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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 23:59
 

 

Des combats dans l'est de la RDC menacent l'accord de paix


De violents combats ont opposé jeudi les forces gouvernementales à des rebelles tutsis dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), mettant en péril un processus de paix laborieux, annonce le ministre de la Défense du pays, Chikez Diemu.

Selon la Mission des Nations unies au Congo (Monuc), des accrochages ont éclaté jeudi matin entre l'armée et les rebelles du général tutsi Laurent Nkunda dans la province du Nord-Kivu. Ils comptent parmi les plus intenses depuis que le gouvernement a signé un accord de paix en janvier avec une douzaine de groupes armés dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.

Ces deux provinces représentent au moins 80% de la production de cassitérite congolaise (minerai d'étain).

"Tout le monde savait que Nkunda se préparait à attaquer", a déclaré le ministre Chikez Diemu en exprimant la crainte que les combats ne réduisent l'accord de paix à un simple bout de papier.

Nkunda se livre à un jeu risqué, a-t-il dit. "Il joue avec le feu et il va se brûler."

Le colonel Marc Kalongi, l'un des auxiliaires de Nkunda, a imputé à l'armée le déclenchement des hostilités jeudi dans le secteur de Rutshuru, au nord de Goma, la capitale du Nord-Kivu. "Les forces gouvernementales ont attaqué toutes nos positions à Rutshuru. Depuis des mois, le gouvernement effectuait des manoeuvres pour préparer cette attaque", a-t-il dit.

L'accord de paix de janvier, conclu avec le soutien des Etats-Unis et de l'Union européenne, vise à mettre fin à une année de combats sporadiques et à tourner la page sur un conflit qui s'est prolongé au-delà de la guerre de 1998-2003.

Selon l'Onu, 857.000 habitants du Nord-Kivu ont fui leurs foyers depuis décembre 2006.

Joe Bavier, version française Philippe Bas-Rabérin


Reuters - Jeudi 28 août

 

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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 23:33

LE DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF SOMBRE DANS L'OUBLI

Bientôt un mois, le Dialogue Politique Inclusif a du plomb dans l'aile et des grains de sable dans son processus. La pomme de discorde a surtout été les trois projets de lois d'amnistie proposés par le gouvernement à l'Assemblée Nationale.



Mais dès le départ, la mise en place du Comité d'organisation, taillée sur mesure pour verrouiller le Dialogue Politique Inclusif avait semé la discorde entre certains entités et le gouvernement. Pour l'opposition démocratique et certains mouvements armés, les autorités ont fait le plein au sein du Comité d'organisation du Dialogue Politique Inclusif pour contrôler le déroulement du forum de bout en bout.

Comme il appartenait à ce fameux Comité d'organisation de lancer les invitations, il pouvait à sa guise inviter qui il veut, en omettant de faire participer les indésirables. Les trois projets de lois d'amnistie querellés démontrent à suffisance la sourde stratégie qui a prévalu à la mise en place d'un Comité d'organisation aux ordres. Malheureusement pour le pouvoir de Bangui, la supercherie a été découverte et les réactions n'ont pas tardé à émerger. L'Union des Forces Vives de la Nation (UFVN), vigilante à l'époque de la mise en place du Comité Préparatoire du Dialogue Politique Inclusif ne s'est pas privée d'élever une protestation qui fera tâche d'huile. Si l'UFVN n'avait pas fait preuve de dextérité en menaçant de boycotter le forum lors de la mise en place du Comité Préparatoire, le dialogue aurait connu des dérapages qui auraient fait éviter d'évoquer les vrais problèmes qui minent la République Centrafricaine et qui mettent à rude épreuve la paix, la sécurité des personnes et des biens, ces facteurs qui constituent un frein au développement du pays.

Des entités infantilisées ?
Le processus fonctionnait au ralenti car la pomme de discorde n'avait pas été résolue. L'UFVN adresse une correspondance au Chef de l'Etat et fait une proposition de texte portant organisation et fonctionnement du Comité d'organisation du Dialogue Politique Inclusif. Alors que cette question très sensible n'avait pas encore trouvé de solution, le gouvernement jette le pavé dans la mare avec les trois projets de lois d'amnistie. En préparant ces projets, les autorités n'avaient certainement pas prévu toutes les réactions qu'ils ont provoquées.

Voulant infantiliser les autres entités, le gouvernement croyait faire avaler la pilule et il s'est fait prendre à son propre jeu. Déjà excédées par un Comité d'organisation sujet à caution, les différentes entités et non des moindres ont commencé à geler les unes après les autres leur participation au processus du dialogue. Dans un premier temps, le gouvernement a cherché à minimiser l'ampleur des dégâts causés par ses projets de lois avant de se raviser sous la pression de la communauté Internationale. Le climat devenait délétère et l'inquiétude grandissante. Le gouvernement a fini par comprendre le danger du raidissement de sa position. Il a commencé à faire preuve de modération dans les déclarations, mais qui jusqu'à lors n'a pas été concrétisée par la proposition d'un projet de loi qui puisse être consensuel.

Le gouvernement joue à la distraction
Alors qu'après sa grogne, l'Assemblée Nationale est à pied d'œuvre, les autorités hésitent toujours à confectionner un texte qui puisse créer un climat d'apaisement. Bien au contraire, les autorités ont chargée d'avis pour endormir les communautés nationale et internationale. Comme si l'amnistie n'était plus à l'ordre du jour, les autorités ont changé de stratégie en médiatisant à outrance le projet de réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature, une autre question qui fâche. Inondant les médias le Ministre de la Justice est monté au créneau pour fustiger la Magistrature, Centrafricaine, qui serait un Etat dans l'Etat et qui fonctionnerait selon ses propres principes tout en étant allergique aux réformes. Mais pendant que le ministre Thierry Savonarole Maleyombo faisait la démonstration de son talent d'orateur, six organisations de défense des droits de l'homme demandent le retrait du projet de réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Dans une déclaration concise, les organisations de défense des droits de l'homme s'insurgent contre l'intrusion de l'Exécutif dans le pouvoir judiciaire. Pour les ONG des Droits de l'Homme, si cette loi était votée en l'état, elle sonnerait le requiem de l'indépendance de la Justice et constituerait un obstacle pour la garantie des droits du Peuple centrafricain et des investisseurs, désireux de s'engager aux côtés de la République centrafricaine. Cette stratégie du gouvernement de focaliser le débat sur la Réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature, constitue pour beaucoup de politique, une sorte de distraction pour reléguer le dialogue politique Inclusif aux oubliettes. Pour les hommes politiques avertis, la priorité est d'abord la tenue du dialogue dont le processus vient d'être obstrué par les projets de lois d'amnistie. La session extraordinaire de l'Assemblée avait d'abord été convoquée à cet effet.
Le Dialogue Politique Inclusif ne peut pas sombrer dans l'oubli par des artifices et des calculs distractifs.



Vendredi 29 Août 2008
Dinawade Mokambo Junior


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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 23:00

LA GREVE DES MAGISTRATS INQUIETE

Au départ était le projet de loi sur la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature. Selon les Magistrats dont la grogne ne fléchit pas, ce projet aurait été confectionné dans la plus grande discrétion sans qu'il ne leur ait été soumis au préalable.



Le gouvernement qui ne semble pas fléchir estime qu'il n'a pris que ses responsabilités face à la sclérose que vit la Magistrature Centrafricaine accablée de tous les maux. Le texte a néanmoins été transmis à l'assemblée Nationale, ce qui n'a pas manqué de susciter des réactions au sein de la Magistrature, qui sans déclarer officiellement être en grève, refuse de siéger lors des différentes audiences. Très astucieux, les magistrats se présentent tous les jours à leur lieu de travail, se réunissent en assemblée Générale, débattent des problèmes propres à leur corps de leur avenir professionnel et se dispersent. La situation ainsi créée à sérieusement perturbé les audiences qui d'ailleurs depuis près d'un mois ne se tiennent plus.

L'impunité érigée en principe
Pour le gouvernement, le statut de la Magistrature ne lui donne pas le droit de se mettre en grève. Mais puisque l'ancien texte de loi portant organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature a été taillé sur mesure, le gouvernement selon le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, M. Thierry Savonarole Maleyombo, à les mains et les pieds liés et ne peut prendre aucune sanction. Toujours selon M. Maleyombo, le gouvernement prend acte de la situation qui prévaut aujourd'hui. Pour le Garde des Sceaux, la démocratie exige un fonctionnement harmonieux des Institutions de l'Etat. Les Magistrats sont des hommes de loi et ce sont eux qui disent l droit.
Pour le gouvernement, les Magistrats auraient dû attendre la suite de la requête adressée à l'Assemblée Nationale pour le retrait du texte de loi sur la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature avant d'engager des actions. A propos des projets de loi a souligné Thierry Maleyombo, l'assemblée Nationale a pris acte de la démarche et la commission chargée d'étudier le projet de texte a écouté les magistrats, les professeurs de droit et les Avocats. Pour la défense du projet de loi querellé, le Ministre Maleyombo, qui n'a pas marché ses mots a ouvertement déclaré que l'impunité s'est installée dans le Corps de la Magistrature et on encourage même cette impunité et c'est pourquoi par le projet de loi sur la réforme du Conseil Supérieur de La Magistrature, le gouvernement voudrait mettre un terme à l'impunité au sein de la Magistrature.

Des règlements de compte en perspective
Les Magistrats dont la carrière dépend de la réforme n'émettent pas sur le même diapason que le Ministre en Charge de la Justice. Pour les Magistrats qui ont passé au peigne fin le projet de texte sur la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature, des intentions inavouées se cacheraient derrière la réforme et ils affirment que par des manœuvres souterraines, le gouvernement chercherait à diviser les Magistrats dont le sort est pourtant lié au texte combattu par la profession. Pour certains Magistrats convaincus de la légitimité de leur lutte, le gouvernement veut profiter du passage en force de ce texte pour régler la compte à certains Magistrats qui feraient ombrage aux autorités en s'appliquant à ne dire que le droit et rien que le droit. Le danger pour ceux chargés de dire le droit est justement voir ce droit disparaître du prétoire pour faire place à la politique, car le choix des Magistrats aux postes de responsabilités au sein des différentes juridictions ne se ferait plus sur la base de l'ancienneté, de la compétence, mais sur la base de certains maux qui gangrènent l'Administration publique centrafricaine. La Magistrats disent ouvertement que les propos lénifiants du Ministre de la justice pour les diaboliser font partie des scénarios mis en place pour endormir les députés et dresser l'opinion nationale et internationale contre leur Corps.

Les magistrats refusent d'être caporalisés
Les magistrats en colère qu'ils savaient d'avance que ce bras de fer actuel entre leur Corps et les autorités devaient arriver, car le Chef de l'Etat, président du Conseil Supérieur de la Magistrature leur voue une antipathie qui ne dit pas son nom et une haine viscérale. Le fait que les Magistrats refusent de se plier aux injonctions de l'exécutif dans certaines affaires exaspèrent les autorités politiques. Alors, soulignent les Magistrats, pour mieux faire passer ses décisions, le gouvernement a besoin d'une catégorie de Magistrats promus sur la base du clientélisme, du népotisme et des affinités politiques. La Magistrature actuelle selon certains Magistrats serait mal aimée parce qu'on lui prête l'intention de regorger d'opposants et des cadres du anciens régimes. Ce serait pour cette raison que les Magistrats refuseraient de se plier aux directives gouvernementales lois de certains procès à forte connotation politique. Ils ont même cité les exemples des procès de nos confréries Michel Alkhaly Ngady et Faustin Bambou.

Le refus disent les Magistrats d'être caporalisés ne les met pas en odeur de sainteté avec le gouvernement, qui voit plutôt ses intérêts que ceux du Justiciable centrafricain. Les Magistrats campent sur leur position et déclarent ouvertement qu'ils feront usage de tous régler au mieux cette affaire, qui risque de sonner le glas de l'indépendance de la Justice Centrafricaine.


Jeudi 28 Août 2008
Madimba -Nimba
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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 21:55







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 actuellement sur le site
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Nationale > COMMUNIQUE: Arrestation devant le Palais de l’Elysée de dizaines de congolais manifestant contre
COLLECTIF SOS RDCONGO
 
UNE RAFLE CONTRE LA LIBERTE D'EXPRESSION
 
Paris, le 16 juillet 2OO8/Des dizaines de congolais venus protester contre la
présence du dictateur sanguinaire  « Joseph Kabila » en France ont été arrêtés cet
après midi devant le Palais de l’Elysée. Le Collectif SOSRDCONGO dénonce vigoureusement cet acte qui illustre le double langage de l’actuel gouvernement français qui prône la défense des droits de l’Homme d’une part et empêche les congolais représentants
les millions de victimes de Monsieur « Kabila » ( un dictateur sanguinaire) de pouvoir
 s’exprimer librement.
 
Le Collectif demande que soit relâché tous ces congolais issu de différents groupes
(APARECO-FRANCE , OBJECTIF CONGO, TOLINGI CONGO,  MLC  ,  UDPS , COLLECTIF SOSRDCONGO,  MNR, JEUNESSE CODE, etc…) dont les griefs contre l’actuel chef de l’Etat de la RDC sont parfaitement légitimes , car de nombreux rapports de
différentes ONG de Défense des Droits de l’Homme  et de l’ONU à travers la MONUC
font état d’un nombre élevé de cas de violations des droits de l’Homme en RDCongo.
Ces actes de barbaries, d’arrestations arbitraires, d’assassinats (y compris de
journalistes et de député ), d’intimidations, de disparitions forcées, de massacres
en tout genre  , de viols etc…sont commis par des milices qui jouissent d’impunité
grâce à la complicité de Monsieur Kabila ou encore grâce à l’impunité de ses agents
de renseignement (ANR) ou encore de sa garde « républicaine » transformée en Gestapo
congolaise .
 
De plus il est établi aujourd’hui que les ressources de la RDC sont pillées alors
que la majorité de notre population vit misérablement. Le congolais de France ont le
droit légitime de protester contre celui dont le actions anéantissent l’avenir de
tout un peuple sans avoir à subir de rafle pour cela !
 
Le Collectif SOSRDCONGO appelle donc le président Nicolas Sarkozy à ne pas
hypothéquer la relation du peuple congolais avec la France par un acte injuste qui
n’honore pas la France.
 
Le Collectif SOSRDCONGO déplore ainsi que la défense des droits de l’Homme par la
France semble se limiter de ce fait à accorder la liberté d’expression au bourreau
de millions de congolais et à faire taire à tout prix les victimes ou leurs
représentants. Une attitude qui ne peut qu’être lourde de conséquences.
 
Le Collectif suivra de très près l’évolution de la situation de nos compatriotes et
appelle tous les congolais de la diaspora à se mobiliser afin que nos courageux
compatriotes puissent être libérés dans les plus brefs délais. La détermination des
patriotes congolais ne faiblira pas pour autant, la Libération du peuple congolais
se fera en RDC. Monsieur Kabila quittera inéluctablement le Congo tôt ou tard et la
France ne le sauvera pas .
 
La patrie ou la mort,
 
Pour le Collectif
 
Daniel ONHEMA, Candide OKEKE,
 EDDY KAPUNDJU (actuellement détenu par la police française)
Bienvenu MBUYU, Mouenge LOUNDU, Marcelline MIKALA
 
Contact e-mail: collectifsosrdc@ yahoo.fr
Tél. :               00 33 6 09 56 41 51        /               00 33 6 09 79 43 72        /               00 33 6 20 21 21 31       
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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 22:27

Vives les meubles du CNOSCA

Le dimanche 24 août dernier les lampions des jeux olympiques les plus « grandioses » de notre temps selon les propres termes du président du Comité International Olympique, Jacques ROGGE, se sont éteints.

Comme nos lecteurs et cyber-lecteurs ont pu s'en rendre compte, la rédaction de L'indépendant a suivi les mots d'ordre de boycotte de ces JO de Pékin lancés par l'organisation de défense de la liberté d'expression et du droit des journalistes, Reporters Sans Frontière.



Vives les meubles du CNOSCA
Une fois les rideaux tombés, place maintenant aux multiples interrogations sur les conditions de participations des athlètes centrafricains à ces jeux olympiques de l'empire du milieu.

Le monde à l'envers
Il convient d'abord et avant toute chose de revenir sur l'excellent article de notre confrère Centrafrique-Presse qui résume à lui seul l'énormité des agissements irresponsables de ceux qui sont censés dirigés les sportifs centrafricains. Selon notre confrère, pour trois maigres athlètes seulement qui ont pris part aux JO de Beijing, la délégation de la République centrafricaine ne compte en tout, pas moins de dix sept membres alors que le ministre centrafricain de la jeunesse et des sports, M. Désiré Kolingba, avait déclaré que «compte tenu des difficultés financières que connaît le gouvernement, nous sommes obligés (la République centrafricaine) de ne présenter que 3 athlètes qui ont pu bénéficier d'un minimum de préparation»

Centrafrique-Presse croit savoir par ailleurs qu'outre le ministre des sports et les immuables responsables du comité national olympique et sportif centrafricain (CNOSCA) que sont Jacob Gbéti et Gilbert Grézengué, on relève dans cette délégation qui a embarqué depuis Bangui en classe « affaires » sur le vol régulier d'Air France pour Beijing via Paris, le directeur de cabinet de Bozizé, Michel Gbézéra Bria et deux de ses rejetons, Joseph Koyagbélé conseiller à la primature, le président du CNOSCA et sa fille parti d'Angers en France retrouver son papa pour que père et fille puissent quitter ensemble Bangui pour la Chine, Gilbert Grézengué et son épouse, un toubib, le Dr Justin Ndoyo et autres.

On croirait vraiment rêver. Mais non ! Nous sommes en Centrafrique et là-bas les gens marchent sur la tête. Sinon on aurait même pas imaginer un seul petit instant que des vieux lézards fatigués par les gombos de la République de l'acabit des Gbéti et autres Grézengué puissent encore se taper le luxe de s'offrir sur le budget de la princesse pas seulement ruinée mais qui croule également sous le poids de la misère, des vacances et autres promenades de touristes alors que les vrais concernés sont obligés de plier l'échine ou d'assister désabusés à cette comédie de piètre qualité.

C'est d'autant plus pathétique lorsqu'on sait que pour la plupart le bilan de ces dinosaures à la tête des institutions qu'ils dirigent avoisinent le néant. Ils n'ont apporté que souffrances, désolations, dépit et voire même la haine. Non pas cette haine viscérale et inutile qui frise le racisme mais une espèce de dégout pour les institutions pourtant républicaines qu'ils dirigent. Aujourd'hui, plus aucun centrafricain ne fait plus confiance dans les institutions de la République à cause de ceux-ci.

Le mauvais traitement des athlètes
Selon nos informations, les trois athlètes qui ont représenté le drapeau national à Pékin auraient reçu pour tous frais de mission que la modique somme de deux cent mille francs CFA (200.000) soit un peu moins de trois cent cinq Euros (305). Dire que ces derniers en escale à Paris sur la route de Pékin devraient descendre dans un hôtel parisien. Lors de cette escale parisienne ont-ils été accueillis ne serait-ce que pour la forme, par le personnel de l'ambassade de la RCA en France ?

Nous aurons bien voulu répondre par l'affirmatif, mais hélas ! Et pourtant ces derniers se rendaient en Chine pour défendre la patrie et porté haut le drapeau centrafricain parmi les nations partageant les valeurs de l'olympisme.

Des frais de mission de misère pour un voyage de malheur dans le seul but de mouiller les maillots au nom de la République à côté d'énorme budget pour des voleur de cette même République. Le bon sens voudrait que l'on mette les premiers dans les conditions idéales et optimales pour les grandes compétitions en leur assurant le bien être qui passe par le bien manger, le bien soigner et le bien loger. Ne venez pas par-dessus le marché demander à ces athlètes de réaliser des performances quelque soit le degré de leur patriotisme ou de leur volonté de vaincre. Le sport n'est pas le hasard. Fini l'époque de l'amateurisme et des à-peu-près.

Les frais de mission de l'un de ces voleurs de la nation auraient suffit à préparer dans les meilleures conditions deux ou trois athlètes. Proportionnellement si on multiplie dix sept par deux, on arrive à trente quatre. C'est dire qu'on aurait mieux fait de laisser les dix sept grands gosiers à la maison et entretenir des athlètes valides et capables de décrocher des qualifications pour les jeux.

Disons que les fameux responsables politiques et sportifs de notre pays n'ont encore rien compris à la valeur ajoutée que les sports peuvent apporter à une nation meurtrie par tant d'années de conflits armés et de la mauvaise publicité comme la nôtre.

N'est-il pas temps que ces derniers arrêtent de conjuguer le futur indicatif pour dire que les choses s'amélioreront tandis que le peuple quant à lui, conjugue la misère et la pauvreté au présent de l'indicatif ? Jusqu'à quand sauront-ils que nous ne sommes pas que des demeurés et que nous avons plus de valeurs que les meubles de leurs bureaux ? Alors, vive les meubles du CNOSCA !

Jeudi 28 Août 2008
Adrien Poussou
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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 21:51
FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

S’affranchir des " grands partis " et recomposer l'opposition pour gagner en 2009


Quelle serait l’ossature de la nouvelle opposition recomposée ? S’affranchir des ‘’grands’’ partis UPADS-RDD-MCDDI… serait-il une nécessité ou un paradoxe ? Onze ans après la victoire militaire de Sassou, l’opposition congolaise cherche encore désespérément son unité et son organisation pour en découdre avec le régime fasciste de Sassou Nguesso.

Avec une démocratie décapitée, une paix précaire au bout fusil, une réconciliation impossible, une Constitution consacrant le totalitarisme ou le pouvoir sans partage, plusieurs tentatives de dialogues escamotés et un peuple en désarroi total, le Congo se trouve dans l’impasse et continue de s’enfoncer dans un chaos inédit. La volonté du peuple de bâtir un Etat de droit et de parvenir à la démocratie pluraliste se trouve sérieusement confrontée au régime de dictature incarné par Sassou Nguesso, d’une part et, d’autre part, à l’émiettement d’une opposition nationale adynamique, manquant d’une vision alternative crédible et désarticulé par :

• Un multipartisme sauvage : Né dès l’abolition du monopartisme, au seuil de la Conférence nationale souveraine. l’espace politique congolais a connu une explosion foudroyante des partis politiques (une centaine) apparus comme des champignons libérés de terre après les premières pluies d’une fin de grande saison sèche. Constitués sans base idéologique réelle, sans projet de société ni programme fondamentalement différents les uns des autres, la plupart de ces partis se sont composés sur une base ethnique ou régionale au mépris de la charte sur l’unité nationale ardemment élaborée à la Conférence nationale.

• Une crise des " grands " partis comme le MCDDI, l’UPADS, le PCT, le RDPS, le RDD qui sont ouvertement secouées par des querelles et des divisions politiquement stériles. Tous traversés par une crise, identitaire ou crise statutaire, crise idéologique ou managériale, certains sont au bord de la scission. Enfermés dans la magie du sigle « MCDDI Kolélas, MCDDI Mampouya, MCDDI-Mahouka », UPADS Makita- UPADS Mabiala, UPADS Moukouéké » et de leurs ‘’leaders fondateurs–présidents à vie toujours vénérés, malgré leur incapacité physique et mentale, médicalement déclarée et leur échec politique dûment constaté par le peuple. Ces partis et ces leaders n’ont pas su maintenir la flamme de la démocratie pluraliste allumée à la Conférence nationale souveraine. Miné par des querelles de leadership, pour certains, sanctionné pour leur mauvais positionnement stratégique pour d’autres, victime de déficit démocratique interne pour la majorité, aucun n’a pu défendre ses idéaux coûte que coûte jusqu’au bout.

• L’inconstance politique née des alliances contre-nature. La majorité des « grands leaders » ont sombré dans la médiocrité politique qui n’a pas permis des avancées démocratiques. Leur inconstance politique a créé un paysage politique nébuleux. Tantôt à l’opposition, tantôt à la mouvance, plusieurs leaders ont brillé par un positionnement à géométrie variable. Des alliances contre-nature, sans base idéologique ont plongé notre pays dans une instabilité chronique et une folie meurtrière inédite. Jusqu’ici, de la pratique politique observable, on peut dire qu’ « au Congo, on est à l’opposition un temps mais jamais tout le temps ». Foulant délibérément au pied crédibilité, dignité et probité politique ils font et défont les alliances contre nature au gré de leurs intérêts subjectifs.

Voici les faits indéniables :

• En 1993 Yhombi Opango, ancien président de la République s’est porté directeur de
campagne de Pascal Lissouba qu’il avait expédié en exil lorsqu’il présidait aux destinées du Congo de 1977-1979. En 1997, Pascal Lissouba, sérieusement menacé par le coup d’Etat de Sassou Nguesso confia la présidence de l’ERDDUN et la primature à Bernard Kolelas, chef de l’opposition dont il venait de faire bombarder sauvagement son bastion. En 2002, Jean-Pierre Tchicaya devint président de l’assemblée nationale et venait ainsi spectaculairement de rejoindre Sassou qui n’avait pas hésité à le jeter en prison en 1979 après le renversement du président Yhombi Opango. En 2005, rentré de son exil de façon providentielle, Bernard Kolelas choisit de servir son ancien allié au détriment des affres infligées à ses militants et au martyre subi pendant tout son règne antérieur.



Voilà un ensemble de comportements et d’actes politiques inconstants qui étouffent gravement la démocratie et devraient nous inciter à recomposer le paysage politique pour gagner ensemble le combat de la démocratie au Congo.

Nécessité d’une recomposition du paysage politique

Recomposer le paysage politique pour plus de lisibilité et moins de cafouillage dans le positionnement entre la mouvance et l’opposition. A ce jour le paysage politique congolais est une véritable mosaïque composée d’un conglomérat de partis ou de cartels sans envergure nationale. Loin de condamner cette floraison de partis qui profite plus au pouvoir qu’au peuple, il est indispensable de traduire cette volonté d’un grand nombre de Congolais par une coalition de l’ opposition unie, ingénieuse et capable de terrasser Sassou en 2009.

• Pour atteindre cet objectif, tous les anciens " grands " partis (Mcddi-Upads-Pct-Rdd…) dans leur désorganisation et positionnement hybrides actuels ne peuvent plus incarner le changement. Ils n’ont plus, aux yeux du peuple, ni l’autorité, ni le charisme, ni le discours mobilisateur. Le paysage politique mérite donc d’être clarifié, recomposé, rénové pour éviter l’amalgame et ne plus avoir dans les rangs de l’opposition des " tortues à double carapaces "’ - vous avez par exemple : un UPADS Moukouéké, qui émarge à la mouvance avec Sassou et un UPADS de Tsaty Mabiala plus proche du peuple ; vous avez : d’un côté le MCDDI de Kolélas clairement affiché pour faire gagner Sassou, son ancien bourreau et d’un autre côté les militants désabusés et opposés à leurs instances. Enfin n’oublions pas le PCT rénovateur, érigé en RMP qui confirme sa volonté de piller profondément le pays et le PCT conservateur qui combat pour que ça change.

Recomposer le paysage pour que cessent les leaders bicéphales qui sont : opposant le jour et " mouvanciers " la nuit. Cette recomposition de l’opposition tant souhaitée devrait se faire sur une base simple.

Deux blocs diamétralement opposés en constitueraient l’ossature :

• le premier bloc, dit des « patriotes réformateurs » serrait composé de tous ceux qui revendiquent un changement radical et souhaitent ardemment un nouvel ordre politique national, non seulement avec le départ de Sassou - ce qui n’est pas une finalité en soi - mais aussi et surtout, la liquidation totale de son système politique qui gangrène le pays.

• le deuxième bloc, dit des « conservateurs-pilleurs » comprendrait tous ceux qui ne veulent pas que ça change et qui se contentent de l’immobilisme actuel.

Le paysage devrait donc être recomposé entre ceux qui estiment que le régime de Sassou est un échec et cherchent à refonder le Congo et ceux qui veulent continuer à mettre le peuple souverain à genoux par la dictature, la barbarie d’Etat et la misère.

Ce rêve est possible. Il suffirait de reconnaître que les anciens leaders et leurs partis n’ont pas été en mesure d’apporter au Congo, la démocratie pluraliste et la paix pour lesquelles ils avaient eu les faveurs du peuple. Ils ont tous commis des péchés capitaux dont il est difficile d’être absous et pardonné.

• Un président en exercice, Lissouba, ou un parti au pouvoir, (Upads), ça ne crée pas des
milices mais une armée républicaine.

• Un leader de l’opposition charismatique, Kolélas, ou un parti qualifié de locomotive du Congo, ça ne conclut pas des alliances contre nature, ne brille pas d’inconstance, n’abandonne pas son idéal et encore moins son combat, ne capitule pas, ne pratique pas une opposition à géométrie variable, ne signe pas une alliance qui empêchent son parti et les siens d’accéder à la magistrature suprême.

• Les courants réformateurs de chaque " grand " parti qui aspirent au changement
devraient couper le cordon ombilical avec le courant arrimé à la mouvance pour constituer ainsi un grand ensemble politique qui deviendrait le socle de la nouvelle opposition radicale.

Ce socle de l’opposition serait composé de l’ANR, de l’ARD, de l’aile Upads de Tsaty-Makita et de l’aile PCT conservateur de Lekoundzou, à quoi il conviendrait d’ajouter l’aile du MCDDI " renaissance " dont le nouveau leader devrait émerger des militants dissidents du MCDDI.

• Si par mégarde, l’opposition continue de s’enfermer dans son immobiliste suicidaire et ne
parvient pas à tenir ses états généraux pour afficher sa cohésion et convaincre l’opinion nationale et internationale de sa crédibilité et de la qualité du changement pour lequel il revendique le départ de Sassou, ce dernier s’autoproclamera président en 2009 car son rouleau compresseur de la fraude électorale " version 2009 " est résolument en marche.



Wilfrid BOUTSIELEKA


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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 19:08
Bonjour Monsieur!
 
Depuis notre dernier entretient sur yahoo messenger, je suis un peu occupé mais comme j'ai un temps libre je suis allé sur le site sozoala.com donc j'ai lu un débat qui m'a interrssé et auquel j'ai répondu et comme je voulai vous faire partager je vous envoie copie de mon intervention. Je vous souhaite bonne lecture et au plaisir. Bien à vous!
 
Chers(es) compatriotes!
C'est avec une attention particulière que j'ai lu et rélu vos interventions. Certes, la proposition est forte audacieuse et vaut la peine d'être posée pour ouvrir le débat mais non pour être pensée sur un plan applicable. La RCA est indépendante depuis 40 ans déjà et n'a guère besoin à ce jour d'un protectorat, ni d'une mise sous tutelle encore moins d'un "redressement judico-étatique" non! mes chers compatriotes nous avons un problème en RCA que seuls les fils et filles de centrafrique peuvent resoudre. La question est si simple comment est-ce que nous en sommes arrivés là? oui là! dans cette boue de la médiocrité et de la négativité où nous pataugeons depuis une décénie voir plus. Nous en sommes arrivés là pour la simple raison que nous n'avons pas su prévaloir les interêts généraux de la nation sur les interêts individuels égoïstes des uns et des autres. Nous n'avons aucune notion de ce que sont le nationalisme et le patriotisme. Quoi que dans vos intervention, je perçois un sens du patriotisme avec une réelle volonté que les choses changent dans notre pays. Cependant, sachez que ce n'est pas en faisant un appel d'offre internationale que nous resolverons les problèmes de notre beau  pays car un peu partout sur la planète et en RCA, il existe des fils et filles de centrafrique dignes d'assumer et de conduire la RCA sur le chemin de l'essor économique, social, politique ainsi de lui refaire sa place dans le concert des nations. Seulement pour y arriver il faut que nous ayons en esprit l'idée du sacrifice et une réelle motivation de changer et bouger les choses. Alors vous allez me demander en quoi faisant? je dirais que tout cela commence par une sensibilisation générale et sans exception de tous les enfants de la RCA sur l'interêt général de la nation, faire promouvoir la valeur centrafricaine, inculquer aux uns et aux autres la notion de la bonne gouvernance ( la gestion saine des biens publics et privés), l'appréciation des valeurs individuelles permettant à mettre l'homme qu'il faut à la place qu'il faut... ajouter à cela une détermination d'avancer les choses changerons. Croyez-moi que c'est ayant cette penser dans la tête de chaque Centrafricain que nous pouvons esperer et je le repête, nous pouvons esperer voir POINDRE à l'horizon un avenir meilleur pour la RCA.
Les americains disent "Use that you got to get that you want" autrement <<Utilise ce que tu as pour avoir ce que tu veux>>, considérons qu'en centrafrique nous avons rien (Parce que rien de nos richesses minières, n'est exploité de manière officielle et industrielle) alors qu'est ce qu'il faut faire? nous avons rien mais nous possedons le savoir, les idées, la volonté et la détermination alors à nous de travailler ces 4 choses que nous possédons et que personnes au monde ne peut nous l'arracher pour faire quelques choses pour la RCA.
Arrêtons l'illusionnisme, l'obscurantisme politique,le fanatisme partisan, pour donner un sens et un avenir à notre pays.
Vous avez parlé du Burkina faso, mais je vous prie ne nous leurrons pas, comparons ce qui est comparable, nous sommes en retard acceptons ce fait et faisons un effort pour avancer les burkinabè ont une notion très avancée du patriotisme et du sacrifice pour leur nation, à nous de faire autant. Certes, le burkina estun pays pauvre et enclavé comme la RCA mais il est relié au port d'abidjan par un chemin de fer que les 50 premiers kilomètres ont été construits par toutes les classes sociales du pays en commençant par le président (Thomas Sankara - respect et paix àson âme) jusqu'au paysant (le Burkièndé) d'où le nom du burkina faso (le paysan intègre). Voici une belle leçon de sacrifice. A quand une telle mobilisation pour construire un chemin de faire en centrafrique qui nous rapprochera du port de Douala ou de libreville??? soyons objectif et réaliste, on a beaucoup à faire pour arriver au stade du Burkina car c'est depuis Août 84 qu'ils ont commencer leurs courses sur la voie de l'essor économique, social et politique alors que nous on a même pas commencé. Du moins on avais commencé dans les années 70 avec Bokassa et cela s'est arrêté depuis cette nuit où il y a eu la fameuse opération Baracuda dite "Grâce na DACKO" où les centrafricain ont commencé à casser le peu qu'on a en RCA.
Que le bon sens et la providence nous éclaire. Bien à vous tous fils et filles de centrafrique.

 
        Séverin Lérushs TCHAKOUTE
        47 Bis Boulevard Gustave ROCH
               44200  Nantes (FRANCE)
                   

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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 22:02

Interview de Franck Saragba à radio Chuo fm

Le 13 Aout 1960-13 Aout 2008, 48 ans d'indépendance de votre pays la République Centrafricaine, Quel bilan faites-vous ?





Bonjour monsieur Vianney ! Et permettez-moi de vous remercier une fois de plus de m'avoir donné l'occasion de passer dans votre excellente émission. Mais avant de tirer un bilan quelconque de ces quarante-huit années « d'indépendance », permettez-moi que je revienne sur le mot indépendance qui est à mon sens une usurpation de mot car nous n'avons jamais obtenu une indépendance dans le vrai sens du terme. C'est donc une indépendance biaisée que l'on peut qualifié de purement et simplement formelle.
Convenez avec moi monsieur Vianney que pour être indépendant faut-il encore disposer d'une certaine souveraineté du moins d'une certaine autonomie en matière de choix économiques et politiques. Or notre pays, la république centrafricaine fonctionne encore avec des accords et des conventions surannées dont l'immuabilité des termes depuis 1960 posent aujourd'hui des problèmes. Par exemple l'immixtion outrageuse de l'ex pays colonisatrice ou les diktats des institutions internationales comme la banque mondiale ou la FMI avec les fameux plans d'ajustements structurels des années 80 sont des éléments qu'il ne faudrait pas perdre de vue pour établir ce bilan combien sombre et désastreux. Ce qui n'exclue pas non plus la non moins grande responsabilité de la génération de ceux qui nous ont gouvernés et qui nous gouvernent aujourd'hui.

Monsieur Vianney, je ne vous apprends rien si je vous dis que le bilan de ces 48 années « d'indépendance » est terne et pas du tout satisfaisant. Tous les signaux sont au rouge malgré de réelles potentialités aussi bien humaines, végétales que minérales. Que de gâchis ! Quel gâchis ! L'on peut parler sans se tromper d'un pays en faillite dans tous les sens du terme. Faillite économique, Faillite en matière de système de santé et d'éducation, politisation de l'armée, démission des intellectuels, corruption, insécurité, irresponsabilité des gouvernants. En fait, la république centrafricaine est aujourd'hui un pays qui n'existe que de nom.

2-Vous aviez donner comme nom à votre Blog: Fini Kodé, que signifie ce terme.



Fini kodé veut dire littéralement en sango, langue nationale parlée sur tout le territoire de la république centrafricaine, convenez avec moi monsieur Vianney que c'est une chose rare en Afrique. Fini kodé veut dire tout simplement « la nouvelle manière ». Elle s'oppose à « m'gbèrè kodé », l'ancienne manière. Autrement dit, c'est une nouvelle manière de faire et de pratiquer la politique. Elle est en rupture radicale avec les m'gbèrè kodé. L'opposition entre Fini kodé et m'gbèrè kodé ne se conçoit pas en terme de génération mais en terme d'état d'esprit. Il y'a des personnes âgées qui ont un esprit fini kodé parce qu'elles ont une vision moderne de notre pays et des jeunes personnes qui sont des m'gbèrès kodé parce que celles-ci ont une vision rétrograde et aliénante.

 
3-Pour mieux éclairer nos Auditeurs, dites-nous, le projet de loi de Division Nationale, c'est quoi?

Mon article fait suite au récent projet de loi portant notamment pour le premier ; une amnistie sur des infractions liées aux évènements ayant provoqué le changement du 15 mars 2003. Pour le deuxième ; portant amnistie des infractions d'atteintes à la sûreté de l'état et à la défense nationale. Enfin pour le troisième ; portant amnistie des infractions commises par les éléments des forces armées centrafricaines à l'occasion des opérations de maintien de l'ordre et de la défense du territoire.


Ce projet de loi que j'ai qualifié de division nationale porte en effet des germes de provocations et de division que certains compatriotes n'hésitent à qualifier de loi scélérate. Alors que les centrafricains sont fatigués et on en marre des multiples conflits qui ont endeuillés le pays au point de réclamer unanimement un dialogue politique inclusif qui verrait la participation de tous les acteurs politique de notre pays, le pouvoir en place s'est appliqué hélas ! à mettre en place un projet de loi unilatérale et discriminatoire dans le seul but est de s'autoamnistier d'abord malgré sa grande part de responsabilité dans le déclin de notre pays et en exclure quelques acteurs importants de la vie politique de notre pays. Telle n'était pas la volonté manifeste des centrafricains.


Monsieur Vianney, les Centrafricains veulent aujourd'hui un dialogue politique inclusif qui aboutisse à une véritable paix durable et le font savoir. Le processus menant à ce dialogue doit passer nécessairement par une amnistie générale de tous les acteurs et non par une amnistie partiale et parcellaire comme le planifie le général Bozizé pour diviser et opposer indéfiniment nos compatriotes dans le seul but est de satisfaire sa soif de pouvoir.

4-En parcourant votre Blog et plusieurs sites et sources, nous avions constaté une méfiance des Centrafricains par rapports à ce projet de loi, pour certain c'est inacceptable, pourquoi selon-vous?

En effet, unanimement et en dehors de quelques caciques du pouvoir même les partisans du régime sont divisés et n'hésitent plus à prendre position contre ce projet. C'est vous dire combien les centrafricains ont trouvé inacceptable ce projet de loi et ne sont pas prêt à suivre Bozizé sur le chemin de la division. Pour la première fois dans notre pays un projet de loi n'a autant fait l'unanimité contre elle. Les centrafricains ont compris les manœuvres politiciennes de Bozizé pour ne pas aller au dialogue politique inclusif.


A se demander de quoi le régime de Bozizé a-t-il peur ? Pourtant, il s'agit tout simplement de se retrouver entre filles et fils du pays et de se parler parce que rien ne va plus. Nous ne pouvons continuer à nous haïr indéfiniment ! Car le pays nous appartient tous.

5-Quel impact un projet de loi comme celui-là risque d'avoir si impact il y a l'or des Élections qui auront lieu en 2010, en RCA.


Ce projet de loi a eu le mérite de faire l'unanimité contre lui par conséquent a permis pour la première fois depuis fort longtemps, aux différentes entités de l'opposition de dénoncer la même chose. Aussi bien l'opposition dite armée que l'opposition démocratique mais également diverses associations ont dénoncé ce stratagème. Bozizé a donné l'occasion aux multiples entités opposées à son régime qui jusque là faisaient route seules et qui ont plus ou moins de consistance, de se reconnaitre dans une même lutte par conséquent à légitimé une cause désormais commune. Cette reconnaissance à travers la lutte contre le même adversaire ne risque t-il pas de se transformer en une sorte d'alliance en 2010 ? Je ne serai pas très étonné qu'une démarche puisse se faire dans les prochains jours à juste raison par une sorte de front uni contre le régime de Bozizé.

 
6-Le 03 juillet dernier JP Bemba a été transféré à la Haye, ou il est accusé de Crimes commis dans votre pays par la CPI, pour vous et les Centrafricains en général que représente cette arrestation ?


L'arrestation de Jean-Pierre Bemba, inculpé pour crimes de guerre et exactions commises par ses troupes en Centrafrique a suscité émois pour les uns et satisfactions pour d'autres, elle a eu cependant au-delà des faits qui lui sont reprochés le mérite de poser clairement le problème de la raison d'être de la cour pénale internationale.


Monsieur Vianney, Il faut se poser la question de savoir si la cour pénale internationale est-elle uniquement un tribunal pour les ressortissants des pays pauvres et les sans grades, un tribunal politique ? Ou tout simplement un tribunal pour les vaincus ? Qu'en est-il alors de ceux qui hier encore étaient à l'origine de la déstabilisation de leur pays respectif et qui aujourd'hui sont au pouvoir par la grâce des armes après avoir tout cassé, tout saccagé, ont violé et tué également.


Et ce, avec la complicité directe, le silence coupable des institutions régionales, internationales ou carrément avec l'aide de certains états dont nous tairons ici les noms par simple pudeur tant ces états sont parés d'oripeaux démocratiques ou se réclament de la patrie des droits de l'homme.


Que réserve alors la cour pénale internationale aux auteurs de coup d'état souvent aux conséquences graves contre les régimes élus ? Le pouvoir au bout du canon a-t-il la bénédiction de la dite cour ? Qu'en penses l'union africaine ? Et les nations-unis ? Et la France ? La chaine de responsabilité ne doit-elle s'arrêter qu'aux vaincus et aux plus faibles ? C'est-à-dire se limiter seulement aux conséquences. Mais alors, qu'en est-il des véritables raisons ? Voilà qui soulève la question des limites de la démocratie dans les pays pauvres face aux coups d'états financer et soutenu souvent par d'autres pays.


7- En terminant Bemba est-il seul dans cette affaire d'après vous ? Qu'attendent les Centrafricains de la Justice Internationale ?


Ne serait-il pas plus juste et plus cohérent en dehors de toutes considérations partisanes et de toute passion de se poser les questions suivantes pour la manifestation de la vérité et établir une chaine des responsabilités. Les centrafricains dans leur majorité ne demandent qu'à comprendre, à connaitre la vérité. Comme toujours les véritables questions ne sont pas posées, comme toujours, on essaie de tromper la vigilance de notre bon peuple en jouant avec leur fibre affective pour dédouaner les véritables coupables.


Il est vrai que nos mères et nos sœurs ont été violées, nos pères, nos frères ont été battus, humiliés pour finir par être tués par les troupes de Bemba et cela est, je le répète condamnable à plusieurs égards


Mais à vouloir trop mettre l'accent sur le problème des viols de femmes et autres exactions des éléments du MLC durant leurs contre offensive, on en n'oublie même le principal motif de leur venue. Pourquoi et comment se fait-il que les autorités du défunt régime sont aculées au point de faire appel plutôt aux troupes du MLC qu'à des troupes conventionnelles, le rôle réellement joué par les uns et les autres.

 
Monsieur Vianney, à présent que le processus est amorcé par la cour pénale internationale, il faudrait que la cour pénale internationale aille jusqu'au bout de la logique et que d'une part les différentes chaines de responsabilité concernant aussi bien tous ceux qui ont occupé une fonction décisionnelle quelconque que les auteurs de coups d'états soient établi définitivement pour la manifestation de la vérité vraie pour qu'enfin la population de la république centrafricaine le sache et se réconcilie définitivement avec elle-même.


D'autre part, au-delà du procès Bemba, c'est aussi le procès des organisations internationales incapables de se prononcer définitivement et fermement sur les auteurs des coups d'états contre des régimes élus démocratiquement, C'est le procès des accords de défense non respecté, C'est le procès des Etats-Unis d'Amérique et de la France qui ont fait pression sur le régime Patassé pour se séparer des troupes libyennes et n'ont pas proposer une alternative pour garantir la survie du régime et la sécurité des biens et des personnes , C'est le procès d'une armée nationale politisée, c'est le procès de toute la classe politique centrafricaine dans son ensemble qui sont à faire.



Interview réalisée par Jean Marie VIANNEY


Samedi 23 AOUT 2008 à 07 heure 00 am (Ottawa , canada) soit 13 heure 10 à Paris
émission "Afriqueplus"

 
www.chuo.fm ( 89.1 FM)


www.afriqueplus.net

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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 21:35
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Centrafrique
Gros malheur, gros malheur, gros malheur ...

Elle en a eu des gros malheurs, la Centrafrique, et pas des moindres !
Six présidents depuis l'indépendance en 1960, et pas n'importe lesquels. Si l'adage qui veut que les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent, qu'ont donc fait aux Dieux les Centrafricains pour avoir de tels "chefs" ?
Trois militaires, dont un particulièrement fêlé. Deux civils, dont un particulièrement "étrange". Et un brave curé, qui n'est resté au pouvoir que quatre petits mois.
D’abord, tout juste avant son indépendance. Son « premier président » (en fait premier « Premier ministre » de la République centrafricaine, proclamée comme telle mais pas encore indépendante, le 1er décembre 1958), ne sera au pouvoir que quatre mois. Du 1er décembre 1958 au 29 mars 1959, jour où il est mort dans un accident d’avion des plus étranges. Pas de chance.
Pour lui d’abord, Barthélemy Boganda, et pour les Centrafricains ensuite, qui vont se payer pendant des années et jusqu’à nos jours des « présidents » tous plus « décalés » les uns que les autres.


Premier gros malheur

Barthélemy Boganda, c’était le bon gars, ordonné prêtre en 1938, très vite député à l’Assemblée nationale française, mais trop enclin sans doute pour la France de l’époque aux idées panafricanistes. Il crée le Mouvement pour l'Evolution Sociale en Afrique Noire (MESAN) en 1948 en caressant le rêve d’un regroupement des anciennes colonies dans de grands ensembles politiques, une ambition inacceptable pour la métropole, dans l’optique de la période post-coloniale. Son idéal ? Une vaste République englobant le Cameroun et la République centrafricaine, prémices des Etats-Unis d’Afrique latine qui auraient aussi englobé les anciennes colonies belges et portugaises voisines. Un fou, très certainement, aux yeux de gens comme Jacques Foccart, le tout puissant conseiller de De Gaule aux affaires africaines à l’époque.Donc, Barthélemy Boganda, on en parle plus. Il est mort.
Premier malheur. Son poulain, héritier de ses idées, le professeur Abel Goumba, n’assurera l’intérim de la présidence du gouvernement que pendant un petit mois. Entre temps, la France met en scène un cousin de Boganda, David Dacko, beaucoup plus « docile » et francophile que Goumba. C’est ce brave Dacko, jeune - il a à peine trente ans - qui est donc élu 5 mai  1959 Président et qui reçoit des mains du représentant de la France, André Malraux, le 13 août 1960, jour de la proclamation officielle de l'Indépendance, les clefs du nouvel Etat et du pouvoir.

Deuxième gros malheur

Ça, c’est le deuxième gros malheur, parce que Dacko va très vite se montrer un homme à poigne. Il fait arrêter son seul opposant, Abel Goumba, et dissout le parti d’opposition que Goumba venait de créer, le Mouvement pour l'Evolution de l'Afrique Centrale (MEDAC).
Le brave Dacko réinstaure aussi le travail forcé, une pratique honnie des Centrafricains. Pas officiellement bien sûr, mais à coup de décrets comme celui qui fixe des objectifs de production à atteindre pour les travailleurs, des récompenses comme le « tableau d’honneur des paysans » et de l’autre côté de la balance, de lourdes amendes pour les fainéants qui produisent peu.
Petite touche démocratique du 1er régime Dacko : en mai 1963, il fait voter une loi constitutionnelle qui fait du MESAN le parti unique auquel tous les citoyens doivent adhérer. Entre temps, en 1962, Goumba, après deux ans de résidence surveillée, avait été envoyé en exil. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf que le pays part à la dérive. Et Dacko commet l’erreur fatale, celle d’établir des relations diplomatiques avec la Chine communiste. Il signe un accord avec Pékin le 29 septembre 1964 et signe en même temps son arrêt de mort, « politique » s’entend. Foccart veille au grain sur les anciennes colonies françaises. On est en pleine guerre froide. Pour Paris, l’axe du mal est toujours à l’Est : Moscou et Pékin. Aussi, Foccart aura eu beau jurer ses grands dieux que la France n'était pas derrière Bokassa quand il renversa le président Dacko, le soir de la Saint Sylvestre 1965, bien peu ne peuvent le croire.
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Troisième gros, gros malheur

L'arrivée au pouvoir de Jean-Bedel Bokassa, à l'époque colonel, c'est le troisième gros malheur pour les Centrafricains, même si quelques nostalgiques regrettent aujourd'hui cette "belle époque". Mais ça, c'est du gros, gros malheur. Bokassa, c'est le doux dingue, cruel, rusé, ignare, formé dans sa jeunesse à l'école de la guerre par l'armée française puisqu'il a fait la guerre d'Indochine, sous le drapeau tricolore. Ca n'arrange pas un cerveau fragile. Le résultat fut sanglant, catastrophique, et fort révélateur des compromissions et de la responsabilité de la France vis-à-vis de ses anciennes colonies.
On vous épargne le détail du règne de Bokassa. Ça a duré quatorze ans. On va directement à l'essentiel : quand il décide de se faire couronner empereur, en 1976, il était tout simplement :  "Président à vie de la République, président du gouvernement, Président à vie et secrétaire général du MESAN, Garde des sceaux, ministre de la Défense nationale, des Anciens combattants et des victimes de guerre, ministre de la Fonction publique, de la Sécurité sociale, du Commerce, de l'Industrie et des mines, ministre des PTT et ministre de l'Information".
En dix ans, entre janvier 1966 et décembre 1976, il a procédé à 44 remaniements ministériels, soit une moyenne d'un remaniement tous les deux mois. La plupart des têtes de l'armée ont été liquidées après avoir été accusées de complot, vrai ou faux selon les cas. La prison de Ngaragba était devenue un lieu maudit pour qui y entrait. Qu'à cela ne tienne. Le président français Giscard d'Estaing se faisait un plaisir d'aller chasser le gibier en terre centrafricaine, chez son "cher parent et ami" Jean-Bedel.
Lorsque Bokassa se fait couronner empereur, c'est la France, officielle et officieuse qui est aux cuisines pour les préparatifs du sacre qui a lieu, avec faste, le 4 décembre 1977.
Bokassa "tombe" finalement en 1979, après avoir fait réprimer dans le sang des manifestations d'écoliers qui protestaient contre l'obligation de porter des tenues scolaires à des prix exorbitants. C'est encore la France qui intervient, et cette fois sans scrupules, pour se débarrasser du jouet encombrant qu'était devenu l'empereur. Le 20 septembre 1979, Paris déclenche l'opération Barracuda, avec les gros bras du SDCE, ancêtre de la DGSE, les services secrets français, alors que Bokassa est en visite en Libye, chez Kadhafi. David Dacko revient au pouvoir, convoyé dans un avion Transall de l'armée française. Au moins c'était clair. Bokassa passera des années en exil, avant son retour en Centrafrique le 24 octobre 1986. Arrêté puis jugé, à l'issue d'un procès de plusieurs mois, il est condamné à mort. Sa peine sera commuée en détention à perpétuité le 29 février 1988, puis à dix ans de réclusion. Libéré le 1er août 1993, il meurt  le 3 novembre 1996.
Vous vous dites : quatorze années d'un régime de dingue, ce n’est pas la fin du monde. D'autres pays ont connu le même sort. Soit. Mais le règne de Bokassa a marqué durablement la Centrafrique. Une génération d'intellectuels décimée, une population totalement "abrutie" par un régime délirant. Et le plus grave, c’est que l'on va retrouver les « rescapés » du régime Bokassa aux affaires. Et quand on dit « rescapés », mieux vaudrait dire les « acteurs ».
Revenons-ens à 1979 et à l'opération Barracuda.
Notre brave Dacko reprend donc le pouvoir. A-t-il changé, quatorze ans après avoir été renversé par Bokassa ? Pas vraiment. Et pourquoi d’ailleurs aurait-il changé ? Il revient au pouvoir dans un Transall de l’armée française, comme aux plus belles heures de l’époque Foccart. Le sort de l’Afrique se décide toujours à Paris. Alors reprenons les bonnes vieilles habitudes.
Le 20 Mars 1980, il crée son nouveau parti, l’Union démocratique africaine  UDC) et en fait un … parti unique. En février 1981, sous pression, il fait adopter une nouvelle constitution qui réinstaure le multipartisme. A l’élection présidentielle qui suit, le 15 mars 1981, David Dacko est élu avec 50,23% des suffrages devant un certain Ange-Félix Patassé, leader du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC).
Tout va bien ! De quoi se plaignent les Centrafricains ? Ils ont eu une élection présidentielle « démocratique » ! Oui, sauf que Dacko est incapable de gérer son nouveau pouvoir. D’abord, les fraudes. Son élection a été vivement contestée. Dès le mois de mai, grèves et attentats ponctuent la vie quotidienne à Bangui, à tel point que Dacko décrète l’état de siège le 21 juillet. C’est la porte ouverte aux militaires qui ne se feront pas priés pour entrer en scène.
Le 1er septembre 1981 le général André Kolingba fomente un  coup d'État  et exit Dacko. La Constitution est suspendue, les partis interdits. Le général André Kolingba a beau promettre qu’il va rapidement remettre le pouvoir aux civils, il n’est pas prêt de retourner dans ses casernes. Il crée son parti, le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), nouveau parti unique. Pourquoi se gêner ? Toute l’Afrique ou presque est la même enseigne.
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Quatrième gros malheur

Kolingba, c’est le quatrième gros malheur pour les Centrafricains. Arrivé en libérateur, il ne partira du pouvoir qu’en septembre 1993, battu dans une élection présidentielle pluraliste, imposée la France. Mitterrand et son discours de La Baule sur la démocratisation de l’Afrique étant passés par là. Avec Kolingba, les Centrafricains se sont repris douze ans de régime militaire, un régime tribaliste dont la caractéristique principale était la redistribution des maigres richesses du pays aux membres de l’ethnie de Kolingba, les Yakomas. Et pour bien faire – là c’est une des mega-contradictions de la politique des socialistes français en Afrique -, le général président s’était attaché les bons offices d’un conseiller de l’ombre, homme à tout faire, omniprésent, tout puissant, gardien du temple et de l’armée, un certain colonel Mansion, « ex » ou « futur » ou « toujours » agent des services secrets français. Pas une mouche ne pouvait arriver à l’aéroport de Bangui sans que Mansion n’en soit informé et qu’il décide du bien fondé ou non du nouvel arrivant dans le pays. C’est lui qui a géré le retour au pays de Bokassa, son arrestation, sa détention, voire même sa « protection » en cellule. Mansion gérait aussi les opposants, à sa manière.
Aussi, en ce mois de septembre 1993, au deuxième tour de l’élection présidentielle, le 19 septembre, Ange-Félix Patassé est élu avec 53,45% des voix, devançant Abel Goumba, le général André Kolingba ayant été éliminé dès le premier tour.
On vous sent optimiste : enfin la démocratie, enfin un vrai président, élu à la régulière.
Excusez-nous. Tout est de notre faute. Nous avions omis de vous parler de Patassé avant d’en arriver à ce mois de septembre 1993.
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Cinquième "énorme" gros malheur

Patassé, Ange-Félix, c’est le cinquième « énorme » malheur pour les Centrafricains qui n’en demandaient pas tant après s’être « cogné » les régimes de Bokassa et de Kolingba. Patassé, c’était un « civil », direz-vous, ingénieur agronome qui plus est. Certes, mais quel civil ! Un doux dingue, qui n’est pas sorti de terre un beau matin de 1993. Patassé fut Premier ministre de Bokassa, à l’époque du délire impérial. Patassé a fait toutes ses classes chez l’empereur. Excusez du peu, mais son C.V. se présente ainsi quand il est élu président de la République : ancien ministre du Développement (janvier 1966-avril 1968), ancien ministre du Développement rural (mai 1972-avril 1973), ancien ministre du Tourisme, de l'Eau, des Bois, de la Chasse et de la pêche (juin 1974-octobre 1975), et ancien Premier ministre (décembre 1976-juillet 1978). A ce titre de Premier ministre, c’est lui qui fut le grand ordonnateur des cérémonies du sacre de l’empereur Bokassa, en décembre 1977. C’est dire si l’irréel, la mégalomanie, la déviance cérébrale, il connaît.
Patassé, c’est le gars qui, en conseil des ministres, lorsque les ambassadeurs étrangers étaient conviés à y assister (c’était une des particularités du régime de Bokassa), montait sur la table et leur criait en imitant le singe : « On va tous vous manger ». Patassé, c’était aussi l’ingénieur agronome qui, pendant la campagne électorale de la présidentielle de cette année 1993, face à une population arriérée, n’hésitait pas à sortir de sa poche un gigantesque épi de maïs et à lancer aux paysans que ça, c’était le maïs « made in Patassé » et que fort de ses connaissances en agronomie, il allait en faire pousser partout des épis de maïs gros comme ça. Cinquième gros malheur, disions-nous, car le régime de Patassé a été sanglant.
Autant, si ce n’est davantage que le régime de Bokassa. Patassé ne sera renversé par un coup d'État le 15 mars 2003.
22 octobre 1993- 15 mars 2003. Ça fait un peu moins de dix ans. Dix ans ponctués de mutineries, de tentatives de coup d’Etats, d’assassinats, de misère, de terreur, d’interventions de l’armée française pour sauver un régime en miettes, d’interventions de l’ONU, d’interventions de troupes étrangères comme les rebelles du Congolais Jean-Pierre Bemba. Dix ans ponctués de violence inter-ethnique, entrecoupés d’une Conférence nationale inutile, de tentatives de coup d'Etat
Coup d’Etat … coup d’Etat…coup d’Etat … coup d’Etat ? Ça vous dit quelque chose ?
Et qui nous le fait ce beau coup d’Etat ? Un jeune et vaillant rebelle progressiste, façon Thomas Sankara, l’idéaliste burkinabé ? Un militaire rectiligne, façon Amadou Toumani Touré, ce sacré malien qui remit le pouvoir au civil, un an après sa prise du pouvoir ?
Excusez-nous encore, mais vous n’avez pas bien suivi. On est en Centrafrique, le pays des « Gros » « Gros » malheurs.
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Sixième gros malheur

Alors voici le sixième gros malheur. Qui déloge du pouvoir par la force le président Patassé ? Le général François Bozizé, son ancien chef d’état-major, aidé dans cette tâche par l’armée tchadienne et en sous-main, la France, comme d’habitude.
La ligne de Paris vis-àvis de la Centrafrique a toujours été simple : on soutient le régime en place, fut-il pourri jusqu’à la moelle, et quand le cancer est généralisé, on remplace par une autre marionnette.
Dacko viré par Bokassa. Bokassa, viré par Dacko. Dacko, viré par Kolingba. Kolingba viré par Patassé. Patassé viré par Bozizé, et Paris toujours aux manettes.
François Bozizé, comme Patassé n’est pas un jeune premier. Lui aussi a sévi sous le régime de Bokassa. Il était aux commandes des opérations de maintien de l’ordre, avec le général Mayomokola, pour réprimer les émeutes des étudiants et des lycéens en 1979. C’est dire s’il a de l’expérience !
Il fut aussi partie prenante dans une tentative coup d’Etat contre Kolingba en mars 1982, avec Patassé, tentative infructueuse qui conduisit les deux hommes à l’exil. Réfugié au Bénin, il a été « lâché » par le régime béninois de l’époque et rapatrié manu militari par des mercenaires à Bangui le 31 août 1989. Il passera un an de détention dans des conditions très dures. A l’époque, rappelons-le pour l’histoire, c’était notre brave colonel Mansion, qui orchestrait la sécurité du régime de Kolingba. Ça laisse des traces.
Acquitté par la Haute Cour de Justice de Bangui, à l’issue d’un procès tenu sous la pression internationale et grâce à l’opiniâtreté de son avocat, Me Nicolas Tiangaye, il sera finalement libéré le 1er décembre 1991. En 1993, il s’était présenté sans succès à l'élection présidentielle, remportée par Ange-Félix Patassé. En 1996, il est nommé chef d'état-major des forces armées centrafricaines (FACA) par Patassé, son « frère » du Nord de la RCA. Tous deux sont d’ethnie Gbaya. Mais le désamour entre les deux hommes arrive à grands pas. Le 26 octobre 2001, cinq mois après un coup d'Etat avorté en mai 2001 attribué à l'ancien président André Kolingba, il est limogé. Il résiste par les armes à des tentatives d’arrestations et se réfugie au Tchad, puis en France, d’où il aura tout loisir d’organiser sa prise du pouvoir et le renversement de Patassé.
Le début du régime de Bozizé se passe dans l’euphorie. La Centrafrique semble retrouver un peu d’air pur. Tous les exilés politiques et militaires rentrent au pays. Patassé se réfugie au Cameroun, puis au Togo. Mieux, Bozizé prend comme Premier ministre, l’éternel opposant, Abel Goumba, le seul homme politique centrafricain qui n’ait pas de sang ni de casserole derrière lui.
Mais dès le début aussi, Bozizé donne des signes inquiétants. Il passe la deuxième semaine de son pouvoir à faire le tour de toutes les chapelles et autres lieux de cultes : cathédrale, temple, église évangélique, mosquée, tout y passe. Un véritable marathon œcuménique. La ferveur religieuse du nouveau chef d’Etat, qui est membre de l’Eglise du Christianisme céleste (voir page Bénin) n’a guère de limite.A tel point qu’à la fin de l’année 2006, son ministre de l’Intérieur met la nation à la diète et décrète « trois jours de jeûne et de prières de repentance, de pardon et de remerciements à Dieu l'Eternel Tout-Puissant », à l'occasion de la célébration de la fête de nouvel an 2007. Bigre !
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A-t-il un peu « honte » de son passé en tant que général sous Bokassa ? Pas le moins du monde. Quand l’hebdomadaire Jeune Afrique lui demande pourquoi il est allé fleurir la tombe de Bokassa et si c’était pour réhabiliter l’ex-empereur, il répond : «  Tout à fait. On peut reprocher beaucoup de choses à Bokassa, mais à son époque, la Centrafrique était un havre de paix et de stabilité. L'économie tournait. Les salaires étaient payés. J'ai beaucoup appris auprès de lui. » Re-bigre !
La fin du régime de transition, instauré après sa prise du pouvoir, le 15 mars 2003, a pris corps lors des élections législatives et présidentielle qui ont eu lieu le 8 mai 2005. Bozizé l’a emporté au deuxième tour de la présidentielle, face au candidat du MLPC (le parti de l’ancien président Patassé), Martin Ziguélé. Aux législatives, une coalition soutenant Bozizé qui n’a pas de parti politique, coalition dénommée "Kwa na kwa" (le travail rien que le travail, en langue nationale sango), a obtenu 42 députés sur les 105 de l’Assemblée nationale.
Pour l’heure, en ce milieu d’année 2008, le régime du Général d'Armée François Bozizé qui est aussi ministre de la Défense nationale, des Anciens combattants, des Victimes de guerre, du Désarmement et de la Restructuration de l'Armée, à ne pas confondre avec son fils, Francis Bozizé qui, lui, est seulement ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, des Anciens Combattants, des Victimes de Guerre, du désarmement et de la restructuration de l'Armée chargé du Désarmement, de la restructuration de l'Armée, des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre – inspirez, soufflez – est empêtré avec les mouvements rebelles qui sévissent dans le Nord du pays, et mise sur l’appui de l’EUOFOR. L'Union européenne a donné son feu vert le 28 janvier 2008 au déploiement de cette force de maintien de la paix dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la Centrafrique pour protéger les réfugiés soudanais et les déplacés tchadiens et centrafricains dans ces régions.
Sur le plan de la politique intérieure, un laborieux « dialogue national » entre le président Bozizé et ses adversaires politiques tente de voir le jour sous l'égide de la communauté internationale. Des divergences persistent sur le lieu de la tenue d’une "conférence du dialogue politique" et sur son ordre du jour. C’est le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, qui joue les médiateurs entre notamment le président Bozizé et les Forces républicaines nouvelles (FRN), une rébellion armée, dirigée par un certain Christophe Gazam Betty.
Par ailleurs, la Centrafrique est confrontée aux pillages, exactions et autres meurtres commis par des bandes de bandits de grands chemins, dénommés les Zaraguinas, qui sévissent aux confins du Cameroun et du Tchad. Parmi eux, des mercenaires tchadiens qui avaient aidé Bozizé dans sa conquête du pouvoir, mais qui ont été abandonnés à leur sort par la suite et qui, aujourd’hui, se payent sur la bête, en l’occurrence les populations villageoises et les éleveurs nomades. Le phénomène est si grave qu’une armée d’autodéfense, totalement illégale (dénommée l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie), s’est constituée pour répondre aux exactions des Zaraguinas.

C’est donc un peu la loi de la jungle à l’état pur. La jungle, l’Etat sauvage ? Ça ne vous rappelle rien ? Un roman de Georges Conchon, «L’Etat sauvage», dont le cinéaste Francis Girod a fait un film en 1977. L’histoire se déroule dans une toute jeune République africaine. Au menu :  magouilles, trafics, délires, meurtres … Rien que des gros malheurs.
N’allez surtout pas penser que Georges Conchon s’était inspiré de la Centrafrique. Il avait seulement été pendant un an premier secrétaire général de l'Assemblée nationale de Centrafrique, avant d’embrasser une carrière de journaliste-écrivain. Pure coïncidence sans doute.
R-J Lique

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans ELECTIONS CENTRAFRICAINES 2010
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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 21:39
Bouake/Les soldats démobilisés en colère: le bureau de Soro défoncé, le personnel séquestré et volé


Nous ne voulons plus nous inscrire dans les opérations du Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire (Pnrrc) car elles ne sont pas rassurantes avec ces retards de versement de nos primes de démobilisation”.

Voici en substance le cri du cœur de près de 500 soldats démobilisés qui dès 08 heures, se sont regroupés devant le bureau régional du Pnrrc au quartier Kennedy pour revendiquer la somme de 05 millions chacun, au titre de leur réinsertion socio-économique. Ce rendez-vous manqué pour cause d’absence des dirigeants locaux de cette structure qui a en charge l’insertion des ex-rebelles dans le tissu socio-économique, les grévistes ont mis le cap sur le secrétariat général des Forces nouvelles qui est le centre de commandement administratif.

Comme à l’accoutumée, ce soulèvement brusque des ex-combattants, a créé un vent de panique au sein de la population et les commerçants qui ont fermé boutique pour éviter les cas de pillages dont ils ont toujours été victimes à chacune des sorties. A la hauteur du centre hospitalier universitaire de Bouaké situé à quelques mètres du secrétariat des Forces nouvelles, un coup de feu part de la foule. Les soldats commis à la surveillance des locaux du siège administratif des Forces nouvelles, prennent alors des dispositions pour empêcher les insurgés d’y avoir accès.

Mais la détermination et la fureur des manifestants vont leur permettre de franchir le cordon de sécurité et une fois dans l’enceinte des locaux, un autre coup de feu retenti. Dès lors, c’est la débandade générale accopagnée par des actes de vandalisme : les vitres des bureaux volent en éclats, la salle de conférences est mise à sac, la porte du bureau du Premier ministre Soro Guillaume est défoncée, 04 portables volés et M. Adou Albert, cameraman à la télévision notre patrie de Bouaké est dépouillé de sa camera, non sans avoir d’abord été violenté. Alerté, le commandant Chérif Ousmane, patron de la zone 03 de Bouaké et de la compagnie Guépard arrive sur les lieux.

La tension qui a monté d’un écran baisse d’intensité et la concertation est entamée. Des griefs formulés, il ressort que les primes allouées à chaque ex-combattant démobilisé, accusent de fréquents retards dans leur paiement, à telle enseigne que les ex-rebelles se demandent si le processus de sortie de crise né des accords de Ouagadougou, peut connaître une fin heureuse pour eux. Nous ne croyons plus au Pnrrc et nous ne voulons plus de projets soutiennent-ils, avant de réclamer séance tenante la prime de 05 millions chacun pour entreprendre des activités personnelles génératrices de revenus. “En qui doit-on avoir confiance ?” s’est interrogé notre interlocuteur qui a requis l’anonymat, avant de révéler que le Premier ministre joint au téléphone, n’a pas tenu sa promesse d’une augmentation personnelle de 25 mille frs des primes de démobilisation.

Le commandant Chérif Ousmane appelé à la rescousse, a demandé aux insurgés venus du troisième bataillon militaire, du génie civil et du centre de formation GTZ, de replier sur leur base, en attendant la concertation prévue pour ce mercredi au centre culturel Jacques Aka de Bouaké. Cependant les manifestants ont menacé de ressortir dans les rues dans un bref délai si rien n’est fait pour satisfaire leur revendication. Face à la situation, le commandant de la zone 02 de Katiola Touré Hervé dit « Vetcho » a détaché dans la soirée, des éléments de son commandement pour renforcer la sécurité au secrétariat général des Forces nouvelles.

N’GORAN FRANCIS

 

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