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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 23:56
Massi l'ex Ministre d'état et Président du FODEM  a rencontré Ange Félix ATASSE à Lomé.
Les novices de la politique centrafricaine s'interrogent au sujet de cette rencontre qui vient renforcer le lien entre celui que jadis PATASSE présentait comme son dauphin et qui malheureusement n'a pas obtenu  le quitus du parti MLPC .

La visite de Massi à Patassé en pleine période de crise politique et institutionnelle en centrafrique est très stratégique.

BOZIZE dans sa philosophie de NINI, ni  MASSI ni PATASSE au dialogue national inclusif a  certainement favorisé cette fameuse rencontre de Lomé.

Qu'en est il réellement ressorti de cette rencontre et que peuvent se dire deux opposants radicaux à BOZIZE ?
Plusieurs stratégies sont envisageables:

1-REVIGORER LE MLPC,  DANS UNE TRAVERSEE DE CRISE DE LEADERSHIP MAIS QUI  DEMEURE TOUJOURS LE PARTI POLITIQUE LE PLUS PUISSANT MÊME DIVISE EN PLUSIEURS FACTIONS.

MASSI SERAIT IL ENTRAIN DE NEGOCIER AVEC LE RETOUR DANS LES PROCHAINS JOURS A BANGUI, DE PATASSE, UNE STRATEGIE AFIN DE MIEUX PREPARER LES FUTURES ELECTIONS DE 2010 ?

2-OU SIMPLE MISE AU POINT  STRATEGIQUEMENT MILITAIRE CAR DEPUIS SA DEMISSION EN SA QUALITE DE PORTE PAROLE DES REBELLES, IL Y A EU UNE MONTEE  CRESCENDO DE CREATION DES MOUVEMENTS REBELLES?

3-ZIGUELE,ETANT CONTESTE AU SEIN DU MLPC,NONOBSTANT DE SA BRILLANTE PERFORMANCE LORS DES DERNIERES ELECTIONS PRESIDENTIELLES, SERAIT IL ENTRAIN DE PERDRE SA PLACE

4-LE RETOUR DE PATASSE SOUS TEND SA PROCHAINE PARTICIPATION AUX ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE 2010, LES AUTORITES LOCALES ONT ELLES BIEN MESURER LA GRAVITE AINSI QUE LA PERTINENCE DE LA PROBLEMATIQUE ?

UNE VERITABLE EQUATION A 10 INCONNUES 
BONJOUR LES DEGATS
LA REDACTION

  
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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 23:24

UNE NOUVELLE REBELLION (FURCA) APPARAIT DANS LA VAKAGA

La FURCA, est la Force de l'Union en République Centrafricaine, un nouveau mouvement rebelle qui a vu le jour depuis le début de l'année dans la Vakaga au nord –est de la République centrafricaine.



UNE NOUVELLE REBELLION (FURCA) APPARAIT DANS LA VAKAGA
Oumar Sodiam s'est réfugié au Soudan

La Force de l'Union en République Centrafricaine, créée par un certain Oumar Sodiam, dont on a jamais entendu parler jusqu'à lors, prend des proportions inquiétantes dans la Vakaga. Tout a commencé par la prise de la ville de Birao par les éléments de l'Union des Forces Démocratiques Républicaines de Zacharia Damane le 10 octobre 2006. L'UFDR a étendu sa présence jusqu'à Oudda-Djallé et Sam Ouandja. L'occupation de la localité de Sam Ouandja par les éléments de Damane a donné lieu à des scènes de pillages et des exactions sur les populations civiles. Oumar Sodiam, établi dans la localité depuis des années, était le notable le plus connu de la région. Quand Sam Ouandjia a été investie, le commerçant le plus réputé a tout perdu et les éléments de l'UFDR ont occupé sa maison. Abandonnant argent, diamants et tous ses effets, Oumar Sodiam a réussi à regagner le Soudan où il s'est réfugié. Au Soudam, il a commencé à s'organiser en recrutant les premiers éléments qui vont constituer l'ossature de la Force de l'Union en République Centrafricaine (FURCA). Au-delà de sa ville d'Amndafock, en plein territoire soudanais et à l'insu des autorités de ce pays, Oumar Sodiam crée un camp d'entraînement pour ses combattants.

Damane diabolisé
Utilisant des intermédiaires qui ne sont autres que des autochtones qui connaissent très bien la région, la FUCRA a commencé à opérer des recrutements des éléments propres au camp de Zacharia Damane. Le Chef des Opérations militaires de l'UFDR-Oumar Sodiam, profitant de la naïveté des populations et faisant briller des espèces sonnantes et trébuchantes, utilise des arguments qui présentent Zacharia Damane comme un agent de division dans la région.

Pour Oumar Sodiam, c'est Zacharia Damane qui veut séparer les Goula (tribu de Damane) des autres groupes raciaux à savoir les Rounga, les Goulou, les Bornou et autres.. Pour mieux diaboliser le Chef des opérations militaires de l'UFDR, Oumar Sodiam, le patron de la FURCA, déclare que Zacharia Damane et ses éléments sont pris en charge par le gouvernement centrafricain. Zacharia Damane, en sa qualité de Conseiller à la Présidence, toucherait un salaire mirobolant et ne s'occuperait que de ses frères Goulou, laissant à l'abandon les éléments appartenant à d'autres groupes tribaux abandonnée à la merci de la nature.

Les arguments de Oumar Sodiam font mouche et les défections se font en masse dans les rangs de l'UFDR, tenus par Zacharia Damane, dont on dit qu'il est de plus en plus isolé.

Les premiers objectifs sont la prise de Gordil et Tiringoulou
La FURCA, nourrit une haine viscérale contre Zacharia Damane qui serait à l'origine du malheur d'Oumar Sodiam qui aurait tout perdu lors de la prise de Sam-Ouandja. Le mouvement rebelle, qui a maintenant suffisamment d'éléments pour mener des opérations sur le terrain, n'a encore pas d'ambition d'une opération d'envergure nationale. Cela ne semble d'ailleurs pas être dans ses plans, du moins pour l'instant. Mais puisque l'appétit vient en mangeant, peut-être que la FURCA y pensera plus tard, mais pour l'instar ses objectifs sont limités. Le mouvement veut investir ses éléments et ses moyens sur la prise des aérodromes de Gordil à moins de 50 Km de Biaro et de Tiringoulou.

Ces aérodromes serviraient de base arrière pour le mouvement qui aurait la latitude d'y faire atterrir de gros porteurs pour du ravitaillement en armes, en moyens logistiques, en carburant et en nourriture pour ses éléments. Pour la réussite de cette stratégie, la FURCA a scindé ses hommes en plusieurs groupes. Le premier est déjà installé à Sikekedji vers Gordil dans la zone où les frontières de la RCA, du Soudan et du Tchad forment ce qu'on appelle le triangle. Cette position stratégique procure aux éléments de la Force de l'Union en République centrafricaine d'opérer des replis au Tchad ou au Soudan en cas d'attaques de la part des éléments de l'UFDR ou des Forces Armées centrafricaines.

La naissance de ce mouvement rebelle est très dangereuse pour la sécurité de Zacharia Damane, dont il veut la tête. Oumar Sodiam, le leader de la FURCA, ne porte pas du tout au cœur le Chef des opérations militaires de l'UFDR. Son idéal est de conquérir le leadership dans la région et s'imposer comme interlocuteur des autorités. Oumar Sodiam et la FURCA parviendront-ils à leur fin ? Il est encore tôt pour s'aventurer dans un quelconque pronostic.

Mercredi 17 Septembre 2008
John Smith
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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 22:50

LE GOUVERNEMENT ET LES REBELLES ONT  ETE EU CHAUD A LIBREVILLE

La reunion regroupant les autorités centrafricaines, les différents groupes rebelles ainsi que les organiseurs sous les auspices de l'Ambassadeur de France a pris fin à Libreville.
Il semblerait que les oreilles de nos compatriotes ont sifflé car les organisateurs n'ont pas hésité à menacer et le gouvernement ainsi que les groupes rebelles.
Le gouvernement centrafricain doit, dans les jours à venir voter par le biais de l'assemblée nationale l'amnistie générale souhaitée pars tous les groupes rebelles.
Quant aux rebelles, on leurs a repproché de vouloir boycotter le dialogue en reprenant les armes.
Une force militaire va dans un delai très court superviser ce fameux cessez le feu.
Les différents observateurs ont fait comprendre aux protagonistes qu'aucun écart des deux parties ne sera toléré.
Tous attendent dans les prochains jours la réactivité du gouvernement afin de prouver sa réelle motivation à la tenue du dialogue national inclusif

La rédaction 

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 10:50
 


 
 
 
Papa Wendo est décédé
L’artiste-musicien, star de la rumba congolaise Antoine Wendo Kolosoy, dit "Papa Wendo", est décédé lundi à Kinshasa à l'âge de 82 ans des suites d’une longue maladie, a-t-on appris mardi auprès de ses proches. "Wendo Kolosoy est mort lundi à 17 heures (16H00 GMT) des suites d’une longue maladie", a déclaré le président de l’ONG Artiste en danger, Shaka Kongo, joint au téléphone.
Wendo Kolosoy avait été admis lundi aux soins intensifs à la Clinique Ngaliema, après une crise liée à un "dysfonctionnement organique".

Considéré comme le père de la rumba congolaise, l'artiste s’en va en laissant derrière lui une longue carrière musicale débutée dans les années 50 et auréolée de célèbres oeuvres dont "Marie-Louise" qui, enregistré l'année 1952 en 78 tours, a conquis les mélomanes tant congolais qu'étrangers. Cette chanson lui valu quelques problèmes avec l'église catholique qui "l'excommunia" un temps.

"Un baobab de la musique est mort", titrait mardi le quotidien congolais, Le Phare. L'artiste au visage creusé et au profond regard, qui a longtemps voyagé comme mécanicien sur les bateaux naviguant sur le fleuve Congo, est le sujet d'un documentaire filmé en 2007 "On the Rumba river", de Jacques Sarasin.

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 10:40
La poudre d’escampette

Deux membres de la délégation centrafricaine, qui revenait des Jeux olympiques de Pékin, ont fait défection lors d'une escale à Paris, vraisemblablement à des fins d'immigration clandestine en France. Mireille Dérébona (800 mètres dames, disqualifiée en séries) et Ali Adoum, entraîneur de boxe, ne se sont pas présentés au moment de prendre leur vol à destination de Bangui. Ils n'ont donné aucun signe de vie aux autres membres de la délégation qui a regagné Bangui mardi matin.
La Centrafrique, qui n'a jamais remporté de médaille olympique, avait aligné trois sportifs aux Jeux: deux compétiteurs en athlétisme et un en boxe.

En 2001, près d'une dizaine de basketteurs centrafricains, qui rentraient du Maroc après avoir participé à la Coupe d'Afrique des Nations de basket-ball, avaient également "disparu" dans la capitale française

septembre 2008.
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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 01:00

POURQUOI LA DIASPORA CENTRAFRICAINE EST ELLE MORTE ?

L'histoire ne peut bégayer, que si, les révisionnistes réfutent la véracité de certains faits historiques.
La diaspora Centrafricaine, véritable fer de lance de la jeune Africaine de l'époque n'est plus que son ombre.
On parcourant des yeux les archives universitaires et les comptes rendus des multiples associations pour le développement de l'Afrique, les Ngoupandé, Yéro, Darlan et bien d'autres pour ne citer que ceux là ont marqué d'une empreinte indélébile la diaspora Africaine (FEANF),

Dans l'optique d'un développement intégré de l'Afrique, ces élites ou leaders charismatiques devraient être porté le plus rapidement possible au pouvoir dans différents pays africains.

Nos aînés embrigadés dans des grandes théories marxistes ou communistes ont regagné le pays manant ballant pensant pénétrer le système de nos vieux Dictateurs afin de les renverser.
Véritable utopie, pourquoi le miracle ne s'est il produit que dans quelques pays Africains pas le notre ?
En vérité, nos aînés ont succombé à la tentation du capitalisme, de l'embourgeoisement et la théorie de l'arroseur arrosé.
Une nouvelle génération avec les Grothe, Lenghat,Mekassoua ont pris la relève avec toute la verve et la fougue qui caractérisent la jeunesse allaient changer le cours des choses en surfant sur les vagues de la démocratie.
BOZIZE arrache le pouvoir aux mains de PATASSE,un président démocratiquement élu mais devenu la peste de la nation.

De nominations en guise de partage du gâteau à ceux qui devaient insuffler le renouveau centrafricain ont plongé la diaspora dans un chaos inébranlable.
Le chiisme, l'etnicisme, le régionalisme ont refait surface, de nouvelles rebellions des EX rebelles, toujours les même continuent de terroriser le pays.

Le Cercle des Centrafricains de France, jadis, apolitique sombre dans le mutisme voire querelle partisane.
Il faut remonter aux archives des procès verbaux de précédentes élections pour retrouver des traces de ce mouvement qui devait en principe réunir tous les compatriotes de la diaspora.

La diaspora centrafricaine actuelle est elle morte? OUI, tout à fait  car un mouvement sans tête ni queue et leader charismatique ne peut peser sur le pouvoir de BANGUI.
 
La nomination d'un certain DJENTO en qualité de conseiller au sein de la diaspora pose réellement une gravissime problématique, celle de savoir le bilan exacte depuis sa nomination et les objectifs escomptés de sa mission.

Une diaspora divisée ethniquement ne peut contribuer au développement du pays.
Il ne faut pas chercher loin pour comprendre le silence de cette diaspora écartée du dialogue national inclusif, et qui joue à un jeu assez dangereux qui risque d'embraser le pays entier, en décidant de ne condamner aucun acte posé que se soit du côté rebelles comme de celui de BOZIZE et son gouvernement.

Devrons-nous rester silencieux devant ce comportement irresponsable de la diaspora ? Non, il y a dans cette communauté de gens de bonne volonté qui cherchent à s'exprimer autrement des orientations du Cercle Centrafricains de France, des partis politiques, ou de différents groupes rebelles,

A tous ceux qui estiment après longue observance de cette décomposition de la diaspora et qui veulent rejoindre un forum ou autre forme de structure pour faire entendre la voix de la diaspora, je vous propose de nous réunir afin de mettre sur pied une nouvelle structure neutre de notre diaspora.

Nous devons réagir le plus rapidement possible afin d'imposer la participation de notre diaspora au dialogue national inclusif.
M. Cyriaque GONDA Ministre de la communication et de la réconciliation doit comprendre que la force d'un pays repose dans l'efficacité de sa diaspora.

Merci pour votre esprit patriotique

Raymond BOMONGO
ita_tizo@...

 

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 23:19

Un jeune centrafricain de Bordeaux impliqué dans l'humanitaire a reussi son pari, celui de réactiver le pool Affaires :Bordeaux Centrafrique de la chambre de commerce de cette même ville de Bordeaux.

Ce jour le Jeudi 11/09/2008 une très forte délégation composée de plusieurs Ministres  et Sécrétaires d'état devraient fouler le sol  Bordelais.

Nonobstant de l'arrestation de Me WANFIO GOUNGAYE président de la ligue Centrafricaine de droits de l'homme, cette mission est reportée à une date ultérieure.

Il est à noter que cette mission permettait aux autorités centrafricaines de signés plusieurs accords commerciaux avec les bailleurs de fonds locaux via la chambre de commerce et de l'industrie de Bordeaux

La communauté centrafricaine de Bordeaux s'étonne de la rétention d'informations faite au sujet de cette venue des autorités dans cette ville. 

L'organisateur de cette rencontre n'a ni contacté par communiqué de presse  ou via associatif des compatriotes  centrafricains de Bordeaux.
 
Est ce par une volonté pure et simple d'éviter la contre manifestation  prévue par Mr.YABANDA devenu depuis un certain temps Bordelais ?

Est ce par pure stratégie gouvernementale de ne point rencontrer la diaspora afin d'éviter la problèmatique du dialogue national inclusif?

AFFAIRE A SUIVRE....


RAYMOND BOMONGO 

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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 12:13

  Lucé Raymond BOMONGO
OBJECTEUR DE CONSCIENCE POLITIQUE 
L'HOMME DU RENOUVEAU CENTRAFRICAIN
 DU VRAI  CHANGEMENT EN 2010
ET DE LA COHESION NATIONALE 

Elysée et dictatures africaines: CAMPAGNE DE SURVIE CONTRE LES DICTATURES AFRICAINES
(Contributions 06/01/2005)


I. Introduction :

La campagne contre les dictatures africaines lancée par Survie au mois de mai 2004 se fixerait pour objectif la dénonciation, aux yeux de l’opinion publique française, du soutien militaire, diplomatique et financier de l’Elysée aux dictateurs africains.
La prise de conscience de l’opinion publique par une large information et interpellation, initiée par les militants de base, est primordiale à plusieurs titres : l’opinion publique arbitre le jeu d’alternance politique, les élections législatives, municipales et cantonales au niveau national et les consultations européennes au niveau européen et international.
C’est pourquoi cette campagne aurait à gagner en efficacité en interpellant également les élus du peuple à savoir les députés français mais aussi les groupes parlementaires européens : c’est au niveau européen que les plus importantes décisions se prennent et la France a besoin de l’Europe au risque de se voir marginalisée par sa politique africaine.
Le sujet est d’une grande complexité puisqu’il entre dans le domaine du visible et de l’invisible, de l’émergé et de l’immergé, caractéristique de la Françafrique.
Son traitement par un support écrit se bornerait, comme l’énoncé le précise, à donner des exemples du soutien militaire, diplomatique et financier à un dictateur africain, choisi parmi tant d’autres. D’où “ l’analyse de la situation au Soudan, au Tchad et éclairages de la situation dans le Darfour ”, initialement soumis au débat enrichissant entre les militants de base.




II.TENTATIVES DE DÉFINITION D’UNE DICTATURE ET D’UN DICTATEUR AFRICAIN ET LES RAISONS DE SON SOUTIEN PAR L’ELYSÉE

II.1.Définition :
a) Qu’est-ce qu’une dictature ?

D’après le petit Larousse : “ Une dictature est un régime politique instauré par un dictateur ” et “ un dictateur est une personne qui, parvenue au pouvoir, gouverne arbitrairement, sans contrôle démocratique ”1.
Le vocabulaire juridique de Gérard Cornu2 renchérit en donnant les attributs de la dictature “ despotisme, tyrannie, autocratie, totalitarisme, monocratie ”.
Ce système abject ne peut que susciter le rejet de la population française, eu égard à son passé révolutionnaire de lutte pour l’établissement d’un Etat de droit fondé sur le principe de “Liberté, Egalité, Fraternité”. Il continue cependant à être soutenu par les plus hautes autorités de l’Etat français et ce, depuis le colonialisme jusqu’à nos jours .
Le vécu quotidien des Africains sous le régime totalitaire permet de compléter cette définition en mettant l’accent sur le fait qu’une dictature :
-affame et massacre les populations
- commet des crimes, assassinats et se livre à des tortures
-maintient une politique de terreur et d’oppression
-musèle la presse et les radios indépendantes
-supprime les libertés individuelles
- mène une politique de démission nationale face aux fonctions régaliennes de l’Etat en matière de santé, d’éducation, d’infrastructures routières, d’eau et d’électricité
-sabote tout projet de développement productif
En résumé, la dictature viole les lois de la République, envoie sa garde prétorienne réprimer les manifestations pacifiques, musèle la presse, se spécialise dans le truquage des élections présidentielles et législatives, et si cela ne suffit pas, amende la constitution par sa majorité parlementaire mécanique pour s’éterniser au pouvoir : c’est la situation de la quasi-majorité des Etats africains francophones.


b) Qu’est-ce qu’un dictateur ?


Un dictateur n’a plus rien à défendre que lui-même. Comment faire pour exister ou survivre aux assauts d’une population pluriethnique ?
Resurgit l’archaïque stratagème politique qui consiste à dresser une partie de la population contre une autre.
Il exploite le “ piège ethnique ”, c’est-à-dire la “ manipulation d’identités initialement secondaires et composites qui, chauffées au rouge, génèrent des clivages radicaux, servant d’explications fallacieuses ”3.
Il a besoin du désordre et de l’insécurité, et les conflits interconfessionnels procèdent de la même logique que les conflits interethniques : la cohabitation interconfessionnelle musulmans-chrétiens ou la coexistence pacifique entre le Nord et le Sud, n’ont jamais posé de problème au Tchad ni en Côte d’Ivoire, ni ailleurs en Afrique – la laïcité de l’Etat (même purement formelle) concourant à favoriser la tolérance.
Par la suite, cette cohabitation a été transformée en hérésie par les hommes politiques pour se maintenir au pouvoir3

En résumé, le dictateur s’entoure d’une garde présidentielle ethnique et clanique et dilapide les maigres ressources de l’Etat, constituées par les prélèvements sur la vente des matières premières et l’aide publique au développement, pour mener une politique de corruption et de clientélisme, acheter des armes, financer les fraudes électorales
Mais comme les aides ne sont pas totalement des dons, mais souvent des prêts bonifiés qu’il faudra rembourser un jour ou l’autre, le pays croule sous le poids de la dette.
Si vous ajoutez à ce fardeau les catastrophes comme la sécheresse et la désertification, que connaissent nombre de dictatures en Afrique subsaharienne, vous obtenez une situation explosive de crise économique attisée par la famine, la pauvreté, les maladies…

II.2. Les raisons des soutiens multiformes de l’Elysée aux dictatures africaines
II.2.1.Qu’est-ce que l’Elysée ?
De ce qui précède, nous avons une idée précise de la dictature et d’un dictateur africain, maillon faible (car corvéable et manipulable à merci) d’un système de relations incestueuses dont le maillon fort est constitué par le triangle des “ 3 E ”: l’Elysée, l’Etat-major français et Elf (devenue TotalFinaElf, puis Total tout court).
L’Elysée veut dire Charles De Gaulle, Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand et Jacques Chirac.
Quel que soit le cas de figure, période de cohabitation ou pas, la politique africaine de la France se fait à l’Elysée. L’existence permanente d’une cellule africaine de l’Elysée est là pour le confirmer. Quelle alternance politique française pourrait-elle mettre un terme à cette conception néocoloniale, insultante pour les Africains ? En matière de politique africaine, le fiasco de la gauche au pouvoir a été illustré par le conservatisme archaïque de François Mitterrand. Il est très peu probable que les “présidentiables” mitterrandiens Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn ou Jack Lang aient envie de faire évoluer positivement les choses en 2007. François Hollande et Martine Aubry sont d’une génération moins marquée par l’affairisme françafricain, mais rien ne dit qu’ils soient plus capables d’un changement de la politique franco-africaine que Lionel Jospin, si silencieux devant les crimes de la Françafrique chiraquienne. Et l’on n’a guère entendu les éminences socialistes dénoncer les graves conséquences de l’implication de l’Elysée en Côte d’Ivoire.
En réalité, le triangle des “ 3 E ” jette son dévolu sur l’Afrique à travers un ensemble de réseaux d’amitiés et de complicités qui apparaissent pour nous, les non-initiés, comme la face immergée de l’iceberg. Le but recherché, c’est de ne jamais nous permettre de savoir “ où commencent et finissent, s’excluent, se contredisent, s’impliquent ou se complètent l’action occulte et la politique officielle ”4 de ce triangle des “ 3 E ”.
François-Xavier Vershave, l’initiateur et principal auteur des “ Dossiers noirs de la politique africaine de la France ”, parle de plus d’une dizaine de réseaux et de lobbies4. Chaque lobby obéit à plusieurs motivations en même temps. Les réseaux n’ont pas le même mode ou le même degré de présence dans chaque pays, au Tchad, au Rwanda, au Sénégal ou en Mauritanie. A chaque pays, explique F.X. Verschave dans “ La Françafrique ”, correspond une sorte de grille de mots croisés (avec les réseaux verticalement, et les motivations horizontalement). Mais il retrouve dans “ Noir Chirac ” une unité généalogique de la Françafrique, qui n’a eu finalement que deux grands parrains : Jacques Foccart, le bras droit de De Gaulle, puis, depuis 1974, Jacques Chirac, secondé par Charles Pasqua.
La grande question qui se pose à tout individu doté de bon sens est la suivante : pourquoi la Chiraquie élyséenne continue-t-elle de soutenir les dictatures africaines ?
Il y a à cela plusieurs raisons :

II.2.2 .Les raisons de soutien multiforme de l’Elysée aux dictatures africaines.
a) Pour une volonté de puissance et des raisons politiques
Alors que la politique africaine de la France compte parmi les plus meurtrières qu’ait connu notre siècle5, “ la France conserve, aux yeux de l’opinion internationale, l’image fantoche de pays des Droits de l’Homme et demeure convaincue que le reste du monde ne peut se passer de ses Lumières ”6
À la différence de l’Allemagne qui s’est penchée sur son passé pour se livrer à une réelle autocritique du nazisme, la France continue son bonhomme de chemin avec une bonne conscience d’elle-même.
L’histoire de la France est racontée aux élèves français comme une épopée glorieuse sans autocritique de son colonialisme. Le peu d’écho dans la conscience collective française du rôle primordial des tirailleurs africains dans la libération de la France est l’une des preuves de son mépris raciste à l’égard des Africains.
Résistants tchadiens que nous sommes aujourd’hui, nous nous rappelons encore que, dans les années 50-60, nos instituteurs nous alignaient en rangs tels des soldats à chaque sortie de l’école, midi et soir, et nous obligeaient à entonner l’une des chansons célèbres des tirailleurs africains au côté du Général Leclerc : “ En passant par le Tchad, l’Angleterre et la France, le grand chemin qui mène vers Paris. Division Leclerc, toujours en avant, marchons tous au pas. B. B. Vive la Division B ”.
A l’heure où Strasbourg et Paris célèbrent en grande pompe le 60ème anniversaire de leur libération, aucun survivant français soldat ou officier de la Division Leclerc ne peut s’empêcher de verser des larmes chaque fois qu’un fils de tirailleur africain entonne le refrain de cette chanson entrée dans le patrimoine des chansons des partisans.
Le rôle décisif des Africains dans la Libération de la France du joug du nazisme est occulté pour servir les causes d’une décolonisation à contre-cœur : le néocolonialisme.
Il est clair que ce ne fut pas de gaieté de cœur que la France s’est engagée dans la voie de l’émancipation de l’Afrique. En effet, après la victoire des alliés sur l’Allemagne nazie, les USA et l’URSS ont encouragé le discours anticolonialiste contre les vieux empires français et britannique, contraignant finalement la France à accepter l’émancipation de ses colonies.
De Gaulle chargea alors Jacques Foccart d’élaborer tout un système de confiscation des indépendances africaines.
C’est ainsi que le colonialisme a conduit tout droit au néocolonialisme, sans passer par la case indépendance.
Pour le moins qu’on puisse dire, le néocolonialisme français est un système totalisant et totalitaire. C’est le degré d’indépendance-zéro par rapport au degré d’indépendance 1 des ex-colonies britanniques.
La “ paristroika ”7, nécessitée par la chute du mur de Berlin, s’est traduite par une succession de reformulations de la politique africaine de la France : “ De la prime à la démocratie ” de Mitterrand, à “ la démocratie, mais chacun à son rythme ”, en passant par “ la prime à la bonne gouvernance ”, puis “ la démocratie, le développement et la sécurité ” puis encore “ la sécurité, le développement et la démocratie ” de Jacques Chirac –le dinosaure franco-africain
La France tenait coûte que coûte à “ garder un cortège d’Etats-clients qui lui permettent de conserver son siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU ”6 grâce à son “ rayonnement ” sur le continent africain, au feu nucléaire et à sa langue universelle.

- Syndrome de Fachoda
“ La France, dans son âme éternelle est en guerre contre le monde anglo-saxon ”7 qui tolérait cette virulence agressivité à son égard à cause de la guerre froide: “ Est contre Ouest. ”
Au-delà des divergences, l’Occident se devait d’unir ses forces contre l’ennemi commun qui fut le bloc soviétique.
La guerre froide permettait à la France d’être tolérée “ gendarme de l’Afrique ”.
Mais depuis le démembrement de l’Union soviétique et la chute du mur de Berlin dans les années 90, il n’y a plus à proprement parler d’ennemi cible. Il fallait improviser.
La France se devait de répondre à la question : “ comment défendre ses intérêts sur le plan culturel, politique, militaire et commercial dans son pré-carré face aux USA qui désormais se comportent en maîtres du monde ” ?
Le questionnement peut se comprendre. Mais la défense des intérêts français peut-elle se faire par un soutien aveugle au dictateur génocidaire Habyarimana causant la mort de plus d’un million des Tutsis au Rwanda ? Nous sommes là en présence d’une paranoïa INACCEPTABLE pour un pays qui se prétend le berceau des Droits de l’Homme.

-Que cache la vision d’un monde multipolaire de la France ?
La France élabore en matière de politique internationale la théorie d’un monde multipolaire par opposition à la vision unilatéraliste américaine qui a connu son apogée dans la récente guerre menée par l’administration de Georges W. Bush en Irak.
L’idée française qui veut que c’est le droit qui doit l’emporter dans les relations internationales n’est pas en soi mauvaise. Le fait qu’on ne peut pas mener une guerre pour changer un régime contre la volonté de son peuple, que l’Irak joue le rôle expiatoire de l’attentat du 11 septembre pour les USA et qu’en tout état de cause, il n’est pas le point névralgique de toutes les tensions de la planète, est également vrai.
Mais même si nous nous révoltons contre l’unilatéralisme américain qui, juge et partie, entretient l’injustice à l’échelle mondiale, mène une politique de “deux poids, deux mesures” et sabote la Cour Pénale Internationale, nous pouvons difficilement ne pas dire que la France n’est pas en reste.
La France, plaidant pour un monde multipolaire, refuse que le non-respect des Droits de l’Homme par un Etat dictateur implique une intervention internationale contre le principe de souveraineté de cet Etat.
En d’autres termes, aucun Etat, aucune puissance n’a le droit d’intervenir dans les affaires intérieures d’un Etat qui viole les Droits de l’Homme.
La France souscrit au principe : “ Charbonnier est maître chez soi ” .
Un dictateur africain est maître chez lui selon le principe de souveraineté de son Etat : il peut violer les droits de l’homme, torturer et génocider son peuple, personne n’a le droit d’intervenir.




Or cette position, ce principe de souveraineté apparaissent de nos jours de plus en plus transgressés. Tout de même, le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994 méritait une intervention de la Communauté internationale respectueuse des principes des Droits de l’Homme.
Le droit des gouvernements de détruire leurs propres peuples devient dangereux.
Le droit d’ingérence, au nom duquel l’Europe et les USA sont intervenus en ex-Yougoslavie pour mettre un terme à la purification ethnique, doit s’étendre à toutes les dictatures au nom de la solidarité et de l’interdépendance des peuples du monde.
Si la Communauté Internationale ne fait pas prévaloir le primat des Droits de l’Homme sur le principe de la souveraineté des Etats, l’excès d’injustice et de crimes mènera notre monde à la dérive.



b)Pour des raisons économiques :
Il s’agit de l’accès aux matières premières stratégiques comme l’uranium (pour la bombe atomique) et le pétrole, les phosphates mais également des produits agricoles comme le cacao, la banane, le café, le coton, l’arachide…
En même temps, les compagnies françaises sont en situation de quasi-monopole dans le pré-carré :
Castel pour la bière, Vincent Bolloré pour les transport, TotalElf, responsable de l’indépendance énergétique de la France, pour l’exploitation du pétrole et la distribution des carburants, Hachette pour la distribution des livres, UTA puis Air France pour la navigation aérienne, Sanofi-Synthélabo-Aventis pour la pharmacie, Accor pour l’hôtellerie haut de gamme, Bouygues pour le bâtiment, sa filiale Colas et Satom pour les routes, Alcatel et France Telecom pour les télécommunications, Dagris pour le coton…
L’Afrique, zone commerciale stratégique est le deuxième marché de la France après l’Union européenne.
Si ce marché semblait verrouillé par le pacte colonial, aujourd’hui, la France est en passe de s’y faire déclasser par les USA (dans les domaines du pétrole et des télécommunications), l’Italie (dans le domaine routier) mais aussi le Japon, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Allemagne, le Canada…



c) Pour une raison inavouable :
Celle-ci relève de la face immergée de l’iceberg. Il s’agit du partage de la rente des matières premières sus indiquées et de l’aide publique au développement entre parrains français et dictateurs africains.
La rente est la différence entre les faibles coûts engagés dans la culture ou l’extraction des matières premières et leurs prix de vente sur le marché international.
En ce qui concerne les produits pétroliers, il est de notoriété publique que l’exploitation et la commercialisation du pétrole africain (Nigeria, Angola, Algérie, Gabon, Congo-Brazza, Tchad, Guinée Equatoriale… ) sont monopolisées par Total et les majors anglo-saxonnes.
En plus des rentes apparentes, tout un système d’arnaques est organisé par ces compagnies autour de l’affichage des prix, de la déclaration de la qualité du brut ou des quantités extraites, de la variation des taux de change, des taux d’intérêt et commissions sur les avances (prêts gagés). Au finale, le pétrole africain dégage donc une marge considérable.
La question qui semble évidente est comment s’effectue le mécanisme de versement de la rente pétrolière aux Etats et à leurs populations ?
Les dirigeants des grands groupes pétroliers considèrent qu’ils doivent traiter avec les régimes en place. Et qu’au nom de la souveraineté d’Etat, ils ne doivent pas s’immiscer dans leurs affaires intérieures.
Nous retrouvons là une prise de position chère à la France: “ Charbonnier est maître chez soi ” – tant dans sa politique arabe qu’africaine, qui ne pose pas en préalable la question des Droits de l’Homme. C’est probablement en cela que réside le caractère de consanguinité d’intérêts et de soutiens de l’Etat français et de TotalElf.
Grâce à la rente des matières premières, ces régimes pillards et dictatoriaux arrivent à conserver le pouvoir par un recours forcé à la répression sauvage et à la corruption.
Une autre partie de la rente fait le retour en métropole pour servir aux financements occultes des partis politiques français.
Nous sommes complètement édifiés par le volume et la généralisation des rétro-commissions scandaleuses qui ont défrayé la chronique des journaux et terni en même tant l’image d’Elf en Afrique – avant sa disparition sous l’écran Total.
Les mécanismes du détournement des rentes des matières premières sont liés à l’aide au développement.
L’aide est devenue le catalyseur de l’extraction de la rente.

d) Quelques illustrations non exhaustives de la dilapidation des rentes des matières premières et de l’aide publique au développement:
1. Au Gabon, “ l’intégralité de l’argent du pétrole est détournée ”6.
La France est donc obligée d’apporter un tout petit peu d’aide au développement pour empêcher que le Gabon ne sombre complètement.

2. Au Cameroun : la plupart des banques sont en cessation de paiement parce que les personnalités les plus riches du pays, considérées comme intouchables, empruntent de l’argent à ces banques mais n’honorent jamais leurs engagements de débiteurs. La France est obligée de réamorcer la pompe financière “ par une louche d’aide publique au développement ”6.

3. Au Cameroun toujours, les policiers n’avaient pas obtenu leurs salaires. Et comme les royalties du pétrole camerounais n’étaient jamais inscrites au budget mais placées par le dictateur Paul Biya dans des paradis fiscaux, “ la France envoie 600 millions ou 1 milliard de FCFA tous les 6 mois ”pour faire face aux fonctions régaliennes de l’Etat. Prétexte invoqué : éviter entre autres que les policiers ne se servent sur les populations…
Mais ce genre de pactole n’arrive jamais jusqu’aux policiers : cette “ aide hors projet ”, destinée à boucher le trou du budget de l’Etat camerounais et comptabilisée dans l’aide publique au développement, repart aussitôt par valises de billets CFA vers la Suisse.
Reconvertis en francs français ou autres devises, ces valises de billets sont équitablement partagées entre décideurs politiques français et camerounais. Une étude a montré que le pic de ces “ aides hors projet ”était généralement atteint “ avant chaque échéance électorale en France ”6.
4. Au Congo-Brazzaville, jusqu’à dix ans de production future de pétrole , ont été gagés contre des prêts évaporés dans les paradis fiscaux.


III.LES FORMES DE SOUTIEN AUX DICTATURES AFRICAINES

III.1 SOUTIEN POLITIQUE ET DIPLOMATIQUE
a) Politique :
Il est inutile de s’attarder sur ce chapitre car le soutien politique de l’Elysée aux dictateurs africains va de concert avec les raisons politiques abordées plus haut.

b) Diplomatique :
L’Elysée profite de la position de puissance moyenne de la France, de son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU pour bloquer toute résolution de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies condamnant la violation des droits humains par les dictateurs de son pré-carré.
L’exemple le plus frappant est le lobbying de la diplomatie française frisant l’irrationalisme pour défendre le Tchad et le Togo, à chaque fois que ces deux pays sont épinglés par la Communauté internationale.


III.2. SOUTIEN FINANCIER :
Il a été abordé dans le chapitre concernant le partage de la rente des matières premières et des aides publiques au développement.

III.3. SOUTIEN MILITAIRE
L’Etat-Major et les lobbies militaires français sont officiels ou secrets. En dehors des anciennes troupes coloniales, la quasi-totalité du haut Etat-major français est constituée d’officiers qui ont fait une carrière accélérée en Afrique.
Cette carrière leur permet d’avoir des promotions deux à trois plus rapides qu’en métropole, avec des soldes très importantes.
Pour ces gens-là, l’Afrique, c’est leur identité. Il est hors de question pour eux que l’armée française la quitte.
C’est la raison pour laquelle nous trouvons encore sur le territoire du pré-carré français, après 4 décennies d’indépendance, des forces françaises dites de prépositionnement au Tchad, au Gabon, à Djibouti, au Sénégal…
Jean-François Bayart, dressait, à partir du cas rwandais, un tableau très inquiétant, repris par François-Xavier Vershave dans le Dossier noir n°6 :
“ Il faut savoir que l’armée française a une autonomie à peu près complète sur le terrain en Afrique, et cela de la façon la plus légale qui soit. Il y a toute une circulation d’argent qui relève de certaines lignes budgétaires reconnues par le Parlement et qui n’est pas contrôlée. Cet argent sert à financer des opérations dont nous n’avons pas la moindre idée. Et de ce point de vue, la tragédie de 1994 n’a rien appris aux décideurs français… ”8
Claude Silberzahn, patron de la DGSE de 1989 à 1993, revendique pour ce service secret la plus grande autonomie par rapport aux instances légitimes de la République française et le droit de soutenir des dictatures africaines “ en faveur de ce que j’appelle “ la politique du moindre pire ” ”8.



CONCLUSION GÉNÉRALE :

Les mécanismes de soutien multiforme de l’Elysée aux dictateurs africains font usage de la criminalité politique et de la criminalité économique.
Est-il possible de continuer à soutenir de tels systèmes ?
Comme tous les Français n’appartiennent pas à la Françafrique et que certains s’attaquent aux responsabilités de leur propre pays, un appel est lancé aux élus du peuple français pour pousser les décideurs politiques à supprimer les mécanismes d’irresponsabilité de l’Elysée.
Le Parlement français devrait contrôler l es activités de l’armée française et de ses services secrets en Afrique.
Les députés européens se doivent de dénoncer voire entraver la poursuite des manœuvres occultes de l’Elysée en Afrique : la France empêche aujourd’hui toute construction d’une légitimité politique par l’alternance démocratique.
Lees moyens d’information de masse français et occidentaux ont multiplié les éditions spéciales pour couvrir les fraudes électorales lors des récentes élections présidentielles en Ukraine – un phénomène qui, pour les Africains du pré-carré français, apparaît comme une banalité. Cela démontre, si besoin en est, le mépris raciste des décideurs politiques français et européens et de leurs médias à l’égard des Africains de l’espace francophone. Ceux-ci ne savent plus à quel saint se vouer entre les truquages des processus électoraux orchestrés par les dictateurs africains avec l’appui de l’Elysée, truquages “ légitimés par des rapports complaisants des observateurs de l’Union Européenne et de la Francophonie ”9, et le perpétuel remodelage des constitutions africaines par ces mêmes dictateurs pour s’éterniser au pouvoir.
Cette différence de traitement de l’information selon que vous êtes Noirs ou Blancs ne peut avoir, une fois n’est pas coutume, qu’une seule explication : la persistance d’un état d’esprit méprisant et raciste de l’Occident à l’égard de l’Afrique, comme l’avait François Mitterrand en 1994 par rapport au génocide des Tutsis au Rwanda – qui lui semblait quelque chose de banal. De la même manière, nous pouvons transposer le fond de sa mémoire d’outre-tombe : “ dans ces pays-là de l’Afrique subsaharienne, l’exigence d’une élection libre, démocratique et transparente, n’est pas quelque chose de très important ”.
Dans tous les cas, les résistants africains doivent comprendre, pour reprendre un propos de Jean-François Bayart qu’“ il existe une osmose entre la classe politique, le monde de l’entreprise, la presse et la société civile et les gouvernements africains, qui explique que certains débats sont évités pour se contenter d’un certain “ prêt-à-penser ” ”10.

Même si la fin de la Françafrique viendra de la capacité des Africains à soutenir une nouvelle génération de femmes et d’hommes politiques, capables de transcender les clivages de leurs identités secondaires et composites, leurs peurs et leurs querelles intestines pour s’attaquer dans un seul front uni à résoudre l’équation des dictateurs africains, il est de la responsabilité des Français et des Européens d’arrêter les mécanismes d’irresponsabilité et des manœuvres occultes de l’Elysée en Afrique francophone.

IV.Références bibliographiques :

1. Le Petit Larousse. Grand Format 1999, p. 332
2. Gérard Cornu : Vocabulaire juridique. Ed. PUF, Paris,1998, p. 281
3. Jean-Prosper Boulada : Conflits armés en Afrique : classification, causes, alternances in http://www.ialtchad.com/archives.htp ou http://survie67.free.fr/Manifestations/G8_evian/JPBoulada Conflits_africains.PDF p.
4. François Xavier Verschave : La Françafrique. Le plus long scandale de la République. Ed. Stock,Paris, 1998, pp. 292-293 ; 299
5. Jacques Morel : Calendrier des crimes de la France outre-mer. Ed. L’Esprit frappeur, Paris, 2001, 283 p.
6. François Xavier Verschave : France-Afrique :le crime continue. Ed. Tahin Party, Lyon, 1998, pp. 7 ; 13 ; 23-24.
7. Antoine Glaser, Stephen Smith : L’Afrique sans Africains : le rêve blanc du continent noir. Ed. Stock, Paris, 1994, pp. 100-102 ; 172 ; 182.
8. Agir ici-Survie : Dossiers noirs de la politique africaine de la France n°6 : Jacques Chirac et la Françafrique. Retour à la case Foccart ? Ed. L’Harmattan, Paris, 1995, pp. 100-101.
9. Jean-Prosper Boulada : Les institutions européennes dans leurs relations avec les pays du Sud sur quelques exemples de la Mission de l’Union Européenne d’Observation et de Surveillance des élections africaines : Etat des lieux. Prolongement du Forum Social Européen de Florence à Strasbourg, p.3 in http://survie67.free.fr/Manifestations/FSE_florence/JPBoulada.htm
10. Rapport d’information N° 1859, de la Commission des Affaires Etrangères de la l’Assemblée nationale française par les députés Marie-Hèlène Aubert, Pierre Brana et Roland Blum : Pétrole et éthique : une conciliation possible ? Tome 1 Paris, 13 octobre 1999, p.78.


(Par Jean-Prosper BOULADA , Président du Front Uni pour l’Alternance Démocratique au Tchad-FU/ADT), Contribution de Survie Bas-Rhin(Alsace) à la campagne de SURVIE sur les soutiens multiformes de l’Elysée aux dictatures africaines )

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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 00:15

RWANDA
Le gouvernement accuse la France de soutien au génocide des Tutsis

par La Rédaction du DL | le 06/08/08 à 08h05

          


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Un rapport accusateur commandé par le gouvernement rwandais a relancé, hier, la polémique sur les responsabilités éventuelles de la France dans le massacre des Tutsis par les Hutus, en 1994. Ce carnage avait fait plus de 800 000 morts, selon les chiffres de l'Onu.
Lors d'une conférence de presse, Tharcisse Karugarama, le ministre rwandais de la Justice, a dévoilé les conclusions de ce document de 500 pages écrit en français. Elles sont accablantes pour Paris. Selon ce rapport, la France "était au courant des préparatifs du génocide, a participé aux principales initiatives de sa mise en place et à sa mise en exécution". "Des militaires français ont commis eux-mêmes directement des assassinats de Tutsis et de Hutus accusés de cacher des Tutsis [...] Et ils ont commis de nombreux viols sur des rescapées tutsies", a accusé le ministère.

Treize dirigeants français dans le viseur

"Vu la gravité des faits allégués, le gouvernement rwandais a enjoint les instances habilitées à entreprendre les actions requises afin d'amener les responsables politiques et militaires français incriminés à répondre de leurs actes devant la justice", a poursuivi Tharcisse Karugarama. Concrètement, le Rwanda demande que vingt militaires et treize hommes politiques français de l'époque soient poursuivis en justice, dont François Mitterrand (décédé en 1996), l'ex-Premier ministre Édouard Balladur, l'ancien ministre des Affaires étrangères Alain Juppé et son directeur de cabinet d'alors Dominique de Villepin ainsi que l'ex-secrétaire général de l'Élysée Hubert Védrine.
Le Rwanda reproche aussi à la France d'avoir "laissé en place les infrastructures du génocide, à savoir les barrières tenues par les Interahamwe (extrémistes hutus)". Ces barrières avaient été installées pendant l'opération militaro-humanitaire "Turquoise", entre la fin juin et la fin août 1994. Toujours selon le rapport, les Français "ont demandé de façon expresse que les Interahamwe continuent à contrôler ces barrières et à tuer les Tutsis qui tenteraient de circuler".

Pas de réaction française pour le moment

Hier, le ministère des Affaires étrangères a refusé de commenter ces accusations. "Nous n'avons pas encore pris connaissance de ce rapport qui ne nous a pas été communiqué par le gouvernement rwandais, et nous ne sommes donc pas en mesure d'y réagir", a déclaré un porte-parole du Quai d'Orsay.
Ce rapport a été établi par une commission spéciale composée d'historiens et de juristes rwandais qui ont commencé leurs travaux en octobre 2006. Or, la France n'a officiellement plus de relations diplomatiques avec Kigali depuis la fin du mois de novembre 2006, date à laquelle le juge Jean-Louis Bruguière a réclamé des poursuites contre Paul Kagame et huit de ses proches. Le magistrat soupçonnait l'actuel chef d'État rwandais d'avoir participé à l'attentat contre l'avion de l'ex-président Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994. Cette attaque avait été perçue comme étant l'élément déclencheur du génocide.


Paru dans l'édition 38H du 06/08/2008 (90890)
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30 août 2008 6 30 /08 /août /2008 00:08

Rumeurs de remaniement ministériel en RDC : Gizenga ne veut pas lâcher son job!

Depuis plusieurs semaines, des rumeurs circulent à nouveau à Kinshasa à propos d'un remaniement de l'équipe gouvernementale du premier ministre Antoine Gizanga. Rappelons que ce dernier est à la tête du gouvernement congolais depuis février 2007, soit après les élections présidentielles teintées d'irrégularités qui ont légitimé le pouvoir de Joseph Kabila. 

La nomination d'Antoine Gizanga à la primature résulte d'une alliance créée après le premier tour des élections et qui fut dictée par les parrains occidentaux du Congo, ceci afin de faire échec à la montée de popularité fulgurante de Jean-Pierre Bemba dans la partie occidentale de la RDC, particulièrement à Kinshasa. On sait qu'après le premier tour le pays était divisé en deux : l'est votant massivement pour Joseph Kabila, alors que l'ouest se ralliait majoritairement à Jean-Pierre Bemba. Ce clivage est-ouest avait sans doute fait très peur aux parrains occidentaux de Joseph Kabila qui tenaient absolument à l'imposer à la tête du pays, alors que l'ouest risquait de devenir ingouvernable pour ce dernier.

Ce qu'on appelle maintenant l'Alliance de la majorité présidentielle (AMP en sigle) est donc une invention de l'extérieure pour trouver à Kabila des alliés politiques originaires de l'ouest, notamment Antoine Gizanga du PALU et Nzanga Mobutu (ADEMO et qui plus est beau-frère de l'ex-chairman Bemba).
Pour certains (entre autres pour ces deux partis), cette alliance aurait changé la donne électorale au cours du deuxième tour de l'élection présidentielle dans l'ouest du pays en faveur de Joseph Kabila. Mais selon certains analystes indépendants, sans les irrégularités qui se sont produites au moment du vote, l'alliance de ces deux partis au PPRD n'aurait pas été suffisante pour diminuer de manière suffisante le score de Jean-Pierre Bemba dans la partie ouest du pays. 

Depuis bientôt deux ans que Gizenga est à la tête de la primature, tout le monde semble d'accord pour dire que ce gouvernement "éléphantesque" est caractérisé par l'immobilisme, l'incompétence et l'invisibilité presque totale de la personne du premier ministre sur le devant de la scène. En somme, depuis qu'il a été nommé à la primature, Gizenga s'affiche presque comme un sourd et muet devant tous les problèmes qui accablent le pays. Signalons que l'âge du capitaine du navire congolais ne l'aide sans doute pas, mais il faudrait qu'il ait l'honnêteté intellectuelle de passer la main s'il n'a plus la force d'accomplir sa tâche. Mais dans les démocratures africaines, les politiciens s'accrochent au pouvoir (quel qu'il soit) jusqu'à la fin, parce qu'après il n'y a rien... à voler, ou du moins les ressources disponibles se raréfient grandement.

En dépit de toutes ces faiblesses dans le chef du gouvernement, le premier ministre tient mordicus à garder son poste jusqu'à la fin du mandat présidentiel, en invoquant l'alliance conclue avec le PPRD après le premier tour des élections. Même dans l'entourage de Joseph Kabila, la présence de Gizenga à la primature est de plus en plus perçue comme un boulet, surtout dans la perspective des élections municipales qui doivent se dérouler en 2009. En effet, aucun des cinq chantiers du président (ses 5 chansons, comme on dit à Bukavu) n'a été mis en œuvre jusqu'à ce jour, sans oublier l'insécurité qui règne un peu partout à cause de la pléthore de soldatesque désœuvrée qui traîne dans le pays. À cela, il faut ajouter la corruption, les détournements de fonds public et la mauvaise gestion qui caractérisent les institutions politiques et les entreprises étatiques, pendant que la population croupit dans la misère.

Et parlant de détournement, il faut avouer que la communauté internationale (qui agit presque comme tuteur légal du Congo) ferme carrément les yeux sur la dilapidation de l'aide internationale dont bénéficie le Congo pour tous les programmes et projets de réhabilitation, de réforme du secteur de la sécurité, etc. Prenons le cas de la conférence de paix de Goma qui a accouché du Programme Amani (qui est actuellement affublé du sobriquet de "Money Program"). Une partie importante du budget pour l'organisation de cette conférence et à la mise en œuvre de ce Programme Amani a été détournée, selon des sources bien informées. Mais en dépit de cela, la communauté internationale continue à y engloutir des fonds occidentaux sans qu'on ait justifié l'utilisation des fonds précédemment déboursés. À vrai dire, les leaders occidentaux continuent à tromper leur propre population à propos de ce qui a réellement été accompli au Congo depuis la mise en place du gouvernement de transition en juin 2003. Non seulement la MONUC est-elle la plus importante mission des Nations unies, engloutissant 1 milliard de dollars US par année, sans compter le demi-milliard pour les élections de 2006 et les différents programmes financés de manière multilatérale et bilatérale (Banque Mondiale, FMI, France, États-Unis, Belgique, etc., etc.), mais toujours sans produire de résultats concrets au niveau de la sécurité, des conditions de vie, de la relance de l'économie et de la situation politique générale dans le pays.

Dans ce drame politico-financier qui se joue en RDC, la communauté internationale s'avère être un complice de taille. Soulignons ici que par communauté internationale, nous faisons référence aux grandes puissances internationales et régionales qui, chacune de son côté, avancent des pions selon leurs propres calculs géopolitiques concernant la région des Grands Lacs africains. Ce n'est pas la première fois que le Congo est l'objet de convoitise de la part des grands de ce monde. Quant à l'instauration de la démocratie et la tenue "d'élections historiques" en RDC qu'on ne cesse de nous chanter, il ne s'agit que de la poudre aux yeux pour d'abord dissimuler aux contribuables occidentaux le gaspillage des fonds publics engagés par leurs gouvernements respectifs et pour dissimuler également aux Congolais les véritables enjeux derrière l'imposition de Kabila à la tête du pays.

La rédaction


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