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3 mai 2007 4 03 /05 /mai /2007 18:11
RAYS-PORTRAIT-DEBOUT-2.jpgCentrafrique : répudiées parce que séropositives
(Agence Syfia 03/05/2007)


(Syfia Centrafrique) En Centrafrique, les femmes enceintes craignent d'être répudiées par leurs maris en cas de séropositivité. Du coup, elles sont de plus en plus réticentes à se faire tester ou à dévoiler à leurs conjoints leurs résultats.

En Centrafrique, selon l’Unité de dépistage anonyme (Uda) de Bangui, près d'une femme enceinte sur trois ne revient pas chercher les résultats de ses tests sérologiques, par peur du sida et de la réaction de son mari. Cette proportion est deux fois plus élevée au Centre de santé de Bédé-Combattant où, d'après des statistiques de mars 2006, deux femmes enceintes sur dix sont porteuses du virus du sida. "Je redoute que mon résultat soit positif. Si c'est le cas, je serais contrainte de le tenir secret", confie L. C., venue suivre ses examens prénataux au centre de santé de Malimaka, à Bangui.
Ce comportement à risque a poussé le gouvernement à faire voter en septembre 2006 une loi qui prévoit un emprisonnement de 3 mois à 1 an et une amende de 100 000 à 1 million de Fcfa (entre 150 et 1 500 €) pour "toute personne infectée par le sida qui ne déclare pas son état sérologique à son conjoint ou conjointe ou à l’autre partenaire dans le cas de concubinage notoire". Cette loi n'est toutefois pas encore promulguée.
Si les femmes infectées ne dévoilent pas leur état à leurs maris, c'est qu'elles redoutent leurs réactions. Depuis deux ans que le programme Prévention de la transmission parents-enfants du VIH (PTPE) a rendu systématique le test de dépistage des femmes enceintes, les témoignages d'épouses séropositives répudiées par leurs maris se multiplient. Le Réseau des médias de Centrafrique pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme dénonce tous les jours dans ses émissions de radio, de nombreux cas de ruptures conjugales provoqués par des hommes qui ne supportent pas de vivre avec leurs épouses atteintes du sida.




"Mon époux m’a traitée de tout"


Boukoutou, 26 ans, vit ainsi depuis quatre mois avec ses deux enfants dans un nouveau et modeste logement à Combattant, une banlieue de Bangui. "Dès que j’ai présenté le résultat du test de dépistage à mon époux, il a piqué une colère, et m’a traitée de tout", se souvient-elle. Le mari, qui, lui, ne veut pas se soumettre au test de dépistage, a immédiatement déserté le lit conjugal, avant de quitter définitivement la maison pour aller vivre avec une autre jeune femme.
"Mon mari a d’abord refusé de manger dans la même assiette que moi. Ensuite, il a confisqué tous mes biens avant de retourner dans son village où il s’est remarié", témoigne, toute en larmes, Natacha, 30 ans. Seule et sans revenus, expulsée de la maison par sa bailleresse, elle s'est réfugiée chez sa grand-mère.
Les femmes sont du coup de plus en plus réticentes à se soumettre au test de dépistage ou à informer leurs partenaires des résultats s'ils sont positifs. Elles ne sont pas seules en cause. "Les hommes, très souvent infidèles, ont généralement peur de se faire dépister", explique Lucie Mogade, psychopédagogue à l’Uda de Bangui. Pour le Dr Édith Pulchérie Adialo Sako, coordonnatrice du programme PTPE, les maris qui ne veulent pas se soumettre au test de dépistage inventent toujours des motifs pour "se débarrasser de leurs conjointes touchées par le VIH". Selon le sociologue Jean-Alain Doulpanga, ce genre de rupture est devenu un véritable problème de société. "Culturellement, comme la femme est inférieure à son mari, la répudier pour des raisons peu évidentes n'est pas un péché aux yeux du mari", analyse-t-il.




Séances de cure d’âme


Selon le dernier Rapport mondial sur le sida publié l'an dernier par l'Onusida, la Centrafrique est le dixième pays au monde le plus touché par la pandémie et le premier en Afrique centrale avec un taux de prévalence de 10,7 % chez les adultes de 15 à 49 ans. Cette séroprévalence est presque deux fois plus élevée chez les femmes (7,8 %) que chez les hommes (4,3 %). "La vulnérabilité socio-économique, les rapports précoces et traumatisants pour les jeunes filles et les multiples partenaires sexuels de l’homme sont autant de facteurs qui exposent davantage la femme au virus", explique le Dr Fikouma, spécialiste en infectiologie à l’hôpital de l’Amitié à Bangui.
Afin de favoriser la réconciliation au sein des couples en crise, le PTPE a créé 17 groupes de soutien pour les personnes vivant avec le sida dans les différents centres de santé du pays. Membre d’un de ces groupes et séronégatif, Pierre Kpamona vit ainsi à Bangui en harmonie avec sa femme infectée.
De son côté, un des prélats de la cathédrale Notre-Dame d’Afrique, Donald Assang, multiplie des "séances de cure d’âme" pour les couples chrétiens sur lesquels plane la menace du divorce. Son chapelet à la main, il rappelle le caractère sacré du mariage : "Personne ne doit séparer ce que Dieu a uni".


27/04/2007 ( Centrafrique )
Jules Yangada
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30 avril 2007 1 30 /04 /avril /2007 12:46
CES FORCES NOUVELLES QUI PRATIQUENT LA POLITIQUE ALIMENTAIRES...
Rien n'arrête les profito-situationnistes africains qui en prenant les armes pensent défendre la cause du peuple, juste le temps de se connaitre et de négocier leur redition à coup de milliards de CFA et des postes ministériels tout cela au détriment du peuple qui ne cesse de se paupériser.... 
Aujourd'hui la problématique que l'on se pose est de savoir quelle est la crédibilité de ces rebelles ou forces nouvelles qui n'ont pour objectif que de s'enrechir au dos du peuple car l'argent reçu par ces derniers qui prétendent soutenir le peuple, n'arrive jamais à ce même peuple saigné par les deux camps.....
L'Afrique Centrale est une honte, une vraie ignominie, car tous pratique la politique du ventre dite alimentaire qui consiste à se prostituer pour un poste ministériel et paraître sous les sun lights politiques.....
La rédaction de centrafrique News
CONGO: CREATION D'UN FRONT PRO-SASSOU
Sept partis politiques congolais proches du président Denis Sassou Nguesso ont fusionné pour former un nouveau mouvement destiné à soutenir son action lors des élections législatives prévues en juin, a-t-on appris dimanche auprès de ces partis.
Baptisée Forces démocratiques nationales (FDN), la nouvelle coalition a tenu son congrès fondateur vendredi et samedi à Brazzaville et a placé à sa présidence l'ancien ministre de la Santé Léon Alfred Opimba, actuellement député à l'Assemblée nationale.

Aussitôt créé, le nouvement mouvement a été le théâtre d'une première crise interne, qui s'est manifestée par le départ de l'un de ses partis fondateurs, l'Union pour le redressement national (URN).

Le président de ce parti Gabriel Bokilo, actuel président de la commission économique de l'Assemblée nationale, a annoncé avoir claqué la porte des FDN parce qu'il n'avait pas été choisi pour en être le président. "Nous demandons aux militants de comprendre la décision que nous avons prise de nous retirer", a déclaré M. Bokilo à la presse sans autre précision.

Les deux tours des élections destinées à renouveler les 137 sièges de députés pourvus en 2002 ont été fixées le 24 juin et le 22 juillet. Le Parti congolais du travail (PCT) du président Sassou Nguesso et ses alliés y détiennent une très large majorité.

Publié le 22 avril 2007.

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29 avril 2007 7 29 /04 /avril /2007 11:13

"Plus Fort Que Le Procès Stalinien"

 

Ayé.

A Clermont-Ferrand, Nicolas Sarkozy a complètement disjoncté, accusant (d'après "Le Monde") François Bayrou et Marie-Ségolène Royal de lui faire, accrochez-vous, "un procès "plus fort que le procès stalinien"".

Rappelons, pour qui aurait manqué un épisode, l'enchaînement des faits qui ont eu raison de la raison de Nicolas Sarkozy.



1.
Tout a commencé le jour où Nicolas Sarkozy a découvert que François Bayrou et Marie-Ségolène Royal voulaient débattre à la télé: pour stupéfiant que cela puisse paraître, cette seule perspective a suffi à plonger Nicolas Sarkozy et ses pin's parlants dans une espèce de rage hallucinée, qui les a fait partir dans des vrilles d'anthologie.

(C'est dire la maîtrise de ces mecs-là.

C'est dire l'effroi qui naît de l'idée qu'ils puissent un jour contrôler notre feu nucléaire.)

Exemple: André Santini, maire tragicomique d'Issy-les-Moulineaux, a pu éructer qu'un tel débat serait, je cite, "antidémocratique", et "anticonstitutionnel" - sans être aussitôt évacué vers une maison de repos.

(Si ce débat, qui a finalement eu lieu, était d'une façon ou d'une autre anticonstitutionnel, Marie-Ségolène Royal et François Bayrou doivent, d'urgence, être déférés devant un tribunal.

Si en revanche ce débat, quoi qu'on puisse en penser par ailleurs, n'était qu'un débat, il faut que le digne André Santini et ses copains de chez Sarko nous éclairent mieux sur leur conception de la démocratie et de sa Constitution - et sur leur éventuelle intention de modifier l'une ou l'autre, pour les rendre plus conformes à leurs tristes fantasmes.

Je dis ça, je dis rien.)



2.
Le débat entre Marie-Ségolène Royal et François Bayrou qui a tant énervé la Sarkozie devait initialement être diffusé par et sur i-télé, filiale de Canal +, qui s'est finalement (et courageusement) défilée.



3.
François Bayrou, puis Marie-Ségolène Royal, ont alors dit leur conviction (partagée me semble-t-il par un certain nombre de leurs concitoyen(ne)s) que Nicolas Sarkozy avait fait "pression(s)" pour que ce débat ne puisse être organisé.

Est-ce tiré par les cheveux?

Non.

Pas dans le pays qui a vu licencier Alain Genestar (lequel n'a pourtant pas exactement le profil d'un Ravachol de la presse magazine) au seul motif qu'il avait déplu à Nicolas Sarkozy.

Pas dans le pays qui a vu l'éditeur d'un livre sur Nicolas Sarkozy ressortir du bureau de Nicolas Sarkozy avec, réflexion faite, la ferme intention de ne jamais publier ce bouquin - sans que nul ne sache, aujourd'hui encore, ce que Nicolas Sarkozy a pu lui glisser dans le creux de l'oreille pour lui faire prendre une si téméraire décision.

Pas dans le pays qui a vu Claude Guéant, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, intervenir auprès du boss de France Télévisions pour sauver l'émission d'un scribouillard converti à la sarkolâtrie.

(Etc.)



4.
L'hypothèse que Nicolas Sarkozy et son entourage puissent, d'une manière ou d'une autre, intervenir dans le cours médiatique est tout, sauf déplacée.



5.
Nonobstant, Nicolas Sarkozy a vu dans la formulation de cette hypothèse, comme le rapporte ce soir dans "Le Monde" Philippe Ridet, "l'occasion de se poser en victime".



6.
Alors Nicolas Sarkozy a d'abord fait donner la troupe de ses fidèles sujets.

André Santini, on l'a dit.

Mais encore Claude Guéant, qui a sévérement tancé François Bayrou, l'accusant de "dénoncer sans aucune preuve" - et jugeant cela "extrêmement grave".

(Claude Guéant devrait, je crois, en rabattre un peu.

Voire beaucoup.

Sur un tel sujet.

Claude Guéant ne peut pas ne pas savoir que dans la vraie vie, le gars qui lance des accusations gravissimes "sans aucune preuve" ne s'appelle pas François Bayrou, mais Nicolas Sarkozy.

Par exemple, c'est Nicolas Sarkozy, et non François Bayrou, que l'on sache, qui en 2005 a, dans une séquence d'une rare indécence, d'abord présenté Zyed Benna et Bouna Traoré, morts électrocutés dans un transformateur, en prétendus suspects d'un prétendu cambriolage - quand "ils n'avaient rien à se reprocher" (Joël Roman).

C'est Nicolas Sarkozy, et non François Bayrou, que l'on sache, qui a très sereinement présenté Yvan Colonna comme "l'assassin du préfet Erignac"...

La présomption d'innocence, dites-vous?

Mais qu'est-ce que c'est que ce truc-là?

Je n'ai pas le souvenir que l'excellent Claude Guéant, que révulsent aujourd'hui les accusations de François Bayrou, ait prié son patron de la fermer - ou de revenir avec des "preuves"?)



7.
Après Santini, après Guéant, après beaucoup d'autres, Nicolas Sarkozy est à son tour monté au créneau, dans son ahurissant discours de Clermont-Ferrand - si révélateur du néant conceptuel où s'ébat la Sarkozie campagnarde.

Déchaîné, il a dénoncé un déni de démocratie, puis, soudain, amarres larguées, le "procès "plus fort que le procès stalinien"".



8.
Il n'est, certes, pas complètement incohérent que l'homme qui fut il y a deux ans si prompt à présenter comme de possibles délinquants, juste après leur disparition, Benna et Traoré, en soit aujourd'hui à sauter à pieds joints, par ses comparaisons obscènes, sur la mémoire des victimes du stalinisme.

Mais tout de même: il est dommage que Nicolas Sarkozy, à son âge, ne sache toujours pas ce qu'étaient vraiment les procès de Moscou.

Il devrait désormais se renseigner.

Se documenter.

Se faire une idée, même superficielle, de ce que furent ces purges.

Il s'éviterait, ainsi, de banaliser, par l'usage de référents évidemment trop grands pour lui, un moment singulièrement effroyable de l'histoire de l'Union soviétique.

Il s'éviterait d'insulter François Bayrou et Marie-Ségolène Royal comme dans une bagarre de rue, en les assimilant à des gens qui furent des criminels fanatiques.

Il éviterait de (beaucoup) relativiser, en la réduisant à l'expression du soupçon qu'un politicien ait pu intervenir auprès de journalistes, la terrifiante réalité de ce que furent les procès de Moscou...



9.
L'épisode clermontois, cependant, vaut pour ce qu'il révèle du bouillon idéologique où baigne le candidat UMP - et de sa pratique démocratique.



10.
Le bouillon, d'abord.

Nicolas Sarkozy, quand il fustige des "staliniens" imaginaires, use d'un procédé, classique dans l'histoire du terrorisme intellectuel, dont ses penseurs de chevet (philosophes, essayistes, politologues ou éditorialistes, suivez mon regard appuyé) ne cessent d'abuser.

Il récite, au mot près, la navrante leçon apprise auprès de ces brillants intellectuels, dont l'argumentation, lorsqu'ils se trouvent confrontés à des contradicteurs, se résume, et pour cause, à des anathèmes, doublés, pour faire bonne mesure, de postures victimaires où le "procès stalinien", voyez si le monde est petit, revient comme une obsession.



11.
La pratique, enfin.

Comme ces penseurs d'élite, Nicolas Sarkozy aime à s'affranchir des règles qu'il édicte pour les autres.

Dans son discours de Clermont-Ferrand, Nicolas Sarkozy a réussi l'exploit de prétendre d'abord que Marie-Ségolène Royal et François Bayrou en seraient bientôt à traiter leurs adversaires de "fascistes", ce que bien sûr ils n'ont jamais envisagé - pour ensuite les traiter, lui dont ils sont les adversaires, de "staliniens".

Faites ce que je dis, pas ce que je fais: Nicolas Sarkozy, là, n'invente rien - il recopie, avec application, les besogneuses rédactions de ses plumitifs de compagnie.

On en parlait ici même, pas plus tard qu'il y a quelques jours: Nicolas Sarkozy a toujours dans sa besace un journaliste ami pour le défendre contre la "diabolisation" dont il prétend faire les frais - pour demander aaaaah, mais qui sont ces gens qui osent traiter Nicolas Sarkozy de fasciste?

Réponse, documentable: ces gens n'existent pas, car aucun des candidats (ils étaient douze) à la présidentielle n'a bien sûr traité Sarkozy de "fasciste" - ni même d'ailleurs de "stalinien".

En somme, Nicolas Sarkozy est tragiquement seul, à s'être laissé aller à de telles bassesses.

Mais il va de soi que pas un des si fins clercs de télé (ou d'hebdo) qui lui sucent la roue ne relèvera cette minuscule contradiction.

medium_SarkoEtLeFeu.jpg
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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 14:35

 

La chicotte ?
(Mwinda 28/04/2007)


La dictature qu’exercent les dirigeants africains ne saurait trouver d’explications nulle part si ce n’est dans l’idolâtrie monarchique. Etre le Roi, l’Empereur, le Maréchal, le Timonier, l’homme des masses, le père de la nation et pourquoi pas l’homme qui traversa la mer dans une coque d’arachide. Le fantasme de ce type de rêves anachroniques les incite à une approche d’un règne à vie. Des décennies durant, ils diffusent un écran de fumée à travers le modèle républicain dont ils se sont parés de la rhétorique, torpillent les valeurs humaines faisant de la bêtise une pitoyable référence dont on se moque dans les instances internationales.

Payés au lance-pierre ou carrément sans solde, des travailleurs corvéables et taillables à merci font la manche pour une indigne aumône. Et, quelques coups de matraque à celui qui voudra une bouffée d’air supplémentaire. Très éloignés des aspirations des populations, les dictateurs africains construisent, jour après jour, un univers esclavagiste. Les lagunes ainsi que les fleuves qui traversent les villes où règnent les dictateurs africains voient leurs niveaux des eaux monter par des larmes, du sang et des corps des damnés. Dans l’arithmétique macabre, le nombre de victimes des guerres et dictatures rivalise avec celui des sidatiques et paludéens ! Aussi, est-il nécessaire que de considérer, désormais, les dictatures comme des véritables fléaux à l’instar du chikungunia ou du choléra dont il convient de se départir au plus vite. A tout cela, normalement, on y oppose une leçon de chose et d’hygiène basique : « la propreté chasse les maladies ».

Désormais, le combat des africains consiste à déboulonner les dictatures fossilisées au pouvoir en lieu et place du colon qui les a façonné et fasciné.

Scène de vie quotidienne à Brazza
Ce combat-là concerne tout africain quel que soit son lieu de vie. Oui, il est choquant de voir les centrafricains se dépatouiller seuls devant le calvaire qu’ils subissent pendant que les tchadiens courent dans tous les sens et que les gambiens, congolais, guinéens, zimbabwéens … englués dans des cloaques inutiles, agonisent sous des dictatures. Et le droit d’assistance à la personne en danger ne vaut-il que quand il s’agit des occidentaux ? A quand le droit d’ingérence humanitaire ?

Longtemps, les populations africaines écrasées par des dictatures se font massacrées. Des larmes de crocodiles sont versées par-ci pendant que par-là, l’on charge et décharge des cargaisons d’armes. Un peu plus loin, les consortiums, installés souvent dans le rôle de commanditaire, pillent. Les dictatures africaines méritent bien une lutte comparable à celle que menèrent nos aïeuls et grands parents qui brisèrent les chaînes de l’esclavage puis mirent fin à la colonisation. Cette nouvelle lutte puise sa justification dans la liberté confisquée et dans l’orchestration d’une misère plutôt artificielle. Oui, il y a des tribus et ethnies en Afrique, et alors ? Justifient-elles, à elles seules, ce désastre ? En ce début du 21ème siècle, la place des dictateurs se trouve incontestablement dans les rancarts des musées nauséabonds plutôt que de jouer les réducteurs de la vie des citoyens à une chosification de moindre importance.

Il s’agit pour les africains de refuser cette vie d’errance où l’on ne survie qu’en ramassant les miettes avant que les dictateurs ne les piétinent. L’élévation constante du niveau d’étranglement de ces pays, rapproche, peu à peu, les populations à situation d’anthropophagie pour ne pas dire du cannibalisme. En effet, il est insupportable de voir qu’au « cimentière de 6 mois » en Angola, les cadavres sont aspergés d’eau quotidiennement par les gardiens de lieux afin d’accélérer la putréfaction des corps de manière à récupérer les ossements qui servent désormais de bois de chauffe !

L’on pourra toujours détourner son regard en se disant que « ce n’est pas chez nous, ça ». Et pourtant si. Ce qui se passe dans un pays finit par se dérouler dans un autre, puis se produit ailleurs, puis ailleurs encore.

Bonnet d’âne pour la Centrafrique, bonnet d’âne pour le Congo B/ville, bonnet d’âne pour la Côte d’Ivoire, bonnet d’âne pour la RD Congo, bonnet d’âne pour le Tchad … à se demander qui ne l’a-t-il pas décroché, cet oscar des tocards ?

Longtemps, l’on a cru que ne pas disposer de ressources naturelles condamnait au sous développement. Erreur fondamentale, car la première ressource naturelle est sans doute l’homme lui-même par sa capacité de raisonner. Des riches pays, comme le Congo, la Côte d’Ivoire, l’Angola, la Somalie … se retrouvent au rang des tocards de la planète car ayant mis en avant l’argent, sans orthodoxie financière, tout en excluant l’Homme. En revanche, d’autres pays affichent une mine des grands jours en précisant que leurs richesses résident dans leurs idées, en l’absence des matières premières. La pauvreté n’est pas donc pas une fatalité. Le sous-développement en revanche est, pour une large part, le fait des dictatures. Quelles que soient ses contorsions pseudo démocratiques et manœuvres dilatoires, une dictature demeure une négation de l’épanouissement de l’Homme.

Au-delà de l’incompétence combien criarde des hommes chargés d’animer les institutions, les pays africains sont confrontés à une réelle crise structurelle. La persistance d’une insupportable conjoncture, depuis des décennies, devrait obliger les africains à repenser leurs structures politiques et administratives plutôt inadaptées. Paradoxalement, les élections qui ne sont qu’un moyen de désignation des acteurs politiques devant mettre en œuvre un projet de société, somme toute inexistant, prennent, tout à coup, les allures d’une réponse à une telle crise ! Le moyen ne saurait se substituer à l’objectif. Les Gouvernements d’union nationale, les Présidents, les députés et autres politiciens constituent une sorte de filet aux mailles déchirées. En attendre quelque chose, sans un socle démocratique assaini, est illusoire.


Scène de vie quotidienne à Brazza
Exclue du système, une frange de la population pense que les élections concoctées par le pouvoir peuvent lui offrir un angle de tir capable de terrasser le grand éléphant pourvu de disposer d’une opposition bien musclée et organisée. Cependant, le pouvoir feint de jouer au civilisé en arborant des étendards portant des inscriptions démocratiques qui masquent sa véritable nature, celle d’une dictature corrompue. Pour de nombreux opportunistes, ces élections laissent entrevoir une éventuelle possibilité d’accès au gâteau national. Cette collusion d’intérêts contradictoires sur fond de misère retarde le démarrage du pays.

2007 aurait pu être un vrai rendez-vous pour les congolais. En effet, après les assises de 1991, après les guerres à répétitions, le Congo Brazzaville se trouve aujourd’hui à une bonne distance temporelle et psychologique des douloureux événements pour engager une introspection. Une Conférence Nationale visant l’évaluation du chemin parcouru depuis la Conférence Nationale Souveraine aurait dû y être organisée, au lieu de se perdre dans des scrutins législatifs bidon auxquels personne ne croit fondamentalement. Oui, il est temps de poser les valises et de se réinterroger en profondeur afin que la tragédie congolaise eût un caractère pédagogique et d’aiguillage en posant des véritables jalons susceptibles d’amorcer et de garantir à jamais la marche vers le développement assurant ainsi l’arrimage à la modernité.

Les américains, les européens avec les russes en plus et les asiatiques par les chinois savent aller dans l’espace, sauf les africains. Un jour, l’on pourrait rester seul sur une terre calcinée pendant que tout le monde se sera sauvé dans le cosmos. L’Afrique ne se mettra véritablement en ordre de marche qu’en se débarrassant de ses monstres dicteurs du canal historique.

Qu’attend-on pour être heureux au Congo-Brazzaville ? Le pétrole ? Ils l’ont. L’eau ? Ils l’ont. Le soleil ? Ils l’ont. La forêt ? Ils l’ont. Et les hommes, eux, baillent ! Qu’attend-on pour être heureux au Tchad, en Guinée, en Gambie, au Darfour, en RD Congo, etc. ?

Sous la contrainte coloniale, le chemin de fer Congo-Océan fut construit à la main, rail après rail, traverse après travers. C’est la preuve que même des ouvrages d’une telle ampleur, sans atteindre le niveau des réalisations pharaoniques égyptiennes, sont réalisables à la main; suffit la volonté des hommes. Il est du devoir de chaque culture et civilisation de produire un model d’Etat qui lui est propre et conforme à son histoire et à sa temporalité. Mais pour notre propre compte et confort, qu’attend-on pour relever de tels défis ? Encore la chicotte ? A qui ?

Abraham Avellan Wassiama


 

© Copyright Mwinda

 
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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 04:19



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28 avril 2007 6 28 /04 /avril /2007 04:13
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VOICI CE QUE L'ON VA AVOIR BIENTOT COMME PRESIDENT SI ON NE SE BOUGE PAS RAPIDEMENT

VIDEO =>

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Merci de faire passer cette video A TOUS VOS CONTACT, pour que le deuxieme tour soit reellement REFLECHIT ...

 

FRANCAIS REVEILLEZ VOUS


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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 17:46

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27 avril 2007 5 27 /04 /avril /2007 14:53
Ce que Ségolène veut changer dans la politique africaine de la France
(L'Inter 27/04/2007)


Entretien avec des responsables du Parti socialiste français/

C’est pendant qu’ils étaient en pleins préparatifs pour le démarrage officiel de la campagne pour la course à l’Elysée, que Mme Christiane Demontès, sénatrice et secrétaire national Nord- Sud du PS et M. Thomas Mélonio, Délégué national Afrique du PS, ont reçu les journalistes africains. Au 10, rue de Solférino, siège du Parti Socialiste, on affiche une grande sérénité, malgré une ambiance quelque peu fiévreuse. La cour intérieure du siège est richement décorée de « roses », la fleur symbole du parti. Des piles d’affiche de la candidate du PS arborant un sourire radieux, sont en train d’être mises dans des cartons. Dans la salle Jean Poperen, les responsables du parti affichent la même sérénité. Pour la Secrétaire national Nord- Sud du PS, « Ségolène est en très bonne posture, par rapport au candidat de l’UMP pour être la première femme présidente de France ». Elle critique au passage « la rupture tranquille » que prône le candidat de l’UMP : « Sarkozy ne peux pas s’exonérer du bilan de la Droite. Il doit assumer le bilan dramatiquement négatif de cette législature en matière de sécurité, de sécurité sociale et que sais- je encore ? » Pour la responsable socialiste, le principal adversaire de Ségolène Royal n’est guère un homme de rupture, comme il le fait croire, car il a fait partie de tous les gouvernements depuis 2000. Au sujet de la politique africaine de la candidate socialiste, les deux responsables du PS ont confirmé l’une des promesses de campagne de leur candidate : « Ma priorité en matière diplomatique sera l’Afrique puisqu’elle est à nos portes », avait affirmé Mme Royal.

Les « anomalies » que le PS reproche à la politique africaine de la Droite.

Pourquoi une Cellule africaine de l’Elysée ? Quel est le contenu exact de ces accords de défense avec les Etats africains ? Quelle est la nature des contrats que les multinationales françaises signent avec l’Afrique ? Ce sont autant de questions soulevées par les deux responsables du PS. La sénatrice, Christiane Demontès et le Délégué Afrique, Thomas Mélonio, ont annoncé les solutions que Ségolène Royal compte trouver à ces problèmes. A propos de la Cellule africaine de l’Elysée, le PS souhaite sa suppression pure et simple. Quant aux accords de défense, le PS juge leurs contours trop flous et dénonce les conditions dans lesquelles l’armée française est intervenue ces derniers temps au Tchad et en Centrafrique, c’est -à- dire « sans que l’Assemblée nationale ait eu son mot à dire. » Les relations économiques franco- africaines n’ont pas échappé aux critiques des deux responsables du Parti Socialiste français. Ils ont prôné une « rénovation de ces relations économiques. » Cela sous- entend selon eux, davantage de transparence dans la signature des contrats entre les entreprises françaises en Afrique et les Etats du continent. Ce que gagnent réellement ces Etats, doit être clairement précisé, ont- ils soutenu. Le cas ivoirien semble également être suivi de près à la rue de Solferino : « La Droite n’a pas eu une position lisible et constante dans la crise ivoirienne. Elle a soutenu l’une ou l’autre partie des acteurs. Ségolène Royal a une autre idée de la gestion de cette crise ivoirienne », affirme Mme la secrétaire nationale aux relations Nord- Sud du parti. Mme Demontès a expliqué aux journalistes venus des trois pays de l’Afrique de l’ouest, que si la candidate du PS passe, elle va plutôt privilégier une gestion multilatérale de la crise ivoirienne.
vendredi 27 avril 2007 par Charles D’almeida envoyé spécial

 

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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 21:33

Nicolas Sarkozy et la Françafrique
écrit le 24/04/07 à 18:51:30 pa

A Grenoble, le 14 mars dernier, l'association Survie Isère organisait une conférence intitulée : Françafrique : le réseau Chirac, la relève Sarkozy ? 170 personnes étaient présentes pour écouter les résultats d'une enquête de plusieurs mois sur ce sujet.

Voici la retranscription de cette conférence.


*****
FRANÇAFRIQUE, LE RESEAU CHIRAC, LA RELEVE SARKOZY ?
*****

Cette conférence se déroulait sous forme de questions/réponses, entre un intervenant et une modératrice.



Pourquoi cette conférence ?

Les 15 et 16 février dernier, à Cannes, se déroulait le 24ème sommet des chefs d'Etat Afrique/France. A cette occasion, les principaux médias français ont dressé un bilan globalement positif de la politique africaine de Jacques Chirac. Certains journaux présentaient l'actuel président comme « Chirac l'africain » ou « Chirac l'ami de l'Afrique ».

A quelques centaines de mètres des cérémonies officielles, une manifestation se déroulait, à l’initiative des associations Survie, Agir ici, Attac, la Ligue des Droits de l'Homme, Oxfam France et le soutien d'une quarantaine d'autres organisations. Ce ''contre-évènement'' présentait un tout autre point de vue sur la politique africaine de Jacques Chirac. 350 personnes -entourées par autant de CRS- étaient rassemblées autour d'une ironique cérémonie de ''remise des palmes de la Françafrique''. De nombreux chefs d'Etat africains ont reçu des prix pour leur politique liberticide, guerrière ou dictatoriale. La palme d'or de la Françafrique a été décernée à Jacques Chirac, notamment pour son soutien de nombreuses dictatures africaines.[1] Les médias dominants en ont très peu parlé.

Entre la vision d'un Jacques Chirac ''ami de l'Afrique'' et celle d'un Jacques Chirac ''ami des dictateurs africains'', où se situe la vérité ? C'est ce que nous allons tenter d'élucider ce soir, en explorant des informations rarement publiées dans les médias. Mais pour ne pas seulement se tourner vers le passé, nous nous pencherons également sur celui qui, selon les sondages, sera le prochain président de la République française. Que savons-nous des idées de Nicolas Sarkozy concernant l'Afrique ? Que savons-nous des liens éventuels entre le nouveau leader gaulliste et ce qu'on appelle la « Françafrique » ? Bien sûr, le sujet est si vaste que nous ne l'aborderons pas de manière exhaustive.


Quelles sont les sources de cet exposé ?

Concernant le ''bilan africain'' de Jacques Chirac, nous avons essentiellement puisé dans les bases de données de l'association Survie, notamment dans l'ouvrage
Noir Chirac, de François Xavier Verschave.[2] Concernant les liens entre Nicolas Sarkozy et l'Afrique, nous avons épluché plusieurs centaines d'articles de la presse française et africaine. Nous avons également lu les quelques ouvrages d'enquête disponibles sur Nicolas Sarkozy.[3] Les sources précises de nos informations sont rassemblées dans un document disponible auprès de l'association Survie Isère (survie.isere@netcourrier.com).



Rentrons à présent dans le vif du sujet : quel est le ''bilan africain'' de Jacques Chirac ? Quels sont les liens entre Jacques Chirac et la Françafrique ?


Pour bien comprendre les liens entre Jacques Chirac et l'Afrique, il nous faut au préalable remonter aux origines de ce que nous appelons la « Françafrique ». C'est en effet l'un des contextes historiques dans lequel naît politiquement Jacques Chirac.

Commençons notre plongée dans l'histoire de France en 1958, lorsque le général de Gaulle prend le Pouvoir et crée la Vème République française. A cette époque, les colonies sont traversées par de puissants mouvements indépendantistes. Après son retrait d'Indochine (1954), l'Armée française est de nouveau en position difficile en Algérie. Elle fait également face à une intense guérilla indépendantiste au Cameroun. De manière générale, la quasi-totalité des colonies françaises est secouée par des mouvements de décolonisation, cette revendication rencontrant des échos de plus en plus favorables au sein de l'opinion publique française. Mais le général de Gaulle et son Etat-major ne souhaitent pas l’indépendance de l’empire colonial, et ce pour au moins deux raisons. Une raison économique : l'Afrique permet à la France d'accéder aux matières premières stratégiques comme l’uranium ou le pétrole. Elle est également source de profits pour de nombreuses sociétés française (commerce du cacao, bananes, bois, café, etc.). Une raison politique : en pleine période de “Guerre froide”, la France, alliée du camp occidental, souhaite éviter la propagation du communisme dans ses colonies.

Politiquement acculé, le général de Gaulle enclenche cependant le processus de décolonisation dans les années 60.[4] Mais tout en proclamant ce nouvel état des relations internationales, il charge son bras droit Jacques Foccart de maintenir les pays d’Afrique francophone sous la tutelle française par un ensemble de moyens illégaux et occultes.

Jacques Foccart est à l'époque un personnage très puissant : secrétaire général de l'Élysée, il dirige la plupart des services secrets[5], supervise les nominations aux principaux postes du parti gaulliste et de l’État, pourvoit enfin aux finances du gaullisme. Il va brillamment orchestrer cette mission de ''confiscation des indépendances''.

Sa principale stratégie sera la mise en place de dirigeants africains favorables à la France par le trucage des élections et l’élimination physique des leaders et mouvements indépendantistes. La guerre contre les indépendantistes camerounais (1957-1970) fut la plus violente, avec des méthodes dignes de la guerre du Vietnam : des centaines de milliers de victimes, l'assasinat des leaders Ruben Um Nyobé en 1958, Félix Moumié en 1960, Ouandié en 1970. Cette guerre servit de leçon à tous ceux qui pouvaient avoir des velléités de résistance. Citons également l'assassinat du président indépendantiste togolais Sylvanus Olympio en 1963, sous la supervision des services français. L'assassin, Etienne Eyadéma, s'installa ensuite plus de 40 ans au pouvoir. Notons que bon nombre des chefs d’État choisis par Foccart ont été formés dans les écoles militaires françaises. Certains appartenaient aux services secrets français, comme Omar Bongo, président du Gabon depuis... 1967 !

Des accords militaires, diplomatiques et économiques sont ensuite passés avec les dirigeants de ces pays officiellement décolonisés, permettant de maintenir la domination française. Nombre de ces accords comportent des clauses non publiées au Journal Officiel[6] et sont toujours ignorés du Parlement français. Ils fixent notamment l'accès privilégié de la France aux matières premières africaines. Ils prévoient l'organisation, l'encadrement et l'instruction des forces armées des Etats ''décolonisés'', ainsi qu'une intervention militaire française en cas de menace extérieure. Ils permettent également l'implantation de bases militaires françaises sur le continent africain (ce qui est toujours le cas actuellement). De plus, chaque président africain est encadré par les services secrets français, soi-disant chargés de sa sécurité, et par de multiples conseillers. Pour éliminer tout risque d'opposition intérieure, des polices politiques tortionnaires sont mises en place, formées à l'école française et aux méthodes expérimentées en Algérie. Tout ce réseau est contrôlé par Jacques Foccart depuis la ''cellule africaine de l'Elysée'' (2, rue de l'Elysée), une instance agissant en dehors de tout contrôle parlementaire.

Cette stratégie permet de maintenir le système de domination et d'exploitation coloniale tout en donnant l'impression qu'il y a bien indépendance, puisque c'est un homme originaire du pays qui gouverne. Elle permet également à la France de maintenir sa position dominante dans les institutions internationales telles que l'ONU : les Etats d'Afrique francophone, officiellement indépendants, s'alignant généralement sur les choix de l'ancienne métropole.

La domination politique et militaire des anciennes colonies s'accompagne d'une domination économique, via le franc CFA, monnaie des pays d'Afrique francophone, essentiellement contrôlée par la Banque de France. Enfin, la mise en place d'une « aide publique au développement » permet le soutien financier des régimes ''amis de la France'' et de projets de développement au profit d'entreprises françaises.

Parallèlement, pendant toute cette période, les discours des différents gouvernements se sont parés d’un ''manteau de vertu'' : la France ''meilleure amie de l’Afrique et du développement'', ''patrie des Droits de l’Homme'', la France en ''lutte contre l’influence hégémonique anglo-saxonne'', etc.

Voilà un bref résumé non exhaustif et simplifié de ce qu'on appelle « La Françafrique », c'est-à-dire la confiscation des indépendances africaines, le soutien de dictatures, le détournement de l'aide au développement, le pillage des matières premières, le maintien au Pouvoir par la terreur politique, une corruption incroyable sur laquelle l'affaire Elf a donné quelques coups de projecteurs. Je ne vais pas rentrer plus dans le détail dans le cadre de cet exposé. Tous ces mécanismes sont amplement et précisément décrits, pays par pays, dans deux ouvrages majeurs de François-Xavier Verschave, l'ancien président de l'association Survie : La Françafrique (1998) et Noir Silence (2000). Mais il me semblait important, pour débuter cet exposé, de repréciser en quelques minutes les origines de la « Françafrique ». Cette période marque en effet les débuts politiques de Jacques Chirac.



Justement, comment Jacques Chirac a-t-il débuté en politique ?

Jacques Chirac est issu d'un milieu aisé. Son père était le banquier de Marcel Dassault, l'une des plus grandes fortunes de France, avionneur et industriel militaire qui se prend très tôt d'amitié pour le jeune Jacques Chirac. Celui-ci fait Sciences-Po Paris en 1956, puis est aussitôt mobilisé pour la guerre d'Algérie. Quelques dizaines d'années plus tard, il expliquera combien « [C'était] la période la plus passionnante de mon existence. ». Militant pour une « Algérie française », Jacques Chirac hésite à s'engager définitivement dans l'Armée. Il rentre finalement en 1959 à Paris pour faire l'ENA. Il est aussitôt remobilisé en renfort administratif à Alger. En 1960 éclate « l'affaire des Barricades » : suite à un discours du général de Gaulle sur la nécessaire « autodétermination du peuple algérien », des généraux français se révoltent à Alger. Jacques Chirac ressent beaucoup de sympathie pour ce mouvement, mais ses collègues énarques le dissuadent de soutenir les généraux dissidents.

Jacques Chirac rentre finalement en France au début des années 60. Introduit auprès de Georges Pompidou par Marcel Dassault, Jacques Chirac, âgé d'à peine trente ans, se trouve propulsé au cabinet du premier Ministre, en charge des équipements, des transports et de la construction. Une aubaine pour Marcel Dassault, à qui Jacques Chirac va fournir de nombreux contrats, ainsi que des réductions fiscales.

Au cabinet de Georges Pompidou, le jeune énarque est remarqué par Pierre Juillet, homme des services secrets, souvent baptisé le ''Foccart de Pompidou''. Il suscite également l'intérêt de Marie-France Garaud et de Charles Pasqua (bras droit de Jacques Foccart). Tous voient en Jacques Chirac un exceptionnel ''animal politique'' et une recrue de choix pour l'avenir du mouvement gaulliste. Ils l'initient aux coulisses et aux réseaux du Pouvoir. Ils transforment le technarque en homme politique, en faisant de Jacques Chirac un député de Corrèze, grâce aux soutiens financiers de Marcel Dassault, aux soutiens politiques de Pompidou, aux manoeuvres de Pierre Juillet et aux talents relationnels de Jacques Chirac sur le terrain. Parallèlement, Jacques Chirac fait une fulgurante ascension dans l'appareil d'Etat. Secrétaire à l'emploi en 1967 (il est le créateur de l'ANPE), secrétaire d'Etat au budget en 1969 (Pompidou est alors président), ministre de l'agriculture et enfin ministre de l'Intérieur. Son premier ''faux pas'' survient en 1969, à travers le scandale du château de Bity. Ce château corrézien du XVIème siècle est acheté en ruine à un prix relativement modique par Jacques Chirac. Grâce aux relations politiques de ce dernier, le château est déclaré monument historique et sa rénovation en partie financée par l'Etat.

En 1974, la carrière politique de Jacques Chirac est fortement perturbée par le décès de Georges Pompidou. Valéry Giscard d'Estaing devient président, nommant Jacques Chirac premier ministre. Mais celui-ci démissionne, crèe le RPR avec l'appui de Pierre Juillet et de Charles Pasqua, et prend la tête de la mairie de Paris.



Tu nous as parlé du parcours politique de Jacques Chirac.
C'est intéressant. Mais quel est le rapport avec la Françafrique ?


J'y arrive... Nous sommes en 1976, Jacques Chirac est le leader du RPR et maire de Paris. Ces deux institutions seront les bases de sa longue reconquête du Pouvoir, avec le soutien de Charles Pasqua, de Pierre Juillet, de Jacques Foccart, et déjà du jeune Nicolas Sarkozy. Mais pour occuper le devant de la scène politique, il faut beaucoup d'argent. De l'argent pour faire fonctionner le RPR, pour financer les campagnes politiques et pour assurer les appétits financiers des leaders gaullistes. Il faudra attendre la fin des années 90 pour comprendre, à travers une déferlante d'affaires judiciaires, le système de financement mis en place par le RPR pendant toute cette période. A travers l'affaire des marchés publics d'île de France, l'affaire des HLM de Paris, l'affaire Schuller, l'affaire Méry, mais également l'affaire Elf, des voiles se lèvent sur d'énormes sources de financement politique et d'enrichissement personnel dans les années 80-90 : le détournement de fonds publics et le soutien des réseaux françafricains.

Il est impossible, dans le cadre de cet exposé, de détailler ces nombreuses affaires. Je ne peux que vous conseiller de lire les ouvrages des juges d'instruction Eva Joly ou Eric Halphen.[7] Ces enquêtes ont jeté une lumière crue sur le fonctionnement des institutions publiques françaises. Mais puisque nous faisons ce soir le ''bilan africain'' de Jacques Chirac, je me limiterai sur les aspects ''africains'' de ces affaires. Par exemple, une partie des sommes détournées des marchés publics parisiens[8] étaient blanchies dans des pays d'Afrique comme la Côte d'Ivoire, le Cameroun ou le Congo Brazzaville. Il s'agissait notamment d'une des missions de Jean-Pierre Soizeau, membre des services secrets, responsable d'une dizaine d'entreprises dont la plupart implantées dans des paradis fiscaux. Il est malheureusement décédé juste avant d'être interrogé par la police.

Notons également le soutien des réseaux françafricains. Le réseau de soutiens politiques et financiers africains tissé par Jacques Foccart et son bras droit Charles Pasqua, architectes de la Françafrique, ont tourné à plein régime pour soutenir le mouvement gaulliste. C'est ainsi que Mobutu donna 5 millions de francs pour la campagne politique de Jacques Chirac en 1988, tout comme Hassan 2 en 1995. Enfin, les enquêtes de l'affaire Elf ont montré que chaque année, environ 600 millions de francs étaient détournés sur les rentes pétrolières, non seulement pour soutenir les régimes ''amis de la France'', mais également pour financer des partis politiques, RPR en tête. Il s'agit là probablement de la ''pointe emergée de l'iceberg''.

Autour de ces affaires gravitent de nombreuses personnalités aux parcours étonnants, comme Michel Roussin, ancien n°2 de la DGSE, directeur de la Générale des Eaux, directeur du cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris (et à ce titre mis en cause dans la gigantesque razzia sur les marchés publics franciliens), ministre de la Coopération en 1993, haut responsable du groupe français Bolloré, “monsieur Afrique” du MEDEF, administrateur d'une compagnie minière au Gabon, membre du conseil de surveillance de « Sécurité sans frontière ». Services secrets, industries implantées en France et en Afrique, parti politique, ''développement'', mercenariat : on retrouve le ''cocktail'' de la Françafrique, vaste système de prédation des richesses africaines.



Nous voilà en 1995, Jacques Chirac est président :
quelle va être son action envers l'Afrique ?


Permettez-moi une petite pointe d'humour pour commencer. Connaissez-vous le slogan de la campagne de Jacques Chirac pour les législatives de 1986 ? « Ce que nous avons fait pour Paris, nous le ferons pour la France. »

En 1995, Jacques Chirac devient président de la République française. Il place aussitôt Jacques Foccart à la tête de la cellule africaine de l'Elysée. Notons que lorsque Jacques Chirac était premier Ministre sous la présidence de François Mitterrand de 1986 à 1988, il avait également fait de l'architecte de la Françafrique son ''conseiller Afrique''.

Mais l'heure tourne, et je ne vais pas détailler tout le ''bilan africain'' du président Chirac. Je passe rapidement sur la loi concernant le rôle positif de la colonisation en 2005, finalement abandonné en 2006.[9] Je passe également sur les nouvelles lois en matière d'immigration africaine.[10] Je passe enfin sur le scandale du musée du Quai Branly.[11] Je me concentre sur l'essentiel : le soutien de Jacques Chirac aux pires dictatures africaines, tout au long de son mandat.

Le Togo : en 1963, le général Eyadéma, formé dans l'Armée française, assassine le président Sylvanius Olympio avec le soutien des réseaux Foccart et s'installe plus de 40 ans au Pouvoir. Un Pouvoir dictatorial, marqué par l'assassinat de milliers d'opposants politiques, bilan comparable à celui de Pinochet en son temps. En 1992, Jacques Chirac déclarait qu'il était un « ami personnel » du général Eyadéma et qu'ils avaient ensemble des conversations quasi-quotidiennes. En 1998, le général Eyadéma organise des élections insuffisamment truquées : le fils de Sylvanius Olympio, Ghilchrist Olympio, est déclaré vainqueur. Le général Eyadéma réprime aussitôt l'opposition et reprend la tête du pays, suscitant un rapport incendiaire d'Amnesty International. Quelques mois plus tard, Jacque Chirac rend visite au dictateur togolais et déclare que « le rapport d'Amnesty International est peut-être une opération de manipulation ». En 2001, une enquête de l'ONU confirme cependant le rapport d'Amnesty International et les exactions du général Eyadéma. Jacques Chirac reçoit pourtant le dirigeant togolais avec tous les honneurs de la République française, la même année. En 2005, le général Eyadéma décède. Son fils prend le Pouvoir, réprimant l'opposition (plus de 800 morts). Il est aussitôt félicité et reçu par Jacques Chirac, malgré les condamnations de la quasi-totalité de la communauté internationale.

Le Tchad : depuis son coup d'Etat en 1990, Idriss Déby est au Pouvoir. En 1996, il décide d'organiser des élections supervisées par l'Etat français. L’Élysée missionne Jérôme Grand d’Esnon, conseiller de Jacques Chirac (mis en cause dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris) et André Rouge, membre du conseil national du RPR. 95 % du financement des élections sont pris en charge par la France, sous contrôle de l’Armée française : matériel électoral, déplacement des urnes, centralisation informatique. La liste des irrégularités de ce scrutin est longue, détaillée dans plusieurs ouvrages. Voici quelques exemples :
- élimination de candidats pour des motifs juridiques mineurs (non conformité de certificats médicaux ou de résidence). Un des candidats est arrêté et maintenu en prison jusqu’au lendemain de l’élection.
- trucage du recensement électoral : les régions dont est originaire Idriss Déby sont sur-représentées ; 100 bureaux de vote sont créés au Soudan pour des électeurs “tchadiens” dans des conditions échappant à tout contrôle ; de ''vraies-fausses'' cartes électorales sont émises par le ministère de l’Intérieur, distribuées aux militants d'Idriss Déby, etc.
- opacité des procédures de vote : avant le scrutin, les assesseurs indépendants, formés aux procédures électorales, sont remplacés par de jeunes analphabètes partisans du régime.- pressions militaires et policières dans la plupart des bureaux de vote, avec arrestations et agressions d'opposant-e-s.
- transport des urnes et centralisation informatique effectués par l'Armée française, sans observateur indépendant.
- refus de la Commission électorale de fournir aux candidats de l'élection les fiches de résultats par bureaux de vote, contrairement au Code électoral officiel.

Dans un premier temps, Idriss Déby est proclamé élu au premier tour, avec 50,14 % des voix. Finalement, après consignes de l'Elysée, un second tour est organisé, remporté par Idriss Déby. En 2001, de nouvelles élections sont organisées, selon un dispositif semblable à celui de 1996. Le ''président'' sortant est une nouvelle fois ''réélu''. A chaque fois il est chaleureusement félicité par Jacques Chirac. Notons qu'en 2006, l'Armée française est également intervenue pour protéger Idriss Déby d'une rébellion.

Burkina Faso : en 1983, un coup d'Etat éclate, soutenu par les réseaux françafricains. La population se révolte, portant Thomas Sankara au Pouvoir. Son gouvernement rebaptise la Haute Volta le Burkina Faso (“pays des hommes intègres”). Il retire aux chefs traditionnels leurs pouvoirs féodaux et instaure des modes de décision collective. Sankara travaille sans protocole, roule en R5 et vend les limousines de l'État, imposant à ses ministres le même train de vie modeste. Il lance de grands programmes pour améliorer l'éducation, l'agriculture et le statut des femmes. Excellent orateur, Sankara agace les grandes puissances. Devant l'ONU, il plaide pour le féminisme et dénonce la politique des Etats-Unis. Lors d'une visite du président François Mitterrand, il critique radicalement la politique africaine de la France. Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné lors d'un coup d'État organisé par Blaise Compaoré, soutenu par la France. A l'époque, Jacques Chirac est premier Ministre, son conseiller Afrique est Jacques Foccart. 20 ans plus tard, Compaoré est toujours au pouvoir, richissime (il possède un palais et un Boeing 747 personnel) dans un pays parmis les plus pauvres de la planète. Il est impliqué dans divers trafics et soutient Charles Taylor au Sierra Léone. En 1998, Blaise Compaoré organise des élections mais refuse une Commission électorale indépendante : l'opposition boycotte le scrutin et Compaoré est élu avec plus de 70% des voix, aussitôt félicité par Jacques Chirac. Notons au passage que Compaoré est politiquement soutenu par la mairie de Grenoble, dans le cadre d'un projet de coopération décentralisée Grenoble/Ouagadougou des plus contestables.[12]

La Guinée : depuis le coup d'Etat de 1984, le militaire Lansana Conté est au Pouvoir. En 1998, il organise des élections truquées, emprisonnant notamment l'opposant principal, Alpha Condé. Jacques Chirac rend visite au même moment à Lansana Conté, félicitant la démocratisation du pays.

Je pourrais détailler de nombreux autres exemples concernant le Gabon, la Tunisie, le Maroc, l'Angola, la Centrafrique, le Cameroun, bref tous ces pays soutenus par Jacques Chirac, dont les dirigeants sont au Pouvoir par des coups d'Etat, la terreur policière ou militaire, l'assassinat ou la corruption des opposants, des oligarchies richissimes dans des pays de misère.

Je termine juste par le Congo Brazzaville. Jacques Chirac, dans les années 80, était lié d'amitié avec Denis Sassou N'Guesso, dirigeant de 1979 à 1991 le Congo d'une main de fer (des milliers d'opposants assassinés). Dès son arrivée au Pouvoir, Jacques Chirac souhaite la remise en selle de Sassou N'Guesso. En 1997, ce dernier organise un coup d'Etat financé par Elf, lançant une guerre civile de plusieurs centaines de milliers de morts. Sassou N'Guesso est désormais au Pouvoir, soutenu et reçu par Jacques Chirac tout au long de son mandat.

A ce propos, une petite anecdote s'impose ici : l'affaire Ndenguet. Le colonel Ndenguet est le directeur général de la police congolaise. En avril 2004, ce colonel est en séjour en France, dans la villa de sa fille, à Meaux (l'oligarchie africaine possède de somptueuses villas ou hôtels particuliers en France). Ce qu'il ignore, c'est que des réfugiés politiques du Congo ont porté plainte devant le tribunal de Meaux, reprochant au colonel Ndenguet l'exécution de 350 opposants congolais en 1999, crime contre l'humanité. Le juge Jean Gervillié, qui instruit la plainte, fait interpeller et placer en garde à vue le colonel Ndenguet. Celui-ci proteste: «Je suis couvert par l'immunité diplomatique.» Pour en avoir le cœur net, les gendarmes se rendent au Quai d'Orsay. Réponse: «A priori, non. Mais on vous le confirme par écrit.» Le soir, à 22h30, le directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères fait savoir, dans un fax au procureur de Meaux, que Jean-François Ndenguet bénéficie bien de ladite immunité: «L'ambassadeur du Congo en France a certifié que M. Ndenguet, porteur d'un document signé par le président de la République du Congo, est en mission officielle en France à compter du 19 mars 2004. A ce titre, et en vertu du droit international coutumier, il bénéficie d'immunités de juridiction et d'exécution.» Dès lors, pour le procureur de Meaux, en relation constante avec le parquet général de Paris, les choses sont claires : Jean-François Ndenguet doit être relâché. Une analyse que conteste le juge d'instruction, qui met en examen le haut fonctionnaire congolais. Et le fait placer en détention à la prison de la Santé. En pleine nuit, Jacques Chirac et Dominique de Villepin demandent au procureur de Meaux de se réunir à 2 heures du matin pour statuer, une procédure sans précédent. Monique Radenne, présidente de la chambre de l'instruction, décide, après examen du dossier, de libérer le colonel. Lequel quitte la Santé à 3 heures, accueilli par l'ambassadeur du Congo. Il s'envole quelques heures plus tard pour Brazzaville.



L'heure tourne. Il serait peut-être temps de se tourner vers l'avenir, vers l'actuel leader gaulliste et candidat à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy. Que sait-on des liens entre Nicolas Sarkozy et la Françafrique ? Peut-être pourrais-tu commencer par nous faire un rapide "portrait politique" de Nicolas Sarkozy, comme tu as fait pour Jacques Chirac tout à l'heure ?

Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa naît en 1955, d'un père immigré issu de la noblesse hongroise. Il grandit à Neuilly sur Seine. Il rate Sciences-Po Paris. Mais il devient avocat en 1981 et s'associe pour créer le cabinet parisien « Arnaud Claude et Nicolas Sarkozy », spécialisé dans le droit immobilier. Nicolas Sarkozy n'a presque jamais plaidé mais il touche une part des profits de ce cabinet d'avocat (240 000 euros en 2002).

Nicolas Sarkozy est très tôt engagé en politique. A moins de 20 ans, il rentre à l'UDR puis au RPR, parrainé par Charles Pasqua, dont il se considère le « double » à l'époque. Il va monter progressivement dans la hiérarchie du parti : président du comité de soutien des jeunes à la candidature de Jacques Chirac en 1980, secrétaire national du RPR en 1988, etc. Son seul ''faux pas'' dans le soutien à Jacques Chirac survient en 1995, quand il se rallie à Edouard Balladur pour les élections présidentielles. En 2002, il soutient Jacques Chirac. En 2004, il devient le président de l'UMP.

Nicolas Sarkozy, c'est également une forte implantation politique dans les Hauts de Seine. De 1983 à 2002, il est maire de Neuilly, la ville la plus riche de France. En 2004, il devient président du Conseil général des Hauts de Seine, le département le plus riche de France, prenant la succession de Charles Pasqua.

L'expérience étatique de Nicolas Sarkozy est relativement récente. Il devient ministre du Budget en 1993, mais est ensuite écarté de l'appareil d'Etat pour sa ''trahison'' envers Jacques Chirac. Il est cependant nommé Ministre de l'Intérieur en 2002, puis Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie en 2004, fonction qu'il doit abandonner sur demande de Jacques Chirac qui ne souhaite pas qu'un Ministre soit également président de l'UMP. En 2005, le même Jacques Chirac nomme cependant Nicolas Sarkozy une nouvelle fois Ministre de l'Intérieur, cumulant ce mandat avec la présidence de l'UMP.

Nicolas Sarkozy, c'est enfin un réseau relationnel colossal dans l'industrie et les médias. Je ne citerai pas ici la longue liste de ses soutiens. Citons Martin Bouygues, témoin de son mariage avec Cecilia Sarkozy et parrain d'un de ses fils. Bernard Arnault, également témoin de son mariage. Lagardère, Dassault, Véolia, Bolloré, quasiment tout le CAC 40 soutient Nicolas Sarkozy, qui déclarait d'ailleurs en 2005 : « j'ai tous les patrons de presse avec moi. »



Rentrons maintenant dans le vif du sujet : quels sont les rapports de Nicolas Sarkozy avec l'Afrique et la Françafrique ?

Nous nous sommes d'abord intéressés aux idées, aux discours et au programme de Nicolas Sarkozy concernant l'Afrique. L'Afrique n'étant pas au coeur de la campagne présidentielle (ou alors indirectement via l'immigration), les textes à notre disposition sont relativement peu nombreux. Les textes de référence sont : un discours de Nicolas Sarkozy au Bénin en mai 2006, un interview donné au magazine Jeune Afrique en novembre 2006, le discours du meeting UMP de Toulon et un discours sur la politique internationale en février 2007.

En examinant ces discours, nous relevons des éléments de ''rupture'' avec la Françafrique, des éléments de ''continuité'', et des éléments très ''classiques'' que l'on retrouve en général dans les propos de tout candidat à la présidence. Le tout forme un ensemble plutôt contradictoire et soumis à différentes interprétations.

- Les éléments de ''rupture'' :
Nicolas Sarkozy souhaite « tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguîtés » en matière de relations franco-africaines. Il déclare sa volonté de « se débarrasser des réseaux d'un autre temps, des émissaires officieux qui n'ont d'autre mandat que celui qu'ils s'inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé.» Il souhaite « cesser de traiter indistinctement avec des démocraties et des dictatures » et critique en ce sens la politique africaine de Jacques Chirac.

- Les éléments ''classiques'' :
Nicolas Sarkozy, comme la plupart des candidats gaullistes à la présidence, se présente comme un « ami des africains ». Il « aime l'Afrique » et souhaite tout faire pour son ''développement'', envisagé par ailleurs comme un remède à l'immigration.

- Les éléments de ''continuité'' :
Si Nicolas Sarkozy critique les réseaux françafricains, il juge néanmoins l'action de la France en Afrique globalement positive : « Je crois pouvoir dire qu’aucun pays du Nord ne porte autant d’attention à l’Afrique que la France. Aucune nation n’a autant à cœur la stabilité, le développement, la réussite des pays du continent africain. [...] La relation entre l’Afrique et la France, l’Afrique et l’Europe doit s'affirmer comme l'un des principaux axes de stabilité de la planète et comme un exemple pour la relation Nord-Sud. » Nicolas Sarkozy critique violemment les discours dénonçant la domination économique française sur l'Afrique : « Il faut cesser de répéter que la France est présente en Afrique pour piller ses ressources car, à tout bien peser, c’est vrai, nous n’avons pas économiquement besoin de l’Afrique – et je mets quiconque au défi de me démontrer le contraire. La France est en Afrique avec des ambitions plus amicales. » Pourtant, certaines de ses déclarations présentent l'Afrique comme un continent à ''conquérir'' : « L’Amérique et la Chine ont déjà commencé la conquête de l’Afrique. Jusqu’à quand l’Europe attendra-t-elle pour construire l’Afrique de demain ? Pendant que l’Europe hésite, les autres avancent. »

Nicolas Sarkozy soutient également les multinationales françaises : « Il n’y a en réalité qu’un petit nombre de grands groupes français qui réalisent une part importante de leurs activités en Afrique. [...] Bouygues, Air France, Bolloré, n’ont pas besoin de la diplomatie française pour exister et se développer en Afrique. S’ils y sont dynamiques, c’est à l’ancienneté de leur implantation, ils ont cru à l’Afrique avant beaucoup d’autres. C’est au talent de leur management et de leurs collaborateurs qu’ils le doivent et à eux seuls »

Nicolas Sarkozy exprime son admiration pour le « de Gaulle visionnaire » qui a su « comprendre les aspirations de l'Afrique à l'autonomie puis à l'indépendance» et à Edouard Balladur qui a su « intervenir directement », quand il était premier ministre, pour « arrêter ce crime contre l'humanité » qu'a constitué le génocide rwandais. Enfin, Nicolas Sarkozy souligne le rôle positif de la colonisation : « Le rêve européen a besoin du rêve méditerranéen. Il s'est rétréci quand s'est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l'Europe sur les routes de l'Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d'empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve qui ne fut pas tant un rêve de conquête qu'un rêve de civilisation. Cessons de noircir le passé. L'Occident longtemps pécha par arrogance et par ignorance. Beaucoup de crimes et d'injustices furent commis. Mais la plupart de ceux qui partirent vers le Sud n'étaient ni des monstres ni des exploiteurs. Beaucoup mirent leur énergie à construire des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux. Beaucoup s'épuisèrent à cultiver un bout de terre ingrat que nul avant n'eux n'avait cultivé. »[13] Nicolas Sarkozy a également déclaré lors du meeting de Caen, le 9 mars 2007 : « La vérité, c'est qu'il n'y a pas eu beaucoup de puissances coloniales dans le monde qui aient tant oeuvré pour la civilisation et le développement et si peu pour l'exploitation. On peut condamner le principe du système colonial et avoir l'honnêteté de reconnaître cela. »[14]

Tous ces discours sont en totale contradiction avec le début de mon exposé concernant les origines de la Françafrique, et avec les enquêtes de l'association Survie en général (en particulier concernant le génocide rwandais).

Nous ne pouvons d'ailleurs que déplorer le manque de ''répondant'' des journalistes interrogeant Nicolas Sarkozy sur tous ces sujets. Pour revenir sur ses déclarations concernant ''la France qui, économiquement, n'a pas besoin de l'Afrique'', un journaliste renseigné aurait pu souligner quelques informations pourtant faciles à obtenir : selon le Ministère des Finances et de l'Industrie, en 2006, les échanges avec l'Afrique représentaient environ 5% des échanges internationaux de la France. Le solde économique de ces échanges est positif, contrairement aux soldes de la France avec d'autres continents. Ainsi, en 2005, le solde France/Afrique était de + 3 milliards d'euros environ, soit autant que le solde France/Amérique, mais le solde France/Europe était de – 18 milliards d'euros, et le solde France/Asie – 22 milliards d'euros. En 2002, le nombre de filiales d'entreprises françaises en Afrique s'élevait à 2637, en hausse de 13% par rapport à l'année précédente. Au Congo Brazzaville et au Gabon, le pétrole enrichit TotalFinaElf, qui affichait, en 2005, un bénéfice record de 12 milliards d'euros. Au Cameroun, au Congo Brazzaville et au Gabon, le bois fait la fortune de Bolloré (1 milliard de chiffres d'affaires en 2004) et de Rougier. Meubles en Okoumé, planchers en Azobé, escaliers et portes en Sapelli ou Moabi, toutes ces essences menacées de disparition sont largement utilisées en France, premier importateur européen de bois africain. Au Mali, l'or est une manne pour la Somadex, une filiale de Bouygues[15]. Au Niger, l'uranium est exploité par la Cogema, assurant plus de 50% de l'approvisionnement des centrales françaises. Nous pourrions encore citer le commerce du diamant en Centrafrique, du gaz en Algérie[16], des phosphates au Togo et au Maroc. Mais également les produits agricoles (café, ananas, cacao, arachide, canne à sucre...) et les services (transport, eau, BTP, télécoms...). En 2004, Bouygues a réalisé 1,2 milliards de chiffres d'affaires en Afrique. Enfin, le commerce des armes est très lucratif. Entre 1996 et 2003, les exportations d'armes de la France en Afrique ont représenté 30 milliards d'euros (Dassault, Lagardère...).

Notons cependant que nos interprétations des discours de Nicolas Sarkozy sont subjectives. D'autres interprétations de ses discours seraient possibles. C'est pourquoi il faut prendre du recul avec les mots et nous concentrer sur les faits. Pour cela, nous nous sommes posés deux principales questions : Nicolas Sarkozy développe-t-il des relations avec des dictateurs ? Quels sont les liens entre Nicolas Sarkozy et le ''réseau Pasqua'' ?



Justement, tu parles de relations personnelles avec des dictateurs. Peux-tu en dire un peu plus ?

Nicolas Sarkozy entretient des relations avec plusieurs dictateurs.

Selon La lettre du continent, une publication essentiellement destinée aux diplomates et aux industriels opérant en Afrique[17], Nicolas Sarkozy a rencontré au moins sept fois Omar Bongo depuis 2004, la plupart du temps dans l'hôtel particulier parisien du dirigeant gabonais. Récemment, dans le Nouvel Observateur de février 2007, Omar Bongo déclarait : « Avec Nicolas Sarkozy, il y a une différence parce qu'on est amis. Si demain il me renie parce qu'il est président, je lui dirai: ''ce n'est pas sérieux Nicolas''. [...] Je crois que le fondement même de la Françafrique restera, quitte à l'améliorer. »

Nicolas Sarkozy est un ami de Denis Sassou N'Guesso, le chef d'Etat du Congo-Brazzaville. Il soutient la monarchie marocaine de Mohammed VI. Notons que son bras droit Brice Hortefeux soutient d'ailleurs la colonisation marocaine du Sahara Occidental. Nicolas Sarkozy est également proche du président Bouteflika et des milieux militaires algériens. Depuis 2003, il s'est rendu une à trois fois par an en Algérie. En juillet 2004, il a signé un accord économique France/Algérie de 2 milliards d'euros, l'un des plus grands accords français avec un pays du Sud, pour développer des projets industriels algériens, au bénéfice de sociétés françaises. Cette décision est quelque peu contradictoire avec les grandes déclarations de Nicolas Sarkozy sur le rôle des multinationales en Afrique. Ce dernier a récemment affirmé qu'il souhaitait apporter la technologie nucléaire en Algérie, en échange d'accords sur l'exploitation du gaz algérien par la France.

Nicolas Sarkozy a également critiqué l'accession au Pouvoir du fils d'Eyadéma au Togo. Cependant, en tant que Ministre de l'Intérieur, il n'a pas mis fin à l'équipement et l'encadrement de la politice togolaise par la France.

Pour terminer, nous avons trouvé dans le journal La lettre du continent cette information sybilline : pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, son ami Martin Bouygues « a mis à sa disposition son conseiller Afrique, Michel Lunven, ancien ambassadeur de France au Gabon et en Centrafrique et ex-conseiller de Jacques Foccart ». Pourquoi le patron d'une des plus grandes entreprises de BTP met-il à disposition de Nicolas Sarkozy un ancien conseiller de l'architecte de la Françafrique, pour une campagne présidentielle ? La question reste ouverte.



Quels sont les liens entre Nicolas Sarkozy et le réseau Pasqua ?

D'abord, pourquoi s'intéresser à ces liens ? Parce que ce que nous appelons le ''réseau Pasqua'' est un acteur emblématique de la Françafrique, décrit dans de nombreux ouvrages de l'association Survie. Charles Pasqua était le bras droit de Jacques Foccart, l'architecte de la Françafrique. Le ''réseau Pasqua'' désigne une nébuleuse d'acteurs industriels, militaires, politiques et barbouzards impliqués dans de nombreuses affaires de trafic d'armes, de corruption, de coups tordus en Afrique (affaire Elf, affaire Angolagate, affaire Falcone, affaire Marchiani, etc.).

Historiquement, même si Nicolas Sarkozy a pris ses distances politiques avec Charles Pasqua depuis plusieurs années, les liens entre le candidat UMP à la présidence et Charles Pasqua sont forts. Charles Pasqua était le témoin du premier mariage de Nicolas Sarkozy. Il a joué un rôle majeur dans son éducation politique, à Neuilly sur Seine, dans les Hauts de Seine et au RPR. Nicolas Sarkozy se définissait dans les années 70 comme le « double » de Charles Pasqua et déclarait en 1983 : « C'est l'un des hommes les plus honnêtes que je connaisse ». Il lui a certes ''raflé'' la mairie de Neuilly sur Seine en 1983, mais ils se sont ensuite réconciliés. Nicolas Sarkozy a par exemple vraisemblablement aidé Charles Pasqua à devenir sénateur en 2004, lui permettant de bénéficier d'une immunité parlementaire.

Certains bras droits de Nicolas Sarkozy sont des anciens bras droits de Charles Pasqua. C'est le cas de Claude Guéant, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy pour 2007. Claude Guéant, énarque, était secrétaire général de la préfecture des Hauts de Seine, Directeur Général de la Police Nationale, nommé par Charles Pasqua. Il assiste en général à tous les entretiens de Nicolas Sarkozy avec des dirigeants africains. Citons également Michel Gaudin, énarque, ancien directeur de cabinet de Charles Pasqua au conseil général des Hauts de Seine, actuellement Directeur Général de la Police Nationale, nommé par Nicolas Sarkozy.

Nous nous sommes également intéressés à la reprise du conseil général des Hauts de Seine par Nicolas Sarkozy : celui-ci a-t-il fait une ''rupture'' avec la politique de Charles Pasqua, son prédécesseur à ce poste ?

En prenant la tête du conseil général des Hauts de Seine, Nicolas Sarkozy a fait un hommage appuyé à Charles Pasqua, et le conseil général lui a fourni une voiture de fonction avec chauffeur, une secrétaire et des bureaux. Nicolas Sarkozy a lancé un audit général du conseil général, mais les conclusions de cet audit sont restées secrètes. D'après ce que nous avons pu lire, la politique de Nicolas Sarkozy n'est pas en rupture avec celle de son prédecesseur, hormis peut-être une baisse des dépenses sociales (par exemple, suppression de 4000 logements sociaux et privatisation de crèches).

Nous nous sommes également intéressés à Coopération 92, une officine du Conseil général des Hauts de Seine créée par Charles Pasqua, citée dans de nombreux ouvrages de l'association Survie pour ses actions ''sulfureuses'' en Afrique. Cette Société d'Economie Mixte a officiellement pour objectif de lutter contre les inégalités Nord/Sud. Au moment où Nicolas Sarkozy prend la tête du conseil général des Hauts de Seine, Coopération 92 était dirigée par Yan Guez, un ancien de la SOFREMI (officine de ventes d'armes), touchant 11 000 euros par mois et roulant en 4x4 de luxe de fonction. Les activités de Coopération 92 étaient opaques, aucun rapport sur le contenu et l'évaluation des projets réalisés n'était transmis au Conseil Général. Nicolas Sarkozy a remplacé Charles Pasqua à la présidence de Coopération 92 et lancé un audit financier mettant à jour de nombreuses anomalies financières (emplois fictifs, surfacturations, etc.). Il a cependant reconduit Yan Guez dans ses fonctions, demandant certes davantage de transparence. En juillet 2005, le parquet de Nanterre lance une enquête sur Coopération 92. Nicolas Sarkozy démissionne quelques temps après, officiellement pour des questions d'emploi du temps. L'affaire suit son cours.

Une dernière petite anecdote pour terminer : en mars 2006, Robert Feliciaggi, homme d'affaires à la tête d'un empire des jeux de hasard et des casinos en France et en Afrique, souvent cité dans les ouvrages de François-Xavier Verschave à propos de blanchiment d'argent, a été assassiné en Corse. Nicolas Sarkozy a demandé au préfet d'Ajaccio de participer en grande tenue aux obsèques de Robert Feliciaggi.



Tout à l'heure, lors de l'exposé sur Jacques Chirac, tu nous as parlé des affaires Elf, de l'affaire du financement occulte du RPR, etc. Est-ce que Nicolas Sarkozy a quelque chose à voir là dedans ?

Attention, terrain miné ! Ce que je m'apprête à dire doit être considéré avec la plus grande prudence. Le nom de Nicolas Sarkozy apparaît dans trois affaires : l'affaire des emplois fictifs du RPR, l'affaire Schuller et l'affaire Elf. Mais aucune enquête n'a été lancée sur les liens entre Nicolas Sarkozy et ces affaires. Donc tout ce que je vais dire n'est pas validé par la Justice française. Nous serions cependant très curieux que des enquêtes soient menées.

- L'affaire des emplois fictifs du RPR : une permanente du RPR était rémunérée par la mairie de Neuilly sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Etait-ce un cas isolé ? Pourquoi Nicolas Sarkozy n'a-t-il jamais été entendu par la Justice sur ce sujet ?

- L'affaire Schuller : Didier Schuller était le directeur général de l'office d'HLM des Hauts de Seine, membre du RPR, accusé et condamné pour un vaste système de détournement de fonds publics, notamment à des fins politiques. Selon son bras droit Jean-Paul Schimpf, interpellé en flagrant délit alors qu'une entreprise d'assainissement lui remettait une valise de billets pour l'obtention d'un marché public, Didier Schuller finançait des campagnes politiques commes celles de Patrice Balkany, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Là encore, aucune enquête n'a été lancée à ce sujet.

- L'affaire Elf : lorsqu'il a été convoqué par la juge Eva Joly, l'ancien PDG d'Elf Loik Le Floch-Prigent a affirmé avoir abordé le fond du dossier Elf pour préparer sa défense avec de nombreuses personnalités, dont Nicolas Sarkozy, Ministre du Budget à l'époque. Que se sont-ils dits ? Pourquoi Loik LeFloch-Prigent est-il allé rencontrer Nicolas Sarkozy ? Là encore, le mystère reste entier.

Notons pour finir que Nicolas Sarkozy soutient politiquement Alain Carignon, ancien maire de Grenoble écroué pour une vaste affaire de corruption et d'enrichissement personnel dans les années 80-90, mais qui revient sur le devant de la scène politique grenobloise. On ne peut que déplorer ce soutien politique, surtout pour un candidat à la présidentielle qui affirmait le 3 novembre 2006 sur France Inter : « Je n'ai pas l'habitude de fréquenter des gens qui ont été condamnés par la Justice. »



*****
NOTES

[1] La vidéo de la cérémonie des « palmes de la Françafrique » est disponible sur le site internet dailymotion : http://www.dailymotion.com/sur_vivant/video/x1btpt_palmes-francafrique. Un compte-rendu écrit est également disponible sur le site de Survie France, http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=887

[2] Autres principales sources sur Jacques Chirac : Chirac, du jeune loup ou vieux lion, documentaire de P. Rotman, 2006 ; Impunités françaises, Sébastien Fontenelle, Privé, 2006 ; Histoire secrète de la Vème République, ouvrage collectif, La découverte, 2007 ; Les gaullistes et l'argent, Philippe Madelin, l'Archipel, 2001.

[3] Principaux livres d'enquête sur Nicolas Sarkozy : Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus, collectif, Denoël, 2005 ; Nicolas Sarkozy, Frédéric Charpier, Presses de la cité, 2006 ; Place Beauvau, Recasens, Décugis, Labbé, Laffont, 2006.

[4] Hormis pour ce qu'on appellera plus tard les Territoires d'outre-mer, comme la Nouvelle-Calédonie, ainsi que quelques points d'appui stratégiques comme les Comores et Djibouti.

[5] Jacques Foccart publia ses sulfureuses mémoires politiques deux ans avant sa mort (Foccart parle, Fayard, 1995).

[6] Le Journal officiel est le quotidien édité par l'État français dans lequel sont consignés tous les événements législatifs (lois, décrets), réglementaires (arrêtés), déclarations officielles et publications légales.

[7] Sept ans de solitude, Eric Halphen,Denoël, 2002 ; Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?, Eva Joly, Les arènes, 2003.

[8] Entre 2 et 5% des contrats de nombreux marchés publics étaient détournés et redistribués entre différents partis, RPR en tête (mais également le PS, le PCF, le PR).

[9] Deux citations de Jacques Chirac sur le rôle positif de la colonisation : “Je suis fier de l'oeuvre coloniale de la France. Il n'y a que les intello-gaucho-masochistes pour critiquer cela. C'est pourtant une image superbe de la France.” (Jacques Chirac, Libération, 12 mars 1988) “Pacification, mise en oeuvre des territoires, diffusion de l'enseignement, fondation d'une médecine moderne, création d'institutions administratives et juridiques, voilà autant de traces de cette oeuvre incontestable à laquelle la présence française a contribué non seulement en Afrique du Nord mais aussi sur tous les continents. A cet hommage que nous dictent le respect, l'admiration et la reconnaissance, nous joindrons aussi celui que nous devons à tous ceux et à toutes celles qui ont contribué à la grandeur de notre pays en incarnant l'oeuvre civilisatrice de la France.” (Jacques Chirac, 1996, cité par Le Canard Enchaîné, 08/02/2006).

[10] Une citation de Jacques Chirac : « Notre problème, ce n'est pas les étrangers, c'est qu'il y a overdose. C'est peut-être vrai qu'il n'y a pas plus d'étrangers qu'avant la guerre, mais ce n'est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d'avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d'avoir des musulmans et des Noirs [...] Comment voulez-vous que le travailleur français qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler. Si vous ajoutez le bruit et l'odeur, et bien le travailleur français sur le palier devient fou. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela. » (Jacques Chirac, discours du 19 juin 1991)

[11] cf. les deux émissions Là-bas si j'y suis, France Inter, Daniel Mermet, 17 et 18 octobre 2006, émissions téléchargeables sur http://www.la-bas.org

[12] document disponible sur demande à survie.isere@netcourrier.com

[13] Nous ne parlons pas ici des discours de Nicolas Sarkozy concernant l'immigration. Voici cependant quelques citations : “Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter. [...] Au nom de quoi les Etats-Unis, l'Australie, le Canada, l'Angleterre, l'Allemagne et tant d'autres choisiraient les meilleurs étudiants, les meilleurs travailleurs et nous nous n'aurions le droit de choisir personne pour subir tout le monde. Cette politique, ce n'est pas la mienne.” (Nicolas Sarkozy, cité par LCI, 22/04/2006) “Si Le Pen dit que le soleil est jaune, je ne vais pas être obligé d'arriver en prétendant qu'il est bleu. Personne n'est obligé d'habiter en France. Quand on habite en France on respecte ses règles. C'est-à-dire qu'on n'est pas polygame, qu'on ne pratique pas l'excision sur ses filles, qu'on n'égorge pas le mouton dans son appartement, et qu'on respecte les règles républicaines.” (Nicolas Sarkozy, TF1, 5 janvier 2007) “Je ne vise pas l'électorat du FN, je l'ai déjà.” (Nicolas Sarkozy, cité par Thomas Lebegue, Libération, 1er juillet 2005)

[14] Sur l'horreur de la colonisation, cf. Exterminez toutes ces brutes, Sven Lindqvist, Les arènes, 2007 ; Coloniser, exterminer, O. Le Cour Grandmaison, Fayard, 2005 ; Histoire générale de l'Afrique, Ki Zerbo, Pres. africaine, 2000.

[15] cf. documentaire Le prix de l'or, Camille de Vitry, 94mn, 2004.

[16] cf. La Françalgérie, Lounis Aggoun, Jean-Baptiste Rivoire, La découverte, 2004.

[17] L'abonnement à la Lettre du Continent est de 700 euros à l'année (cf. http://www.africaintelligence.fr)


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[OK]commerce des armes Françafrique…
le 25/04/07 à 11:55 par [Patrice]
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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans BONNE GOUVERNANCE
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26 avril 2007 4 26 /04 /avril /2007 16:05
 
 
 
 
 
 

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Convergence Kwa Na Kwa: Comment Jean Eudes Téya, Fidèle Ngouandjika et Lévy Yaketé se sont décrédibilisés auprès de la base

Depuis quelques mois les choses vont très mal au sein de la Convergence Nationale Kwa Na Kwa. L'atmosphère s'est avérée délétère aux yeux de quiconque essaie d'y regarder de plus
près.
Les noms de certaines personnalités telles que Jean Eudes Téya, Fidèle Ngouandjika et Lévy Yaketé parcourent les lèvres mais en des termes vraiment péjoratifs.



 

Les commentaires et accusations fusent de toute part. même le président François Bozizé Yangouvonda est mis en cause par une frange non négligeable de la Convergence nationale Kwa Na Kwa.
Certaines langues, en effet, l'accusent d'avoir opté pour une manipulation par le truchement de ses proches parents Gbaya, afin de parvenir à la déstabilisation des personnalités précédemment citées. Ce clivage manifestement persistant et la claudication permanente de la Convergence Nationale Kwa Na Kwa nous a conduit à tenter d'y regarder en profondeur pour la compréhension de l'opinion.

Une année après le « Sursaut patriotique » du 15 mars 2003, un désir est né au sein du campus à l'Université de Bangui de créer un comité de soutien au Général François Bozizé. Les jeunes Baron Adramane et Didacien Blaise Kossimatchi, après avoir mûri cette idée-là, se sont rapprochés de Madame Célestine Séhoulia qu'ils ont convaincue dudit projet au cours d'une réunion chez elle aux 36 villas.
L'ex libérateur Claude Ngaïkossé, en plus d'aider financièrement ledit projet, a fait identifier un siège à Gobongo, au sein de l'ex bar Dynamic Staff Mobile pour ce comité de soutien que les membres se sont résolus à nommer : Mouvement pour l'Unité, la Paix et la Sécurité (MUPS).

Selon toute vraisemblance, le MUPS a été créé le 10 juin 2004 au milieu de la journée chez Monsieur Baron Adramane à Gobongo. Il était doté d'un Haut Conseil du Directoire présidé par l'ex guerrier Claude Ngaïkossé. Didacien Blaise Kossimatchi était président du bureau exécutif secondé par Baron Adramane (Vice Président).
Cette équipe a initié et organisé la marche du 19 juin 2004 qui a été financièrement et matériellement soutenue par Monsieur Jean Serges Wafio, Président du parti démocratique centrafricain (PDCA). Cette marche, il faut le rappeler, était la première qui puisse concerner la candidature de François Bozizé à l'élection présidentielle de mai 2005. Au terme de cette marche, un handicapé a été désigné pour remettre un Mémorandum au Général François Bozizé.

Après cela, François Bozizé a décidé de rencontrer d'abord les initiateurs de cette marche, ensuite le comité des cadres et enfin le Comité National et Autres structures de soutien –CNCASS- de Yvonne Mboïssona.

Le MUPS s'est attaché entre temps à créer et installer des organes aussi bien dans les arrondissements de Bangui que dans les différentes provinces.

En novembre 2004, le bureau de la Convergence nationale Kwa Na Kwa est mis en place. Aussi curieux que cela puisse paraître, ce bureau ne comporte manifestement pas de jeune. Après moult tractations, Baron Adramane est élu pour représenter la jeunesse au sein du staff de la Convergence nationale Kwa Na Kwa.

Dans la perspective des élections présidentielle et législatives, le choix s'est porté sur Job Izima pour le poste de Directeur National de Campagne. Ce choix n'a pas eu un goût agréable pour Jean Eudes Téya. C'est bien à partir de ce choix que deux courants ou plutôt deux camps se sont créés au sein de la Convergence nationale Kwa Na Kwa : le camp Jean Eudes Téya , Mahamat Tahir, Michel Koyt, Henri Grothe, Lévy Yaketé, Théodore Dabanga…et le camp Job Izima, Annette Ngaïbona, Alain Bagobo,Baron Adramane, Claude Lénga etc. François Bozizé, Fidèle Ngouandjika et Francis Bozizé ont opté d'être à l'écart.

Pour meiux comprendre, la Convergence s'est structurée de la manière suivante : le président de la République, un Comité de sages dirigé par le défunt Pierre Goniféi Ngaïbonanou, le Secrétaire général (Jean Eudes Téya), le Directeur National de Campagne (Job Izima), le Directeur National de campagne adjoint (Théodore Dabanga), le Superviseur général (Fidèle Ngouandjika), le Superviseur général adjoint (Baron Adramane), le délégué aux affaires juridiques (Lévy Yaketé), le Délégué national aux stratégies communication et médias (André Dénamsé Ketté), le délégué national chargé de la propagande (Tita Samba Solé qui sera remplacé par David Gbanga), le Délégué national chargé de la logistique (Francis Bozizé secondé par Mahamat Tahir). Michel Koyt et Henri Grothe étaient les assistants du Secrétaire général jean Eudes Téya.

La question à se poser est celle de savoir pourquoi le président Bozizé n'a pas réagi à la mésentente ainsi déclarée entre ces deux camps. Est-ce que cela a été une faiblesse ou une stratégie ? Difficile de répondre avec exactitude. Mais toutefois, on constate que François Bozizé est allé avec tout le monde jusqu'au 2e tour des élections. Il importe de signaler que la gestion des fonds destinés à la campagne par Jean Eudes Téya est qualifiée de catastrophique par une large majorité de la Convergence nationale. D'aucuns disent que François Bozizé s'est fait rouler dans la farine en perdant la bagatelle d'au moins un milliard de FCFA jusqu'ici injustifiés. Il semblerait que le DNC Job Isima était souvent contraint de faire le pied de grue la campagne durant pour se voir verser les fonds destinés à ses activités. Autre chose : Quand il y a eu un problème sur le moteur de la Land Cruiser Vx du défunt Goniféi Ngaïbonanou, Eric Téya qui était chargé de faire faire juste un coup de fouet, a vendu le moteur neuf dudit véhicule à un musulman au Km5 contre un vieux moteur qu'il a fait installer sur l'engin. Il a fallu que François Bozizé Yangouvonda rugisse de rage pour qu'en catastrophe et dans la honte, Eric Téya restitue le moteur neuf…

Autre détail non négligeable : pour une latrine sans toit construite au siège de la Convergence nationale ne pouvant coûter plus de 150.000fcfa, c'est une facture de 600.000FCFA qui a été exhibée à la surprise désagréable de Mme Yvonne Mboïssonna et des militants de la Convergence….

Après l'investiture du président Bozizé, le 11 juin 2005, contre toute attente, le Secrétaire général Jean Eudes Téya a jeté sa baguette de chef d'orchestre pour ne plus convoquer la moindre réunion, ni mettre pied au siège de la Convergence nationale. Alors que le problèmes se sont révélés être aussi nombreux que variés, Jean Eudes Téya est devenu invisible et donc introuvable.
Du coup, le désarroi a commencé à gagner l'esprit des jeunes qui ne savaient plus à quel saint se vouer. Didacien Blaise Kossimatchi s'est vu obligé de prendre la relève pour combler le vide laissé par Jean Eudes Téya.

En convoquant des réunions au siège de la Convergence, Didacien Kossimatchi a redonné vie à la Convergence. Cette initiative courageuse a séduit les personnalités comme Claude Lénga, Job Izima et le Ministre Bonda qui ont de temps en temps offert un appui financier.

Il faut dire que humble, très accueillant et disponible vis-à-vis des jeunes, Claude Lénga a initié un séminaire de réflexion qui avait pour but de revivifier le mouvement.
Le président François Bozizé qui a approuvé l'initiative a demandé qu'on attende qu'il en donne le coup d'envoi. Mais Jean Eudes Téya et son camp se sont montrés hostiles à son déroulement.
Les jeunes, formateurs des formateurs, qui ont formé les représentants du candidat François Bozizé et des candidats convergents aux législatives dans les 105 circonscriptions sont allés voir le Secrétaire Général Jean Eudes Téya, alors Ministre d'Etat aux Eaux et Forêts. La réponse de Téya à ces jeunes a été on ne peut plus claire : « Vous avez été recrutés et payés ; les élections sont déjà finies. Allez vaquer à d'autres occupations… »

Voilà les propos qui ont fait de Téya une épine dans les pieds de la Convergence qu'il faut impérativement enlever pour qu'elle cesse de claudiquer. Par ailleurs, il est reproché à Téya de ne préférer que ses proches parents à qui il fait la part belle dans les ministères tout en négligeant les jeunes et les femmes de la Convergence nationale.
On raconte qu'après la disparition du président du Comité des sages Pierre Goniféi Ngaïbonanou, Jean Eudes Téya n'a envoyé que sa sœur Jeannette Téya pour chercher certains équipements au siège de la Convergence. Furieux, les jeunes s'y sont opposés en la chassant.

C'est Mahamat Tahir qui a été autorisé par les jeunes à les enlever mais bien plus tard.
Fidèle Ngouandjika, quant à lui, est reconnu par les jeunes comme étant un menteur hors pair, un marchand d'illusions qui n'a pas été en mesure d'honorer la moindre portion des monts et merveilles qu'il a bruyamment promis aux formateurs des formateurs. A titre d'exemple, Fidèle Ngouandjika, bien que ministre des Postes et Télécommunications, n'a pas affecté les formateurs des formateurs comme chefs de centre de la Socatel ainsi qu'il leur avait promis dans les provinces.

Est ensuite arrivé le moment où le président François Bozizé a demandé au Secrétaire général de convoquer une réunion avec la base.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, Jean Eudes Téya s'est résolu à choisir et à ne convoquer que les Convergences locales ; c'est-à-dire les membres des fédérations de Bangui mais qui sont acquis à sa cause.

Furieux, Baron Adramane et Didacien Kossimatchi sont rentrés dans les arrondissements pour demander aux gens de venir massivement.
Mais il faut relever que bien auparavant, Adramane et Kossimatchi ont dû faire l'objet de menaces de la part de Fidèle Ngouandjika, Lévy Yaketé et Jean Eudes Téya dans le bureau de ce dernier à la présidence…

Le mardi 17 janvier 2006, la base est arrivée massivement pour la réunion au Palais de la Renaissance. Alors que tout le monde était rentré dans la salle, Baron Adramane, Didacien Kossimatchi et Arnaud Nguimalé se sont métamorphosés en gladiateurs pour non seulement empêcher le Secrétaire général jean Eudes Téya d'y accéder, mais de le maintenir dehors sous le chaud soleil pendant une durée à leur convenance.

La garde rapprochée de Bozizé a essayé de venir au secours de Téya, mais s'est tout de suite rangée, compte tenu de la détermination des jeunes survoltés…
Le président Bozizé, dans son adresse aux jeunes, a reprécisé son intention de rencontrer toute la base et non une partie. C'est un tonnerre d'applaudissements nourris et prolongés qui a accueilli ces propos en guise de désaveu à Jean Eudes Téya.

Ensuite, il a donné des directives pour la nouvelle structure de la Convergence qui sera dénommée plus tard : structure provisoire KNK dans la perspective des échéances de 2010. Lévy Yaketé, Fidèle Ngouandjika et Jean Eudes Téya ont tenté de solliciter la parole mais ont été conspués à telle enseigne que le président de la séance, François Bozizé, était obligé de leur retirer la parole.

Du coup, c'est le nom de Claude Lénga que la base a choisi de scander pour le poste de Secrétaire général de la nouvelle structure.
Ayant eu la parole, Baron Adramane s'est employé à lancer un défi à Lévy Yaketé qui n'est pas connu sur toute l'étendue du territoire national, mais qui s'accroche à son fauteuil de président du Conseil d'Administration de la Socatel où il initie des missions inutiles et budgétivores dans l'opacité avec Fidèle Ngouandjika.

Trois semaines après cette réunion, François Bozizé convoque une deuxième assemblée avec la base. Obstiné, Jean Eudes Téya tente à nouveau de ne faire venir que les siens. Il va encore échouer, les mêmes causes ayant produit les mêmes effets.

S'étant aperçu que Téya n'incarne que lui-même, François Bozizé se rend à l'évidence et décide, séance tenante, de prendre trois jeunes au niveau de la Convergence, trois femmes, trois députés KNK et trois anciens membres de la Convergence pour constituer le bureau de la nouvelle structure.

D'autorité, la base de la Convergence a décidé que les trois jeunes soient Messieurs : Didacien Blaise Kossimatchi, Baron Adramane et Donatien Ndamon. Pour les femmes, les choix ont été portés sur Mesdames : Nicole Namsé, Sophie Maradas et Marie Claire Noubona (comme Trésorière générale).

Voilà comment Jean Eudes Téya, Fidèle Ngouandjika et Lévy Yaketé se sont dévalués au sein de la Convergence nationale. Il semblerait que des liasses de billets de banque sont mises en jeu pour tenter de contrecarrer la base.

Mais cela est une peine qui est déjà perdue d'autant plus que cette base est truffée d'adeptes suffisamment éclairés, avertis qui ont observé et suivi le trio Téya, Ngouandjika et Yaketé dans leurs faits et gestes depuis le début. « On ne peut pas tromper tout le monde tout le temps ».A l'intérieur de la Convergence nationale, François Bozizé l'a compris alors que Fidèle Ngouandjika continue d'assimiler maladroitement le terrain politique au dojo de Karaté où on peut mystifier les spectateurs par des enchaînements de kata.

Lorsque Jean Eudes Téya renvoie les jeunes par des propos à effet boomerang pour le moins désobligeants et indignes d'un leader politique, il devient difficile pour nous de voir la main des parents Gbayas ou du Président Bozizé pour le déstabiliser.

Ce qui se passe dans la Convergence doit édifier le président François Bozizé car les aspirations de la base ne sont pas différentes de celles de tout le peuple centrafricain. Il s'agit dorénavant, comme nous l'avons dit dans notre édition n° 124 du 17 mars 2007, pour le président François Bozizé, de tirer profit des leçons que cette dynamique juvénile donne pour relancer une politique au service véritable de la Nation. Car dit-on «Vox pupulis, vox dei»
Affaire à suivre !
Faustin BAMBOU
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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DEMOCRATIE PARTICIPATIVE
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