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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 22:30

François Bozizé serait-il en colère contre son ministre Gonda ?




Si de l'avis même des observateurs crédibles, le boycotte de la garden-party du 14 juillet à la résidence de France à Bangui, s'inscrit dans la droite ligne des coup de théâtre dont le président centrafricain s'est fait une spécialité, ils sont quasi unanimes à prendre au sérieux ses sauts d'humeurs de ces jours-ci et sa colère, semble-t-il, contre son ministre de la communication, organisateur du dialogue politique, Cyriaque Gonda.

D'après plusieurs sources crédibles, François Bozizé serait très en colère contre son ministre de la communication, qu'il aurait accusé de sabotage et de copinage avec les groupes armés. Il semblerait que le président centrafricain n'a pas du tout apprécié la manière avec laquelle Cyriaque Gonda a négocié les accords de cessez-le-feu de Libreville. D'où son refus d'autoriser, un peu moins d'un mois après la signature de ces accords, le gouvernement à soumettre à l'Assemblée Nationale, la loi d'amnistie tels que convenu à Libreville.

Au pied du mur

Afin de retrouver la bonne grâce du vizir de Bangui, son ministre de la communication multiplie des déclarations tapageuses et des injures à l'égard des chefs de l'opposition dite démocratique.

L'on se souvient de l'interview qu'il a accordée à notre confrère Le Confident, interview au cours de laquelle monsieur Gonda s'en est vertement pris au principal leader de l'opposition, Martin Ziguélé. «Ce qui est malheureux, ce qui à la limite même me dégoûte en tant que ministre en charge du dialogue, c'est le fait que M. Ziguélé, qui a montré ses limites, arrive à vouloir s'en prendre à des personnalités comme moi et m'amener malheureusement à des situations où je peux sortir de ma réserve. Si M. Ziguélé était capable de gérer une crise, il n'allait pas rejoindre une ambassade en pagne et prendre l'avion pour disparaître », avait-il dit.

Ces propos pour les moins insolites et dégoutants démontrent si besoin en était encore, le manque de sérénité de ceux qui ont été bombardés ministre chez nous, et la panique qui a toujours guidé leurs pas à la moindre crise.

En l'espèce, ayant conscience de sa position très délicate, sachant qu'il est assit sur une chaise éjectable et que le vrai pouvoir est détenu par les gbaya Boyes, ceux-là même qui forment le derniers cercle familiale de François Bozizé et qui prennent les importantes décisions à sa place, Cyriaque Gonda a été obligé d'utiliser le langage des aigris et des faibles d'esprits, à savoir, l'injure. Car nous assistions ces derniers jours à un festival de propos déplacés de la part de ce ministron sur les antennes de Radio-Centrafrique contre les leaders de l'opposition.

Par ailleurs, c'est pourtant un secret de polichinelle, François Bozizé n'a aucune estime pour son ministre de la communication. L'on se souvient encore de sa mise à l'écart après les élections de 2005. Il a fallut le décès des ministres Pierre Gonifeï Ngaïbonanou et Charles Hervé Wénézoui, deux têtes pensantes de la galaxie bozizéenne, pour que le président centrafricain se résolve à confier un poste de responsabilité à monsieur Gonda. Ceci peut expliquer cela.

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 23:12

Ndlr Centrafrique-Presse : Au moment où il est beaucoup question de loi d’amnistie générale avant l’ouverture des travaux du dialogue politique inclusif, il nous a paru utile de rafraîchir la mémoire de nos fidèles lecteurs avec les dépêches et articles de presse de l’époque au sujet du même genre de situation que connaissait la République centrafricaine.

 

La seule différence avec la situation actuelle est que le président de la République naguère s’appelait Ange Félix Patassé et le chef de la rébellion n’était autre qu’un certain François Bozizé qui exigeait une amnistie générale avant de retourner au pays.

 

Il s’agit des extraits édifiants d’une interview accordée par le général rebelle Bozizé au quotidien camerounais Mutations du 16 septembre 2002 où celui-ci ne faisait pas mystère de son empressement à prendre le pouvoir par coup d’Etat car il ne pouvait patienter jusqu’à la fin du mandat électoral du président Patassé en 2005. Il accusait également ce dernier de s’être transformé en homme d’affaires et d’avoir de relations avec des maffieux.

  

Depuis le 15 mars 2003, Bozizé a remplacé Patassé à la tête du pays et les Centrafricains se souviennent de l’affaire Düsseldorf où Bozizé a été arrêté en juin 2004 en Allemagne par la police en tentant d’écouler ses diamants. En le recevant le 19 novembre 2007, le président Sarkozy a ouvertement accusé de corruption deux de ses ministres dont son neveu Ndoutingaï à propos des dessous de table dans le dossier URAMIN AREVA.

 

C’est comme si l’histoire de notre pays se répète. Le reste se passe de commentaires

 

Le général Bozizé pressé de prendre le pouvoir

 

Afrique Express N°256 du 02/10/2002

 

Le général centrafricain rebelle François Bozizé a laissé entendre qu’il pourrait prendre le pouvoir en Centrafrique avant l’échéance des élections présidentielles de 2005, qu’il juge “trop loin”, dans une interview au journal camerounais Mutations, parue le 16 septembre.
L’ex-chef d’état-major de l’armée centrafricaine, réfugié au Tchad depuis novembre 2001 après avoir résisté à une tentative d’arrestation à Bangui, affirme que le président Ange-Félix Patassé doit “soit changer de politique soit rendre son tablier”.


Interrogé sur sa préférence entre la voie des armes et celle des urnes, il déclare: “Les urnes pour vous, cela signifie qu’il faut attendre la prochaine élection présidentielle dans trois ans? C’est trop loin. Le peuple meurt de faim pendant qu’il (le président Patassé) se remplit les poches”.


“Nous avons des atouts pour réussir et des moyens pour parvenir à nos fins. Mais je ne peux pas vous fixer une date. Dieu seul pourra mieux nous fixer sur l’avènement de ce jour là”, ajoute encore M. Bozizé, au journaliste qui lui demande s’il sera président dans moins de trois ans.

 
Bozizé, devenu pomme de discorde entre les régimes centrafricain et tchadien, fustige le président Patassé qu’il accuse de s’être “transformé en homme d’affaires” et d’avoir “rallié une clique mafieuse qui pille avec lui le pays”.


“Aujourd’hui l’Etat centrafricain n’existe plus. Avons nous le droit de croiser les bras? Je dis non!”, poursuit M. Bozizé, qui estime que l’armée centrafricaine “me considère toujours comme son chef et ne veut pas combattre contre moi”, contraignant selon lui le régime de Bangui a recourir à des mercenaires.


Le général reste par ailleurs très flou sur les moyens qui lui permettent d’entretenir depuis bientôt un an ses partisans armés à l’extrême nord de la RCA, près de la frontière avec le Tchad. “Les paysans nous fournissent le nécessaire pour notre alimentation. Des amis extérieurs nous aident aussi.

 

Je contribue également à entretenir mes hommes grâce à mes modestes économies”, assure-t-il, affirmant : “N’Djamena ne nous aide par militairement”.

Il souligne enfin qu’il ne serait prêt à être réinstallé dans ses fonctions et prérogatives en RCA qu’aux “conditions” d’un arrêt des poursuites judiciaires et d’une amnistie totale pour lui et ses hommes.

 

 

Abandon des poursuites judiciaires  contre le général Bozizé qui refuse  de rentrer au pays et réclame une amnistie

 

Afrique Express N° 242  du 02/01/2002

 

"La poursuite de la procédure contre François Bozizé et autres est inopportune", a annoncé de manière impromptue à la radio nationale, le jour de Noël, le président de la Commission mixte d'enquête judiciaire, Joseph Bindoumi, chargée de faire la lumière sur le putsch manqué du 28 mai dernier. "Le procureur de la République, près le Tribunal de grande instance de Bangui, mettra immédiatement en liberté les personnes considérées comme auteurs, co-auteurs et complices dans cette affaire", a ajouté Joseph Bindoumi.

L'ancien chef d'état-major, réfugié actuellement au Tchad, était accusé lui aussi d'avoir voulu renverser le président Ange-Félix Patassé.

 

Des accrochages survenus fin novembre dans le nord de la Centrafrique entre des troupes centrafricaines et ses partisans armés, qui se sont également réfugiés au Tchad, ont probablement avivé les craintes des autorités centrafricaines de voir ces soldats perdus former un début de rébellion.

Les tensions entre le Tchad et la Centrafrique a atteint son apogée le 21 décembre, quand les deux pays se sont mutuellement accusés de mouvements de troupes sur leur frontière commune.

Cette décision surprise de Bangui doit sans doute beaucoup à la pression de la Libye, qui soutient militairement le régime du président Patassé, avec quelque 200 militaires libyens toujours présents dans le pays. Le ministre libyen de l'Unité africaine, Ali Abdel Salam Triki, venait en effet de rencontrer les présidents Patassé et gabonais Omar Bongo, avant que Bangui ne se décide à faire un geste en direction de Bozize, et surtout du Tchad.

 

Le général Bozizé : une amnistie avant tout retour en Centrafrique

 

François Bozizé, dans un entretien à Radio France Internationale (RFI), a lié son retour en Centrafrique à une amnistie de la part du président Ange-Félix Patassé. "Que le président de la République prenne une décision d'amnistie" au lieu de "laisser la justice jouer un jeu flou et confus", a-t-il réagi à l'annonce de l'arrêt des poursuites judiciaires lancées contre lui.

 

Il s'est aussi interrogé sur la "sincérité" du président centrafricain Patassé. "S'il est sincère, que les troupes étrangères quittent le sol centrafricain, qu'on n'entende plus parler de la venue d'une force de maintien de la paix en République centrafricaine", a déclaré le général exilé, en référence aux conclusions du sommet de Khartoum sur la crise centrafricaine, organisé le 3 décembre à l'initiative de la Libye.

 

Le Tchad et la Libye ont par ailleurs salué la décision des autorités centrafricaines d'abandonner les poursuites judiciaires contre l'ancien chef d'état-major.

par Juliette Abandokwe publié dans : Centrafrique
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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 23:07

CENTRAFRIQUE NEWS:LE PRESIDENT PATASSE QOI QU'AVIENNE NE POURRA ECHAPPER A LA CPI
Qui a dit que le ridicule tue l'Africain?
PATASSE CHEF D'ETAT,DEMAFOUTH MINISTRE DE LA DEFENSE,BOZIZE CHEF D'ETAT MAJOR
Lequel de ces trois(3) échappera t'l à la cour pénale internationale?

PATASSE en sa qualité de chef d'état de l'époque est considéré comme étant le donneur d'ordre aux troupes de BEMBA SON FILS ADOPTIF.

DEMAFOUTH en sa qualité de Ministre de la défense est associé aux différents plans d'action DES "BAYAMOULENGUE"dirigés par l'actuel chef d'état BOZIZE CHEF D'ETAT MAJOR DE L'EPOQUE

Lorsque DEMAFOUTH parle d'interroger PATASSE sur ces évènements, il ignore les rapports de la CPI le considérant au même titre que PATASSE et BOZIZE comme Etant les  éléments clés de ces évènements.

Il faut lire ce long rapport de plus de 1000 pages pour savoir qui a reçu BEMBA et ses troupes à BANGUI, qui a livré les armes et munitions voire tenues de combats aux éléments de BEMBA.

Pourquoi l'état centrafricain ne s'est il pas constitué partie civile dans le braquage de nombreuses banques Nationales par les éléments de BEMBA dès leur arrivée?

En tout cas BANGUI va vivre des moments agréableset palpitants politiquement parlant

Raymond BOMONGO

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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 00:02

Les tribulations de Francis Bozizé ou du rififi dans le camp du pouvoir



Francis et François Bozize
Francis et François Bozize
Selon nos informations, rien ne va plus entre Francis et François Bozizé, respectivement ministre délégué et ministre de la Défense Nationale.

François Bozizé reprocherait à son fils ses liens avec Charles Massi. A en croire notre source, les services de renseignements du ministère de la Défense auraient intercepté des fréquentes communications téléphoniques entre les deux individus.

Toujours selon la même source le fils Bozizé serait interdit d'avoir accès à son cabinet au ministère de la Défense. Ses mouvements sont surveillés. Car il aurait menacé son père de président des représailles : Francis Bozizé aurait rappelé à son père l'assassinat de Laurent Désiré Kabila et son remplacement par son fils Joseph.

Francis Bozizé que nous avons tenté de joindre pour avoir sa version ne prend plus son téléphone portable. Plusieurs tentatives sont donc restées vaines.

Par ailleurs, on apprend également que le torchon brûle entre le même Francis Bozizé et Jean-Serge Wafio au sujet des 100 logements construits grâce à la coopération chinoise sur la route de Boali. Car François Bozizé, ses fils, ses lieutenants et autres parents occuperaient la majeure partie de ces logements, pourtant destinés aux petits fonctionnaires qui n'ont pas les moyens d'avoir un pied-à-terre. Monsieur Wafio, alias Mo Wara mo Tè Biani, aurait ordonné, en sa qualité de ministre des édifices publics, un recensement de l'immobilier public qui a révélé l'ampleur de la situation : le président centrafricain a, à lui seul deux villas dans le lotissement des 100 logements. Cela n'aurait pas plu au fils Bozizé qui s'en est vertement pris à Jean-Serge Wafio.

Pour certains observateurs, la nomination de ce dernier en tant que Commissaire chargé du Département du Marché Commun au sein de la Cémac équivaudrait à son éloignement du gouvernement.

La vérité complète sur ces tribulations du fils Bozizé sera-t-elle connue un jour ? Rien n'est moins sûr. Néanmoins, une chose semble certaine : le navire bozizéen prend l'eau de partout. Il faut donc s'attendre à des surprises.




Dimanche 06 Juillet 2008
Adrien Poussou


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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 17:51

 Pascal KOYAMENE récuse la présence du fils Kolingba au Gouvernement

« Le RDC  n'a jamais conclu un accord de gouvernement avec le KNK. Par conséquent, le RDC n'a pas un Ministre au gouvernement ».



Pacal Koyamene, SG du RDC
Pacal Koyamene, SG du RDC
Présentez-vous à nos lecteurs ?
Je suis Pascal KOYAMENE, Secrétaire Général du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC).

Quelle analyse faites-vous de la situation actuelle de Centrafrique ?
Notre pays traverse une crise grave. Tous les fondamentaux de l'économie nationale sont au rouge. La crise sociale est profonde. Il y a des bruits de bottes partout dans le pays, notamment dans le Nord Ouest, le Nord Est et, maintenant l'Est, marqué par la présence des rebelles ougandais. Le Nord qui naguère était le grenier de notre pays est exsangue.
En sus de cela, notre démocratie naissante est malade à cause de ses dirigeants. Je puis dire que les moyens d'expression de la démocratie que sont : les marches pacifiques, les meetings, les sit-in, les protestations sont interdits. L'accès des partis politiques, surtout ceux de l'opposition, au média d'Etat est prohibé. L'impunité, la mal gouvernance, le tribalisme outrancier, l'amateurisme sont devenus les règles de gestion des affaires de l'Etat. Les institutions républicaines sont malades de leurs dirigeants.
Sans pousser l'analyse plus loin, vous conviendrez avec moi que la société  centrafricaine est malade et connaît une misère sans précédent. Chaque  foyer centrafricain doit faire face à une misère criarde. A cela vous y ajoutez la hausse incontrôlée des produits de première nécessité, alors que le salaire des fonctionnaires est bloqué depuis un quart de siècle. Cependant la classe dirigeante s'enrichie impunément !
Tout ce sombre tableau  interpelle la classe politique et particulièrement le RDC et l'opposition dans son ensemble. C'est pourquoi nous avons demandé à hue et à dia et obtenu le principe du dialogue politique inclusif dont la préparation tire à sa fin

Comment expliquez-vous le sommeil, disons-le très profond, du RDC ?
Qu'appelez vous sommeil très profond du RDC ? Cela prouve que vous, Journalistes centrafricains, vous ne suivez pas les activités des partis politiques. Vous ne chassez pas l'information comme cela se fait sous d'autres cieux !
Je puis vous informer que le RDC a renouvelé ses structures de base à Bangui comme dans l'Est et l'Ouest de notre pays, je veux parler des Préfectures de la Ouaka, du Mbomou, de la Haute Kotto, du Haut Mbomou, de la Basse Kotto, de la Mambéré Kadeï de la Sangha Mbaéré, etc…
En plus nous organisons à une cadence régulière, des assemblées générales et récemment, la Jeunesse de notre parti, a organisé une semaine culturelle retentissante, du 23 au 28 février 2008.
Le RDC est aussi l'un des principaux animateurs de l'opposition regroupée au sein de l'Union des Forces Vives de la Nation (UFVN).

Avec ce silence, doit-on considérer le RDC comme un parti politique appartenant à l'opposition ou à la mouvance présidentielle ?
Le RDC est résolument dans l'opposition. Votre question prouve encore une fois que votre journal ne suit pas l'actualité politique de notre pays. Le Secrétaire général du RDC que je suis est Porte Parole de l'UFVN. Il me paraît inconcevable de demander si mon parti appartient à la mouvance présidentielle.

N'empêche que le RDC a un représentant au Gouvernement ?
Le RDC  n'a jamais conclu un accord de gouvernement avec le KNK. Par conséquent, le RDC n'a pas un Ministre au gouvernement.
On dit aussi que le Général Kolingba, président du RDC, jouerait le jeu de son frère d'arme Bozizé. Son silence devant des sujets d'extrême préoccupation, tels les actes de barbaries recensés ça et là à travers le pays est considéré par certains comme de la complicité passive. Qu'en dites-vous ?
 Vous voulez prêcher le faux pour connaître le vrai ! Le Président Kolingba est un Homme d'Etat qui est imbu d'une sagesse légendaire. Il est aussi visionnaire et pour exemple, le peuple centrafricain se souvient avec amertume de tout ce qu'il avait annoncé à la fin de son régime (la famine, l'insécurité, la paix que nous recherchons ardemment aujourd'hui).
Son silence est justifié par le non accès de l'opposition au média d'Etat.
‘ Laisser ceux qui ont gagné (sic) les élections gérer le pouvoir avait-il déclaré. Son discours même teinté de sagesse est mal accueilli par le cercle du pouvoir qui lui cherche tout le temps des poux sur un crâne rasé.
Par conséquent, il n'y a pas de complicité passive ou je ne sais quoi. Le RDC a toujours dénoncé la barbarie, l'impunité, la mal gouvernance etc, qui caractérisent le pouvoir du Président Bozizé.

Que répondez-vous à ceux qui pensent que le RDC est un club d'amis ?
Je ne comprends  pas qu'on puisse demander à moi, Secrétaire Général d'un Parti qui à 16 fédérations correspondant aux 16 Préfectures de la RCA et 3 fédérations à Bangui, en un mot l'un des rares partis de dimension nationale, que mon parti est un club d'amis. Soyons honnêtes !
C'est peut-être votre journal qui l'affirme, mais cela n'engage que vous. Mais aucun Centrafricain sérieux et observateur politique ne peut dire ce que vous insinuez sournoisement.
Je me permets de conclure sur cette question par ce proverbe chinois » L'ignorance es la nuit de l'esprit, et cette nuit n'a ni lune, ni étoiles ».

  Mais vous-même (le RDC), ne faites rien pour faire taire cette considération. En exemple, l'année dernière, pour peu qu'un journaliste ait critiqué le groupe ethnique ayant plus d'adhérant au sein de ce parti, pour que nous soyons servis d'un droit de réponse très salé ?
Si vous avez lu  la « réponse salée » dont vous parlez, votre question n'a plus sa raison d'être. C'est par devoir de vérité que nous avons concocté ce droit de réponse. Il était temps de rétablir la vérité et de montrer, preuve à l'appui, que le Président Kolingba a eu à travailler avec toutes les filles et tous les fils de ce pays, quelque soit leur appartenance régionale, clanique ou tribale.
Il vous appartient, à vous journalistes, d'écrire la vérité au lieu de vous complaire dans le mensonge et la haine tribale qui tue ce pays. Comparativement à ce qui se passe sous le régime du Président Bozizé, il n'y a pas de commentaires. Mêmes vous autres journalistes et surtout ceux qui étaient toujours prompts à jeter l'anathème sur le régime Kolingba, vous restez tous muets comme des carpes.

Que doit-on dire de l'Etat de santé, si je peux me permettre cette métaphore clinique, du RDC ?
Le RDC n'est ni malade, ni comateux, encore moins dans un état clinique comme vous le persiflez et je sais quel médecin viendra le soigner. Le RDC pète la santé comme on dit. C'est un parti politique qui se respecte et qui a sa stratégie, même s'il y a des détracteurs qui répandent ces nouvelles sur son compte, pour gagner quoi, je ne sais. Mais en tout cas, le RDC se porte très bien. Ses structures fonctionnent à merveille.

Trouvez-vous normal que le RDC n'a plus tenu un congrès après celui de Berberati ?
Encore une fois la vérité est tronquée. Le RDC a organisé trois congrès constitutif en février 1987, deux ordinaires dont un à Berbérati en 1990 et un à Bangui en 1994. J'ajoute qu'il a eu le Congrès extraordinaire de 1991 en plein multipartisme naissant.

A quand le prochain congrès du RDC ?
Pour se mettre en ordre de bataille pour les échéances électorales futures, le RDC organisera son congrès en 2009.

Où en sommes-nous avec la dissidence des Zingas, Léna et Beladé qui ont rejoint en 2005, avec armes et bagages, les rangs du vainqueur des élections ?
Il n'y a pas match sur la question. Ils étaient sous le coup de la loi en utilisant le sigle, le logo du RDC et la justice de notre pays a tranché, il ne leur reste qu'à créer leur parti.

Que pense votre parti au sujet du dialogue politique inclusif ?
Mon parti est l'un des géniteurs du dialogue politique inclusif. Compte tenu de l'ampleur de la crise que traverse notre pays, c'est à mes yeux, la seule solution de sortie de crise.

Que vous inspire les derniers développements au sujet de ce dialogue, notamment l'élection de
l'ancien ministre de Patassé, Demafouth en qualité de président de l'un des groupes rebelles centrafricains, en occurrence l'APRD ?

L'élection de Démafouth à la tête de l'Armée populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD) dérange ceux qui ont des choses à se reprocher. Que je sache, il a géré les affaires de l'Etat avec eux. On serait bien curieux de connaître le contenu de leur pomme de discorde et en tirer les leçons pour la paix durable dans notre pays. Pour garantir le caractère inclusif du dialogue, il doit être présent.

Ce dernier est poursuivi pour son rôle présumé dans l'assassinat des proches du président de votre parti, quelle est la position du RDC sur la question ?
L'affaire que vous évoquez est pendante devant la justice. Si Démafouth doit répondre de ses actes devant la justice de son pays, quoi de plus normal ? Le RDC ne s'immisce pas dans les affaires de la justice. Il appartient à cette dernière d'aider le peuple centrafricain à connaître la vérité, rien que la vérité et de sanctionner les auteurs de ces actes odieux.

Seriez-vous prêts à travailler avec celui-ci au sein d'un Gouvernement d'Union Nationale ?
S'il n'est pas reconnu coupable par la justice, mais c'est un centrafricain ! Si on  doit travailler avec lui dans un hypothèque gouvernement d'union nationale, pour la paix, pourquoi ne pas le faire ? Nous sommes un parti de rassemblement et de fraternité, prêt au pardon, comme notre Président Fondateur, le Général d'Armée André Kolingba l'a fait en son temps. Mais nous ne distribuions pas des étiquettes aux centrafricains comme vous.

Quel est votre message de fin ?
 
Notre parti, le RDC et son Président Fondateur, ont toujours prôné la paix en Centrafrique, notre beau pays. Cette paix, le RDC, est prête à l'offrir au peuple centrafricain en 2010.



cb[Commentaire de la Rédaction: étant donné qu'il s'agit d'une interview muette, c'est-à-dire réaliser à distance par le biais d'un protocole soumis à l'interviewé, ce qui ne donne pas lieu à un droit de suite, la rédaction de L'indépendant se voit dans l'obligation de faire les observations qui s'imposent. Les affirmations pour les moins insolites, voire même fantaisistes, teintées de suffisance et d'orgueil mal placé, contenues dans cette interview n'engagent que l'auteur. En aucun cas, notre journal, n'insinue sournoisement ni même ne persifle, encore moins n'attribue des étiquettes à qui que ce soit, surtout pas à son parti ô combien très grand. Oublie-t-il, qu'un parti, quel qu'il soit, n'existe que dans la mesure où il émette des avis sur des sujets graves qui touchent l'avenir du pays ? Le MLPC par exemple, pourtant membre de l'UFVN ne manque pas l'occasion de s'exprimer par le biais des communiqués de presse sur les questions hautement sensibles qui peuvent surgir. Tel n'est malheureusement pas le cas du RDC. Comme les lecteurs et les cyber-lecteurs peuvent s'en rendre compte, pour des questions sommes toutes claires, nous avons eu droit à des réponses plein de fioritures. Quant à ses leçons de journalisme il peut les garder, car il nous semble que le RDC n'était pas demandeur de cette interview. Enfin, si l'ignorance est la nuit de l'esprit comme il affirme fièrement, il n'en reste pas moins certain que l'arrogance est méprisable et le Moi, haïssable. ]cb

L
Propos recueillis par Adrien Serge Poussou


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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 17:09

 Le dialogue politique se résume à la distribution des strapontins ministériels, selon Cyriaque Gonda



Au micro de nos confrères de l'Agence Reuters, ce mardi, le ministre centrafricain de la communication qui est en même temps l'organisateur du prochain dialogue politique, Cyriaque Gonda, a réduit les enjeux de cette importante assise censée ramener la paix et la stabilité dans le pays à une distribution des strapontins ministériels. « Il n'est pas exclu qu'il y aura une redistribution des cartes après le dialogue politique », a-t-il dit à Reuters dans une entrevue. « Le gouvernement, depuis la signature des premiers accords, a déjà commencé à donner quelque chose. Si cela doit se poursuivre au nom de la réconciliation nationale, il continuera ».

Loin d'apaiser les esprits, ces déclarations du ministre centrafricain sont de nature à amplifier la controverse autour de la question du dialogue politique en préparation. Elles sont l'émanation de la vision des autorités de Bangui sur la question. Il ne fait l'ombre d'aucun doute ni d'aucune hésitation que le président centrafricain et les stratèges de paille qui l'entoure tentent par toutes les manœuvres de vider ce dialogue politique de sa substance. D'ailleurs nul n'est besoin de rappeler que c'est par contrainte et sous la pression de la communauté internationale que ceux-ci se sont résolus à accepter l'idée d'un dialogue politique.

Dialogue de la dernière chance

Réduire les enjeux de ce dialogue voulu par la majorité des centrafricains à une simple question de répartition des portefeuilles ministériels aux rebelles et une frange de politiciens soucieux de rejoindre la mangeaille nationale c'est courir le risque d'engager le pays dans une voie sans issues et de l'empêtrer davantage dans ses péripéties. On se saurait ignorer allégrement les graves problèmes de gouvernance auxquels le pays est confronté. Ce dialogue est l'occasion de jeter les bases d'une vraie démocratie où les principes de la séparation des pouvoirs n'est pas seulement une simple vue d'esprit. La survie de notre dépende de la réussite de ce dialogue. Feindre de méconnaitre cette évidence même visible pour les aveugles, c'est faire peu de cas des nombreuses souffrances et désolations du peuple centrafricain. A moins que ce ministre n'a encore rien compris à la gravité de la situation qui exige la tenue d'un dialogue politique entre toutes les forces vives de la nation.

Nous voulons ici montrer, calmement, concrètement, sans esprit de polémique, comment cette réduction des enjeux du prochain dialogue, conduit le pays dans un piège. Nous ne parlons pas là, naturellement, des errements multiples et répétés du régime actuel. Nous ne parlons pas non plus des nombreux cas de détournement des biens et deniers publics ni des violations systématiques et quotidiennes des droits de l'homme et de la constitution. Mais ce piège dans lequel se dirige notre pays n'est rien d'autre que l'amateurisme et le manque de patriotisme de ses dirigeants qui le conduit inexorablement à vau-l'eau.

Nous parlons donc de cette jeunesse en mal de repère et sans avenir. Nous parlons justement de cette mère qui voit son enfant mourir ne sachant quoi faire. Nous parlons aussi de ce père de famille, fonctionnaire de surcroit, qui n'a pas touché son salaire depuis belle lurette et qui a perdu tout honneur au sein de la société. Nous parlons également des hôpitaux qui manquent l'électricité et l'eau courante et qui sont devenus de véritables mouroirs pour malades. Nous parlons en fin de cette zone de non-droit qu'est devenu notre pays, de ces aberrations juridiques et politiques, qui restent, à l'heure où nous écrivions ces lignes, le déshonneur de tout un peuple jadis fière de son existence.

Voilà pourquoi le président centrafricain et ses conseillers doivent éviter d'engager le pays dans cette partie de poker grandeur-nature qui cache mal leur volonté de s'éterniser au pouvoir.

 Juillet 2008
Adrien Poussou


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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 14:34
 

Diaspora et Développement: Le Point de vue d’Alain Anyouzoa


Quebec (Canada), Mai 2008
© Ferdinand Mayega, Le Combattant, Correspondance

La diaspora africaine peut et veut jouer un rôle majeur dans le développement du continent noir. Elle entend bien participer au débat autour de la problématique du progrès du continent africain.
 
Pour cette raison, dans le cadre de la rubrique Diaspora de votre journal, nous vous donnons la position d’un brillant universitaire camerounais Alain Gaétan Njimoluh Anyouzoa.

Le Dr Alain Anyouzoa est titulaire d’un PhD en informatique de la Vrije Universiteit de Brussel en Belgique, diplôme obtenu en 2004. Spécialiste en Intelligence Artificielle, il est “Principal Scientist”, l’équivalent académique de Professeur d’Université aux Etats-Unis, et travaille pour la compagnie Global Info Tek Incorporated qui fait dans la recherche militaire et les systemes informatique pour le renseignement. Global Info Tek Incorporated est située à Reston en Virginie sur la côte est des Etats-Unis. Le domaine de recherche du Dr. Alain Anyouzoa est à la frontière entre la théorie des jeux, la biologie, l’économetrie, les statistiques…et la mécanique quantique.Courtisé par des multinationales, le 27 mai prochain, il occupera un nouveau poste chez Microsoft Corporation à Redmond dans l’État de Washington.Le 16 octobre 2003, il a gagné à Halifax au Canada sur 593 chercheurs venus du monde entier et travaillant pour des universités et compagnies prestigieuses comme le MIT, IBM, Microsoft, Dassault Aviation, le Best Paper Award de l’IEEE/WIC/IAT pour sa publication scientifique intitulee:” Dynamic Stochastic Capacity Princing for Resource Allocation”. Il a également été nominé pour le même titre l’année suivante pour son travail sur la stabilité des systemes dynamiques. Mais n’a pas pu competir à Beijing en 2004 parce qu’il defendait sa thèse de doctorat au même moment.Agé de 39 ans, marié et père de 3 enfants, l’universitaire donne son point de vue sur la situation peu honorable de l’Afrique et tente de proposer des solutions pour sortir le continent en général, et le Cameroun en particulier du sous développement.
 
«Le paradoxe à ce moment est que ceux de nos confrères qui sont passés dans l’administratif ou le politique sont les premiers à defendre l’indefendable.»
 
Quel est d’après vous, les raisons profondes du sous développement de l’Afrique et de son retard dans l’acquisition du know how technologique ou industriel?

Alain Anyouzoa: Ma réponse sera simple et brève: le manque de volonté politique. Si je peux développer encore plus. Au lendemain des indépendances, les africains qui étaient allés se former en occident revenaient parce qu’ils savaient que l’avenir de leurs jeunes nations reposait entre leurs mains. Presque tous nos pays sont actuellement dirigés par ces derniers. Par la suite, l’élite intellectuelle qui avait suivie cette première génération jusque dans les années 1980, les boursiers africains et autres intellectuels formés en occident revenaient fièrement après leurs études participer à l’effort de développement du continent. La majorité de ces intellectuels qui ont acquis le savoir scientifique et technologique, revenue au bercail, au lieu d’appliquer ce qu’ils ont appris à l’étranger, se sont vus confier des postes de bureaucrates et ont par conséquent abandonné leur mission premiere qui était d’aider l’Afrique à rattrapper son retard technologique. Certains de nos confrères font le choix d’abandonner la recherche pour un poste politique ou admnistratif. Ce qui est comprehensible dans un environnement où les ascenseurs sociaux sont grippés. Salaires miserables, manque de profil de carrière. Ayant des familles à nourrir et certainement des ambitions personnelles, c’est à qui mieux mieux.
La consequence immediate est que les moins resistants font tous l’école buissonnière et se mettent au service des régimes qui les abrutissent, adherent à des sectes et reseaux, pendant que les plus resistants s’accrochent en esperant veinement qu’un jour viendra où nos responsables politiques comprendront la nécessité de soutenir la recherche. Le paradoxe à ce moment est que ceux de nos confrères qui sont passés dans l’administratif ou le politique sont les premiers à defendre l’indefendable. Ceci très souvent dans une masturbation intellectuelle qui n’a d’égale que l’energie avec laquelle ils vouaient ceux qui les opprimaient aux gemonies. Comme disait un de nos compatriotes dans une lettre publique aux camerounais, “ils ont succombé aux delices faciles du quotidien et affichent leurs diplômes comme de simples medailles rappelant leur exploits passés”. Ils ne lisent plus, ils n’apprennent plus, ils ne se remettent plus en question. Ils sont supposés être les “éveilleurs de consciences”. Mais non! Ils sont repus et compromis! Pourquoi les met-on derrière des bureaux si ce n’est une stratégie pour tuer leur génie! Un pays peut-il avancer quand la science est sacrifiée à l'autel des lubies de ses dirigeants? On a l’impression que ceux qui étaient qualifiés d’illettrés lors et après nos independances avaient fait mieux! Comprenez-moi bien. Je ne suis pas entrain de dire que des ingenieurs et des docteurs ne devraient pas occuper des postes de responsabilités.

Mais la proportion de docteurs, ingenieurs et techniciens de tous bords “fonctionaires” en Afrique est alarmante!Aujourd’hui, le constat est clair et evident. La grande majorité des hommes de science de l’Afrique formés après les années 1980 et surtout à partir des années 1990 ne rentrent plus en Afrique une fois leurs études terminées. Ces derniers occupent des postes de professeurs ou de chercheurs dans des universités et des grands centres de recherche à la pointe de la science et de la technologie soit en Europe, en Asie et de plus en plus en Amérique du nord. D’autres preferent ”laver les assiettes dans les pays où ils ont etudié quand ils n’arrivent pas à trouver un travail à la hauteur de leur competences”. L’Afrique compte aujourd’hui à travers le monde, pas moins de 40.000 PhDs ou docteurs d’État dans des domaines de la science et la technologie, et une grande majorité se trouve en ce moment aux Etats-Unis.

Toute cette diaspora africaine de la matière grise est prête à aider le continent et je suis certain qu’une grande majorité veut rentrer aider l’Afrique à relever le défi technologique pour son développement. Mais, il faut reconnaître qu’il y a beaucoup de pesanteurs au sein des classes dirigeantes de nos jeunes États. L’Afrique ne fait rien ou pas assez pour encourager le retour des intellectuels africains comme ça se fait en Chine, en Inde, etc. Le veritable problème n’est pas financier ou économique. Il est plutot politique. Nous en discutons assez souvent entre nous. Nos politiques ne font rien pour nous encourager à retourner dans nos pays.Si je prends mon cas particulier et mon champ de recherche, aucune structure de recherche au Cameroun ne peut me donner les conditions minimales nécessaires pour poursuivre ma recherche. Ce n’est pas un problème de salaire qui me preoccupe, mais plutôt la situation socio-politique. Des conditions de travail adequates et un environnement stable et viable sont nécessaires pour favoriser l’éclosion du savoir et la compétition avec d’autres chercheurs du monde. Je pense personnellement que nos confrères qui travaillent actuellement en Afrique sont des héros. Quand je pense à leurs conditions de travail, j’ai beaucoup de respect pour eux au vu de leur productivité scientifique. Imaginez un seul instant qu’on leur donne un peu plus de moyens!Pour vous faire comprendre la difficulté d’aider l’Afrique et les freins que nous rencontrons à l’exemple du Cameroun, je vais vous donner un exemple bien simple.

J’ai rencontré un haut responsable en charge de l’enseignement supérieur au Cameroun et lui ai proposé d’aller, à mes frais, donner chaque année, des cours pendant au moins deux semaines, gratuitement aux étudiants de l’école Polytechnique ou d’une université camerounaise afin de leur faire profiter de l’avancement des connaissances, et de mes recherches dans mon domaine. Je n’ai jamais reçu une suite à ma demande. J’étais même prêt à mobiliser un certain nombre de mes collegues et amis africains et non-africains qui aimeraient aider le continent africain! Quelques temps après, j’ai fait la même proposition à la présidence rwandaise. Le courriel que j’avais envoyé autour de 22 heures, heure de Washington DC avait été répondu favorablement en l’espace d’une heure d’intervalle le même jour. Le choix du Rwanda était guidé par la volonté du régime à doter ce jeune pays d’une des meilleures plateformes technologiques d’ici l’horizon 2020. Le Rwanda, ce petit pays africain qui a connu des traumatismes inoubliables en 1994 a compris qu’il ne peut pas exister sans la volonté de sortir de la pauvreté, et donc du sous-développement. Au même moment, les dirigeants de mon pays d’origine se plaisent à voir le Cameroun dans la situation dans laquelle il se trouve puisqu’ ils refusent l’apport gratuit des camerounais de la diaspora.

Pouvez-vouc imaginer qu’un chargé de cours gagne près de 4 millions de FCFA par mois au Rwanda alors qu’un enseignant dans une université camerounaise gagne à peine 200 mille FCFA par mois? J’ai rencontré un jeune enseignant béninois en Novembre 2007 à une conference à la Silicon Valley en Californie qui voulait partir de son poste qu’il occupe dans une université de la région des grands lacs pour le Rwanda pour faire un million de FCFA en plus par mois! Connaissant le Cameroun, j’avais l’impression que l’histoire de ce jeune enseignant africain, jonglant ainsi entre deux pays en Afriques relevait d’un recit Kafkaen. J’étais à la fois intrigué et fier de voir un tel dynamisme et cet intérêt poussé pour ce petit État montagneux et enclavé de la région des grands lacs – Le Rwanda.La raison pour laquelle un pays comme le Cameroun est en retard n’est nullement le manque d’expertise. Je peux vous garantir que vous trouverez des camerounais dans tous les domaines scientifiques et techniques imaginables. Le problème est le manque de volonté politique, le manque de vision, l’absence de conditions nécessaires pour un meilleur epanouissement intellectuel. On peut aussi debattre sur les libertés individuelles Vous ne pouvez pas envoyer vos enfants aller étudier à l’étranger, et leur demander à leur retour d’oublier les valeurs morales et sociales (positives) qu’ils ramenent avec eux dans leurs bagages quand ils rentrent au pays. C’est leur demander de renier une partie d’eux-mêmes. Voilà d’une façon non exhaustive, autant de goulots d’étranglement à l’essor et la prospérité d’un pays comme le Cameroun.La clé de notre retard se résume simplement par le manque de volonté politique de nos dirigeants.

 
Vous aviez appris que le chef de l’État Paul Biya du Cameroun a modifié récemment la constitution surtout l’Art 6 alinéa 2 pour se représenter N+1 fois aux élections présidentielles. Face à une gouvernance politique de cette nature, pensez-vous qu’il existe une possibilité de sortir du sous-développement?


Personnellement, je ne pense pas que le chef de l’État soit seul responsable du pourrissement de la situation au Cameroun. Le dire serait de la malhonnêteté intellectuelle. En dehors du chef de l’État, je pense qu’il y a des gens autour de lui qui prennent aussi des décisions. Pensez vous que M. Paul Biya, se trouverait offensé qu’un ministre en charge de l’Enseignement supérieur ou de la Recherche scientifique aie pris des mesures, visant à encourager le transfert du savoir faire des hommes de sciences camerounais de la diaspora pour le bénéfice du Cameroun.Je ne pense pas que ce dernier se verrait blâmer ou limoger de son porte-feuille ministériel. Pour cette raison, le tort ne saurait revenir au chef de l’État tout seul, même s’il est à la tête du pays. Le tort revient au système tout entier. C’est tout un systeme qui est responsable de nos malheurs. C’est ce systeme qui nous abrutit, nous accable, traîne les pieds et freine toute velléité de progrès.Si le prochain président de la république est de l’entourage du chef de l’État Paul Biya, je suis certain qu’il sera difficile de voir changer les mentalités qui compromettent le progrès du Cameroun. Cependant, il faudrait s’attendre à certains changements parce que le nouveau président amenera certainement avec lui ses hommes de confiance. Il bâtira son propre système, un système qui lui permettra de diriger. Qui sait?

Il nous surprendra peut-être. Je n’ai pas de solution magique, mais je suis convaincu que la majorité des camerounais de la diaspora ayant un réel souci de transformation de notre société veulent voir les choses changer. Ils pensent être mieux placés pour gérer de manière efficiente et mener le pays vers un développement durable. Cependant, ils doivent comprendre que le Cameroun n’est pas un pays facile. Mon père a fait sa carrière dans le commandement. Pour avoir servi dans diverses régions du pays, il connaissait bien le Cameroun. Il me disait toujours que le Cameroun n’est pas facile à diriger. Nous avons nos réalites qui nous sont propres, et, malgré tous les diplômes que nous engrangeons à l’etranger, sans une connaissance et une comprehension profondes de nos réalites locales, il est impossible de diriger efficacement le Cameroun. Ceux de la diaspora qui veulent aider leurs pays doivent composer avec ceux qui sont sur place. Il n’y a pas que des idiots et des repus sur place. Il y’a aussi des gens competents qui n’attendent que la bonne occasion pour éclore. J’aimerais aussi que nous de la diaspora soyons francs avec nous-mêmes. Nous avons toutes ces belles idées quand nous sommes à l’exterieur et/ou hors de la mangeoire. Dès que nous recevons un petit strapontin, nous morphons et devenons ce que nous recusions par le passé. Puis, nous commençons à parler la bouche pleine.

La panacée pour sortir les pays africains du sous-développement semble être le développement durable. Seigneur! Quelle belle expression! Je vous parie que la majorité des intervenants africains dans les colloques internationaux, ne comprennent même pas ce que cette expression veut dire. Loin de moi l’intention d’insulter leur intellect. Je ne vois tout simplement pas les signes accompagnateurs de la maîtrise de ce concept dans nos societés. Les projets sont menés sans tenir compte des études environnementales qui ont été faites à coup de centaines de millions de FCFA, des édifices construits avec l’argent des contribuables ne sont pas entretenus. On attend que les ascenseurs ne fonctionnent plus du tout pour les remplacer tout simplement! On signe des contrats d’achats de systèmes informatiques avec des societés occidentales (françaises en occurence) à la BEAC sans exiger que les fichiers sources soient la proprieté de la BEAC. Au moindre petit problème, il faut appeler “UN SPECIALISTE BLANC” –formé sur le tas s’il vous plaît - qui viendra à coup de millions, passer une semaine sous le beau soleil africain pour résoudre un petit problème de 10 minutes au frais de la BEAC! Grand Dieu! Et on parle de développement durable. Le développement durable nécessite une culture de développement. Une vision. On doit apprendre à prevoir. Pouvoir adapter des solutions qui ont marché ailleurs à nos problèmes en tenant compte de nos specificités. Pouvoir se reinventer! Le développement durable est plus difficile que vous ne le croyez. Pour une societé aussi ancré dans le laxisme et les passe-droits comme le Cameroun, permettez-moi de douter de la volonté de certains quand ils prononcent ces deux mots.
 

Un proverbe chinois dit que le poisson pourrit toujours par la tête. Il est vrai, le problème du Cameroun tout comme celui de l’Afrique entière est celui du système en place. Cependant, à la tête d’un système tout comme celui d’un équipage de bateau ou d’avion, il y a un capitaine de navire ou un commandant d’aéronef. Dès lors, tous les malheurs de ce système reposent avant tout sur la tête du commandant en chef qui est le chef de l’État. C’est clair. D’où l’intérêt de pointer le doigt accusateur d’abord sur le Président Paul Biya. Qu’en dites-vous?

Je ne suis pas entrain de faire la défense du Chef de l’État tout comme je me refuse de politiser le débat. Mais pour vous donner un exemple de progrès dans le totalitarisme, regardez la Chine. J’invite les uns et les autres à faire la différence entre la politique et le développement, bien que les deux soient intimement liés! Je ne suis pas un spécialiste des questions de développement, mais je sais tout de même additionner 2 et 2.La Chine est l’une des dictatures les plus violentes au monde. Cependant, l’empire du milieu est entrain de rivaliser, voire même menacer la légitimité de la superpuissance américaine dans ce 21ème siecle. Ceci grâce à la maîtrise de la science et de la technologie et à l’apport de sa diaspora à travers le monde. La Chine a su créer les conditions d’un développement durable. La Chine a créée les conditions nécessaires à l’éclosion d’une classe moyenne qui est le veritable moteur de son développement. La Chine a créée les conditions favorables au retour de sa diapora. Les chinois ont par exemple le droit d’avoir plusieurs nationalités. Ce qui permet une meilleure circulation de ses citoyens. Qui dit circulation dit mobilité et opportunités d’études, de travail, etc. C’est la preuve que même dans une dictature, on peut faire avancer les choses si la volonté existe réellement. Pour vous dire la vérité, je ne suis qu’un scientifique et je ne peux proposer que des solutions scientifiques aux problèmes africains. Je formule le vœux que les dirigeants politiques au pouvoir en Afrique mesurent le retard de leur pays respectif et manifestent plus de volonté politique à changer le visage peu honorable que nous montrons. L’image d’une Afrique meurtrie par la misère et le poids trop lourd de son sous développement.

 
L’Afrique représente trois fois la superficie du continent européen et environ 14% de la population mondiale. Malgré son potentiel, le continent noir demeure à la traîne du progrès. Est-ce qu’il faut décidément donner raison aux européocentristes et afro pessimistes qui pensent que les africains sont congénitalement réfractaires à tout ce qui relève du développement?

Les africains ne sont pas réfractaires au progrès social, au développement. Cependant, je crois qu’il y a des pesanteurs intérieures et extérieures qui empêchent le take off ou le décollage de l’Afrique. J’ai la conviction que certaines personnes aussi bien dans nos États qu’à l’extérieur travaillent dur pour nous garder sous-développés. J’ai la ferme conviction que les classes dirigeantes africaines sont des coopérants au service des puissances occidentales dans leur propres pays. Ils sont en mission d’abrutissement et d’exploitation en Afrique. Ils ont tous des passports étrangers et ont leur enfants en occident. Ils ont toujours sous la main un billet d’avion pour partir au moindre soubresaut. Cette situation de l’Afrique joue en leur faveur parce qu’ils n’ont pas de compte à rendre à ceux-la qu’ils administrent pour le compte de leurs maîtres occidentaux. Ils traîtent mieux leurs animaux domestiques que le contribuable qui paie les impôts avec lesquels ils sont grassement payés. Je les plains à la fin parce qu’ils sont eux-mêmes prisonniers dans ces vastes prisons que sont les pays africains. Ils sont autant prisonniers que ces prisonniers qu’ils tiennent fermement sous leurs jougs pour le compte de leurs maîtres.

Malheureusement pour eux, quand ces populations en haillons se rebellent parce que trop affamées et brimées, ils n’ont que ces prisons pour se sentir vivre parce que ne pouvant pas supporter les hivers occidentaux qui tyrannisent leur rhumatisme. Les bons mets de chez eux leur manquent, pour ceux qui choisissent l’exil. Ils sont parfois obligés de négocier leur retour et deviennent prisonniers des nouveaux gardes prisonniers. Et le cycle recommence.Il faut savoir que le développement de l’Afrique ne viendra pas de l’extérieur, mais bien de l’intérieur. Notre changement viendra de l’intérieur. Pour cela, il faut une réelle prise de conscience de l’intérieur, des africains, pour faire bouger les choses dans l’optique de booster le développement de l’Afrique. Prenons un autre exemple. La Tunisie et le Maroc. Ces deux pays ne peuvent pas se prévaloir d’avoir plus de liberté individuelle que le Cameroun. Cependant, en matière de progrès social, économique voire technologique, ces pays sont de loin plus avancés que le Cameroun car la volonté de développement y existe. C’est tout le contraire au Camroun. Au Cameroun, nous assistons à une frenesie devorante et destructrice dans laquelle les camerounais de tous bords, certains avec l’aide de l’étranger, se bousculent autour de ce grand malade qu’est le Cameroun, le charcutent de toutes parts comme des fauves, et vont cacher des morceaux dans l’attente des mauvais jours. Ils jouent à qui pillera plus et le plus vite.
C’est à qui mieux mieux. Un safari aux relents de crimes contre l’humanite!A l’époque où j’étais étudiant en Belgique, j’ai un ami tunisien qui m’avait dit que leur gouvernement envoyait chaque année, des hautes personnalités faire le tour des pays du monde pour recruter des médecins, des scientifiques, des ingénieurs pour venir combler des postes en création ou vacants dans le domaine médical, l’enseignement et la recherche. Aujourd’hui, la Tunisie a une expertise dans des domaines comme les travaux publics, le bâtiment, l’informatique, la médecine, le tourisme, etc. De nos jours, les européens traversent la méditerranée pour aller se faire soigner en Tunisie. Ce tourisme médical génère des millions de dollars chaque année dans ce pays. Tout ceci a été possible en Tunisie grâce à la prise de conscience de tous les maillons du système au pouvoir. Nous savons pourtant que le camarade Ben Ali est l’un des démocrates les plus respectueux des libertés individuelles au monde. Suivez mon regard. Il n’y a qu’à lire le discours de Sarkozy le mois dernier à Tunis. Le camarade Ben Ali n’est pourtant pas plus démocrate que Paul Biya. Comparé à la Tunisie, le Cameroun est un îlot de liberté. Mais au moins, les résultats économiques et le progrès social sont perceptibles dans tout le pays. Là encore se pose une question de volonté politique du chef de l’État et de tout son entourage. Jusqu’à une certaine année, et peut-être encore jusqu’à ce jour, les camerounais representaient le groupe étranger le plus representatif dans le corps médical et dans l’ingenierie en Belgique. Nombreux sont ces médecins et ingenieurs camerounais formés en Belgique qui sont rentrés au Cameroun. Deçus par les structures d’accueil ou leur manque, ont préféré repartir avec la ferme décision de ne plus revenir au pays si les choses ne changent pas. Le savoir faire ne manque pas en Afrique et particulièrement au Cameroun.

Une fois encore, j’insiste pour dire que c’est une question de volonté politique. Il y a beaucoup qui trouvent leur compte dans la frange dans laquelle nous insistons parce que cette situation fait leur affaire. Non pas qu’ils ignorent ce qu’il y’a lieu de faire pour le bien-être de tous. Un autre exemple que j’aime bien cité, c’est celui de la Corée du sud.La Corée du Sud s’est transformée à l’époque d’un président qui avait dirigée le pays d’une main de fer. J’ai vu à la télé, un documentaire saisissant dans lequel on montrait comment les sud-coréens ont appris à construire des ponts, et ont bâtis leur industie lourde, bien avant les investissements massifs des Etats-Unis d’Amerique dans leur économie. D’échec en échec, la Corée a fini par apprendre et est devenue le tigre qu’on connait aujourd’hui. Bien des camerounais ignorent que le PIB de la Corée du Sud était inferieur à celui du Cameroun dans les années soixante, et que le Cameroun pretait même de l’argent à ce pays. Ce qui voudrait dire que même dans une dictature, il est possible de créer des richesses et resorber le sous développement. Les africains ne sont pas des attardés. Les raisons de notre retard sont ailleur!
 

Pourquoi les chefs d’État africains ne peuvent pas œuvrer à mettre sur pied des masse critique, des regroupements, des centres d’excellence pour la recherche africaine pour attirer les chercheurs à revenir faire la science et la technologie sur le continent parce que la recherche demande énormément d’argent surtout dans certains domaines?

C’est bien pensé mais il faut savoir qu’il y a des domaines de la recherche qui ne demandent pas beaucoup d’argent. C’est le cas de l’informatique qui est devenu en quelques années la pierre angulaire sans laquelle aucun développement n’est possible. Pour faire de la recherche en informatique ajourd’hui, on a juste besoin d’un ordinateur et d’une connexion internet. Aujourd’hui, presque toute la connaissance est disponible sur le net, et ceci gratuitement s’il vous plaît! On peut s’eduquer et créer à moindre frais. Je défie quiconque va me prouver le contraire. Pour ce qui est de la technologie, sa maîtrise peut se faire de la même façon. Je vous prends le cas des programmeurs. On n’a pas besoin d’un grand bagage académique pour créer des programmes informatiques. En plus, vous trouvez gratuitement sur le net des solutions à pratiquement tous les problèmes que vous rencontrez dans le domaine. Sur le net, on trouve même des recettes pour construire des bombes. Il existe même des sites qui montrent comment construire une bombe atomique. Ce qui vous manquera, c’est le matériel pour le faire. C’est là qu’il faudrait faire la différence entre la science et la technologie. La science vous donne la theorie nécessaire à la conception de la bombe, et la technologie vous donne les outils, le materiaux et les techniques pour construire la bombe proprement dite. Ceux qui disent que l’Afrique n’a pas de moyen pour faire la recherche ou de maîtriser la technologie sont soit ignorants ou alors de mauvaise foi. Nous avons le “Know How”, c’est à- dire la connaissance. Pour construire une maison, un immeuble au Cameroun, faut-il faire venir des maçons en Guinée Équatorialeou du Gabon? Je pense que non car ils sont formés dans les collèges d’enseignement technique industriel et commercial(CETIC).

C’est la même chose en informatique parce que, pour construire un programme informatique, quelqu’il soit, on a pas besoin que tous ceux qui travaillent sur le projet soient titulaires d’un PhD. Dans la majorité des cas, vous ne trouvez même pas des docteurs et des personnes avec le titre formel d’ingenieur dans la construction des programmes informatiques. L’experience tout simplement fait souvent l’affaire! On peut former de bons programmeurs sans que ceux-ci ne soient passés dans une école d’informatique pour prendre des cours formels. Je vous forme un programmeur en un mois, et un bon programmeur en 6 mois sans connaissances préalables en informatique! Pour ceux qui ne le savent pas, construire un programme informatique c’est comme construire une maison. Vous avez un architecte qui conçoit la maquette de la maison, fait l’étude du terrain, les dessins techniques etc. Et vous avez les maçons qui savent comment mettre une brique l’une sur l’autre. Donc, vous aurez un architecte pour 10, 20, 50 maçons et voire plus. Vous pouvez aussi avoir un ou deux contre-maîtres qui s’occupent de certains aspects du programme informatique et vous aident à diriger les maçons. Je parle par expérience pour avoir occupé le poste de “Chief Architect”, et avoir construit des programmes informatiques valant des millions de dollars americains. Formez-nous ces programmeurs dans les CETICs! C’est possible. C’est pas de la magie! Nous pouvons former des programmeurs comme on forme des maçons dans nos CETICs!Nous manquons d’argent pour faire la recherche poussée dans des domaines comme la physique nucléaire.

Mais en informatique, il ne faut pas de grands moyens pour commencer. C’est une évidence. Seulement, nous devons savoir qu’il ne suffit pas de commencer à faire de la recherche, il faut être capable de la soutenir pour espérer en récolter les fruits. Le développement se soutient. On ne doit pas créer des stuctures de recherche et les laisser deperir comme on a si bien appris à le faire avec les bâtiments publics. On les construit et on les utilise jusqu’a ce qu’ils rendemt l’âme (i.e. deviennent insalubres et inutilisables). Il ne suffit pas de souhaiter le développement, il faut créer des conditions pour soutenir ce développement.Au vu de ce que le monde est entrain de devenir, un monde dans lequel la maîtrise de l’informatique et des technologies de l’information en général sont devenues incortournables, je me pose bien la question de savoir comment on entrevoit le développement durable sans la maîtrise de ces outils. Je lis la presse camerounaise tous les matins, et je tombe regulièrement sur les colloques et seminaires pour la maîtrise des TIC. Je pense que les discours ne nous menerons nul part. Pendant que nous donnons des discours, les autres avancent pratiquement. Le Cameroun, avec ses chômeurs licenciés en lettre, en droit ou en sciences économiques pourrait mettre sur pieds une vaste campagne de reconvertion vers l’informatique et ainsi attirer les compagnies étrangeres qui trouveront sur place une main d’oeuvre qualifiée et bon prix, et facilement renouvelable. Donnez moi un licencié en lettre, je vous en fait un programmeur, peut-être pas un informaticien. Il y a quelques années, la Belgique et l’Allemagne ont sollicitée la main d’œuvre informatique de certains pays comme l’Inde. L’intégration de ces indiens fut tellement difficile (xenophobie rempante, etc.) que l’Allemagne dut abandonner l’expérience au bout d’un certain temps. La Belgique quant à elle s’est résolue à faire de certains de ses chômeurs, des programmeurs en leur donnant une formation accélérée de trois mois, et ceci gratuitement. Parmi ces chômeurs, il y avait des africains notamment des camerounais formés dans d’autres domaines en Belgique.

Pourquoi au Cameroun a-t-on des difficultés à emuler et imiter les bonnes choses qui se font ailleurs si nous ne sommes pas capable de trouver des solutions innovatrices par nous-mêmes.La science nous a été donnée. Elle est enseignée un peu partout dans le monde, disponible sur la toile. Il en est de même de la technologie. Mais une certaine technologie ne nous sera jamais donnée. On nous permettra de l’utiliser sans toutefois nous permettre de la maîtriser. Vous n’avez qu’à voir comment les brevets sont libelés. La retro-ingenierie est sevèrement punie, bien que certaines nations s’en moquent et dissequent le travail fait par d’autres pour en maîtriser les contours. Cherchons à maîtriser la technologie à notre portée. Le gouvernement doit encourager les camerounais à acquerir par exemple des outils électroniques (commes des ordinateurs) et d’autres à des taux préférentiels en terme de taxation douanière, pour faciliter l’accès de ces outils au plus grand nombre. Vous verrez la suite. Nous devons aussi nous assurer que nous appliquons les connaissances scientifiques acquises à la résolution des problèmes locaux. Chaque pays, chaque région du monde a des problèmes qui lui sont propres. La science a ceci de bien qu’elle est juste un outil dans la chaîne de production. Un outil bien versatile. Les lois de la physique par exemple sont les mêmes sous tous les cieux. Il faut donc faire cette science notre.

Comme disait le Prix Nobel de littérature Portugais José Saramago, "La langue appartient à ceux qui la parlent, pour le meilleur et pour le pire", je dirais aussi que la science appartient à ceux qui la maîtrisent, pour le meilleur et pour le pire.Il faut aussi encourager les chercheurs. Sans un soutien réel des pouvoirs publics, ces derniers ne pourront pas soutenir le développement du continent. J’ai par exemple lu un article dans un journal camerounais dont je ne me souviens pas le nom qu’un chercheur camerounais avait mis au point, il y’a une dizaine d’années, une espèce de semence de riz très riche en proteine, et qui permettait aussi d’augmenter sensiblement la productivité. L’espèce de riz en question est actuellement cultivée en Afrique de l’ouest. Ce qui est une bonne chose. Mais pourquoi pas au Cameroun où elle a été conçue? Ah je vois. Les prescriptions du FMI. Qu’est-ce qui nous y a amenés? Le manque de prévision. A quoi servent donc tous ces “thésards ou docteurs” qui pullulent dans les ministères en charge de l’économie et de la planification? Le chercheur cité plus haut est un héros pour la région ouest africaine. Pas au Cameroun où il est clochardisé comme bien d’autres grands esprits de chez nous.
 
Comment pouvez vous imaginer qu’ un camerounais de la diaspora qui veut revenir dans son pays d’origine se voit obligé d’obtenir une invitation formelle de quelqu’ un du Cameroun. Pourtant en Chine ou ailleurs,tu auras beau avoir dix citoyennetés différentes,le jour où on veut rentrer en Chine, le pays vous offre les conditions d’une bonne intégration à votre retour. Ensuite, le gouvernement chinois met à votre disposition, des moyens soit pour créer un laboratoire de recherche avec une équipe de chercheurs si vous êtes un homme de science. Dailleurs, savez vous qu’après l’élection de Jean Ping à la tête de la Commission de l’Union africaine, l’agence Chine Nouvelle ou Xinhua s’est félicitée de son élection. En fait, ce que beaucoup de gens ne savent pas, c’est que le père du gabonais Jean Ping était un chinois arrivé au Gabon dans les années 1930.Cela veut tout dire.


Au Cameroun, la diaspora ne fait-elle pas peur au régime?

Le problème que vous soulevez est réel. Cette politique peut être bonne et mauvaise. Personnellement, pour aller au pays, je dois faire la demande d’un visa. J’ai pris la nationalité américaine par nécessité. Je fais dans la recherche militaire et les systèmes informatiques pour le renseignement. Aux Etats-Unis, pour travailler dans des domaines comme ceux là, il faut avoir la citoyenneté américaine. Ce sont des domaines qui sont réservés uniquement aux américains. Le Cameroun ne reconnaît pas la double nationalité. Si je dois aller au pays, il faut que je donne des raisons à l’ambassade du bien fondé de mon voyage au Cameroun.Toutes ces mesures sont la preuve du manque de volonté politique de nos dirigeants. En effet, ces derniers savent que le pays possède des citoyens valables hors du pays. Le refus de les impliquer dans le combat pour le développement pourrait peut-être s’expliquer par la peur de l’inconnu. En effet, ces enfants qu’on a envoyés à l’exterieur pourraient venir créer des problèmes nouveaux, avoir des revendications qui pourraient remettre en question un certain ordre établi. D’ou des mesures restrictives et suicidaires comme celle prise à l’endroit des camerounais vivant à l’étranger. Nos dirigeants sont conscients du fait que la diaspora camerounaise ne sera pas docile comme le sont ces citoyens de l’intérieur. Ensuite, la plupart des camerounais de la diaspora ont une double nationalité et leur créer des problèmes n’est pas chose facile pour nos dirigeants compte tenu de l’influence du pays d’adoption. Cependant, une question se pose. Comment résoudre l’équation inextricable qui résulte de l’incompatibilité structurelle, doctrinale et idéologique entre la gestion de la chose publique telle qu’elle est faite sous les bananiers (en Afrique) et le besoin de développement? Toute la problématique du développement africain est là. Nos dirigeants devront un jour ou l’autre répondre à cette question.
 
La recherche scientifique est fonction de la spécificité de chaque pays?

Exactement, la recherche scientifique et technologique vise à résoudre les problèmes spécifiques de chaque pays. Les problèmes aux États-Unis sont différents de ceux du Cameroun. Prenons un autre exemple simple. L’obesité est un probleme de santé publique aux Etats-Unis alors que le Cameroun doit faire face aux maladies comme le paludisme qui prennent des proportions endémiques. Les priorités doivent forcement être differentes. Cependant, avec la mondialisation qui nous est imposée, certains types de problèmes deviennent progressivement les mêmes dans plusieurs, sinon tous les coins du globe. Vous avez ainsi le diabete qui devient un problème de santé publique dans des pays comme l’Inde, et même le Cameroun à cause entre autre du manque d’exercice, qui lui, est dû aux multiples facilités que nous avons aujourd’hui (vehicule, fast food, etc.). Nos priorités dans certains domaines pourraient donc rencontrer ceux d’autres pays où d’autres régions. Mais toujours est-il que cette science ou recherche qui sera faite sur des problèmes communs devra être adaptée à nos cultures, notre climat, notre biodiversité, etc. Si on prend l’example du diabete cité plus haut, vous verrez qu’il existe un diabete de type tropical que vous ne trouverez qu’en Afrique sub-saharienne.Pour ce qui me concerne, j’ai fait la recherche sur les systèmes distribués, et les agents intelligents. Je ne vois personnellement pas, du moins dans l’immediat comment ce genre de recherche peut profiter au Cameroun. Le genre de recherche que je fais entre plutôt dans l’outil de production, alors que le Cameroun n’est encore qu’un consommateur. Neanmoins, ça ne ferait pas de mal d’enseigner ces connaissances à des compatriotes.

Quel est le regard que vos collègues américains portent sur vous qui faites la recherche militaire?

En Europe, on pourrait avoir un autre regard sur moi. Je me rappelle d’un de mes professeurs en Belgique qui m’avait demandé si je rentrerais un jour au Cameroun, vu le genre de recherche que je fais, et les resultats que j’obtiens. Cet enseignant me prenait pour un oiseau rare. Et à cette époque, je me rappelle que j’étais l’un des rares africains dans le département d’informatique de mon université. Pour le lecteur, je dois preciser que j’ai fait toutes mes études d’informatique dans une université neerlandophone. Mais aux Etats-Unis, c’est différent, car les américains sont très ouverts. Le pays est un grand carrefour du monde. Les gens viennent de toutes les régions de la planète et les competences sont reconnues. Quand vous êtes compétent dans le pays de l’oncle Sam, Vous n’avez pas l’impression d’être un étranger. Le racisme devient un problème pour les couches pauvres de la societe et les moins scolarisés.
 

Est-ce que les africains de la diaspora se réunissent autour d’un cercle d’hommes de science aux Etats-Unis comme le font certaines communautés notamment indienne ou chinoise?

Vous allez trop loin. Dans la communaute camerounaise de la région de Washington DC où je vis, la communauté est morcelée en association sur des bases ethniques ou tribales. Ce qui n’est pas mauvais d’un point de vue culturelle et même sociale. Mais cela peut aussi representer un frein pour l’évolution de la communauté camerounaise dans son ensemble. Nous avons besoin d’un mouvement qui refletent toutes les couches et la diversité de la nation camerounaise. C’est la seule façon pour nous d’avoir une certaine visibilité et faire contre-poids face aux velleités d’hégemoniques d’autres communautés aux USA. Pour exemple, Il y avait des postes d’emploi ouverts au sein de l’ enterprise dans laquelle je travaille. J’ai fait circuler l’information demandant des CV de camerounais pendant trois mois dans la région de Washington DC. Ils sont pourtant nombreux, mais je n’ai reçu que deux CV venant de personnes n’ayant pas le profil requis. Pourquoi mon information n’a pas pu circuler? Je suis certain qu’il y’a eu retention de l’information. Il faut dire les choses comme elles sont. Nous camerounais savons être égoïstes. Nous avons des competences dans la communauté. Mais l’information n’a pas circulée. Raison pour laquelle, beaucoup de camerounais n’ont pas postulé. En face, vous avez les rouleaux compresseurs chinois et indien, et ceux d’autres communautés moins visibles, mais très soudées comme les Sénégalais et les Maliens. Eux ont compris que l’union fait la force. Résultats des courses, les nôtres ont des problèmes à trouver des emplois parce qu’ils n’ont pas eu de “tuyau”. Comprenez-moi bien. Il ne suffit pas que l’on dépose votre dossier sur la table d’un responsable des ressources humaines pour être engagé. Il faut aussi être competent.

Le plus dur, c’est d’avoir son CV sur la table de ce responsable. Quand la reférence vient de l’interieur de la boîte, très souvent le traitement du CV est différent. C’est ce que les autres communautés ont compris. C’est regrettable qu’il n’existe pas une communauté véritablement camerounaise. Pourtant, c’est au sein d’un regroupement de ce type qu’on peut discuter des vrais problèmes de développement de notre pays. Les clivages que j’ai relevés plus hauts apportent toutefois une certaine cohesion et un sentiment d’appartenance à une entité commune. Ils permettent de discuter des problèmes du village et apportez un certain développement dans nos contrées respectives. Mais la question que je me pose est celle de savoir où est le Cameroun dans tout cela? On s’intéresse à l’intérêt ethnique, ce qui n’est pas mauvais, mais pas à l’intérêt national. Ce sont des schémas que nous avons importés du Cameroun, et nous n’avons pas eu la force ou la volonté de transcender ces clivages et jouer le jeu du nombre comme font les autres communautés plus structurées. Si nous montons d’un cran dans cette analogie, vous comprenez que nous sommes loin de pouvoir parler d’une seule voix à l’échelle continentale. C’est pourtant pas des gens capables qui manquent.
 

La course au parti démocrate est rude entre deux candidats, le sénateur africain américain Barack Obama et une femme, la sénatrice Hillary Clinton. Quelle est votre analyse des deux forces en présence?

Je suis heureux des exploits du sénateur noir Barack Obama car il donne une certaine fierté aux africains. Je suis très fier de lui. Mais mon cœur continue de balancer entre les deux candidats. En effet, j’aime beaucoup madame Clinton autant que j’aime Obama. Mon souhait serait de les voir tous les deux à la Maison Blanche comme Président et Vice Président. De toute manière, quiconque sera nominé aura mon vote.L’élection de Barack Obama va certainement apporter un changement de mentalité et va forcer les uns et les autres à regarder le noir autrement à travers le monde. C’est sûr. Sa présence à la tête du pays le plus puissant du monde aura un impact majeur et certain sur la manière de faire la politique en Afrique. Mais j’ai peur qu’il ne puisse pas aider les noirs comme il voudrait. Tout geste en direction de l’Afrique sera interprété autrement par les lobbys et les autres communautés. Il aura les mains un peu liées. Je pense par exemple à un plan Marshall pour l’Afrique comme celui qui a été implementé en Europe au lendemain de la seconde guerre mondiale. Mais j’ai peur que cela ne puisse pas marcher si nous ne changeons pas notre façon de gerer la chose publique, si nous ne changeons pas nos mentalités. Ça ne servira à rien si nous continuons à nous adonner a notre sport favori: Detourner les fonds publics pour les cacher dans des paradis fiscaux.
 

Est ce que vous avez une dernière préoccupation que nous n’avons pas abordée mais donc vous souhaitez donner votre opinion?

Je voudrai revenir une derniere fois sur le problème de transfert de technologie. Je pense que nous devons nous reveiller. D’après moi, le transfert de technologie s’est déjà fait. Nous sommes formés dans plusieurs domaines à la pointe de la science et de la technologie dans des écoles et universités occidentales. Quel autre transfert de connaissance souhaitons nous obtenir de l’occident? Il est question de prendre cette science là et l’implémenter en Afrique. C’est tout. Je vous ai dit plus haut qu’il y’a des technologies que l’on ne nous donnera jamais. Ne rêvons pas. L’occident a eu à dépenser des budgets colossaux pour les recherches ayant menée à la création de ces technologies. Pourquoi voulez-vous qu’on vous donne ces technologies gratuitement? Nous avons le savoir theorique. Bâttons-nous pour créer des technologies adaptées à nos conditions, à notre environnement, des technologies propres. L’intelligence, c’est la faculté d’adapter les moyens aux fins. Nous avons l’intelligence qui semble la chose la mieux partagée au monde. Nous avons acquis des connaissances theoriques et pratiques. Mettons nous au travail. La balle est dans notre camp.Voilà plus ou moins ce que j’avais à dire.

Ferdinand Mayega au Québec, journal LECOMBATTANT
 
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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 21:13
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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 21:34
REACTION

Françafrique: le profit est-il la seule ambition de la France en Afrique?

Alain Joyandet a remplacé Jean-Marie Bockel au poste de secrétaire d'Etat à la Coopération il y a 3 mois, après que ce dernier ait été écarté de ce poste pour avoir voulu en finir avec la « Françafrique ». Depuis, il multiplie les déclarations à l'emporte-pièce. Des déclarations qui ont le mérite de la franchise, après des décennies d'hypocrisie, mais qui révèlent la véritable nature de l'aide française au développement.



 
Françafrique: le profit est-il la seule ambition de la France en Afrique?
Indignation des ONG suite aux propos d'Alain Joyandet
Le profit est-il la seule ambition de la France en Afrique ?
Plateforme citoyenne France-Afrique, le 25 juin 2008

Les ONG de la plate-forme citoyenne France-Afrique (1) s'indignent de la multiplication des dérapages verbaux du secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet, qui démontrent une conception cynique et dévoyée de l'aide au développement.

Alain Joyandet a remplacé Jean-Marie Bockel au poste de secrétaire d'Etat à la Coopération il y a 3 mois, après que ce dernier ait été écarté de ce poste pour avoir voulu en finir avec la « Françafrique ». Depuis, il multiplie les déclarations à l'emporte-pièce. Des déclarations qui ont le mérite de la franchise, après des décennies d'hypocrisie, mais qui révèlent la véritable nature de l'aide française au développement. Il ressort clairement des propos d'Alain Joyandet une absence d'ambitions de la France en terme de solidarité internationale, puisque l' « aide au développement » est mise au service exclusif des intérêts économiques et politiques de la France, notamment pour faire barrage à la Chine. Le développement des plus pauvres, la défense des droits et de la démocratie passeront après.

Plus grave encore, dans le prolongement du discours décrié de Nicolas Sarkozy à Dakar, le 27 juillet 2007, Alain Joyandet renvoie l'image d'une France qui méprise profondément l'Afrique et les Africains. Les propos du secrétaire d'Etat à la Coopération, qui s'apparente de plus en plus à un ministre du Commerce extérieur délégué à l'Afrique, ôtent toute crédibilité au discours de la France en matière de développement. Ceci est particulièrement grave à la veille d'une présidence française de l'Union européenne marquée par d'importantes échéances internationales pour le développement des pays du Sud (Conférence de l'OCDE à Accra sur l'efficacité de l'aide début septembre, Conférence des Nations unies à Doha sur le financement du développement fin novembre…).

Les organisations de la plate-forme citoyenne France-Afrique ont fait de la démocratie, du respect des droits de l'Homme et de la lutte contre la corruption les fondements d'une politique de la France en Afrique responsable et transparente qu'ils appellent de leurs voeux (2). Elles s'offusquent aujourd'hui de voir ces thèmes majeurs absents des 8 propositions émises par Alain Joyandet lors de sa conférence de presse du 19 juin. Un « oubli » d'autant plus inquiétant que quelques semaines auparavant, la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade avait décliné une demande d'audition de notre plateforme, en précisant que le secrétaire d'Etat à la Coopération serait l'interlocuteur des associations sur ces sujets.

L'abandon manifeste de ces principes par la diplomatie française, loin de n'être que du ressort des secrétaires d'Etat, s'inscrit dans la longue liste des renoncements du gouvernement français, et des compromissions avec les dictatures (3).

Malgré le discours rassurant tenu sur ce point par Alain Joyandet à nos associations quelques jours après sa nomination, cette succession de provocations et de dérapages présidentiels ou ministériels sont bien les signes d'une « rupture dans la rupture » avec la Françafrique. Si tant est que la volonté de rompre avec ce système ait jamais existé au sein de l'exécutif français. Les organisations des sociétés civiles françaises et africaines ne baissent pas les bras, et sont de plus en plus mobilisées sur ce thème.

Extraits des déclarations de A. Joyandet :

• « L'implantation des entreprises françaises en Afrique est l'une de mes priorités», interview à lejdd.fr, 20 mai 2008.
• « J'ai des convictions mais je veux aussi défendre notre pays et ses parts de marché », propos rapporté par lejdd.fr, 19 juin 2008.
• [Le détournement d'argent public en Afrique ?] « Ce sont vraiment des sujets qui ne me semblent pas devoir être au cœur de (...) notre expression », interview à France 24, 20 juin 2008.
• « Si nous ne sommes pas les partenaires économiques privilégiés, alors on ne pourra plus défendre nos valeurs », Interview à France 24, 20 juin 2008.
• « Il ne faut pas qu'on se fasse prendre notre place par des puissances émergentes ». « On veut aider les Africains, mais il faut que cela nous rapporte », interview à Libération, 24 juin 2008.
• « J'ai créé ma première boîte à 24 ans, sans un rond, c'était bien plus compliqué de faire cela que de s'occuper de l'Afrique ! », interview à Libération le 24 juin 2008.
• « C'est nous qui allons envoyer des cerveaux », réponse à France 24 le 20 juin 2008 suite à une question sur l'immigration choisie.

(1) La plate-forme citoyenne France-Afrique regroupe une dizaine d'ONG françaises : ATTAC, Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT-France), Centre de Recherche et d'Information pour le Développement (CRID), Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD), Cedetim/Ipam, Mouvement de la paix, Oxfam France – Agir ici, Peuples Solidaires, Réseau Foi et Justice Afrique Europe (Antenne France), Secours Catholique / Caritas France, Survie.

(2) La plateforme a publié en février sur ce thème un Livre Blanc assorti de nombreuses propositions qui ont été défendues devant l'Elysée, les cabinets ministériels, des parlementaires et la presse française et africaine.

(3) Visites à Omar Bongo, réception de Muhamar Kadhafi, rallonges budgétaires accordées au Congo de Denis Sassou Nguesso, sauvetage militaire du régime tchadien, enterrement d'une plainte visant les biens mal acquis de certains chefs d'Etat africains, etc.

Contacts presse :
Survie - Alexandra Phaëton : 01 44 61 03 25
CCFD - Véronique de La Martinière : 01 44 82 80 64

--
Olivier Thimonier
Secrétaire général
olivier.thimonier@survie-france.org
Association Survie
210, rue St Martin
75003 Paris
Tél. : 01 44 61 03 25
Fax. : 01 44 61 03 20
www.survie-france.org

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 21:10
INTERVIEW

Tchad: 'Le régime de Deby sera renversé avant la saison des pluies.' (Interview)

"Nous allons revenir très prochainement. Cette fois-ci nous allons débarrasser le Tchad d'un régime dictatorial et clanique. La seule option pour résoudre le problème actuel reste le langage des armes. La résistance a désormais les moyens d'aller même au dé-là de ses ambitions."



L'interview ci-après a été réalisée au téléphone

Tchad: 'Le régime de Deby sera renversé avant la saison des pluies.' (Interview)
Tchad-info: Abdelaziz Koulamallah bonjour.
Abdelaziz: Bonjour.

Tchad-info: Vous vous-trouvez depuis le mois de mars à l'est du Tchad. Pouvez-vous nous dire ce que vous y êtes allé faire ?
Abdelaziz: Le motif de mon engagement, voire de mon embarquement est tout simple: débarrasser le Tchad d'un régime dictatorial et clanique.

Tchad-info: La seule alternative pour débarrasser le pays d'une dictature reste pour vous l'option militaire ?
Abdelaziz: C'est incontestable. Puisque nous avons affaire à une dictature au Tchad, il n'y a que par les armes que nous devrons en découdre. Car comme vous le savez, Deby ne fonctionne que par le langage des armes. Par conséquent, la seule option pour résoudre le problème actuel reste le langage des armes.

Tchad-info: Si tous les Tchadiens doivent s'engager à prendre des armes pour trouver une solution à leur problème, que va devenir le Tchad ?
Abdelaziz: Il y a certes des gens qui disent que l'arme n'est pas la solution au problème tchadien. Cela pourrait être vrai si une minorité de Tchadiens ne s'en servent pas pour opprimer les autres. Or, ce n'est pas le cas au Tchad. En paraphrasant Hobbes qui disait que «l'homme est un animal par nature et c'est la crainte de mourir qui l'oblige à vivre en société», je dois dire que si tous les Tchadiens prennent les armes, il y aura un équilibre de force entre eux et personne ne se sentira supérieure et surtout pas une minorité comme nous connaissons actuellement au Tchad.

Tchad-info:
Avez-vous accompli de mission à l'issue de votre séjour à l'Est ?
Abdelaziz: Je compte le faire dans les jours à venir, incha Allah. Ce sera un long périple mais je m'y mettrai.


Abdelaziz en guérilléro
Abdelaziz en guérilléro
Tchad-info: Comment l'attaque de Adé du 1er avril s'est-elle déroulée ?
Abdelaziz: Pour des raisons stratégiques, je ne peux dévoiler le secret militaire.

Tchad-nfo:
Avez-vous participé aux combats ?
Abdelaziz: (Rires!) Bien sûr que oui !

Tchad-info: Etait-ce votre première expérience du genre ?
Abdelaziz: (Légère hésitation!) Exactement.

Tchad-info: Le gouvernement a affirmé avoir infligé une sévère raclée aux rebelles. Et c'était bien le cas. Vous remettez-vous de votre baptême de feu ?
Abdelaziz: Contrairement à ce qui a été dit, la ville d'Adé était tenue par les toroboros. D'ailleurs c'est la raison pour laquelle nous avions décidé de l'investir le 1er avril à 6 h du matin sans rencontrer de résistance. Tous les mercenaires qui s'y trouvaient avant notre arrivée se sont réfugiés avec leurs chars dans les montagnes. L'erreur que nous avions commise, je pense, c'était de ne pas avoir pris en compte la nouvelle stratégie de Déby qui consiste à creuser des trous de souris pour se cacher chaque fois que nous l'attaquions.

Tchad-info: Confirmez-vous ainsi la défaite des rebelles face à ce que vous appelez les mercenaires ?
Abdelaziz: Nous avions pilonné durant quatre heures et quinze minutes les montagnes dans lesquelles se sont réfugiés les mercenaires de Déby. Quelques chars sont sortis de leurs trous dès l'arrêt du pilonnage. A partir de ce moment deux choix se sont imposés à nous: continuer le pilonnage tout en sachant que ces chars repartiront dans leur cachette ou cessez notre pilonnage. Nous avons pris alors la sage décision de ne pas pilonner. Une fois la décision prise vous vous-doutez que nous ne pouvions rester dans la ville de Adé tout en ayant des chars ennemis au-dessus de nos têtes, c'est-à-dire sur les montagnes. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes retirés sur Moudeina de manière ordonnée pour peaufiner une nouvelle stratégie avant de revenir.

Abdelaziz en compagnie de Soubiane et Ibeda
Abdelaziz en compagnie de Soubiane et Ibeda

Tchad-info:
Quand allez-vous revenir ?
Abdelaziz: Ça sera très prochainement. Que Deby et ses mercenaires le sachent bien!

Tchad-info: Avant ou après la saison des pluies ?
Abdelaziz: La logique voudrait qu'on apporte un changement au Tchad le plus tôt possible et nous faisons tout pour.

Tchad-info: Ne craignez-vous pas d'être à l'affût d'un nouvel échec ?
Abdelaziz: Ne vous en faites pas. La solution est déjà trouvée à moins que Déby ait créé un autre Tchad sous terre pour gouverner. Même s'il creuse des trous juste pour se cacher avec ses mercenaires nous allons le déloger. L'attaque d'Adé n'était pas un échec, hors-mis les quelques chars bunkerisés, tous les autres ainsi que les toroboros ont été détruits.

Tchad-info: D'autres avant vous ont tenu un tel langage mais se trouvent aujourd'hui dans le gouvernement. N'est-ce pas de la langue de bois ?
Abdelaziz: Adam Smith disait que ce qui est valable pour l'un n'est pas valable nécessairement pour le Tout.

Tchad-info:
Les différents groupes rebelles sont-ils tributaires de suffisamment de potentiels humain et matériel pour pouvoir aller jusqu'au bout de leurs ambitions cette fois-ci ?
Abdelaziz: Honnêtement oui. Je dirais même que la résistance a les moyens d'aller au de-là de ses ambitions si vous faites allusion à N'Djamena. Je veux dire jusqu'à Bangui si elle le veut.


Le détritus d'une des bombes lancées contre la position tenue par les rebelles
Le détritus d'une des bombes lancées contre la position tenue par les rebelles
Tchad-info: Comment les rebelles parvient-ils à échapper aux nombreux raids de l'aviation des forces gouvernementales qui ont lieu souvent la nuit ?
Abdelaziz: Nous avions été bombardés plusieurs fois avant l'attaque de Adé et après plus rien. Toutes les bombes que les mercenaires de Déby nous ont larguées ont raté leur cible. Dieu merci d'une part parce que notre cause est juste et d'autre part les hélicos craignant nos anti-aériens survolent à haute altitude et sans qu'ils puissent allumer leurs éclairages.

Tchad-info: A quel groupe rebelle prêtez-vous allégeance ?
Abdelaziz: Je suis membre de l'UFDD.

Tchad-info:
De quel type d'arme vous êtes-vous servi lors de l'attaque de l'Adé ?
Abdelaziz: Ce qui est certain c'est que n'ai pas traîné les pieds pendant que les autres avançaient.

Tchad-info:
Pensez-vous avoir atteint quelques soldats à l'issue de l'attaque de Adé?
Abdelaziz: La victoire comme la défaite étant collectives dans une guerre, je peux dire que nous avons mis les mercenaires de Déby hors d'état de nuire.

Tchad-info: Quand vous dites mercenaires, à qui faites-vous allusion ?
Abdelaziz: Aux Ukrainiens qui nous pilonnent à partir des hélicos et aux toroboros.

Tchad-info:
Que dites-vous à ceux qui pensent que l'attaque de Adé reste comme la dernière agression des mercenaires contre la position des forces gouvernementales ?
Abdelaziz: Ça dépend de qui le dit. Si c'est des gens favorables à la résistance je les rassure que nous sommes plus forts qu'avant et si par contre c'est des affidés de Déby, tout ce que je peux leur dire c'est wait end see.


Rebelles devant un cratère provoqué par l'explosion d'une bombe lancée par un hélicoptère des forces loyalistes
Rebelles devant un cratère provoqué par l'explosion d'une bombe lancée par un hélicoptère des forces loyalistes
Tchad-info: A votre avis, qu'est-ce qui retient les rebelles à ne pas pouvoir bouger en dépit de la pression énorme qu'il y a derrière?
Abdelaziz: Excusez-moi, le mot résistance nous convient le mieux. Quant à la question, ça serait, avec l'aide de Dieu, dans bientôt.

Tchad-info: Ne pensez-vous pas que la crise tchadienne puisse être dénouée autrement que par des armes ?
Abdelaziz: Avec Déby ce n'est même pas envisageable. Tous ceux qui ont essayé l'ont payé de leur vie. Je croise les bras pour IBNI qui est pour moi avant tout un frère et un beau-père.

Tchad-info:
Ibni n'est pas un rebelle. Il est un opposant légal à la tête d'un parti politique légalisé depuis plus d'une décennie. Il n'a jamais pris une arme pour conquérir le pouvoir au Tchad.
Abdelaziz: Je n'en disconviens pas. Mais nous constatons malheureusement sa disparition parce qu'il croyait à la démocratie de Déby.

Tchad-info: Vous sentez-vous dans la peau d'un général à présent ?
Abdelaziz: En m'élevant au grade de général, mes camarades de l'Action pour le Changement au Tchad savaient une chose de moi, qu'en dix ans d'exil je me suis préparé à affronter Déby sur le terrain militaire et ce qui s'est passé à Adé n'était pas le fruit du hasard.


Abdelaziz se voyant dans la peau d'un général au maquis
Abdelaziz se voyant dans la peau d'un général au maquis
Tchad-info: Avoir participé durant quelques heures à un combat suffit-il pour devenir général ?
Abdeaziz: Le combat a duré quatre heures et quinze minutes, sans répit et j'y étais dès le retentissement du premier obus jusqu'au dernier. Pour ce qui concerne le grade qui m'a été attribué, je n'avais pas besoin de ce combat pour le faire valoir. Les gens doivent tout simplement s'y habituer car je remplis les critères pour être général au Tchad c'est-à-dire manipuler une kalachnikov et parler une des langues tchadiennes. Savez-vous que tous les gens que Déby élève au grade d'officiers n'ont pas forcément fait la guerre et d'autres sont des analphabètes ?

Je vais vous parler d'un cas précis que je connais. En 1997, avant que je prenne le chemin de l'exil, j'étais témoin d'un cas qui m'a halluciné. J'ai vu des gens qui n'ont pas passé le concours de la police mais se sont joints aux lauréats comme par miracle. Pire, la plus part sont des analphabètes. Cela ne les a pas empêchés d'obtenir leur diplôme et devenir quelques mois après des lieutenants et des capitaines. En dix ans je ne sais pas ce qu'ils sont devenus mais j'imagine qu'ils sont tous des maréchaux.

Tchad-info: Que dites-vous à ceux qui pensent que vous agissez pour un éventuel confort personnel que pour l'avenir du Tchad ?
Abdelaziz: Vous savez, on ne peut empêcher aux gens de dire ce qu'ils pensent. Si ces gens savaient ce que j'ai dépensé en dix ans d'exil pour combattre le régime criminel de N'Djamena, ils comprendront d'eux-mêmes que ma lutte ne se limite pas à un quelconque confort.

Tchad-info: Qu'est-ce que vous avez remarqué de particulier à l'issue de votre séjour au maquis ?
Abdelaziz: Ce qui m'a marqué lors de mon arrivée sur place, c'est que j'ai trouvé un groupe homogène, solidaire et surtout déterminé à en découdre avec le régime criminel de Deby.

Tchad-info: Pourtant il y en a qui regrettent l'existence d'attroupements communautaires notoires au sein de la rébellion.
Abdelaziz: L'attroupement des combattants en groupes ethniques est une chose réelle. Cependant, les différents groupes communautaires doivent comprendre qu'ils ont tous besoin les uns des autres pour constituer une force unique qui va devoir chasser le dictateur.

Tchad-info: Un mot de la fin?
Abdelaziz:Je souhaite de tout cœur à notre cher pays un changement de régime afin que tous les tchadiens puissent vivre dans un havre de paix. Ce changement nécessite de grands sacrifices et la résistance s'inscrit dans cette dynamique.

Propos recueillis par Mohamed A. Kébir

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