L'objectif de ce Conseil National des Centrafricains de l'Étranger sera d'assister les Centrafricains établis à l'étranger et de

défendre leurs droits vis-à-vis des pouvoirs publics. Ses membres seront élus au suffrage universel direct par les Centrafricains de l'étranger pour un mandat de 3 ans.Les élections devront être organisées dans la plus grande transparence par les services consulaires centrafricains établis dans le monde entier.

Une fois ce cadre légal défini par l'État, il appartiendra aux Centrafricains de la diaspora de s'organiser en union, fédération,

 association, etc., pour solliciter les suffrages de leurs compatriotes.

 La diaspora représente un potentiel important sur tous les plans :

économique, financier, humain, etc. Et donc, son organisation efficace est un enjeu majeur pour un pays comme la République Centrafricaine. La RCA traverse actuellement une période délicate de son histoire,et il faut profiter de cette période de transition vers de nouveaux horizons pour corriger les erreurs du passé et prendre une vraie option sur l'avenir.

La diaspora peine à s'organiser. L'État centrafricain doit définir un cadre légal pour permettre à cette diaspora d'exister en tant qu'entité et de se rendre plus utile.

 

 N'DAMAS

Bonjour Monsieur!
 
Depuis notre dernier entretient sur yahoo messenger, je suis un peu occupé mais comme j'ai un temps libre je suis allé sur le site sozoala.com donc j'ai lu un débat qui m'a interrssé et auquel j'ai répondu et comme je voulai vous faire partager je vous envoie copie de mon intervention. Je vous souhaite bonne lecture et au plaisir. Bien à vous!
 
Chers(es) compatriotes!
C'est avec une attention particulière que j'ai lu et rélu vos interventions. Certes, la proposition est forte audacieuse et vaut la peine d'être posée pour ouvrir le débat mais non pour être pensée sur un plan applicable. La RCA est indépendante depuis 40 ans déjà et n'a guère besoin à ce jour d'un protectorat, ni d'une mise sous tutelle encore moins d'un "redressement judico-étatique" non! mes chers compatriotes nous avons un problème en RCA que seuls les fils et filles de centrafrique peuvent resoudre. La question est si simple comment est-ce que nous en sommes arrivés là? oui là! dans cette boue de la médiocrité et de la négativité où nous pataugeons depuis une décénie voir plus. Nous en sommes arrivés là pour la simple raison que nous n'avons pas su prévaloir les interêts généraux de la nation sur les interêts individuels égoïstes des uns et des autres. Nous n'avons aucune notion de ce que sont le nationalisme et le patriotisme. Quoi que dans vos intervention, je perçois un sens du patriotisme avec une réelle volonté que les choses changent dans notre pays. Cependant, sachez que ce n'est pas en faisant un appel d'offre internationale que nous resolverons les problèmes de notre beau  pays car un peu partout sur la planète et en RCA, il existe des fils et filles de centrafrique dignes d'assumer et de conduire la RCA sur le chemin de l'essor économique, social, politique ainsi de lui refaire sa place dans le concert des nations. Seulement pour y arriver il faut que nous ayons en esprit l'idée du sacrifice et une réelle motivation de changer et bouger les choses. Alors vous allez me demander en quoi faisant? je dirais que tout cela commence par une sensibilisation générale et sans exception de tous les enfants de la RCA sur l'interêt général de la nation, faire promouvoir la valeur centrafricaine, inculquer aux uns et aux autres la notion de la bonne gouvernance ( la gestion saine des biens publics et privés), l'appréciation des valeurs individuelles permettant à mettre l'homme qu'il faut à la place qu'il faut... ajouter à cela une détermination d'avancer les choses changerons. Croyez-moi que c'est ayant cette penser dans la tête de chaque Centrafricain que nous pouvons esperer et je le repête, nous pouvons esperer voir POINDRE à l'horizon un avenir meilleur pour la RCA.
Les americains disent "Use that you got to get that you want" autrement <<Utilise ce que tu as pour avoir ce que tu veux>>, considérons qu'en centrafrique nous avons rien (Parce que rien de nos richesses minières, n'est exploité de manière officielle et industrielle) alors qu'est ce qu'il faut faire? nous avons rien mais nous possedons le savoir, les idées, la volonté et la détermination alors à nous de travailler ces 4 choses que nous possédons et que personnes au monde ne peut nous l'arracher pour faire quelques choses pour la RCA.
Arrêtons l'illusionnisme, l'obscurantisme politique,le fanatisme partisan, pour donner un sens et un avenir à notre pays.
Vous avez parlé du Burkina faso, mais je vous prie ne nous leurrons pas, comparons ce qui est comparable, nous sommes en retard acceptons ce fait et faisons un effort pour avancer les burkinabè ont une notion très avancée du patriotisme et du sacrifice pour leur nation, à nous de faire autant. Certes, le burkina estun pays pauvre et enclavé comme la RCA mais il est relié au port d'abidjan par un chemin de fer que les 50 premiers kilomètres ont été construits par toutes les classes sociales du pays en commençant par le président (Thomas Sankara - respect et paix àson âme) jusqu'au paysant (le Burkièndé) d'où le nom du burkina faso (le paysan intègre). Voici une belle leçon de sacrifice. A quand une telle mobilisation pour construire un chemin de faire en centrafrique qui nous rapprochera du port de Douala ou de libreville??? soyons objectif et réaliste, on a beaucoup à faire pour arriver au stade du Burkina car c'est depuis Août 84 qu'ils ont commencer leurs courses sur la voie de l'essor économique, social et politique alors que nous on a même pas commencé. Du moins on avais commencé dans les années 70 avec Bokassa et cela s'est arrêté depuis cette nuit où il y a eu la fameuse opération Baracuda dite "Grâce na DACKO" où les centrafricain ont commencé à casser le peu qu'on a en RCA.
Que le bon sens et la providence nous éclaire. Bien à vous tous fils et filles de centrafrique.

 
        Séverin Lérushs TCHAKOUTE
        47 Bis Boulevard Gustave ROCH
               44200  Nantes (FRANCE)
                   

Interview de Franck Saragba à radio Chuo fm

Le 13 Aout 1960-13 Aout 2008, 48 ans d'indépendance de votre pays la République Centrafricaine, Quel bilan faites-vous ?





Bonjour monsieur Vianney ! Et permettez-moi de vous remercier une fois de plus de m'avoir donné l'occasion de passer dans votre excellente émission. Mais avant de tirer un bilan quelconque de ces quarante-huit années « d'indépendance », permettez-moi que je revienne sur le mot indépendance qui est à mon sens une usurpation de mot car nous n'avons jamais obtenu une indépendance dans le vrai sens du terme. C'est donc une indépendance biaisée que l'on peut qualifié de purement et simplement formelle.
Convenez avec moi monsieur Vianney que pour être indépendant faut-il encore disposer d'une certaine souveraineté du moins d'une certaine autonomie en matière de choix économiques et politiques. Or notre pays, la république centrafricaine fonctionne encore avec des accords et des conventions surannées dont l'immuabilité des termes depuis 1960 posent aujourd'hui des problèmes. Par exemple l'immixtion outrageuse de l'ex pays colonisatrice ou les diktats des institutions internationales comme la banque mondiale ou la FMI avec les fameux plans d'ajustements structurels des années 80 sont des éléments qu'il ne faudrait pas perdre de vue pour établir ce bilan combien sombre et désastreux. Ce qui n'exclue pas non plus la non moins grande responsabilité de la génération de ceux qui nous ont gouvernés et qui nous gouvernent aujourd'hui.

Monsieur Vianney, je ne vous apprends rien si je vous dis que le bilan de ces 48 années « d'indépendance » est terne et pas du tout satisfaisant. Tous les signaux sont au rouge malgré de réelles potentialités aussi bien humaines, végétales que minérales. Que de gâchis ! Quel gâchis ! L'on peut parler sans se tromper d'un pays en faillite dans tous les sens du terme. Faillite économique, Faillite en matière de système de santé et d'éducation, politisation de l'armée, démission des intellectuels, corruption, insécurité, irresponsabilité des gouvernants. En fait, la république centrafricaine est aujourd'hui un pays qui n'existe que de nom.

2-Vous aviez donner comme nom à votre Blog: Fini Kodé, que signifie ce terme.



Fini kodé veut dire littéralement en sango, langue nationale parlée sur tout le territoire de la république centrafricaine, convenez avec moi monsieur Vianney que c'est une chose rare en Afrique. Fini kodé veut dire tout simplement « la nouvelle manière ». Elle s'oppose à « m'gbèrè kodé », l'ancienne manière. Autrement dit, c'est une nouvelle manière de faire et de pratiquer la politique. Elle est en rupture radicale avec les m'gbèrè kodé. L'opposition entre Fini kodé et m'gbèrè kodé ne se conçoit pas en terme de génération mais en terme d'état d'esprit. Il y'a des personnes âgées qui ont un esprit fini kodé parce qu'elles ont une vision moderne de notre pays et des jeunes personnes qui sont des m'gbèrès kodé parce que celles-ci ont une vision rétrograde et aliénante.

 
3-Pour mieux éclairer nos Auditeurs, dites-nous, le projet de loi de Division Nationale, c'est quoi?

Mon article fait suite au récent projet de loi portant notamment pour le premier ; une amnistie sur des infractions liées aux évènements ayant provoqué le changement du 15 mars 2003. Pour le deuxième ; portant amnistie des infractions d'atteintes à la sûreté de l'état et à la défense nationale. Enfin pour le troisième ; portant amnistie des infractions commises par les éléments des forces armées centrafricaines à l'occasion des opérations de maintien de l'ordre et de la défense du territoire.


Ce projet de loi que j'ai qualifié de division nationale porte en effet des germes de provocations et de division que certains compatriotes n'hésitent à qualifier de loi scélérate. Alors que les centrafricains sont fatigués et on en marre des multiples conflits qui ont endeuillés le pays au point de réclamer unanimement un dialogue politique inclusif qui verrait la participation de tous les acteurs politique de notre pays, le pouvoir en place s'est appliqué hélas ! à mettre en place un projet de loi unilatérale et discriminatoire dans le seul but est de s'autoamnistier d'abord malgré sa grande part de responsabilité dans le déclin de notre pays et en exclure quelques acteurs importants de la vie politique de notre pays. Telle n'était pas la volonté manifeste des centrafricains.


Monsieur Vianney, les Centrafricains veulent aujourd'hui un dialogue politique inclusif qui aboutisse à une véritable paix durable et le font savoir. Le processus menant à ce dialogue doit passer nécessairement par une amnistie générale de tous les acteurs et non par une amnistie partiale et parcellaire comme le planifie le général Bozizé pour diviser et opposer indéfiniment nos compatriotes dans le seul but est de satisfaire sa soif de pouvoir.

4-En parcourant votre Blog et plusieurs sites et sources, nous avions constaté une méfiance des Centrafricains par rapports à ce projet de loi, pour certain c'est inacceptable, pourquoi selon-vous?

En effet, unanimement et en dehors de quelques caciques du pouvoir même les partisans du régime sont divisés et n'hésitent plus à prendre position contre ce projet. C'est vous dire combien les centrafricains ont trouvé inacceptable ce projet de loi et ne sont pas prêt à suivre Bozizé sur le chemin de la division. Pour la première fois dans notre pays un projet de loi n'a autant fait l'unanimité contre elle. Les centrafricains ont compris les manœuvres politiciennes de Bozizé pour ne pas aller au dialogue politique inclusif.


A se demander de quoi le régime de Bozizé a-t-il peur ? Pourtant, il s'agit tout simplement de se retrouver entre filles et fils du pays et de se parler parce que rien ne va plus. Nous ne pouvons continuer à nous haïr indéfiniment ! Car le pays nous appartient tous.

5-Quel impact un projet de loi comme celui-là risque d'avoir si impact il y a l'or des Élections qui auront lieu en 2010, en RCA.


Ce projet de loi a eu le mérite de faire l'unanimité contre lui par conséquent a permis pour la première fois depuis fort longtemps, aux différentes entités de l'opposition de dénoncer la même chose. Aussi bien l'opposition dite armée que l'opposition démocratique mais également diverses associations ont dénoncé ce stratagème. Bozizé a donné l'occasion aux multiples entités opposées à son régime qui jusque là faisaient route seules et qui ont plus ou moins de consistance, de se reconnaitre dans une même lutte par conséquent à légitimé une cause désormais commune. Cette reconnaissance à travers la lutte contre le même adversaire ne risque t-il pas de se transformer en une sorte d'alliance en 2010 ? Je ne serai pas très étonné qu'une démarche puisse se faire dans les prochains jours à juste raison par une sorte de front uni contre le régime de Bozizé.

 
6-Le 03 juillet dernier JP Bemba a été transféré à la Haye, ou il est accusé de Crimes commis dans votre pays par la CPI, pour vous et les Centrafricains en général que représente cette arrestation ?


L'arrestation de Jean-Pierre Bemba, inculpé pour crimes de guerre et exactions commises par ses troupes en Centrafrique a suscité émois pour les uns et satisfactions pour d'autres, elle a eu cependant au-delà des faits qui lui sont reprochés le mérite de poser clairement le problème de la raison d'être de la cour pénale internationale.


Monsieur Vianney, Il faut se poser la question de savoir si la cour pénale internationale est-elle uniquement un tribunal pour les ressortissants des pays pauvres et les sans grades, un tribunal politique ? Ou tout simplement un tribunal pour les vaincus ? Qu'en est-il alors de ceux qui hier encore étaient à l'origine de la déstabilisation de leur pays respectif et qui aujourd'hui sont au pouvoir par la grâce des armes après avoir tout cassé, tout saccagé, ont violé et tué également.


Et ce, avec la complicité directe, le silence coupable des institutions régionales, internationales ou carrément avec l'aide de certains états dont nous tairons ici les noms par simple pudeur tant ces états sont parés d'oripeaux démocratiques ou se réclament de la patrie des droits de l'homme.


Que réserve alors la cour pénale internationale aux auteurs de coup d'état souvent aux conséquences graves contre les régimes élus ? Le pouvoir au bout du canon a-t-il la bénédiction de la dite cour ? Qu'en penses l'union africaine ? Et les nations-unis ? Et la France ? La chaine de responsabilité ne doit-elle s'arrêter qu'aux vaincus et aux plus faibles ? C'est-à-dire se limiter seulement aux conséquences. Mais alors, qu'en est-il des véritables raisons ? Voilà qui soulève la question des limites de la démocratie dans les pays pauvres face aux coups d'états financer et soutenu souvent par d'autres pays.


7- En terminant Bemba est-il seul dans cette affaire d'après vous ? Qu'attendent les Centrafricains de la Justice Internationale ?


Ne serait-il pas plus juste et plus cohérent en dehors de toutes considérations partisanes et de toute passion de se poser les questions suivantes pour la manifestation de la vérité et établir une chaine des responsabilités. Les centrafricains dans leur majorité ne demandent qu'à comprendre, à connaitre la vérité. Comme toujours les véritables questions ne sont pas posées, comme toujours, on essaie de tromper la vigilance de notre bon peuple en jouant avec leur fibre affective pour dédouaner les véritables coupables.


Il est vrai que nos mères et nos sœurs ont été violées, nos pères, nos frères ont été battus, humiliés pour finir par être tués par les troupes de Bemba et cela est, je le répète condamnable à plusieurs égards


Mais à vouloir trop mettre l'accent sur le problème des viols de femmes et autres exactions des éléments du MLC durant leurs contre offensive, on en n'oublie même le principal motif de leur venue. Pourquoi et comment se fait-il que les autorités du défunt régime sont aculées au point de faire appel plutôt aux troupes du MLC qu'à des troupes conventionnelles, le rôle réellement joué par les uns et les autres.

 
Monsieur Vianney, à présent que le processus est amorcé par la cour pénale internationale, il faudrait que la cour pénale internationale aille jusqu'au bout de la logique et que d'une part les différentes chaines de responsabilité concernant aussi bien tous ceux qui ont occupé une fonction décisionnelle quelconque que les auteurs de coups d'états soient établi définitivement pour la manifestation de la vérité vraie pour qu'enfin la population de la république centrafricaine le sache et se réconcilie définitivement avec elle-même.


D'autre part, au-delà du procès Bemba, c'est aussi le procès des organisations internationales incapables de se prononcer définitivement et fermement sur les auteurs des coups d'états contre des régimes élus démocratiquement, C'est le procès des accords de défense non respecté, C'est le procès des Etats-Unis d'Amérique et de la France qui ont fait pression sur le régime Patassé pour se séparer des troupes libyennes et n'ont pas proposer une alternative pour garantir la survie du régime et la sécurité des biens et des personnes , C'est le procès d'une armée nationale politisée, c'est le procès de toute la classe politique centrafricaine dans son ensemble qui sont à faire.



Interview réalisée par Jean Marie VIANNEY


Samedi 23 AOUT 2008 à 07 heure 00 am (Ottawa , canada) soit 13 heure 10 à Paris
émission "Afriqueplus"

 
www.chuo.fm ( 89.1 FM)


www.afriqueplus.net

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