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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 20:51

COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA MAJORITE PRESIDENTIELLE RELATIF AUX EVENEMENTS DE BIRAO

Le Groupe des Partis Politiques de la Majorité Présidentielle (GPPMP), a appris avec indignation et consternation l'agression caractérisée et l'envahissement de la ville de Birao par un mouvement armé venant de l'extérieur.



 

Cette nouvelle agression, après celle de Tiringoulou et de Gordil, confirme les intentions des ennemis de la Paix, de la Démocratie et de la Sécurité d'occuper une partie du territoire Centrafricain afin de déstabiliser durablement la République Centrafricaine en violation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.

Le peuple centrafricain qui n'aspire qu'à la paix, à l'unité et à la liberté, exhorte le gouvernement centrafricain et la communauté internationale à tout mettre en œuvre pour rétablir l'intégrité du territoire centrafricain dans cette partie du pays assiégée.

Le GPPMP pour sa part, condamne toute forme de violence ainsi que toute tentative de prise de pouvoir par la force, telle que stipulée par une recommandation forte du Dialogue National (DN). Il présente toutes ses condoléances aux familles éprouvées par la mort de leurs fils et filles morts sur le champ d'honneur.
Fait à Bangui le, 31 octobre 2006


Pour le GPPM
Le Porte-Parole
Gaston Mackouzangba
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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 02:15
Les non-dits des observateurs: Kabila et Bemba : résultats serrés / Selon la MOEUE, le report arithmétique des voix n’est pas automatique
(Le Potentiel 02/11/2006)
( 02/11/2006)


Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba, candidats au 2ème tour de la présidentielle du 29 octobre 2006, seraient au coude à coude dans les premiers résultats partiels disponibles dans les milieux des observateurs nationaux et internationaux. Crédités respectivement de 44,81 % et de 20,03% au premier tour, les deux candidats ont fait des mises aux fortunes aujourd’hui inattendues. Du fait qu’elles sont liées à des facteurs sur lesquels ils n’avaient aucune prise au départ : le taux de participation, la motivation des électeurs et le report automatique des voix promises par de nouveaux alliés recrutés dans les rangs d’anciens présidentiables.

LE POTENTIEL
Ils étaient 17 millions d’électeurs au premier tour. A quelque trois millions près, c’est le même nombre qui s’est présenté dans les 50.045 bureaux de vote ouverts sur l’ensemble du territoire.

Les irréductibles sont allés confirmer leurs premiers votes, tandis que les indécis du 30 juillet – estimés à 7 millions d’électeurs - ont résolu de faire pencher la balance en faveur de l’un des deux candidats.

RESULTATS LIES A TROIS FACTEURS

La victoire au 2ème tour de la présidentielle se joue donc sur trois facteurs essentiels. D’abord, la participation des électeurs. Elle n’a pas été fameuse dimanche, les chiffres publiés par certains observateurs indiquant une baisse sensible. « Le taux de participation des électeurs est relativement plus faible, soit une moyenne de 59,6 % contre 71 % lors du premier tour », selon le Cadre de concertation de la société civile pour l’observation des élections (CDC).

Dans ce chapitre, le Kasaï Oriental a fait exception, avec 46,4 % contre 39,2 % au premier tour. Cette baisse serait consécutive à une absence manifeste de motivation dans le chef des électeurs, les uns estimant que tout serait « déjà joué » alors que d’autres, notamment au Kasaï Oriental, se seraient rendu aux urnes en réponse à un appel mobilisateur.

S’agissant du report automatique des voix au second tour, des observateurs notent que des milliers d’électeurs ont été victimes d’un déficit de communication. Menée au 1er tour avec un message précis, la campagne électorale au 2ème tour n’a pas pu être adaptée à la nouvelle donne commandée par les nouveaux intérêts des chefs de partis.

Restés à Kinshasa, ils n’ont pas été en mesure d’expliquer à leurs électeurs les raisons profondes pour lesquelles il fallait voter en faveur de ceux-là mêmes qu’ils ont vilipendés trois semaines plus tôt. Comme on le sait, plusieurs acteurs politiques ont, pour des considérations de divers ordres, adhéré aux plates-formes électorales AMP (Alliance de la majorité présidentielle) et UN (Union pour la nation) aussitôt connus les résultats du premier tour.

UNE GAGEURE

Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba, avec le concours des états-majors outillés, ont un défi à relever : conserver et ajouter 7 % de voix au score précédent, pour le premier, renverser complètement la tendance, pour le second.

A ce propos, les résultats affichés devant les bureaux de vote indiquent que les deux concurrents ont réussi la gageure de grignoter d’inestimables voix sur le terrain de l’adversaire. Ainsi, Kabila a réalisé une importante remontée dans la ville de Kinshasa, généralement acquise à Bemba. Et ce grâce à un taux de participation évalué partiellement à 60%. Celui-ci a, de son côté, pu relever la tête dans certaines provinces de la partie orientale du pays. Le taux de participation au Katanga serait de 70% ; au Sud - Kivu 80% contre 90% au premier tour ; Nord Kivu 90% contre 98% au premier tour ; tandis que les deux Kasai accuseraient près de 50 % de taux de participation contre 36% au premier tour.

Si, à ce stade, il serait hasardeux de désigner le futur président de la République démocratique du Congo, les observateurs notent cependant deux phénomènes. L’Amp devrait conserver son avantage dans les deux Kivu, malgré la baisse du taux de participation. Mais, elle pourrait perdre une partie de la province Orientale et du Katanga, à l’analyse des chiffres disponibles.

Elle ne saurait pas, non plus, s’imposer au Bandundu, fief naturel du Parti lumumbiste unifié (Palu) dont le leader représentait un électorat de 13 %. Aux 44,81 % de Kabila, ne pourraient donc pas se greffer totalement les 13 % de voix espérés.

Du côté de Bemba, il est peu sûr qu’il puisse recueillir le même nombre de voix qu’au premier tour à Kinshasa. Toutefois, il devrait tirer avantage d’une partie de l’électorat du Bandundu, de la province Orientale et de la mobilisation observée dans les deux Kasaï, qui comptent quelque 4 millions d’électeurs enrôlés.

Tant à l’AMP qu’à l’UN, les gens bien pensants s’attendent à des résultats très serrés. « La victoire va se jouer sur le fil », s’est hasardé un acteur politique, ayant requis l’anonymat.


Par Le Potentiel

Second tour de la présidentielle

Selon la MOEUE, le report arithmétique des voix n’est pas automatique


La Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOEUE) en République démocratique du Congo (RDC) n’écarte pas l’hypothèse des scores serrés à l’issue du second tour du scrutin présidentiel organisé le 29 octobre 2006. Si elle s’en tient à la présomption de l’ensemble des observateurs politiques nationaux et internationaux lors du premier tour de ces joutes électorales.

Le chef de la MOEUE, le général Philippe Morillon, l’a reconnu lors de la conférence de presse qu’il a tenue hier mercredi 1er novembre 2006 au salon Virunga de l’hôtel Memling à Kinshasa.

Il s’est empressé de faire remarquer que la Mission qu’il conduit n’a pas la prétention d’avancer quoi que ce soit, ne disposant pas aujourd’hui d’éléments statistiquement suffisants pour ce faire. Avant de noter que le clivage Est-Ouest n’existe que dans l’imaginaire de certains hommes politiques en mal de positionnement qui veulent la division du pays. Lequel reste pourtant un et indivisible. Le report arithmétique des voix exprimées à l’intention de chaque candidat au premier tour n’est pas automatique, a-t-il ajouté. Il en est de même de celles des alliés de chaque présidentiable. Ce sont notamment les éléments qui permettent d’envisager des résultats serrés, selon les observateurs de la scène électorale de la RDC.

A tout prendre, Philippe Morillon a indiqué que l’après scrutin demeure la période la plus importante de la tâche dévolue à la MOEUE. Laquelle, renseigne-t-il dans son communiqué de presse, doit faire montre de vigilance tous azimuts pour décourager toute manipulation frauduleuse au cours de cette phase cruciale de compilation et de publication des résultats à laquelle elle participe. Ce qui permettra à la Mission de contribuer à ce que les résultats ne soient pas faussés et que la volonté du souverain primaire ne soit travestie. Il a fait observer le fait que, dans un contexte de méfiance réciproque dans le chef de partisans de deux camps, il est essentiel que tous les éléments de la transparence soient réunis et mis en œuvre.

CONTESTATION PAR LA VIOLENCE A ECARTER

Par ailleurs, le chef de la MOEUE signale que les observateurs européens procèdent également à l’évaluation des incidences que les résultats pourraient avoir sur les incidents survenus le jour du scrutin et après celui-ci. Cela au fur à mesure que les rapports des hommes sur terrain parviennent à la Mission. Toutefois, il est convaincu que le second tour de la présidentielle « s’est déroulé dans un calme remarquable, à l’exception des deux seuls incidents dramatiques survenus à Bumba, province de l’Equateur, et à Fataki, district de l’Ituri dans la province Orientale. » Et de préciser que « l’ensemble de nos observateurs s’accorde ainsi à reconnaître que tout s’est passé dans l’ordre avec des améliorations sensibles dans la transparence des opérations, grâce aux mesures adoptées par la Commission électorale indépendante (CEI)… »

Pour Philippe Morillon, la contestation par la violence n’a pas de chance, elle n’aura pas droit de cité. Le peuple congolais n’étant pas prêt à suivre qui que ce soit dans une aventure vouée à l’échec. D’ailleurs, les deux candidats et leurs lieutenants ont pris l’engagement relatif à ce que le vainqueur n’écrase le vaincu. Ils sont appelés à imposer le calme. Car, a-t-il fait valoir, nul ne peut prétendre diriger le pays sans qu’il ait la maîtrise de ses partisans.

Intervenant à son tour, un député européen, restituant l’analyse des parlementaires de l’UE, a soutenu que le peuple congolais a prouvé qu’il est capable de prendre son avenir en mains par des moyens démocratiques.

Et de relever le fait qu’il ne suffit pas d’avoir un Parlement, mais exercer ses fonctions. Les deux Chambres du Parlement, a-t-il avancé, doivent s’occuper de vrais problèmes du pays. A l’instar de la MOEUE, il n’a pas manqué de louer l’esprit patriotique du peuple congolais et l’amélioration nette par la CEI des procédures par rapport au premier tour.
Par DIOSSO OLIVIER

© Copyright Le Potentiel

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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 01:37

03/11 :Tchad et Centrafrique : Les généraux, Idriss Deby et François Bozizé sources d’instabilité

Contrairement à ce que prétend insinuer le porte-parole du Quai d’Orsay, Jean Baptiste Mateillit pour justifier le déploiement des casques bleus dans le Darfour en se fondant sur la résolution 1710 des Nations Unies, nous avons une lecture tout à fait opposée à la sienne.

Pour ce fait, nous pensons que si aujourd’hui le Tchad et la Centrafrique, deux pays voisins appartenant au giron de la redoutable Françafrique se trouvent confrontés à des mouvements armés hostiles aux régimes en place, la faute revient inéluctablement à l’un et l’autre des deux généraux à savoir : Idriss Deby et François Bozizé. Car, il faut tout simplement observer l’itinéraire et l’accession au pouvoir du président Centrafricain, réfugié au Tchad où il était logé, nourri,blanchi, sa sécurité assurée entièrement par l’armée tchadienne. Il était constamment aperçu dans les après midis chez le général Tchadien, Daoud Soumaïne.

C’est donc à partir du Tchad que le Général, Bozizé a renversé le Président, Ange Felix,pourtant élu démocratiquement pour finir par dérailler par la suite menant ainsi la République Centrafricaine au bord de l’insurrection populaire qui lui a valu cette éviction du pouvoir.

Les deux crises actuelles au Tchad et en Centrafrique sont similaires, internes et propres aux réalités politiques de ces deux pays dirigés en main de fer par deux généraux, poulains de la métropole.

Les allégations erronées des autorités Françaises qui, à la longueur de la journée s’abattent sur le Soudan qu’elles accusent de déstabiliser la sous région doivent cesser. Le régime d’Oumar Hassane EL-Bechir est bien au contraire la victime permanente d’une vaste conspiration sous-régionale et internationale menée par Idriss Deby et François Bozizé.

Pour revenir au déploiement des casques bleus sous le prétexte de la crise du Darfour et le long des frontières communes entre le Tchad, la Centrafrique et le Soudan est une stratégie de taille cogitée par l’Elysée qui souhaite interposer des forces internationales dans le souci d’empêcher les renversements de deux généraux dont les régimes sont en butte aux forces armées des libérations. Mais, il y a lieu de dire ici que déployer des forces internationales sans consentement des rébellions tchadienne et centrafricaine augure d’énormes risques des confrontations aggravantes pour la crise actuelle au niveau sous-régional.

Il est extrêmement dangereux pour la politique africaine des officiels Français qui s’allient généralement du côté des régimes totalitaires en mal de légitimité populaire. Cette politique ternit l’image de la France sur le continent et menace la sécurité des paisibles ressortissants Français qui aiment les Africains.

Au regard de ces risques gravissime en perspectives, nous estimons que la France à travers son influence politique sur le continent doit user de toutes ses forces pour convaincre les deux Généraux ; Idriss Deby et François Bozizé de dialoguer avec leurs rébellions respectives en vue de ramener la paix de façon définitive à la fois dans leurs pays et dans la sous région.

Par Makaila Nguebla

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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 01:37

03/11 :Tchad et Centrafrique : Les généraux, Idriss Deby et François Bozizé sources d’instabilité

Contrairement à ce que prétend insinuer le porte-parole du Quai d’Orsay, Jean Baptiste Mateillit pour justifier le déploiement des casques bleus dans le Darfour en se fondant sur la résolution 1710 des Nations Unies, nous avons une lecture tout à fait opposée à la sienne.

Pour ce fait, nous pensons que si aujourd’hui le Tchad et la Centrafrique, deux pays voisins appartenant au giron de la redoutable Françafrique se trouvent confrontés à des mouvements armés hostiles aux régimes en place, la faute revient inéluctablement à l’un et l’autre des deux généraux à savoir : Idriss Deby et François Bozizé. Car, il faut tout simplement observer l’itinéraire et l’accession au pouvoir du président Centrafricain, réfugié au Tchad où il était logé, nourri,blanchi, sa sécurité assurée entièrement par l’armée tchadienne. Il était constamment aperçu dans les après midis chez le général Tchadien, Daoud Soumaïne.

C’est donc à partir du Tchad que le Général, Bozizé a renversé le Président, Ange Felix,pourtant élu démocratiquement pour finir par dérailler par la suite menant ainsi la République Centrafricaine au bord de l’insurrection populaire qui lui a valu cette éviction du pouvoir.

Les deux crises actuelles au Tchad et en Centrafrique sont similaires, internes et propres aux réalités politiques de ces deux pays dirigés en main de fer par deux généraux, poulains de la métropole.

Les allégations erronées des autorités Françaises qui, à la longueur de la journée s’abattent sur le Soudan qu’elles accusent de déstabiliser la sous région doivent cesser. Le régime d’Oumar Hassane EL-Bechir est bien au contraire la victime permanente d’une vaste conspiration sous-régionale et internationale menée par Idriss Deby et François Bozizé.

Pour revenir au déploiement des casques bleus sous le prétexte de la crise du Darfour et le long des frontières communes entre le Tchad, la Centrafrique et le Soudan est une stratégie de taille cogitée par l’Elysée qui souhaite interposer des forces internationales dans le souci d’empêcher les renversements de deux généraux dont les régimes sont en butte aux forces armées des libérations. Mais, il y a lieu de dire ici que déployer des forces internationales sans consentement des rébellions tchadienne et centrafricaine augure d’énormes risques des confrontations aggravantes pour la crise actuelle au niveau sous-régional.

Il est extrêmement dangereux pour la politique africaine des officiels Français qui s’allient généralement du côté des régimes totalitaires en mal de légitimité populaire. Cette politique ternit l’image de la France sur le continent et menace la sécurité des paisibles ressortissants Français qui aiment les Africains.

Au regard de ces risques gravissime en perspectives, nous estimons que la France à travers son influence politique sur le continent doit user de toutes ses forces pour convaincre les deux Généraux ; Idriss Deby et François Bozizé de dialoguer avec leurs rébellions respectives en vue de ramener la paix de façon définitive à la fois dans leurs pays et dans la sous région.

Par Makaila Nguebla

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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 01:24
 

02/11 :Tchad: Paris décide de combattre les rebelles centrafricains

Bangui demande l’aide de Paris pour combattre les rebelles dans l’est du pays

Le président centrafricain François Bozizé a officiellement demandé le soutien de la France pour l’aider à combattre les rebelles de l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), qui sévissent dans l’est de la Centrafrique notamment dans la zone de Birao à 800 kilomètres de Bangui à la frontière avec le Soudan et le Tchad, a rapporté mercredi la Radio africaine (Afrique No.1).

La réaction de Paris n’a pas tardé à travers le porte parole du ministère des Affaires étrangères Jean Baptiste Batei, qui a déjà déclaré que la France va apporter son soutien à la Centrafrique pour éviter que le conflit du Darfour ne s’étende en Centrafrique et au Tchad.

Face à l’empleur des évenements ces derniers temps à l’Est du pays, le président centrafricain qui était déjà en route pour le sommet Sino-Afrique à l’invitation du président Chinois Hu Jintao, est rentré précipitamment à Bangui. Les rebels de UFDR ont envahi militairement la ville de Birao, il y a deux jours seulement et entend poursuivre leur route jusqu’à Bangui la capitale.

Source: Alwihda - Armées

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3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 01:00

Dix ans après sa mort, Bokassa sort des oubliettes de l'histoire (AFP)

 BANGUI (AFP) - jeudi 02 novembre 2006 - 10h29 - Despote brutal, corrompu et excentrique, Jean-Bedel Bokassa est mort haï de tous le 3 novembre 1996. La Centrafrique s'apprête à célébrer l'anniversaire de la mort de l'ex-empereur, signe de son lent retour en grâce dans le pays. L'hommage sera discret. Pas question de cérémonie officielle avec fanfare et personnalités. Mais, pour la première fois, les proches de feu Bokassa Ier ont décidé d'élargir le cercle de la poignée de fidèles qui, chaque 3 novembre, se retrouvaient en catimini autour de sa tombe. "Pour le recueillement de cette année, nous voulons réunir les ressortissants de Bobangui, de Bérengo, de la Lobaye, en un mot des compatriotes, dans une communion d'esprit", annonce un membre du comité d'organisation des festivités. Avant de lâcher, comme pour se justifier: "il n'a pas fait que le mal dans ce pays". Aux yeux des Centrafricains, le nom de l'ancien maréchal, président à vie puis empereur reste associé à quelques-uns des épisodes les plus terribles de l'histoire du pays, notamment le massacre en 1979 d'une centaine d'écoliers qui refusaient le port d'uniformes scolaires. Dix ans après sa disparition, la population du pays, fatiguée de l'instabilité politique et de la pauvreté persistantes qui ont suivi son règne (1965-1979), lui reconnaît volontiers le titre de "seul président bâtisseur" de la Centrafrique. Mais le personnage de Bokassa reste encore largement honni. Sans surprise, le Dialogue national réuni après le coup d'Etat du général François Bozizé à l'automne 2003 a catégoriquement refusé la demande de réhabilitation formulée par l'un de ses fils. Mais depuis cette date, le nom de Jean-Bedel Bokassa est lentement sorti de l'oubli. Notamment dans les discours officiels du nouveau président Bozizé, qui se plaît régulièrement à rendre hommage à celui qui avait fait de lui son aide de camp. "Lui au moins a pu faire quelque chose dans ce pays, même si on ne lui reconnaît que le mal", déclarait début 2005 le chef de l'Etat. "Tous les grands édifices de Bangui datent de l'époque Bokassa. Nous autres, qu'avons-nous fait de bon? Nous passons tout notre temps à mentir, à médire des autres, à détruire notre pays au lieu d'ajouter un peu à ce qu'il a fait". "Il a porté haut le flambeau du pays par ses réalisations", insistait François Bozizé quelques mois après. "Ce sont des hommes comme lui qu'il nous faut. Pas ces +Munzu Voko+ (Noirs qui se disent Blancs ou intellectuels) au ventre bedonnant à force de piller les ressources de l'Etat". "Le général parle de l'ex-empereur comme un enfant parle de son père", confie sous couvert de l'anonymat un proche du président. "Il aime bien dire +papa+ quand il fait allusion à Bokassa", ajoute-t-il. "Pour lui, c'était un homme qui aimait son pays, qui aimait son peuple, qui savait commander et qui lui a appris à connaître les Centrafricains". Ces hommages appuyés ont redonné du baume au coeur des fidèles de l'ancien chef de l'Etat, qui pensent que l'heure de sa réhabilitation a sonné. "Notre père a été jugé, condamné et gracié", rappelle l'un des fils de l'ex-empereur, le député Jean-Serge Bokassa. "Nous pensons qu'aujourd'hui, la Nation saurait lui pardonner à travers nous, qui demandons pardon au nom de toute la famille Bokassa". "J'avais juré de ne pas pardonner à Bokassa. Même s'il devait mourir plusieurs fois", concède Serge, une des victimes des massacres de 1979. "Mais son fils Jean-Serge n'est pour rien dans ces massacres", poursuit-il. "Aujourd'hui, son pardon peut bien être accepté".

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 17:43

COMITE PREPARATOIRE POUR LA MISE  EN PLACE DE LA  FONDATION

 

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 17:15

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29 octobre 2006 7 29 /10 /octobre /2006 00:24
Vers un ''progrès immobile''...
(Journal du Jeudi du 26 octobre au 01 novembre 2006)


Paul Valéry soutenait que ''la politique est l'art d'empêcher les gens de s'occuper de ce qui les regarde'', mais il semble qu'il reste l'un des rares domaines qui confondent allègrement utopies et réalités, démagogie et malhonnêteté. Là, le ridicule ne tue pas, il ''élève'' les débats, ce qui suscite ce langage de basse-cour souvent constaté et qui n'honore personne...
Sevrés de liberté d'expression pendant la période révolutionnaire où la désinformation se disputait ou ''matraquage'' et à la ''langue de bois'', les Burkinabè ont vite retrouvé leur passe-temps favori, la politique, qui pousse les citoyens à se livrer à des professions de foi souvent inimaginables, à s'accrocher à des étendards de circonstance, allant et venant au gré des échecs et succès. Le paysage politique est riche de sa flore, sa faune... et ses pièges!
Depuis belle lurette, au Faso comme un peu partout ailleurs, la notion de trahison n'a plus aucun sens en politique. Et comme le dit Frédéric Dard, «une carrière politique est longue, en dents de scie, avec des plongées imprévisibles». Dès lors, il n'est pas étonnant de constater ces transhumances politiques de militants sans doute ivres d'aventures, ''pataugeant'' ici et là dans les nombreux ''marais'' de ce que l'homme de la rue a toujours considéré comme une jungle, où tous les coups qui ne paraissent pas moralement permis sont cependant tolérés...
A quelques mois des élections législatives, qui promettent de belles surprises, il est un parti dont on se demande s'il réussira à redresser la trompe en raison des saignées qu'on lui attribue. De Ouahigouya à Kampti, en passant par Ouagadougou et Diébougou, il est question de ''démissions''. Mais peut-on en juger les effets lorsqu'on constate des informations contradictoires y afférentes? Réuni la semaine dernière, le secrétariat permanent de l'ADF-RDA se serait penché sur la question et aurait préconisé des solutions.
Du RDA à l'ADF-RDA, il semble que le ''parti de l'éléphant'' a toujours constitué la ''bête noire'' de ses adversaires, celle dont l'existence gêne. A tel point que d'anciens militants estiment que si ceux qui ''partent'' sont dotés de grandes possibilités d'adaptation, l'on pourrait cependant se demander, plus réellement, quelle est leur vraie valeur sur le terrain, vu qu'il leur faut plusieurs béquilles. Et d'ajouter que la majeure partie des départs est due à des ''marchandages'' souvent douteux.
La décantation au sein de ce parti ne s'effectuera qu'à l'issue des législatives, car aux yeux de l'opinion, la position du parti est parfois équivoque. Pour comprendre pleinement le message de l'ADF-RDA depuis la présidentielle de 2005, il faut connaître les éléments essentiels de son arrière-plan politique. Mais quels sont-ils réellement? Là est la question à laquelle a essayé de répondre Gérard Kango Ouédraogo, président d'honneur à vie du parti.
On ne peut lui contester le fait d'avoir su conserver une dignité et une notoriété que n'a pu guère émousser sa longue absence dans les couloirs des palais. Il reste, toutes constatations faites, au cur des questions politiques du pays. On guérit difficilement du virus de la politique.
Samedi dernier, sur les antennes de la radio publique, les auditeurs ont eu droit à un véritable cours d'histoire politique, de la Haute-Volta au Burkina Faso. Coïncidant avec la date du soixantième anniversaire de la création du ''Rassemblement démocratique africain'', on peut dire que le président d'honneur a fait réussir à son parti une rentrée politique ''historique''. Mais c'est quasiment dans un langage d'initiés qu'il aura expliqué le désistement de Gilbert Noël Ouédraogo en faveur du candidat Blaise Compaoré. Selon ses dires, il ne s'est pas agi de supporter un individu, mais un pays. N'est-ce pas tout à l'honneur du candidat choisi! Qu'est-ce à dire? Le RDA est un parti rassembleur, prônant la fraternité et la solidarité''. Sans doute, pour saisir la profondeur de ces dires, faut-il remonter au soutien du RDA au général Sangoulé Lamizana, pour éviter des ''chocs!'' A cela pourrait s'ajouter ce douloureux épisode de la Révolution au cours de laquelle le ''candidat du consensus'' aura prouvé son attachement à certaines valeurs africaines... ''prônées'' par le RDA (...)
La réponse de Gérard Kango Ouédraogo suffira-t-elle à l'opinion; effacera-t-elle le doute qui habite nombre de Burkinabè?
La question ne finira pas d'être posée, surtout que de nombreux électeurs essaient de comprendre les silences du chef de l'Etat y relatifs, ainsi que le caractère arbitral de sa charge, constamment mise à rude épreuve...
En attendant que ses mémoires nous disent plus clairement quel genre de ''choc'' aura évité le Faso en 2005, Gérard Kango aura réussi la prouesse de prouver que la politique, même sous les tropiques, pouvait se faire... assez proprement! N'est-ce pas ce qu'il souhaite à la génération présente? Hélas, il y en a qui ont du mal à domestiquer leurs pulsions autocratiques héritées de mets politiques mal digérés, dans un environnement où la diversité tient lieu de doctrine commune...
C'est surtout une leçon de courage qu'a voulu faire entendre aux militants le président Kango. Mais s'il est bon d'avoir du courage, l'important est de savoir s'en servir au bon moment. Pour certains, il n'est pas toujours facile de définir les injures et la calomnie, voire d'encaisser des coups à l'image des pères fondateurs du ''parti de l'éléphant'', si l'on en croit les dires de son coordonnateur international. Dommage, ici et là, l'on trouve bien plus facile de compter et d'encaisser les ''feuilles''...
A l'orée des législatives qui ne s'annoncent guère ''faciles'', en ce sens que la sélection des candidats délaissera les sentiers battus de la ''cooptation'', dit-on, certains cercles n'hésitent pas à affirmer que la notion de parti est sur le point d'être sérieusement écornée par des stratégies politiques plus fiables: l'existence des ABC en serait l'exemple dont nombre d'adhérents se vantent de ne point appartenir à des ''castes'' qui se gargarisent de slogans et s'abîment dans les clichés. En s'organisant autour de la personne du chef de l'Etat, ils seraient susceptibles d'influer sur le choix de candidats. On le voit, le principe de loyauté envers un homme prend doucement le pas sur la logique partisane. Il semble, en effet, que l'on se trouve là en présence d'une stratégie conçue pour le long terme. Alors, objectif 2010? On en reparlera très certainement.


A. Pazoté

 

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28 octobre 2006 6 28 /10 /octobre /2006 23:09
ISSAKA KORGO
Une prime à la délinquance

Pour bien faire, on a choisi la procédure judiciaire qui convient : " la citation directe ". Le dossier n'a pas été donc instruit. La justice a fait le strict minimum en allégeant au maximum les charges pour aboutir évidemment à la relaxe pour " infraction non constituée ". Nos juges ne finiront pas de nous étonner !Le verdict dans l'affaire Korgo est tombé depuis le 5 octobre. La justice a décidé qu'il n'y avait pas d'infraction et a donc relaxé purement et simplement Issaka Korgo. Verdict étonnant à l'image du procès lui-même qui s'est tenu de la façon la plus étonnante. Alors que l'on s'attendait que le procureur confie l'affaire à un juge d'instruction pour essayer de démêler les accusations du conseil des ministres qui sont graves, puisque portant sur du faux en écriture publique qui a permis à Issaka Korgho non seulement de se fabriquer de faux procès verbaux de réception, de marchés non exécutés mais également de fabriquer de faux papiers d'attribution de marchés publics qui ont été nantis auprès des banques. Et voilà ce que le texte du Conseil des ministres dit : " la commission de règlement à l'amiable des litiges a pu relever en sa séance du 3 mai 2005 que certains marchés similaires fournis dans le cadre de l'appel d'offre N° 2005-405/MEBA pour la livraison de fournitures scolaires au MEBA étaient de faux contrats. Et le texte du Conseil des ministres d'expliciter les faux marchés : Il s'agit notamment des marchés N° 2005/MEF/DGCP/DREP /DIDI/IVK (sans date) et le marché N° 2003/145/MEF/MESSRS/2003.


Par Newton Ahmed BARRY

Le même texte du Conseil des ministres précise que "SOKOCOM SA n'était pas à son premier forfait " avant d'avouer que "le faux est devenu une pratique courante dans le domaine des marchés publics… ".
Sur la base de ces faisceaux d'indices, la logique aurait bien entendu voulu qu'une instruction se mette en place pour mettre à nu les mécanismes des faux. Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Le parquet par la procédure de la citation directe a précipité le jugement rendant impossible l'investigation de tous les éléments de la fraude. La conséquence, c'est le verdict qui est tombé, alors même que le prévenu a reconnu que le procès verbal de réception définitive était un faux. Nous sommes donc rentrés dans une nouvelle phase de notre justice. En fonction de ce qu'elle veut sauver ou enfoncer le prévenu, elle lui taille une procédure sur mesure. Mais à la vérité, cette affaire est tellement grossièrement faite qu'elle n'indigne même pas les burkinabè. Ce sont les étrangers qui vivent parmi nous, nos fameux partenaires financiers et techniques (PTF) qui tombent des nues, un peu à l'image de l'ex ambassadeur de France qui a quitté le pays quelque peu dépité par les " vraies " réalités du pays.
Ce dossier montre s'il en était besoin, le caractère délibéré du déni de justice. Mais à ce jeu, les perdants ne sont pas forcement ceux que l'on croit. C'est le corps de la justice lui-même qui se dévoie à peu de frais. Que ceux qui en doutent encore regardent la bande annonce de la nouvelle émission sur les Lois de la TNB que devrait animer le dynamique Ardjouma David Thombiano. Dans le micro trottoir, un intervenant est formel " notre justice c'est pas la peine…si on n'a pas l'argent ce n'est pas la peine d'avoir à faire à elle ". Effectivement, c'est la réalité de notre justice et l'affaire Korgo permet d'illustrer ce sentiment. En effet, cette affaire s'est produite en même temps qu'une autre, avec une réaction totalement différente de la même justice et du même parquet. Il s'agit de l'affaire "Kam Saïd Fatogoma et Mamadou Doumbia ", tous deux journalistes à la Radio nationale. Les deux sont accusés d'avoir fabriqué de faux diplômes de BAC, dans la perspective de leur intégration à la fonction publique. Depuis le 14 juillet 2006, ils croupissent à la MACO. La même justice refuse de leur accorder une simple liberté provisoire. Et pourtant, jusqu'à preuve du contraire et contrairement à Korgo Issaka ils ne reconnaissent pas les faits qui leur sont reprochés. Les deux malheureux sont en prison et leur dossier est en instruction. Pourquoi eux ne pourraient-ils pas bénéficier de la procédure de la citation directe ? Pour être rapidement jugé. Et pourquoi dans leur cas du reste a-t-on jugé nécessaire de les mettre en détention préventive ? N'ont-ils pas comme Issaka Korgo fait de simples faux ? Pourquoi deux poids deux mesures pour les mêmes fils du pays. Et puis dans le cas de Kam Saïd Fatogoma, ce régime lui doit au moins d'avoir organisé un immense bain de foule pour le président Blaise Compaoré avant qu'il ne se rende à Marcoussis où il devait affronter Gbagbo. Dans le prolongement de cette mobilisation, un mouvement, réplique des patriotes ivoiriens, est né, dirigé par le même Kam Saïd Fatogoma dont la mission a été de harceler les Hermann Yaméogo et autres qui avaient de la sympathie pour Gbagbo. Pour service rendu, n'ont-ils pas droit eux aussi à la bienveillance de la justice ? C'est vrai que pour leur malheur, ils ne sont pas aussi riches que Issaka Korgo et n'ont pas un pouvoir infini de corruption. Qu'on ne nous dise surtout pas que c'est parce qu'il s'agit d'un diplôme important. Parce que cela fait longtemps que les grands de ce pays font établir de fausses attestations de succès au Bac pour leurs enfants et dont ils se servent pour les inscrire dans les universités et les grandes écoles du Nord. Dans ce journal nous sommes revenus, assez souvent sur ces cas.
Parce qu'à la vérité dans cette affaire, l'attitude de la justice a visé à préserver un système solidement ancré dans la procédure de passation des marchés publics. L'Etat lui-même reconnaissait que " le faux est devenu une pratique courante ". Le verdict dans l'affaire Korgo Issaka va l'institutionnaliser désormais. Le système qui est solidement tissé et qui va de la direction des marchés publics, des DAF des ministères et des parquets des tribunaux (précisément le parquet de Ouagadougou) va s'en trouver légitimé. A tous le moins renforcé. Il y a même une chose qui a été révélée pendant ce procès, les bénéficiaires des marchés publics, n'ont pas besoin d'attendre l'approbation du ministre des Finances. Dès les délibérations de la commission d'attribution ils peuvent déjà commencer l'exécution des marchés et ils seront payés en temps et à l'heure. C'est en tout cas ce qui a toujours prévalu pour Issaka Korgo, qui a toujours bénéficié de marchés attribués et non approuvés par le ministre. Est-ce un stratagème pour protéger le ministre en cas de cas ? Ce n'est pas impossible, vu la quantité de marchés qui sont attribués au seul Issaka Korgo. Dans tous les appels d'offres il est toujours et curieusement le moins disant. Et c'est lui qui rafle toujours les marchés. Dans ces conditions on peut imaginer qu'en accord avec le DAF du ministère des Finances, on puisse ne pas soumettre tous les marchés au ministre, ainsi quand il se posera un problème, le ministre est épargné. S'il n'a pas approuvé le marché, il ne peut pas être tenu pour responsable des problèmes dans son exécution. Conséquemment, si l'intéressé peut exécuter des marchés non approuvés, il est aussi fondé à s'en attribuer de fictifs. Et c'est ce qu'il fait.
Pour sûr, la situation dans l'attribution et l'exécution des marchés publics demande une clarification urgente. Une véritable mafia s'y est ancrée empêchant toute transparence. Cette situation préoccupe les partenaires techniques et financiers du Burkina, surtout dans la perspective de l'approche appui budgétaire qui semble celle vers laquelle on tend depuis quelques années dans la constitution du budget national. Or l'une des conditions pour que l'expérience se consolide, c'est la confiance entre les partenaires et l'Etat burkinabè. Après les couacs dans la gestion du PDDEB, cette affaire Korgo Issaka vient rendre les partenaires financiers encore plus méfiants. En avril dernier déjà, la représentante de l'Union européenne s'était inquiétée du renchérissement des coûts d'environ 15%, dans les marchés publics. Cette affaire Korgo peut lui donner un début de réponse. Quand il faut sur tout le parcours arroser les intervenants, forcément le coût de revient des prestations va s'en ressentir. Et dans ce cas il y a deux attitudes possibles : primo, le bénéficiaire du marché distribue une bonne partie du marché et se retrouve dans l'incapacité de l'exécuter ; ce sont les cas de l'aménagement de la rive gauche à Bagré par Kanazoé, du barrage de la Bougouriba, des aménagements dans le Sourou. Secondo, il répercute ces frais sur le marché ou bâcle les ouvrages, comme la route de Bobo Dioulasso avec l'entreprise Razel.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Ne serait-ce que pour soigner les formes, l'Etat aurait pu faire appel. Mais c'est peu probable qu'il le fasse, puisque ses représentants au procès avaient jugé que l'Etat n'avait pas subi de préjudice dans l'affaire. Et puis le procureur n'avait requis qu'une peine avec sursis. Le verdict rendu n'est pas finalement très éloigné de ces réquisitions du procureur. Alors il n'y a pas de raison de faire appel.
A contrario, Issaka Korgo est désormais fondé à attaquer l'Etat devant le tribunal administratif et il est assuré de gagner, puisque l'infraction n'est pas constituée. Il sera donc rétabli dans les marchés publics et ceux dont l'exécution avait été suspendue lui seront restitués. Comment appeler tout ça si ce n'est une prime à la délinquance. Et puis pour tout couronner, le 11 décembre prochain, on va lui épingler sur la poitrine, la reconnaissance de l'Etat. En définitive pour faire ce qu'il a fait et pour s'en tirer à si bon compte, il faut que Issaka Korgo s'adosse sur un des piliers de ce régime. Et ces piliers ne sont que deux. Ce sera le centre d'intérêt de nos prochains papiers dans ce dossier.

La justice peine
à s'affirmer comme pouvoir


Par Germain B. Nama

La justice burkinabè a fini par réussir sa révolution sémantique. Longtemps considérée comme une simple autorité, la loi fondamentale adoptée en 1991 l'a consacrée désormais comme un pouvoir. Mais du concept à la réalité, il y a un fossé abyssal dont les conséquences sont en train de saper gravement les fondements de la société burkinabè.
"L'injustice me paraît être le principal handicap du Burkina Faso. C'est cela qui fait que les gens n'ont pas confiance aux institutions qui par ailleurs ne sont pas mal. Il y a de bonnes choses qui méritent d'être approfondies, confortées et renforcées. Mais le maillon faible, c'est l'injustice." Ces propos sont de Francis Blondet, ambassadeur de France au Burkina. Certes, le diplomate français était en fin de séjour au moment où il tenait ces propos, mais le fait demeure tout de même inhabituel, surtout que la déclaration a été faite en terre du Burkina, à travers les colonnes de notre confrère le Pays*, quelques jours avant qu'il ne prenne l'avion pour la France. Les Burkinabè qui vivent leur justice n'apprennent rien par cette déclaration qu'ils ne savent déjà. La nouveauté cependant vient du fait que les paroles de l'ambassadeur Blondet rompent avec le traditionnel langage diplomatique observé dans des questions dites délicates. Pour autant, cela ne veut pas dire que le grand chambardement est imminent dans les relations entre les deux pays, mais le fait est assez singulier, pour embarrasser les princes qui nous gouvernent. A qui imputer cette situation, s'interroge le diplomate ? Sa réponse quelque peu évasive n'en montre pas moins qu'il a une idée de la question: "Est-ce la faute aux magistrats, est-ce les habitudes, la culture du pays ou est-ce encore une volonté politique qui fait que la justice entrave la justice au lieu de la révéler" se demande t-il en effet. Une chose est sûre, le phénomène de l'injustice doit être sérieux à ses yeux pour que le diplomate français juge opportun de mettre les pieds dans le plat. Les juridictions burkinabè qui s'apprêtaient à effectuer leur rentrée solennelle en fanfare le lundi 02 octobre reçoivent ainsi une contribution inattendue à leur réflexion.

la problématique du pouvoir judiciaire

" Prenons en compte l'opinion couramment répandue selon laquelle la justice ne fait pas son travail, la justice est lente, la justice est injuste, les juges sont pourris… On nous accuse d'être bienveillants à l'égard des gros délinquants et sévères à l'égard des petits délinquants. " Ce n'est plus Son excellence M. Blondet, ambassadeur de France qui parle mais un juge de chez nous, M. Guiguemdé Boniface, commissaire du gouvernement auprès du Conseil d'Etat. C'était lui l'orateur du jour chargé du thème de la rentrée judiciaire. Devant le président du Faso personnellement présent à la rentrée solennelle des juridictions, il pose la question à ses confrères : " Qu'en est-il en réalité ? Chacun de nous devra répondre personnellement, car le juge est indépendant, si tant et si bien qu'il veuille l'être ; indépendant non seulement à l'égard des influences extérieures, mais aussi à l'égard de la hiérarchie dans le cadre de ses décisions. Si les péchés qu'on nous fait porter sont vrais, nous devons changer parce que ce n'est pas une bonne chose. S'ils sont faux, nous devons faire fi des critiques et marcher tête haute ; souhaitons que ce soit faux, si ce n'est maintenant, que demain il en soit ainsi. "En voilà une manière bien diplomatique d'en appeler à un sursaut de la part de ses confrères, parce que la crise de la justice, notre haut magistrat le sait, n'est pas une vue de l'esprit ; elle est si patente qu'elle a fait l'objet de deux rapports d'enquête courant 2005. Les conclusions d'un au moins de ces rapports sont connues et accablantes : " Au terme de sa mission, la commission, malgré la complexité de sa tâche a acquis la conviction que la corruption existe bel et bien dans le secteur de la justice. Elle fonde cette conviction d'une part sur le fait que très peu d'acteurs l'ont nié et d'autre part, sur l'analyse approfondie de certains dossiers."* Et comme il y avait une volonté politique pour entraver la révélation de la justice, on a préféré fermer les yeux sur les cas d'analyse approfondie des dossiers à forts relents de corruption. C'est exactement le cas du dossier SOSACO où la responsabilité personnelle de la présidente du TGI d'alors avait été évoquée dans des irrégularités de toutes sortes et notamment de procédure qui sentaient du louche. Mais on a préféré ne retenir que la mention du rapport selon laquelle l'ampleur du phénomène a été exagérée. Sur la question de l'ampleur de la corruption, il faut être clair. La gravité de la corruption dans la justice ne se juge pas seulement à l'aune du nombre de magistrats qui y sont impliqués mais aussi par la position que les magistrats corrompus occupent dans les rouages de l'institution judiciaire. Ils peuvent ne pas être nombreux et provoquer des dommages cataclysmiques. C'est apparemment ce qui se passe sous les yeux du plus grand nombre qui assistent impuissants aux ravages de ces magistrats " acquis ". Et c'est bien là le drame de la justice, tant et si bien que malgré sa révolution sémantique, elle est incapable de trouver ses marques vis-à-vis des autres pouvoirs, exécutif et législatif qui, parce qu'ils sont élus, se croient investis d'une légitimité supérieure. Le commissaire du gouvernement a tenu sur ce point à mettre les points sur les "i" en rappelant que "les constituants de 1991 n'ont pas entendu établir des rapports de hiérarchie entre les trois pouvoirs, ils on entendu plutôt établir des rapports de complémentarité entre eux. Mais ce qui compte en définitive, n'est-ce pas la réalité que traduit le mot ? C'est exactement ce que dit le juge Guiguemdé, quand il constate qu' " en vérité, autorité ou pouvoir, il faut aller sur le terrain pour se rendre compte si l'autorité dispose d'un pouvoir ou si le pouvoir dispose d'une autorité. "Et de fait, le juge est en quête perpétuelle, à la fois d'autorité et de pouvoir, sans doute parce qu'on ne lui fait pas suffisamment confiance. Ce n'est pas pour rien que le premier magistrat au Burkina Faso n'est pas le président d'une de nos hautes juridictions, mais le président du Faso en personne, chef du pouvoir exécutif. Avec ça, il n'est pas étonnant que le pouvoir judiciaire soit soumis au pouvoir exécutif. La confusion est dans la constitution elle-même et parce que cette confusion fait l'affaire des gouvernants, la justice est vouée à demeurer sous ordre pendant encore quelques temps n

" Extrait du rapport d'enquête de la Commission judiciaire, in L'Evénement du 25 janvier 2006





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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans JUSTICE
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