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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 14:43
Y a pas rupture, patron !


“ Y a pas rupture ”, aura pensé le bon tirailleur sénégalais amateur de Banania, après avoir écouté la péroraison de Nicolas Sarkozy à la jeunesse africaine – et avec lui l’auditoire médusé de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar devant lequel le président de la République française avait choisi de présenter sa vision du continent, ce 26 juillet. Le cynisme avec lequel celui-ci avait raflé la mise de la libération des infirmières bulgares, en véritable coucou de la diplomatie, au nez et à la barbe de tous ceux qui la négociaient depuis de longues années, moyennant quelques contrats juteux, l’itinéraire de ce premier périple subsaharien au cœur du “ pré carré ” et bien à l’écart des pays anglophones, fussent-ils éminents partenaires de notre économie, la formule indigéniste convenue selon laquelle “ en Afrique, le doyen, cela compte ” pour justifier l’étape gabonaise – tout cela ne laissait guère d’incertitude quant à la continuité de la “ Françafrique ” qu’entendait assumer le nouvel hôte de l’Elysée. Comme il fallait s’y attendre, les appels vibrants en faveur de la refondation de la relation franco-africaine, durant la campagne électorale, n’engageaient que ceux qui avaient voulu y croire ou qu’avaient désespérés les paroles ineptes de Ségolène Royal sur la place que devait prendre l’énergie solaire dans l’aide publique au développement.
Mais le pragmatisme de la Realpolitik est une chose, sa théorisation en est une autre. Or, les propos dakarois de Nicolas Sarkozy sont littéralement stupéfiants, au-delà de leur maladresse insigne, voire de leur incongruité dans une Université qui porte le nom de l’un des principaux penseurs de la négritude. “ Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire (…) Jamais il ne s’élance vers l’avenir (…) Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout est écrit d’avance (…) Il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès ”, a déclaré le président de la République. Il a ainsi repris presque mot pour mot le célèbre poncif hégélien : “ L'Afrique, aussi loin que remonte l'histoire, est restée fermée, sans lien avec le reste du monde ; c'est le pays de l'or, replié sur lui-même, le pays de l'enfance, qui, au-delà du jour de l'histoire consciente, est enveloppé dans la couleur noire de la nuit ”. Nicolas Sarkozy, qui aime à citer les grands auteurs républicains, aurait pu aussi bien reprendre le Discours sur l’Afrique de Victor Hugo, en 1879, dans lequel notre poète national se désolait de “ ce bloc de sable et de cendre, ce morceau inerte et passif qui depuis six mille ans fait obstacle à la marche universelle ”, et enjoignait aux Européens : “ Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre. Prenez-la. A qui ? A personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu la donne aux hommes, Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la ”. C’est ce qu’elle fit, l’Europe, et si nous avons bien compris le verbe présidentiel elle n’a pas à en éprouver le moindre remords, quels que fussent ses “ torts ” indéniables en la matière. Car “ nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères ” – un adage que devraient méditer nos amis allemands, ces pauvres imbéciles qui se croient engagés par les turpitudes de leurs parents nazis ! Car au fond les colonisateurs “ se trompaient mais ils étaient sincères ” (n’est-il pas à craindre que les nazis et les staliniens, “ sincères ”, l’étaient eux aussi ?). Nicolas Sarkozy renoue de la sorte avec le discours de légitimation de la conquête qui justifiait la “ mission civilisatrice ” de la France dans les colonies par l’incapacité de l’âme primitive à “ entrer dans l’Histoire ”, à mettre en valeur les fabuleuses richesses du continent et à épouser les idées du “ Progrès ”, toute engluée qu’elle était dans l’ “ immobilité ” de la Tradition.
On devine le Président assez ignorant des sciences sociales. Pourtant il se dit soucieux de les rendre “ utiles ” grâce à la réforme de l’Université et du CNRS. En l’occurrence ce fut une belle occasion perdue de les exploiter. En effet, la lecture de quelques-uns des nombreux livres d’histoire et d’anthropologie écrits, entre autres, et pour nous en tenir aux plus facilement accessibles, par les chercheurs français depuis une cinquantaine d’années aurait appris à Nicolas Sarkozy que les sociétés africaines ont bien entendu une histoire. Que celle-ci est très ancienne et qu’elle a véhiculé des idées autochtones de “ progrès ” telles que la notion de olaju (littéralement les “ Lumières ”) chez les Yoruba du Nigeria. Que le développement des grandes cultures de rente comme l’huile de palme au Nigeria et au Ghana, l’arachide au Sénégal ou le cacao en Côte d’Ivoire a souvent précédé l’occupation coloniale et s’est généralement effectué indépendamment des politiques publiques de “ mise en valeur ”. En bref que l’immuabilité de la “ tradition africaine ” n’a jamais existé que dans l’esprit des Européens et que de façon générale elle “ n’appartient point aux hommes ”, ainsi que le faisait remarquer Voltaire avant les délires racialistes du 19ème siècle – pas même aux “ hommes noirs ”.
Ce petit exercice de lecture lui aurait également enseigné que les Africains d’aujourd’hui, à l’instar de leurs ancêtres, ne sont pas étrangers à l’ “ aventure ” et savent “ s’élancer vers l’avenir ”. Telle est précisément la signification de l’émigration que ne dicte pas la seule désespérance des jeunes face à la misère, comme on le ânonne trop souvent et comme l’a paradoxalement reconnu le Président lui-même dans son discours, mais bel et bien leur volonté positive de conquérir leur dignité d’homme adulte, de bénéficier des opportunités de la globalisation, d’en faire profiter leur pays et leur famille, de s’enrichir matériellement et culturellement. Une soif d’ “ aventure ” - les Sapeurs congolais empruntent précisément ce mot pour parler de leur voyage initiatique à Paris - que n’étancheront pas la problématique hors sujet du “ co-développement ” et sa mise sous tutelle du ministère de l’Immigration et de l’identité nationale. Derechef les bibliothèques des universités et des centres de recherche regorgent d’études qui démontrent l’inanité de cette approche et plus largement de la politique de quotas supposée attirer la main d’œuvre qualifiée et décourager le regroupement familial des pauvres hères. Las, cette littérature n’intéresse guère nos dirigeants qui préfèrent gaver l’électorat de fadaises populistes plutôt que de l’informer des besoins réels de notre économie et de nos possibilités (et impossibilités) concrètes en matière de régulation des migrations.
Tenus à quelques kilomètres des plages d’où ces pionniers des temps modernes prennent la mer, forts de leur histoire mais au péril de leur vie du fait des législations malthusiennes et objectivement criminelles de l’ “ Europe forteresse ”, les propos régressifs du président de la République ont eu quelque chose d’abject.

Par Jean-François Bayart*
* Chercheur français, auteur, entre autres, de L’Etat en Afrique. La politique du ventre, Fayard, Paris, nouvelle édition 2006)

Le messager
Le 08-08-2007

 

 

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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 14:36
Bac centrafricain : Les apprentis bacheliers camerounais divisent les autorités de Bangui
(Le Messager 08/08/2007)


Le torchon brûle entre le ministre de l’Education nationale, Charles Armel Doubane et son directeur de cabinet, André Dénamssekété au sujet des candidats camerounais, venus composer dans l’illégalité le Bac centrafricain.

“J’accuse Charles Armel Doubane de tremper dans une affaire qui n’honore pas notre prestigieuse institution ”, dénonce André Dénamssekété, directeur de cabinet (Dircab) au ministère de l’Education nationale, de l’alphabétisation, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Le Dircab, très en colère, rend ainsi littéralement son chef hiérarchique responsable numéro un du calvaire des candidats camerounais venus composer les épreuves du Bac à Berbérati, principale ville de la préfecture de la Mambéré Kadeï, frontalière du Cameroun.
L’effectif de ces jeunes camerounais, friands de parchemins, est toujours matière à débat : 25 selon la direction des examens et concours (Dec), plutôt 27 selon le ministre Doubane, lors d’une conférence de presse organisée le 4 courant, à Bangui. Arrivés à Berbérati, juste à la veille du démarrage du Bac, programmé le 11 juillet 2007, ces élèves de l’Institut Ndi Samba (Cameroun), n’ont réussi à composer que les trois dernières matières. Ceci, après moult tractations. La directrice de la Dec, Mme Giselle Nam, n’a pas compris pourquoi “ ces Camerounais dont les noms ne figurent pas sur la liste des candidats réguliers ” ont pris part aux examens. Son institution avait pourtant donné des instructions fermes relatives au renvoi des candidats camerounais chez eux. Comme réponse, le préfet sortant de la Mambéré-Kadeï, Elie Ouefio, le proviseur du lycée de Berberati, Jean-Sosthène Dengbé et le président du centre d’examen, l’universitaire Silla Sembella ont déclaré, dans un rapport publié le 12 juillet dernier, avoir reçu l’ordre de la part du Dircab de faire composer ces candidats camerounais qui étaient sur le point de rentrer au bercail.

Affaire de gros sous
Acculé, André Denamssekété a décidé de briser le silence pour répondre “ coup par coup ” à toutes les accusations proférées contre sa personne. Dans une note (douze pages) intitulée “ Clarification au sujet des candidats camerounais du centre d’examen de Berberati ”, l’homme tient des propos fracassants à l’égard de son ministre qu’il considère comme responsable de cette cacophonie. “ J’accuse Charles Armel Doubane, ministre de l’Education nationale de tremper dans une affaire qui n’honore pas notre prestigieuse institution ”, souligne le Dircab qui présente, chiffre à l’appui, le montant de l’argent glané auprès des candidats camerounais.
Selon sa révélation, un certain Jean de Dieu Bitomo Akono, convoyeur des élèves camerounais, a déboursé, pour chacun de ses poulains, la somme de 270 000 francs Cfa. Soit 50000 pour le traitement de dossier et 220000 francs pour le suivi et succès de ses compatriotes. Toujours selon le Dircab, le contrat de “ ce marché sous régional de baccalauréat ” a été conclu, depuis février dernier, entre Mme Marie Mimboe, directrice de l’Institut Ndi Samba et le ministre Doubane en marge d’une mission de Cames à Yaoundé. Dans la foulée, le membre du gouvernement aurait également accepté la demande du consul de Centrafrique à Garoua, à savoir: faire composer sur le territoire centrafricain les candidats de cette ville du nord cameroun. “ Ces élèves ont composé dans d’autres centres d’examen des villes de l’Ouest de Centrafrique notamment Bouar, Bokaranga et Carnot ”, soutient Denamssekété.
Charles Armel Doubane indique n’avoir “ à aucun moment empoché le pécule des élèves camerounais”. Mais son Dirbac persiste et signe tout en revenant sur un précédent ayant opposé, il y a un an, le même membre du gouvernement à son ministre délégué, Aurélien Zingas, qui aurait bouffé seul les 15 millions de francs Cfa versés par les candidats camerounais.

Tournure politique
Ce que l’on pourrait qualifier “ affaire des candidats camerounais ” prend une proportion de plus en plus politique. La presse s’en empare et en fait un sujet de grande préoccupation. Si le Dircab agite sans vergogne et sans moindre retenue l’épouvantail de la menace contre son ministre, cadre d’un parti de l’opposition, c’est qu’il n’a peur de rien. Président du Front national démocratique (Fnd), l’une des formations de la mouvance présidentielle, en même temps neveu du président François Bozizé, le Dircab ne va pas par du dos de la cuillère pour dénoncer les présumés accointances de Doubane avec la rébellion, ses agissements contre le régime de Bangui et le ministre des Finances, le lieutenant colonel Sylvain N’Doutingaye. Et ce n’est pas tout, il s’en est également pris au préfet sortant de la Mambéré-Kadeï, Elie Ouefio, un autre parent du chef de l’Etat qu’il accuse de transposer sur le terrain administratif des rivalités qui rongent le clan présidentiel.
Décidemment, les dossiers des candidats camerounais n’en finissent pas de faire couler encre et salive en Centrafrique. Pas plus tard qu’en août 2006, les épreuves du baccalauréat centrafricain ont été organisées dans l’illégalité à l’Institut supérieur d’informatique et de gestion (Isig) de Douala. Cité dans cette affaire, le ministre délégué à l’éducation nationale de l’époque, Aurélien Zingas sera limogé avant d’être nommé conseiller à la présidence de la République.
Pendant que les élèves camerounais attendent leur sort, à Berbérati, Giselle Nam, interrogée sur cette question, a menacé de déposer une plainte en bonne et due forme contre ceux qui sont impliqués dans cette sale affaire.



Par Atchang Atchang
Le 08-08-2007

 

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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 22:40
Colonisation en Afrique: un journal gabonais accuse Sarkozy de révisionnisme
(CRI 06/08/2007)


Le président français Nicolas Sarkozy a montré lors de sa visite en Afrique fin juillet un "complexe de supériorité" et adopté des positions "révisionnistes" sur la colonisation, a estimé lundi le bimensuel privé gabonais Nku'u Le Messager.

Dans son premier numéro paru depuis la visite du président français à Dakar et Libreville les 26 et 27 juillet, le journal critique sévèrement le discours prononcé au Sénégal dans lequel M. Sarkozy appelait les Africains à tourner la page de la colonisation et à un nouveau partenariat avec l'Europe.

Sous le titre "Sarkozy ou le +discours de la méthode+ néocoloniale", Nku'u estime ce discours "empreint de complexe de supériorité, de négativisme et de révisionnisme".

"Quand il (Sarkozy) parle de l'emprise coloniale, c'est presque en termes élogieux. C'est pour vanter ces ponts, ces hôpitaux, ces routes, ces dispensaires, ce savoir que les Africains n'auraient pas pu acquérir sans l'oeuvre coloniale", dénonce le journal.


Selon M. Sarkozy, poursuit-il, "la responsabilité de la traite négrière incombe aux Africains eux-mêmes. Sous d'autres cieux, quand il s'agit d'autres peuples, cela a un nom: le révisionnisme".



"Est-il utile de rappeler à l'actuel locataire de l'Elysée qu'avant d'être colonisée, l'Afrique avait ses empires et ses royaumes riches et florissants? (...) Peut-être ignore-t-il tout de l'histoire de l'Afrique, tout en entretenant un complexe de supériorité vis-à-vis du continent noir", avance Nku'u.



"On pourrait aussi lui rétorquer que la France a une part de responsabilité dans son occupation par les Nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce sont des Français qui ont livré leurs compatriotes de souche juive aux occupants. Tout un gouvernement, celui de Vichy (...) y a même collaboré", continue le journal.



Au lendemain du discours de Dakar, la presse sénégalaise avait estimé que Nicolas Sarkozy avait "fait la leçon aux Africains", certains titres évoquant même une "injure".

 

 

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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 21:20
Tracé axiomatique

 
(…) D’autres, parmi nous, n’entendent pas avec leurs oreilles et ne voient pas avec leurs yeux. L’imagination elle-même est en dysfonctionnement. L’aliénation, profonde, persiste. Heureusement ceux qui entendent et voient, imaginent et espèrent, doutent mais luttent, sont nombreux, et ardemment panafricains : Africa must unite.
 
Vaste cri de ralliement. Immense clameur continentale. La Jeunesse Africaine réalise de plus en plus, et nettement, que vivre dans l’histoire, en tant que sujets historiques, c’est imprimer sa marque aux temps historiques qui passent.
 
Les êtres humains en effet vivent dans un monde éthique, c’est-à-dire un monde de réflexion et de responsabilité : il est salutaire que la Jeunesse Africaine se fasse à l’idée de Renaissance Africaine, d’Etat fédéral panafricain continental, - ce qui est une idée de Grandeur Historique pour l’Afrique et pour la civilisation humaine qui s’en vient. La Grandeur est l’autre face du Bien, son immense signe dans l’Histoire.
 
Certaines notions empiriques et positivistes doivent être abandonnées, afin que la Jeunesse Africaine se dresse et s’engage résolument dans le monde éthique de l’histoire humaine.
Jeunesse Africaine, fière, brave, debout ! Le moment historique approche opportunément !
Regarde ! Le soleil ardent du continent est à son horizon oriental, juste levé, t’apportant vie et santé, énergie et intelligence, amour et contentement plénier. Tu espères, par ton travail, donner le meilleur de toi-même au continent.
 
Il se raconte beaucoup de choses à ton sujet. La politique des programmes d’ajustement structurel, neufs et vieux, t’est suicidaire. L’immigration, même agréée, est choisie. Il n’est pas certain que ton bonheur puisse définitivement en dériver. Coriace, le virus du sida t’a été inoculé par la méchanceté occidentale. C’est la logique constante des pays du Nord depuis les codes noirs du Siècle des Lumières : atteindre, paralyser, au mieux éliminer les forces vives et juvéniles du continent pour le pomper en toute tranquillité. Les « pères fondateurs » et les « présidents-à-vie » ferment les yeux et croient servir l’Afrique.
 
Jeunesse Africaine, fière, courageuse, debout ! Les circonstances te sont plus que jamais favorables.
 
Sache, tu le sais : la paix dans le monde n’est pas encore au rendez-vous avec elle-même, en dépit des efforts de Albert Luthuli, Martin Luther King, Nelson Mandela, Desmond Tutu et Wangari Maathai, tous Prix Nobel de la Paix. Il est à remarquer que l’ANC est le seul parti politique à avoir reçu trois fois le Prix Nobel de la Paix au 20ème siècle.
 
Tu le sais tout autant : l’énergie (pétrole, gaz naturel) divise profondément les nations, la communauté internationale (ce qu’il en est de ce mythe du 20ème siècle).
 
Ainsi aussi de la science et de son application : la maîtrise et la pleine possession du nucléaire sont cause de conflits éventuellement tragiques pour l’humanité. Mais cela n’exclut pas de penser sérieusement au Programme du Nucléaire civil africain. En se globalisant, le commerce engendre des puissances géopolitiques et géostratégiques diamétralement opposées. Ainsi va la mondialisation. Outre l’amère ironie, la remise des dettes des pays très pauvres n’a rien qui vaille. La corruption ? Son royaume de prédilection est tout l’Occident, constant donneur de leçons. C’est son eurocentrisme tyrannique. Le paradigme Afrique-Asie paraît plus négociable, sans les vieilles couches psychologiques datant de l’ère coloniale.
 
Sache, tu ne l’ignores pas, Jeunesse Africaine : tu possèdes des symboles, nombreux, pour résister, lutter, réfléchir, imaginer, méditer, créer et gagner : de la reine Nzinga à Christiane Taubira en passant par Mary McLeod Bethune, Anna Julia Cooper, Sojourner Truth, Ida B. Wells, et Winnie Mandela et Miriam Makeba. Et aussi de Nat Turner à Lumumba, de Lumumba à Tom Mboya, de Tom Mboya à Cabral, de Cabral à Steve Biko. Telle est la chaîne panafricaine, solide.
 
Faut-il te rassurer en t’indiquant le chemin que tu connais déjà ? Ce long chemin qui va de Marcus Garvey à Thabo Mbeki en passant par Kwame Nkrumah et Cheikh Anta Diop et qui a pour nom : Panafricanisme, Etat fédéral panafricain continental, Renaissance Africaine. Et Bob Marley et Pierre Akendengué ont vivement célébré ce chemin d’espoir.
 
Suis ce chemin de gloire, d’honneur, de fidélité et de sacrifice. Suis-le. Elargis-le selon tes outils de travail, ton corps, ton esprit, ton intelligence, ta foi, ton amour patriotique.
 
En effet, la quête du destin africain et son accomplissement, à l’échelle humaine, n’est que ce chemin d’unité, de solidarité, de partage, de concertation panafricaine, de grande vision continentale, transcendant lignages, clans, villages, tribus, ethnies, Etats-nations, plaies des guerres civiles, précarités sociales, vulnérabilités psychologiques, fragmentations et fragilités politiques au plan mondial, international, planétaire. Dure et longue est par conséquent la tâche.
Dans le système solaire qui est le nôtre, l’être humain a ses origines paléontologiques, culturelles, sexuelles, spirituelles et réflexives en Afrique, berceau de l’humanité actuelle. Le savoir implique que l’Afrique sera toujours là, présente, active, dans la fabrication du futur de l’humanité. Il faut y préparer sa jeunesse.
 
Jeunesse Africaine, sois éveillée, plus que jamais ! Il s’agit de Toi, de ton avenir. De l’Afrique, de son futur. De l’humanité, de son ouverture à elle-même, de ses grands idéaux de civilisation.
L’Afrique n’a que trop subi le descriptif des autres : « l’Afrique noire est mal partie », « l’Année de l’Afrique » (qu’une pauvre année !), « l’Afrique des colonels », « l’Afrique fantôme », « l’Afrique ambiguë », « l’Afrique des tribus », « l’Afrique bloquée », « l’Afrique marginalisée », « l’Afrique pauvre, très pauvre, très endettée dans le sous-développement durable »…
 
C’est le découragement, source de pessimisme, que l’on veut théoriser pour mieux paralyser l’Afrique et, de la sorte, la piller systématiquement, sans le moindre scrupule. Parfois, souvent, avec des complicités politiques africaines.
 
Il y a un déficit théorique à combler. La Jeunesse Africaine, rurale, urbaine, intellectuelle, politique, artistique… doit produire ses propres paramètres et paradigmes : sur l’Afrique, ses nombreux problèmes d’éducation, d’emploi, de santé, d’économie, de solidarité, de législation, de coopération continentale, de nucléaire africain, d’ouverture mondiale, de science, de technologie, d’environnement…
 
Doit-on douter de la capacité de la Jeunesse Africaine à penser, à réfléchir sur la traite négrière, l’esclavage, la colonisation, le racisme, l’exploitation néo-coloniale, la francophonie, le commonwealth, le sous-développement, les cultures de rente, les programmes d’ajustement structurel ?
 
Doit-on minimiser la capacité de la Jeunesse Africaine à produire des idées, des cas de figure, des programmes, des activités à la suite de la lecture de Marcus Garvey, W.E.B. Du Bois, Aimé Césaire, Frantz Fanon, Cheikh Anta Diop, Kwame Nkrumah, Julius Nyerere, Steve Biko ?
Les idées comptent, plus qu’avant, dans le monde contemporain : idées de démocratie, d’économie mondiale, de recherches scientifiques, d’identité et diversité culturelle, de philosophie, de violence ou de non-violence, de fondamentalisme théologique ou non, de sexualité humaine ou animale, de spiritualité, de gnose, de la vie dans l’univers. Quelles sont les idées des Africains, de façon originale et profonde, sur toutes ces immenses problématiques contemporaines qui engagent déjà le futur de l’humanité ?
 
Consommer les efforts réflexifs des autres, être pillé par les stratégies politiques et économiques des autres, jouer et chanter en marge de l’essentiel de « la Marche du Monde » : est-ce véritablement vivre en assumant sa part de responsabilité humaine ?
 
Les masques africains parlent à qui sait entendre et comprendre. Ils disent la vie, dans une affirmation presque dramatique. C’est qu’ils savent aller au fond d’eux-mêmes et des choses. Ils ont ainsi développé un grandiose et majestueux dialogue avec la nature. Retenons au moins cette capacité de tenir conversation entre nous-mêmes, avec nous-mêmes, avec le monde, avec les autres peuples, les autres civilisations de notre humanité. (…)
 
Professeur T. OBENGA
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 20:59
Achille MBEMBE démonte le mensonge de Sarkosy sur l'Afrique
 
De la pensée pure
De l'analyse méticuleuse, pédagogique
De l'art de l'argumentation intellectuelle et de la pensée comparative.
 
Redoutable universitaire et homme de Culture, Achille Mbembé ciselle ici au scalpel la petite pensée de l'homme du discours de Dakar.
 
Négres/Négresses
Lisez-ce digne fils d'Afrique
Achille MBEMBE démonte le mensonge de Sarkosy sur l'Afrique
Lors de sa récente visite de travail en Afrique sub-saharienne, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a prononcé à Dakar un discours adressé à " l'élite de la jeunesse africaine ". Ce discours a profondément choqué une grande partie de ceux à qui il était destiné, ainsi que les milieux professionnels et l'intelligentsia africaine francophone. Viendrait-il à être traduit en anglais qu'il ne manquerait pas de causer des controverses bien plus soutenues compte tenu des traditions de nationalisme, de panafricanisme et d'afrocentrisme plus ancrées chez les Africains anglophones que chez les francophones. Achille Mbembe en fait, ici, une critique argumentée.

En auraient-ils eu l'opportunité, la majorité des Africains francophones aurait sans doute voté contre Nicolas Sarkozy lors des dernières élections présidentielles françaises.

Ce n'est pas que son concurrent d'alors, et encore moins le parti socialiste, aient quoi que ce soit de convaincant à dire au sujet de l'Afrique, ou que leurs pratiques passées témoignent de quelque volonté que ce soit de refonte radicale des relations entre la France et ses ex-colonies. Le nouveau président français aurait tout simplement payé cher son traitement de l'immigration lorsqu'il était le ministre de l'intérieur de Jacques Chirac, ses collusions avec l'extrême droite raciste et son rôle dans le déclenchement des émeutes de 2005 dans les banlieues de France.
Pour sa première tournée en Afrique au sud du Sahara, il a donc atterri à Dakar précédé d'une très mauvaise réputation - celle d'un homme politique agité et dangereux, cynique et brutal, assoiffé de pouvoir, qui n'écoute point, dit tout et le double de tout, ne lésine pas sur les moyens et n'a, à l'égard de l'Afrique et des Africains, que condescendance et mépris.
Mais ce n'était pas tout. Beaucoup étaient également prêts à l'écouter, intrigués sinon par l'intelligence politicienne, du moins la redoutable efficacité avec laquelle il gère sa victoire depuis son élection. Surpris par la nomination d'une Rachida Dati ou d'une Rama Yade au gouvernement (même si à l'époque coloniale il y avait plus de ministres d'origine africaine dans les cabinets de la république et les assemblées qu'aujourd'hui), ils voulaient savoir si, derrière la manœuvre, se profilait un grand dessein – une véritable reconnaissance, par la France, du caractère multiracial et cosmopolite de sa société.
Il était donc attendu. Dire qu'il a déçu est une litote. Certes, le cartel des satrapes (d'Omar Bongo, Paul Biya et Sassou Nguesso à Idris Déby, Eyadéma Fils et les autres) se félicite de ce qui apparaît clairement comme le choix de la continuité dans la gestion de la " Françafrique " - ce système de corruption réciproque qui lie la France à ses affidés africains.
Mais si l'on en juge par les réactions enregistrées ici et là, les éditoriaux, les courriers dans la presse, les interventions sur les chaînes de radios privées et les débats électroniques, une très grande partie de l'Afrique francophone – à commencer par la jeunesse à laquelle il s'est adressé – a trouvé ses propos franchement choquants. Et pour cause. Dans tous les rapports où l'une des parties n'est pas assez libre ni égale, le viol souvent commence par le langage – un langage qui, sous prétexte d'amitié, s'exempte de tout et s'auto-immunise tout en faisant porter tout le poids de la cruauté au plus faible.

Régression
Mais pour qui n'attend rien de la France, les propos tenus à l'université de Dakar sont fort révélateurs. En effet, le discours rédigé par Henri Guaino (conseiller spécial) et prononcé par Nicolas Sarkozy dans la capitale sénégalaise offre un excellent éclairage sur le pouvoir de nuisance – conscient ou inconscient, passif ou actif – qui, dans les dix prochaines années, pourrait découler du regard paternaliste et éculé que continuent de porter certaines des " nouvelles élites françaises " (de gauche comme de droite) sur un continent qui n'a cessé de faire l'expérience de radicales mutations au cours de la dernière moitié du XXe siècle notamment.
Dans sa " franchise " et sa " sincérité ", Nicolas Sarkozy révèle au grand jour ce qui, jusqu'à présent, relevait du non-dit, à savoir qu'aussi bien dans la forme que dans le fond, l'armature intellectuelle qui sous-tend la politique africaine de la France date littéralement de la fin du XIXe siècle. Voici donc une politique qui, pour sa mise en cohérence, dépend d'un héritage intellectuel obsolète, vieux de près d'un siècle, malgré les rafistolages.
Le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar montre comment, enfermé dans une vision frivole et exotique du continent, les " nouvelles élites françaises " prétendent jeter un éclairage sur des réalités dont elles ont fait leur hantise et leur fantasme (la race), mais dont, à la vérité, elles ignorent tout. Ainsi, pour s'adresser à " l'élite de la jeunesse africaine ", Henri Guaino se contente de reprendre, presque mot à mot, des passages du chapitre consacré par Hegel à l'Afrique dans son ouvrage La raison dans l'histoire – et dont j'ai fait, récemment encore et après bien d'autres, une longue critique dans mon livre De la postcolonie (pp. 221-230).
Selon Hegel en effet, l'Afrique est le pays de la substance immobile et du désordre éblouissant, joyeux et tragique de la création. Les nègres, tels nous les voyons aujourd'hui, tels ils ont toujours été. Dans l'immense énergie de l'arbitraire naturel qui les domine, ni le moment moral, ni les idées de liberté, de justice et de progrès n'ont aucune place ni statut particulier. Celui qui veut connaître les manifestations les plus épouvantables de la nature humaine peut les trouver en Afrique. Cette partie du monde n'a, à proprement parler, pas d'histoire. Ce que nous comprenons en somme sous le nom d'Afrique, c'est un monde anhistorique non développé, entièrement prisonnier de l'esprit naturel et dont la place se trouve encore au seuil de l'histoire universelle.
Les " nouvelles élites françaises " ne sont pas convaincues d'autre chose. Elles partagent ce préjugé hégélien. Contrairement à la génération des " Papa-Commandant " (de Gaulle, Pompidou, Giscard d'Estaing, Mitterrand ou Chirac) qui épousait tacitement le même préjugé tout en évitant de heurter de front leurs interlocuteurs, les " nouvelles élites " de France estiment désormais que l'on ne peut rendre compte de sociétés aussi plongées dans la nuit de l'enfance qu'en s'exprimant sans frein, dans une sorte de vierge énergie. Et c'est bien ce qu'elles ont à l'idée lorsque, désormais, elles défendent tout haut l'idée d'une nation " décomplexée " par rapport à son histoire coloniale.
À leurs yeux, on ne peut parler de l'Afrique qu'en suivant, en sens inverse, le chemin du sens et de la raison, peu importe que cela se fasse dans un cadre où chaque mot prononcé l'est dans un contexte d'ignorance. D'où la tendance à saturer les mots, à recourir à une sorte de pléthore verbale, à procéder par la suffocation des images – toutes choses qui octroient au discours de Nicolas Sarkozy à Dakar son caractère heurté, bégayant et abrupt.
J'ai en effet beau faire la part des choses. Dans le long monologue de Dakar, je ne trouve d'invitation à l'échange et au dialogue que rhétorique. Derrière les mots se cachent surtout des injonctions, des prescriptions, des appels au silence, voire à la censure, une insupportable suffisance dont, je l'imagine, on ne peut faire preuve qu'à Dakar et à Libreville, et certainement pas à Pretoria ou à Luanda.
Aux sources de l'ethnologie coloniale
À côté de Hegel existe un deuxième fonds que recyclent sans complexe les " nouvelles élites françaises ". Il s'agit d'une somme de lieux communs formalisés par l'ethnologie coloniale vers la fin du XIXe siècle. C'est au prisme de cette ethnologie que se nourrit une grande partie du discours sur l'Afrique, voire une partie de l'exotisme qui constitue l'un des visages privilégiés du racisme à la française.
Cet amas de préjugés, Lévy Brühl tenta d'en faire un système dans ses considérations sur " la mentalité primitive " ou encore " prélogique ". Dans un ensemble d'essais concernant les " sociétés inférieures " (Les fonctions mentales en 1910 ; puis La mentalité primitive en 1921), il s'acharnera à donner une caution pseudo-scientifique à la distinction entre " l'homme occidental " doué de raison et les peuples et races non-occidentaux enfermés dans le cycle de la répétition et du mythe.
Se présentant – coutume bien rodée – comme " l'ami " des Africains, Leo Frobenius (que dénonce avec virulence le romancier Yambo Ouologuem dans Le devoir de violence) contribua largement à diffuser une partie des ruminations de Lévy Brühl derrière le masque du " vitalisme " africain. Certes, considérait-il que la " culture africaine " n'est pas le simple prélude à la logique et à la rationalité. Toujours est-il qu'il considérait qu'après tout, l'homme noir est un enfant. Comme son contemporain Ludwig Klages (auteur, entre autres, de L'éros cosmogonique, L'homme et la terre, L'esprit comme ennemi de l'âme), il estimait que l'homme occidental avait payé d'une dévitalisation génératrice de comportements impersonnels la démesure dans l'usage de la volonté – le formalisme auquel il doit sa puissance sur la nature.
De son côté, le missionnaire belge Placide Tempels dissertait sur " la philosophie bantoue " dont l'un des principes était, selon lui, la symbiose entre " l'homme africain " et la nature. Aux yeux du bon père, la force vitale constitue l'être de l'homme bantu. Celle-ci se déploie du degré proche de zéro (la mort) jusqu'au niveau ultime de celui qui s'avère un " chef ".
Telles sont d'ailleurs, en plus de Pierre Teilhard de Chardin, les sources principales de la pensée de Senghor qu'Henri Guaino se fait fort de mobiliser dans l'espoir de donner aux propos présidentiels une caution autochtone. Ignore-t-il donc l'inestimable dette que, dans sa formulation du concept de la négritude ou dans la formation de ses notions de culture, de civilisation, voire de métissage, le poète sénégalais doit aux théories les plus racistes, les plus essentialistes et les plus biologisantes de son époque ?
Mais il n'y a pas que l'ethnologie coloniale. Au demeurant, celle-ci se nourrit de nombreux récits de voyage et nourrit à son tour toute une culture populaire dont les films, la publicité, les bandes dessinées, la peinture et la sculpture, la photographie ou les expositions ne sont qu'un aspect. Ici, on s'efforce de créer un objet qui, loin de permettre d'effectuer le travail de reconnaissance de l'Autre, fait plutôt de ce dernier un objet substitutif, de donner libre cours à des fantasmes.
Le conseiller spécial du président français reprend à son compte cette technique aussi bien que l'essentiel des thèses (qu'il prétend par ailleurs réfuter) des idéologues de la différence et des pontifes de l'ontologie africaine. Puis il procède comme si l'idée selon laquelle il existerait une essence nègre, une " âme africaine " dont " l'homme africain " (Muntu) serait la manifestation la plus vivante – comme si cette idée somme toute farfelue n'avait pas fait l'objet d'une critique radicale par les meilleurs des philosophes africains, à commencer par Fabien Éboussi Boulaga dont l'ouvrage, La crise du Muntu, est à cet égard un classique.
Dès lors, comment s'étonner qu'au bout du compte, sa définition du continent et de ses gens soit une définition purement négative ? En effet, " l'homme africain " du président Sarkozy est surtout reconnaissable soit par ce qu'il n'a pas, ce qu'il n'est pas ou ce qu'il n'est jamais parvenu à accomplir (la dialectique du manque et de l'inachèvement), soit par son opposition à " l'homme moderne " (sous-entendu " l'homme blanc ") – opposition qui résulterait de son attachement irrationnel au royaume de l'enfance, au monde de la nuit, aux bonheurs simples et à un âge d'or qui n'a jamais existé.

Pour le reste, l'Afrique des " nouvelles élites françaises " est essentiellement une Afrique rurale, féérique et fantôme, mi-bucolique et mi-cauchemardesque, peuplée de paysans, faite d'une communauté de souffrants qui n'ont rien commun sauf leur commune position à la lisière de l'histoire, prostrés qu'ils sont dans un hors-monde - celui des sorciers et des griots, des êtres fabuleux qui gardent les fontaines, chantent dans les rivières et se cachent dans les arbres, des morts du village et des ancêtres dont on entend les voix, des masques et des forêts pleines de symboles, des poncifs que sont la prétendue " solidarité africaine ", " l'esprit communautaire " , " la chaleur " et le respect des aînés.

La politique de l'ignorance
Le discours se déroule donc dans une béatifique volonté d'ignorance de son objet, comme si, au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, l'on n'avait pas assisté à un développement spectaculaire des connaissances sur les mutations, sur la longue durée, du monde africain.
Je ne parle pas de la contribution des chercheurs africains eux-mêmes à la connaissance de leurs sociétés, ni de la critique interne de leurs cultures – critique à laquelle certains d'entre nous ont contribué. Je parle des milliards de son propre trésor que le gouvernement français a commis dans cette grande œuvre et ne m'explique guère comment, au terme d'un tel investissement, on peut encore, aujourd'hui, parler de l'Afrique en des termes aussi peu intelligents.

Que cache cette politique de l'ignorance volontaire et assumée ?
Comment peut-on se présenter à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar au début du XXIe siècle et parler à l'élite intellectuelle africaine comme si l'Afrique n'avait pas de tradition intellectuelle et critique propre et comme si Senghor et Camara Laye étaient les derniers mots de l'intelligence africaine au cours du XXe siècle ?
Par ailleurs, où sont donc passées les connaissances accumulées au cours des cinquante dernières années par l'Institut de Recherche sur le Développement, les laboratoires du Centre National de la Recherche Scientifique, les nombreux appels d'offres thématiques réunissant chercheurs africains et français qui ont tant servi à renouveler notre connaissance du continent – initiatives souvent généreuses auxquelles il m'est d'ailleurs arrivé, plus d'une fois, d'être associé ?
Comment peut-on faire comme si, en France même, Georges Balandier n'avait pas montré, dès les années cinquante, la profonde modernité des sociétés africaines ; comme si Claude Meillassoux, Jean Copans, Emmanuel Terray, Pierre Bonafé et beaucoup d'autres n'en avaient pas démonté les dynamiques internes de production des inégalités ; comme si Catherine Coquery-Vidrovitch, Jean-Suret Canale, Almeida Topor et plusieurs autres n'avaient pas mis en évidence et la cruauté des compagnies concessionnaires, et les ambigüités des politiques économiques coloniales ; comme si Jean-François Bayart et la revue Politique africaine n'avaient pas tordu le cou à l'illusion selon laquelle le sous-développement de l'Afrique s'explique par son " désengagement du monde " ; comme si Jean-Pierre Chrétien et de nombreux géographes n'avaient pas administré la preuve de l'inventivité des techniques agraires sur la longue durée; comme si Alain Dubresson, Annick Osmont et d'autres n'avaient pas décrit, patiemment, l'incroyable métissage des villes africaines ; comme si Alain Marie et les autres n'avaient pas montré les ressorts de l'individualisme ; comme si Jean-Pierre Warnier n'avait pas décrit la vitalité des mécanismes d'accumulation dans l'Ouest-Cameroun et ainsi de suite.

Déni de responsabilité
Quant à l'antienne sur la colonisation et le refus de la " repentance ", voilà qui sort tout droit des spéculations de Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut et autres Daniel Lefeuvre. Mais à qui fera-t-on croire qu'il n'existe pas de responsabilité morale pour des actes perpétrés par un État au long de son histoire ? À qui fera-t-on croire que pour créer un monde humain, il faut évacuer la morale et l'éthique par la fenêtre puisque dans ce monde, il n'existe ni justice des plaintes, ni justice des causes ?
Afin de dédouaner un système inique, la tentation est aujourd'hui de réécrire l'histoire de la France et de son empire en en faisant une histoire de la " pacification ", de " la mise en valeur de territoires vacants et sans maîtres ", de la " diffusion de l'enseignement ", de la " fondation d'une médecine moderne ", de la mise en place d'infrastructures routières et ferroviaires. Cet argument repose sur le vieux mensonge selon lequel la colonisation fut une entreprise humanitaire et qu'elle contribua à la modernisation de vieilles sociétés primitives et agonisantes qui, abandonnées à elles-mêmes, auraient peut-être fini par se suicider.
En traitant ainsi de la colonisation, on prétend s'autoriser, comme dans le discours de Dakar, d'une sincérité intime, d'une authenticité de départ afin de mieux trouver des alibis - auxquels on est les seuls à croire – à une entreprise passablement cruelle, abjecte et infâme. L'on prétend que les guerres de conquête, les massacres, les déportations, les razzias, les travaux forcés, la discrimination raciale institutionnelle – tout cela ne fut que " la corruption d'une grande idée " ou, comme l'explique Alexis de Tocqueville, " des nécessités fâcheuses ".
Demander que la France reconnaisse, à la manière du même Tocqueville, que le gouvernement colonial fut un " gouvernement dur, violent, arbitraire et grossier ", ou encore lui demander de cesser de soutenir des dictatures corrompues en Afrique, ce n'est ni la dénigrer, ni la haïr. C'est lui demander d'assumer ses responsabilités et de pratiquer ce qu'elle dit être sa vocation universelle.

D'autre part, il faut être cohérent et cesser de tenir à propos de la colonisation des propos à géométrie variable – certains pour la consommation interne et d'autres pour l'exportation. Qui convaincra-t-on en effet de sa bonne foi si, en sous-main des proclamations de sincérité telles que celles de Dakar, l'on cherche à dédouaner le système colonial en cherchant à nommer, à titre posthume comme maréchal, des figures aussi sinistres que Raoul Salan ou en cherchant à construire un mémorial à des tueurs comme Bastien Thiry, Roger Degueldre, Albert Dovecar et autres Claude Piegts ?

Conclusion
La majorité des Africains ne vit ni en France, ni dans les anciennes colonies françaises. Elle ne cherche pas à émigrer dans l'Hexagone. Dans l'exercice quotidien de leur métier, des millions d'Africains ne dépendent d'aucun réseau français d'assistance. Pour leur survie, ils ne doivent strictement rien à la France et la France ne leur doit strictement rien. Et c'est bien ainsi.
Ceci dit, un profond rapport intellectuel et culturel lie certains d'entre nous à ce vieux pays où, d'ailleurs, nous avons été formés en partie. Une forte minorité de citoyens français d'origine africaine, descendants d'esclaves et d'ex-colonisés y vivent, dont le sort est loin de nous être indifférent, tout comme celui des immigrés illégaux qui, malgré le fait d'avoir enfreint la loi, ont néanmoins droit à un traitement humain.

Depuis Fanon, nous savons que c'est tout le passé du monde que nous avons à reprendre ; que nous ne pouvons pas chanter le passé aux dépens de notre présent et de notre avenir ; qu'il n'y a pas de mission nègre comme il n'y a pas de fardeau blanc ; que nous n'avons ni le droit ni le devoir d'exiger réparation de qui que ce soit ; que le nègre n'est pas, pas plus que le blanc ; et que nous sommes notre propre fondement.
Aujourd'hui, y compris parmi les Africains francophones dont la servilité à l'égard de la France est particulièrement accusée et qui sont séduits par les sirènes du nativisme et de la condition victimaire, beaucoup d'esprits savent pertinemment que le sort du continent, ou encore son avenir, ne dépend pas de la France. Après un demi-siècle de décolonisation formelle, les jeunes générations ont appris que de la France, tout comme des autres puissances mondiales, il ne faut pas attendre grand-chose. Personne ne sauvera les Africains malgré eux.
Elles savent aussi que jugées à l'aune de l'émancipation africaine, certaines de ces puissances sont plus nuisibles que d'autres. Et que compte tenu de notre vulnérabilité passée et actuelle, le moins que nous puissions faire est de limiter ce pouvoir de nuisance. Une telle attitude n'a rien à voir avec la haine de qui que ce soit. Au contraire, elle est le préalable à une politique de l'égalité sans laquelle il ne saurait y avoir un monde commun.
Si donc la France veut jouer un rôle positif dans l'avènement de ce monde commun, il faut qu'elle renonce à ses préjugés. Il faut que ses nouvelles élites opèrent le travail intellectuel nécessaire à cet effet. On ne peut pas parler à l'ami sans s'adresser à lui. Etre capable d'amitié, c'est, comme le soulignait Jacques Derrida, savoir honorer en son ami l'ennemi qu'il peut être. Cela est un signe de liberté.
Pour l'heure, le prisme à partir duquel elles regardent l'Afrique, la jugent ou lui administrent des leçons n'est pas seulement obsolète. Il ne fait aucune place à des rapports d'amitié qui seraient coextensifs à des rapports de justice et de respect. Tant que cet aggiornamento n'est pas réalisé, ses clients et affidés locaux continueront de l'utiliser pour de tristes fins. Mais personne, ici, ne la prendra vraiment au sérieux et, encore moins, l'écoutera. 
Par Achille MBEMBE Pour Le Messager
Le 01-08-2007
 
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7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 03:09

Les accords secrets avec l’Afrique: encore d'époque?

 

 


 
Rue89 dévoile des aspects d'accords de défense liant la France à d'autres pays. Sarkozy va-t-il changer de politique africaine?

Ce fut le débat escamoté de la campagne présidentielle: qu’allait faire le nouvel élu en matière de politique africaine? L’observateur crut un instant que la candidate du Parti socialiste allait innover, en publiant son
projet pour l’Afrique. Las, dès la publication de ce texte dans Témoignage chrétien, Ségolène Royal prit ses distances avec des propositions jugées trop audacieuses. Son équipe argua même que le texte publié dans l’hebdomadaire n’avait jamais reçu l’aval de la candidate! Argument démenti par la rédaction de l'hebdomadaire.

Quelques jours plus tard, alors qu'elle présentait son projet en matière de défense, les propositions de réformer les accords de défense et de soumettre la décision des opérations extérieures de l’armée au contrôle du Parlement avaient subitement disparu. Jamais, par la suite, Ségolène Royal n’expliqua cette volte-face aussi rapide que spectaculaire. Peut-être avait-elle compris qu’il est délicat d’ouvrir la boîte de Pandore africaine…
Quant à Nicolas Sarkozy, il se montra en la matière d’un conformisme étonnant pour un candidat censé incarner la rupture. Dans son discours de campagne sur la politique internationale, pas la moindre proposition de réforme sur la sphère africaine. Il y aurait pourtant matière à innover.

 Des accords très secrets

Premier constat: la France maintient de nombreux accords de défense avec les pays du pré carré. Ces
accords sont classés en différentes catégories, du simple échange de lettres à l’accord de défense secret, en passant par les différentes formes de convention technique, d’accord de coopération ou d’assistance militaire. En 2000, l’Assemblée nationale se penchait pour la première fois sur cette jungle juridique, aussi complexe qu’opaque.

 Sept pays du "champ" maintenaient alors en vigueur le cadre juridique défini entre 1959 et 1961: accord spécial de défense avec le Cameroun, la Centrafrique, la Côte d’Ivoire (plus une convention relative au maintien de l’ordre), le Gabon (plus convention maintien de l’ordre), le Sénégal, le Tchad (convention spéciale de maintien de l’ordre, secrète) et le Togo (accord de défense, secret). Que disent ces textes? Essentiellement deux choses: d’abord il s’agit, à l’époque des indépendances, de donner les moyens à ces nouveaux Etats de former une armée capable de résister aux pressions de la guerre froide. Effectifs, formation et fourniture d’armes: tout est prévu. L’autre volet, secret, consiste à maintenir le lien de sujétion entre l’ex-puissance coloniale et ses "amis" africains. Notamment en matière de "maintien de l’ordre".

Un espion et un juriste


Un ancien chef du service Afrique du Sdece, les services secrets extérieurs, l’a parfaitement résumé dans "'Ministre' de l'Afrique" (Seuil), ses Mémoires publiées en 2004: "Nos objectifs prioritaires, explique alors Maurice Robert, étaient par conséquent, d’une part, d’empêcher l’extension de la subversion et de la pénétration communistes, en particulier dans les pays d’Afrique noire française limitrophes de la Guinée: le Mali, le Sénégal et la Côte d’Ivoire, d’autre part de veiller à ce que les Américains n’empiétassent pas, notamment au plan économique, sur notre zone d’influence."
Pour ce faire, cet excellent ami de Jacques Foccart, le Monsieur Afrique du général de Gaulle, invente une structure baptisée PLR, Poste de liaison et de renseignement, présente dans chacune des quatorze capitales du pré carré. Le PLR est un homme du Sdece, dont le rôle est à la fois de former les services secrets locaux et de surveiller les activités du Président local auquel il a accès 24h/24.

Cet espion est secondé par un autre conseiller occulte, lui aussi affecté directement auprès du président de la République "indépendante". Juriste de haut vol, souvent magistrat ou conseiller d’Etat, sa tâche est, en cas de crise, d’assister techniquement le pouvoir en matière de réforme constitutionnelle. Au besoin, il fait évoluer le système administratif pour écraser dans l’œuf toute velléité d’opposition politique un peu trop active. Les nombreuses réformes institutionnelles du Gabon ou du Sénégal, pour prendre deux exemples fort éloignés, en témoignent. Dans tous les cas, le droit est au service de la force.


Intervention à volonté



 Revenons au maintien de l’ordre. Comme tous les observateurs du monde africain, le général de Gaulle considère que les anciennes colonies ne sont pas tout à fait mûres pour la démocratie. Le chef de l’Etat invente donc avec l’équipe Foccart un dispositif d’aide d’urgence, en cas de menace putschiste intempestive. C’est là l’essentiel des clauses secrètes des accords de défense: pouvoir, en toutes circonstances, sauver le Président adoubé par l’Elysée. Ce texte –fort simple– provient des archives de l’Ecole supérieure de guerre (ESG), tel qu’il était enseigné aux officiers stagiaires en 1967. Intitulé "Accords et conventions de maintien de l’ordre dans les Etats africains et malgaches", il détaille par le menu le processus d’intervention de l’armée française en cas de menace, intérieure ou extérieure.

Premier point: la France "peut" intervenir, mais n’a aucune obligation de le faire. C’est à la libre discrétion du président de la République française, seul décisionnaire sur ce sujet. La demande passe par l’ambassadeur de France. Deuxième point: c’est le "chef de l’Etat" africain qui formule sa demande "dans une situation particulièrement grave". Laquelle situation n’est pas plus détaillée: il n’est pas fait mention d’agression extérieure ou de menace quelconque. Les termes restent suffisamment vagues pour justifier toute demande.


Troisième point: le commandement des troupes locales et l’usage du feu sont immédiatement transférés à l’officier français envoyé sur place. Ce dernier aspect est loin d’être anecdotique. Il permet de comprendre la plupart des dérapages ayant lieu en Afrique, du putsch de février 1964 au Gabon aux tirs aveugles dans la foule ivoirienne en novembre 2004, en passant par la féroce répression des émeutes de Port-Gentil (Gabon) en 1990. Ce texte encadre strictement ces opérations et il est très clair: les commandants français ont toute latitude pour "rétablir et maintenir l’ordre". Toutefois, il prévoit un garde-fou avec la référence à "l’autorité civile locale, seule habilitée à prescrire l’usage des armes".


Texte et gadgets


Les politiques français ignorent-ils ces dispositions? A lire les derniers souvenirs de Pierre Joxe, dans son "Pourquoi Mitterrand?" (éd. Philippe Rey), on pourrait le croire. L’ancien ministre de la Défense et de l’Intérieur raconte une conversation avec le Président Mitterrand qui, en 1988, visiblement feint l’ignorance: "Je lui 'révélai', raconte Joxe, ce que j’avais appris sur les mesures spéciales organisées par notre détachement de l’armée de l’air, au Gabon, qui maintenait en veille, sur ordre, un équipage 24 heures sur 24, 365 jours par an, prêt à tout moment à exfiltrer Bongo en cas de besoin. Je lui évoquai encore quatre ou cinq histoires de ce genre, feignant de ne pas tout savoir et concluant que nous étions là dans le même rôle que la CIA en Amérique centrale auprès de tyrans comme Somoza." En somme, la France aurait joué en Afrique le rôle endossé par les Etats-Unis en Amérique du Sud… Drôle de comparaison.


 
Autre disposition –architecturale celle-ci– bâtie au moment des indépendances: il existe dans ces capitales un souterrain reliant la résidence du président de la République ou du Premier ministre à celle de l’ambassadeur de France. Au cas où, on ne sait jamais… Le Président ivoirien Laurent Gbagbo eut d’ailleurs, parmi ses mesures de représailles, le réflexe de boucher ledit souterrain pour manifester son désaccord avec la politique de Jacques Chirac. En tout cas, l’image de ce boyau invisible et clandestin résume à lui seul la nature des liens instaurés entre la France et ses anciennes colonies.

L’impossible réforme, à moins...


Est-il envisageable de réformer ce lourd dispositif juridique? Les débats les plus récents apportent sans aucun doute une réponse négative, à moins de bouleverser notre système de défense. Ainsi, lorsqu’il fut entendu par la
commission sénatoriale chargée d’examiner les interventions extérieures de l’armée, le chef d’état-major des armées fut très affirmatif: "Il a précisé que dans tous les cas, notent les sénateurs relatant les propos d’Henri Bentegeat, la France conservait la possibilité d'apprécier, en fonction de la situation, si la demande éventuelle d'un Etat répond bien aux critères de mise en œuvre de l'accord. Il a estimé que la révision de ces accords de défense donnerait lieu à des débats complexes et comporterait sans doute plus d'inconvénients que d'avantages." Plus d’inconvénients… On aurait aimé savoir lesquels.

 Le général Bentegeat avait partiellement répondu à cette interrogation en 2002, lors d’une autre audition devant l’Assemblée nationale, à propos de la situation en Côte d’Ivoire: "Personne n'imagine aujourd'hui une application des accords de défense en dehors des situations ne correspondant pas à une agression extérieure, disait-il, même si certains accords de défense passés par la France comportent des clauses secrètes prévoyant des cas d'intervention plus larges." En somme, au royaume du secret, seuls les initiés sont rois.

Des parlementaires engourdis par le discours des généraux


Pourtant, les parlementaires ont à plusieurs reprises manifesté leur volonté de reprendre la main sur les opérations africaines. Dès 2000, un rapport de l’Assemblée pointait la nécessité de mieux les contrôler. Même tonalité en 2006, au Sénat, où
les rapporteurs soulignaient l’urgence de rénover un système de défense obsolète: "Une révision à terme est certainement souhaitable; elle supposerait cependant que des relais efficaces aient pu être mis en place pour assurer des garanties de sécurité régionale, ce qui n'est à l'évidence pas encore le cas." En somme, si le plat est toujours chaud, personne n’a envie de jouer les apprentis cuisiniers. L’occasion est pourtant belle de redorer le blason diplomatique du Parlement. Elle permettrait aussi de réaffirmer de manière forte la France des "droits de l’Homme" brandie par le Président français, le 6 mai, au soir de son élection. Nicolas Sarkozy escamotera-t-il ce débat comme il a délaissé le front de la sécurité intérieure ou reprendra-t-il le flambeau gaullo-mitterrandien? 

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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 08:39
Afrique en marche


Le président nigérian appelle les Allemands à investir dans son pays

ABUJA -- Le président nigérian Umaru Yar'Adua a affirmé jeudi que le Nigeria faisait tout son possible pour protéger les investissements sur son territoire et a appelé les Allemands à profiter davantage de la situation. Lors d'un entretien avec le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier à Abuja, M. Yar'Adua a indiqué que son gouvernement était en train de créer un environnement cohérent en faveur des investisseurs étrangers. Il a notamment invité les Allemands à investir dans le secteur de l'énergie. Il a annoncé que le gouvernement a entamé des pourparlers avec les groupes armés dans la région du delta du Niger riche en pétrole dans le but de maintenir la paix. Pour sa part, M. Steinmeier a noté que le Nigeria et l'Allemagne jouissaient d'excellentes relations qui seraient renforcées par la signature du prochain Accord de protection des investissements. Le ministre, qui a effectué une visite de deux jours au Nigeria,a invité le président nigérian au Sommet UE-Afrique qui aura lieu en décembre à Portugal et au Sommet Allemagne-Afrique qui aura lieu en novembre à Berlin.

Destruction de 2,475 tonnes de cocaïne au Sénégal

DAKAR -- La gendarmerie sénégalaise a procédé jeudi à l'incinération de 2,475 tonnes de cocaïne, d'une valeur de 150 milliards de FCFA (228 millions d'euros), dans le four 4 de la cimenterie de Rufisque, située à 27 km au nord de Dakar. Ce gros lot de drogue dure a été détruit à une température de plus de mille degrés où "il n'y a aucune chance de récupérer un gramme de la poudre blanche", selon les experts. Organisée jeudi dans l'usine de fabrique de ciment de la Sococim, la cérémonie s'est déroulée sous haute surveillance des agents de sécurité. Le ministre ds Forces armées, Becaye Diop, en compagnie du Procureur de la République, du Haut Commandant de la Gendarmerie, du Directeur de la Douane, du Directeur de la Sûreté nationale ont pu assister à une séance d'incinération de quelques sachets, en présence d'un groupe de journalistes. Les 2,475 tonnes de cocaïne incinérées avaient été saisies les 19, 22 et 25 juin à Mbour par la Gendarmerie nationale qui avait également arrêté parmi les détenteurs de la drogue trois Latino-américains.

Nigeria : 214 millions de dollars pour construire des salles de classe à Lagos

LAGOS -- L'Etat de Lagos, le moteur économique du Nigeria, a décidé d'octroyer 27,2 milliards de nairas (environ 214,2 millions de dollars) pour construire et restaurer 7.500 salles de classe, a déclaré jeudi à Lagos un responsable du gouvernement. Hakeem Bello, l'adjoint supérieur et spécial du gouverneur Babatunde Fashola chargé de la presse, a fait savoir que le Conseil exécutif d'Etat a donné son feu vert à ce projet au cours de sa réunion hebdomadaire qui s'est tenue lundi. Il a expliqué que 6,2 milliards de nairas (quelque 48,82 millions de dollars) seraient utilisés pour réhabiliter 2.500 salles de classe alors que 5.000 nouvelles salles seraient construites avec les 21 milliards de nairas restants (165,35 millions de dollars).

La CEDEAO élabore un programme sur les investissements agricoles

ABUJA -- La commission de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) est en train d'élaborer un programme sur les investissements agricoles, a annoncé jeudi le directeur du service Agriculture, Environnement et Développement rural de la commission, Daniel Eklu. La croissance du secteur agricole pourrait augmenter de 60% grâce aux investissements, a expliqué M. Eklu, ajoutant que le programme visait à "assurer une croissance rapide de la sous-région", marquée par une faible productivité. " Les mauvaises performances sont attribuées à plusieurs facteurs qui ont conduit à l'adoption d'une politique agricole sous- régionale conclue en 2005 à Accra (Ghana) appelant à l'établissement d'un programme sur les investissements", a-t-il ajouté. Selon lui, le programme sera présenté au sommet des chefs d'Etats de la CEDEAO en décembre. (à suivre)


La BM approuve un crédit de 12 millions de dollars à l'agriculture ougandaise

WASHINGTON -- La Banque mondiale a approuvé jeudi un crédit de 12 millions de dollars de l'Association internationale de développement (IDA) afin de fournir un fonds supplémentaire au projet agricole ougandais. "Le fonds de l'IDA aidera à assurer la continuité d'une série de pratiques et d'innovations nouvelles en Ouganda", a estimé Madhur Gautam, responsable du projet. Les objectifs de ce Second Projet de recherche et de formation agricole (ARTP II) ont bien progressé ces sept dernières années dans la conduite des recherches de haute qualité, a expliqué la banque dans un communiqué. Le crédit supplémentaire permettra à la Banque mondiale d'honorer ses engagements à long terme vis-à-vis du développement institutionnel et du renforcement du système national de recherche agricole de l'Ouganda. "Il donnera suffisamment de temps pour se préparer à un nouveau programme destiné à s'adresser conjointement aux services consultatifs et de recherche agricole, (...) dont le début est prévu pour le 1er juillet 2009", a révélé la représentante de la Banque mondiale en Ouganda Grace Yabrudy.

La Zambie donne la priorité à l'agriculture

LUSAKA -- Le président zambien Levy Mwanawasa a réitéré jeudi l'engagement de son gouvernement pour développer l'agriculture du pays. L'augmentation de la part de l'agriculture dans le budget du gouvernement pour cette année a traduit sa détermination à donner la priorité à ce secteur et à en faire un moteur de la croissance économique du pays, a déclaré le président Mwanawasa en ouvrant la 81e Foire agricole et commercial à Lusaka. Il a rappelé que l'agriculutre de la Zambie avait progressé de 3,8% au cours de l'année écoulée et contribué à 18% à 20% du PIB. Cette performance de l'agriculture, a-t-il dit, est due à l'environnement macroéconomique favorable, aux bonnes conditions météorologiques et aux investissements importants.

Hausse du nombre de passagers ayant transité par les aéroports marocains

RABAT -- Le nombre de passagers ayant transité par les aéroports du Maroc au cours du premier semestre de l'année en cours a enregistré une augmentation de 15,44% en accueillant 5 588 290 contre 4 840 849 durant la même période de l'année précédente. Selon le rapport de l'Office National des Aéroports (ONDA) du Maroc, en 2006, le nombre de voyageurs ayant transité par les aéroports du Maroc a atteint 10 526 450 contre 9 187 508 au cours de l'année 2005. En 2006, précise le rapport, l'aéroport Mohammed V de Casablanca est arrivé en tête avec 48,37% en accueillant 5 006 731 passagers, suivi de Marrakech-Ménara (25,26%) avec 2 579 536 passagers et Agadir-Massira en 3ème position (13,67%) avec 1 501 256 voyageurs. Les voyages à destination internationale se sont accaparés de la part du lion du trafic aérien durant l'année 2006 avec un total de 8 744 350 passagers (83%) contre 1 782 100 passagers (16,9%) pour les vols internes.

La Zambie donne la priorité à l'agriculture

LUSAKA -- Le président zambien Levy Mwanawasa a réitéré jeudi l'engagement de son gouvernement pour développer l'agriculture du pays. L'augmentation de la part de l'agriculture dans le budget du gouvernement pour cette année a traduit sa détermination à donner la priorité à ce secteur et à en faire un moteur de la croissance économique du pays, a déclaré le président Mwanawasa en ouvrant la 81e Foire agricole et commercial à Lusaka. Il a rappelé que l'agriculutre de la Zambie avait progressé de 3,8% au cours de l'année écoulée et contribué à 18% à 20% du PIB. Cette performance de l'agriculture, a-t-il dit, est due à l'environnement macroéconomique favorable, aux bonnes conditions météorologiques et aux investissements importants. (à suivre)


Le président nigérien rappelle les efforts dans la lutte contre la désertification

NIAMEY -- Le chef de l'Etat nigérien Mamadou Tandja a rappelé jeudi les efforts réalisés par son pays dans la lutte contre la désertification et la protection de l'environnement à l'occasion du 47ème anniversaire de l'indépendance de son pays, transformé en fête de l'arbre. Selon lui, ces efforts se sont concrétisés par " la généralisation sur l'ensemble du territoire national, de l'expérience de restauration des terres dégradées, amorcée en 2002 sur les rives du fleuve Niger. "Ce sont plus de 15.000 hectares de terres dégradées qui ont pu être restaurés et environ 20.000 autres hectares de vallées et cuvettes ont été sécurisés, augmentant de manière significative, l'offre en paturage et en terres agricoles dont nos communautés rurales ont fortement besoin ", a précisé M. Tandja. Au plan socio-économique, ces travaux de récupération de terres ont favorisé la création de plus de 100.000 emplois temporaires.

Afrique du Sud : la prévalence du sida en baisse

JOHANNESBURG -- La prévalence du VIH/Sida en Afrique du Sud, l'une des pires au monde, pourrait baisser à partir de maintenant, a déclaré jeudi le ministère sud-africain de la Santé, annonçant un taux de contamination en baisse chez les femmes enceintes. L'année dernière, le taux de prévalence du VIH/sida chez les femmes enceintes en Afrique du Sud était de 29%, par rapport à 30, 2% enregistré en 2005, ce qui laisse présager le début d'une baisse du nombre de personnes contaminées, a déclaré le ministre de la Santé, Manto Tshabalala-Msimang. Le nombre de personnes contaminées par le virus du sida en Afrique du Sud, qui compte une population totale de 47 millions de personnes, est de 5,41 millions, plus bas que le chiffre de 5,54 millions avancé l'année dernière. Une baisse nationale de 30,2% en 2005 suggérait pour la première fois que la pandémie dessinait une "tendance à la baisse", ont montré les résultats d'une étude prénatale annuelle menée dans les centres de santé publics et rendue publique par le ministre. 13,7% des femmes enceintes âgées de moins de 20 ans sont contaminées par le VIH, ce qui représente une baisse par rapport à 2005 (15,9%) et 2004 (16,1%). La prévalence chez les femmes âgées entre 20 et 24 ans a également baissé. Cependant, la contamination des femmes âgées entre 30 et 39 ans est, quant à elle, en augmentation.

La Zambie approuve plus de 50 licences d'investissement

LUSAKA -- L'agence zambienne de développement (ZDA) a récemment approuvé plus de 50 licences d'investissement dans différents secteurs économiques dont la zone économique de Chambeshi dirigée par la Chine, a rapporté jeudi le Zambia Daily Mail. Selon le directeur général par intérim de la ZDA Glyne Michelo, les licences ont été émises pour des entreprises des secteurs de l'agriculture, du tourisme, des mines et de la fabrication. "Nous avons à ce jour traité et approuvé 53 licences d'investissement dans divers secteurs de l'économie", a-t-il indiqué. L'agence attend davantage de demandes de licence. La zone économique polyvalente consiste en des surfaces et des sites prévus pour manufacturer des biens essentiellement destinés à l'exportation avec des avantages fiscaux proposés aux entreprises répondant aux critères. Les critères permettant des activités dans cette zone impliquent entre autre d'investir plus de 500.000 dollars, de prouver que ces investissements sont associés à des transferts de technologie et d'utiliser des matériaux locaux .


 

 

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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 16:17
Sous les feux croisés des belligérants.
(BBC Afrique 03/08/2007)


Dans le village de Nanabaria où vivaient jusqu'en octobre dernier quelque 700 personnes, aucune maison n'a été épargnée par les pillages.
Un matin, à l'arrivée des soldats d'élite de la garde présidentielle, armés de fusils et de mortiers, toutes leurs habitations furent incendiées.

''Les rebelles n'ont pas de programme politique''
Les soldats étaient à la poursuite des rebelles de l'APRD, (Armée populaire pour la restauration de la démocratie) qui, au cours des dix huit derniers mois ont, à deux reprises, pris la ville de Paoua .

Selon l'armée centrafricaine, les habitants de Nanabaria cachaient des rebelles. Une accusation que rejettent de nombreux villageois.

"Ma maison a été la première cible", déclare, amer, Janvier Zolo, pasteur dans l'église du village qui a été complètement incendiée.

''Nous ne sommes pas des rebelles''


Samuel N'gakoutou : il vit caché dans la forêt
D'après le pasteur, seul un quart de la population dans cette partie du territoire a voté pour le président François Bozizé lors de l'élection présidentielle de 2005; mais il insiste '' cela ne signifie pas pour autant que nous sommes des rebelles, au contraire nous respectons le choix qui a été porté sur le président François Bozizé ''.

Depuis cette attaque, les organisations de défense des droits de l'homme critiquent vivement l'armée pour '' l'usage excessif de la force ''.

Dans ce pays qui a connu quatre coups d'Etat au cours des dix dernières années, on estime que quelque 212.000 personnes ont été déplacées par les combats.

Dans le même temps, 70. 000 Centrafricains ont traversé la frontière pour chercher refuge dans des pays voisins comme le Tchad ou le Cameroun.

La même superficie que la France mais avec une population de quatre millions d'habitants seulement, la République centrafricaine reste très dépendante de Paris.

Le pays subit, de plus en plus, les contrecoups de la crise politico-militaire au Tchad et au Soudan.

La France a soutenu le président François Bozize lors de sa prise du pouvoir en 2003 et lors de sa réélection deux ans plus tard.

"Rien ne se décide ici sans le consentement de Paris," affirme un Centrafricain qui a requis l'anonymat, par peur de représailles.

En tout cas, la récente intervention des troupes françaises pour briser l'attaque des rebelles dans le village de Birao, près de la frontière soudanaise semble lui donner raison.

''La mère France''

Toutefois, certains Centrafricains semblent approuver la politique interventionniste de l'ancienne puissance coloniale.


Le pays est encore dépendant de la France
"La France est notre mère et nous sommes ses enfants", déclare le Capitaine Laurent Djim Woei Bebiti, porte-parole des rebelles de l'APRD.

Ses troupes, au nombre de 5.000, selon lui, sont essentiellement composées par ceux qui ont favorisé la prise du pouvoir par François Bozizé mais qui, se sentent aujourd'hui abandonnés.

On compte également dans leurs rangs d'anciens partisans de l'ex-président Ange-Félix Patassé.

Nous avons trouvé Mr Bebiti, dans son fief, au cœur de la forêt avec son garde du corps qui veille au grain : il s'agit d'un jeune homme bardé d'armes et d'amulettes autour de sa ceinture.

"Une mère n'abandonne jamais ses enfants," dit-il, traduisant un sentiment bien partagé au sein des dirigeants de l'APRD qui estiment que la France doit aider au règlement de la crise créée selon eux, par une armée nationale 'hors de contrôle'.

Pour un étranger, cela semble paradoxal : la garde présidentielle, accusée d'incendier des villages lors de leur poursuite des rebelles est, elle-même, entraînée par des soldats français


Le président Bozizé arrivé au pouvoir en 2003
'' Des Bandits ''

Les rebelles accusent le gouvernement de fermer l'œil sur les ''coupeurs de routes'' , des bandits armés très nombreux sur les routes du Nord et qui attaquent civils et humanitaires, rendant ainsi le commerce presque impossible.

L'APRD n'a pas de programme politique cohérent, mais la guerre que ses troupes mènent contre les forces gouvernementales a fini par paralyser de larges secteurs de l'économie.

Parmi les recrues, il y a des jeunes comme Ivan, qui était tout petit quand ses parents ont été tués lors du coup d'Etat qui a amené Mr Bozizé au pouvoir.

Alors que ses camarades adoptent le 'style de Rambo' pour les photographes, il nous explique que son père fut soldat dans l'armée de l'ex-président Patassé.

Sa mère, son père ainsi que son frère, ont tous été tous assassinés.

Soulevant sa chemise tachée, Ivan nous montre une cicatrice : trace selon lui, des sévices que lui ont infligés les soldats du président Bozizé

Pour lui, être rebelle est donc synonyme de ''revanche''.

Mais dans ce conflit, ce sont surtout les populations civiles qui paient le plus lourd tribut.

Des centaines de milliers de villageois, originaires de Nanabaria, vivent aujourd'hui cachés dans la forêt.

Beaucoup d'entre eux sont dans cette situation depuis deux ans; et jusqu'à une période récente, ils n'avaient pas accès à l'aide humanitaire.


Nous sommes au milieu de plusieurs groupes qui se combattent


Samuel N'gakoutou

Trêve

Un collier fait de « feuilles censées le protéger » orne le coup de Samuel Ngakoutou, qui vit maintenant à l'intérieur de la forêt dense.

Aujourd'hui, il a peur de retourner dans son village; il vit sur place dans la misère totale avec son épouse et ses dix enfants.

"Nous sommes au milieu de trois groupes qui se combattent: les bandits, les rebelles, et les forces gouvernementales" déplore-t-il.

Les Nations Unies ont exigé l'ouverture de pourparlers entre le président Bozize et les groupes rebelles.

Résultat, dans le nord-est du pays, une trêve a été signée avec deux dirigeants rebelles mais beaucoup reste à faire dans la partie nord ouest de la Centrafrique.


Le gouvernement a promis l'amnistie aux rebelles
Le gouvernement a promis d'amnistier les combattants rebelles qui acceptent de déposer les armes.

Du coup, plusieurs centaines de rebelles ont fait défection au cours des derniers mois.

Le représentant de la garde présidentielle à Paoua, a déclaré à la BBC que ses troupes étaient maintenant 'très disciplinées' et que la pratique qui consistait à incendier des villages avait cessé.

Alors que le lieutenant, qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat, nous parlait de ce ''changement de tactique'', on apprenait que des soldats à bord de motocyclettes avaient braqué des humanitaires à Paoua et les avaient menacés avec des kalachnikovs.

Que ces actes soient le fait de rebelles, des soldats gouvernementaux ou de simples bandits, ils ont fini par terrifier les humanitaires en poste dans la région.

Il y a quelques mois, un membre de Médecins Sans Frontières a été tué dans cette partie du territoire; un agent de Caritas a été aussi blessé par balles il y a deux semaines.

Pour le moment, l'attention de la communauté internationale se concentre surtout sur la situation des refugiés qui fuient les combats au Darfour voisin.

Mais la sécurité va être renforcée grâce au déploiement prévu de troupes européennes le long de la frontière avec le Tchad, le Soudan et la Centrafrique.

Dans le court terme, une plus grande présence militaire pourrait améliorer la situation sécuritaire interne et régionale, mais tant qu'il n'y a pas un effort de développement soutenu dans le Nord démuni, la crise en Centrafrique pourrait perdurer.



By Karen Allen
BBC News




 

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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 10:08
LU POUR VOUS

24 Juillet 07- POURQUOI OMAR BONGO ONDIMBA REFUSE DE RECEVOIR LA DEFUNTE CMAP RESSUSCITEE

Suite au conciliabule qui a réuni le chef de l'Etat gabonais et son homologue tchadien à Libreville en avril 2007, l’ancien président du GUNT (Gouvernement d’Union Nationale de Transition, dans les années 80), Goukouni Weddeye, s’est vu assigner la mission de rassembler l’opposition tchadienne de la diaspora dans la capitale gabonaise en vue de trouver un protocole d’accord pour la paix au Tchad. Le mandataire de cette mission, mal organisé et entouré d’une équipe dont les motivations principales se bornent plus à la résolution de leurs problèmes personnels et particuliers que ceux du Tchad en général, s’est vu retrouver avec tous les membres de la défunte CMAP ressuscitée pour l’occasion. Tous les anciens membres de ladite organisation, vouée à l’échec dans un passé récent, se sont retrouvés discrètement et de façon officieuse dans la capitale gabonaise autour de Goukouni Weddeye. Après avoir passé plusieurs jours à parler de « commissions » et de « postes » à responsabilité autour d’un « présidium » à l’effigie de la conférence nationale de 1993, les anciens membres de ce qu’était la CMAP ont fini par accoucher de quelques « résolutions » consignées dans un document dénommé « les résolutions de Libreville.» Ils ont ensuite souhaité être reçu par le président Omar Bongo Ondimba afin de les lui soumettre pour qu'il les transmette au président tchadien. Leur demande a reçu une fin de non recevoir de la part du chef de l’Etat gabonais qui leur reproche de ne pas avoir informé tous les belligérants du conflit tchadien afin de venir prendre part à cette rencontre.

Les Tchadiens savent pourquoi les organisateurs de cette rencontre n’ont pas été à même d’annoncer les tenants et aboutissants de leurs retrouvailles au Gabon. Le président gabonais s’est attendu à une rencontre globale réunissant tous les mouvements rebelles armés ainsi que toute l’opposition tchadienne de la diaspora. Or, dans le cadre des préparatifs de ce qui va être la « randonnée de Libreville », les organisateurs ont commis la grosse erreur de détourner à leur propre profit la rencontre qui était destinée à l'origine pour rassembler l’opposition tchadienne de la diaspora dans sa globalité à Libreville, aux frais de l’Etat gabonais. Quelle ne fut l’ire de Omar Bongo Ondimba à l’idée de voir de nouveau ressurgir les mêmes membres d’une organisation qui a montré ses limites dans un passé encore récent ! Ainsi, face aux mécontentements du président gabonais, nombre d’entre les participants se sont éclipsés de peur de subir les « imprévisibilités » de l’hôte lésé. Las de rentrer, une bonne partie est restée encore sur place comme pour faire perdurer le suspens. Parmi eux d’autres encore se vantent d’être «partis à Libreville » sans être capables de dire comment ils y sont allés et à quels frais. Avec surtout une baliverne qui frise l’ignominie. Mais aussi en contradiction avec la consigne donnée (qui est: la garde sous secret - sermonnée de tout ce qui devait se passer sur place) par les organisateurs d’un côté puis en se perdant en conjectures de l’autre, à travers de « communiqués de presse » entonnant comme d’habitude la monotonie d’un discours de style moyenâgeux.

Tandis qu’à quelques centaines de kilomètres de là, une autre conférence dite de l’opposition est en train de se préparer. Celle-là a l’aire crédible car elle est en train de se préparer en toute transparence et avec de la circonspection. C’est depuis plusieurs mois déjà qu’elle est annoncée. Ses organisateurs n’ont pas eu maille à partir avec le Département d’Etat américain qui en supporte toutes les charges. Prévue en effet pour les 25, 26 et 27 août 2007 à Cotonou au Bénin, cette conférence va se tenir en trois jours et doit « réunir toute l’opposition tchadienne sous ses deux formes.» Voulue par un parrain incontesté, cette conférence perçue dores et déjà par nombre d’analystes comme la « conférence de la dernière chance », a toutes les chances de s’inscrire dans les annales de l’histoire. Le pouvoir tchadien semble approuver les démarches de l’alliance ADR / UPTRN, son organisatrice. Lesquelles démarches ambitionnent de déboucher sur des trouvailles dont l’objet reste la recherche de la paix par le dialogue et non par les armes. Ces démarches font également l’objet d’une approbation sans réserves de tous les inscrits, vu le nombre sans cesse croissant des participants. Dans quelles conditions la conférence de Cotonou va-t-elle pouvoir se dérouler ? Abordera-t-elle toutes les questions sans tabou ? Est-ce qu’elle va poser les jalons d’un Tchad nouveau qui enterrera de façon définitive la hache de la guerre ? Tous les enjeux de cette conférence seront vus à la loupe par le journal Tchad-Info (Alwihda) qui la couvrira de bout en bout avec des analyses, des reportages, des interviews et une retransmission en direct depuis la capitale béninoise.

M. A. KEBIR

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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 10:02

Tchad: Lettre ouverte aux Présidents;G.W Bush,Nicolas Sarkozy et au Guide Mouamar Al-Khadafi.

Excellences,

Bien que l’on dise qu’il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, la présente vous est adressée .Vous avez les yeux grands ouverts mais vous refusez de voir. De grâce, arrêtez et accordez un tour salutaire à la majorité silencieuse du Tchad et du Darfour. Retirez vos mains insidieuses et huileuses dissimulées derrière Idriss DEBY et son œuvre au Darfour.

Aveuglés par les intérêts économiques,vous oubliez que le MAL tchadien ou celui du Darfour trouve son origine au palais rose de NDjamena.Progressivement,tous les trois (3) « GROS MESSIEURS »,timidement SARKOZY remplaçant CHIRAC le 4 juin dernier,vous avez participé et entretenu,directement ou indirectement,la situation actuelle qui prévaut au DARFOUR et à NDJAMENA .L’on n’a pas besoin de le justifier. Qui ne sait pas que le despote Idriss DEBY ITNO gère le Tchad et sa manne pétrolière à sa guise a l’image d’un épicier : c’est un bon vendeur. Ses clients sont bien servis et ne cessent de lui répéter : « thank you for your fuel, we will help you… ».Les visées des Américains sont connues et caricaturées par : si je peux faire ma réserve de pétrole, je me fous des droits de l’homme. A Doba , les puits de pétrole sont au service des firmes américaines qui pompent le fluide visqueux du sous sol des descendants de TOUMAI sans mesure et à volonté .L’on comprend aisément pourquoi BUSH soutient le régime au détriment du vouloir et des droits de l’homme Tchadanthropus. Au Darfour , des ingénieurs occidentaux complices ont identifié un prétendu lac fossile au terminus des cours d’eau délimitant le Tchad du Soudan : le WADI HAWAR qui serait un ancien bras du Nil. Il se trouve, qu’il est possible de réaliser des forages pour abreuver les habitants du Darfour en eau potable. Le persiflage politique ne tue pas. Au constat de ce que nous vivons dans ce monde, les Etats-Unis se soucient – ils de l’homme opprimé et privé de ses droits fondamentaux ? Quel est au Tchad, le projet financé par les USA dans le domaine d’adduction d’eau ou autre secteur visant le bien être social ? L’homme du Darfour est il différent de l’homme tchadien, éthiopien ou somalien ? Non ! Tout simplement BUSH rêve de participer aux prospections pétrolières pour concurrencer la CHINE dans le partage du gisement d’or noir soudanais. Le Soudan est un pays respectable dont les ambitions contrarient celles des pays prétendus développés. A notre humble avis, nous conseillons à ceux- là qui commencent un projet avec une étude sociologique erronée de faire très attention. Le Darfour est l’aire des MAHADISTES apparentés aux IRAKIENS. C’est donc un terrain contrasté à la fois cendreux et glutineux ou les joueurs sont sans masque. Le jeu y est coriace. Attention !
Nicolas SARKOZY va vite et fort dans la recherche d’une solution au problème de DEBY.

Oui ! C’est son problème, car il en est l’auteur : que ce soit au Tchad ou au Darfour .C’est lui et ses complices qui l’ont crée. Qui ne dit mot consent, puisque la France est constante et quasiment unanime dans sa politique extérieure. Nous avons l’appréhension qu’à ce niveau, SARKOZY ou CHIRAC c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Jacques CHIRAC, oubliant les liens historiques qui lient son pays au Tchad, le Peuple français au Peuple tchadien a favorisé ses relations personnelles avec Idriss DEBY au détriment du Peuple tchadien. Avec CHIRAC, la France a accompagné le régime de N’djamena dans la mauvaise gouvernance .Elle a observé et validé toutes les consultations frauduleuses. Qu’est ce qui empêche la France de dire NON au Président vomis par son Peuple et les siens. La France par sa puissante représentation diplomatique et par le biais de la délégation de l’Union Européenne à N’djamena, a cautionné toutes les échéances électorales qui ont eu lieu bien qu’elle et sa presse étaient omniprésentes dans toutes les équipes des observateurs internationaux. Ont-ils besoin de voir le rejet de DEBY par le Peuple ? O ! Que l’âme de nos grands parents, les vaillants anciens combattants, repose en paix. La France a oublié que ce n’est pas un seul homme qui a versé son sang pour la sauver mais tout un Peuple, le Peuple tchadien tout entier. La France de CHIRAC a omis le fait historique aux avantages personnels immédiats. Notre conseil à SARKOZY, en prenant ce dossier en main, fasse sien cet adage tchadien : « celui qui à attaché l’hyène à l’arbre à palabre, doit le détacher lui-même. » Personne ne le fera à sa place, car une hyène n’est pas une chèvre ainsi soit il ! Sinon, les progénitures de nos aïeux les gaulois auront trahi le Peuple tchadien .Que le français proaméricain de Neuilly rectifie le tir pour le grand bonheur des descendants des anciens combattants tchadiens.

L’opinion internationale se rappelle encore que c’est DEBY qui a envahi la République Centrafricaine et destitué Ange Félix PATASSE , le Président démocratiquement élu. Mission accomplie, une fois encore, avec la complicité du parrain français. La boulimie de MAGLI l’a poussé à vouloir étendre son empire, à l’instar du Kanem-Bornou d’Idriss ALLAHOUMA, jusqu’au Soudan. DEBY s’est leurré, car l’eau chaude n’est pas un aire de jeu pour les grenouilles, dit un autre adage tchadien. Pour camoufler ses échecs militaires, DEBY arme, au vu et au su de tous les communautés tchadiennes frontalières vivant en harmonie des siècles durant. Il dresse les unes contre les autres. Au 16e siècle, l’empire du Kanem-Bornou s’étendait à l’est jusqu'à l’Égypte et à l’ouest jusqu’aux confins du GHANA (le royaume Ashanti).Ces nobles hommes de l’époque ont pu la concrétiser grâce à un travail d’équipe et de concertation. Le Royaume du Ouaddai, celui du Baguirmi et les autres communautés accomplissaient chacun la mission qui leur est assignée dans une rigueur absolue certes, mais aussi dans le respect de son voisin et sans escobarderie. L’histoire nous l’a enseigné. Quoique l’on insinue, le Gouvernement soudanais a réagi en légitime défense. Soyons sincères !A toute agressions ne faut il pas il une égale riposte ? Dommage !Les autres s’en sont mêlés et la stabilité continue d’être perturbée au grand dam des deux peuples.

Comme à l’accoutumée, le Guide de la Révolution d’El Fateh s’est une fois encore jeté à l’eau. Il a certes ses raisons, mais la quiétude des tchadiens l’inquiète- t-il tant ?La Libye veut évité la présence des Américains et leurs dispositifs satellitaires à ses frontières. D’accord ! Le Panafricaniste a oublié qu’il peut dire NON à son ami, DEBY. Au contraire, KHADAFI a cautionné toutes les élections truquées. D’ailleurs, solennellement le Guide a conseillé au vol des suffrages aux opposants tchadiens en négociation en juin dernier. Toutefois, nous ne croyons pas qu’il ait apprécié la fameuse falsification des billets de banque des Emirats Arabes Unis, ni les assassinats collectifs par Deby de ses compagnons de lutte, notamment ceux de Massakory en juin 1992.C’est horrible ! Les imaginaires coups d’état n’en parlons pas ! Le Guide ne ferait il pas mieux de cultiver l’amitié antique que son Peuple entretient avec le Peuple tchadien ? il est vrai que DEBY lui a rendu service en chassant son ennemi Hissein HABRE en décembre 1990 , mais cela suffit il pour entériner tous les actes de ce mégalomane au détriment du Peuple tchadien. Un tel malheur ne doit pas être avalisé par le potentiel Président des Etats Unis d’Afrique. Qu’il revienne à la raison et ne freine pas la marche vers le changement inéluctable du régime moribond de N’djamena.
Vous, les trois GROS MESSIEURS, perturbez la quiétude et la sérénité de l’espace tchado-darfourien. Nous vous disons qu’un homme averti en vaut deux , car le foyer du DARFOUR va se déplacer très prochainement à l’intérieur du Tchad : au sud, non loin des zones pétrolifères ,ou sévissent les hommes de Djibrine DASSER et dans la région du lac Tchad ceux de Brahim MALLAH. DEBY, craignant de répondre de ses actes, est disposé à endeuiller bon nombre de familles tchadiennes. Bientôt il mettra en place des milices dans les zones de nouvelles tensions. Ces nouveaux sites ressemblent étrangement à l’actuel DARFOUR, surtout par leur pétrole. DEBY dressera les communautés des unes contre les autres .Il bombardera des villages .Conséquences ! il y’aura des réfugiés et les humanitaires suivront . Un autre DARFOUR plus compliqué encore , avec un quatrième GROS MONSIEUR : celui du NIGERIA.La spécificité de ce terrain est que le match se jouera entre le régime de N’Djamena et le Mouvement pour la Démocratie et le Développement (MDD). Il n’y aura pas de confusion. Par contre du coté de DASSER, le cinquième intervenant sera la R.C.A qui importe peu, car elle est déjà le prolongement naturel du Tchad pour MAGLI. Pourquoi ne pas étouffer le mal à l’origine « pas de fumée sans feu » pour arrêter la fumée il faut éteindre le feu. Aidez donc les Tchadiens à chasser DEBY et toute la sous- région rétrouvera son calme.

Messieurs,

G.W.BUSH et ses complices anglais, N.SARKOZY et son union européenne et M. AL KHADAFI et son CEN-SAD , ne nous donnez pas encore l’opportunité de vous écrire en vous posant la question : qui va faire partir Deby ?Nous vous répondrons le Peuple tchadien. Vous avez totalement raison de constater que la rébellion de l’est est un amalgame d’hommes. Un fourre –tout on l’on trouve un peu de tout : des patriotes, des nationalistes, des hommes de poigne etc… et des pires que le MAL lui-même. La caractéristique commune des principales tendances orientales est que leurs leaders vendent la peau de l’ours sans l’avoir tué. C’est ridicule ! Ces leaders sont des chasseurs de la Présidence de la République du Tchad sans plus. Ces chefs- là ne feront pas partir DEBY à moins qu’ils renoncent à leur chimère. Le sauveur du Peuple tchadien est prêt. Il est là. Cependant, il demande votre neutralité.
Notre message est le suivant : GROS MESSIEURS, le seul MAL est Deby et son régime. Assez de la distraction fatale au Peuple tchadien et à celui du Darfour .Dites assez à Deby et à son système au profit de la majorité afin que finisse le conflit du DARFOUR et celui du TCHAD.

AHMAT SARKY MOULAY
Email :gaiyi55@yahoo.fr

Excellences,

Bien que l’on dise qu’il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, la présente vous est adressée .Vous avez les yeux grands ouverts mais vous refusez de voir. De grâce, arrêtez et accordez un tour salutaire à la majorité silencieuse du Tchad et du Darfour. Retirez vos mains insidieuses et huileuses dissimulées derrière Idriss DEBY et son œuvre au Darfour.

Aveuglés par les intérêts économiques,vous oubliez que le MAL tchadien ou celui du Darfour trouve son origine au palais rose de NDjamena.Progressivement,tous les trois (3) « GROS MESSIEURS »,timidement SARKOZY remplaçant CHIRAC le 4 juin dernier,vous avez participé et entretenu,directement ou indirectement,la situation actuelle qui prévaut au DARFOUR et à NDJAMENA .L’on n’a pas besoin de le justifier. Qui ne sait pas que le despote Idriss DEBY ITNO gère le Tchad et sa manne pétrolière à sa guise a l’image d’un épicier : c’est un bon vendeur. Ses clients sont bien servis et ne cessent de lui répéter : « thank you for your fuel, we will help you… ».Les visées des Américains sont connues et caricaturées par : si je peux faire ma réserve de pétrole, je me fous des droits de l’homme. A Doba , les puits de pétrole sont au service des firmes américaines qui pompent le fluide visqueux du sous sol des descendants de TOUMAI sans mesure et à volonté .L’on comprend aisément pourquoi BUSH soutient le régime au détriment du vouloir et des droits de l’homme Tchadanthropus. Au Darfour , des ingénieurs occidentaux complices ont identifié un prétendu lac fossile au terminus des cours d’eau délimitant le Tchad du Soudan : le WADI HAWAR qui serait un ancien bras du Nil. Il se trouve, qu’il est possible de réaliser des forages pour abreuver les habitants du Darfour en eau potable. Le persiflage politique ne tue pas. Au constat de ce que nous vivons dans ce monde, les Etats-Unis se soucient – ils de l’homme opprimé et privé de ses droits fondamentaux ? Quel est au Tchad, le projet financé par les USA dans le domaine d’adduction d’eau ou autre secteur visant le bien être social ? L’homme du Darfour est il différent de l’homme tchadien, éthiopien ou somalien ? Non ! Tout simplement BUSH rêve de participer aux prospections pétrolières pour concurrencer la CHINE dans le partage du gisement d’or noir soudanais. Le Soudan est un pays respectable dont les ambitions contrarient celles des pays prétendus développés. A notre humble avis, nous conseillons à ceux- là qui commencent un projet avec une étude sociologique erronée de faire très attention. Le Darfour est l’aire des MAHADISTES apparentés aux IRAKIENS. C’est donc un terrain contrasté à la fois cendreux et glutineux ou les joueurs sont sans masque. Le jeu y est coriace. Attention !
Nicolas SARKOZY va vite et fort dans la recherche d’une solution au problème de DEBY.

Oui ! C’est son problème, car il en est l’auteur : que ce soit au Tchad ou au Darfour .C’est lui et ses complices qui l’ont crée. Qui ne dit mot consent, puisque la France est constante et quasiment unanime dans sa politique extérieure. Nous avons l’appréhension qu’à ce niveau, SARKOZY ou CHIRAC c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Jacques CHIRAC, oubliant les liens historiques qui lient son pays au Tchad, le Peuple français au Peuple tchadien a favorisé ses relations personnelles avec Idriss DEBY au détriment du Peuple tchadien. Avec CHIRAC, la France a accompagné le régime de N’djamena dans la mauvaise gouvernance .Elle a observé et validé toutes les consultations frauduleuses. Qu’est ce qui empêche la France de dire NON au Président vomis par son Peuple et les siens. La France par sa puissante représentation diplomatique et par le biais de la délégation de l’Union Européenne à N’djamena, a cautionné toutes les échéances électorales qui ont eu lieu bien qu’elle et sa presse étaient omniprésentes dans toutes les équipes des observateurs internationaux. Ont-ils besoin de voir le rejet de DEBY par le Peuple ? O ! Que l’âme de nos grands parents, les vaillants anciens combattants, repose en paix. La France a oublié que ce n’est pas un seul homme qui a versé son sang pour la sauver mais tout un Peuple, le Peuple tchadien tout entier. La France de CHIRAC a omis le fait historique aux avantages personnels immédiats. Notre conseil à SARKOZY, en prenant ce dossier en main, fasse sien cet adage tchadien : « celui qui à attaché l’hyène à l’arbre à palabre, doit le détacher lui-même. » Personne ne le fera à sa place, car une hyène n’est pas une chèvre ainsi soit il ! Sinon, les progénitures de nos aïeux les gaulois auront trahi le Peuple tchadien .Que le français proaméricain de Neuilly rectifie le tir pour le grand bonheur des descendants des anciens combattants tchadiens.

L’opinion internationale se rappelle encore que c’est DEBY qui a envahi la République Centrafricaine et destitué Ange Félix PATASSE , le Président démocratiquement élu. Mission accomplie, une fois encore, avec la complicité du parrain français. La boulimie de MAGLI l’a poussé à vouloir étendre son empire, à l’instar du Kanem-Bornou d’Idriss ALLAHOUMA, jusqu’au Soudan. DEBY s’est leurré, car l’eau chaude n’est pas un aire de jeu pour les grenouilles, dit un autre adage tchadien. Pour camoufler ses échecs militaires, DEBY arme, au vu et au su de tous les communautés tchadiennes frontalières vivant en harmonie des siècles durant. Il dresse les unes contre les autres. Au 16e siècle, l’empire du Kanem-Bornou s’étendait à l’est jusqu'à l’Égypte et à l’ouest jusqu’aux confins du GHANA (le royaume Ashanti).Ces nobles hommes de l’époque ont pu la concrétiser grâce à un travail d’équipe et de concertation. Le Royaume du Ouaddai, celui du Baguirmi et les autres communautés accomplissaient chacun la mission qui leur est assignée dans une rigueur absolue certes, mais aussi dans le respect de son voisin et sans escobarderie. L’histoire nous l’a enseigné. Quoique l’on insinue, le Gouvernement soudanais a réagi en légitime défense. Soyons sincères !A toute agressions ne faut il pas il une égale riposte ? Dommage !Les autres s’en sont mêlés et la stabilité continue d’être perturbée au grand dam des deux peuples.

Comme à l’accoutumée, le Guide de la Révolution d’El Fateh s’est une fois encore jeté à l’eau. Il a certes ses raisons, mais la quiétude des tchadiens l’inquiète- t-il tant ?La Libye veut évité la présence des Américains et leurs dispositifs satellitaires à ses frontières. D’accord ! Le Panafricaniste a oublié qu’il peut dire NON à son ami, DEBY. Au contraire, KHADAFI a cautionné toutes les élections truquées. D’ailleurs, solennellement le Guide a conseillé au vol des suffrages aux opposants tchadiens en négociation en juin dernier. Toutefois, nous ne croyons pas qu’il ait apprécié la fameuse falsification des billets de banque des Emirats Arabes Unis, ni les assassinats collectifs par Deby de ses compagnons de lutte, notamment ceux de Massakory en juin 1992.C’est horrible ! Les imaginaires coups d’état n’en parlons pas ! Le Guide ne ferait il pas mieux de cultiver l’amitié antique que son Peuple entretient avec le Peuple tchadien ? il est vrai que DEBY lui a rendu service en chassant son ennemi Hissein HABRE en décembre 1990 , mais cela suffit il pour entériner tous les actes de ce mégalomane au détriment du Peuple tchadien. Un tel malheur ne doit pas être avalisé par le potentiel Président des Etats Unis d’Afrique. Qu’il revienne à la raison et ne freine pas la marche vers le changement inéluctable du régime moribond de N’djamena.
Vous, les trois GROS MESSIEURS, perturbez la quiétude et la sérénité de l’espace tchado-darfourien. Nous vous disons qu’un homme averti en vaut deux , car le foyer du DARFOUR va se déplacer très prochainement à l’intérieur du Tchad : au sud, non loin des zones pétrolifères ,ou sévissent les hommes de Djibrine DASSER et dans la région du lac Tchad ceux de Brahim MALLAH. DEBY, craignant de répondre de ses actes, est disposé à endeuiller bon nombre de familles tchadiennes. Bientôt il mettra en place des milices dans les zones de nouvelles tensions. Ces nouveaux sites ressemblent étrangement à l’actuel DARFOUR, surtout par leur pétrole. DEBY dressera les communautés des unes contre les autres .Il bombardera des villages .Conséquences ! il y’aura des réfugiés et les humanitaires suivront . Un autre DARFOUR plus compliqué encore , avec un quatrième GROS MONSIEUR : celui du NIGERIA.La spécificité de ce terrain est que le match se jouera entre le régime de N’Djamena et le Mouvement pour la Démocratie et le Développement (MDD). Il n’y aura pas de confusion. Par contre du coté de DASSER, le cinquième intervenant sera la R.C.A qui importe peu, car elle est déjà le prolongement naturel du Tchad pour MAGLI. Pourquoi ne pas étouffer le mal à l’origine « pas de fumée sans feu » pour arrêter la fumée il faut éteindre le feu. Aidez donc les Tchadiens à chasser DEBY et toute la sous- région rétrouvera son calme.

Messieurs,

G.W.BUSH et ses complices anglais, N.SARKOZY et son union européenne et M. AL KHADAFI et son CEN-SAD , ne nous donnez pas encore l’opportunité de vous écrire en vous posant la question : qui va faire partir Deby ?Nous vous répondrons le Peuple tchadien. Vous avez totalement raison de constater que la rébellion de l’est est un amalgame d’hommes. Un fourre –tout on l’on trouve un peu de tout : des patriotes, des nationalistes, des hommes de poigne etc… et des pires que le MAL lui-même. La caractéristique commune des principales tendances orientales est que leurs leaders vendent la peau de l’ours sans l’avoir tué. C’est ridicule ! Ces leaders sont des chasseurs de la Présidence de la République du Tchad sans plus. Ces chefs- là ne feront pas partir DEBY à moins qu’ils renoncent à leur chimère. Le sauveur du Peuple tchadien est prêt. Il est là. Cependant, il demande votre neutralité.
Notre message est le suivant : GROS MESSIEURS, le seul MAL est Deby et son régime. Assez de la distraction fatale au Peuple tchadien et à celui du Darfour .Dites assez à Deby et à son système au profit de la majorité afin que finisse le conflit du DARFOUR et celui du TCHAD.

AHMAT SARKY MOULAY
Email :gaiyi55@yahoo.fr

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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