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12 août 2007 7 12 /08 /août /2007 01:41
Retour de Bemba: UA et UE s’impliquent
(Le Potentiel 10/08/2007)


Les prochains jours seront fertiles en rebondissementd pour la République démocratique du Congo. La recherche d’une solution politique tant en ce qui concerne la situation à l’Est du pays que pour le retour au pays du sénateur Jean-Pierre Bemba est très suivie au plan tant interne qu’externe. En ce qui concerne le président national du Mouvement de libération du Congo, un véritable chassé-croisé diplomatique est engagé auprès des chefs d’Etat africains et au sein de l’Union européenne.

Le compte à rebours a commencé pour le retour de Jean-Pierre Bemba, sénateur et président national du Mouvement de libération du Congo, MLC. Conformément au Règlement intérieur du Sénat, Jean-Pierre Bemba devra regagner le pays au plus tard le 15 septembre. Cette date est celle de la rentrée parlementaire pour la session ordinaire du mois d’octobre.

Or, il se fait que les sénateur Jean-Pierre Bemba, ayant quitté Kinshasa, le 11 avril 2007, n’a jamais participé à une quelconque session ordinaire du Sénat. Certes, il s’est rendu au Portugal pour des raisons de santé, avec l’autorisation du Bureau provisoire du Sénat. Et ce pour une durée de 60 jours qui a été prolongé et pris fin le 30 juillet. C’est donc à partir de ce 15 septembre, avec la rentrée parlementaire, que le Bureau du Sénat aura à constater son absence, s’il advenait qu’il ne rentrait pas. Devant cette hypothèse, le Bureau du Sénat sera bien obligé de constituer une commission spéciale afin d’examiner son cas car, à partir de ce moment Bemba aura totalisé deux sessions ordinaires d’absence.

Du Portugal où il séjourne en ces moments, Jean-Pierre Bemba s’impatiente et multiplie des appels. Il tient à rentrer. Bien entendu qu’il continue à poser des conditions sur sa sécurité et veut être rassuré avant de débarquer à nouveau à Kinshasa.

Il est un fait que le président national du Mlc est conscient de la suite des événements dans l’hypothèse où il n’assisterait pas à la prochaine session ordinaire du Sénat. Vraisemblablement qu’il sera déchu de son immunité parlementaire et exposé à des poursuites judiciaires dès lors que l’épée de Damoclès continue à être suspendue sur sa tête. Et ce, en rapport avec les incidents tragiques du mois de mars 2007, en plus de la procédure engagée depuis Bangui au regard des événements qui se sont produits à l’époque de Patassé. Soit. Par ces temps qui courent, c’est le retour hypothétique de Bemba qui est au centre de plusieurs entretiens tant à Kinshasa qu’à l’extérieur du pays.

UA ET L’ UE : LA FACILITATION

Evidemment, le sénateur Jean-Pierre Bemba est en train de prendre la mesure de ce qui pourrait se passer. D’où les démarches qu’il vient d’entreprendre auprès de certains chefs d’Etat africains afin qu’ils intercèdent et obtiennent des assurances du président de la République pour son retour au pays.

Certes, l’on ignore les chefs d’Etat qu’il aurait contactés. Mais il ne fait l’ombre d’aucun doute que les présidents Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso, Edouardo Dos Santos, Thabo Mbeki figureraient parmi les chefs d’Etat africains auprès de qui il aurait sollicité leur facilitation. On n’exclut pas non plus le Colonel Mouammar Kadhafi qui entretient de bonnes relations tant avec son homologue congolais, Joseph Kabila, que le sénateur Bemba.

Certainement que le président de la Commission africaine, Omar Konare, est également saisi en vue de faciliter une solution politique heureuse. D’une façon générale, l’Union africaine, autant que l’Onu, est saisie en vue d’une solution africaine durable pour ne pas perturber le processus politique en République démocratique du Congo.

Quant à l’Union européenne, elle a reçu un rapport de Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire. Pas plus tard qu’au mois de juillet dernier, Louis Michel s’était rendu à Faro, au Portugal, en vue de rencontrer le sénateur Jean-Pierre Bemba. Après les entretiens, le président national du MLC a pris des engagements de n’entreprendre aucune action militaire visant à déstabiliser les institutions en place. Bien plus, il reconnaît ces institutions et souhaite rentrer au pays poursuivre son exercice politique dans une opposition républicaine.

A Kinshasa, Louis Michel s’était entretenu avec le chef de l’Etat, Joseph Kabila. Sa démarche consistait à obtenir du président de la République des assurances sur un retour sans problème de son adversaire politique principal. Par ricochet, l’abandon des poursuites judiciaires dans l’hypothèse où elles seraient maintenues.

Aussitôt rentré en Europe, Louis Michel a adressé son rapport aux 27 pays européens. Cette implication se justifie par le fait que l’Union européenne a pris une part active à l’organisation des élections en RDC. Tout dérapage concerne au plus haut point l’Union européenne et pourrait être interprété comme un échec de sa contribution. L’Union européenne a donc toutes les raisons de s’inquiéter et d’offrir sa méditation pour éviter le moindre dérapage significatif qui influerait négativement sur le processus politique actuellement en cours.

Comme on peut le constater, chaque partie s’emploie à manoeuvrer habilement dans le but d’éviter les récifs.

LE SCHEMA IVOIRIEN

Que Bemba prenne la communauté nationale et internationale à témoin, cela ne constitue nullement un point positif. Telle éventualité signifierait que toutes les initiatives ont échoué, ouvrant ainsi la porte à la moindre opportunité aux conséquences imprévues. Ce qui se traduirait par un retour à la case départ avec ce spectre de la IIIème guerre en République démocratique du Congo au regard de la situation préoccupante à l’Est.

Cependant, la question fondamentale est celle de savoir si en cas d’échec, à qui l’on ferait porter le chapeau, et pour qui l’Union africaine et l’ Union européenne joueraient ? Tout le problème de la suite des événements se situe à ce niveau. En fait, tout doit être mis en œuvre pour que l’on ne ressuscite point la rivalité « Mobutu - Tshisekedi », à travers « Kabila-Bemba ». Les choses ont évolué. Bemba soupçonné jusque-là de radical, désarmé, s’attire subitement la sympathie maintenant de certains partenaires extérieurs. Serait-ce une autre lecture du processus politique en RDC que l’on est en train de faire ? La question reste posée.

En attendant, il serait préférable de jouer le « schéma ivoirien » dans le but d’éviter d’autres situations inextricables. En effet, dans un élan patriotique, Laurent Gabgbo et Guillaume Soro ont supplanté tout le monde pour signer la paix des braves. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est engagée sur la voie irréversible de réconciliation nationale, loin de toute influence extérieure. Si c’est le prix à payer, il revient au président de la République et au sénateur Jean-Pierre Bemba de jouer franc jeu. La patrie leur en sera reconnaissante.


Par Le Potentiel


 

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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 23:46
Abdoulaye Miskine critique sa nomination par François Bozizé
(BBC Afrique 09/08/2007)


L'ancien chef rebelle centrafricain Abdoulaye Miskine, signataire de l'accord de paix de février, a critiqué sa nomination par le président centrafricain François Bozizé comme conseiller à la présidence le 14 juillet dernier et l'a qualifié d"unilatérale", a rapporté mercredi la Radio française internationale (RFI).

Dans un communiqué reçu à RFI, l'ex-chef du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) a regretté que certains points de l'accord de février 2007 tels que le cantonnement des troupes, la réhabilitation des déplacés des anciens combattants, la libération des prisonniers et l'amnistie de ses sympathisants, n'aient pas toujours été adoptés par le gouvernement centrafricain.

Abdoulaye Miskine a dit dans ce communiqué, qu'il se voyait dans l'obligation de refuser cette nomination qui ne signifie rien.

Abdoulaye Miskine a signé le 2 février un accord de paix avec le gouvernement centrafricain, avant d'être nommé mi-juillet, en son absence, conseiller à la présidence.

En dépit de la récente signature d'accords par plusieurs mouvements politico-militaires, le nord de la Centrafrique reste soumis à la violence des bandits armés et de groupes rebelles et échappe largement à l'autorité de Bangui.


 

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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 23:41
Déception, impatience et frustration, le camp de Bozizé au bord de l’implosion
(Centrafrique-Presse 10/08/2007)


En confiant à son neveu Sylvain Ndoutingaï déjà en charge du très convoité ministère des mines l’important ministère des finances et du budget, Bozizé a déclenché contre lui la hargne relativement contenue jusqu’ici, de ses propres partisans et thuriféraires coalisés dans la fameuse Convergence Kwa na Kwa, organe crée la veille des présidentielles de 2005 pour assurer sa victoire et dont certains initiateurs s’estiment mal ou non récompensés jusqu’à présent. A l’instar d’un certain Bengué Bossin qui vient de se fendre d’une longue lettre ouverte adressée à Bozizé publiée dans les colonnes d’un quotidien de Bangui, la majorité présidentielle de Bozizé traversée et est minée depuis longtemps de contradictions qui éclatent à présent au grand jour accusent ouvertement Bozizé de « dérives tribalistes », de ne nommer que ses parents et les membres de son clan aux postes importants dans l’appareil de l’état, bref de n’avoir fait le coup d’état contre Patassé que pour se remplir les poches. Le malaise né des déceptions et frustrations post victoire électorale est maintenant étalé sur la place publique, notamment dans les journaux de la place. Le sulfureux personnage de Bengué Bossin s’était naguère illustré en vain du temps du président Patassé par une prétendue grève de la faim afin de réclamer un poste. Le voilà encore en train de se rappeler aux bons souvenirs de Bozizé, toujours l’espoir d’un poste.

La virulence des critiques de ces assoiffés de postes est à la hauteur de leurs espoirs déçus et leurs frustrations jusqu’ici réfrénées. Le gâteau étant très petit, ceux qui s’estiment n’avoir pas reçu leur juste part alors qu’ils croient avoir grandement œuvré et contribué à la victoire de Bozizé ruent maintenant dans les brancards. Bengué Bossin citent même quelques noms de ceux-là qu’il considère ou qui se considèrent eux-mêmes comme des personnalités compétentes de la galaxie KNK susceptibles d’occuper les postes auxquels Bozizé est précisément accusé de ne pas vouloir les y nommer ou plutôt de n’y désigner que les siens. Les frustrés et déçus du bozizisme vont même jusqu’à donner raison à la résistance armée qui accuse Bozizé de n’avoir renversé Patassé que pour s’enrichir, lui et les siens. Après Bozizé, ces délaissés du bozizisme en veulent particulièrement à Elie Doté traité de voleur car sa désignation comme premier ministre au lendemain de la victoire électorale de Bozizé - qu’ils revendiquent comme leur appartenant d’abord – leur est toujours restée en travers de la gorge. De surcroît, lorsqu’ils apprennent aujourd’hui que le même Elie Doté qui n’est pas de leur camp mais plutôt un usurpateur - naguère présenté comme homme providentiel par Bozizé afin de contenir les ambitions de ceux de son clan qui aspiraient à la fonction de premier ministre et mieux les écarter de la course – s’en est mis plein les poches depuis deux ans, leur amertume en est d’autant plus grande.

Après Wafio qui s’était servi des preuves de cupidité de Elie Doté qu’il avait patiemment réunies lorsqu’il dirigeait le trésor public afin de demander à Bozizé de ne pas l’oublier, c’est maintenant le tour de Bengué Bossin de vider son sac à Bozizé. Après avoir fait juste un petit tour dans le cabinet du Pr Abel Goumba, le truculent personnage de Bengué Bossin n’en pouvait plus de demeurer éternellement sur le carreau. C’est pourquoi il a pris sa plume pour plaider la cause d’un certain nombre qu’ils sont qui, malgré leur ferme soutien à Bozizé après son putsch de 2003 et lors de la campagne électorale de 2005, il ne voient toujours pas midi à leur porte. Pour ces messieurs très imbus de leur personne, l’avenir de la République centrafricaine se mesurerait à l’aune des postes qu’ils pourraient occuper dans l’appareil de l’état. C’est un crime de lèse-majesté que commet Bozizé en continuant ainsi de les ignorer.

Pourtant, pour certains d’entre eux, comme Bengué Bossin qui a un certain passé judiciaire voire pénitentiaire en France, ni les grèves de la faim ni le nombre de page des lettres ouvertes ni les réflexions écrites dans les journaux, ni les décibels qu’ils pourront émettre ne changeront rien à leur situation. Ils doivent assumer leur opportunisme et leur errements politiques coupables.

 

© Copyright Centrafrique-Presse

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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 23:23
Théophile Obenga : le « Rebelle joyeux » lance un « Appel à la Jeunesse Africaine »
(Brazza.info 09/08/2007)


Les Editions Ccinia Communication viennent de mettre sur le marché le nouveau livre du Professeur Théophile Obenga. Le 31 juillet dernier, le patron des Editions Ccinia Communication, le Pasteur Mowhou Shebel, avait choisi le cadre du Centre d’Accueil de la Presse Etrangère (CAPE) à la Maison de Radio France pour présenter à la presse le dernier livre du Professeur Obenga. Comme par hasard, le livre a été mis en librairie le 27 juillet 2007, un jour après que le Président français, Nicolas Sarkozy, ait lancé à Dakar son « Appel à la Jeunesse Africaine ». Troublantes ressemblances !

Assisté du doyen Abel Goumba Médiateur National de la RCA, de Henda Diogène Senny militant panafricaniste et du Pasteur Shebel, le Professeur Théophile Obenga, qui enseigne aujourd’hui à l’Université d’Etat de San Francisco en Californie aux Etats-Unis, a présenté avec des mots simples et l’humour légendaire qui le caractérise son « Appel à la Jeunesse Africaine ». Un appel lancé en direction d’une jeunesse africaine qui ne peut plus « vivre éternellement de « dons », de « cadeaux », de petits gestes généreux…, ». A ne surtout pas confondre avec « L’Appel » lancé le 26 juillet par Nicolas Sarkozy, à la jeunesse Sénégalaise, lors de sa mini tournée africaine !

Le mardi 31 juillet dernier au CAPE, le Professeur Théophile Obenga était très en forme. Humour décapant et propos sans complaisance, le Professeur Obenga a mis le doigt là où il fallait. Il a critiqué les rapports qui existent entre l’occident et le continent africain ; rapports qui depuis plusieurs siècles, n’ont jamais été à l’avantage de l’Afrique. Après avoir posé le diagnostic et relever ces incongruités, le Professeur Obenga n’a pas trouvé mieux que de plaider pour la mise en place « d’autres paradigmes ». Envisager d’autres paradigmes, parce que, dit-il, le paradigme actuel lie le continent africain à l’occident. Il plaide pour une révision des rapports du continent africain avec l’Occident. Il constate simplement que : « l’Occident se pose de lui-même comme un obstacle redoutable au développement de l’Afrique ». Tout est dit sans tabou. Dès les premières pages du livre, on est saisi par la profondeur du texte. On étouffe de toutes ces vérités distillées à doses homéopathiques.
Pour le Professeur Obenga, depuis le 14ème siècle, l’Afrique entretien une relation séculaire avec l’Occident qui est loin d’être en sa faveur. Il se demande : « Si les immenses ressources naturelles africaines, ne sont-elles que pour l’industrialisation et le développement de l’occident au sous-sol extrêmement pauvre ? » Si ce n’est pas le cas, y aurait-il encore un sens politique pour les africains de croire que leur salut « viendra de l’occident qui pompe le continent africain depuis le 13ème-14ème siècle ? ». C’est la raison pour laquelle, il lance cet « appel à la jeunesse africaine dont la peau est de plus en plus promise aux barbelés des routes de l’immigration ». (p.6). Un message qui s’adresse à une jeunesse qui a développé la philosophie du « jamais » ou du « peut-être » pour sortir de son dénouement matériel.

Cette philosophie de la galère résume l’état d’esprit des candidats à l’immigration qui pensent unanimement que s’ils restent en Afrique, ils ne s’en sortiront « jamais » à cause du chômage, de l’oisiveté et de l’état déplorable du continent en proie aux guerres civiles, aux maladies et autres endémies. Fort de ce constat, les jeunes africains se disent : « peut-être » qu’en prenant le risque de rejoindre l’Europe au péril de leur vie, ils auront « peut-être » plus de chance de s’en sortir que s’ils restaient sur le continent. Le choix d’embarquer dans des canoës de fortune à partir des côtes sénégalaises ou nord africaines, est légitimé par le fait qu’ils redoutent la vie dans leur propre pays. Le slogan de cette jeunesse détresse, devient : « L’Afrique, c’est jamais. L’Europe, c’est peut-être ».

Le Professeur Obenga est convaincu que « l’occident devient l’obstacle majeur et permanent au développement durable de l’Afrique Subsaharienne ». Pour lui, il serait illusoire de penser « que l’Occident ne peut pas et ne pourra jamais concevoir sérieusement le développement du Continent africain et y travailler en conséquence, en minimisant ses propres intérêts économiques et géopolitiques ». (p.20). Cet « Appel à la Jeunesse Africaine » du Professeur Théophile Obenga ne serait-il pas qu’un énième appel subversif à classer dans la catégorie des prises de position « politiquement incorrect » ?

Pour Théophile Obenga, dire la vérité n’est pas tant une mauvaise chose. Bien au contraire ! En occident, beaucoup n’attendent que ça ! Qu’on le leur dise ces vérités qu’ils aiment bien asséner aux autres. C’est tout le mérite de ce livre. A la vérité, lorsque Nicolas Sarkozy s’adresse, depuis le continent africain, à la jeunesse Sénégalaise en l’intimant l’ordre de se prendre en charge, cela choque-t-il ? Pourquoi Sarkozy et les dirigeants européens auraient-ils le droit de dire leurs vérités aux masses africaines, et l’élite africaine n’aurait pas le droit de le faire ?

Enoncer certaines vérités, interpeller la Jeunesse Africaine pour lui faire prendre conscience de son avenir, n’est pas une mission exclusivement dévolue à l’Occident. Dire la vérité à cette Jeunesse Africaine pour qu’elle sache là où elle met ses pieds sans que cet acte soit considéré comme subversif, c’est justement ce que le Professeur Obenga écrit dans son livre. Il dénonce les corrupteurs des pays du Nord que les corrompus des pays du Sud sans distinction. Pour lui, s’il y a des gens corrompus, c’est qu’il existe également des corrupteurs qui corrompent et pervertissent les africains. S’en suit, une attaque en règle contre la Banque Mondiale et le FMI, coupables à ses yeux d’avoir « volontairement placé la Jeunesse Africaine entre misère et pauvreté, incertitude et désarroi en déstabilisant froidement les pays africains, en imposant des programmes d’ajustement structurel, en créant des pays africains pauvres, endettés voire très endettés ». (25). Il demande que ces deux institutions internationales soient traduites devant les tribunaux pour leur rôle nocif : « La Jeunesse Africaine, force vive et levier fondamental, ne doit pas continuer de végéter dans l’esclavage voulu par des institutions internationales, véritables serpents de mer au travail ». (28).

« En prenant à témoin le monde, la souffrance actuelle de la Jeunesse Africaine doit donner naissance au terreau historique de la Renaissance Africaine, pour la construction de l’Etat fédéral africain continental », le Professeur B.Cardinali rend hommage à la lucidité du Professeur

Théophile Obenga qui porte un projet panafricain que beaucoup ont vite fait d’enterrer. « Appel à la jeunesse africaine » est un livre militant et engagé. Un livre pour une prise de conscience collective et citoyenne. Ecrit dans un style simple, même les mots qui fâchent sont doucereusement énoncés. A la lecture de la centaine de pages qui le compose, on a peine à croire que ce livre ne soit pas porteur d’espoir et d’effets prophylactiques chez ceux qui veulent entamer une thérapie de groupe, pour faire sortir l’Afrique de son marasme actuel.
« Appel à la Jeunesse Africaine » est un livre d’espoir. Il est à recommander impérativement comme livre de chevet à tous ceux qui veulent changer le paradigme actuel. Ne pas le lire, serait considéré comme une non assistance à Jeunesse Panafricaine en danger !



P.SONI-BENGA




Théophile Obenga :

« Appel à la Jeunesse Africaine »,

Collection Sambela, Editions Ccinia Communication.

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10 août 2007 5 10 /08 /août /2007 22:42
La deuxième sortie de Achille MBEMBE contre Nicolas Sarkoziy
(Le Messager 10/08/2007)


Il y a quelques jours, et en réponse au discours controversé prononcé par Nicolas Sarkozy, chef d’Etat français à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal), nous publiions un texte d’Achille Mbembe, “ L’Afrique de Nicolas Sarkozy ”. Ce texte a été très largement diffusé en Afrique francophone et en Europe. Repris par plusieurs organes de presse et dans les médias alternatifs, il a suscité de vigoureux débats sur plusieurs sites internet. Il a également donné lieu à de nombreuses réactions et nouvelles interrogations qui obligent son auteur à préciser sa pensée – ce qu’il a aimablement accepté de faire dans la note qui suit.

L’on veut savoir pourquoi, à mes yeux, le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar est odieux, indécent, et à la limite du vraisemblable.

Il est répugnant pour quatre raisons.
Il y a d’abord la volonté, plusieurs fois suggérée par Nicolas Sarkozy lors de la récente campagne électorale, d’instrumentaliser l’histoire de France ou en tout cas de rallier les Français à une vision factice et agressive du signifiant national.
Pour le néo-conservatisme français, la manipulation de l’histoire nationale passe par trois voies : la récupération de certaines figures emblématiques de la gauche (Jaurès, Blum, Moquet), le procès intenté à la culture et à la pensée dite de “ Mai 68 ”, et pour ce qui nous concerne directement, la réhabilitation du colonialisme (qui va de pair avec la persécution des étrangers dans l’Hexagone).

Indulgence pour les larrons
Ce dernier est désormais présenté non comme le crime qu’il fut du début (guerres de conquête) jusqu’à la fin (les luttes pour l’indépendance et la décolonisation), mais comme une simple “ faute ” qu’il faudrait passer par pertes et profits. Pis, la nouvelle légende veut que la colonisation ait été une entreprise bénévole et humanitaire. Prostrés dans la haine de soi et de la France, voire dans l’ingratitude, les ex-colonisés, nous dit-on, seraient malheureusement incapables d’en apprécier en dernière instance les bienfaits puisque, abandonnés à eux-mêmes, ils n’auraient jamais trouvé la voie du progrès et de la liberté.
À ce projet révisionniste s’ajoute, au nom du refus de la repentance, la disqualification de tout regard critique sur le système colonial et le déni de toute responsabilité quant aux horribles crimes et atrocités de l’époque. Je conviens que le contenu de l’histoire (y compris l’histoire de la colonisation) ne saurait se résumer aux massacres. Ceci dit, l’on ne peut pas faire comme si la conscience de soi était une chose, et la conscience de l’injustice ou du dommage causé à autrui une autre que l’on peut aisément séparer de notre conscience d’homme.
On l’a vu lors de la campagne électorale en France et, plus récemment encore à Dakar. Chaque fois, le procédé est le même. On commence par dénoncer et par stigmatiser ceux et celles qui “ rougissent de l’histoire de la France ” ou la “ noircissent ” - les “ adeptes de la repentance ”.
Puis, au nom de la fierté nationale, de l’amour pour la patrie, de la sincérité et de la bonne foi, on enchaîne par une exaltation en bonne et due forme des colons. On veut nous faire croire que d’aussi humbles serviteurs de la mission civilisatrice n’auraient gagné leur vie qu’en toute honnêteté. Colonisant en toute innocence, ils n’auraient jamais exploité personne. Au demeurant, ils n’avaient pour dessein que de “ donner l’amour ” à des peuplades asservies par des siècles d’obscurantisme et de superstitions. Injustice de l’histoire, ils n’ont, en fin de compte, récolté que la haine et le mépris de ceux au salut desquels ils sacrifièrent pourtant tout.
Pour Nicolas Sarkozy et les siens, les pertes subies par les colons français pèsent plus lourds à la bourse de la mémoire que les ravages et les destructions subis par ceux qui, au prix de mille privations, d’incessantes humiliations et, parfois, de leurs vies, mirent un terme à cette nuit de la souffrance humaine que fut la colonisation. Car, dans la théologie politique des néo-conservateurs français, l’indulgence pour les larrons doit toujours l’emporter sur la pitié pour les crucifiés.

Amitiés perfides
La deuxième raison de ma stupéfaction est l’insolence, et surtout l’arrogance et la brutalité qu’autorise une telle volonté de méconnaissance. Pour noyer la vérité et jeter la poudre aux yeux de ceux qui sont distraits, l’on recourt au “ raisonnement par les bons sentiments ” dont Françoise Vergès (Abolir l’esclavage. Les ambiguités d’une politique humanitaire) a démontré, il n’y a pas longtemps, la perversité.
En effet, ce discours incohérent (la faute oui, la repentance non) et vermoulu, mais à la nuque raide - telle est bien la marque déposée du nouveau conservatisme français. Il se trouve que chez Nicolas Sarkozy en particulier, ce conservatisme prend de plus en plus des allures truculentes, à la manière du trop bandant de nos satrapes tropicaux, comme en témoigne d’ailleurs son penchant pour le maniement de l’invective sous les oripeaux de l’exhortation, le tout assaisonné d’imprécations et de déclarations à l’emporte-pièce – le pur épuisement qui naît d’un vide fondamental.
Car, ce que notre négrophile donneur de leçons cherche à camoufler derrière les formules convenues telles que la sincérité ou encore la vérité, c’est avant tout une insoutenable dose de mauvaise foi que l’on veut faire passer pour de la générosité et de la franchise. L’amitié dont il se réclame à tue-tête ne porte pas seulement au flanc la blessure d’une flèche perfide. Et le nouveau chef de l’État ne cherche pas seulement à manipuler l’histoire de France. Il veut aussi falsifier la nôtre et les significations humaines dont cette dernière est porteuse. Ce faisant, et par on ne sait quel pouvoir, il s’autorise de parler de l’Afrique et des Africains à la manière du maître qui a pris la mauvaise habitude de maltraiter son esclave et d’avilir sa chose, et qui ne parvient pas à se déprendre d’attitudes héritées d’un sinistre passé dont nous ne voulons plus.

Colo-nostalgie
Puis il y a la fourberie. L’on prétend s’adresser à l’élite africaine. En réalité, l’on ne cesse de faire des clins d’œil à la frange la plus obscurantiste de l’électorat français - l’extrême-droite, les colo-nostalgiques, tous ceux-là qui, rongés par la mélancolie postcoloniale, pensent que quatre ou cinq millions d’immigrés et de citoyens français d’origine noire et arabe dans un pays de plus de cinquante-cinq millions d’âmes menacent l’identité française.
Plus grave encore, ce n’est pas comme si le président Sarkozy était dans l’attente d’une réponse de notre part. Car il y a plus de vingt ans déjà que Jean-Marc Éla (L’Afrique des villages) a écrit le plus beau livre sur l’inventivité des paysans africains. Auparavant, Cheikh Anta Diop, Théophile Obenga, Joseph Ki-Zerbo, Abdoulaye Bathily, Bethuel Ogot, Ade Ajayi, Adu Boahen, Joseph Inikori, Toyin Falola, Kwame Arhin et des dizaines d’autres avaient mis en place les fondations d’une historiographie africaine solide et documentée. Celle-ci établit, entre autres comment, de tous temps, l’Afrique a fait partie du monde, y a joué activement son rôle et a contribué ce faisant au développement des techniques, du commerce et de la vie de l’esprit.
Aux yeux de notre nouvel ami, tout cela ne compte guère. Et pour cause. Il ne s’adresse pas à nous comme dans un rapport de face-à-face où nous compterions comme interlocuteurs. En fait, il ne regarde ni ne voit notre visage. Chez lui, “ l’homme noir ” est un être abstrait, doté d’une “ âme ” certes, mais sans visage, puisque plongé dans les ténèbres de l’innommé. Quand il prétend dialoguer avec nous, ce n’est pas dans le cadre d’un rapport moral d’égalité et, par conséquent, de justice. C’est dans le registre de la volonté de puissance - un je-ne-sais-quoi de narcissique et d’autant plus triomphaliste qu’il est marqué du sceau de l’ignorance volontaire et assumée.

L’insolence de l’ignorance
La troisième raison de mon incrédulité est la vision éculée que le nouveau chef d’état français a choisie, désormais, de véhiculer de l’Afrique et des Africains. Comme je l’indiquais dans un texte précédent, cette vision se situe en droite ligne de la dogmatique raciste du XIXe siècle.
Le président puise à pleines mains dans cette fange, sans la moindre distance ni ironie. Il répète des pages entières des élucubrations de Hegel, Lévy-Bruhl, Leo Frobenius, Placide Tempels et autres inventeurs de “ l’âme africaine ”, construisant au passage sa “ vérité ” avec les copeaux de l’ethnophilosophie d’hier, comme d’autres avant lui s’investissaient dans l’ethnozoologie, dans l’espoir de mettre à nu “ l’essence foncièrement animale du nègre ”.
Mais sait-il seulement que l’étroitesse d’esprit caractéristique du racisme colonial – ce terrorisme avant la lettre – a fait l’objet d’une critique soutenue par les intellectuels africains eux-mêmes depuis la deuxième moitié du XIXe siècle ? Sait-il seulement que respecter l’ami, c’est aussi se référer honnêtement à ses opinions ?
Or, il existe bien une longue tradition de critique interne des sociétés et des cultures africaines qui aurait pu aider notre théoricien à développer un argument un tant soit peu vraisemblable. Encore aurait-il fallu qu’il commence par enlever la poutre logée dans ses yeux avant de se préoccuper de celle qui encombre l’oeil du voisin.
De ce point de vue, des roitelets nègres ont en effet pris part à la Traite des esclaves, comme aujourd’hui le cartel des satrapes – dont la plupart bénéficient du soutien actif de la France - qui participent à la destruction de leurs propres peuples.
Mais que dire donc de la collaboration française sous l’occupation nazie ? Que dire du régime de Vichy dont la chute eût été impossible sans la contribution décisive des gens d’origine africaine (comme le montre l’historien Siba Grovogui, Beyond Eurocentrism and Anarchy. Memories of International Order and Institutions), mais dont on copie et reproduit aujourd’hui les méthodes de classification et de discrimination des personnes par le biais du ministère de l’identité et de l’immigration ?
Comment se fait-il que celui qui, en France, promeut un type de relation entre l’identitaire et l’État si proche de l’idéologie de Vichy et qui ne résiste pas à la tentation de mobilisation de formes de xénophobie anti-arabe et africaine soit le même qui vienne nous administrer des leçons d’universalisme dans l’enceinte d’une université dédiée à un authentique patriote africain ?
Pour être logique avec soi-même, pourquoi ne va-t-on pas dire aux Israéliens que, quant au fond, les soutiers du nazisme n’étaient, comme nos colons d’hier, que de pauvres innocents, des gens honnêtes qui ne voulaient que le bien des Juifs ? Pourquoi ne va-t-on pas dire à Nelson Mandela que, quant au fond, les tortionnaires et bénéficiaires du dernier État raciste au monde – l’État d’apartheid en Afrique du Sud – ne voulaient que son bien ?
On le voit bien, ce petit jeu du révisionnisme est moralement répugnant. Et Césaire l’avait bien compris, qui dans son Discours sur le colonialisme, dénonçait déjà, en 1952, “ les voluptés sadiques, les innommables jouissances qui vous friselisent la carcasse de Loti quand il tient au bout de sa lorgnette d’officier un bon massacre d’Annamites ”.

Une tradition critique
Dans la pensée africaine de langue française, Frantz Fanon (Peau noire, masque blanc) est sans doute celui qui a fait la déconstruction la plus convaincante de la sottise raciste tout en proposant les linéaments d’une humanité fraternelle.
De W.E.B. Dubois à C.L.R. James en passant par Martin Luther King et Nelson Mandela, de Stuart Hall à Paul Gilroy, Fabien Éboussi Boulaga et tous les autres, le meilleur de la pensée noire a toujours été rendu sous la forme du rêve d’un nouvel humanisme, d’une renaissance du monde par-delà la race, d’une polis universelle où est reconnu à tous le droit d’hériter du monde dans son ensemble. L’Afrique dont ils se réclament – ce mot et ce nom – est une multiplicité vivante qui, à l’instar du mot “ Juif ”, est lié, dès les origines, au futur de l’universel.
Au cœur de cette pensée, les questions de mémoire sont d’abord des questions de responsabilité devant soi et devant un héritage. Dans cette pensée, on ne devient vraiment “ homme ” que dans la mesure où l’on est capable de répondre de ce dont on n’est pas l’auteur direct, de celui ou de celle avec qui on n’a, apparemment, rien en partage – l’assignation à la responsabilité. C’est à cause de cette assignation principielle à la responsabilité que notre tradition critique s’oppose fondamentalement à l’antihumanisme et la politique du nihilisme qui caractérise le néo-conservatisme à la française.
Nicolas Sarkozy se prévaut de Senghor pour accréditer des thèses irrecevables parce qu’historiquement fausses et moralement corrompues, marquées comme elles le sont par le pesant d’antihumanisme qui, toujours, loge au fond de toute idéologie raciste.
D’abord, il fait semblant d’oublier qu’au moment où Césaire, Senghor et les autres lancent le mouvement de la négritude, l’humanité des Noirs est contestée. Les Noirs, à l’époque, ne constituent pas seulement une race opprimée. Comme les Juifs, il n’y a, alors, pratiquement pas un seul endroit au monde où ils jouissent de paix, de repos et de dignité. La lutte, à l’époque, est littéralement une lutte pour l’affirmation du droit à l’existence.
Cette dimension insurrectionnelle de la critique culturelle, on ne la retrouve pas seulement chez les penseurs africains. Elle est également présente chez les penseurs afro-américains et de la diaspora, descendants d’esclaves et survivants des temps de la captivité dans les plantations du Nouveau Monde. La gommer aujourd’hui pour ne retenir que la poétique du royaume de l’enfance, du merveilleux et des forêts qui chantent relève de la falsification.
D’autre part, il est vrai que quand on se bat pour affirmer son droit d’exister, on a tendance à recourir à des figures de style fixes et binaires, à des raccourcis peut-être mobilisateurs, mais sans doute un peu courts sur la longue durée.
Senghor en particulier ne s’en priva guère qui, s’inscrivant dans la continuité des vocabulaires les plus racistes de son époque, déclara que l’émotion est nègre comme la raison est hellène. Encore ouvre-t-il la voie à un dépassement de la race et à la possibilité d’une réconciliation des mondes, comme on peut le lire dans ses Chants d’ombre.
Sarkozy oublie par ailleurs qu’aux yeux de nombreux intellectuels africains, le même Senghor est demeuré une figure polémique. Poète chanté et reconnu, l’essentiel de sa réflexion philosophique a été largement réfuté. Comme l’ont bien montré la génération de Marcien Towa (Léopold Sédar Senghor : négritude ou servitude ?) et de Stanislas Adotevi (Négritude et négrologues), ce dernier ne concevait pas seulement la culture comme quelque chose de biologique et d’inné. Pour bien des penseurs africains anglophones, Senghor se contenta, tout au long de sa carrière, de faire la politique de la France en Afrique. Ils estiment, à tort ou à raison, qu’au panthéon des héros africains, c’est ce qui le distingue de Kwame Nkrumah (Africa Must Unite), Amilcar Cabral (Unity and Struggle), Cheikh Anta Diop (Nations nègres et culture) ou encore Nelson Mandela (Long Walk to Freedom).
Plus près de nous, la pensée contemporaine d’origine africaine n’a cessé de démontrer que s’il existe bel et bien une existence locale, des catégories vides de sens telles que “ l’âme africaine ” ne sauraient en rendre compte.
Paul Gilroy (The Black Atlantic), Édouard Glissant (Poétique de la relation), Maryse Condé, Françoise Vergès, Raphael Confiant et bien d’autres ont largement fait valoir qu’il n’y a pas d’identité fixe. Pour l’ensemble du nouveau roman africain de langue française, d’Alain Mabanckou à Efoui Kossi en passant par Abdurahman Waberi, Ken Bugul, Véronique Tadjo, Samy Tchak, Patrice Nganang et les autres, les identités ne peuvent être que des identités de relation et non de racines. Le cinéma africain, de Sembène Ousmane à Basseck ba Kobhio, tout comme la musique africaine n’ont cessé de montrer que l’identité fixe est source de mort culturelle ; ou encore que le présent et le futur seront nécessairement hybrides. Dans le domaine des arts et de l’esthétique, la problématique de la différence est battue en brèche, comme en témoigne la récente Exposition internationale “ Africa Remix ” de Simon Njami (voir Africa Remix. Contemporary Art of a Continent).
D’autre part, l’ethnophilosophie, dans laquelle puise abondamment Nicolas Sarkozy, a fait l’objet d’une vigoureuse critique. Paulin Hountondji (Sur la philosophie africaine), Valentin Mudimbe (The Invention of Africa) et Fabien Éboussi Boulaga (La crise du Muntu) en particulier n’ont cessé de dénoncer la sorte d’identitarisme qui ne s’obtient qu’en érigeant en trait exclusif les multiples appartenances dont nous sommes les héritiers.
A la suite du philosophe ghanéen Anthony Appiah (In My Father’s House), j’ai moi-même sévèrement critiqué l’idéologie victimaire (De la postcolonie) tout en proposant le concept d’“ afropolitanisme ” comme antidote à la négritude et au nativisme.
Au demeurant, qui ignore encore aujourd’hui que le recours à des poncifs tels que “ l’âme noire ” ou l’“ authenticité africaine ” sont, avant tout, des manières pour les régimes corrompus et leurs élites politiques et intellectuelles de se prévaloir de la différence dans l’espoir de légitimer leur brutalité et leur vénalité ? N’est-il pas vrai, par ailleurs, qu’à cet esprit de la vénalité “ coopèrent ” sans vergogne et depuis la décolonisation bien des réseaux français qui, pour l’occasion, ne s’embarrassent guère de la couleur de la peau ?
Par ailleurs, beaucoup d’entre nous, de Frantz Fanon à Françoise Vergès (La république coloniale), avons toujours dit que la repentance et la réparation produisent des victimes. La vulgate de la repentance perpétue l’image de l’autre comme corps non parlant, comme corps sans énergie ni vie. Et cela, ce n’est pas nous. Car nous ne sommes pas seulement des victimes de notre propre drame. Nous en sommes également des acteurs et des témoins.

Pouvoir de nuisance
Plus que jamais, les relations entre la France et l’Afrique seront des liens consciemment voulus et non plus imposés. À leur fondement se trouveront des valeurs morales et éthiques, ou alors ce ne seront pas des liens du tout – un simple pouvoir de nuisance.
Si la France persiste dans son autisme, c’est-à-dire son refus de comprendre le monde et d’avoir du génie dans son rapport avec l’Afrique, alors nous ne l’écouterons point. Pour l’heure, le projet néo-conservateur français pour l’Afrique tel qu’énoncé par Nicolas Sarkozy à Dakar n’est pas une invitation à bâtir une société humaine, un langage commun, encore moins un monde commun. Parce qu’il se contente de reproduire les sottises qui divisent, ce projet n’est pas une invitation à faire ensemble l’expérience de la liberté.
Voilà pourquoi il faut s’y opposer dès maintenant, sans crainte, mais avec courage, intelligence et fermeté. Parce que si on laisse faire, le prix à payer sera, mine de rien, très élevé pour les Africains.

@ Le Messager et Africultures, aout 2007




Par par Achille Mbembe
Le 10-08-2007

 

 

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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 22:01
Rapprochement France-Côte d’Ivoire: Gbagbo à Paris en octobre
(L'Inter 09/08/2007)


L’information est tenue encore officieuse, mais fait grand bruit dans les milieux hautement politiques et diplomatiques. Elle a cependant été révélée par l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique dans son édition de cette semaine. C’est que le Président ivoirien Laurent Gbagbo, dont le régime est en froid avec l’Elysée depuis l’attaque de septembre 2002, est annoncé à Paris au mois d’octobre prochain. Nos tentatives de joindre le conseiller spécial à la communication de la Présidence pour confirmer l’information, sont restées vaines. Toutefois, cette visite selon d’autres sources consultées, est bien possible. Impulsée qu’elle est, d’une part par la décrispation du climat politique en Côte d’Ivoire, avec pour terreau, la signature et la mise en œuvre de l’accord politique de Ouagadougou, et d’autre part par l’arrivée à l’Elysée d’un nouvel locataire, en la personne de Nicolas Sarkozy, ‘’ l’homme de la rupture tranquille ‘’. Pour le Premier volet, à savoir le dialogue direct qui a débouché sur l’accord de Ouagadougou, le président Gbagbo a réalisé de bons points. La normalisation des relations avec les voisins du nord, notamment le Mali et surtout le Burkina Faso, et le rapprochement inattendu avec le chef de l’ex-rébellion, Guillaume Soro, devenu son Premier ministre pour la mise en œuvre de l’accord de paix en Côte d’Ivoire. Quant au second volet, notamment les relations France-Côte d’Ivoire, l’arrivée de Sarkozy à l’Elysée semble avoir donné un nouveau souffle aux relations entre les deux pays. Paris et Abidjan présentent désormais quelques signes de décrispation et de reprise. Récemment d’ailleurs, l’actuel président français, Nicolas Sarkozy, a pris l’initiative d’un échange téléphonique avec son homologue ivoirien, Laurent Gbagbo. L’objectif officiel annoncé, féliciter le N°1 ivoirien pour avoir réussi la cérémonie de la flamme de la paix à Bouaké, ville symbole de la rébellion. Mais bien au delà, ce coup de fil marquait une sorte de rupture dans les relations ‘’ très tendues ‘’ entre les régimes d’Abidjan et de Paris, du temps du président Chirac. Récemment encore, au cours d’une interview, le président Gbagbo n’a pas été tendre avec l’ex-président français Jacques Chirac, marquant ainsi le désamour entre ces deux hommes. Le président Nicolas Sarkozy, lui, venait ainsi de mettre fin à plus de trois années de froid dans les relations entre la France et son ex-colonie, ouvrant ainsi les portes à de nouvelles perspectives. Et pour marquer le coup, le chef de l’Etat ivoirien devrait se rendre à Paris en octobre prochain pour rencontrer son homologue français. Selon nos sources, les questions liées à la coopération et les nouvelles orientations dans les relations entre les deux pays, domineront les discussions. Il s’agit notamment de la coopération militaire, fortement décriée par le régime d’Abidjan durant la crise. Le président Gbagbo a en effet trouvé scandaleux que les accords de défense qui lient la Côte d’Ivoire à la France n’aient pas fonctionné au moment où son régime était attaqué. De là à proclamer leur caducité, il n’y a qu’un pas que le pouvoir d’Abidjan n’a pas franchi. Cette audience d’octobre sera donc l’occasion de jeter les bases de discussion de nouveaux accords de défense, mais également dans bien d’autres domaines. En outre, plusieurs autres sujets attendent à la table de discussions entre les deux hommes. Il y a l’affaire Kieffer, du nom du journaliste franco-canadien disparu en Côte d’Ivoire le 16 avril 2004 dans des conditions mystérieuses. Cette affaire qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, va certainement connaître un début de résolution. A tout le moins, elle fera l’objet de discussion entre l’actuel président français Nicolas Sarkozy, son homologue ivoirien, et les personnes concernées par le dossier. Le président Sarkozy avait fait une promesse de campagne dans ce sens. Il a donné son accord pour rencontrer l’épouse du journaliste disparu, Osange-Silou Kieffer. Cette rencontre est prévue au mois de septembre, et les préparatifs vont bon train. Une réunion préparatoire s’est déjà tenue le 12 juillet dernier, avec les conseillers juridiques du président français, Patrick Ouart et Christophe Ingrain. De plus, les juges en charge du dossier Kieffer disent avoir de nouveaux éléments en provenance d’Abidjan, et qui ont fait considérablement avancer l’enquête. Un autre sujet, et non des moindres, est relatif aux événements de novembre 2004. Evénements qui ont fortement altéré les relations entre la France et la Côte d’Ivoire. Au moment où il est question de normalisation entre les deux pays, les contentieux qui ont causé la rupture devront donc être vidés.



Hamadou ZIAO

 

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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 21:30
Nicolas Sarkozy est revenu nous insulter sur nos terres
(Le Mali.fr 09/08/2007)


Les oreilles de l’Afrique bourdonnent encore des propos méprisants proférés, lors d’une visite officielle en Décembre 2006 au Mali, par le candidat à l’élection présidentielle française, Nicolas Sarkozy.

Analysant sa tristement célèbre phrase «La France n’a pas besoin de l’Afrique », d’aucuns avaient cru, à tort ou à raison, que celle-ci rentrait seulement dans le cadre d’une stratégie électorale destinée à capter les voix des militants de l’extrême droite de son pays et de ses compatriotes qui vivent de l’Afrique tout en voulant faire croire le contraire. Mais pour montrer qu’il reste cohérent dans ses rapports hautains avec l’Afrique, Nicolas Sarkozy, moins de trois mois après son élection à la tête de l’Etat français, précisément le 26 juillet 2007, s’est empressé de venir nous humilier, à nouveau.

Pour ce faire, il a choisi de s’adresser à la jeunesse africaine depuis le Sénégal autre symbole de la domination outrancière de son pays à travers ses bases militaires et sa pléthore d’expatriés.

Et Abdoulaye Wade, le maître du Sénégal l’a mis dans les meilleures conditions en lui offrant l’espace de l’université Cheikh Anta Diop, haut symbole de la Renaissance Africaine.

Devant un public nombreux, qui se dégrossissait progressivement, n’en pouvant plus d’entendre ses paroles méprisantes et méprisables, Nicolas Sarkozy a tenu un long discours où les contradictions les plus flagrantes côtoient allégrement les contre -vérités criardes qui témoignent de sa méconnaissance totale de l’histoire africaine sinon de sa volonté de rabaisser les Africains.

Voici deux exemples, entre autres, des incohérences des propos du Président français

Je veux, ce soir, m’adresser, à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue, qui n’ont pas la même religion, qui n’ont pas les mêmes coutumes, qui n’ont pas la même culture, qui n’ont pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l’Afrique. »

Aucun étranger ne pouvant connaître un peuple mieux que ce dernier, Nicolas Sarkozy voit un mystère là où il n’y en a pas. Il ignore ou feint d’ignorer que les migrations à l’intérieur de l’Afrique, font que chaque groupe humain, sur toute l’étendue du continent au sud du Sahara, est une branche d’un tronc commun dont il a gardé l’essentiel de la vision du monde. Plus que le partage de l’espace physique, c’est le partage d’une tradition commune qui fait que les Africains se sentent tous des Africains.

C’est d’ailleurs pour cette raison que Nicolas Sarkozy donne de l’ampleur à ses contradictions en parlant, plus loin, dans son discours du paysan africain et non de paysans africains.

Dans le second exemple d’incohérence, il affirme :

« Oui, je veux m’adresser à tous les habitants de ce continent meurtri, et, en particulier, aux jeunes, à vous qui vous êtes tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois vous combattez et vous haïssez encore mais qui pourtant vous reconnaissez comme frères, frères dans la souffrance, frères dans l’humiliation, frères dans la révolte, frères dans l’espérance, frère dans le sentiment que vous éprouvez d’une destinée commune, frères à travers cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine, foi qui se transmet de génération en génération et que l’exil lui-même ne peut effacer. »

A l’évidence, il n’est pas nécessaire d’être un surdoué de la raison raisonnante pour s’apercevoir que cette partie du discours s’inscrit en faux contre ses propos ci-dessus cités.

En effet, si les jeunes africains se sentent mus par une destinée commune et par la même foi mystérieuse, transmise de génération en génération et qui les rattache à leur patrie, l’Afrique, c’est bien pa ce que les Africains ne sont pas différents les uns des autres.

Par ailleurs, pour donner du crédit à ses affirmations légères, Nicolas Sarkozy aurait pu citer un exemple où des jeunes africains ont quitté leur pays pour aller en combattre d’autres ; ou un autre dans lequel des jeunes du même pays se sont battus les uns contre les autres sans, le cas échéant, avoir été manipulés par des adultes inconscients dont le but ultime est de jouir de miettes de pouvoir que, justement, la France ou d’autres puissances occidentales, consent à leur donner pour services rendus.

Mais le Président français sait ce genre d’exercice périlleux !

Il a donc préféré se contenter d’affirmations gratuites ; l’essentiel étant pour lui d’essayer d’accentuer le complexe d’infériorité des jeunes Africains et surtout de leur faire tourner le dos à leurs Ancêtres et à la Tradition patiemment élaborée par eux.

Les passages, ci-dessous de son discours sont significatifs à cet égard.

« La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption, de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages et de la pollution ».

Puis, parlant des bienfaits imaginaires du colon, il ajoute :

« Il a pris mais je veux dire que c’est avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Je veux le dire ici, tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs. »

En dédouanant la colonisation des conséquences désastreuses de quelques-uns de ses nombreux crimes, en faisant les louanges de la colonisation, le Président français prouve, à suffisance, qu’il a l’intime conviction que les responsables politiques africains manquent singulièrement de courage devant l’adversité.

Les observateurs attentifs auront remarqué qu’aucune question de la presse, ni la tournure de sa conférence ne l’ont invité à un tel épanchement de sentiments irrespectueux.

Et les mêmes observateurs auront également noté qu’en Libye où il s’était rendu la veille de sa visite au Sénégal, comme en Algérie et en Tunisie où il a également été reçu, depuis son élection, l’audacieux Président français n’a pas osé tenir le même discours.

Il sait pertinemment que la réaction des dirigeants de ces pays aurait été immédiate pour relever le caractère mensonger des affirmations historiques totalement infondées qu’il sert à l’Afrique des dirigeants noirs, majoritairement ignorants de l’histoire de leur peuple et prêts à toutes les compromissions pour conserver leur mandat de nouveaux gouverneurs de l’Afrique et pour survivre de mendicité internationale.

Il convient de porter à la connaissance de nos dirigeants et de rappeler à leur hôte encombrant et arrogant ainsi qu’à ses inspirateurs, c’est-à-dire, les africanistes euro -centristes, révisionnistes, négationnistes et négrophobes une vérité immuable.

La qualité d’une civilisation se mesure à sa capacité à garantir à tout son peuple la satisfaction des besoins fondamentaux de la vie; à savoir une éducation de qualité, une santé de qualité, une nourriture de qualité, un logement décent, un habillement convenable.

Or, jusqu’à la veille de la colonisation, commencée au Sénégal, dans la seconde moitié du 19è siècle, l’Afrique était en avance sur l’Europe dans les domaines essentiels de la grande activité humaine.

Au plan éducatif, la distribution du savoir et de la connaissance se faisait, en Afrique, à travers la structure verticale familiale et la structure horizontale sociale au sein de classes d’âge. Ainsi, dès l’adolescence, l’enfant connaissait l’essentiel des mythes fondateurs de la société, savait ce que cette société attendait de lui, était imprégné du sens de la solidarité active, du sens du sacrifice utile, etc.

En France, puisque c’est la France qui nous intéresse, la grande majorité des enfants issus du tiers - état, qui représentait plus de 80 pour cents de la population, ne savait rien à l’extérieur des frontières de leur village. Il faudra attendre Jules Ferry, qui libérera l’école de l’emprise de l’église pour que vers la fin du 19ème siècle, plus d’enfants puissent découvrir d’autres réalités.

Au plan de la santé, de la nourriture, et du logement, le silence des ouvrages occidentaux pourtant prompts à dénigrer l’Afrique, sur l’existence d’handicapés physiques, d’handicapés mentaux, de famines, de mendiants, de sans-abri, est la meilleure preuve que le colon a trouvé, à son arrivée en terre africaine, un peuple sain de corps et d’esprit.

En France, les épidémies répétitives de peste, de choléra, de diarrhées vertes, de fièvre typhoïde, de tuberculose étaient responsables de milliers de morts tandis que les famines et l’appropriation des terres par la noblesse et le clergé, faisaient d’autres milliers de vagabonds qui finissaient régulièrement dans les prisons.

Au plan de la science, il n’est pas inutile de rappeler, entre autres réalités, que l’Europe attendra le 15ème siècle pour découvrir, grâce à ses télescopes, l’étoile naine Pô -Tolo, compagne de Sirius connue des Africains depuis les temps immémoriaux.

Il est intéressant de rappeler, également, que c’est grâce aux Africains, que Nicolas Sarkozy a pu inscrire dans son agenda le mois et les jours de ses visites en Afrique ; car ce sont bien les Africains qui ont inventé le calendrier et aussi l’écriture.

La vérité vraie est que la colonisation a tiré l’Afrique vers le bas.

Pour construire ses ponts et ses routes afin d’acheminer vers les ports et à destination de l’Europe les matières premières volées à l’Afrique, le colon a réquisitionné, dans le cadre du travail public obligatoire, les forces vives des villes et des villages, qui par dizaines de milliers ont perdu la vie, qui par d’autres dizaines de milliers sont devenus des handicapés à vie.

Pour construire ses ponts et ses routes afin d’acheminer vers les ports et à destination de l’Europe les matières premières volées à l’Afrique, le colon a déplacé des populations entières de régions où elles avaient choisi de se fixer du fait de l’environnement favorable, pour les obliger à s’installer, presque toujours, dans des régions hostiles.

En construisant ses hôpitaux et ses dispensaires, afin de disposer, à tout moment, d’une masse de serviteurs en bonne santé, le colon a tout simplement voulu pallier le recul de la médecine traditionnelle que les spécialistes africains ne pouvaient plus assurer avec efficacité ayant été éloignés des régions dont ils connaissaient les plantes médicinales.

En construisant ses écoles, le colon a cherché à façonner un Africain déculturé, acculturé, reprogrammé pour se renier. Car l’école et particulièrement sa langue de formation véhiculent un univers culturel propre ; à ce titre, l’école française, comme toutes les écoles occidentales, est un instrument de génocide culturel.

Aujourd’hui, comme hier, toutes ses infrastructures routières, portuaires, sanitaires, scolaires, continuent de servir la France et la France seulement dans l’intérêt exclusif de laquelle elles ont été réalisées aux prix d’énormes sacrifices auxquels les Africains ont été contraints et forcés.

On se souvient encore qu’après le « Non » de Séku Turé, à la communauté française, en 1958, le Général de gaulle a vidé la Guinée de tout ce qu’il pouvait ; jusques et y compris les machines à dactylographier, les stylos et les gommes.

A l’évidence, s’il avait pu, il aurait enroulé ses ponts et ses routes pour les emporter avec lui.

Si l’Afrique croule sous le poids humiliant des maladies chroniques, des famines, de la dictature responsable de ses autres maux, à savoir la prévarication, la corruption, les génocides, etc. c’est toujours à cause de la colonisation dont la nouvelle forme est le néocolonialisme.

C’est pendant la colonisation que les maladies vénériennes telles que la syphilis, la blennorragie, les affections comme la lèpre, l’onchocercose, la maladie du sommeil etc. ont fait leur apparition en Afrique.

C’est après la colonisation que les Pères fondateurs de la Nation ont fait leur apparition, dont la plupart se sont proclamés Présidents à Vie, avant d’instituer une « Monarchie Présidentielle » qui peut remplacer le père par le fils.

A-t-on jamais entendu la France condamner, ne serait-ce que du bout des lèvres, ces pratiques malsaines ? A-t-on jamais entendu la France dire non à l’approvisionnement des comptes de ses banques, à l’investissement dans son patrimoine immobilier des centaines voire les milliers de milliards de francs CFA régulièrement volés à l’Afrique par ses dirigeants corrompus au vu et au su de tous et surtout de ses services de renseignements ?

Mais le Président français et ses inspirateurs africanistes euro - centristes négationnistes, révisionnistes et négrophobes ne sont pas troublés par les contrevérités et les contradictions qui cheminent ensemble dans leurs discours habituels, toujours enclins qu’ils sont à vouloir réécrire l’histoire de l’Afrique à la place des Africains.

Leur objectif vise à substituer aux millénaires de vie commune et de Tradition africaine, la durée de la colonisation, si éphémère sur l’échelle du temps ; à peine une cinquantaine d’années !

Cet objectif est rappelé par Nicolas Sarkozy avec insistance :

« La colonisation fut une grande faute mais de cette grande faute est né l’embryon d’une destinée commune. Et cette idée me tient particulièrement à cœur »,

« Pour le meilleur comme pour le pire, la colonisation a transformé l’homme africain et l’homme européen »,

« Je suis venu vous dire que cette part africaine et cette part européenne de vous-même forment votre identité déchirée »,

Et, croyant la jeunesse africaine aussi ignorante et résignée que ses dirigeants politiques, il lui certifie que c’est la seule voie possible pour connaître le bonheur de vivre.

« Je suis venu vous dire que la part d’Europe qui est en vous est le fruit d’un grand péché d’orgueil de l’occident mais que cette part d’Europe en vous n’est pas indigne »,

« Car elle est l’appel de la liberté, de l’émancipation, de la justice et de l’égalité entre les femmes et les hommes »,

« Car elle est l’appel à la raison et à la conscience universelles »,

«Le défi de l’Afrique…c’est de s’approprier les droits de l’homme, la démocratie, les libertés, l’égalité, la justice comme l’héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes ».

Mais la jeunesse africaine sait qui elle est et ce qu’elle vaut. Elle comprend donc parfaitement que le métissage culturel auquel elle est invitée a pour finalité de diluer les valeurs inégalables de son peuple dans une prétendue civilisation mondiale qui se conjugue exclusivement au mode et au temps de la civilisation judéo-chrétienne, occidentale et ultralibérale.

La jeunesse africaine sait que, pendant que les Européens vivaient dans des huttes et sous des tentes, pendant qu’ils s’habillaient de peaux de bêtes, faisaient des sacrifices humains, ses Aïeux bâtissaient des pyramides et édictaient 42 commandements, ancêtres des 10 commandements de Moïse, afin que soit maintenu par les humains l’Equilibre de la création dans le respect strict de la Justice et de l’Harmonie Universelles.

La jeunesse africaine sait qu’en présentant le Créateur comme une entité androgyne, ses Ancêtres proclamaient la complémentarité de la femme et de l’homme.

La jeunesse africaine sait que la Charte du Mandé, élaborée au 13ème siècle par Sundiata Keïta et ses compagnons, précède la Déclaration des droits de l’Homme et des Peuples de 600 ans.

La jeunesse africaine sait que pendant que toute l’Europe était parsemée de prisons privatives de liberté, pas même un semblant de cellule n’existait nulle part en Afrique. Car, dans la Vision Africaine du Monde, l’être humain est une parcelle de la Force Vitale Divine emprisonnée dans un corps ; aussi sacré que Dieu, on ne peut l’emprisonner parce que nul ne peut emprisonner Dieu.

La jeunesse africaine sait que la Renaissance Africaine passe nécessairement par la réappropriation de toute la Tradition léguée par ses Ancêtres.

Elle sait que la Tradition est antérieure à la Religion, qu’elle est la Vision du Monde par laquelle un peuple appréhende et agit sur tout son environnement palpable et invisible.

Elle sait que la Tradition est l’âme d’un peuple et la Tradition n’est jamais statique ; elle est dynamique et elle suit l’évolution de son temps en s’élaguant d’éléments obsolètes et en s’enrichissant d’éléments nouveaux parfaitement digérables, par elle-même choisis et par elle seule.

La jeunesse africaine sait que seule la Tradition patiemment élaborée par ses Aïeux lui permettra de retrouver et de s’imprégner de la confiance des grands Bâtisseurs qu’ils étaient ; les meilleurs modèles à suivre sont toujours les modèles issus de ses propres rangs.

Elle est, à présent, animée de la certitude que ses Ancêtres ont été les guides éclairés de toute l’humanité, ayant été les premiers à explorer et à déblayer tous les sentiers de l’immense activité humaine.

Voilà pourquoi elle n’a aucun mal, contrairement à ses dirigeants politiques, à se rendre compte des immenses lacunes du Président français dans sa lecture de l’histoire africaine, lorsque ce dernier déclare péremptoire :

« Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour. C’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé »,

« Le problème de l’Afrique, c’est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter »,

« Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de s’inventer un passé plus ou moins mythique pour s’aider à supporter le présent mais de s’inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres. »

La jeunesse africaine sait que le Présent est toujours la conséquence du Passé et que l’Avenir sera celle du présent. C’est le triptyque du Temps dont les trois dimensions sont étroitement liées.

Aussi, pour que l’Avenir soit conforme qu’à ses attentes, tout peuple digne de ce nom, doit reconstruire et consolider son Présent si celui-ci est phagocyté par des valeurs étrangères qui tuent pour survivre.

Si cela n’est pas vrai, que Nicolas Sarkozy et ses inspirateurs africanistes euro -centristes négationnistes, révisionnistes et négrophobes expliquent au monde pourquoi le Passé de leur peuple, depuis le commencement, est enseigné dans les écoles françaises, pourquoi toute trace de l’occupation allemande a été effacée de la société française, pourquoi ils ne conseillent pas aux Juifs de cesser de répéter et de ressasser les événements liés à la Shoah.

Ce sont sans doute toutes ces incohérences qui ont conduit de nombreux jeunes et des moins jeunes à quitter l’Université Cheikh Anta Diop en plein discours du Président français.

D’autant plus que par ses contrevérités historiques énormes, Nicolas Sarkozy était en train de salir la mémoire de ce Grand Africain dont l’université porte le nom.

D’autant plus que Nicolas Sarkozy a également choisi ce lieu pour prendre à témoin le premier Président du Sénégal, le gravement aliéné culturel Léopold Sédar Senghor qui a combattu Cheikh Anta Diop toute sa vie durant. La jeunesse africaine sait enfin que la colonisation est un autre grand crime contre l’humanité et que ce crime est imprescriptible.

Doumbi -Fakoly, auteur

Le Challenger du 9 août 2007

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans POLITIQUE AFRICAINE DE LA FRANCE
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9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 20:41
Sarkozy parle d'Eurafrique: Koulibaly propose la Librafrique
(Notre Voie 09/08/2007)


Le président de la République française est venu, comme De Gaulle, et il a parlé aux Africains. Qu'a-t-il dit au juste ? Il nous a fait une série de propositions et d'analyses. Écoutons-le :

“Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est une alliance, c'est l'alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un meilleur monde”.

Le nom de cette alliance est Eurafrique

La France s'est mariée à l'Europe et nous vous apportons cette Europe de même que nous vous apportons à l'Europe. L'Afrique sera dans la corbeille de mariage de la France avec l'Europe et dans la corbeille de l'Europe avec le monde. Je suis venu vous proposer une place, comme la France sait le faire habituellement. Souvenez-vous, par exemple, des DOM-TOM.
Mais, comme vous le savez, l'Afrique est très différentiée. Il y a l'Afrique du Nord.
Et il y a l'Afrique noire. En Libye, donc en Afrique du Nord où je suis passé, j'ai signé des contrats juteux d'exploitation de centrales nucléaires et d'uranium. Des contrats portant sur la défense et autres affaires hautement stratégiques pour mon pays. Avec l'Afrique du Nord, on ne parle ni de morale, ni de développement. On ne donne pas de leçons, mais on passe des contrats. On ne lance pas d'appels aux Libyens de l'étranger pour leur retour dans leur pays. On ne fait pas de promesses d'aides publiques françaises à la Libye. On parle affaires. Des contrats, des contrats et encore des contrats. Sur l'uranium, sur la défense, sur le nucléaire. Trade not aid, telle est notre règle.
Avec l'Afrique noire, avec vous, que dire ?
Je vous ai fait mal, mes bébés. Hum !
N'en parlons plus.
Mais ne me demandez surtout pas de repentance, puisque vous-mêmes, vous êtes coupables de vous être laissés battre par mes ancêtres. En plus, quand mes ancêtres arrivaient chez vous, vous vous décimiez vous-mêmes déjà sans notre aide. Vous êtes plus coupables que nous.
Nous avons commis des crimes contre l'Humanité. Oui, mais vous n'avez rien fait pour nous empêcher. En tout cas pas suffisamment pour nous convaincre que ce que nous avions l'intention de faire était criminel. Vous êtes coupables de non-assistance à personne dangereuse et d'assassinat de caractères.
Ne rêvez surtout pas à un retour en arrière pour rejoindre votre prétendu âge d'or qui aurait existé dans le passé. Vous n'avez jamais eu d'âge d'or. N'en rêvez pas. Le monde ne marche pas à reculons, mais progresse vers l'avenir. L'histoire a un sens.
La colonisation a été un crime contre l'humanité, mais mes parents ont proposé aux vôtres l'indépendance, qu'ils ont acceptée.
La colonisation c'était l'exploitation de l'homme par l'homme; l'indépendance est exactement le contraire. Vos historiens et autres anthropologues vous mentent. Je vous le dit ici à vous, les jeunes d'Afrique, à l'Université Cheick Anta Diop.
Devant vos chefs.
Devant vos profs.
Devant votre classe politique, gouvernement et opposition réunis.
Devant vous étudiants, hommes de maintenant et hommes de demain.
Arrêtez de rêver d'un futur qui puisse être le vôtre, à vous tout seuls.
Maintenant, vous m'appartenez définitivement. Arrêtez d'avoir la nostalgie d'un passé qui n'a jamais existé.
Je vous propose l'Eurafrique.
Vous entrez avec moi dans les bonnes grâces de l'Europe.
Je vous apporte l'Europe comme hier je vous ai apporté l'Esclavage.
Je vous apporte l'Europe comme hier je vous ai apporté la Colonisation.
Je vous apporte l'Europe comme hier je vous ai apporté l'Indépendance.
Je vous vois stupéfaits, n'est-ce pas ? Mais je vous apporte aussi les moyens qui vous seront propres pour inventer, vous-mêmes, votre avenir. Oubliez le passé.
Maintenant, vous ne serez plus seulement à la France, mais à l'Europe.
La France, c'est votre héritage occidental. La colonisation vous l'a apporté. Aid not trade. Telle est mon offre.
Ne vous coupez pas de cet héritage. La civilisation européenne vous appartient. A vous aussi.
Renoncez à la tentation de pureté comme nous le faisons en Europe.
Ne répondez pas au racisme de la France par le racisme.
Ne répondez pas à l'intolérance de la France par l'intolérance.
Je sais, je vous ai fait mal, mais laissez tomber.
Allons ensemble dans l'avenir.
Renoncez à la maladie de l'intelligence.
Si vous voulez venir chez nous, pas de problème, nous négocierons votre migration. Nous déciderons ensemble, pour vous, comment vous viendrez.
Pas en citoyens libres, mais en immigrés.
Vous rêvez de la Renaissance africaine ? Pourquoi pas ! Après tout, vous avez eu, semble-t-il, l'Egypte et d'autres brillantes civilisations que mes ancêtres ont battues à plate couture et soumises depuis des siècles. Oubliez le passé peu glorieux que vos ascendants vous ont laissé.
Nous vous aiderons à la bâtir, cette renaissance, si tel est votre désir. Commencez déjà par prendre notre civilisation comme héritage.
Vous voulez la liberté, la démocratie ? Bien. Mais savez-vous que l'Europe est bâtie sur l'égalité, la justice, le droit, la liberté, la démocratie et la libre propriété ?
Je vous apporte ces valeurs universelles. Et n'allez pas chercher ailleurs.
Tout ce que vous voulez, commandez et je vous livre tout de suite.
Nous sommes généreux, nous vous aimons. Ce n'est pas de la pitié, mais c'est notre intérêt.
Ainsi nous a parlé Nicolas Sarkhozy, le président de tous les Français.
Que lui dire ?
Merci Sarkhozy.
Merci pour tes propositions.
Mais nous, on veut aller dans le monde par le marché et non sous la protection de qui que ce soit. Nous connaissons le chemin.
Le monde, ce n'est pas que la France; le monde, ce n'est pas que l'Europe. Le monde, c'est aussi l'Afrique, c'est aussi l'Amérique, c'est aussi l'Asie. Le monde, c'est ailleurs. Nous voulons choisir librement notre méthode d'y entrer, notre façon d'y participer. Ce n'est pas par dégoût, mais c'est notre intérêt et rien que cela.
L'Eurafrique ? Très bien merci. Mais ça sera vraisemblablement comme par le passé.
Il y a déjà les sommets franco-africains.
Il y aura des sommets eurafricains.
Il y aura une bureaucratie eurafricaine, comme il y a celle des UE-ACP.
Nous n'avons plus du temps à perdre à négocier lors de sommets de chefs d'Etat.
Nous allons directement sur les marchés librement avec nos besoins et nos moyens.
Nous ne voulons plus être des marchés captifs de qui que ce soit.
Nous voulons redevenir libres.
Il ne s'agit pas d'un retour à un quelconque âge d'or. Il ne s'agit pas d'une option pour nous, mais de notre survie.
Il s'agit d'être simplement des humains, de vivre comme tels et d'être traités comme tels.
Nous ne voulons pas de traitement de faveur.
Nous voulons avoir notre liberté de choix.
Nous voulons tirer profit des droits imprescriptibles que nous avons d'être propriétaires de nous-mêmes en tant qu'humains.
Nous voulons être libres dans la mondialisation, comme nous ne l'avons jamais été sur les marchés des esclaves. Sur les marchés coloniaux. Dans le pacte colonial.
Nous ne voulons pas aller sur les marchés mondiaux enchaînés par des accords protectionnistes ; ni avec la France, ni avec l'Europe.
N'est-ce pas vous qui avez dit que l'Afrique ne comptait pas pour la France ?
N'est-ce pas vous qui dites aussi que le Niger, avec son uranium, compte énormément pour la France ?
Savez-vous que le Niger est un pays d'Afrique ?
La duplicité de votre langage ne nous rassure guère. Vous parlez d'amour là où le monde parle d'intérêt et d'intérêt là où le monde parle d'amour.
Nous ne voulons plus de cette protection infantilisante qui vous donne le droit de vouloir tout faire pour nous.
Tout faire avec nous.
Tout faire par nous.
Tout faire sans nous.
Et au bout du compte, tout faire contre nous.
Nous ne voulons plus des accords léonins qui, sous prétexte de vouloir nous aider, nous font plus de mal que de bien.
Nous voulons que Sarkhozy nous laisse faire, nous laisse passer.
Nous voulons que la France nous laisse faire,
nous laisse passer
Nous voulons que l'Europe nous laisse faire, nous laisse passer.
Nous voulons que le monde nous accueille comme nous sommes, tels que nous sommes et non comme la France veut que nous soyons ou que l'Europe voudrait que nous soyons. Nous connaissons le mode d'emploi de la mondialisation. Aucun épouvantail ne nous fera renoncer sur la route de la liberté.

L'Eurafrique ? Pourquoi pas. Merci pour votre offre. Mais nous sommes déjà dans le monde sous le couvert de l'Europe qui agit par procuration de la France. Nous ne voulons pas de la mondialisation des servitudes. Nous voulons celle des libertés.
Nous voulons simplement:
- de l'économie de marché.
- de la société ouverte.
- de la société de droit.
Ni plus, ni moins.
Sarkhozy pourrait-il nous aider dans ce sens ?
A nous libérer des accords précédents ?
Ceux des indépendances ?
Pour enfin nous libérer du carcan post colonial ?
Nous ne voulons pas aller dans le monde comme hier nous sommes allés dans l'Europe par la France.
Nous ne voulons pas de votre liberté en double standard, et sous surveillance.
Nous ne comprenons pas que nos avoirs extérieurs nets en devises soient déposés au Trésor public de chez vous.
Nous ne comprenons pas que nous soyons perçus comme des contribuables par l'Etat français, alors que vous nous ressassez que la colonisation est terminée depuis belle lurette ?
Nous ne voulons plus de vos accords de coopération qui ne règlent rien, mais qui pillent tout.
Nous voulons être libres de choisir nous-mêmes notre destin.
Libres de choisir nous-mêmes qui nous accompagnera et pour quoi.
Merci de votre sollicitude.
Tu veux que je décide librement ? Soit.
Mais je ne veux pas que tu sois là.
Tu veux que je décide librement ? Mais soit.
Je ne veux pas décider avec toi. Je veux décider seul.
Tu veux que ma volonté se réalise pleinement ?
Oui, je le veux aussi. Mais je ne veux pas réaliser mon destin avec toi. Je veux le faire moi-même, sans guide, ni parrain, ni gourou.
Tu veux t'associer avec moi ? Oui, mais ne me demande pas d'être exclusivement à toi. D'être ta chose. Je veux être libre de m'associer avec qui je veux et comme je le veux et quand je le veux.
La mondialisation telle qu'elle est faite pour moi ne me plaît pas. C'est vrai. Je veux la démocratie. Je veux le droit. Je veux la justice. Je veux la propriété libre. Je veux la liberté.
Mais je veux aussi la responsabilité.
Nous avons payé trop cher les mirages de la coopération franco-africaine depuis de longues années.
Cette coopération est étatiste.
Cette coopération est collectiviste.
Cette coopération est monopolistique.
Cette coopération est jacobine et rétrograde.
Je crois que l'échange libre est bénéfique et qu'il doit être la règle de mon jeu dans la mondialisation.
Je crois que la concurrence est un moyen et qu'elle est mon meilleur atout pour réussir à m'enrichir et à prospérer dans la mondialisation.
Les pires des prédateurs qui nous cachent de la mondialisation sont ceux qui viennent s'apitoyer sur mon sort et me considérer comme un grand naïf auquel ils proposent altruisme, protection, aide publique et humanitaire, mais jamais de commerce responsable.
Le plus grand des prédateurs pour nous est celui qui nous rassemble dans un enclos que l'on appelle le Pré-carré, ou le Champ et nous propose de jouer soit au loup et à l'agneau, soit au renard dans le poulailler.
Nous croyons que la liberté économique annonce et conditionne la liberté politique.
Nous croyons que les esclaves ne peuvent échanger que leurs chaînes. Que le marché est le propre de l'Homme. Que nous sommes des hommes et que nous voulons échanger autre chose sur des marchés libres d'accès et de sortie.
Nous croyons à l'économie de marché. Vous vous trompez à notre sujet lorsque vous affirmez le contraire.
Nous croyons au laisser faire et nous nous méfions de toutes les barrières à la concurrence.
Vous craignez l'immigration de la jeunesse africaine en France et en Europe ?
Vous avez tort.
L'immigration subie ou l'immigration choisie ?
Vous posez mal le débat.
L'immigration relève du droit individuel de circuler et est pour nous une des bases de la liberté que nous recherchons.
La France devrait se demander comment une telle liberté pour nous peut devenir un fléau social pour les Français.
Pour nous, l'étranger a droit au respect de sa vie, de sa dignité et de sa propriété.
Mais nous savons et nous admettons que l'étranger ne peut avoir tous les droits, car nous savons et admettons qu'il n'y a pas de droits sans devoirs.
L'étranger doit se soumettre aux règles sociales de la société qui l'accueille.
Vous avez le sentiment que certains étrangers ne respectent pas les règles de votre société et ont des comportements anormaux ?
Mais ce n'est pas notre faute à nous qui vivons ici dans les pays d'origines de ces immigrés. Les repousser à vos frontières, contrôler leur entrée et sortie de chez vous sont de fausses solutions coûteuses, humiliantes et inefficaces.
Pour vous en sortir, laissez-nous vous donner des conseils d'amis et d'alliés.
Abandonnez votre Etat-providence, car c'est lui qui attire l'immigré que vous craignez. Les forces d'attraction de chez vous sont aussi fortes que les forces de répulsion d'ici.
De nombreux immigrés apportent à la France leur travail, leur talent, leur argent.
Nombreux aussi sont ceux qui fuient les dictateurs et les autres régimes liberticides que vous installez chez nous.
Mais les plus nombreux, ceux qui sont supposés vous faire le plus de mal, sont ceux qui arrivent chez vous, pour profiter comme de nombreux Français de souche, du parasitisme offert par votre Etat-providence. Je présume que vous le savez déjà.
Ceux-là vont en France pour toucher des allocations, pour se livrer à de petits et à de grands trafics, pour profiter des cadeaux qu'offre l'Etat français à ses propres parasites.
Les places sont gratuites chez vous et elles rapportent plus que chez nous, car votre Etat-providence est plus généreux que les nôtres, et plus riche aussi.
Nous croyons que par des relations de travail libre, par l'échange marchand, par le libre échange entre la France et nous, l'immigration trouvera solution. Or vous nous proposez de nous méfier du laisser-faire pour nous accrocher au protectionnisme offert par nos Etats-providence rentiers, pâles copies du vôtre.
Nous voulons que les immigrés qui arrivent chez vous vous donnent plus qu'ils ne vous prennent, mais votre Etat-providence leur propose la gratuité pour tout ce qu'ils peuvent avoir.
Nous aimons la France pour sa sécurité sociale. Elle nous épargne de faire de grands efforts d'adaptation au monde moderne, d'éduquer correctement nos enfants qui y naissent. Elle nous propose le RMI, les allocations logements, les prestations familiales. Elle nous propose des revenus à peine suffisants pour vivre de façon médiocre sans travailler chez vous. Mais tout cela, vous le savez déjà.
Parmi vos immigrés qui viennent de chez nous se trouvent les plus pauvres des immigrés, les plus mal éduqués, les plus délinquants, les plus mal aimés, les plus mal logés.
Votre Etat-providence nous offre une couverture sociale complète dans des ghettos, des foyers bruyants et violents que vous appelez “logements sociaux”.
Les enfants d'immigrés africains vont dans des écoles où l'on n'apprend presque plus rien, pas même la politesse et le savoir-vivre français que nous admirons de loin, nous qui sommes restés ici au pays. L'école française ne leur apprend pas même la vertu du travail bien fait, pas même le respect des autres.
Nous voulons commercer avec une société française compétitive. Mais votre Etat nous propose des monopoles, des statuts figés, des services publics, des entreprises protégées.
Les Africains de qualité comprennent de plus en plus que vivre chez vous, sous la protection de l'Etat-providence les sclérose ; ils vont ailleurs pour être plus compétitifs et faire face aux enjeux du monde actuel. Ça aussi, vous avez dû le constater.
Nous pensons que seules des relations marchandes entre la France et l'Afrique révèleront les opportunités d'embauches en qualité et en quantité chez vous comme chez nous. Mais vous semblez avoir peur du marché libre.
Nous ne pensons pas qu'il soit dans les prérogatives de l'Etat-providence de dire qui est qualifié pour entrer et s'installer en France pour bénéficier des droits sociaux. Nous croyons au partenariat direct entre les peuples, entre les jeunes, entre les entreprises. Vous aimez plutôt les rencontres au sommet.
Nous immigrons en grand nombre chez vous, parce que notre vie ici, du fait de votre protection bienveillante et providentielle, est misérable.
Nous pensons que si vous nous donnez plus de liberté de choix, plus de libertés économiques, la source principale de cette immigration artificielle disparaîtra.

Pour vaincre l'immigration qui vous fait tant peur, brisez les enclos dans lesquels sont enfermés les peuples d'Afrique esclaves de votre générosité.
Un pays comme le Sénégal a perdu dans les mers plus d'hommes candidats à l'immigration que la Côte d'Ivoire avec sa guerre ces cinq dernières années.
L'immigration est aussi un fléau pour nous tant qu'elle sera organisée par votre Etat-providence.
Pour vaincre l'immigration, abandonnez les Etats-providence, abandonnez les accords de coopération rétrogrades et étatistes.
Pour vaincre l'immigration, nous vous offrons la liberté économique.
Au lieu de l'Eurafrique, nous voulons la Librafrique.
Dans la mondialisation, nous savons que les économies nationales sont en compétition. Nous envisagions d’aller en compétition avec ce que nous avons. Si vous le voulez bien, alors laissez-nous faire.
Nous envisagions de préciser les droits de propriété de base sur nos terres et nos entreprises d'Etat et les rendre aux entrepreneurs privés. Si vous voulez nous aider, alors laissez-nous faire.
Nous rêvons d'adopter des politiques macroéconomiques qui nous évitent les humiliations du surendettement et des déficits budgétaires insupportables. Si vous voulez le faire avec nous, alors laissez-nous faire.
Nous voulons arrêter de tourner nos vues vers le passé. Nous voulons regarder l'avenir avec sérénité. Pour cela, nous rêvons de politiques de croissance fondées sur une épargne domestique capable de nous rendre aptes à financer nos besoins d'investissements risqués. Pour cela, nous rêvons d'un système bancaire moderne qui rompe avec la tradition protectionniste de contrôle des changes et des banques centrales non indépendantes des zones CFA. Si vous voulez nous aider, alors laissez-nous faire.
Nous voulons plus de flexibilité sur nos marchés du travail. Si vous nous aimez, alors laissez-nous faire.
Nous pensons que la lutte contre la corruption est primordiale mais qu'elle ne peut réussir qu'en prenant de vigoureuses mesures et en donnant des exemples qui ne mettent personne au-dessus du droit. Si vous voyez ce que nous voulons dire, alors laissez-nous faire.
Nous voulons que notre prospérité soit bâtie en amitié avec tous les peuples du monde et sans exclusivité. Si vous pensez que le monde est un village planétaire et que la mondialisation est beaucoup moins une affaire d'Etat qu'une affaire de liberté d'échanges, alors laissez- nous faire.
Si vous voulez un véritable discours de rupture, Monsieur le président de la République française, alors, en plus de définir la politique africaine de la France, il vous faudra désormais intégrer la politique française de l'Afrique.
C'est de la rencontre de ces deux visions sous la contrainte de nos autres relations que naîtra le monde meilleur souhaité par la jeunesse africaine et pour lequel elle est prête à travailler avec toutes les jeunesses du monde. Pour cela, il faut que vous nous laissiez faire.
Les libertés et les Droits de l'Homme ne se négocient pas. L'autodétermination des peuples est un droit. Vous ne pouvez pas garder les démocraties pour vous et cultiver les autocraties chez nous. Arrêtez de le faire.
Le marché ne peut pas être pour l'Europe et les bureaucraties pour l'Afrique.
Arrêtez de le concevoir.
Encore une fois merci d'être venu et d'avoir parlé comme vous avez parlé.
Votre discours avorté de rupture donne une occasion de rupture effective à la jeunesse d'Afrique si discourtoisement interpellée par vous à Dakar le 26 juillet 2007. Les désirs de rupture d'avec les vues de vos prédécesseurs ne nous intéressent pas, d'autant qu'ils n'iront jamais jusqu'à la remise en cause des fondamentaux de la traditionnelle politique africaine de la France. Par contre, nous avons, avec la mondialisation, l'occasion de rompre avec le modèle de coopération que la France nous propose. Merci de nous avoir donné l'occasion de vous le dire. Parce que nous avons compris que, si pour le moment, la rupture, ce n'est pas pour vous, nous vous indiquons que c'est avec vous, nouvelles et anciennes élites françaises, que nous, jeunes d'Afrique, nous rompons.

Pr Mamadou Koulibaly
Président de l'Assemblée nationale

 

 

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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 16:02


COMITE PREPARATOIRE POUR LA MISE  EN PLACE DE LA  FONDATION
 «PANAFRICAN UNION»
   POUR UNE AFRIQUE EN CINQ (5) ETATS
Tél. : (236) 50 80 30 – Fax : (236) 61 54 80 - Bangui (RCA)
E-mail panafrican_union @ yahoo.fr

 

 

 

 

 


LETTRE OUVERTE

 

A
 LA TRES  HAUTE ATTENTION  DU  GENERAL FRANCOIS BOZIZE,
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT,
                                                                       -BANGUI-

 


OBJET: NOMINATION D’UN MINISTRE DES FINANCES,
RADIOSCOPIE DU TRIBALISME DU REGIME ACTUEL  ET
PERSPECTIVE DE VOTRE  INELUCTABLE DEFAITE EN 2010

 

N.B. : la présente lettre ouverte a été publiée le vendredi 27 et le lundi 30 juillet 2007 dans le journal « LE DEMOCRATE » de Bangui et les jeudi 02, vendredi 03 et lundi 06 août 2007 dans le quotidien « LE CONFIDENT » de Bangui. Elle a, en outre, été communiquée aux Evêques de Centrafrique via Monseigneur Paulin POMODIMO, aux pasteurs protestants par le biais du Révérend pasteur Charles TALINGANO, aux Imams de Centrafrique par le canal de l’Imam Moussa NAIDI de la grande mosquée de Bangui et aux pasteurs de l’Eglise christianiste céleste de Centrafrique sous couvert de leur Président, le pasteur Jean  MAPENZIA. Enfin, elle a été diffusée sur l’Internet et pourrait être adressée aux Présidents Omar BONGO ODIMBA du Gabon, Dénis SASSOU NGUESSO du Congo et Idriss DEBY du Tchad. / .


Bangui,  25 juillet  2007

 


COMITE PREPARATOIRE POUR LA MISE  EN PLACE DE LA  FONDATION
 «PANAFRICAN UNION»
   POUR UNE AFRIQUE EN CINQ (5) ETATS
Tél. : (236) 50 80 30 – Fax : (236) 61 54 80 - Bangui (RCA)
E-mail panafrican_union @ yahoo.fr


Bangui,  25 juillet  2007

LETTRE OUVERTE

A
 LA TRES  HAUTE ATTENTION  DU  GENERAL FRANCOIS BOZIZE,
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT,
                                                                       -BANGUI-
Réf. FPU/07/07/0083
     
OBJET: NOMINATION D’UN MINISTRE DES FINANCES,
 RADIOSCOPIE DU TRIBALISME DU REGIME ACTUEL  ET
 PERSPECTIVE DE VOTRE  INELUCTABLE DEFAITE EN 2010
 DUE NOTAMMENT AUX DOUZE (12) MILLIARDS DE FCFA
VOLES PAR VOTRE PREMIER MINISTRE ELIE DOTE.


 Monsieur le Président de la République,

  « PANAFRICAN UNION », initialement « FONDATION DIALOGUE NATIONAL», est un projet de Fondation pour le regroupement accéléré des pays d’Afrique en cinq (5) grands ensembles étatiques fédéraux, notamment pour la constitution des Etats-Unis d’Afrique centrale chers au Président Barthélemy BOGANDA, de lutte contre les coups d’Etat et rébellions et d’études économiques et sociologiques pour le décollage économique de la RCA et de l’Afrique par un puissant et subtil interventionnisme étatique sur des bases mathématiques et statistiques probantes.

 Aussi, compte tenu de la situation politique, sécuritaire, économique et sociale particulièrement préoccupante de notre pays, et plus spécialement de la nomination du lieutenant-colonel Sylvain DOUTINGAÏ au poste de ministre des finances, cumulativement avec ses fonctions de ministre des mines, et après concertation avec des membres des principaux partis politiques de notre pays, notamment avec certains cadres de la mouvance KNK qui se disent désabusés et choqués, avons-nous l’honneur de Vous adresser la présente lettre ouverte.

 Monsieur le Président de la République,

Le 15 mars 2003, Vous étiez entré victorieusement dans la ville de Bangui après près de deux ans de rébellion, mettant ainsi fin à un régime dont la caractéristique fondamentale était l’étourderie, le régionalisme et la démagogie.

En le faisant, à la fois en tant qu’officier mais aussi et surtout en tant que Pasteur, homme de Dieu, et donc de vérité et de justice, Vous devriez Vous en douter, Vous aviez soulevé un espoir pour le moins fou dans tout le pays et à tous les niveaux, surtout que, au lieu de confisquer le pouvoir, d’interdire les partis politiques et de suspendre les syndicats, comme le font souvent les militaires en Afrique, Vous aviez plutôt eu la magnanimité d’instaurer une période de transition dite consensuelle en associant toutes les sensibilités politiques du pays à la gestion des affaires de l’Etat. Et cet espoir légitime, certes quelque peu imbu de naïveté, avait atteint son paroxysme lors du Dialogue national qui s’était tenu du 29 août au 27 octobre 2003 et au cours duquel tous les délégués, de même que le peuple, avaient cru que plus jamais la RCA ne connaîtrait à nouveau les maux qui ont jalonné son passé, tant sous BOKASSA, DACKO, KOLINGBA que sous PATASSE.
Et le 27 octobre 2003, lors de la grandiose cérémonie de clôture de ce Dialogue national, en présence du président Dénis SASSOU NGUESSO du Congo, le président Omar BONGO ODIMBA du Gabon avait été obligé, un moment, de prendre la parole en SANGO pour nous dire que les étrangers se moquent beaucoup de nous et que cette fois-ci, il nous conseillait ardemment de ne plus refaire les bêtises du passé qui ne peuvent que nous conduire à des crises récurrentes et, forcément, nuisibles.

Mais, à peine un mois seulement après la fin de ce Dialogue, comme de nombreux autres Délégués du Dialogue, nous avions pu constater, avec amertume et effroi, mais sans surprise ni étonnement, les premiers dérapages du régime de Transition dont la responsabilité, incontestablement, Vous incombait directement et personnellement.
Et, à l’issue de cette période de Transition dite consensuelle, il y a eu des élections générales. Certes, malgré des fraudes indéniables, il est incontestable que ces consultations ont été globalement crédibles, d’une part et, de l’autre, c’est sur Vous que la très grande majorité des citoyens de ce pays avaient cru devoir porter leur choix.

Seulement, une fois élu, monsieur le Président de la République, Vous avez cru devoir laisser à de nombreux opportunistes la possibilité de Vous prendre en otage, et cela, au détriment des patriotes sincères dont certains ont tout fait pour susciter Votre candidature et, ensuite, de la promouvoir.

Monsieur le Président de la République,

Vous êtes un pasteur, donc un homme de Dieu. En conséquence, Vous ne pouvez qu’être, tout le temps, du côté de la vérité et de la justice. Aussi, avons-nous l’honneur d’attirer très respectueusement et très fraternellement Votre attention sur le fait que, en Vous fiant aux opportunistes dont il est question ci-dessus, Vous avez commis de nombreuses erreurs, voire des fautes lourdes, sur lesquelles nous n’avons cessé d’attirer Votre attention depuis 2005, c'est-à-dire peu après Votre investiture. Ces erreurs et fautes, les voici, et soyez sûr que Dieu, de même que le peuple, Vous serait gré de les reconnaître, de demander PARDON au peuple et surtout à Dieu et de commencer, le plus tôt possible, à les corriger.

Monsieur le Président de la République,

 Nous sommes convaincu que ce que nous allons Vous dire ici ne Vous plaira peut-être pas : mais, après mûre réflexion et échanges avec des amis de différentes sensibilités politiques, notre sens du patriotisme et notre attachement au socialisme et donc à la justice nous ont imposé de Vous adresser, malgré tout,  la présente lettre ouverte.

Monsieur le Président de la République,

Quand Vous posez des actes justes et bénéfiques pour le pays, notre devoir est de Vous féliciter et de Vous encourager. Ainsi, par exemples :

1-Lorsque Vous avez nommé monsieur Barkès NGOMBE KETTE à la tête de la mairie de Bangui, tout le monde a pu constater, très tôt, qu’il est excellent, quoi que l’on dise, comparé à cette merde que PATASSE avait cru devoir placer à la tête de la capitale de notre pays, de février 2 000 à mars 2003 et qui nous avait obligé, dès la prise de fonction de celle-ci, à démissionner de notre poste de chef de cabinet dès le lendemain; une telle nomination, indéniablement, est donc à louer;

 2- De même, quand Vous aviez confié le ministère des mines au jeune Sylvain DOUTINGAÏ,  la nation a pu très vite relever qu’il a fait mieux, dans bien de domaines, que ses prédécesseurs, notamment  en réussissant à convaincre la plus importante firme de diamants du monde, LA DE BEERS, à créer une filiale dans notre pays, avec pour objectif la production d’un (1) million de carats de diamants bruts par mois (contre seulement 450 000 carats l’an depuis l’indépendance), soit douze (12) millions de carats de diamants bruts l’an pour plus de 1 800 milliards de F CFA (3,6 milliards de dollars) l’an, une manne que jamais le FMI et la Banque mondiale ne peuvent prêter à notre pays. Mais un complot international ourdi par les ennemis de notre pays avait fini par contraindre LA DE BEERS à se retirer : une telle nomination est donc, elle aussi, tout aussi louable, indéniablement, même s’il s’agit de Vos parents.

Par contre, lorsque Vous Vous trompez, ce qui est logique et naturel car Vous êtes un être humain, notre rôle à nous autres patriotes est  de Vous dire, très respectueusement, dans l’intérêt supérieur de la nation, que Vous Vous êtes trompé : aussi, faute de pouvoir Vous rencontrer en tête-à-tête, permettez-nous de Vous étaler ici Vos regrettables erreurs qui sont, pour le moins, indéniables.

Ces fautes et injures à l’endroit du peuple qui, semble-t-il, Vous a élu, sont si nombreuses que nous sommes obligé de n’en retenir que quelques unes, en commençant par la plus récente et la plus insupportable, même du point de vue des dirigeants de KNK et du GPPMP qui se disent, hélas, DESABUSES:

I -  SUR LA NOMINATION DE SYLVAIN NDOUTINGAÏ AUX FINANCES

Monsieur le Président de la République,

 Vous venez de nommer le ministre des mines à la tête du ministère des finances, cumulativement avec son ancien Département, ce qui appelle, inexorablement, de notre part, les observations qui suivent :

A) Partout dans le monde, nous n’avons pas souvenir d’un cumul ministériel combinant les mines, l’énergie, l’hydraulique et les finances dans les mains d’un seul homme; en effet, logiquement, c’est au ministre de l’économie et du plan que devrait échoir le ministère des finances : est-ce à dire que, de Votre point de vue, puisque le ministre du plan, monsieur MALIKO, n’est  pas de Votre clan familial, il serait hors de question de lui confier les finances, ce qui ne peut, inexorablement, que conforter la position de la rébellion qui soutient que Vous n’avez renversé PATASSE que pour Vous enrichir, Vous et les Vôtres?

B) En nommant le ministre NDOUTINGAÏ aux finances, Vous avez certainement voulu témoigner à ce jeune compatriote Votre gratitude et Votre satisfaction pour ce qu’il a fait jusqu’alors au ministère des mines : cependant, Vous avez perdu de vue qu’en le nommant aux finances, Vous en avez fait un super ministre, ce qui ne peut que compromettre ses relations, d’une part, avec les autres ministres et, de l’autre, avec les cadres de la Convergence Nationale KNK qui Vous avaient soutenu et que Vous avez oubliés ou négligés dès Votre investiture, notamment Jean Serge WAFIO, les GONDA, Auguste BOUKANGA, Bertin BEA, François GOLE (le Secrétaire général du MDD qui avait organisé et animé vos meetings du stade SAGBADO à Cattin et du lycée de Fatima), Claude LENGA, les philosophes Clément GUIYAMA et Gaston MACKOUZANGBA, pour ne citer que ceux-là;

C) Par ailleurs, en nommant Sylvain NDOUTINGAÏ aux finances, non seulement Vous avez définitivement donné raison à tous Vos détracteurs qui n’ont jamais cessé, répétons-le, d’essayer de convaincre l’opinion que si Vous Vous êtes emparé du pouvoir, c’est uniquement pour Vous enrichir et enrichir les Vôtres, mais Vous semblez oublier que ce ministère porte sur sa tête tous les problèmes du pays, notamment nos chroniques arriérés de salaires, de pensions et de bourses et qu’il mériterait de ne pas être confié à un de Vos proches, car ce qui est important, en politique, ce n’est point d’être intègre, mais d’être insoupçonnable.

En effet, tout observateur averti de la vie politique de notre pays a pu constater que depuis que Vous avez pris le pouvoir, Vous avez toujours pris le soin, comme PATASSE, de placer un de Vos parents aux finances : d’abord Daniel NDITIFEI-BOYSSEMBE, dont personne ne nie la compétence et le sérieux, au début de la Transition, puis Théodore DABANGA, l’ancien ministre de PATASSE, après Votre investiture. Après les déboires de ce dernier, notamment dans la malencontreuse affaire des services de notre douane installés à Douala, et après le bref passage du voleur Elie DOTE à la tête de ce ministère, nul n’est surpris ni étonné que ce soit encore un de Vos parents qui atterrisse à la tête de ce département. Le problème, c’est qu’à la limite, Vous auriez dû faire appel, plutôt, à un autre de Vos parents ou, tout simplement, il aurait fallu que Sylvain NDOUTINGAÏ soit déchargé du ministère des mines, à défaut de vouloir confier tout simplement les finances au ministre du plan, ce qui aurait paru normal, « naturel », même si Sylvain MALIKO est, du point de vue de la quasi-totalité des cadres de son ministère et de nombreux diplomates étrangers, notamment français, notoirement incompétent et incapable de mettre en place un programme et un plan de développement accéléré de notre pays dignes de ce nom;

D) En outre, en arrachant le ministère des finances au voleur et incompétent Elie DOTE pour le confier à l’un de ses ministres, fut-il Sylvain NDOUTINGAÏ ou un autre, il conviendrait de reconnaître que Vous êtes indubitablement allé contre le bon sens et les règles élémentaires de la science administrative et de la sociologie des organisations. En effet, dès lors que Vous avez enfin reconnu que monsieur DOTE est, selon les révélations du leader du PDCA, l’ancien DG du Trésor, le 11 juin dernier dans la presse, incompétent et malhonnête, Vous n’auriez jamais dû le conserver à la tête du gouvernement en lui arrachant seulement le ministère des finances; car, tout compte fait, le nouveau ministre des finances sera forcément perçu par le Premier ministre, son chef hiérarchique à qui il doit rendre compte et de qui il doit recevoir des instructions, comme un adversaire, comme un traître, comme un ennemi et leurs relations professionnelles ne pourront qu’en souffrir, au détriment de la nation, bien entendu;  et, logiquement, le ministre ne voudra point, inéluctablement, rendre compte au Premier ministre ni respecter les instructions de ce dernier car il se dira, légitimement, tout de même, que si ce ministère lui a été confié, c’est bel et bien parce que le chef du gouvernement n’a pas été, alors là pas du tout, à la hauteur;

E) Tout cela ne nous étonne ni ne nous surprend, car comment croire que monsieur DOTE, un technicien d’agriculture formé à Grimari puis à OUAKOMBO (Mbaîki), parce qu’il a eu à travailler au service du développement rural de la BAD (Banque Africaine de Développement) serait devenu, pour autant, un génie de la macroéconomie et pourrait opérer un miracle, avec le FMI et la Banque mondiale, pour faire sortir la RCA de la pauvreté. Vous voudrez bien noter que, si ce monsieur avait la moindre culture macroéconomique et financière, il aurait accepté, et même souvent, de débattre de la problématique du décollage de notre pays, et cela, en public, avec nous autres patriotes qui sommes hostiles aux fallacieuses recettes ultralibérales du FMI et de la Banque dite mondiale, notamment à la radio et à la télévision. Et, s’il avait par ailleurs la moindre connaissance des théories de l’Etat, il ne lui serait jamais venu l’idée de prendre le ministère des finances après monsieur Théodore DABANGA. En effet, en sa qualité de chef de gouvernement, si gouvernement il y a, il devait savoir qu’il serait amené, souvent, à trancher des conflits entre le ministre des finances et d’autres membres du gouvernement et qu’il ne saurait être, à la fois, juge et partie.  Enfin,  si monsieur Elie DOTE n’était pas un aventurier politique, l’incarnation même par excellence de l’opportunisme politique, s’il était un homme digne de ce nom, en perdant le ministère des finances, ce qui est un désaveu pour le moins humiliant, il aurait dû, tout simplement, démissionner. Mais, étant ce qu’il est…

II – SUR LES DERIVES TRIBALISTES DE VOTRE REGIME

Monsieur le Président de la République,

Lors du Dialogue politique du 28 juillet 2006 à l’Assemblée nationale, nous Vous avions demandé, entre autres, au nom de la Fondation Dialogue national, devenue«PANAFRICAN UNION», de charger un membre de Votre gouvernement ou de Votre cabinet  de Vous faire la « radioscopie du tribalisme dans notre pays, pour la période d’avant le 15 mars 2003 et celle d’après le 15 mars 2003»; et cela, pour ne pas finir par être haï par le peuple comme Vos prédécesseurs :

A) Et, non seulement cela n’a pas été fait, mais, à peine un peu plus d’un mois après, Vous avez fait pire : en effet, lors du remaniement du 02 septembre 2006, trois leaders des partis de la majorité qui Vous soutient ont eu une promotion : l’un est entré au gouvernement, à savoir madame Yvonne MBOÏSSONA; un autre est devenu membre de Votre cabinet à la présidence, en l’occurrence mon collègue et frère Cyriaque GONDA et, enfin, l’ancien ministre Jean Serge WAFIO, qui avait suscité puis soutenu à cor et à cri Votre candidature, a été promu DG  du Trésor public.
Sans nier la valeur de ces trois compatriotes, dans un communiqué de presse, notre Fondation avait dénoncé, à l’époque, ces nominations pour le moins tribalistes, car Vous avez exactement fait comme si les autres leaders qui Vous avaient soutenu n’ont pas le droit d’occuper les hautes fonctions auxquelles ils aspirent légitimement. Malgré cette dénonciation, Vous avez cru devoir garder un silence méprisant tout en persistant dans cette propension au tribalisme;

B) Un illustre savant français, André JEZE ou DUGUIT, avait écrit, au début du siècle dernier, que l’observation attentive du régime fiscal d’un pays à un moment donné de son histoire pouvait permettre de déterminer la formation sociale qui est au pouvoir dans ce pays. En le paraphrasant, l’on peut, sans risque de se tromper, affirmer que l’analyse de l’origine ethnique des tenants des principales fonctions politiques et administratives de l’Etat et des sociétés d’Etat peut aisément, sous Votre régime, permettre d’identifier l’ethnie du chef de l’Etat : en ce sens, il faudrait noter que Vous ne Vous êtes nullement préoccupé du fait que nous avions dénoncé, par ailleurs, dans le même communiqué de presse cité ci-dessus de septembre 2006, le fait que les Directeurs généraux des trois (3) sociétés d’Etat les plus importantes, celles d’électricité, d’eau et de téléphone, sont tous membres de Votre clan familial, sans compter que le précédent DG de la SODECA que Vous aviez nommé au début de la Transition était, lui aussi, un des Vôtres, tout comme le précédent DG de l’ENERCA;

C) De nombreux postes sont vacants, dont celui de Secrétaire général de la Présidence : là encore, faut-il croire que les nombreux cadres de la Convergence qui sont sans fonction ne peuvent pas l’occuper simplement parce qu’ils ne sont pas de BOSSANGOA ? Claude LENGA, Bertin BEA, François GOLE, Gaston MACKOUZANGBA,  Auguste BOUKANGA,  Benoît WACKORO, Clément GUIYAMA, pour ne citer que ceux-là, n’ont-ils  pas la compétence et la confiance requises pour occuper ce poste?

D) N’avez-vous pas pu constater que, depuis que Vous êtes arrivé au pouvoir, Vous avez, exactement comme PATASSE, veillé à ce que tous les postes clés des finances et des institutions financières dépendant de notre pays soient occupés uniquement par des nationaux originaires du  nord? Car, comment expliquer le maintien de l’ultralibéral et voleur DOLOGUELE qui avait fait croire que la réfection de la Primature avait coûté 500 millions de F CFA à l’Etat, alors que la construction de l’immeuble PETROCA, sous KOLINGBA, n’avait coûté que 1,8 milliard de F CFA, que le monument des martyrs avait coûté 750 millions de F CFA à l’Etat, au lieu de cinquante (50) millions de F CFA, soit toujours à la tête de la BDEAC ? N’est-ce pas parce qu’il est du nord ? Un Jean-Baptiste WAGO, un Louis PAPENIAH, un Maurice YONDO, un Jonathan KPIDOU  ou un autre ne peut-il pas, valablement, occuper ce poste?  Pourquoi faut-il nommer au gouvernement les fils de DACKO et KOLINGBA qui ont contribué, incontestablement, à tuer ce pays et oublier par contre la fille à BOGANDA, celui-là même qui a été enlevé et déporté pour ses nobles engagements?

 

III – DERIVES ANTICONSTITUTIONNELLES

 Monsieur le Président de la République,

 Le 02 octobre dernier, nous étions dans le bureau du général  LAMINE CISSE, Représentant du Secrétaire général des Nations unies, pour lui demander de tenir ses engagements, précisément pour qu’il intervienne auprès de Vous pour Vous rappeler les termes du Code de Bonne conduite du 09 février 2005. En effet, en vertu de ce texte que tous les partis politiques et tous les candidats à l’élection présidentielle de 2005 avaient débattu, adopté et signé au Palais de la CEMAC, en Votre présence, c’est la famille politique qui allait gagner les élections qui devait gouverner seule et devrait occuper, en conséquence, les plus hautes fonctions politiques de la Présidence et de la Primature, en plus du gouvernement; par contre, la haute fonction publique, elle, neutre, apolitique, reviendrait, de droit, à tous les nationaux, tant de la majorité, de l’opposition que de la société civile, les critères de sélection étant la compétence et l’intégrité : malheureusement, depuis Votre investiture, c’est, bien entendu, le monde à l’envers, car Vous avez cru devoir violer, peut-être involontairement ou par inadvertance, ce Code de Bonne conduite et toutes les règles, pratiques et traditions en vigueur dans les démocraties dignes de ce nom; jugez-en Vous-même :

A – Alors que la Constitution interdit expressément le cumul des fonctions de Président de la République avec toute autre fonction, Vous avez cru devoir Vous maintenir au poste de ministre de la défense, exactement comme si aucun cadre de Votre majorité n’est capable d’assumer, correctement, cette responsabilité; à défaut de vouloir nommer un citoyen membre de Votre majorité et issu d’une autre région à la tête de ce ministère, autant le confier officiellement à monsieur Francis BOZIZE qui, à la différence de DOTE, a au moins une indéniable légitimité pour s’être battu, sur le terrain, comme Sylvain NDOUTINGAÏ et Parfait MBAYE : car, dans ce cas au moins, les députés de notre pays, qui s’en plaignent, pourraient enfin être en mesure d’interpeller le ministre de la défense, sans compter que le Premier ministre, quant à lui, n’aurait plus de difficulté à convoquer son ministre pour lui demander des clarifications et/ou des comptes rendus;

B – Au lieu que la Présidence de l’Assemblée nationale soit confiée à un homme d’une certaine stature politique et capable de Vous dire, très respectueusement, mais clairement et fermement, chaque fois que nécessaire, «NON», dans l’intérêt supérieur de la nation, un homme politique, bien entendu, et issu du parti de la majorité qui a le plus de députés, à savoir le PNCN, Vous avez cru devoir imposer un apolitique, parce qu’il a l’art de Vous dire tout le temps, «Vous avez raison, Monsieur le Président », « tout va, Monsieur le Président, pour le mieux en RCA» : n’est-ce pas là, indubitablement, une manière de scier Vous-même la branche sur laquelle est assis Votre propre pouvoir ?

C – Pire, au lieu d’un Premier ministre politique, car il s’agit d’un poste hautement et fondamentalement politique, issu de la mouvance qui Vous a soutenu, qui connaît Votre ambition pour Votre pays, si ambition il y a, et qui, surtout, Vous servirait de bouclier et de fusible en prenant tous les coups et toutes les attaques et critiques de la classe politique, de la presse et de la rue, à Votre place, comme au début de la Transition, Vous avez cru devoir faire appel à un banquier apolitique, incompétent, malhonnête, inconnu et qui, n’existant pas politiquement, n’a cessé de Vous exposer à la vindicte populaire: aussi, la question se pose de savoir si le colonel KADHAFI et le colonel OBIANG NGUEMA MBASOGO, qui ont réussi, de manière spectaculaire, à sortir leur pays de la pauvreté avec un PIB par habitant de plus de 6500 dollars avaient-ils eu besoin d’un Premier ministre banquier, apolitique et soumis aux fallacieuses recettes ultralibérales du FMI et de la Banque mondiale? En conséquence, peut-on être raisonnablement surpris par le chaos où Elie DOTE a finalement conduit notre pays? En outre, en six mois de direction générale de notre compatriote Jean Serge WAFIO, dont nous saluons ici le courage, au Trésor public, non seulement Elie DOTE a cru devoir détourner 539 millions de F CFA sous forme de dépassement de fonds spéciaux, et 395 millions de F CFA en ce qui concerne les fonds de l’action gouvernementale, sans compter deux milliards deux cent cinquante un millions (2 251 000 000) de caisses d’avances non justifiées, mais Vous avez osé ne pas le révoquer, ni le faire arrêter pour le traduire en justice : d’ailleurs, ces montants qui font plus de trois (3) milliards de FCFA ne concernent que la période de notre frère WAFIO, soit six mois, alors que DOTE, le vrai « MON WARRA MON TE BIANI », a totalisé, en juin dernier, 24 mois à la tête du gouvernement, soit quatre (4) fois la période WAFIO, ce qui revient à multiplier les trois (3) milliards de la période de ce dernier par quatre (4) pour obtenir, théoriquement, ce que Elie DOTE aurait au total détourné en deux (2) ans, soit douze (12) milliards de F CFA : certes, le peuple, c'est-à-dire les électeurs, n’a rien dit, mais il n’en demeure pas moins vrai qu’il enregistre tout cela et attend son heure : les élections de 2010;

D – Toujours en violant les traditions en vigueur dans les démocraties et notre fameux Code de bonne conduite qui fait suite à l’Accord de Libreville qui dispose que le gouvernement devrait être celui de ceux qui ont gagné les élections, Vous avez mis en place plutôt un gouvernement qui n’est pas celui de la majorité, ni un gouvernement d’ouverture et encore moins d’Union nationale, avec certes des KNK, mais sans le PNCN, pourtant majoritaire dans la majorité, sans  le MDD, le PSD et même le PDCA; par contre, il y a, dans ce gouvernement, des «tombés du ciel », des MLPC et des RDC qui n’ont pas, pourtant, soutenu Votre candidature, qui ne partagent pas, non plus, Votre idéologie et Votre programme, mais sans le FPP qui, lui aussi, certes, n’a pas soutenu Votre candidature : en somme, un mélange confus, sans considération idéologique aucune; et l’on connaît aujourd’hui ce que cela a pu donner et ne pouvait que donner : trois rébellions particulièrement actives dans le nord de notre pays, le chaos sur le plan économique et une crise financière et sociale sans précédent avec nos retraités qui meurent, hélas, comme des mouches et nos étudiants devenus des clochards parce que Votre priorité, avec DOTE, est de payer la dette extérieure, comme imposé par le FMI et la Banque mondiale; aussi, la question se pose de savoir si c’est pour cela que Vous aviez cru devoir renverser PATASSE ? Est-ce pour cela que le peuple Vous a élu ? GALATES 6 versets 7 : « l’on ne se moque pas de Dieu», et Dieu est témoin des promesses que Vous aviez faites au peuple !

E – Au lieu de nommer comme ministre délégué aux mines le beau-frère du ministre DOUTINGAÏ, n’aurait-il pas été plus juste et sérieux de confier ce ministère, plutôt, à un WAFIO, un GONDA, un GOLE, un Lévy YAKETE, un LENGA, un Bertin BEA, un MACKOUZANGBA, un BOUKANGA ou un autre KNK? Pourquoi faut-il tant humilier et mépriser ceux qui se sont battus corps et âmes pour Votre victoire électorale ? Dieu peut-il accepter une telle iniquité?

F – Enfin, contre toute attente, aucun citoyen, lorsqu’il n’est pas de la majorité et, à plus forte raison, lorsqu’il n’est pas de chez Vous, ne peut être nommé dans la haute fonction publique, ni espérer se faire intégrer dans la Fonction publique; et, là-dessus, les plus hauts responsables du ministère de tutelle, bien que polis et courtois, sont très clairs là-dessus : ils ne peuvent prendre le risque de préparer et de Vous soumettre de tels projets de Décret  dès lors que le prétendant n’est ni du clan familial, ni de la majorité : dès lors, pourquoi avoir adopté ce Code de Bonne conduite ?

IV – SUR LA RADIOSCOPIE DIACHRONIQUE DU TRIBALISME

Monsieur le Président de la République,

Permettez-nous de revenir loin en arrière, sous BOKASSA et sous DACKO, pour Vous rappeler que ces deux régimes avaient, certes, eux aussi, une certaine propension au tribalisme, mais à un degré plutôt extrêmement bas, comparé à ce que nous avons vécu sous les deux derniers régimes qui  ont gouverné, désastreusement, notre pays, de 1981 à 2003.

En effet, Monsieur le Président, le Président DACKO n’avait-il pas eu à Vous nommer (comme nous l’avions dit le 02 octobre dernier, dans son bureau, à monsieur Lamine CISSE qui avait de la peine à nous croire), ministre de la défense en 1980/1981? Etiez-vous, Monsieur le Président de la République, de la même ethnie et/ou de la même région que le Président DACKO? Alors, pourquoi un citoyen autre que Vous et qui n’est pas de Votre région, l’Ouham, ne pourrait-il pas, de même, être nommé ministre de la défense nationale ? Va-t-il, forcément, chercher à Vous renverser ? Aviez-vous cherché à renverser ou à assassiner DACKO ? Au contraire, bien qu’appartenant à l’Ouham comme le Président PATASSE qui Vous avait nommé chef d’Etat-major de l’armée, ne l’avez-vous pas, malgré tout, renversé, quand l’intérêt national l’a exigé ?

A – Pourquoi aviez-vous cru devoir, peu après le Dialogue national, par exemple, nommer plutôt un des Vôtres, Enoch DERANT LAKOUE, pour qui nous avons beaucoup d’estime et de respect pour son ancrage à gauche, à la tête de la BEAC, comme l’avaient fait Vos prédécesseurs, KOLINGBA puis PATASSE, en y nommant les leurs, contrairement à BOKASSA et DACKO ? N’est-ce pas là, très respectueusement, du tribalisme ? Vous êtes pasteur, donc un propagateur de la parole de Dieu, donc de la vérité : alors, dites au peuple si ce n’est pas là du tribalisme !

B - Mieux, quand BOKASSA avait obtenu, lors de la création de la BDEAC dont le siège est à Brazzaville, que le poste de DG de cette institution soit statutairement réservé  aux Centrafricains, avait–il nommé à ce poste, pour le moins juteux, un cadre de son ethnie ou de sa région, la LOBAYE ? Ou c’était plutôt un digne cadre de ce pays, brillant et intègre, mais issu, bien entendu, d’une autre ethnie et d’une autre région que celles du chef de l’Etat d’alors, à savoir notre frère DERANT LAKOUE, qui avait  été retenu et envoyé à Brazzaville  par BOKASSA, à la tête de la BDEAC?

C – Autre exemple historique : pendant dix années consécutives, savez-Vous qui était le ministre des finances de BOKASSA, de 1969 à 1979 ? N’était-ce pas Alphonse KOYAMBA ? Etait-il de l’ethnie ou de la région de BOKASSA? Alors, pourquoi faut-il forcément un des Vôtres aux postes de ministre de la défense et un autre au ministère des finances, et cela, depuis 2003? Cela n’est-il pas de nature à briser la cohésion nationale et à Vous affaiblir vis à vis de l’extérieur et même à donner des arguments à la rébellion? Pourquoi faut-il, par ce tribalisme pour le moins honteux, pousser les Centrafricains à tenir, et injustement, leurs frères de BOSSANGOA pour responsables de leur misère et de leur souffrance et à les haïr, comme les NGBAKA, les YAKOMA et les KABA hier, alors même que les vrais responsables de leur souffrance, bien sûr, se trouvent être, plutôt, le FMI, la Banque mondiale et la France? En effet, avec 2 400 milliards de dollars de PIB en 2006 et des recettes budgétaires de plus de 600 milliards de dollars U.S., le pays de JAURES et Aristide BRIAND, s’il voulait réellement aider notre pays à sortir de la pauvreté, aurait pu, tout simplement, décider d’investir, nous ne parlons pas de don, pas de prêt, mais d’investissements, à hauteur de cinq (5) milliards de dollars l’an sur dix (10) ans, soit un taux d’investissements de près de 500% de notre PIB la première année, ce qui aurait permis, mathématiquement, d’obtenir un taux de croissance égal au tiers de ce taux, soit 166 % de notre PIB, donc moins que les 260 % du taux de croissance de la Guinée équatoriale de 1996 au début de son décollage, mais ce processus aurait permis à notre pays de sortir rapidement et incontestablement de la pauvreté grâce à un revenu par habitant de plus de 5 000 dollars, comme en Guinée équatoriale, en Libye, au Botswana et aux Seychelles : si la France ne l’a pas fait et préfère se cacher derrière le FMI  et la Banque mondiale pour nous imposer des politiques économiques ultralibérales, c’est parce qu’elle a intérêt, croit-elle, à nous maintenir dans une pauvreté si cruelle et synonyme d’ignorance afin de mieux perpétuer sa domination qui rappelle celle des nazis sur l’Europe; c’est en ce sens que la France tolère ou encourage le tribalisme en Afrique, car cela nous divise et facilite son règne selon le fameux principe de César  de « DIVISER POUR REGNER » : n’a-t-elle réussi à diviser KABA et GBAYA, qui aurait pu le croire avant 2003 ? Aujourd’hui, n’est-elle pas, sournoisement, par le biais de ses services secrets, en train de tirer les ficelles pour monter les autres fils de ce pays contre ceux de BENZAMBE, comme elle l’avait fait hier contre les NGBAKA, puis les YAKOMA et récemment les SUMMA, KABA et TALLY?

D - Pire, n’avez-vous pas noté que, depuis l’indépendance,  le président de la Cour suprême ou de la Cour Constitutionnelle n’a jamais été un homme issu, ni de l’ethnie, ni de la région, de nos successifs chefs d’Etat et que Vous êtes, hélas, le premier à créer ce précédent pour le moins fâcheux?

E - Par ailleurs, est-ce normal  que le DG des douanes soit forcément de l’ethnie du chef de l’Etat, que le DGA soit le parent du Premier ministre et que tous les responsables des douanes récemment  nommés soient presque tous des proches du chef de l’Etat et du Premier ministre par leur appartenance ethnique? Avez-vous lu le quotidien «LE CITOYEN» du jeudi 19 juillet en cours sur les nominations, pour le moins troublantes, récemment opérées au ministère des mines ? Tout cela n’est-il pas de nature à compromettre la légitimité politique et historique du 15 mars 2003, aussi bien devant le peuple que devant Dieu?

Monsieur le Président de la République,

Cela n’est peut-être pas vrai, mais l’intime conviction de la très grande majorité des Centrafricains, aujourd’hui, c’est que Vous avez délibérément choisi de Vous moquer du peuple et de le laisser souffrir davantage; et cela, parce que Votre objectif réel, en renversant PATASSE, serait, dit-on, dans les rues de Bangui et en province, de Vous enrichir, Vous et les Vôtres : si certains de Vos Conseillers,  hélas, n’ont pas le courage, l’honnêteté  et surtout la loyauté de Vous le dire, nous croyons, ici, devoir le faire, dans l’intérêt supérieur de la nation.

V – SUR LE GENIE ECONOMIQUE ET FINANCIER DE ELIE DOTE

Monsieur le Président de la République,
Nous tenons, enfin, à Vous rappeler, très respectueusement, pour finir, ceci :

1 – Si Elie DOTE était un génie, la première des choses qu’il aurait faites, dès qu’il avait pris les rennes du gouvernement de ce pays pour le moins sinistré, aurait été de jauger l’espace national et de réorganiser le territoire national, de préférence, en quinze (15) Régions (dotées chacune d’un Conseil régional), 75 Départements (dotés chacun d’un Conseil général), environ trois cents (300) Cantons et 1 500 communes toutes dotées d’un code postal à cinq (5) chiffres, sur le modèle français, comme dans le projet que nous avions laissé à la Primature en partant en 2003;

2 - Ensuite, si ce monsieur n’était pas nul en macroéconomie, l’une des premières choses qu’il aurait faites aurait été de créer au moins trois (3) banques concurrentes de type universel (c'est-à-dire fonctionnant à la fois comme des banques de dépôt et d’investissements), avec chacune une agence dans chaque arrondissement de Bangui et dans chaque Département (sous-préfecture), avec chacune un capital initial de quinze (15) milliards de FCFA au moins, car il n y a pas de décollage économique sans banque commerciale digne de ce nom et dotée d’un réseau couvrant tout le pays;

3- De même, il aurait dû lancer, dans le cadre d’une puissante, dynamique et fructueuse coopération bilatérale, la création d’au moins cinq (5) sociétés d’Etat, concurrentes, bien sûr, d’exploitation industrielle du diamant pour produire, annuellement, au moins les deux tiers de la production du Botswana, petit pays de 1,6 million d’habitants, soit douze (12) millions de carats de diamants bruts l’an, pour plus de 1 800 milliards de F CFA l’an afin de nous doter des moyens de financer nous-mêmes le décollage de notre pays qui nécessite, n’en déplaise au FMI et à la Banque mondiale, institutions esclavagistes, au moins cinq (5) à dix (10) milliards de dollars l’an que seuls le pétrole, le diamant, l’agriculture mécanisée et l’élevage de type industriel peuvent nous procurer;

4 – Si cet aventurier politique était un génie venu pour Vous aider, Dieu nous est témoin, il aurait donné la priorité à la création d’au moins quatre entreprises privées d’agriculture mécanisée par Département, et d’autant d’entreprises d’élevage de poulets par Département, chaque année, soit plus de six cents (600) PME l’an, soit plus de 60 000 emplois l’an, ce qui  aurait contribué à faire reculer et le chômage, et la misère, sans discrimination aucune, comme le fait si bien la Chine depuis 1977, avec plus de 100 000 poulets par mois et par ferme;

5 – Si Votre Premier ministre était un patriote capable de sauver la RCA, il aurait dû très tôt lancer la modernisation de l’armée qui devrait, en plus de ses 3 500 hommes, chiffre ridicule, recruter au moins 15 000 soldats supplémentaires, d’abord en qualité «d’Appelés sous les drapeaux», puis d’engagés, avec 7 500 nouveaux gendarmes et autant de nouveaux policiers, notamment les 300 braves auxiliaires de l’OCRB qui attendent leur intégration dans la Fonction publique depuis trois ans; et cela, afin de mettre un terme brutal, radical et durable à cet insupportable règne de l’insécurité, des braquages et des rébellions, et jamais BIRAO n’aurait été prise, incontestablement;

6- Si monsieur DOTE n’était pas un vendeur d’illusions ignorant tout des problèmes politiques et économiques de notre pays et ceux du monde, il aurait mis fin à notre honteuse télévision nationale limitée à la seule localité de Bangui et qui ne fait que diffuser des danses folkloriques nationales et des danses « zaïroises» impudiques de jour et de nuit : et cela, en transformant notre Office national de radiotélévision en deux chaînes de télévision publiques concurrentes sous forme de sociétés anonymes détenues à 100 % par l’Etat, avec des ressources propres et donc capables de louer des satellites pour couvrir tout le pays avec, dans leur programme, la priorité à la problématique du décollage économique de notre pays, l’éducation des enfants et des jeunes et la lutte contre l’analphabétisme chez les adultes, conformément au projet, nanti d’une lettre de mission de la Primature qui, à l’époque, en décembre 2003, a été envoyé officiellement au ministre de la communication, pour études et mise en oeuvre;

7 – Monsieur DOTE, s’il n’était pas là pour s’enrichir et Vous laisser payer, tout seul, demain, le prix de ses sottises, comme PATASSE qui paie, en pleurant à chaudes larmes, depuis 2003, celles de DOLOGUELE, un autre ultralibéral à la solde du FMI, il aurait dû lancer la création de la SNTR (société nationale de transport routier), avec plus de 1 500 emplois, pour relier Bangui et nos provinces et celles-ci entre elles en donnant la priorité à la sécurité des passagers, à leur confort et à la ponctualité;

8 - De même, il aurait dû mettre en chantier le projet de création de la RATB, la régie autonome des transports de Bangui chargée de desservir la capitale et sa banlieue, dans un rayon de 50 km, en offrant confort, sécurité et ponctualité à ses passagers, sans compter plus de 500 emplois, conformément aux projets, éventuellement amendés, SNTR et RATB, que nous avions laissés à la Primature en partant, en décembre 2003;

9 – Si monsieur DOTE était digne d’être un Premier ministre, on aurait pu l’entendre, ne fut-ce qu’une seule fois, dire, publiquement, quel est le taux de chômage de la RCA (97,5 %) et combien d’emplois il entend créer, chaque année, dans le secteur public et ceux dont il entend inciter à la création dans le secteur privé : car, lutter contre la pauvreté, c’est d’abord créer des emplois;

10 - Enfin, pour ne parler que des priorités des priorités, si monsieur DOTE était digne de conduire un gouvernement, digne de la confiance que Vous avez placée aux hauts cadres en général et à lui en particulier, alors que Vous auriez pu concentrer le pouvoir aux mains de l’armée dès 2003, comme par le passé, il aurait dû, forcément, attribuer une subvention, d’environ cinquante (50) millions de F CFA, à l’excellent maire de la ville de Bangui afin de lui permettre de financer, aisément,  le projet d’adressage de cette localité dont le dossier, également nanti d’une lettre de mission du Premier ministre d’alors, avait été adressé, officiellement,  par nos soins, en décembre 2003, aux autorités municipales de la capitale à peine une semaine avant notre départ précipité du cabinet du chef du gouvernement. En effet,  un Premier ministre digne de ce nom doit  pouvoir relever, incontestablement, que le développement et la sécurité, tant des personnes, des biens que de l’Etat, nécessitent, de nos jours, que chaque ménage, entreprise et Administration ait une adresse postale précise, comme à Brazzaville, Paris ou toute autre ville moderne, comme Tripoli.

   Mais, puisque Vous avez choisi, apparemment et souverainement, de persister dans l’erreur, alors même que Barthélemy BOGANDA aimait répéter, en latin, que « se tromper est inhérente à la nature humaine mais que persister dans l’erreur est diabolique», «suicidaire», dirions-nous, nous osons espérer pour Vous que lorsque Vous auriez perdu le pouvoir, à cette allure vertigineuse où vont les choses, comme KOLINGBA et PATASSE, jadis, du fait d’un entourage majoritairement doué de cécité politique et  macroéconomique pour avoir choisi d’appliquer, contre le bon sens et contre l’intérêt national, les fallacieuses recettes ultralibérales du FMI et de la Banque mondiale, ces deux institutions criminelles et colonialistes ne manqueront pas, contrairement aux cas de Vos malheureux prédécesseurs, de Vous ramener au pouvoir, dès lors que Vous avez choisi de satisfaire leurs intérêts plutôt que ceux de Vos électeurs, ceux de Votre peuple tant meurtri qui Vous a porté au pouvoir en 2003 puis élu en 2005.

 Mais, même si, par hasard, une fois le pouvoir perdu le FMI et la Banque mondiale venaient à chercher à Vous installer à nouveau à la magistrature suprême, le peuple ne le voudra nullement car, partout dans le monde, il est toujours très difficile de réussir un tel exploit.
En effet, les Etats-Unis, par exemple, la plus grande et la plus stable des démocraties, avec zéro coup d’Etat, bien sûr, n’a connu qu’un seul cas de retour au pouvoir, celui de Stephen Grover CLEVELAND, le 22è Président (après Chester Alan ARTHUR, le 21è Président) qui avait réussi à revenir au pouvoir comme 24è Président, après Benjamin HARRISON (le 23è Président) et avant Abraham MC KINLEY, le 25è Président.
 
 En France, certes, il y a eu les cas de NAPOLEON 1er , renversé en 1814 et revenu au pouvoir pour trois mois en 1815, du roi LOUIS XVIII, renversé par Napoléon avant de revenir trois mois plus tard (période dite des « cent jours ») et d’un certain Charles de Gaulle, 1944-1946 puis 1958 1969: mais, il faudrait bien le noter, chaque retour au pouvoir avait toujours été fait dans le sang, la guerre ou était dû aux conséquences d’une guerre très meurtrière.
 En RCA, le retour de DACKO, qui avait déçu le peuple en 1965, notamment du fait du parti unique qu’il a imposé à la nation, trahissant une fois de plus BOGANDA, est un épiphénomène résultant de la mainmise française, car le peuple n’est pas dupe et jamais il ne l’aurait lui-même élu. D’ailleurs, KOLINGBA en a lui-même fait l’amère expérience car, aussi bien en 1993 qu’en 1999 et en 2005, le peuple l’a, hélas, puni, amèrement, sévèrement, et pour cause.

 Aussi, Monsieur le Président de la République, dès lors que Vous êtes Pasteur, donc un homme de Dieu, il faudrait être conséquent et donc être prêt, le moment venu, de reconnaître Votre indéniable défaite, dès le premier tour, d’ici 2010, défaite que Vous êtes Vous-même en train de forcer, oui, de forcer, inlassablement, voire avec une effroyable détermination, disons-le, paradoxale; et cela, afin d’éviter à la nation une ultime et inutile crise dont elle n’a nullement besoin. Car si jamais Vous persistez à continuer à commettre ces monumentales dérives de nature à conduire le peuple à Vous haïr, de même que les Vôtres, non seulement Vous serez battu en 2010, mais de grâce, ce ne serait pas la peine de chercher à revenir plus tard au pouvoir, comme «Grand K» et le «barbu national» : d’ailleurs, Dieu est si merveilleux que, croyez-nous, il ne le permettra point. Alors, de grâce, ressaisissez-Vous, avant qu’il ne soit trop tard !
 En ce sens, nous Vous proposons, très modestement, si jamais Vous décidez de Vous ressaisir, que Vous feriez mieux de mettre en place, assez rapidement, un gouvernement d’antilibéraux et d’anti-tribalistes de quinze (15) membres conduit par un Premier ministre qui serait, de préférence, une des trois filles de BOGANDA, pourquoi pas, avec un premier Vice Premier ministre chargé de «l’économie, des finances, de la programmation et de la planification du développement » et un deuxième vice Premier ministre chargé de « la vulgarisation de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la lutte totale contre l’analphabétisme » afin de réaliser les projets des dix points ci-dessus pour lesquels DOTE s’est révélé, pour le moins, totalement médiocre.

           Et que Allah, par la présente, Vous apporte, O KARINOU ! Ö BOGANDA ! O IDDI LALA ! O YANGONGO-BOGANDA ! Plus de sagesse, de savoir-faire et de patriotisme, dans l’intérêt supérieur de la nation. /.


                                                                                                                                               Pour la Fondation
                                                                                    Moammar BENGUE BOSSIN

                                             


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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 14:52
FRANCE-AFRIQUE : Une lecture tronquée d’un passé commun


Sarkozy veut rompre avec le passé pour mieux utiliser les ingrédients de ce même passé.

Le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, qui a fait ses premiers pas en Afrique en visitant successivement le Sénégal et le Gabon, respectivement jeudi et vendredi, fait du populisme à rebours, annonçant la rupture avec les pratiques du passé en en conservant l’esprit et les méthodes. Cela a été flagrant dans le discours prononcé, jeudi, à l’université Cheikh Anta Diop devant les étudiants sénégalais. D’ailleurs, unanime, la presse privée sénégalaise a été outrée par le ton professoral pris par le président français, estimant, dans sa majorité, «injurieuse» la «leçon» donnée par M.Sarkozy aux Sénégalais.
On ne se refait pas! Le paternalisme occidental, plus particulièrement français, est là, prêt à donner la leçon, à redresser les torts mais qui ne voit jamais ses propres pêchés. C’est un peu le cas de M.Sarkozy, condamnant l’esclavagisme, qui n’est que l’un des aspects -sans doute le plus hideux - du colonialisme qu’il épargne curieusement. Mais la page noire du colonialisme peut-elle jamais être déchirée- et surtout pas par des représentants des anciens colonisateurs alors que l’Afrique attend toujours, outre la repentance, une reconnaissance en bonne et due forme du mal que l’Europe, plus particulièrement la France, avait commis au continent noir.
Peut-on oublier la conférence de Berlin de 1881 qui s’est attelée à découper l’Afrique entre les puissances européennes, chacune réclamant sa part du gâteau africain, la France s’en réservant le plus gros morceau? M.Sarkozy, à l’adresse des étudiants sénégalais affirmait que si les Africains voulaient sortir de «l’arbitraire», de «la corruption», de «la violence», du «parasitisme» et du «clientélisme», c’était à eux «de le décider». C’est quasiment de la provocation lorsque l’on sait que c’est la France, singulièrement, qui a soutenu les dictatures africaines, qui a créé une diplomatie parallèle servant et protégeant nombre de dictateurs africains (qui ont su d’ailleurs renvoyer l’ascenseur), souvent au détriment des peuples africains. A Libreville (Gabon deuxième étape de sa visite en Afrique) le président français a dit: «Je veux aider l’Afrique à se développer et je veux lui parler franchement comme je l’ai fait à Dakar hier» (jeudi) lors d’une conférence de presse en marge de sa visite de quelques heures au Gabon. «On ne peut pas tout mettre sur le dos de la colonisation (...). La corruption, les dictateurs, les génocides, c’est pas la colonisation», a affirmé M.Sarkozy.
Or, la corruption, le clientélisme, et leur levier, la dictature, c’est avant tout une pratique (coloniale) bien française qui a maintenu, quand elle n’a pas accentué, le sous-développement dans le continent noir. Il ne s’agit ici que de constater un fait que l’histoire atteste. Or, M.Sarkozy parle de «rupture» d’un côté, tout en traçant, d’un autre côté, ce que doivent faire les Africains. Si ce n’est pas là du paternalisme, je n’ai alors rien compris à ce que dit le président des Français, qui estime, d’autre part, que le colonialisme n’aura été qu’une «grande faute». Rien que ça. Dépersonnaliser des populations africaines, faire perdre leur identité à nombre d’autres, faire déplacer des milliers d’individus, diviser des familles, des tribus et des ethnies par un partage inique de l’Afrique -qui a rendu le génocide et les guerres civiles possibles- (voir singulièrement les récentes crises en Côte d’Ivoire, ou encore les génocides commis au Rwanda en 1994 où la France a eu un triste rôle) n’est-ce pas là un crime contre l’humanité? Réagissant au discours de Nicolas Sarkozy, le président de la Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré s’inscrit en faux contre l’imagerie que présente le président français, du colonialisme en Afrique en indiquant que le discours du président français «n’est pas le genre de rupture qui était souhaitée» dans une déclaration à la radio française RFI. «Ce discours n’est pas le genre de rupture qu’on aurait souhaité. Ce discours n’est pas neuf dans le fond, il rappelle des déclarations fort anciennes, d’une autre époque (...)». En fait, la rupture que préconise M.Sarkozy avec le passé n’en est pas une, puisque l’hôte de l’Elysée ne prend aucune distance avec les crimes commis aux XIXe et XXe siècles au nom de la France, crimes qu’il a réduit à de simples fautes qui peuvent être passées, par l’Afrique, par pertes et profits. Or, le code de l’indigénat du colonialisme français en Algérie a été le premier à faire de la ségrégation fondée sur la race et à pratiquer l’apartheid avant l’heure, avant même que les Sud-Africains blancs n’en fassent leur politique nationale de domination. On voit bien que M.Sarkozy à encore à réviser ses humanités et à assumer tout le colonialisme français, avec ce qu’il avait pu apporter aux peuples africains, certes, mais aussi, surtout, assumer son côté négatif avec tous les crimes et désolations qui ont marqué son passage dans le continent africain. Le colonialisme français en Afrique restera, à jamais, une tache noire indélébile dans l’histoire, par ailleurs, riche de la France. C’est aux Français de faire l’indispensable effort de mémoire -qui n’est pas de la culpabilisation- et à accepter leur passé colonial pour mieux s’en démarquer et le condamner car c’est la voie à même de réconcilier l’Afrique avec la France et ouvrir la page pour assumer une véritable rupture.
On en est pas là, et le passage du nouveau président français au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, qui fait une lecture tronquée de ce passé commun, n’en montre pas les prémices, quoi qu’il en dise.

Othmane SIDDIK

 

 

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