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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 21:09
France-Afrique : pourquoi ça cloche ?
Une tribune de Jean Marie Nzekoue

Colonisation, immigration, paternalisme…Entre la France et l’Afrique, les sujets qui fâchent ne manquent pas malgré les fréquents échanges d’ambilité. On assiste depuis quelques années, à une baisse de la côte d’amour de la France en Afrique francophone notamment. Accusée à tors ou à raison de tous les maux, l’Hexagone se réfugie derrière « l’amitié éternelle » et la solidité des « liens indéfectibles. » Et si à l’heure où Paris semble regarder de haut le continent « immobile » et « inutile », on posait une question embarrassante : la France veut-elle vraiment quitter l’Afrique ou est-elle plutôt poussée à la porte par l’activisme débordant des nouveaux acteurs de le mondialisation ?



jeudi 9 octobre 2008  


Par Jean Marie Nzekoue, Journaliste. Ancien Rédacteur en Chef de l’Agence camerounaise de presse*


D’abord un rappel historique. Nous sommes le 17 novembre 1993. La France accueille au mythique Parc des Princes la Bulgarie dans le cadre de la dernière rencontre qualificative pour la Coupe du monde prévue en 1994 aux Etats-Unis. Un seul nul suffit pour décrocher le ticket. L’objectif semble à portée de main puisqu’il reste une poignée de minutes à jouer. Soudain, se produit l’inattendu. La Bulgarie vient de marquer, plongeant l’ensemble du stade dans la consternation. Ce que les spectateurs français ignorent, c’est qu’à des milliers de kilomètres, là, dans la si lointaine Afrique, certains se réjouissent de leurs malheurs. Au Cameroun comme dans d’autres pays africains, des hommes et femmes de tous âges ont du mal à contenir leur satisfaction. Ici et là, des commentaires vont bon train. Certains laissent carrément éclater leur joie. Le grand paradoxe ici c’est qu’on ne célèbre pas une victoire mais plutôt une…défaite. Celle des Bleus, l’équipe nationale de football de France, cueillie à l’ultime minute par le but assassin du bulgare Kostadinov. Briser ainsi les ailes du coq gaulois au moment même où le rêve d’une participation à la toute prochaine Coupe du monde était du domaine du possible, mérite assurément le statut de héros. Kostadinov l’est devenu, l’instant d’un match mémorable.

Une telle réaction, incompréhensible de prime abord, est révélatrice d’une hostilité grandissante d’une bonne partie de l’opinion publique africaine vis-à-vis de l’ancienne métropole. Beaucoup ont trouvé dans cette humiliante défaite à fois un châtiment pour des crimes plus ou moins réels qui lui sont attribués, à défaut d’être un exutoire pour évacuer des frustrations longtemps accumulées. Le ras le bol n’est pas seulement le fait des Africains. Le journaliste français Michel Sitbon observe, outragé, que « depuis les années soixante, la politique africaine de la France a coûté plus de 60 millions de morts sans jamais être remise en question. » (1)

En ressassant la mémoire collective, quelques petites phrases lâchées ici et là tendent à renforcer chez les Africains des rancoeurs plus ou moins justifiées. Il faudrait par exemple tout un catalogue pour recenser des faits et gestes qui tendent à réduire le continent au néant existentiel. « La France n’a pas besoin économiquement de l’Afrique pour vivre. » Cette déclaration tonitruante que l’on prête à Nicolas Sarkozy, le nouveau président français, alors en visite préélectorale sur le continent, avait pris tout le monde de court. En commençant par les dinosaures de la vieille droite française qui se sont longtemps prélassés sur le douillet matelas des certitudes entretenues dans les fameux « domaines réservés » de la diplomatie hexagonale. La surprise n’aura pas été également mince du côté des éléphants du « pré-carré » qui assistaient ainsi impuissants, à la démolition en direct, de ce qui a été longtemps considéré, à tord ou à raison, comme un atout politique et stratégique : l’appartenance au cercle très fermé des pays africains intimement liés à l’ex-métropole par une amitié non dénuée de complicité. Objectivement, les relations franco-africaines ont connu beaucoup de soubresauts au cours des dernières décennies sur le double plan diplomatique et économique. N’empêche que les relations personnelles entre dirigeants ont souvent résisté à l’épreuve du temps. Beaucoup n’ont pas cru leurs oreilles en apprenant que juste après son élection, le président Sarkozy qui prône pourtant la « rupture » aurait passé un coup de fil pour remercier son homologue gabonais Omar Bongo Ondimba, doyen des Chefs d’Etat d’Afrique francophone et unanimement considéré comme l’un des gardiens du « temple franco-africain. »(2) Il n’en demeure pas moins que la baisse continue des échanges commerciaux et des flux d’investissements français en Afrique s’accompagne d’autres phénomènes plus récents, comme les tâtonnements observés au niveau de la fameuse « Cellule africaine » de l’Elysée dont on annonce par ailleurs la disparition.

Toutefois, le discours tant usité sur le désengagement de la France en Afrique cache mal une situation plus complexe et moins reluisante pour l’Hexagone. Certains faits et gestes portent à croire que ce fameux « désengagement » masque en réalité un recul général face aux coups de boutoir des nouveaux acteurs de la mondialisation. (3) Quelques exemples puisés au quotidien suffisent pour le démontrer. Il y a à peine une décennie, les Camerounais ne connaissaient que la saveur des fameuses « pommes de France ». Dans l’imaginaire collectif, seul l’Hexagone pouvait produire un fruit exotique aussi juteux. Aujourd’hui, les produits sud-africains règnent en maître sur les marchés et même dans la rue, à la grande satisfaction des consommateurs qui payent désormais moins cher un produit considéré naguère comme de luxe. Le vin et le champagne français doivent également se mesurer des produits concurrents originaires de Californie ou de Cape Town. Ne parlons plus du prêt-à-porter avec l’irruption des Chinois qui ont ravalé les Dior, Lacroix et autres Yves Saint Laurent au rayon des souvenirs. Dans le domaine automobile, interrogez n’importe quel chauffeur de taxi de Yaoundé. Il vous répondra qu’il préfère de loin les voitures japonaises jugées plus économiques et plus robustes aux voitures françaises qui avaient pourtant une solide réputation il y a deux décennies à peine. Ces détails peuvent paraître anecdotiques. Ils n’en reflètent pas moins une réalité indéniable : Paris perd de l’influence sur le continent même si on veut nous faire croire le contraire en avançant la thèse d’un retrait volontaire. Selon certains auteurs, si on assiste à un désengagement progressif de l’Afrique, « la géographie de l’implantation des groupes français elle aussi a évolué sur le continent même. L’activité se porte désormais vers les bordures méditerranéennes, méridionales et orientales du continent au détriment de l’Afrique de l’Ouest et du Centre plus pauvre, plus instable et moins peuplée. » (4) La messe semble dite. Mais c’est vite aller en besogne en oubliant les propres difficultés d’adaptation des entreprises françaises à la nouvelle donne économique internationale.

Ces dernières années ont été en effet marquées par un recul progressif de la France en Afrique, notamment dans les pays (Côte d’Ivoire, Cameroun, Sénégal) généralement classés dans le premier cercle, au profit de nouveaux acteurs de la mondialisation que sont la Chine, le Brésil, le Japon, les Etats-Unis, la Malaisie, l’Inde ou Dubai dans une moindre mesure. Même si l’implication de ces puissances en termes d’investissements productifs reste encore marginale, le regain d’intérêt économique et stratégique pour le continent compense largement le recul des partenaires traditionnels. Même parmi ces derniers, la France qui occupait jadis les premières loges, bat en retraite. Afrique. Elle se classe désormais en quatrième position pour l’Investissement direct étranger en Afrique, derrière le Royaume-Uni, les Etats-Unis et les Pays-Bas.(5) Plus grave, on note depuis quelques années, une baisse alarmante de la côte d’amour de la France sur le continent, notamment auprès d’une certaine opinion populaire, à majorité jeune, qui dans une quête effrénée du bouc émissaire idéal, a tendance à attribuer tous les maux (mauvaise gouvernance, corruption, pauvreté…) à l’ancienne métropole accusée à tord ou à raison, de soutenir des régimes politiques peu soucieux de l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Par ailleurs, la « politique des charters » inaugurée en 2002 par Nicolas Sarkozy alors ministre de l’Intérieur, n’aura pas beaucoup contribué à améliorer auprès des Africains, l’image d’une France recroquevillée sur elle-même et allergique aux « bruits et odeurs » en provenance d’Afrique. Comme nous l’avons déjà souligné, ce qui ressemble fort à une francophobie latente et que les représentations diplomatiques françaises sur le continent feignent de ne pas voir, se vit souvent lors de certains grands événements impliquant la France. Lors des matchs de football et autres compétitions sportives, il est par exemple de bon ton de s’aligner derrière le camp opposé, sans rater l’occasion d’applaudir à tout rompre, tout faux pas de nos « ancêtres » honnis. De loin, on imagine à peine le sentiment de soulagement qui accueille dans certains pays francophones, l’élimination des équipes françaises en compétition européenne. On a encore pu le vérifier lors de l’échec de la candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques 2012 remportée par Londres, la capitale britannique ou tout récemment avec l’élimination des Bleus en demi-finale de la Coupe du monde de rugby 2007 organisée à domicile. Une attitude qui rappelle étrangement les réactions enregistrées plus d’une décennie plus tôt, lors de la défaite mémorable de l’équipe nationale de football de France face à la Bulgarie. En battant l’équipe de France de football le 31 mai 2002 par un « but chronique » à la Coupe du monde Corée-Japon, les Lions du Sénégal avaient fait le bonheur de tout un peuple assoiffé de terrasser Goliath sous le regard du monde entier. Enfin une revanche face à l’Histoire !

Le poids de l’histoire

L’histoire des relations franco-africaines au cours des quarante dernières décennies passe invariablement, des pourparlers au sommet aux négociations en coulisses, d’arrangements en compromissions, de velléités d’émancipation en soumissions. Plusieurs décennies après les indépendances, les relations entre dirigeants français et africains ont été empreintes d’amitié, de chaleur, voire de complicité. D’aucuns ont même parlé de connivence, tant les intérêts réciproques étaient imbriqués dans un faisceau inextricable. Pendant longtemps, l’ancienne métropole a donné l’impression d’avoir gagné au change, d’avoir mis toutes les billes dans sa poche et de bien conserver les clefs de sa basse-cour francophone. C’était sans doute ramer à contre courant des évolutions du monde. Des phénomènes récents comme la démocratisation, la mondialisation, l’irruption sur l\’espace africain des nouveaux acteurs sur le double plan économique et diplomatique, viennent remettre en cause les certitudes les mieux ancrées. Pour pénétrer les méandres de cette trajectoire singulière, il faut s’armer de patience.

Plusieurs analystes l’ont souligné : depuis le temps des colonies, l’attitude de la France envers ses anciennes possessions coloniales n’a jamais varié. Il s’agit toujours de maintenir à leur égard une certaine condescendance dont les répercussions sur le plan psychologique voire mental est loin d’être négligeable. « Tout se passe comme si pour préserver la « grandeur » de l’ex-métropole, il fallait engager en permanence une sorte de fuite en avant destinée à creuser davantage le fossé entre elle et ses obligés. Le coq gaulois ne peut être à l’aise que dans une basse-cour peuplée de poules mouillées », observe un politologue camerounais. Vrai ou faux procès ? Toujours est-il qu’une Afrique pauvre et nécessiteuse ne ferait du mal à personne du moment où elle peut tendre la sébile à la moindre occasion et accepter l’aide conditionnelle. Selon certains observateurs, aucune autre puissance coloniale n’aurait mis en œuvre une telle politique d’infantilisation, en dehors peut-être de la Belgique. En toutes occasions, la « Mère » est restée très proche de ses « enfants », ne ménageant pas sa peine pour plaider leur cause lors des rencontres internationales. On a pu parler des relations étroites souvent caricaturées à travers les embrassades passionnelles entre l’ancien empereur Bokassa Ier de Centrafrique et son « cher parent » Giscard d’Estaing ou encore des chaudes poignées de mains de Jacques Chirac à ses hôtes africains.

Progressivement, une « diplomatie de papa » va se mettre en place. Comme s’il était prisonnier d’une espèce de syndrome du tirailleur, l’Hexagone a toujours eu recours à l’Afrique pour se tirer des moments difficiles, redorer son prestige ou simplement réaffirmer sa présence et son influence sur la scène internationale. Pour certains, l’Afrique francophone notamment, serait restée pendant longtemps une sorte d’appendice de la diplomatie française. On prête à un célèbre homme politique français la déclaration selon laquelle « sans l’Afrique, il n’y aurait pas d’histoire de France au 20è siècle ». Qu’elle soit excessive ou pas, cette déclaration conserve une part de vérité, selon certains observateurs. On peut tout de même relever en toute objectivité, le rôle joué par l’Afrique et les Africains dans la défense de la souveraineté française dans le monde, depuis la participation aux deux guerres mondiales jusqu’à la défense des conquêtes coloniales en Indochine, à Madagascar, en Algérie ou au Cameroun. On sait par ailleurs que le poids de la France au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies est lié en partie au soutien inconditionnel que lui ont longtemps apporté ses inconditionnels africains. Pendant des décennies, les pays francophones se sont alignés systématiquement derrière les positions françaises lors des votes aux Nations Unies et autres instances internationales, y compris dans le domaine sportif où le soutien africain était toujours acquis d’avance. Par ailleurs, les pays francophones d’Afrique semblaient se complaire dans une relation d’exclusivité avec la France qui de son côté, voyait d’un très mauvais œil l’irruption d’autres grandes puissances dans les pays dits du « pré carré ». Ce statu quo a été longtemps reconnu tacitement par d’autres membres du Conseil de sécurité qui ne pouvaient rien entreprendre en Afrique sans requérir au préalable l’avis et l’aval de Paris, reconnaissant de ce fait à la France une sorte de primauté historique sur l’Afrique considérée alors comme sa zone traditionnelle d’influence. Pendant les quarante dernières décennies, les relations économiques avec l’Afrique ont épousé pour leur part, les traditions héritées de l’ère coloniale. Dans la pure logique de « l’échange inégal », l’Afrique fournit essentiellement des matières premières qui une fois transformées, lui sont revendues plus cher. Depuis un demi siècle environ, la situation n’a guère changé. On aurait pu penser qu’à l’occasion de la fermeture de certaines chaînes de fabrication (automobile, textile…) des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Cameroun bénéficieraient de quelques délocalisations. La plupart des usines ont été démontées et reconstruites pièces par pièces, en Europe centrale et surtout en Chine devenue par la suite un redoutable concurrent des fabricants français sur leurs propres marchés et au-delà.

Sur le plan de la coopération bilatérale, les chiffres impressionnants masquent parfois des réalités moins reluisantes. S’il est communément admis que la France figure toujours au premier rang des bailleurs de fonds sur le continent, beaucoup de voix s’élèvent pour s’interroger sur l’efficacité de cette fameuse aide au développement. Malgré des centaines de milliards décaissés depuis des décennies, on cherche en vain les traces visibles de ce soutien massif sur le terrain. « Quand elle est débloquée, l’aide va en priorité aux réformes institutionnelles, à l’amélioration de la gouvernance, à la protection de l’environnement, à l’éducation ou à la santé plutôt que d’être affectée à la construction des routes, des chemins de fer, des barrages, des usines et autres infrastructures de production qui font cruellement défaut », relève un économiste camerounais.

Le statu quo longtemps préservé est-il éternel pour autant ? Certaines évolutions récentes n’autorisent pas une telle affirmation. L’avènement de la démocratie voulue et imposée par l’ex-métropole et la communauté des bailleurs de fonds aura contribué à faire sauter certains verrous. Par la suite, les choses ne sont pas toujours allées dans le sens souhaité. « L’alternance au sommet de l’Etat rendu possible par les élections pluralistes plus ou moins transparentes, a rendu possible l’émergence d’une nouvelle race de dirigeants politiques peu au fait des combines et petites magouilles de coulisses. De quoi mettre à mal un dispositif bien huilé jusque là. On a vu avec quelle circonspection a été accueillie l’arrivée d’hommes neufs jugés « peu sûrs » au pouvoir en Côte d’Ivoire et à Madagascar. Le régime de Laurent Gbagbo, malgré ses dérives condamnables, a eu le mérite, aux yeux d’une certaine opinion ivoirienne, le remettre en cause les rapports de sujétion avec l’ancienne métropole », souligne un universitaire camerounais. On se rappelle également qu’en son temps, Alpha Omar Konaré, l’ancien président malien démocratiquement élu, avait décliné une « convocation » de son homologue français pour participer à un sommet régional des Chefs d’Etat africains sous supervision française. Quelques années plus tard, c’était au tour de l’Ivoirien Gbagbo de tenir tête aux maîtres d’hier. Après avoir signé en janvier 2003 à contrecœur, les accords de Linas-Marcoussis portant règlement de la crise ivoirienne et placés sous le haut patronage de la France, il n’accordera par la suite aucune considération à ce « chiffon ». Il aura fallu attendre le mois d’avril 2007 et une ultime médiation interafricaine, excluant naturellement Paris, pour voir un début de solution à la partition de fait de la Côte d’Ivoire depuis 2002. Même s’ils peuvent paraître anecdotiques, les faits évoqués plus haut sont inédits et semblent traduire une rupture de « l’entente cordiale » qui a longtemps caractérisé les relations franco-africaines et préfigure par conséquent une nouvelle approche moins paternaliste même si dans son récent « Discours à la jeunesse africaine » prononcé à l’Université de Dakar, le président Sarkozy semble avoir ressuscité les vieux clichés qui peuplaient naguère l’imagerie coloniale. A ses yeux, l’Afrique reste le continent immobile, tourné vers le passé et prisonnier du rythme des saisons. En ouvrant plus grands les yeux ont se rend pourtant compte que le monde change et l’Afrique avec. Au lieu de ressusciter des théories usées par les siècles, on ferait pourtant bien de regarder la réalité en face. Cette évolution tout en réalisme est sans doute salutaire car le temps presse et des nouveaux partenaires pour ne pas dire concurrents, sont désormais aux portes du « village franco-africain » et l’ont même investi en partie. La France s’en rend-t-elle vraiment compte ?

Toujours est-il qu’en Afrique, les dirigeants de la jeune génération et les peuples désemparés sont d’autant plus séduits que les relations économiques entre la France et l’Afrique ont été rarement à la hauteur des attentes au cours des dernières décennies. Trop souvent, les déclarations de bonnes intentions et d’autres formules rhétoriques ont pris le pas sur des réalisations concrètes. Vue de Paris, la fameuse coopération a été plus placée sous le prisme de l’assistanat permanent en lieu et place d’un partenariat économique mutuellement bénéfique. Même « Chirac l’Africain » n’a rien pu modifier. Alors que des grands groupes français étaient invités à investir massivement en Europe centrale, en Asie ou en Amérique latine, on plaidait parallèlement en faveur d’une simple assistance désintéressée à l’Afrique comme si le monde des affaires se réduisait à de la philanthropie. Une telle relation fondée sur une conception angélique de la coopération et du développement ne manque pas d’effets pervers. L’absence de la notion du « gagnant-gagnant » ou de toute autre forme d’intérêt objectif semble avoir installé chez des Africains, y compris chez des élites dirigeantes, une mentalité d’assistés qui consiste à croire que les rapports entre les Etats sont une affaire de petits cadeaux et que l’on peut tout obtenir gratuitement de l’autre, sans contrepartie ni devoir d’inventaire. Même si Paris reste le premier partenaire commercial et le premier investisseur dans la plupart des pays francophones, sur l’ensemble du continent, la situation est en train de changer, compte tenu des bouleversements en cours dans le monde. D’Abidjan à Johannesburg, un nouveau partenariat se met progressivement en place, bousculant au passage des vieilles relations plus fondées sur les sentiments que sur des réalisations mutuellement bénéfiques. Au cours des dix dernières années, le Japon, engagé avec la Chine dans une véritable course de leadership en Afrique, a consacré plus de 50 milliards de francs à la construction des dizaines d’écoles modernes à plusieurs niveaux dans toutes les provinces du Cameroun. Auprès de ces joyaux architecturaux qui n’ont rien à envier à certaines établissements d’enseignement supérieur, le Lycée Leclerc, principale réalisation française dans le domaine éducatif, remonte à plus d’un demi siècle. Même si la situation évolue par exemple au Cameroun à travers les projets liés à la réduction de la dette (C2D), il est regrettable que sur un continent où les besoins en formation de la jeunesse sont énormes, la France ne ce soit pas impliquée davantage par le passé dans le développement des infrastructures scolaires, au-delà de l’envoi ponctuel des coopérants ou de la multiplication des séminaires et autres sessions de formation sans grande portée. Certains pays inféodés jusque là à la France, manifestent de plus en plus la volonté de diversifier leurs relations économiques. Ainsi en est-il du Cameroun où des repreneurs américains ont arraché le secteur de l’énergie électrique au nez et à la barbe des concurrents français. Toujours au Cameroun, Alcan, le géant canadien de l’aluminium, a racheté l’usine d’électrolyse d’Edéa au français Pechiney et entend porter à 200.000 tonnes une production qui plafonne depuis un demi-siècle à 80.000 tonnes. Malgré le rachat du repreneur canadien par Rio Tinto, le projet est loin d’être enterré. Toujours au Cameroun, après l’échec de la défunte société de transport urbain (Sotuc), un opérateur privé américain (Le Bus) vient de relancer le transport public urbain en remplaçant les vieux bus Renault par des bus flambant neufs fabriqués…en Chine et dotés de matériels de sécurité dernier cri. Les mêmes Américains déjà partie prenante dans l’exploitation minière à l’est du pays, pourraient également prendre pied dans celle de la bauxite dont le Cameroun abrite l’un des plus grands gisements mondiaux. La Côte d’Ivoire avait déjà introduit des investisseurs américains dans le juteux marché du négoce agro-alimentaire. Le Sénégal de son côté a privatisé l’électricité au profit des Canadiens avant de se ressaisir. Il s’apprête à donner le Port autonome de Dakar en concession aux investisseurs de Dubaï mieux disant, malgré les protestations des Bolloré et Cie. Tout récemment, le Niger a engagé un bras de fer avec la société française Areva et n’a lâché prise qu’après une renégociation à la hausse du prix de l’uranium jusque là vendu en dessous du prix international. Accusé de soutenir financièrement la rébellion touareg, le géant français du nucléaire civil a finalement « a perdu le monopole qu’il détenait depuis quatre décennies sur la prospection, l’exploitation et la vente de l’uranium nigérien. La fin d’une époque. » (6)

De son côté, la Chine récemment arrivée sur le champ économique, poursuit sur le terrain sa campagne de séduction. Palais présidentiels, salles pour grands spectacles, hôpitaux de référence, grandes enceintes sportives, barrages, centrales électriques, routes, voies ferrées…on ne compte plus les fruits de la coopération sino-africaine. Beijing rattrape également son retard dans l’exploitation des matières premières (pétrole en Angola, au Nigeria et au Soudan) tandis que le commerce extérieur explose. Selon une étude récente, les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont été multiplié par cinq au cours des dix dernières années, passant de 11 à 55 milliards de dollars. On mesure à peine les conséquences pour les anciens partenaires. Déjà, l’invasion du textile chinois ne fait pas des ravages qu’en Europe et aux Etats-Unis. En Afrique, l’arrivée des vêtements bon marché met à mal le secteur du prêt-à-porter alimenté pendant des décennies par Dior, Courrèges, Chanel et d’autres grands couturiers français. De Dakar à Douala, l’invasion des motos chinoises a relégué au rayon des souvenirs les vieilles motocyclettes Peugeot BB chères à nos grands pères. Au Cameroun particulièrement, le marché automobile, tous segments confondus, est largement dominé par des constructeurs asiatiques, notamment des japonais (Toyota, Mitsubishi, Nissan) et coréens, l’achat des véhicules français (jugés à tord peu fiables) étant réservé aux administrations publiques de souveraineté. Sans que l’on sache s’il s’agit d’une stratégie concertée, l’offensive économique chinoise en Afrique s’accompagne d’une présence humaine de plus en plus affirmée. De quelques centaines d’individus il y a dix ans à peine, les colonies chinoises d’Afrique occidentale se comptent désormais par dizaines de milliers et la tendance n’est pas prête à s’inverser. Les Chinois sont d’autant plus tolérés que leur proximité physique avec l’habitant contraste avec la distance observée par les derniers Européens qui vivent toujours enfermés dans les quartiers résidentiels. Toutefois, les Africains devraient se garder de succomber à l’euphorie. La pénétration chinoise sur le continent s’accompagne parfois de la reproduction des mêmes dérives reprochées auparavant aux puissances occidentales. De nouveaux concurrents émergent sur le continent même. Lentement mais sûrement, l’Afrique du Sud pousse ses pions dans toutes les directions. Le pays de Mandela est très présent au Cameroun dans la téléphonie mobile et le transport ferroviaire, en Cote d’Ivoire dans les infrastructures, au Mali dans l’or, en Centrafrique dans les diamants… Compte tenu des évolutions en cours, on peut se risquer à poser une question embarrassante. Et si la France perdait définitivement l’Afrique ? Certains la trouveront sans doute superflue.

Il n’en demeure pas moins vrai que l’hostilité grandissante d’une grande partie de l’opinion africaine envers l’ex-métropole n’est pas une vue de l’esprit. Après les attaques et dénonciations virulentes de certains intellectuels qu’on pouvait traiter volontiers de gauchisme, on assiste depuis quelques années aux protestations véhémentes venant du petit peuple. Sans que l’on puisse leur accorder le moindre crédit, les griefs formulés à l’encontre de la France sont légion, en politique comme en économie. Sur le plan diplomatique, des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer un soutien à sens unique. L’Afrique se serait beaucoup mise au service de la France et lui aurait donné plus de gages de fidélité qu’elle n’en aurait reçu en retour. On l’aura encore constaté lors du débat sur l’élargissement du Conseil de sécurité des Nations Unies quand Paris après avoir promis son soutien aux candidats africains, a fini par s’enfermer dans le mutisme.

Le débat actuel sur l’émigration conforté par la récente victoire de Nicolas Sarkozy à la dernière élection présidentielle en France, vient raviver des ressentiments d’une bonne frange de la jeunesse africaine. Le rejet de cette nouvelle orientation politique s’est encore vérifié lors du passage houleux du candidat Sarkozy au Bénin et au Mali où il a été traité de tous les noms d’oiseaux par une jeunesse déchaînée. La notion de « l’immigration choisie » chère à Nicolas Sarkozy, a même fait sortir de leurs gongs certains dirigeants africains. Sans précaution diplomatique, le président malien Toumani Touré a même comparé les nouveaux critères d’admission à la honteuse sélection effectuée jadis par des négriers qui ne retenaient comme esclaves que des individus physiquement sans reproche. Aujourd’hui, il s’agirait plutôt de vider l’Afrique des têtes bien faites. Beaucoup s’étonnent d’ailleurs que des Africains et des Noirs en général, soient toujours les premiers indexés en matière d’émigration alors qu’ils représentent moins de 10 % des effectifs totaux d’émigrés. Ce qui laisse croire que le raidissement des conditions d’immigration vise d’abord les Noirs et les Arabes dans une moindre mesure. Avec le durcissement de la politique de délivrance des visas, la France n’incarne d’ailleurs plus l’avenir aux yeux des jeunes africains pour qui elle n’est plus qu’un pays de transit vers des horizons plus hospitaliers. De Yaoundé à Dakar en passant par Abidjan, les candidats aux études supérieures à l’étranger se tournent de plus en plus vers les Etats-Unis, le Canada, la Grande Bretagne, l’Allemagne, la Chine, voire la Russie, malgré la montée du racisme et de la xénophobie dans ce dernier pays.

Du "désengagement" de la France en Afrique

Alors, la France n’a-t-elle plus vraiment besoin de l’Afrique comme le prétendent les représentants de la « nouvelle droite » française ? Le fameux débat sur le désengagement brandi aux Africains comme une menace, recouvre des réalités moins réjouissantes pour Paris. Pendant longtemps, l’Afrique a été la seule véritable zone d’influence de la France dans le monde, celle où elle régnait en maître, n’ayant rien à redouter d’un éventuel concurrent. Cela n’était pas possible ni en Amérique du Sud dans l’arrière-cour des Etats-Unis, ni en Asie face au géant japonais en attendant la montée en puissance de la Chine. La France qui se plait à présenter son désengagement de l’Afrique comme le résultat d’une réorientation stratégique fait-elle contre mauvaise fortune bon cœur ou alors n’a-t-elle pas encore pris conscience que la terre lui glisse sous ses pieds ? Forcé ou volontaire, le désengagement renforcerait sans nul doute, une perte d’influence au niveau mondial et pas seulement en termes économiques.

Les nouvelles perspectives ouvertes par la récente élection présidentielle en France auront des répercussions profondes sur les relations franco-africaines. Même si le départ de Chirac ne semble pas avoir sonné le glas d’une certaine politique africaine de la France où les relations interpersonnelles avec les dirigeants en place l’emportaient parfois sur la politique officielle, certains observateurs estiment que rien ne sera plus comme avant. En perdant progressivement ce qui a été historiquement sa principale zone d’influence dans le monde, la France pourrait se retrouver face à elle-même et pourrait frissonner en redécouvrant la nudité des dures réalités : celle d’une puissance moyenne qui, ayant abandonné l’épuisant bras de fer avec la puissante Amérique et ne pouvant plus compter comme par le passé, sur le soutien inconditionnel de ses anciens alliés africains, se retrouvera à l’ombre d’une puissante Allemagne solidement ancrée en Europe centrale. On peut dès lors s’interroger logiquement sur ce que sera demain la France sans une arrière-garde africaine dont elle ne jouirait plus du soutien inconditionnel et systématique dans les instances internationales ? Si la question semble sans objet pour l’instant, la comparaison avec le domaine sportif n’est pas qu’anecdotique. En 1998, l’équipe nationale de football de France s’est hissée sur le toit du monde grâce aux Zidane, Vieira, Malouda, Makelele, Govou, Henry, Thuram, et autres ressortissants d’Afrique et des Antilles qui constituent aujourd’hui encore près de 90 % de l’effectif total. Lors de la dernière Coupe du monde 2006 en Allemagne, les Bleus n’étaient pas loin de réitérer l’exploit. Certes au strict plan économique, le recul de la France en Afrique aurait peu d’impact sur les indicateurs fondamentaux de l’Hexagone. Les pertes se situent en revanche dans des domaines moins quantifiables mais ô combien importants ! Pour avoir une idée de ce à quoi pourrait ressembler demain le pays de « nos ancêtres les Gaulois » sans l’Afrique, on peut s’amuser à imaginer un seul instant ce que seraient demain les Bleus sans les fameux « joueurs de couleur » qui ont fait jusqu’ici sa force. On ne pourrait que mieux apprécier l’immensité du désert.

(1) Michel Sitbon ; Un génocide sur la conscience, Editions l’Esprit frappeur, Paris, 1998 (2) Interview du président gabonais diffusé le 8 mai2007 sur Radio France Internationale (3) Adama Gaye ; Chine-Afrique : le dragon et l’autruche, L’Harmattan, Paris, 2006 (4) Anne-Valerie Hoh et Barbara Vignaux ; L’Afrique n’est plus l’eldorado des entreprises françaises in Le Monde diplomatique, février 2006 (5) Boubacar Boris Diop ; Avertissement ivoirien à la Françafrique in Le Monde diplomatique, mars 2005 (6) Valentin Hodounou, Niger, Areva, fin des privilèges in Continental Magazine N° 63 Septembre 2007.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE AFRICAINE DE LA FRANCE
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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 00:35

Abakar Sabone-Michel Djotodja: le duel…



Le premier qui n’était que le porte-parole occupait le devant de la scène, s’est fait connaître plus que le second ; pourtant président de l’UFDR. Sabone répondait aux interviews, un véritable supplice, tant et si bien qu’à la lecture de sa lettre de démission, on s’est demandé s’il n’avait pas de « négriers ». Djotodja lui avait préféré la voie du silence (très dangereux en politique), comme s’il n’y croyait pas. Mais une fois les deux hommes libérés à Cotonou à la demande des autorités centrafricaines, l’ancien consul de la RCA au Soudan a compris qu’il fallait qu’il s’affirme, qu’il retrouve ses airs de président. Montrer à tout le monde que le président c’est bien lui et non Sabone. Caramba ! Bonjour la séparation !

Les premières de liberté à Cotonou ont fait rêvé, l’espoir surtout de rentrer enfin à Bangui, de signer des accords avec le gouvernement et peut être aussi de dégoter des postes de responsabilités dans la machine de l’Etat. Mais comme partout, les deux frères de lutte ont fini par ne plus se supporter, à se battre, à chercher le leadership.

Il n’y a eu ni cyclone, ni tornade. Sauf que Michel Djotodja Am Non Droko dans sa quête d’affirmation n’a pu hélas ramener à de bons sentiments l’aile militaire de l’UFDR, dirigée par Zacharia Damane. Bien au contraire, il a soulevé son mécontentement avec la nomination de Charles Massi, coordonateur es- qualités. Il a aussi paniqué Abakar Sabone qui a préféré prendre la clé des champs et reprendre les activités de son MLJC.

Djotodja s’est plaint de n’être dans l’ombre, comprimé sous le poids d’un porte-parole trop célèbre à ses yeux, et confondu au président de l’UFDR.

Aussi, il a commencé à s’exprimer en tant que président. Pour son malheur sur des sujets dont on souvent du mal à s’expliquer : départ de Sabone, les raisons de la nomination de Charles Massi, sa démission fracassante et… l’avenir de l’UFDR. On a vite compris qu’il n’a pas le bras long. Pas de carnet d’adresses touffus. On ne l’entend pas sur RFI et sur Africa.

Il doit allonger son réseaux d’amis, être épaulé. Or Charles Massi sur qui, il comptait lui a tourné le dos, ayant compris qu’il n’y a rien à tirer de ce mouvement rebelle divisé. Ce qui ne rend pas les choses facile à Michel Djotodja Am Non Droko.

Pour sa part Sabone Abakar n’est pas aussi bon politicien, mais à l’avantage d’être jeune, a été dans le maquis avec Bozizé, a été son aide de camp.

Il y a quelques semaines, il a tenu l’AG de son parti le MLJC, s’est « chaussé » les étoiles de Général de division, allez-y savoir ! Et a décidé d’affronter la réalité. Il se dit prêt à dialoguer avec le gouvernement, à aller à Bangui. Du gringue, la fatigue de l’exil, la nostalgie du pays. La galère en somme !

Le voilà donc à l’heure de la vérité. Bien sûr, beaucoup de compatriotes s’interrogent, faut-il seulement créer un parti politique, prendre les armes pour se « taper » un poste de ministre ou de conseiller. A-t-il, lui, l’épaisseur, la vision, le « logos », la poigne, l’aplomb politique nécessaire ?




Mercredi 08 Octobre 2008
Feindaré Ndaré

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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 00:35

Abakar Sabone-Michel Djotodja: le duel…



Le premier qui n’était que le porte-parole occupait le devant de la scène, s’est fait connaître plus que le second ; pourtant président de l’UFDR. Sabone répondait aux interviews, un véritable supplice, tant et si bien qu’à la lecture de sa lettre de démission, on s’est demandé s’il n’avait pas de « négriers ». Djotodja lui avait préféré la voie du silence (très dangereux en politique), comme s’il n’y croyait pas. Mais une fois les deux hommes libérés à Cotonou à la demande des autorités centrafricaines, l’ancien consul de la RCA au Soudan a compris qu’il fallait qu’il s’affirme, qu’il retrouve ses airs de président. Montrer à tout le monde que le président c’est bien lui et non Sabone. Caramba ! Bonjour la séparation !

Les premières de liberté à Cotonou ont fait rêvé, l’espoir surtout de rentrer enfin à Bangui, de signer des accords avec le gouvernement et peut être aussi de dégoter des postes de responsabilités dans la machine de l’Etat. Mais comme partout, les deux frères de lutte ont fini par ne plus se supporter, à se battre, à chercher le leadership.

Il n’y a eu ni cyclone, ni tornade. Sauf que Michel Djotodja Am Non Droko dans sa quête d’affirmation n’a pu hélas ramener à de bons sentiments l’aile militaire de l’UFDR, dirigée par Zacharia Damane. Bien au contraire, il a soulevé son mécontentement avec la nomination de Charles Massi, coordonateur es- qualités. Il a aussi paniqué Abakar Sabone qui a préféré prendre la clé des champs et reprendre les activités de son MLJC.

Djotodja s’est plaint de n’être dans l’ombre, comprimé sous le poids d’un porte-parole trop célèbre à ses yeux, et confondu au président de l’UFDR.

Aussi, il a commencé à s’exprimer en tant que président. Pour son malheur sur des sujets dont on souvent du mal à s’expliquer : départ de Sabone, les raisons de la nomination de Charles Massi, sa démission fracassante et… l’avenir de l’UFDR. On a vite compris qu’il n’a pas le bras long. Pas de carnet d’adresses touffus. On ne l’entend pas sur RFI et sur Africa.

Il doit allonger son réseaux d’amis, être épaulé. Or Charles Massi sur qui, il comptait lui a tourné le dos, ayant compris qu’il n’y a rien à tirer de ce mouvement rebelle divisé. Ce qui ne rend pas les choses facile à Michel Djotodja Am Non Droko.

Pour sa part Sabone Abakar n’est pas aussi bon politicien, mais à l’avantage d’être jeune, a été dans le maquis avec Bozizé, a été son aide de camp.

Il y a quelques semaines, il a tenu l’AG de son parti le MLJC, s’est « chaussé » les étoiles de Général de division, allez-y savoir ! Et a décidé d’affronter la réalité. Il se dit prêt à dialoguer avec le gouvernement, à aller à Bangui. Du gringue, la fatigue de l’exil, la nostalgie du pays. La galère en somme !

Le voilà donc à l’heure de la vérité. Bien sûr, beaucoup de compatriotes s’interrogent, faut-il seulement créer un parti politique, prendre les armes pour se « taper » un poste de ministre ou de conseiller. A-t-il, lui, l’épaisseur, la vision, le « logos », la poigne, l’aplomb politique nécessaire ?
2008
Feindaré Ndaré

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9 octobre 2008 4 09 /10 /octobre /2008 00:01

Dialogue inclusif: Comptes et mécomptes de l’action du négociateur Cyriaque Gonda…

Considéré un temps comme l’homme de la situation, des missions difficiles, le confident, l’homme le plus écouté Du président François Bozizé, Cyriaque Gonda en a parfois trop fait et même exagéré. Il a cru qu’il pouvait tout se permettre. Il va finir dans le décor. Ces jours –ci, il est complètement « sonné ».



La confiance a ses limites. Le bilan de ses négociations est catastrophique, sinon nul, décevant et alarmant. Le ministre de la communication, de la réconciliation nationale et de la culture démocratique et civique n’a pas été à la hauteur. Des mouvements rebelles mis à l’écart des négociations, à souhait. La conséquence est inouïe. Il a tout raté… Le Chef de l’Etat doit reprendre la main…

Il a mangé comme un « cheval », entre trempettes et galipettes. Trop de voyages pour rien. Des sorties inutiles, reconnaît-on aujourd’hui. Les voyages, les « Unes » des journaux, Cyriaque Gonda adore, mais aussi le sentiment d’être craint, solliciter pour son poste, son rang et sa place dans la machine « Bozizé ».

Janvier 2008, dans les lambris du palais de la Renaissance, le Chef de l’Etat est préoccupé par la question de l’organisation du dialogue, et aussi il doit élaguer son gouvernement, remplacer Elie Doté. Sa famille politique s’agite (GPPMP). Cette fois-ci, elle veut être aux affaires. Au cœur de cette agitation, Cyriaque GONDA, alors conseiller-porte parole de la présidence de la République, le même comme toujours, en personne. Il a tous les arguments convaincants.

Ainsi, il évoque la nécessité pour le président de s’entourer enfin de ses hommes, de ses alliés. Il souligne qu’il a en outre, la réponse à la question du dialogue. Pour se faire, il doit passer de la présidence au ministère de la communication. En fait, GONDA sait que c’est le ministère de la communication qui doit s’occuper de l’organisation du dialogue, il sait également qu’il y a du « gombo » en toile de fonds. Et il veut s’en mettre pleins les poches. Il sait comment ça marche.

L’homme va plus loin, il garantit de convaincre tous les chefs rebelles et leaders de l’opposition en échange de quelques strapontins ministériels et postes de chargé de mission à la présidence.
Le chef de l’Etat s’étonne de cette assurance, lui qui entre temps, doit résoudre la question de la grève des syndicats, payer les salaires. Là, GONDA rassure à nouveau, « nos amis de l’étranger, nous aiderons. J’irai moi-même vers eux ».


Ce que l’on reproche au président du PNCN…

Ce n’est plus un secret. Tout le monde au pays, dans l’entourage du président de la République, en parle. Cela s’est relayé dans la rue. Le Mincom GONDA est sur le départ. On ne sait pas exactement quand il devra ranger ses affaires et quitter le ministère qu’il occupe. Mais plus que probable, il va partir. Il est au bas des sondages dans les faveurs du président de la République. Et puis, ce ne sera pas la première fois, et peut être la dernière, que la « glisse» l’emporte.

Cyriaque GONDA, a un très vilain défaut, son prétendu omniscience. Il n’écoute jamais personne. Il a la réponse à tout. Comme lorsqu’il fût premier vice président de l’Assemblée nationale. On dit que les conséquences éduquent mieux que les conseils, mais ce n’est pas le cas avec GONDA. Le sait pour personne.

Il n’a jamais manqué un seul voyage en France et au Gabon, chez le patriarche Bongo Ondimba (qui a la main très leste, le cœur au milieu). En revanche, il a toujours été le grand absent ailleurs. Comme à Lomé et Cotonou, où, il n’y avait rien à empocher. Il a eu le temps, tout le temps, comme il en a toujours rêvé de se faire son carnet d’adresses. Il a pris et signé des engagements qu’il n’a pu honorer ou défendre. Le « malin ! »

Résultat, même les mouvements rebelles qui avaient signé l’accord de paix, ont fini par suspendre leur participation à ce fameux dialogue. Y compris l’opposition radicale.

Il se croyait invulnérable, boosté par son insatiable désir de toujours être au-devant de la scène politique. Mais depuis que l’APRD a jugé nul et non avenu les accords de Libreville, Cyriaque GONDA a perdu sa langue. Fini, les déclarations intempestives. On l’invite à participer au nom du gouvernement à l’émission «  Le Débat Africain de Madeleine Mukamabano », il s’éclipse. Alors qu’il devait débattre justement avec Maître Ngoungaye Wanfiyo et Martin Ziguelé. Forfait !
Même s’il n’affiche pas son désarroi, il craque.


Le président de la République l’évite désormais de plus en plus. Il n’a pas été à la hauteur de la confiance qu’on lui a accordée. Un gâchis qu’il faudrait vite rattraper.

Un petit vent d’air frais doit souffler au ministère de la communication et dans les négociations avec l’opposition et les mouvements rebelles. Le MLPC France a été le premier à hausser le ton sur son départ.

Il (Cyriaque GONDA) avait choisi de mettre un « bouchon » à la com’ présidentielle. Un de ses « gars » qu’il pouvait vite et facilement faire partir au moment opportun (approche des élections). Mais il a mal calculé son coup. Erreur, François Bozizé ayant compris ce manège a vite fait de nommer Côme ZOUMARA. Lui arrive avec une étoile de plus : ministre conseiller porte-parole de la présidence de la République.


GONDA tremble déjà à l’idée de se retrouver sur la paille. Mais c’est la moindre des choses que puisse faire le président de la République pour redresser la pente. Mais surtout pas reconduire le même négociateur (il a merdé, il doit partir, Go !).


Mercredi 08 Octobre 2008
Feindaré –Ndaré
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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 23:55
RDC:Les hélicos à l’assaut de la rébellion
Les Casques bleus de la mission de l'ONU (Monuc) ont de nouveau empêché la prise d'une ville par la rébellion dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) en utilisant leurs hélicoptères de combat, a annoncé la Monuc dans un communiqué publié samedi. "La Force de la Monuc a du intervenir vendredi en utilisant la force avec l'appui de ses hélicoptères de combat, pour contraindre les troupes du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de se retirer, après une tentative de prise de contrôle de la ville de Masisi, située à quelque 60 km de Goma", capitale provinciale du Nord-Kivu, précise le communiqué.
"Après plusieurs tirs de sommation, la Monuc a dû tirer sur les nouvelles positions occupées par le CNDP à Kahungole (localité à 5 km de Masisi). Au terme de cette intervention, les troupes du CNDP se sont retirées", ajoute le communiqué.

Aucun bilan de l'intervention des Casques bleus contre la rébellion de Laurent Nkunda n'était disponible samedi.

Les Casques bleus indiens et sud-africains de la Monuc étaient déjà intervenus la semaine dernière contre la rébellion qui enlevait des positions à l'armée congolaise (FARDC) dans plusieurs localités, provoquant la fuite des civils.

Plus de 100.000 civils, selon l'ONU, ont été déplacés dans les collines du Nord-Kivu depuis la reprise des combats le 28 août.

La Monuc "en alerte maximale dans cette zone", tente de protéger les civils en vertu de son mandat placé sous chapitre 7, qui l'autorise à user de la force.

"De nombreux déplacés demeurent toujours sous la protection des Casques bleus à Masisi. Quelque 80 éléments congolais et internationaux travaillant pour des organisations humanitaires ont dû être évacuées de Masisi vers Goma, par la Monuc", précise le communiqué.

De nouveaux combats ont éclaté samedi à Saké, à 30 km à l'ouest de Goma, entre CNDP ET FARDC, selon plusieurs sources.

"Tous les habitants ont fui la ville, et les chars de combats des FARDC reculent", a indiqué un habitant joint par téléphone.

"Le CNDP nous a attaqués depuis les collines avoisinantes", a affirmé le général Vainqueur Mayala, commandant de la 8ème région militaire.

Malgré ces combats, l'ONU espère faire appliquer son plan de désengagement par les belligérants, suite à l'accord de paix de Goma signé en janvier 2008.

"Nous voulons que tous les groupes armés y participent, pour faire avancer le processus de paix, le plus rapidement possible", a affirmé à l'AFP le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en RDC, Alan Doss.

Le gouvernement a accepté ce plan mais "le CNDP n'a pas encore répondu", reconnait Alan Doss.

Jeudi, la rébellion a conditionné l'adoption de ce plan à des négociations directes avec Kinshasa, dans un pays neutre, ce que le gouvernement congolais refuse.

 2008.

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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 23:40
TchaMahamat Nouri veut remettre ça !
Le général Mahamat Nouri, chef d'un mouvement regroupant la plupart des factions rebelles du Tchad, envisage une offensive contre N'Djamena à une date indéterminée, qui ne sera pas "le scénario de février dernier" lorsque les rebelles ont failli renverser le régime tchadien. "Nos opérations vont se poursuivre comme si de rien n'était. Je ne peux pas vous préciser de date", a déclaré le général Nouri, chef de l'Alliance nationale (AN), dans un entretien diffusé lundi par Radio Orient basé à Paris.
"Le scénario de février dernier en revanche ne peut pas se reproduire. Nous n'avons pas pu prendre le pouvoir alors que nous tenions la ville (N'Djamena), parce que nous étions incapables de nous entendre pour désigner un chef", a ajouté le chef rebelle.

L'Alliance nationale et d'autres mouvements rebelles avaient attaqué N'Djamena les 2 et 3 février. Ils avaient encerclé le palais présidentiel et avaient failli renverser le président tchadien Idriss Deby Itno, avant d'être repoussés in extremis par les forces gouvernementales tchadiennes.

"Idriss Deby a aligné en février dernier 10.000 hommes, alors que nous n'étions que 3.000. Et pourtant, nous avons pris N'Djamena", a expliqué le général Nouri.

Selon lui, les forces rebelles comptent actuellement "9.000 à 10.000 hommes" contre "20.000" dans l'armée régulière, "composite".

"Le prochain engagement (de la rébellion) concernera encore plus d'hommes qu'en février" et pour ce faire, "l'Alliance a une politique et une stratégie communes", a-t-il assuré, en précisant cependant avoir "conscience que le pouvoir ne sera pas pris par les armes, ni conservé par les armes".

Les rebelles tchadiens disposent de bases arrière au Soudan ainsi que dans la zone de la frontière et font souvent des incursions en territoire tchadien.

Publié le 6 octobre 2008.
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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 23:36
Mahamat Nouri veut remettre ça !
Le général Mahamat Nouri, chef d'un mouvement regroupant la plupart des factions rebelles du Tchad, envisage une offensive contre N'Djamena à une date indéterminée, qui ne sera pas "le scénario de février dernier" lorsque les rebelles ont failli renverser le régime tchadien. "Nos opérations vont se poursuivre comme si de rien n'était. Je ne peux pas vous préciser de date", a déclaré le général Nouri, chef de l'Alliance nationale (AN), dans un entretien diffusé lundi par Radio Orient basé à Paris.
"Le scénario de février dernier en revanche ne peut pas se reproduire. Nous n'avons pas pu prendre le pouvoir alors que nous tenions la ville (N'Djamena), parce que nous étions incapables de nous entendre pour désigner un chef", a ajouté le chef rebelle.

L'Alliance nationale et d'autres mouvements rebelles avaient attaqué N'Djamena les 2 et 3 février. Ils avaient encerclé le palais présidentiel et avaient failli renverser le président tchadien Idriss Deby Itno, avant d'être repoussés in extremis par les forces gouvernementales tchadiennes.

"Idriss Deby a aligné en février dernier 10.000 hommes, alors que nous n'étions que 3.000. Et pourtant, nous avons pris N'Djamena", a expliqué le général Nouri.

Selon lui, les forces rebelles comptent actuellement "9.000 à 10.000 hommes" contre "20.000" dans l'armée régulière, "composite".

"Le prochain engagement (de la rébellion) concernera encore plus d'hommes qu'en février" et pour ce faire, "l'Alliance a une politique et une stratégie communes", a-t-il assuré, en précisant cependant avoir "conscience que le pouvoir ne sera pas pris par les armes, ni conservé par les armes".

Les rebelles tchadiens disposent de bases arrière au Soudan ainsi que dans la zone de la frontière et font souvent des incursions en territoire tchadien.

Publié le 6 octobre 2008.
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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 15:59
DAVID DACKO: OU ES – TU ? Aujourd’hui, lorsque l’on essaie de jeter un regard attentif sur la gestion des hommes qui ont été amenés à présider la République Centrafricaine, que constate t-on ? Sur le plan de la conception politique, Feu Barthélemy Boganda avait assis sa philosophie politique sur ses cinq verbes. Il s’en est suivi que toutes ses actions politiques en découlaient. Par exemple, en matière de salaires et pension des retraités, il ne cessait de répéter." Qui paie commande" cela résultait du verbe "nourrir". En matière d’éducation, il affirmait également. "L’enseignement n’est pas un luxe mais une nécessité" d’où le verbe "Instruire" Et il a fait de ces cinq verbes le fondement de sa philosophie politique. Son successeur , Monsieur David Dacko, qui l’appelait toujours son Maître adhéra totalement à cette philosophie politique. Aussi, conduisait–il les Affaires de l’État avec une responsabilité digne d’un homme d’État. De 1960 à 1965, aucune trace d’accumulation des arriérés de salaires, bourses et pensions de retraite. Le rapport de sa gestion établi par la magistrature sur instruction du Président Bokassa Jean Bédel, aux lendemains du coup d’état du 31 décembre 1965 en fait foi. Profitant également des relations historico-politiques toutes particulières unissant la France et la RCA que M. David Dacko n’ignorait pas, il assura la formation de très haut niveau des centrafricains dans les grandes écoles et les universités françaises. Le Président Bokassa Jean-Bedel, appliqua, lui aussi la même politique. malheureusement, vers la fin de son règne, sous les coups de boutoir de ses conseillers, il s’écarta de cette politique et conduisit la République Centrafricaine à la situation que nous avions connu. L’empereur Bokassa 1er ignorait que le Président David Dacko, pendant sa présidence, avait aussi recours à des conseils des hommes d’État dont entre autres le Général De Gaulle. En effet, parmi les conseils de ce Grand Homme d’Etat français, nous pouvons citer : ‘‘Jeune homme, vous avez la chance d’être à la tête d’un Etat en qualité de Président de la République, cela relève aussi de la bénédiction divine. Mais sachez une chose, le pouvoir fascine, le pouvoir trompe, le pouvoir use aussi. En certaines circonstances et, elles seront nombreuses, très nombreuses, sachez vous élever suffisamment en hauteur pour se situer véritablement au niveau des responsabilités qui sont les vôtres et, en toute responsabilité prenez vos décisions seules. C’est en cela que l’on reconnaît un homme d’État. Mais, méfiez-vous toujours de tous ceux qui vous entourent. Car quelques soient leur capacité et leur compétence, ils ont des intérêts divergents et contradictoires avec ceux de l’État, et ils savent manier leur langue. Fort de tels conseils, le Président David Dacko prenait toujours les dispositions nécessaires pour vérifier personnellement les "choses" avant de prendre une décision. C‘était un professionnel de la politique. En rétablissant la République en terre Centrafricaine le 20 septembre 1979, M. David Dacko n’avait trouvé dans les caisses de l’État que la modique somme de 20.000.000 FCFA. Et, pourtant dix (10) jours plus tard, soit le 30 septembre 1979, grâce à son charisme, grâce à ses relations internationales, il fit face, avec responsabilité, à tous les engagements financiers de l’État sans exception. Il était véritablement un homme d’État. Et il en profita également pour récompenser tous ceux qui l’avaient aidé à rétablir la République. Par exemple, à M. Aguide Simon, il confia le Ministère de l’agriculture, à l’étudiant Malabar, il procura les moyens financiers lui permettant de poursuivre ses études dans les meilleures conditions. M. David Dacko était aussi un homme totalement dépourvu d’ingratitude, toujours reconnaissant envers les autres. A partir de 1979, Monsieur David Dacko était déterminé à mettre en œuvre une politique devant faire de la RCA un pays où il fait bon vivre. D’abord, il composa un gouvernement où se retrouvaient toutes les entités nationales. Puis il procéda à la révision en hausse des grilles salariales tant dans le secteur public que privé et au paiement à termes échus des salaires, bourses et pensions de retraités, ainsi que des autres engagements financiers de l’État, conduisant à la relance de l’économie par la consommation. Voici, sur le plan de l’action ce que ces trois hommes ont été capables d’apporter à leur pays. Mais, depuis que nous avions entendu les cris des fonctionnaires, agents de l’État, retraités et étudiants relatifs à l’accumulation des arriérés de salaire, bourses et pensions des retraités ? Nous assistons même à l’occupation de la bourse de Travail par les forces de l’ordre, empêchant ainsi les fonctionnaires de débattre de leurs droits dans un État dit de Droit. Ce faisant, on oublie ainsi que l’on empêche les travailleurs de travailler et les étudiants de vaquer à leurs chères études. Bref ! La République Centrafricaine de vivre. A cet égard, nous pouvons nous permettre de dire deux choses. Premièrement, le Général De Gaule rappelait régulièrement au Président David Dacko ceci : ‘‘Ne tentez jamais de transférer les Pouvoirs de l’Etat dans la rue. Les Pouvoir de l’Etat sont en eux-mêmes un symbole qui repose sur un socle dont vous en êtes le détenteur légitime. En tentant de transférer les Pouvoirs de l’Etat dans la rue, vous vous mettez dans la position de celui qui combat par l’épée. N’y a-t-il pas un adage militaire qui dit ‘‘qui combat par l’épée, périra par l’épée’’ ? Fin de citation. C’est en recourant à ce conseil sage que M. David Dacko refusait de jeter la population banguissoise, pourtant déterminée, dans la rue, en 1993, pour revendiquer les Pouvoirs de l’Etat, alors même qu’il était élu au 1er tour des élections présidentielles. L’occupation de la Bourse du Travail par les forces de l’ordre constitue aux yeux de chacun une tentative de transférer les pouvoirs de l’Etat dans la rue. Deuxièmement, le président David Dacko ne cessait lui aussi de répéter ‘‘Les civils s’accommodent très mal de la discipline militaire’’. Lorsqu’ils sont soumis à la discipline militaire, les institutions de la République fonctionnent très mal. Et, il s’en suit des crises sociales particulièrement aiguës, aux conséquences dommageables incalculables. Simon Didier Bongolape
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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 15:51

QUAND UN ENSEIGNANT REFUSE UNE PROMOTION



QUAND UN ENSEIGNANT REFUSE UNE PROMOTION
WALLOT Joël Yvon
B.P3210 BANGUI R.C.A
TEL: 70.97.28.02
77.48.08.02


M’Baïki, le 26 septembre 2008

A l’attention de Monsieur le ministre de l’éducation nationale, de l’alphabétisation, de l’enseignement supérieur et de la recherche

Par voie hiérarchique

Objet : Refus de la nomination au poste de chef de département de l’exploitation Agricole de l’Institut Supérieur de Développement Rural de M’Baïki (ISDR

Monsieur le ministre,

J’ai appris par mes collègues, l’annonce radiodiffusée sur la radio nationale de ma nomination au poste de chef de département de l’exploitation agricole de l’ Institut Supérieur de Développement Rural de M’baïki (ISDR). J’ai été surpris par cette nomination pour laquelle, je n’ai pas été consulté. Je suis au regret de vous annoncer que je ne peux accepter cette nomination .Deux raisons essentielles me conduisent à décliner cette charge.

La première est une question de principe. Je suis et je demeure un démocrate sincère et un patriote convaincu pour qui rien ne peut se faire de durable sans la recherche d’un consensus par le dialogue. Pour éviter tout malentendu, il me semble utile de ne m’engager qu’après harmonie des points de vue sur les causes et les solutions les plus appropriés à la crise en cours.

La deuxième raison est dictée par l’expérience de ses dix dernières années. Depuis belle lurette, la hiérarchie du mérite est inversée à l’ISDR. Cela s’est traduit par la dénaturation des programmes d’enseignement et une gabegie liée à l’impunité qui pénalise le fonctionnement de cet établissement de formation agricole et sa crédibilité internationale. L’exploitation agricole n’est pas qu’un service technique de production commerciale mais le pilier d’une professionnalisation des filières de formation. La réforme des programmes d’enseignement, du système d’évaluation, des modalités de recrutement des étudiants et des enseignants sont donc au cœur de cette crise. L’expérience récente a confirmé que l’on peut minimiser ces priorités en isolant le fonctionnement de la ferme de l’institut de celui global de la pédagogie. Il me semble incohérent d’inverser l’ordre des priorités. Il me sera difficile dans le bourbier actuel qu’est devenu l’institut de ne pas poser ma démission au bout de trois mois comme ce fut le cas sous le régime précédent.

C’est donc pour ces deux motifs que je suis désolé de ne pas accepter cette nomination qui me conduirait à légitimer une dégradation durable de la qualité de la formation à l’ ISDR.

Meilleures considérations




Lundi 06 Octobre 2008
J.-Y. WALLOT
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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 15:34

« Touche pas à mon président ! »

Quelque 2.000 personnes ont manifesté samedi à Libreville pour protester contre des ONG et des associations françaises qui dénoncent l'acquisition de luxueux biens immobiliers du président du Gabon Omar Bongo Ondimba en France. "La société civile gabonaise ne veut pas de défenseurs autoproclamés. Nous n'avons pas besoin d'eux ni en France ni ailleurs", a déclaré Ghislain Etoughet, président du mouvement "Touche pas à Mon Président", porteur d'un manifeste de soutien, remis à la présidence à Libreville.
"Nous tenons à marquer notre condamnation la plus ferme vis-à-vis des actions tendancieuses et périlleuses que mènent ces ONG et associations françaises", est-il affirmé dans le manifeste du mouvement, regroupant des associations et des syndicats.

L'ONG Transparence International France (TI) a déposé en juillet une plainte contre X visant cinq chefs d'Etat africains, dont Omar Bongo, qu'elle accuse de posséder en France des biens immobiliers financés par de l'argent public détourné.

Une première plainte avait déjà été déposée en mars 2007 par trois associations françaises, entraînant l'ouverture d'une enquête préliminaire sur le patrimoine de ces chefs d'Etat. Elle avait été classée sans suite en novembre.

Selon des procès-verbaux de la police française, rendus publics au début de l'année par le quotidien français Le Monde et la chaîne publique France 2, M. Bongo et sa famille possèdent en France 33 résidences, dont un hôtel particulier acheté en 2007 pour 18,8 millions d'euros à Paris.

Les rapports s'étaient alors tendus entre Paris et Libreville, le Gabon menaçant la France de "revoir" ses relations.

Fin août, "Touche pas à Mon Président" avait annoncé qu'il porterait plainte contre ces ONG "pour outrage" à M. Bongo. Leurs dirigeants ont confirmé samedi qu'ils se rendraient prochainement en France pour le faire.

Publié le 4 October 2008.
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