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25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 17:40
 


L'actualité de la Côte d'Ivoire
(d'après l'Agence France Presse)

 

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Côte d'Ivoire: les milices du sud-ouest proches du Président Gbagbo s'opposent au renforcement des pouvoirs du Premier ministre Banny

ABIDJAN, 24 oct 2006 - Les Forces de résistance du grand ouest (FRGO), milices proches du président Gbagbo qui contrôlent le sud-ouest ivoirien, ont mis en garde mardi la France et l'ONU contre tout transfert de pouvoirs du chef de l'Etat au Premier ministre, en se disant "prêtes à toutes éventualités". Dans un communiqué transmis à l'AFP, le FRGO demande à M. Gbagbo de "refuser toutes les initiatives des organisations sous-régionales, suppôts de la France, dans le but d'atteindre leur objectif de destruction de notre pays". Les FRGO font ici référence aux recommandations de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui ont en partie inspiré le projet de résolution sur la Côte d'Ivoire présenté lundi soir par la France à l'ONU. Ce texte, qui propose des modalités pour la transition ivoirienne après le 31 octobre, prévoit de donner les pleins pouvoirs au Premier ministre Charles Konan Banny, soutenu par la communauté internationale. "Nul n'a le monopole de la violence et nous sommes prêts à toutes les éventualités", soulignent les FRGO. Celles-ci mettent notamment en garde la France, qu'elles accusent d'avoir "armé les rebelles" qui contrôlent le nord du pays depuis leur tentative de coup d'Etat ratée contre M. Gbagbo en septembre 2002. "La France nous trouvera sur son chemin si elle ose maintenant une action de déstabilisation des Institutions", préviennent les milices. Les FRGO disent avoir demandé à "tous (leurs) combattants, partout où ils se trouvent, de se tenir mobilisés et prêts afin que nous prenions nos responsabilités pour tenir la Côte d'Ivoire debout". Alliées aux forces loyalistes du président Gbagbo, les FRGO regroupent le Front de libération du grand ouest (FLGO), plus importante des milices, l'Alliance patriotique Wê (Ap-wê), le Mouvement ivoirien de libération de l'ouest de la Côte d'Ivoire (Miloci) et l'Union des patriotes pour la réunification du grand ouest (UPRAGO), implantée près du Liberia.

Côte d'Ivoire: Dans un projet de loi envoyé au Conseil de Sécurité par la France, l'Onu pourrait donner les pleins pouvoirs à Konan Banny dans le cadre de la nouvelle période de transition politique en Côte d'Ivoire

NEW YORK (Nations unies), 23 oct 2006 - La France a fait circuler lundi au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution sur la nouvelle période de transition politique en Côte d'Ivoire, qui prévoit de donner les pleins pouvoirs au Premier ministre Charles Konan Banny. Ce texte affirme la prééminence des textes internationaux sur la Constitution ivoirienne pour tout ce qui concerne cette nouvelle transition, rendue indispensable par le nouveau report des élections, qui ne pourront se dérouler comme prévu avant le 31 octobre. Il "affirme qu'en cas de divergence, les instruments internationaux qui définissent les modalités particulières de la transition, en particulier les décisions du Conseil de sécurité fondées sur les décisions et les recommandations de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) et de l'Union africaine (UA), prévalent sur la Constitution ivoirienne et la législation du pays". Le projet souscrit à deux décisions du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, selon lesquelles d'une part le président Laurent Gbagbo "demeurera chef de l'État à partir du 1er novembre 2006 (...) pour une nouvelle et dernière période de transition n'excédant pas 12 mois", d'autre part le mandat du Premier ministre, Charles Konan Banny, est prorogé de la même manière à partir du 1er novembre 2006. Dans les deux cas, le texte fixe les conditions précises dans lesquelles les deux hommes exerceront leurs fonctions respectives, conditions qui reviennent à donner tous les pouvoirs à M. Konan Banny, tout en rappelant que "le mandat constitutionnel du président Laurent Gbagbo a expiré le 30 octobre 2005".

Côte d'Ivoire: la rébellion des Forces nouvelles demande à l'ONU d'écarter Gbagbo de la nouvelle période de transition dans la résolution du 25 octobre prochain sinon ils "se donneront les moyens nécessaires pour récuser, rejeter et empêcher la mise en œuvre d'une résolution"

ABIDJAN, 20 oct 2006 - La rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN) a demandé vendredi à l'ONU d'écarter le président Laurent Gbagbo de la nouvelle période de transition qui doit débuter le 1er novembre, et dont les modalités seront arrêtées le 25 octobre par le Conseil de sécurité. Les Forces nouvelles, qui contrôlent la moitié nord du pays depuis septembre 2002, "récusent tout maintien de M. Gbagbo comme chef de l'Etat dans la nouvelle transition", dans un communiqué. Les FN "demandent à l'ONU de ne pas cautionner" un tel maintien, source selon elles "de souffrance et de graves périls socio-politiques" dans le pays. "La future résolution des Nations unies doit rompre avec l'impasse et le statu quo entretenus jusque là du fait de résolutions inadaptées et de blocages suscités par le chef de l'Etat", affirment-elles. En cas de maintien de M. Gbagbo, quasiment certain car déjà annoncé par l'ONU, les FN "ne se reconnaîtront plus dans (le nouveau) schéma de transition" et "se donneront les moyens nécessaires pour récuser, rejeter et empêcher la mise en oeuvre d'une résolution" en ce sens, préviennent-elles. Elles invitent donc "toutes les forces vives en Côte d'Ivoire à se mobiliser avec les moyens nécessaires et adéquats afin d'empêcher (ce) maintien". La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis une tentative de coup d'Etat ratée des FN contre M. Gbagbo en septembre 2002. Le président ivoirien contrôle toujours le sud, alors que le nord est aux mains des FN. En octobre 2005, devant l'impossibilité d'organiser des élections au terme du mandat de M. Gbagbo (élu pour cinq ans en 2000), le conseil de sécurité de l'ONU avait décidé de prolonger d'un an le mandat du président, en prévoyant des élections avant la fin octobre 2006. Mais ce délai n'a pu être tenu, et l'ONU a déjà annoncé qu'elle devrait à nouveau, le 25 octobre, prolonger d'un an le mandat de M. Gbagbo, en tandem avec le Premier ministre Charles Konan Banny, en donnant à ce dernier des pouvoirs élargis pour permettre la tenue d'élections d'ici octobre 2007.

Côte d'Ivoire: Le Secrétaire général de l'Onu, M. Annan recommande dans un rapport au Conseil de sécurité une période de transition politique la plus courte possible et qui soit "la dernière" déterminée uniquement sur la base du temps nécessaire pour achever les processus en cours

NEW YORK (Nations unies), 18 oct 2006 - La nouvelle période de transition politique en Côte d'Ivoire devrait être la plus courte possible et constituer le dernier délai donné aux dirigeants de ce pays avant leur mise à l'écart, recommande le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, dans un rapport publié mercredi. Dans ce rapport au Conseil de sécurité, qui doit examiner le 25 octobre la crise en Côte d'Ivoire et décider des modalités de la nouvelle transition dans ce pays coupé en deux depuis 2002, M. Annan ne ménage pas la classe politique ivoirienne qu'il juge responsable du report, pour la seconde fois en un an, des élections qui étaient l'étape-clé d'un processus de sortie de crise. M. Annan affirme que "la durée de la future période de transition devrait être déterminée uniquement sur la base du temps nécessaire pour achever le processus de désarmement, démobilisation et réintégration, dresser les listes électorales, démanteler les milices, rétablir l'autorité de l'Etat et terminer les préparatifs techniques pour les élections". Soulignant que "le manque de volonté politique des dirigeants ivoiriens ne doit pas être une nouvelle cause de blocage", M. Annan recommande de leur signifier que cette nouvelle transition sera "la dernière". "S'ils échouent encore à aller aux élections, la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest), l'Union africaine (UA) et le Conseil de sécurité devraient envisager la mise en place d'arrangements transitoires faisant appel à d'éminentes personnalités de la société civile, non partisanes", ajoute le rapport. M. Annan recommande encore que pour éviter les blocages observés au cours de l'année écoulée, le Conseil devrait affirmer que "les instruments internationaux établissant les modalités de la transition (résolution de l'ONU, décisions de l'UA ou de la Cédéao) auront, en cas de doute, la prééminence sur la constitution et les lois ivoiriennes". La transition mise en place jusqu'à octobre 2006 donnait au Premier ministre Charles Konan Banny des pouvoirs élargis, que le camp du président Laurent Gbagbo n'a cessé de contester, en s'appuyant sur la constitution ivoirienne. Le processus de paix ivoirien, encadré par les Nations unies et l'Union africaine, devait déboucher avant fin octobre sur des élections générales visant à réunifier le pays, coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat des Forces nouvelles (FN) en septembre 2002. Mais les désaccords persistants des protagonistes sur l'actualisation des listes électorales et sur le désarmement, ainsi que les affrontements réguliers de leurs partisans, ont rendu ce délai impossible à tenir. C'est la seconde fois que les élections, initialement prévues en octobre 2005, sont reportées.

Côte d'Ivoire : L'Union africaine a décidé de reconduire pour un an maximum MM. Gbagbo et Konan Banny et déchargé le Président Tabo Mbeki de la médiation en Côte d'Ivoire

ADDIS ABEBA, 17 oct 2006 - L'Union africaine (UA) a "décidé" de reconduire pour une période "n'excédant pas douze mois" le président ivoirien Laurent Gbagbo et le Premier ministre Charles Konan Banny qui bénéficiera de pouvoirs encore plus élargis, a annoncé mardi le président de l'UA, Denis Sassou Nguesso. Ces décisions vont maintenant être transmises au Conseil de sécurité des Nations unies, qui se penchera le 25 octobre sur la crise en Côte d'Ivoire et décidera des modalités de la nouvelle transition dans ce pays coupé en deux depuis 2002. "Il est clairement établi que malgré tous les efforts déployés, il n'est pas possible d'organiser des élections en Côte d'Ivoire (d'ici le 31 octobre 2006), comme cela avait été prévu l'année dernière", a déclaré M. Sassou Nguesso lors d'une conférence de presse à Addis Abeba, au terme d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, consacrée à la Côte d'Ivoire. "Nous avons décidé d'une autre période de transition n'excédant pas douze mois, au cours de laquelle Laurent Gbagbo est confirmé dans ses fonctions de chef d'Etat et le Premier ministre Charles Konan Banny dans ses fonctions de Premier ministre de la transition", a-t-il poursuivi. "Et puisque le CPS de l'UA a analysé les différents blocages constatés, il a pris une série de décisions, notamment de renforcer les pouvoirs et les moyens du Premier ministre pour qu'il conduise à bon port sa mission", a ajouté le président en exercice de l'UA et chef de l'Etat du Congo-Brazzaville. "En conseil des ministres, il sera possible de procéder par ordonnance et décret loi", a-t-il précisé au siège de l'UA où s'est tenu pendant environ neuf heures le CPS, réuni au niveau des chefs d'Etat. "Le Premier ministre disposera également de l'autorité nécessaire sur toutes les forces intégrées de défense et de sécurité ivoiriennes pour lui permettre d'exécuter les tâches qui lui sont assignées", selon le communiqué final du CPS. L'UA a de fait repris les recommendations faites le 6 octobre par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Elle a enfin décidé "de soumettre la présente décision au Conseil de sécurité des Nations unies pour recueillir son soutien". L'ONU a cependant d'ores et déjà annoncé qu'elle allait accorder à la Côte d'Ivoire un nouveau délai d'un an pour organiser des élections, les modalités de la nouvelle transition politiques devant être arrêtées le 25 octobre. La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis la tentative de coup d'Etat ratée de la rébellion des Forces nouvelles (FN) contre le président Gbagbo en septembre 2002. Le camp présidentiel contrôle le sud, alors que le nord est aux mains des FN.

Cote d'Ivoire: A l'occasion de la journée mondiale du refus de la misère, la ligue ivoirienne des droits de l'homme prévient que si la crise ivoirienne perdure, la pauvreté dans le pays risque de s'accentuer

ABIDJAN, 16 oct 2006 - La pauvreté "a augmenté de façon significative" ces dernières années en Côte d'Ivoire "et risque de s'accentuer" si la crise perdure, a prévenu lundi la ligue ivoirienne des droits de l'homme (Lidho). "La pauvreté a augmenté de façon significative en Côte d'Ivoire et elle risque de s'accentuer avec la crise socio-politique dont la solution tarde à venir", explique la Lidho dans un communiqué publié la veille de la journée mondiale du refus de la misère. "La misère gagne du terrain depuis plus d'une décennie. Les pauvres, dont le nombre ne cesse de croître, deviennent de plus en plus pauvres, tandis qu'une minorité de +riches+ contrôle une part de plus en plus importante des richesses nationales", explique-t-elle. Entre 1970-1975 et 2000, l'espérance de vie a baissé de 50 à 46 ans, et la probabilité de mourir avant 40 ans est aujourd'hui de 42%, selon la Lidho. Selon la ligue, "10% de la population consomme 34% des richesses nationales alors que 10% des pauvres n'en consomment que 2%" et "20% des riches consomment 52% des richesses alors que 20% des pauvres n'en consomment que 5,2%". L'indice de développement humain, qui était de 44% dans les années 80, est passé à 43% dans les années 90, ajoute-t-elle. La Côte d'Ivoire figurait en 2005 au 163ème rang (sur 177 pays) du classement du développement humain du programme des nations Unies pour le développement (PNUD), et au 84ème rang (sur 103 pays en développement) à l'indice de pauvreté humaine, rappelle la Lidho. A l'occasion de la journée mondiale du refus de la misère, la Lidho appelle tous les acteurs nationaux, et notamment le gouvernement, à "prêter une attention plus soutenue aux maillons les plus faibles de la société" et à favoriser une "redistribution plus équitable des richesses nationales".

Côte d'Ivoire: Aide commune européenne de 143 milliards de F CFA pour 2008-2013 allouée à la Côte d'Ivoire qui doit servir  à promouvoir une bonne gouvernance économique et politique, à consolider la paix, la cohésion sociale et les infrastructures et appui aux filières agricoles

ABIDJAN, 14 oct 2006 - L'Union européenne a alloué à la Côte d'Ivoire une enveloppe de 143 milliards de francs CFA (218,4 millions d'euros) au titre de la coopération communautaire pour la période 2008-2013, indique samedi un communiqué de la délégation de la Commission européenne à Abidjan. Cette enveloppe, qui correspond au 10ème Fonds européen de développement (FED), doit servir à "promouvoir une bonne gouvernance économique et politique" (32,8 millions d'euros) et à "consolider la paix, la cohésion sociale et les infrastructures" (152 millions d'euros), précise le communiqué. Le reste de l'enveloppe (32,8 millions d'euros) doit venir appuyer plusieurs programmes de développement des filières agricoles, d'intégration régionale, de coopération technique et de soutien à la société civile, ajoute-t-il. Les sommes engagées correspondent au budget de coopération dédié à la Côte d'Ivoire mis à disposition par les 25 Etats membres de l'Union européenne, et ne comprennent donc pas l'aide bilatérale propre à chaque pays. Le 10ème FED s'inscrit dans le cadre du partenariat entre l'Union européenne et les 77 pays de la zone Afrique Caraïbes Pacifique (ACP) défini par l'accord de Cotonou du 23 juin 2000, révisé à Luxembourg le 25 juin 2005. La situation précaire de l'Etat ivoirien, coupé en deux depuis une tentative de coup d'Etat en septembre 2002 et régulièrement secoué depuis par des accès de violences, n'a pas permis la mise en oeuvre du 9e FED. Après un coup d'Etat fin 1999, la croissance ivoirienne a reculé de 2,3% en 2000. L'activité n'est redevenue significativement positive qu'à partir de 2004, avec 1,6% de croissance en 2004 et 1,8% en 2005, selon l'UE, qui reste le principal contributeur à l'aide au développement en Côte d'Ivoire.

Côte d'Ivoire: L'Anaproci, une association ivoirienne de producteurs de cacao, premier producteur mondial de cacao, dénonce le nouveau prix d'achat de la fève, fixé à 400 francs CFA (0,61 euro) le kilo et menace de déclencher un mouvement de grève national

ABIDJAN, 12 oct 2006 - Les producteurs ivoiriens de cacao ont menacé jeudi de déclencher un mouvement de grève national à partir de lundi prochain pour protester contre le nouveau prix d'achat de la fève, jugé insuffisant. "Nous allons paralyser le pays si nous n'obtenons pas gain de cause", a déclaré à la presse Gervais Seri, secrétaire général de l'Association nationale des producteurs de café cacao de Côte d'Ivoire (Anaproci), à l'issue d'une réunion de crise à Abidjan. L'Anaproci, qui regroupe la majorité des 600.000 planteurs de Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, dénonce le nouveau prix d'achat de la fève, fixé à 400 francs CFA (0,61 euro) le kilo, selon M. Séri, qui estime que cette menace de grève est "un signal fort" à l'attention du gouvernement. Ce prix "indicatif d'achat bord champ" vient d'être fixé par la Bourse du café cacao (BCC) d'Abidjan, structure de commercialisation du cacao en Côte d'Ivoire. Les planteurs réclament de leur côté un prix de 600 FCFA/kg, jugeant le prix de 400 FCFA "insuffisant du fait des taxes encore trop élevées". Valable le temps de la "traite" (période de vente du caco), qui s'ouvre en octobre et doit durer plusieurs mois, ce prix a été majoré de 10 FCFA par rapport à la campagne précédente, a précisé M. Séry L'Anaproci réclame également une réduction de 100 FCFA/kg du Droit unique de sorti (Dus), une taxe qui s'élève actuellement à 220 FCFA/kg. Selon la bourse d'Abidjan, la Côte d'Ivoire a produit 1,4 million de tonnes de cacao au cours de la campagne 2005/2006, dont 1,33 ont été exportés, contre 1,28 million, dont 1,22 ont été exportés, lors de la saison précédente. Environ 6 millions d'Ivoiriens, sur un total de quelque 15 millions, vivent directement ou indirectement du cacao. Près d'un tiers des 600.000 producteurs de cacao recensés ont abandonné leur exploitation par crainte de l'insécurité depuis le début de la crise militaro-politique de septembre 2002, déclenchée par une rébellion armée qui occupe toujours le nord du pays. Selon la présidence ivoirienne, le café et le cacao représentent 40% des recettes d'exportations de la Côte d'Ivoire et 20% de son PIB, estimé à 8.000 milliards de FCFA (12,20 milliards d'euros) par le Fonds monétaire international (FMI).

Côte d'Ivoire: Après avoir pris acte des recommandations de la Cédéao de la probable reconduction d'un an du Président Gbagbo, l'opposant ivoirien Ouattara propose une présidence collégiale et une suspension de la Constitution pour avancer dans le processus de paix

ABIDJAN, 11 oct 2006 - L'opposant ivoirien et ancien Premier ministre Alassane Ouattara a préconisé mercredi l'instauration d'une présidence collégiale, dont il ferait partie, et une suspension de la Constitution pour faire appliquer les résolutions de l'Onu et avancer dans le processus de paix. Dans un document intitulé "propositions concrètes pour une sortie de crise en Côte d'Ivoire", Alassane Ouattara, prenant acte de la probable reconduction pour un an du président Gbagbo, propose, à défaut de sa mise à l'écart, la mise en place d'un "conseil présidentiel" collégial. Ce conseil regrouperait les principaux leaders ivoiriens que sont, outre MM. Gbagbo et Ouattara, l'opposant et ancien président Henri Konan Bédié, ainsi que Guillaume Soro, secrétaire général de la rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôle le nord du pays depuis septembre 2002. M. Ouattara y réitère sa volonté de suspendre la Constitution ivoirienne, qu'il considère comme un obstacle à l'application des résolutions de l'Onu, et de renforcer les pouvoirs du Premier ministre Charles Konan Banny (nominations, décrets-lois, commandement militaire, désarmement) aux détriments de ceux du président Gbagbo. Il réclame également la reprise à partir de novembre et l'achèvement "en deux mois" des "audiences foraines" destinées à recenser les populations en vue des élections et paralysées en raison des affrontements entre partisans de M. Gbagbo et ceux de l'opposition et de la rébellion. "Sur la base de ces hypothèses, le premier tour des élections présidentielles pourrait techniquement se dérouler dans huit mois maximum", estime M. Ouattara, président du parti d'opposition du Rassemblement des Républicains (RDR). La plupart de ces recommandations semblent avoir bien peu de chances d'aboutir, selon plusieurs diplomates, qui estiment que M. Gbagbo devrait être reconduit à son poste pour an an, et la Constitution ivoirienne, qui lui confère ses pouvoirs, maintenue. La Côte d'Ivoire est coupée entre le sud (gouvernemental) et le nord, tombé aux mains des rebelles des Forces nouvelles (FN) lors de leur tentative de coup d'Etat contre M. Gbagbo en septembre 2002.

Côte d'Ivoire: Après le sommet de la Cédéao, les Chefs d'Etat des pays membres du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine se réuniront le 17 octobre à Addis Abeba pour se pencher sur la crise en Côte d'Ivoire 

ADDIS ABEBA, 10 oct 2006 - Les chefs d'Etat des pays membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine se réuniront le 17 octobre à Addis Abeba pour débattre des propositions de sortie de crise en Côte d'Ivoire, a annoncé mardi le président de la Commission de l'UA, Alpha Oumar Konaré. "La réunion aura lieu le 17 octobre à Addis Abeba au niveau des chefs d'Etat" du CPS, a déclaré M. Konaré à Addis Abeba, siège de l'Union africaine (UA). Les réunions à ce niveau du CPS, l'un des principaux organes de l'UA, sont relativement rares. Généralement, elles ont lieu au niveau des ambassadeurs ou des ministres des Affaires étrangères. Vendredi, les chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) s'étaient réunis à Abuja pour se pencher sur la crise en Côte d'Ivoire, coupée en deux depuis une tentative de coup d'Etat ratée en septembre 2002. Au terme de ce sommet, la Cédéao avait fait parvenir à l'UA des "recommandations détaillées", et non rendues publiques, concernant la transition Ivoirienne. Ces recommandations prévoient une rallonge d'un an pour le président Laurent Gbagbo et le Premier ministre Charles Konan Banny après le 31 octobre dans le cadre de la nouvelle transition ivoirienne, selon des sources diplomatiques africaines. Le sommet d'Abuja visait à définir les modalités de cette nouvelle transition, la précédente, définie par la résolution 1633 adoptée par l'Onu en octobre 2005, arrivant à terme le 31 octobre. Les récentes réunions sur la Côte d'Ivoire ont constaté l'échec de la résolution 1633, qui prévoyait la tenue d'élections avant le 31 octobre 2006. Ce délai n'a pu être tenu en raison des multiples blocages et affrontements entre partisans du président Gbagbo, de l'opposition et de la rébellion des Forces nouvelles (FN), dans un pays coupé en deux entre le Sud (gouvernemental) et le Nord (tenu par les FN) depuis septembre 2002. Il revient désormais à l'UA et à l'Onu de déterminer l'équilibre des pouvoirs entre MM. Gbagbo et Banny après le 31 octobre, dans un contexte délicat de tensions et de risques d'affrontements sur le terrain.

Côte d'Ivoire: Selon plusieurs diplomates européens à Abidjan, la Cédéao recommande dans le cadre de la nouvelle transition ivoirienne la prolongation d'un an du Président Gbagbo et du Premier ministre Banny

ABIDJAN, 9 oct 2006 - La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao) recommande la prolongation d'un an du président Laurent Gbagbo et du Premier ministre Charles Konan Banny après le 31 octobre dans le cadre de la nouvelle transition ivoirienne, a-t-on appris lundi de sources concordantes. Cet avis, non mentionné vendredi dans le communiqué final de la Cédéao, fait partie des recommandations "secrètes" (non rendues publiques) transmises à l'Union africaine (UA), qui doit examiner le dossier africain à la mi-octobre. "La Cédéao recommande la prolongation d'un an du dispositif institutionnel de transition actuelle, avec le président Gbagbo et le Premier ministre Banny", ont indiqué lundi plusieurs diplomates européens à Abidjan. "Nous sommes informés que le chef de l'Etat est encore maintenu à son poste pour une période d'un an, et le Premier ministre Banny demeure à son poste", a également indiqué lundi le secrétaire générale de la rébellion des Forces Nouvelles (FN), Guillaume Soro, dans un entretien au quotidien "Le Patriote". Cette information va dans le même sens que les indications données ces dernières semaines par plusieurs responsables occidentaux sur les probables modalités de la prochaine transition qui doit débuter le 1er novembre.

Côte Ivoire: Après plusieurs heures de débat à huit clos entre les Chefs d'Etat et de gouvernement ont décidé de s'en remettre à l'Union africaine et à l'Onu au sortir du Sommet extraordinaire de la CEDEAO qui s'est tenu à Abuja le 6 octobre

ABUJA, 7 oct 2006 - Les onze chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest réunis en Sommet régional à Abuja vendredi sur la Côte d'Ivoire ont décidé de s'en remettre à l'Union Africaine et à l'Onu pour dénouer la crise qui dure puis quatre ans. A l'issue d'un sommet qui s'est achevé tard dans la nuit dans la capitale fédérale nigériane, les chefs d'Etat de onze pays membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao), dont le président ivoirien Laurent Gbagbo, ont exprimé leur "profonde préoccupation face aux blocages" du processus de paix qui ont empêché la tenue de l'élection présidentielle initialement prévue fin octobre. C'est le second report de la présidentielle après celui d'octobre 2005. La Cédéao n'a toutefois pas fixé ou proposé de date pour ce scrutin dans son communiqué. Avant l'ouverture du Sommet, le secrétaire exécutif de la Cédéao, Mohamed Ibn Chambas, avait averti: "ce sera le dernier report de la date des élections". Dans leur communiqué final, les chefs d'Etats ont également déploré "les obstacles et atermoiements" qui ont rendu impossible cette élection, tout en réclamant une "mise en oeuvre pleine et entière" de la résolution 1633 du Conseil de sécurité de l'Onu. Adoptée le 21 octobre 2005, cette résolution réclame essentiellement l'attribution de "tous les pouvoirs nécessaires" au Premier ministre pour mener à bien la transition jusqu'à des élections présidentielle et générales "libres, ouvertes, régulières et transparentes". La même résolution prévoyait également une prolongation de 12 mois de Laurent Gbagbo comme chef de l'Etat, mais exigeait aussi des Forces Nouvelles (FN, rébellion) qu'elles appliquent le programme prévu de désarmement. Selon les présidents ouest-africains, la résolution 1633 constitue "le cadre idéal du règlement de cette crise" face aux blocages dans son application, ils demandent au Conseil de sécurité de l'ONU de "prendre les mesures appropriées". La Cédéao exprime par ailleurs son soutien "à l'Onuci (la force de l'Onu en Côte d'Ivoire) et aux forces françaises" de l'Opération Licorne (4.000 hommes), ainsi que sa "satisfaction" dans l'application de la "feuille de route" de la transition par le Groupe international de travail (GTI) chargé de veiller au bon déroulement de cette transition. Enfin, les chefs d'Etat ont décidé de soumettre leurs recommandations au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union Africaine (UA). L'UA doit se réunir mi-octobre à Addis Abeba sur la situation en Côte d'Ivoire. Deux semaines plus tard ce sera au tour du Conseil de sécurité de l'Onu de se saisir une nouvelle fois du dossier, après avoir constaté le 20 septembre dernier l'impossibilité d'organiser une élection présidentielle dans les délais prévus. La Cédéao regroupe le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone et le Togo.

Côte Ivoire: Incertaine jusqu'à la dernière minute, le Président Gbagbo a quitté ce matin Abidjan pour Abuja où il participera au sommet des Chefs d'Etats de la CEDEAO sur la crise ivoirienne

ABIDJAN, 6 oct 2006 - Le président ivoirien Laurent Gbagbo a quitté vendredi matin Abidjan pour Abuja où il doit participer au sommet des chefs d'Etats de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cédéao) sur la crise en Côte d'Ivoire, a-t-on appris de sources concordantes. Selon un officier de l'état-major des forces loyalistes ivoiriennes, l'avion du président Gbagbo a décollé vers 07H00 (locales et GMT) de l'aéroport international d'Abidjan pour la capitale nigériane. Une autre source aéroportuaire a confirmé l'information, sans plus de précisions. La participation de M. Gbagbo à cette importante réunion destinée à relancer le laborieux processus de paix en Côte d'Ivoire était incertaine jusque là. A Abuja, les chefs d'Etat de la Cédéao vont devoir notamment aborder l'épineuse question des prérogatives de l'exécutif ivoirien. L'opposition ivoirienne demande d'octroyer les pleins pouvoirs au Premier ministre de transition Charles Konan Banny, et la rébellion des Forces nouvelles (FN, qui contrôle le Nord depuis septembre 2002) veut le départ du président Gbagbo et son remplacement par un triumvirat de transition. Drapé dans la Constitution, le chef de l'Etat ivoirien entend en revanche rester à son poste et conserver ses pouvoirs jusqu'à l'organisation d'une élection présidentielle. Encadré par les Nations unies et l'Union africaine (UA), le processus de paix ivoirien devait déboucher sur des élections fin octobre mais des désaccords persistants, notamment sur l'actualisation des listes électorales et le désarmement, ont rendu ce délai impossible à tenir. Le report, prévisible depuis des mois, a été rendu officiel le 20 septembre par l'Onu à son siège de New York, les médiateurs et les acteurs de la crise ivoirienne, en l'absence notable de Laurent Gbagbo qui avait refusé de se rendre à cette réunion.

Côte d'Ivoire: Le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Côte d'Ivoire a déclaré hier à Ouagadougou que les Nations unies espèrent "recommandations claires" attendues de la Cédéao et de l'UA (ONU) que les sommets de la Cédéao et de l'Union africaine vont donner des recommandations claires au Conseil de sécurité sur comment sortir de la crise

OUAGADOUGOU, 4 oct 2006 - L'ONU attend "des recommandations claires" de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et de l'Union africaine (UA) qui doivent tenir des sommets sur la crise en Côte d'Ivoire, a affirmé un de ses hauts responsables mercredi à Ouagadougou. "Nous espérons au niveau des Nations unies que les sommets de la Cédéao et de l'Union africaine vont donner des recommandations claires au Conseil de sécurité sur comment sortir de la crise", a déclaré le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Côte d'Ivoire, Pierre Schori, à l'issue d'une audience de plus d'une heure avec le président burkinabè Blaise Compaoré. Le sommet de la Cédéao est prévu vendredi à Abuja (Nigeria), et celui de l'UA les 16 et 17 octobre à Addis Abeba (Ethiopie). "Les Nations unies sont pour une solution pacifique, démocratique, ivoirienne et africaine" dans ce pays coupé en deux depuis une rébellion politico-militaire déclenchée en septembre 2002, a-t-il ajouté. Pierre Schori a expliqué avoir fait le déplacement au Burkina Faso, voisin de la Côte d'Ivoire, pour informer M. Compaoré, qui préside le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, de l'évolution de la situation sur le terrain. "Il est important d'échanger quelques points de vue" avant les deux sommets africains, qui seront suivis d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU prévu avant fin octobre, a-t-il souligné.

Côte d'Ivoire: A la veille du Sommet régional de la CEDEAO sur la Côte d'Ivoire, le Président ivoirien a envoyé mardi une émissaire au Togo pour remettre un message au Président Faure Gnassingbé

LOME, 4 oct 2006 - Une émissaire du président ivoirien Laurent Gagbo a été reçue mardi soir à Lomé par le président togolais Faure Gnassingbé, a-t-on appris de source officielle, à la veille d'un Sommet régional sur la Côte d'Ivoire à Abuja. Mme Sarata Touré Ottro Zirignon, adjointe au directeur de cabinet à la présidence ivoirienne, a remis un message de Laurent Gbagbo au président Gnassingbé, dont le contenu n'a pas été révélé. "N'oublions pas que les premières discussions sur la crise en Côte d'Ivoire ont eu lieu au Togo (...) Nous venons voir nos amis chaque fois que la crise est en discussions", a-t-elle déclaré à la presse. Le Togo avait abrité en novembre et décembre 2002, des négociations entre les représentants du gouvernement d'Abidjan et les mouvements rebelles ivoiriens sous la médiation du général Gnassingbé Eyadéma, père de l'actuel président décédé le 5 février 2005. La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis la tentative de coup d'Etat en septembre 2002 de la rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôle depuis la moitié nord du pays. Un sommet des chef d'Etat de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) consacré à la Côte d'Ivoire, doit se réunir le 6 octobre à Abuja, la capitale fédérale nigériane. On ignore si Laurent Gbagbo, qui avait boudé la réunion des Nations unies consacrée à la situation dans son pays le 20 septembre, y participera. La Cedeao regroupe le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone, le Togo.

Côte d'Ivoire: L'Union africaine appelle à "appuyer les efforts" du Premier ministre de transition ivoirien, qui, dans un entretien se dit déterminé à continuer pour la sortie de crise dans son pays

ADDIS ABEBA, 2 oct 2006 - Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a appelé lundi à "appuyer" les "efforts" du Premier ministre de transition ivoirien, Charles Konan Banny, dont l'étendue des pouvoirs sera discutée par la Cedeao et l'UA en octobre. "Nous avons entendu une déclaration du Premier ministre, il est déterminé à continuer, nous devons donc appuyer ses efforts", a déclaré M. Konaré à la presse à Addis Abeba, siège de l'UA. Le Premier ministre de transition en Côte d'Ivoire a fait savoir lundi sur Radio France Internationale qu'il était prêt à poursuivre sa mission au-delà de son mandat qui prend fin de facto le 31 octobre. "Laisser tomber la Côte d'Ivoire? Non, je n'ai pas envie de laisser tomber la Côte d'Ivoire, surtout pas dans cette situation. J'ai contracté une dette", a-t-il déclaré. "Nous devons tout faire pour que les réunions de la Cedeao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, le 6 octobre à Abuja) et de l'UA (qui devrait avoir lieu mi-octobre) soient une réussite, et pour cela il y a deux conditions (...). La première c'est d'être à l'écoute des Ivoiriens et (...) il faut que les Ivoiriens s'expriment là-dessus", a encore estimé M. Konaré. "Il est important (...) qu'il y ait plus d'harmonie entre nos différentes positions, position de la commission, position de la présidence de l'Union, position du médiateur et de la Cedeao, il faut cette harmonie pour bien aborder le problème de la Côte d'Ivoire", a conclu M. Konaré. Le 20 septembre, l'ONU et les acteurs de la crise ivoirienne, à l'exception du président Laurent Gbagbo, ont reporté sine die l'élection présidentielle prévue fin octobre et confié aux instances collectives africaines, la Cedeao et l'UA, le soin de trouver un nouveau cadre au processus de paix. La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis la tentative de coup d'Etat en septembre 2002 de la rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôle depuis la moitié nord du pays.

Côte d'Ivoire: Dans un entretien publié par le quotidien "Le Parisien", Charles Konan Banny estime que la réunification de la Côte d'Ivoire doit passer avant la tenue d'élections

PARIS, 2 oct 2006 - Le Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny estime que la réunification du pays doit passer avant la tenue d'élections dans le pays, dans un entretien publié lundi par le quotidien Le Parisien. "Ma mission consiste à normaliser la situation avec tout d'abord la réunification du pays, le redéploiement de l'administration, la liberté de circulation, mais aussi l'identification des populations en vue d'élections libres et transparentes", a-t-il dit. "Les élections doivent venir couronner ce programme", a ajouté le Premier ministre de réconciliation nationale qui souligne que pour lui, les élections "ne constituent pas un but en soi". Le 20 septembre, l'ONU et les acteurs de la crise ivoirienne, à l'exception du président Laurent Gbagbo, ont reporté sine die l'élection présidentielle prévue fin octobre et confié aux instances collectives africaines, la Communauté économiques des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et l'Union africaine (UA), le soin de trouver un nouveau cadre au processus de paix. Le président Laurent Gbagbo est hostile à une implication de la Cédéao, mais M. Konan Banny estime que si les Ivoiriens échouent à résoudre la crise, "il faut que les Africains s'en mêlent". La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis la tentative de coup d'Etat en septembre 2002 de la rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôle depuis la moitié nord du pays.

Côte Ivoire: En marge du somment de la francophonie à Bucarest, dans un entretien le Président français a souhaité un renforcement des pouvoirs du Premier ministre ivoirien et une prise en main de la situation par les africains

BUCAREST, 28 sept 2006 - Le président français Jacques Chirac s'est déclaré jeudi "tout à fait désespéré" par la situation en Côte d'Ivoire et a souhaité un renforcement des pouvoirs du Premier ministre Charles Konan Banny, dans un entretien à TV5 et RFI en marge du Sommet francophone à Bucarest. Qualifiant de "désastreuse à tous égards" la situation du pays, qui est "incapable d'y organiser normalement, faute de listes électorales crédibles, des élections", M. Chirac s'est dit "tout à fait désespéré de cette situation". "Je pense qu'il n'y a pas d'autre solution qu'une prise en main par les Africains, et quand je dis les Africains, ça veut dire l'Union africaine et notamment la CEDEAO, c'est-à-dire des gens de la région", a-t-il ajouté. La CEDEAO est la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, qui compte 15 pays. Le chef de l'Etat français s'est déclaré "tout à fait favorable" à ce que le Premier ministre Charles Konan Banny, "un homme de sagesse qui n'est pas impliqué dans la défense d'intérêts particuliers en Côte d'Ivoire et qui incarne donc autant que faire se peut l'intérêt général", dispose des "pouvoirs les plus larges possibles". A la tribune du Sommet de la Francophonie, M. Chirac a appelé à des élections "ouvertes et fiables" en Côte d'Ivoire, où le processus de paix ivoirien devait déboucher avant fin octobre sur des élections générales visant à réunifier le pays, coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat des Forces nouvelles en septembre 2002. Mais les désaccords persistants des protagonistes sur l'actualisation des listes électorales et sur le désarmement, ainsi que les affrontements réguliers de leurs partisans, ont rendu ce délai impossible à tenir. C'est la seconde fois que les élections, initialement prévues en octobre 2005, sont reportées.

Côte d'Ivoire: La CEDEAO a fixé au 7 octobre dans la capitale nigériane son sommet des Chefs d'Etat sur la Côte d'Ivoire

LAGOS , 27 sept 2006 - Un sommet des chef d'Etat de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) consacré à la Côte d'Ivoire se tiendra le 7 octobre à Abuja, la capitale nigériane, a-t-on appris mercredi auprès de cette organisation. "Ce sommet durera une journée et les invitations ont déjà été lancées", a déclaré un responsable de la CEDEAO. On ignore si le président ivoirien Laurent Gbagbo, qui avait boudé la réunion des Nations unies consacrée à la situation dans son pays le 20 septembre, participera au sommet d'Abuja. La CEDEAO regroupe les états suivants: Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo. Lundi dernier, devant l'assemblée générale de l'ONU, le Nigeria a fait part des craintes de plusieurs pays d'Afrique sur une aggravation des tensions en Côte d'Ivoire et a appelé le Conseil de sécurité à prendre des sanctions si les élections n'ont pas lieu dans ce pays avant la fin de l'année. Prévues initialement en octobre 2005 puis repoussées d'un an, ces élections ont été une nouvelle fois reportées.

Côte d'Ivoire: Le Front populaire ivoirien a demandé vendredi la dissolution du GTI, le départ de toutes les forces militaires françaises et le médiateur de l'Union africaine, M. Thabo Mbeki, soit chargé du règlement de la crise et soit l'unique interlocuteur du Conseil de sécurité de l'Onu

ABIDJAN, 22 sept 2006 - Le parti présidentiel ivoirien, le Front populaire ivoirien (FPI), a demandé vendredi la dissolution du Groupe de travail international (GTI) sur la Côte d'Ivoire et le départ de toutes les forces militaires françaises, lors d'une conférence de presse à Abidjan. "Le FPI est profondément préoccupé par la division du pays qui perdure malgré toutes les concessions politiques faites par le chef de l'Etat Laurent Gbagbo", a déclaré en préambule le président du parti Pascal Affi N'Guessan. "Le FPI demande en conséquence la dissolution du GTI et le départ du pays de toutes les forces militaires françaises de l'Opération Licorne et du 43e Bima", a poursuivi M. N'Guessan. "Le FPI demande que le médiateur de l'Union africaine (le président sud-africain Thabo Mbeki) soit pleinement et exclusivement chargé du règlement de la crise et soit l'unique interlocuteur du Conseil de sécurité de l'Onu et de la communauté internationale", a ajouté l'ancien Premier ministre ivoirien. L'Onu a officiellement confirmé mercredi que les élections en Côte d'Ivoire ne pourraient avoir lieu le 31 octobre, comme cela était initialement prévu. Aucune nouvelle date n'a été fixée à ce jour. Le président sud-africain est attendu lundi à Abidjan pour une visite de travail d'une journée. Le chef de l'Etat Laurent Gbagbo a, à plusieurs reprises ces derniers jours, stigmatisé l'échec de la communauté internationale à résoudre la crise dans son pays et a affirmé qu'il était désormais prêt à discuter "mais plus à négocier". "Le FPI appelle à la mobilisation des militants, les patriotes et démocrates de tous bords afin d'engager dès aujourd'hui avec vigueur et détermination la principale bataille, celle du départ de notre pays des forces armées françaises, forces d'exploitation, d'occupation et d'asservissement. La paix en Côte d'Ivoire est à ce prix", a ajouté Pascal Affi N'Guessan. Le parti présidentiel a par ailleurs salué la décision du président Gbagbo de ne pas assister à la réunion internationale sur la Côte d'Ivoire mercredi au siège des Nations unies, qualifiant la réunion de "mascarade".

Côte d'Ivoire: Le médiateur de l'Union africaine pour la Côte d'Ivoire Thabo Mbeki sera à Abidjan dans les prochains jours pour des concertations en vue de la sortie de crise

ABIDJAN, 21 sept 2006 - Le président sud-africain et médiateur de l'Union africaine pour la crise ivoirienne Thabo Mbeki sera à Abidjan "dans quelques jours", a indiqué le président ivoirien Laurent Gbagbo dans un reportage de la première chaîne de télévision ivoirienne (RTI). "Le dossier (de la crise ivoirienne) revient à la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) et à l'Union africaine (UA). Le président Thabo Mbeki m'a fait connaître que dans quelques jours, il sera à Abidjan", a déclaré le président ivoirien. M. Gbagbo est également revenu aux micros de la télévision ivoirienne sur son refus de participer à la rencontre internationale sur la Côte d'Ivoire mercredi au siège des Nations unies. "C'était une réunion informelle. Alors quand le principal intéressé, le seul élu du pays, n'est pas là, qu'est-ce que les autres peuvent faire? Ils ne peuvent rien faire. Or, mon absence, je l'ai motivée comme étant une protestation contre la légèreté avec laquelle les gens du GTI (Groupe de travail international) traitent le dossier de la Côte d'Ivoire", a déclaré M. Gbagbo. "Le médiateur vient pour qu'on se concerte. (...) Je suis prêt à discuter mais je ne suis plus prêt à négocier", a-t-il conclu.

Côte d'Ivoire: A la suite d'une réunion sur la Côte d'Ivoire en marge de l'Assemblée générale des Nations unies,  le report des élections ivoiriennes a été confirmé mais aucune nouvelle date n'a encore été donnée

NEW YORK, 20 sept 2006 - Les élections en Côte d'Ivoire ne pourront avoir lieu à la date prévue, avant le 31 octobre, a confirmé officiellement mercredi à New York un haut responsable de l'ONU, Jean-Marie Guéhenno. M. Guéhenno, chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, a confirmé ce second report des élections ivoiriennes en un an, à la suite d'une réunion internationale sur la suite à donner au processus de paix en Côte d'Ivoire, qui se tenait à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. Cette réunion, a-t-il déclaré à la presse, a permis de confirmer "qu'il y a aujourd'hui en Côte d'Ivoire des blocages graves, qui ne vont pas permettre de tenir les élections à la date envisagée". Il n'a pas donné de nouvelle date pour ces élections. Tous les rapports en provenance de Côte d'Ivoire sont "concordants", a-t-il dit. Ils ont également confirmé "les dangers qui existent en Côte d'Ivoire, dangers pour les Ivoiriens, dangers pour ceux qui sont venus en aide aux Ivoiriens". "Ceci nous confirme qu'il est important d'agir maintenant dans l'urgence", a ajouté M. Guéhenno, précisant que la réunion de New York n'était pas une réunion de décision. "Les décisions seront prises par la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) qui a annoncé qu'elle tiendrait une réunion très prochainement, dans une quinzaine de jours, par l'Union africaine (UA) et en dernier ressort par le Conseil de sécurité", a-t-il dit. Les discussions ont permis de préciser "de nouvelles pistes possibles" qui avaient commencé à être élaborées par le Groupe de travail international (GTI) à Abidjan, a-t-il poursuivi. La réunion a rassemblé, autour du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, les principaux protagonistes de la crise ivoirienne -mais pas le président Gbagbo qui a décidé de la boycotter- et les médiateurs africains, notamment les présidents sud-africain Thabo Mbeki et nigérian Olusegun Obasanjo. Le processus de paix ivoirien, encadré par les Nations unies et l'Union africaine, devait déboucher avant fin octobre sur des élections générales visant à réunifier le pays, coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat des Forces nouvelles (FN) en septembre 2002. Mais les désaccords persistants des protagonistes sur l'actualisation des listes électorales et sur le désarmement, ainsi que les affrontements réguliers de leurs partisans, ont rendu ce délai impossible à tenir. Les élections, initialement prévues en octobre 2005, avaient déjà été reportées d'un an à l'époque.

Côte d'Ivoire:  Dans un entretien au quotidien français Le Monde diffusé mardi, M. Gbagbo a attaqué l'action de l'Onu et déclaré que les 11 000 soldats français et onusiens pouvaient partir "s'ils veulent"

PARIS, 19 sept 2006 - Le président ivoirien Laurent Gbagbo a attaqué l'action de l'Onu et de la France dans son pays, en affirmant que le plan de la communauté internationale en Côte d'Ivoire avait échoué et que les 11.000 soldats français et onusiens pouvaient partir "s'ils le veulent". Dans un entretien au quotidien français Le Monde diffusé mardi, M. Gbagbo a confirmé qu'il boycotterait une importante réunion prévue mercredi au siège de l'Onu à New York sur la Côte d'Ivoire, et a évoqué un "plan alternatif" qu'il pourrait proposer à l'U

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 00:25
Interview : Guillaume Soro, SG des Forces Nouvelles : “Pourquoi Gbagbo ne peut pas nous faire la guerre”
(Le Patriote 24/10/2006)


Invité de la télévision burkinabé samedi Guillaume Soro leader des forces nouvelles (ex-rebellion ivoirienne) a fait un large tour d’horizon de l’actualité politique nationale et internationale. L’intégralité d’une interview-vérité.

Q : A l’époque, il semble que vous étiez très proche de la famille Laurent Gbagbo. La FESCI, à un moment donné, était un mouvement affilié à l’opposition. Si cela est vrai, pourquoi avez-nous donc tourné le dos à cette famille.
GS : Disons qu’à l’époque, en 1991, il ne faut pas se cacher les choses, Laurent Gbagbo, en faisant intrusion sur la scène politique, s’était positionné comme l’homme du changement. Il venait comme un homme de gauche, défenseur des valeurs démocratiques. A l’époque, le mouvement étudiant épousait ce même idéal. Et c’est comme cela que nous nous sommes retrouvés ensemble dans la rue, pour revendiquer la démocratie. En son temps, c’était le président Félix Houphouët-Boigny qui était à la tête de l’Etat. Père fondateur de la Nation ivoirienne, il était déjà à sa quarantième année de gouvernance en Côte d’Ivoire. Et vous savez qu’à l’époque, il y avait le système des partis uniques. Déjà, à notre avis en 1999, il était inacceptable pour un pays comme le nôtre d’être dans le système du parti unique. Nous nous sommes battus ensemble. Je dois reconnaître qu’effectivement il y a eu une proximité entre Monsieur Gbagbo et moi-même. Nous avons été amenés, dans le cadre d’une plate-forme large de la gauche ivoirienne, à analyser la situation ivoirienne. Et nous avons été très proches. Malheureusement, je suis de ceux qui ont été totalement désillusionnés et choqués de voir que les valeurs de la gauche que nous avons défendues et réclamées ensemble sont foulées aux pieds par M. Laurent Gbagbo. Il s’est progressivement écarté de toutes ces valeurs que nous souhaitions voir réaliser sur le plan politique. Jusqu'au point où il embouche le discours de l’ivoirité. Pour nous, cela est totalement intolérable et inacceptable dans notre pays. C’est l’ivoirité qui nous a divisé.

Q : Nous reviendrons sur l’ivoirité. Mais, vous avez écrit un livre qui est intitulé : « Pourquoi je suis devenu rebelle : la Côte d’Ivoire au bord du gouffre». Dites-nous pourquoi un jeune étudiant comme vous se voit obligé de prendre les armes. Que s’est-il passé ?
GS : Il y a deux choses. D’abord le mot "rebelle". Ce mot ne m’échappe pas. Qu’on m’appelle "leader des Forces nouvelles" ou de la rébellion, tous ces termes me conviennent. C’est aujourd’hui qu’on essaie de galvauder le mot "rebelle". Le mot "rebelle" a son côté noble. Georges Washington, aux Etats-Unis, était appelé "rebelle", parce qu’il s’était rebellé contre l’empire mère qui était alors la Grande-Bretagne. La rébellion n’a donc pas forcement une connotation péjorative. Ce n’est donc pas un mot qui me choque. C’est d’ailleurs pourquoi j’ai tenu à ce que le public retienne le titre de ce livre où j’ai expliqué, en partie, pourquoi je suis devenu rebelle. Pour venir à votre question, l’explication est toute simple. Un Etat est organisé de telle sorte que lorsque vous êtes victime d’une injustice, l’Etat répare cette injustice. Cela, à travers les juges et les juridictions. Quand une population est vexée ou frustrée, il y a des moyens légaux qui permettent, à la population, d’exprimer sa colère. Mais, quand dans un Etat, tous ces mécanismes et les rouages de l’Etat ne permettent plus l’expression démocratiques et la libre expression, cela pose un problème. Il se trouve malheureusement que, dans mon pays en Côte d’Ivoire, depuis la mort du président Houphouët, de nouveaux dirigeants qui voulaient confisquer le pouvoir d’Etat ont commencé à tirer en nous les vilains sentiments tels que la xénophobie, la discrimination, etc… De sorte que, du jour au lendemain, nous tous qui étions allés à l’école avec des jeunes bété, baoulé et autres, on a commencé à nous indexer par nos noms. Quand vous vous appelez par exemple "Ouattara Wossoro" en Côte d’Ivoire, vous devenez systématiquement un étranger. Et quand vous avez le malheur de porter un boubou, vous êtes taxé de musulman ou d’étranger. A partir de là, la situation de la Côte d’Ivoire, à l’évidence, ne pouvait que conduire à l’impasse actuelle. J’ai moi-même vécu une expérience que j’ai citée dans le livre. Je revenais, un soir, d’une visite amicale, lorsque j’ai été intercepté sur l’autoroute du pont De Gaulle à Abidjan. Le policier qui a arrêté le véhicule, dans lequel j’avais pris place avec un jeune ami d’ethnie bété, dès qu’il a vu ma carte, s’est tout de suite énervé. Et il a reproché au jeune bété de faire chemin avec un jeune étranger mossi. Des gens qui veulent venir arracher leur pays. A partir de là, j’ai compris que, dès l’instant où l’ivoirité n’était qu’un concept, et que du jour au lendemain, l’ivoirité avait sa réalité concrète, dans le fait que des hommes armés, des policiers, pouvaient taxer un citoyen du fait seulement de son nom, d’étranger ou de mossi ; j’ai compris alors que la situation était devenue grave et dangereuse. Quand les élections de 2000 ont été biaisées par feu le général Robert Guéi, qui a consacré l’exclusion de bon nombre de candidats surtout ceux du Nord, j’ai compris que malheureusement la Côte d’Ivoire s’était engagée dans une voie sans issue. Je peux même vous dire qu’à l’occasion de ces élections, quand Monsieur Laurent Gbagbo s’est proclamé président et que le peuple a voulu insister pour appliquer son droit le plus souverain qui était de choisir ses dirigeants, on a envoyé des gendarmes pour aller les massacrer. Dès lors, ma décision était prise. Il n’était plus question de sortir les gens dans les rues et de rencontrer des balles de Kalachnikovs. Il fallait aller à l’équilibre des rapports de forces sur le terrain. Je me suis dit que si d’aventure, on devrait demander, aux gens, d’aller marcher et que les gendarmes devraient tirer sur ces populations, il faut qu’elles soient en mesure de se défendre. Je pense que c’est dans ces environs qu’il faut tirer l’origine de ma décision d’entrer en rébellion contre un régime cynique qui veut s’accaparer du pouvoir.

Q : On a le cas du Congo (ex-Zaïre) où M. Etienne Tshisékédi a préféré, malgré les difficultés du moment, rester dans une opposition politique non armée. N’est-ce donc pas un raccourci que vous avez pris ?
GS : Je pense que cela dépend des options des uns et des autres. Que M. Tshisékédi soit resté dans l’opposition dite non armée, cela n’a pas empêché le Zaïre de connaître une rébellion. Ce qui est en cause, c’est de savoir si le principe démocratique est respecté dans notre pays. Malheureusement, quand vous avez en face un régime qui a pour programme de gouvernement la catégorisation des Ivoiriens, il faut dire qu’il y a un problème.

Q : La Côte d’Ivoire est divisée depuis 4 ans. Que ressentez-vous en voyant votre pays dans un tel état ?
GS : Personne ne peut se féliciter d’aller à la guerre. C’est l’ultime étape du désespoir d’un peuple. Et c’est ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. Vous avez des jeunes Ivoiriens qui ont décidé de prendre des armes pour réclamer le droit de vivre sur la terre de leurs ancêtres. On peut ne pas avoir de l’argent, mais ce qu’on ne peut pas négocier, c’est sont identité. Et nous ne pouvons pas accepter d’entrer dans la compromission de notre identité. Ce que nous demandons, c’est de vivre sur le sol ivoirien qui nous appartient aussi. Il est vrai que la Côte d’Ivoire connaît une situation de partition depuis 2002 qui ne réjouit personne. C’est pourquoi nous, nous sommes inscrits dans la dynamique politique pour dire qu’il faut une solution pacifique à la crise que nous vivons. C’est ce qui fait que, par exemple, nous avons décidé de ne pas aller à la cessession. Nous n’avons pas décidé de nous retirer du "national" qui est la Côte d’Ivoire.
Cela est important car d’autres l’auraient fait. Bien que contrôlant 60% du territoire, nous avons continué à préserver l’intégrité du territoire et à demeurer dans la nation ivoirienne. L’hymne chanté à Abidjan est le même à Bouaké.

Q : Par votre position au Nord, on dit que vous avez des soutiens dans des pays voisins comme le Burkina et le Mali. On dit même que le président Compaoré est un de vos parrains.
GS : Ce sont des accusations fallacieuses qui ne sont pas fondées. Je me rappelle une tactique classique de tous les régimes. Quand ils sont face à des difficultés, le plus facile est de trouver des voisins coupables. Aujourd’hui, je suis surpris que Gbagbo, qui en ses temps d’opposition, était accusé d’être financé par Kadhafi, lui accuse aujourd’hui Blaise Compaoré d’être le parrain de la rébellion. Si la situation n’était pas aussi grave, on pouvait continuer d’en rire. Blaise Compaoré n’a pas besoin de dire, aux citoyens ivoiriens, que si on est en train de déchirer vos cartes d’identité, il faut vous battre. Il ne faut pas que les Ivoiriens attendent Blaise Compaoré pour leur donner ce conseil. Tantôt c’est Blaise Comparé ou c’est Wade ou encore Obasanjo. En fin de compte, ça frise le ridicule.

Q : Mais, comment financez-vous vos troupes ?
GS : Souvent, lorsque la volonté est là, vous n’avez pas besoin de milliards. La différence entre la rébellion ivoirienne et d’autres rébellions, c’est qu’elle n’est pas en quête du pouvoir pour le pouvoir. C’est en cela que la rébellion ivoirienne est, par exemple, différente de celle du Libéria et de bien d’autres. Nous, nous sommes venus pour revendiquer le droit d’être des citoyens libres dans notre pays. Et quand vous venez promouvoir de telles valeurs, vous avez le soutien des populations. Ces populations sachant la noblesse de notre combat nous ont beaucoup apporté leur soutien.

Q : On dit que les 60% que vous contrôlez sont une zone sinistrée.
GS : Je vais vous dire que la situation n’est pas facile. Je ne vais pas vous faire de la démagogie pour dire que, parce que la rébellion est dans le nord, alors c’est le luxe. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Mais, il faut aussi dire que nous, nous sommes organisés de telle sorte que le minimum soit assuré. Vous pouvez convenir, avec moi, que dans le Nord de la Côte d’Ivoire, il n’y a pas encore de famine déclarée. Cela veut dire au moins que les gens ont la pitance quotidienne. Il n’y a pas de longs fils pour aller prendre la nourriture que distribuerait les organisations ou organismes d’aide. Je veux dire qu’il y a un minimum qui est fait. C’est vrai qu’il y a beaucoup de difficultés. Surtout la fermeture des banques qui nous préoccupe énormément. Nous sommes en train de travailler dans ce sens. Et je peux vous assurer qu’un minimum est fait pour instaurer un équilibre économique et une certaine stabilité viable qui permette, aux populations, de continuer d’y vivre et de vaquer à leurs occupations de façon normale.

Q : La semaine dernière, il y a un opposant burkinabé qui disait, au cours de cette même émission, que les rebelles ivoiriens narguaient un peu les populations du Burkina, avec leurs belles voitures et leurs belles villas. Et qu’il y a même eu des moments où certains cortèges ont écrasé des civils. Quelles réactions ?
G.S. : Je pense qu’il n’ y a pas de commentaires particuliers. Il est évident qu’une situation de rébellion n’est pas aisée à gérer. Diriger un parti politique, c’est difficile. Mais diriger une rébellion, c’est mille fois difficile. Il est vrai qu’après le 19 septembre 2002, certaines brebis galeuses et des éléments incontrôlés, par des manœuvres peu tolérables, ont pu nuire à l’image de marque des Forces Nouvelles. C’est vrai qu’à un moment donné, on m’a signalé que certains de nos éléments étaient trop vus dans les capitales burkinabés et maliennes. Ce sont des choses à déplorer et à condamner. Et d’ailleurs, nous avons pris un certain nombre de mesures pour que ce genre de dérives n’arrive pas. Si nous sommes venus nous battre, pour la démocratie et pour des causes aussi nobles, il faudrait qu’on soit un exemple. Il est vrai aussi que, dans ce genre de situation, il y a des gens qui profitent par opportunisme. Cela est regrettable et je me bats contre ça. Les peuples burkinabé et maliens doivent comprendre le leadership des Forces nouvelles. Il ne faut pas que ce genre de dérives occulte l’idéal qui doit demeurer la volonté de combattre pour la démocratie en Côte d’Ivoire.

Q. : Mais avez-vous intérêt à ce que cette crise s’estompe ?
G.S. : Je suis très pressé à ce que la crise finisse. Parce que, dans ce combat, on m’a volé ma jeunesse. J’aurais bien voulu aussi être comme tous les jeunes, aller ça et là dans les cinéma et autres boîtes de nuit. Mais, je ne peux plus le faire. Et je vais vous dire qu’on ne se complait pas dans une telle situation. Je peux aussi vous dire qu’en tant que Guillaume Soro, je n’ai pas à donner la rébellion pour être une icône politique en Côte d’Ivoire. Quand j’étais à la tête du mouvement étudiant, j’avais déjà été élu "l’homme de l’année.
Bien au contraire, j’ai perdu les sympathies parce que je suis à la tête de la rébellion. Quand la guerre sera fini, chacun aura sa voie. C’est Gbagbo qui ne veut pas de la fin de la guerre. Il sait qu’il ne serait plus rien. Nous, par contre, nous avons notre avenir devant nous. Nous avons intérêt à aller vite à la paix.

Q : Parlant du fameux charnier de Yopougon et des violations des droits de l’Homme, dites-nous si tout cela relève du passé ?
G.S : Quand nous sommes venus, nous avons mis un point d’honneur au respect des droits de l’Homme. L’une des causes de la guerre en Côte d’Ivoire, est l’impunité. C’est parce que le charnier de Yopougon n’a pas été traité correctement et les responsables n’ont pas été punis que nous en sommes arrivés là. L’impunité a favorisé la recrudescence des violations des droits de l’Homme. Nous sommes venus en réaction à cela. Quand il y a la guerre, malheureusement, il y a des morts. Cela, nous le déplorons. Mais, entre la politique de planification des tueries des escadrons de la mort de Gbagbo et quelques dérapages qui ont pu avoir lieu au Nord, il n’y a pas de comparaison. Je suis celui qui collabore avec les Nations Unies chaque fois qu’il y a des cas de violation des droits de l’Homme dans nos zones. J’ai déjà dit que nous sommes responsables. Les récents rapports des Nations Unies montrent qu’il y a un effort au Nord plus qu’au Sud. Chacun répondra des actes posés en dehors du cadre de la guerre.

Q : Après le 30 octobre, que se passera-t-il en Côte d’Ivoire ?
G. S : Nous avons été clairs sur la question. Nous avons demandé et nous continuions de demander, à la communauté internationale, de prendre des mesures courageuses. Nos propositions sont de dire qu’il faut suspendre la Constitution ivoirienne. Elle est mauvaise. C’est elle qui est à l’origine de la guerre.

Q : Elle a pourtant été votée par l’ensemble des Ivoiriens ?
G. S : Je n’ai pas voté cette Constitution. Le peuple ivoirien n’a pas voté cette Constitution. Il y a eu 73% d’abstention lors du Référendum constitutionnel organisé en 2000 sous un régime militaire. Elle ne peut pas être consensuelle. A supposer même qu’elle fut consensuelle, mais le fait qu’elle regorge des articles confligènes, nous demandons qu’il faut la suspendre. Elle consacre l’ivoirité et la ségrégation entre les Ivoiriens. Ensuite, une Constitution qui a "fait" la guerre ne peut pas envoyer la paix. Entre temps, nous avons estimé qu’il fallait adopter un Acte constitutionnel de transition qui permette d’organiser les pouvoirs en Côte d’Ivoire. Ceci dit, nous considérons que Gbagbo ne peut pas continuer d’être le chef de l’Etat. Même la Constitution dont il se prévaut, ne le lui permet pas. Le peuple de Côte d’Ivoire est souverain et il élit le président de la République pour cinq ans. Pas plus. Le mandat électif de Gbagbo est arrivé à échéance le 31 octobre 2005. Dès lors qu’il n’est plus oint par les urnes, nous considérons qu’il doit être mis de côté. En plus, Gbagbo est candidat aux élections. Il doit être mis de côté pour que nous ayons une transition à la libérienne.

Q : Est-ce réaliste de mettre Laurent Gbagbo de côté ?
G.S : Bien sûr. Pensez-vous que si on avait demandé, à Charles Taylor, de quitter le pouvoir et qu’on attendait son humble avis, il l’aurait fait ? Non. Ou la communauté internationale choisit de protéger un individu ou elle choisit de mettre fin aux souffrances du peuple. Il s’agit de sauver le peuple ivoirien et non un individu. C’est pourquoi, nous avons fait cette proposition. La CEDEAO s’est réunie et selon ce que nous apprenons, elle aurait reconduit le mandat de Gbagbo (l’interview a été réalisée avant Abuja, ndlr).

Q : Vous êtes déçu de la CEDEAO ?
G.S : C’est un mot trop fort. Mais en même temps, je considère qu’il ne revient pas à la CEDEAO de venir enlever Gbagbo. C’est au peuple ivoirien de prendre ses responsabilités.

Q : Vous appelez à un soulèvement populaire ?
G.S : Cela ne doit pas vous surprendre de ma part. Quand quelqu’un a déjà pris les armes, ce n’est pas un soulèvement populaire qui serait une grosse affaire pour lui. Ce qu’il faut que les Ivoiriens comprennent, c’est que ni la CEDEAO, ni l’UA, ni l’ONU ne viendront résoudre les problèmes des Ivoiriens à leur place. Il est aussi vrai que, quand nous avons décidé de prendre nos responsabilités, le 19 septembre 2002, par la prise des armes, l’opinion internationale s’est invitée dans le débat. Ils étaient supposés apporter des solutions de paix. De toutes façons, Gbagbo s’arc-boute sur son prétendu mandat pour ne pas faire droit à la paix.

Q : Certains observateurs disent que Gbagbo est un homme rusé, malgré tout…
G.S : Si la ruse consiste à tromper ses partenaires et adversaires, alors je ne pense pas que ce soit une qualité à promouvoir. Laurent Gbagbo n’a pas su conduire les affaires en Côte d’Ivoire. En 1990, il y a eu une mutinerie de l’armée ivoirienne. Le Président Houphouët a appelé les jeunes mutins pour négocier avec eux. Plusieurs ministres avaient quitté le pays. Houphouët, malgré l’opposition de ses Généraux a rencontré les militaires, mu par l’esprit de la patience et de la sagesse. Houphouët a résolu leurs problèmes et ils sont sortis du Palais en scandant « Houphouët, Président ». En 2002, une mutinerie éclate à Abidjan. Gbagbo est en Italie. Les soldats sortent dans la rue, il y a des tirs. Les « Zinzin » et « Bahefoué » réclament d’être réintégrés dans l’armée. Depuis l’Italie, où il se trouvait, Gbagbo déclare la guerre aux militaires. Ils n’avaient pas d’autres choix que de se battre. C’est ce qui va conduire à la rébellion et à la partition de fait du pays. Deux situations similaires, deux chefs d’Etat qui n’ont pas la même approche et voilà que la Côte d’Ivoire est divisée en deux.

Q : Ne peut-on pas dire que la mainmise sur les FANCI est l’un des points forts du régime Gbagbo ?
G.S : Vous avez une armée qui n’en a jamais été véritablement. Depuis son arrivée au pouvoir, Gbagbo l’a tribalisée à outrance. L’armée, à mesure que le temps passe, s’est disloquée. Le Général Doué Mathias est aujourd’hui dans la clandestinité avec beaucoup d’autres officiers. Mangou Philippe est là, mais il est évident que Gbagbo ne compte que sur les miliciens et sur sa garde prétorienne. Je pense qu’il n’y a pas de cohérence dans cette armée. Quand les militaires sont dépossédés de leurs armes au profit de la frange tribale de l’armée, il est évident qu’il maîtrise l’armée alors qu’en réalité, elle est majoritairement contre la guerre.

Q : On a entendu Doué menacer de descendre sur Abidjan. Vous également, vous le dites au cas où la Licorne partirait ? Avez-vous les moyens de le faire ? N’est-ce pas de la surenchère ?
G.S : Nous sommes loin de faire de la surenchère. Surtout dans une situation aussi délétère. Le 4 novembre 2004, Gbagbo, avec la complicité active ou passive de la France, a eu l’accord d’attaquer le Nord de la Côte d’Ivoire. Le 4 novembre, alors qu’il avait une armée plus ou moins cohérente et qu’il avait une aviation, il lance les avions Sukhoï à l’assaut de Bouaké. Les troupes terrestres sont lancées. Nous réussissons à les contenir et à les repousser. Le 5 novembre, c’est le même scénario. Nous les repoussons au-delà de la ligne de confiance. Le 6, vous avez appris ce qui s’est passé. C’est ce que j’appelle une bataille à tuer les autres batailles. En réalité, quand les deux premiers jours, Gbagbo a échoué, il y a eu du découragement et la démobilisation au sein de ses troupes. Certaines mauvaises langues ont prétendu avoir vu des Français combattre aux côtés de la rébellion. Ce qui est totalement faux. C’est peut-être ce qui a incité les bombardements du camp militaire français. C’est pour vous dire qu’en 2004, Gbagbo nous a attaqués, il n’a pas pu prendre la suprématie. Même pas un centimètre carré. Ce n’est pas aujourd’hui où son armée est au plus mal et au plus bas qu’il pourrait nous battre.

Q : Il a eu le temps de s’armer, qui sait ?
G.S : Ah non ! En 2004, il avait une aviation. Maintenant, il n’en a plus. En 2004, il avait des officiers qui avaient du mérite. Il n’en a plus. Il avait des armes lourdes. Il n’en a plus. Et je sais de quoi je parle.

Q : Vous avez récusé la médiation sud africaine. Mbeki n’est plus crédible, à vous entendre.
G.S : Un médiateur ne peut conduire à bien sa mission que s’il bénéficie de la confiance de l’ensemble des acteurs. Thabo Mbeki ne nous inspire plus confiance. Il a un parti pris pour M. Laurent Gbagbo.

Q : Avez-vous des exemples précis ?
G.S : Il y en a plusieurs. Quand le 6 novembre 2004, l’armée française a détruit l’aviation de Laurent Gbagbo, Thabo Mbeki s’est rendu à Yamoussoukro et a versé des larmes en découvrant "les cadavres" des Sukhoï. Cela a choqué les Ivoiriens. Ces avions symbolisent, au Nord, la mort et la désolation. Etait-il indiqué d’aller verser des larmes et oublier la mémoire des Ivoiriens qui ont perdu leur vie par la faute de cette aviation ? Nous n’avons pas pu pardonner et admettre cela à Thabo Mbeki. Deuxièmement, quand nous sommes allés en Afrique du Sud pour entamer les négociations avec Mbeki, il nous a dit ceci : « Il y a un problème Ivoiro-ivoirien et il y a un problème entre la Côte d’Ivoire et la France ». Ce qui voulait dire qu’il s’était déjà laissé séduire par le discours opportuniste et démagogique de Gbagbo qui prétendait être un résistant panafricain qui combat l’impérialisme. Tout le monde sait par contre que Gbagbo a pris le pouvoir avec le soutien actif du gouvernement de Jospin. Gouvernement de gauche qui, à l’époque était avec lui dans l’Internationale socialiste. Gbagbo, jusqu’à ce jour, continue de concéder toute l’économie de Côte d’Ivoire à la France alors qu’il crie sur tous les toits qu’il est contre ce pays et qu’il demande son départ de la Côte d’Ivoire. Ceci est totalement ridicule.

Q : Mbeki a réussi, malgré tout, à faire accepter la candidature de Ouattara. C’est un point positif à mettre à son actif.
G.S : Je n’étais pas d’accord avec la façon dont la question de la candidature de M. Ouattara a été traitée par les accords de Pretoria. L’accord de Marcoussis était très clair. Il a dit que la Constitution ivoirienne était mauvaise et qu’il fallait la réviser. Entre notre proposition de suspendre la Constitution et celle de Gbagbo de la maintenir, Marcoussis a trouvé le compromis en préconisant qu’il fallait la réviser. En d’autres termes, qu’il fallait en réviser certains articles inacceptables. Et notamment, l’article 35 qui excluait de fait des citoyens Ivoiriens à la course à la présidentielle. Au lieu d’aller courageusement à la révision, M. Mbeki a proposé que Gbagbo use de l’article 48 de cette même constitution pour permettre à tous les signataires qui le désirent, d’être candidats. A première vue, c’est une avancée. Mais à mon avis, la question de la révision de la Constitution reste intacte. Notre problème à nous, Forces Nouvelles, n’était pas un problème de candidature. Mais plutôt d’Identité et de citoyenneté.

Q : N’êtes vous pas vous-même candidat ?
G.S : Nous sommes venus pour rectifier une situation. Je ne suis pas candidat pour des convictions personnelles. Si je suis candidat, je fausserais le jeu. Je ne peux pas profiter d’une situation alors que j’ai donné ma parole. Je ne reviendrai pas sur ma parole. Il faut montrer au peuple ivoirien qu’il y a des citoyens qui peuvent dire une chose et respecter leur parole. Il ne faut pas faire comme le Général Guéi qui est venu et qui était supposé balayer la maison et puis après, il a su tellement balayer qu’il a voulu rester. Vous avez vu les conséquences. Les Forces Nouvelles n’enverraient pas un candidat aux élections présidentielles.

Q : Une appréciation du travail que fait l’Union Africaine avec Sassou N’Guesso ?
G.S : J’ai rencontré le président de l’UA à plusieurs reprises. Il a vraiment la volonté de résoudre la crise ivoirienne. Il n’a pas d’agenda caché. Mais, il est victime des atermoiements et de la roublardise de Gbagbo qui, la nuit peut lui dire que « je suis d’accord avec ce que vous proposez » et le lendemain et dire que « je suis totalement contre ». A partir de là, on comprend bien que ça soit difficile pour le Président Sassou d’avancer. Je pense qu’il est aussi victime de la jalousie qui entoure en pareille circonstance la médiation africaine.

Q : Le président Bongo du Gabon a également sa proposition. Il parle de nommer Ouattara Vice-président et vous Premier ministre. Sont-ce des mesures qui vous conviennent ?
G.S : Notre problème n’est pas un problème de poste. La preuve, nous renonçons à faire acte de candidature.

Q : M. Bongo fait fausse route alors ?
G.S : Le mérite de sa proposition était de proposer en de termes clairs la question du cadre institutionnel en Côte d’Ivoire. Ensuite, il a parlé d’Assemblée constituante. Cela veut dire qu’il reconnaît que la Constitution ivoirienne actuelle ne peut être un facteur de progrès pour la sortie de crise. Sur les quatre grandes formations politiques en Côte d’Ivoire, trois avaient félicité Bongo d’avoir fait cette proposition. A notre avis, elle est bonne. On peut en discuter et l’améliorer.

Q : La RDC a opté pour le principe de 4+1, un Président et quatre Vice-présidents. Est-ce une option?
G.S : Le processus au Congo a connu un gros progrès. Ils iront au second tour des élections présidentielles dans quelques jours. C’est une proposition assez bonne. Cette proposition n’est pas assez loin de celle que nous faisons. Nous avons demandé un Président de la Transition avec deux vice-présidents.

Q : A l’avenir, serez-vous candidat à la magistrature suprême de votre pays ?
G.S : Je ne l’envisage pas pour l’instant. On a encore des années de combat politique devant nous. Ma candidature ne doit pas être vue comme une promotion personnelle. Le combat d’obtenir la démocratie pour la Côte d’Ivoire et de régler définitivement le problème des sans papier est une tâche lourde.

Q : Un mot sur votre existence actuelle… L’imaginiez-vous ainsi et comment la vivez vous ?
G.S : Ce n’est pas facile, la responsabilité que nous assumons. C’est extrêmement pénible. Diriger un mouvement armé, n’est pas chose aisée. Il y a des moments de doute. Quand vous êtes face à vous-même dans votre chambre, vous vous demandez si le combat que vous menez, valait la peine. Mais, quand vous sortez et que vous voyez les valeurs pour lesquelles vous vous battez et que les gens vous exhortent à ne pas baisser les bras, vous vous armez de courage pour assumer la responsabilité qui est la vôtre.

Q : Avez-vous peur de la mort ?
G.S : Tout citoyen a peur de la mort. A ce jour, nous avons échappé à tellement de situations périlleuses que nous nous disons que la mort est une constance avec laquelle il faut vivre. Je considère que les peuples Ivoiriens, Burkinabé et Maliens sont les mêmes. Fondamentalement, je suis panafricaniste convaincu. Je considère que l’Afrique n’aura son salut que dans l’intégration régionale. Cela me parait important. Je ne crois pas que le développement soit viable dans le cadre de nos micro-Etats.
(Source tnb)

Retranscrit par Diawara Samou

 

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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25 octobre 2006 3 25 /10 /octobre /2006 00:01
AVANT LA REUNION DU CONSEIL DE SECURITE : Voici le projet de résolution de la France


Avant de prendre leurs retraites respectives, Chirac et Kofi Annan veulent définitivement régler le " cas Gbagbo ". Après l'échec des manigances à l'Ua c'est à l'Onu que le président français et les siens veulent jouer leur va-tout. Un projet de résolution de mise sous tutelle de la Côte d'Ivoire circule déjà sous les manteaux à New York

La France veut encore peser de tout son poids sur la prochaine rencontre du conseil de sécurité. Qui le 25 octobre prochain doit se pencher sur le cas ivoirien. Un projet de résolution circule donc déjà dans les couloirs de la maison de verre. Selon ce document que la France veut faire adopter par le conseil de sécurité, et dont nous avons pu nous procurer copie, Chirac qui tient toujours à son projet de suspension de la constitution ivoirienne, insiste pour que le conseil de sécurité des nations unies " décide que la résolution (en préparation) soit le seul cadre légal de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire ". C'est que le président français désormais conscient d'avoir crié trop tôt victoire après le sommet de l'Ua ne veut plus se laisser surprendre. Ses projets n'ayant pas abouti du côté de l'Ua malgré le forcing de Sassou Nguesso, c'est maintenant au tour de Kofi Annan de jouer sa partition. Et le Sg de l'Onu n'a d'ailleurs pas manqué, mais de façon édulcorée pour ne pas éveiller les soupçons, d'insister sur le fait que " cette transition soit la dernière ". L'Ua ayant manqué de courage pour suspendre la constitution et offrir de façon formelle tous les pouvoirs de Gbagbo à Banny. Chirac veut lui-même montrer la voie du " grand nettoyage ". A travers un projet de résolution qui porte en onze points, la France demande donc en sus la mise sous tutelle et que notamment " le premier ministre de la transition dispose de tous les pouvoirs nécessaires, y compris les nominations aux emplois civils et militaires ; et signe et promulgue les ordonnances et décrets-lois pris en conseils de gouvernement et en conseil des ministres ". En outre? selon les désirs de Chirac, après la réunion du 25 octobre prochain, Banny qui réclame en vain une garde prétorienne, pourra enfin, si l'Onu lui en donne le quitus, se constituer une armée avec " des éléments des Fds ivoiriennes triés et choisis par le premier ministre lui-même pour assurer sa sécurité ainsi que la protection de ses bureaux ". Ainsi Banny qui a révélé à la communauté internationale que " Mangou ne le respecte pas " aura les mains libres pour parachever ce que la rébellion est incapable de réussir depuis 4 ans. Mais le projet de la France ne s'arrête pas là. Chirac veut faire les choses en grand. Il envisage donc de tuer toute résistance dans l'œuf. Aussi, la métropole projette-t-elle de s'occuper elle-même de la montée en grade des rebelles. Cette tâche sera l'affaire de l'Onuci et de la force Licorne à charge d'assurer " la restructuration des forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire ". Et pour faire bien, l'Onu et tous les autres soutiens de Chirac dans sa guerre contre Gbagbo ne sont pas oubliés. Le Gti aura donc lui aussi sa part du gâteau. Le projet de résolution de la France " apporte son soutien au Groupe de travail international dont le Conseil de paix et de sécurité dont l'Ua a pratiquement mis fin au mandat le 17 octobre dernier ". Et c'est lui qui sera chargé de " réévaluer tous les trois mois, la première évaluation intervenant avant le 30 avril et la seconde avant le 31 octobre ". Mais pour mieux comprendre cette insistance de la France, faisons un retour en arrière. On s'en souvient, à l'issue du conclave de l'Union africaine, des révélations avaient été faites sur l'existence d'au moins 5 moutures différentes les unes des autres du communiqué final de la 64è réunion du conseil de paix et de sécurité. Et l'un de ces faux communiqués mis en circulation par les soins du secrétariat exécutif de la Cedeao disait en un de ces points qu'avec le départ du médiateur sud africain, l'Ua donnait les pleins pouvoirs au Gti et à l'Onuci pour gérer la crise ivoirienne. L'affaire était donc dans le sac pour Schori et Adada, les coprésidents du Gti. Il n'ont d'ailleurs pas, selon ce qui nous a été rapporté, manqué de manifester leur joie par des " we did it ! " Mais aujourd'hui, la vérité a fini par révéler que le Groupe de travail international est désormais out ! Consciente du fait que cette autre pilule trop amère risque de " soulever Abidjan ", la Françafrique a tout prévu. L'Onu va " interdire toutes les manifestations de rue ". En sus, " toute attaque contre les forces de l'Onu et la force Licorne ne sera pas tolérée ". Et pour assurer le départ définitif de Gbagbo des arcannes de la politique ivoirienne, la gestion des élections à venir sera exclusivement l'affaire du Haut représentant des Nations unies pour les élections. Au plan local le fait est que ce projet de mise sous tutelle de la Côte d'Ivoire par la France épouse point par point les propositions faites par le Rhdp dans une lettre que les houphouétistes ont adressée, en fin de semaine, à Kofi Annan avec ampliation aux 15 pays membres du conseil de sécurité. Dans ce courrier daté du 20 octobre, Bédié et Ado qui s'interrogent sur la " couardise " de l'Ua veulent, avec la caution de Kofi Annan, que l'Onu franchisse le pas. Ils " demandent avec insistance la suspension de la constitution. Et la mise à l'écart du Chef de l'Etat, de la gestion de la transition ".

Mireille Abié

L'énergie du désespoir

La haine est mauvaise conseillère. Car elle ruine toute lucidité et interdit toute appréciation judicieuse d'une situation donnée. Cette vérité maintes fois ressassée par les sages vient une fois encore de se vérifier avec la conduite pour le moins surprenante du président français qui semble avoir perdu la raison dans son combat contre le Président Laurent Gbagbo et la Côte d'Ivoire digne et résistante. Sinon comment comprendre qu'alors que la France qui a l'initiative des résolutions sur la Côte d'Ivoire à l'Onu a toujours clamé que son action est guidée par la seule volonté des Africains eux-mêmes, cette puissance colonisatrice décide de passer outre les volontés de la Cedeao et du Cps de l'Union africaine pour accomplir son projet de mise à mort du régime d'Abidjan ? Sur quoi s'appuie donc Jacques Chirac pour demander au Conseil de sécurité des Nations unies de suspendre la Constitution ivoirienne et transférer par la même occasion tous les pouvoirs de l'exécutif au Premier ministre, si ce n'est la haine pour Laurent Gbagbo ? Curieuse démarche pour une puissance dite impartiale qui reprend à son compte toutes les jérémiades et autres desiderata de l'opposition ivoirienne ! Pour ceux qui doutaient encore de l'implication de la France dans le conflit de Côte d'Ivoire, ils sont aujourd'hui situés sur la position qu'a toujours eue Paris dans la crise ivoirienne. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que ce projet de résolution est une véritable humiliation pour les Africains dont les recommandations à l'ONU sont ainsi royalement ignorées par le colonisateur français. On se croirait au congrès de Berlin où le sort des Africains a été décidé en leur absence. Et cela, par le seul vouloir d'un homme qui ne supporte pas que le Chef d'un petit Etat d'Afrique lui tienne tête depuis plus de quatre années, alors que sonne pour lui la retraite politique. Le Conseil de sécurité de l'ONU a là l'occasion de gagner en crédibilité en tournant le dos aux pratiques mafieuses de l'ère Kofi Annan ou de tomber à jamais dans l'abîme de la prévarication, de la corruption et de la compromission. Fort heureusement, il existe encore des pays qui ont le sens de l'honneur et qui refusent de cautionner la mascarade de la France. Jean-Marc de la Sablière, le " monsieur à tout faire de l'Elysée " dépêché aux Nations Unies en sait quelque chose, lui qui reste sur deux revers essuyés récemment dans le cadre de la résolution de la crise ivoirienne. Les prochaines heures nous situeront davantage. Surtout que le Président Laurent Gbagbo, bien au fait des manœuvres françaises, n'entend pas rester les bras croisés. L'homme a son plan de contre offensive qu'il compte dérouler en temps opportun, et dont nous nous gardons ici, pour des raisons stratégiques, de dévoiler les grands axes.

Safiatou Ouattara

Les dessous d'une mauvaise foi

Le Conseil de Sécurité de l'ONU rendra public, à l'issue de sa réunion du 25 octobre prochain, une résolution plus corsée, nous dit-on, sur la Côte d'Ivoire. La quintessence de cette résolution a déjà fui les salons feutrés de New York pour nous parvenir. Ici sur les bords de la lagune Ebrié. La lecture de ce document qui allie mauvaise foi et duplicité, implique que l'on s'y arrête un moment. Pour remonter l'histoire récente des déclarations du Président Gbagbo. En effet, le chef de l'Etat ivoirien déclarait récemment que "les décisions prises à l'extérieur de la Côte d'Ivoire ne résoudraient rien". Et qu'il fallait laisser aux Ivoiriens le soin de trouver des solutions à leurs problèmes. C'est donc à ce jeu que Chirac veut avoir Gbagbo. L'attaquer sur son propre terrain. La première chose qu'il fait est de rédiger un rapport qu'il fait injonction au RHDP d'endosser, en tant que "Propositions de l'opposition politique ivoirienne". Une façon de dire à Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, ceci : "Gbagbo veut régler la crise avec ses frères ivoiriens, voici ce que ces mêmes frères souhaitent pour leur pays." Ainsi, le Conseil de sécurité de l'ONU pourra résoudre le problème ivoirien en décidant des points suivants : suspension de la Constitution afin que la nouvelle résolution de l'ONU soit le seul acte juridique qui régisse la nouvelle transition, mise à l'écart du Président Gbagbo, dévolution de tout le pouvoir exécutif au Premier ministre Banny, qui présidera les Conseil des ministres, signera les ordonnances, les décrets-lois et nommera enfin aux hautes fonctions politiques, administratives et militaires. Et tutti et quanti. On comprend aisément que là où la CEDEAO et l'UA n'ont pas franchi le pas, en admettant simplement des moyens pour que Banny opère, le G7 par Chirac interposé et par un jeu indigne de lobbying veuille induire l'ONU en erreur en lui demandant d'abroger la Constitution d'un Etat souverain, de surcroît membre de cette institution internationale. C'est là tout le grave danger que court la communauté internationale. Parce que ni le Président Gbagbo, ni le peuple souverain de Côte d'Ivoire, n'accepteront une résolution sortie de l'imagination de Annan et de Chirac pour satisfaire Ouattara, Bédié et compagnie. Toute la question se trouve là. Nous attendons donc tous ce 25 octobre. Pour voir quelle valeur fera entendre l'ONU, là où l'Afrique a donné son avis.

ASIA

Extraits du Projet de résolution de la France sur la Côte d'Ivoire à l'ONU

.. .Le Conseil de sécurité des N ations Unies:

1°)- Apporte son soutien au Groupe de travail international dont le CPS a pratiquement mis fin au mandat le 17 octobre dernier; 2°)- Décide que la résolution (en préparation) soit le seul cadre légal de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire; 3°)- Décide que cette transition (31 octobre 2006-31 octobre 2007) soit la dernière pour les autorités ivoiriennes; 3°)- Décide que le Premier ministre de la transition dispose de tous les pouvoirs nécessaires, y compris les nominations aux emplois civils et militaires; 4°)- Décide que le Premier ministre signe et promulgue les ordonnances et décrets-lois pris en Conseil de gouvernement et en Conseil de ministres ; 5°)- Décide que le Premier ministre autorise par ordonnance la délivrance des jugements supplétifs et des certificats de nationalité au cours des audiences foraines; 6°)- Décide que l'ONUCI et les forces françaises Licorne assurent la restructuration des Forces de défenses et de sécurité de Côte d'Ivoire; 7°)- Décide qu'un groupe travail mis en place par le Haut représentant des Nations Unies pour les élections (HRE) et le Premier ministre procèdent à l'identification et à l'organisation des élections; 8°)- Décide que le HRE soit la seule autorité chargée d'arbitrer les conflits et content.ieux électoraux; 8°)- Décide que la sécurité du Premier ministre, ainsi que la protection de ses bureaux, soient assurées par des éléments des FDS ivoiriennes triés et choisis par le Premier ministre lui-même; 9°)- Décide que toutes les manifestations de rues soient interdites; 10°)- Décide que toute attaque contre les forces de l'ONU et les forces Licorne qui les soutienne ne sera pas tolérée; 11 °)- Décide que le processus de paix dans la nouvelle transition sera réévalué tous les trois mois, la première évaluation intervenant avant le 30 avril 2007 et la seconde avant le 31 octobre 2007.



REUNION DU CS DE L'ONU : Chirac à Pékin pour torpiller Gbagbo

Depuis que Chirac sait que la Chine, membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, veut bien voir clair avant de prendre quelque décision pour une résolution sur la Côte d'Ivoire lors des réunions du Conseil de Sécurité de l'ONU, il joue à caresser les Chinois dans le sens du poil. Depuis hier, il est à Pékin. Officiellement, pour réchauffer les relations bilatérales. Cependant, nos sources font savoir que Chirac est à Pékin pour demander aux autorités chinoises de l'aider à solutionner l'équation ivoirienne. En clair, c'est à un lobbying à visage découvert que le chef de l'Etat français lui-même est allé se prêter. Pour avoir la tête de Laurent Gbagbo dans cet ultime combat qu'il entend mener avant de quitter l'Elysée.

ASIA


 

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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 23:56
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

La crise ivoirienne traitée demain à l'ONU: Chirac attaque, Gbagbo riposte / Le coup d'Etat de Chirac en treize points /Laurent Gbagbo : “La France et l'Afrique doivent assumer leur histoire commune ”
(Notre Voie 24/10/2006)
( 24/10/2006)


Demain mercredi 25 octobre 2006, le Conseil de sécurité des Nations-unies se réunit au siège de l'organisation planétaire à New York (Etats-Unis) pour prendre une nouvelle résolution de sortie de crise en Côte d'Ivoire. Comme à son habitude, le président français Jacques Chirac vient d'introduire à l'ONU un projet de résolution qui consacre le coup d'Etat dans notre pays. Le président Laurent Gbagbo qui en a été alerté aurait déjà réagi.
Trente (3O) lettres, au bas mot. Dans le silence des tractations diplomatiques pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire, c'est le total des correspondances que le président Laurent Gbagbo se serait résolu à envoyer à certains de ses pairs africains et du monde entier. Les quinze (15) premières lettres ont été adressées aux chefs d'Etat et de gouvernement africains membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) et les quinze dernières aux chefs d'Etat et de gouvernement membres du Conseil de sécurité (CS) de l'Organisation des Nations unies (ONU). Ces trente correspondances contiennent presque toutes le même message.
Dans un premier temps, le président de la République de Côte d'Ivoire, chef de l'Etat, rappelle aux chefs d'Etat et de gouvernement d'Afrique et des autres continents, destinataires du courrier, que les dernières décisions du CPS de l'Union africaine découlent d'un large consensus sur la Côte d'Ivoire au sein de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et que c'est ce consensus qui a été entériné le mardi 17 octobre 2006 à Addis-Abeba. Il félicite donc les hautes autorités africaines pour le travail abattu et rappelle que les décisions de l'UA, bien que critiquables, ouvrent la voie à des “perspectives de paix” pour son pays. Ensuite, ayant écrit cela, le président Gbagbo leur annonce que “toute autre mesure qui tendrait à transférer les pouvoirs relevant des attributions du président de la République élu au Premier ministre, notamment les nominations aux emplois civils et militaires, la signature des décrets et des ordonnances ainsi que la promulgation des lois, constituerait une suspension de la Constitution ivoirienne”. Enfin, s'élevant contre la possibilité d'une telle forfaiture, le président Gbagbo fait cette sévère mise en garde : “L'ONU, dont la Côte d'Ivoire est membre, violerait ainsi sa propre charte et se rendrait coupable d'une atteinte à la souveraineté de mon pays. Cela ne sera pas accepté par le gouvernement de Côte d'Ivoire dont je suis le représentant légal et légitime”. Bien évidemment, Laurent Gbagbo appelle chaque destinataire africain ou onusien à la vigilance.
Chirac continue sa guerre
A l'origine de cette offensive diplomatique du chef de l'Etat ivoirien, se trouve un guerrier “projet de résolution” introduit par le président français Jacques Chirac auprès des ambassadeurs des cinq pays membres permanents et des dix pays membres non permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. De toute évidence, président ivoirien a été alerté par “ses ” nombreuses amitiés approchées par les émissaires chiraquiens à l'ONU. Car, dans ce projet de résolution nocif, dangereux et porteur de germes de guerre civile et dont nous avons obtenu les extraits ci-dessous, le président français demande que le Conseil de sécurité : 1°)- apporte son soutien au Groupe de travail international (dont le CPS a pratiquement mis fin au mandat le 17 octobre dernier) ; 2°)- décide que la résolution (en préparation) soit le seul cadre légal de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire ; 3°)- décide que cette transition (31 octobre 2006-31 octobre 2007) soit la dernière pour les autorités ivoiriennes ; 4°)- décide que le Premier ministre de la transition dispose de tous les pouvoirs nécessaires, y compris les nominations aux emplois civils et militaires ; 5°)- décide que le Premier ministre signe et promulgue les ordonnances et décrets-lois pris en conseil de gouvernement et en conseil des ministres ; 6°)- décide que le Premier ministre autorise par ordonnance la délivrance des jugements supplétifs et des certificats de nationalité au cours des audiences foraines ; 7°)- décide que l'ONUCI et les forces françaises Licorne assurent la restructuration des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire ; 8°)- décide qu'un groupe travail mis en place par le Haut représentant des Nations-unies pour les élections (HRE) et le Premier ministre procède à l'identification et à l'organisation des élections; 9°)- décide que le HRE soit la seule autorité chargée d'arbitrer les conflits et contentieux électoraux ; 10°)- décide que la sécurité du Premier ministre, ainsi que la protection de ses bureaux, soien assurées par des éléments des FDS ivoiriennes triés et choisis par le Premier ministre lui-même ; 11°)- décide que toutes les manifestations de rue soient interdites ; 12°)- décide que toute attaque contre les forces de l'ONU et les forces Licorne qui les soutiennent ne sera pas tolérée ; 13°)- décide que le processus de paix dans la nouvelle transition sera évalué tous les trois mois, la première évaluation intervenant avant le 30 avril 2007 et la seconde avant le 31 octobre 2007.

Les appuis intérieurs et extérieurs du complot

Ce projet de résolution introduit par Jacques Chirac au CS de l'ONU est guidé par trois motivations. D'abord, suite aux décisions du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine prônant le maintien de la Constitution ivoirienne et le prolongement du mandat du président Laurent Gbagbo, le président français aurait piqué une grave crise de nerf. Il aurait, en privé, dans un de ses accès de racisme mal contenus dont il a le secret, traité les chefs d'Etat et de gouvernement africains membres du CPS de “connards, nègres ” et, à ses yeux de négrier gaulliste “incapables de la moindre responsabilité”. Apparemment, Chirac a décidé de prendre lui-même les choses en main. D'où, la proposition qui contredit les décisions de l'Union africaine. Le président français est d'autant plus à l'aise que, et c'est la deuxième motivation de son projet, par un courrier daté du 20 octobre 2006 et adressé à Kofi Annan avec ampliations à tous les membres du Conseil de sécurité (voir encadré, le G7 vend la Côte d'Ivoire à Chirac), l'opposition politico-armée du G7 ivoirien demande “avec insistance la suspension de la Constitution..., la résolution de l'ONU devant être le seul acte juridique qui régisse la nouvelle transition (point 2 des extraits du projet de résolution); la mise à l'écart du chef de l'Etat, Monsieur Laurent Gbagbo, de la gestion de la transition” et, enfin, “la transcription par les Nations unies dans la prochaine résolution de tous les pouvoirs de l'exécutif au Premier ministre pour présider les conseils des ministres, signer les ordonnances et les décrets-lois et nommer aux hautes fonctions politiques, administratives et militaires (points 4 et 5 des extraits du projet chiraquien). Chirac a même si bien entendu les cris de ses suppôts et traîtres à la Nation ivoirienne qu'il a fait droit à leur “recommandation d'une évaluation trimestrielle” de la nouvelle transition (point 13 des extraits du projet de résolution). Enfin, le président français croit tenir son affaire, parce que, dans une déclaration pondue la semaine dernière, le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, énonçait clairement que “les institutions internationales établissant les modalités de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire auront...la prééminence sur la constitution et les lois ivoiriennes ”.
Les choses sont ainsi plus claires que jamais. Jacques Chirac est animé d'une farouche volonté de parachever le coup d'Etat entamé le 19 septembre 2002 par ses bras séculiers ivoiriens et qui a foiré. En face, le président Gbagbo oppose une silencieuse et héroïque résistance qui mérite d'être portée à l'attention des patriotes ivoiriens.

César Etou cesaretou2002@yahoo.fr


Le coup d'Etat de Chirac en treize points

Voici résumé en treize (13) points le projet de résolution que le président français compte faire adopter au Conseil de sécurité de l'ONU demain:
...Le Conseil de sécurité de l'ONU :

1°)*- apporte son soutien au Groupe de travail international (GTI) ;
2°)- décide que la résolution (en préparation) soit le seul cadre légal de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire ;
3°)- décide que cette transition (31 octobre 2006-31 octobre 2007) soit la dernière pour les autorités ivoiriennes ;
4°)- décide que le Premier ministre de la transition dispose de tous les pouvoirs nécessaires, y compris les nominations aux emplois civils et militaires ;
5°)- décide que le Premier ministre signe et promulgue les ordonnances et décrets-lois pris en conseil de gouvernement et en conseil de ministres ;
6°)- décide que le Premier ministre autorise par ordonnance la délivrance des jugements supplétifs et des certificats de nationalité au cours des audiences foraines ;
7°)- décide que l'ONUCI et les forces françaises Licorne assurent la restructuration des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire ;
8°)- décide qu'un groupe de travail mis en place par le Haut représentant des Nations-unies pour les élections (HRE) et le Premier ministre procède à l'identification et à l'organisation des élections ;
9°)- décide que le HRE soit la seule autorité chargée d'arbitrer les conflits et contentieux électoraux ;
10°)- décide que la sécurité du Premier ministre, ainsi que la protection de ses bureaux, soient assurées par des éléments des FDS ivoiriennes triés et choisis par le Premier ministre lui-même ;
11°)- décide que toutes les manifestations de rue soient interdites ;
12°)- décide que toute attaque contre les forces de l'ONU et les forces Licorne qui les soutiennent ne sera pas tolérée ;
13°)- décide que le processus de paix dans la nouvelle transition sera évalué tous les trois mois, la première évaluation intervenant avant le 30 avril 2007 et la seconde avant le 31 octobre 2007.
*La numérotation des points du projet est de la rédaction.



C.E


Laurent Gbagbo : “La France et l'Afrique doivent assumer leur histoire commune ”
“Quand nous regardons la liste des anciens combattants, on constate que la plupart sont morts. Nous devons prendre soin de ceux qui sont encore en vie. Et nous en prendrons soin... C'est récemment, grâce à un film produit par un cinéaste, que les soldes des anciens combattants africains ont été alignés sur ceux de leurs amis français. Et qu'ils soient payés au même moment. Il faut que les Africains et les Français comprennent que cette histoire des Africains dans l'armée française, c'est notre histoire commune. C'est aussi bien l'histoire de l'Afrique que de la France. Il faut éviter de biaiser cette histoire. Mon métier m'a appris qu'à des moments, l'histoire de deux, de trois ou de quatre pays est mêlée. Au temps de Charlemagne, on ne pouvait pas faire la distinction entre la France et l'Allemagne. Il y a des moments où l'histoire est commune à plusieurs peuples. Il faut l'assumer. Il ne faut pas dire qu'on ne la voit pas. Il faut la regarder et l'assumer en tant que telle. C'est-à-dire qu'il faut en tirer les leçons. Quelquefois, cela peut mener à des embrassades, à des amitiés. Cela peut quelquefois aussi mener à des frictions. Mais c'est notre histoire commune et nous n'avons pas à la cacher. Nous avons une histoire commune, écrite par la sueur et le sang de nos parents communs. Et, en se battant contre l'Allemagne, l'Italie et le Japon, nos parents se sont battus pour leur pays. Parce que c'était notre pays. C'est l'histoire, et il faut qu'on l'assume. Il faut que les jeunes générations l'apprennent. Nous l'avons appris un peu à l'école, car, à l'époque, nous étions sous régime français. La première fois que j'ai débarqué à Paris, j'avais ma carte d'identité. J'allais d'un point à un autre de mon pays. Je n'avais pas besoin de visa et de passeport. C'est une autre histoire. Donc, nous avons une histoire commune. Nos parents ont servi vaillamment notre pays à cette époque-là. Si, aujourd'hui, les Français décorent l'adjudant Yéo, c'est parce qu'ils reconnaissent cette histoire commune. Nous aussi, nous avons le devoir de le décorer pour reconnaître notre histoire commune. C'est pourquoi adjudant-chef Yéo Naniéné Horona, au nom du peuple de Côte d'Ivoire, nous vous faisons commandeur de l'Ordre national ”.







Propos recueillis par Faustin Yao K.

© Copyright Notre Voie

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans DIALOGUE NATIONAL
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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 23:35
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

La crise ivoirienne traitée demain à l'ONU: Chirac attaque, Gbagbo riposte / Le coup d'Etat de Chirac en treize points /Laurent Gbagbo : “La France et l'Afrique doivent assumer leur histoire commune ”


Mercredi 25 octobre 2006, le Conseil de sécurité des Nations-unies se réunit au siège de l'organisation planétaire à New York (Etats-Unis) pour prendre une nouvelle résolution de sortie de crise en Côte d'Ivoire. Comme à son habitude, le président français Jacques Chirac vient d'introduire à l'ONU un projet de résolution qui consacre le coup d'Etat dans notre pays. Le président Laurent Gbagbo qui en a été alerté aurait déjà réagi.
Trente (3O) lettres, au bas mot. Dans le silence des tractations diplomatiques pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire, c'est le total des correspondances que le président Laurent Gbagbo se serait résolu à envoyer à certains de ses pairs africains et du monde entier. Les quinze (15) premières lettres ont été adressées aux chefs d'Etat et de gouvernement africains membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) et les quinze dernières aux chefs d'Etat et de gouvernement membres du Conseil de sécurité (CS) de l'Organisation des Nations unies (ONU). Ces trente correspondances contiennent presque toutes le même message.
Dans un premier temps, le président de la République de Côte d'Ivoire, chef de l'Etat, rappelle aux chefs d'Etat et de gouvernement d'Afrique et des autres continents, destinataires du courrier, que les dernières décisions du CPS de l'Union africaine découlent d'un large consensus sur la Côte d'Ivoire au sein de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et que c'est ce consensus qui a été entériné le mardi 17 octobre 2006 à Addis-Abeba. Il félicite donc les hautes autorités africaines pour le travail abattu et rappelle que les décisions de l'UA, bien que critiquables, ouvrent la voie à des “perspectives de paix” pour son pays. Ensuite, ayant écrit cela, le président Gbagbo leur annonce que “toute autre mesure qui tendrait à transférer les pouvoirs relevant des attributions du président de la République élu au Premier ministre, notamment les nominations aux emplois civils et militaires, la signature des décrets et des ordonnances ainsi que la promulgation des lois, constituerait une suspension de la Constitution ivoirienne”. Enfin, s'élevant contre la possibilité d'une telle forfaiture, le président Gbagbo fait cette sévère mise en garde : “L'ONU, dont la Côte d'Ivoire est membre, violerait ainsi sa propre charte et se rendrait coupable d'une atteinte à la souveraineté de mon pays. Cela ne sera pas accepté par le gouvernement de Côte d'Ivoire dont je suis le représentant légal et légitime”. Bien évidemment, Laurent Gbagbo appelle chaque destinataire africain ou onusien à la vigilance.
Chirac continue sa guerre
A l'origine de cette offensive diplomatique du chef de l'Etat ivoirien, se trouve un guerrier “projet de résolution” introduit par le président français Jacques Chirac auprès des ambassadeurs des cinq pays membres permanents et des dix pays membres non permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. De toute évidence, président ivoirien a été alerté par “ses ” nombreuses amitiés approchées par les émissaires chiraquiens à l'ONU. Car, dans ce projet de résolution nocif, dangereux et porteur de germes de guerre civile et dont nous avons obtenu les extraits ci-dessous, le président français demande que le Conseil de sécurité : 1°)- apporte son soutien au Groupe de travail international (dont le CPS a pratiquement mis fin au mandat le 17 octobre dernier) ; 2°)- décide que la résolution (en préparation) soit le seul cadre légal de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire ; 3°)- décide que cette transition (31 octobre 2006-31 octobre 2007) soit la dernière pour les autorités ivoiriennes ; 4°)- décide que le Premier ministre de la transition dispose de tous les pouvoirs nécessaires, y compris les nominations aux emplois civils et militaires ; 5°)- décide que le Premier ministre signe et promulgue les ordonnances et décrets-lois pris en conseil de gouvernement et en conseil des ministres ; 6°)- décide que le Premier ministre autorise par ordonnance la délivrance des jugements supplétifs et des certificats de nationalité au cours des audiences foraines ; 7°)- décide que l'ONUCI et les forces françaises Licorne assurent la restructuration des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire ; 8°)- décide qu'un groupe travail mis en place par le Haut représentant des Nations-unies pour les élections (HRE) et le Premier ministre procède à l'identification et à l'organisation des élections; 9°)- décide que le HRE soit la seule autorité chargée d'arbitrer les conflits et contentieux électoraux ; 10°)- décide que la sécurité du Premier ministre, ainsi que la protection de ses bureaux, soien assurées par des éléments des FDS ivoiriennes triés et choisis par le Premier ministre lui-même ; 11°)- décide que toutes les manifestations de rue soient interdites ; 12°)- décide que toute attaque contre les forces de l'ONU et les forces Licorne qui les soutiennent ne sera pas tolérée ; 13°)- décide que le processus de paix dans la nouvelle transition sera évalué tous les trois mois, la première évaluation intervenant avant le 30 avril 2007 et la seconde avant le 31 octobre 2007.

Les appuis intérieurs et extérieurs du complot

Ce projet de résolution introduit par Jacques Chirac au CS de l'ONU est guidé par trois motivations. D'abord, suite aux décisions du Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine prônant le maintien de la Constitution ivoirienne et le prolongement du mandat du président Laurent Gbagbo, le président français aurait piqué une grave crise de nerf. Il aurait, en privé, dans un de ses accès de racisme mal contenus dont il a le secret, traité les chefs d'Etat et de gouvernement africains membres du CPS de “connards, nègres ” et, à ses yeux de négrier gaulliste “incapables de la moindre responsabilité”. Apparemment, Chirac a décidé de prendre lui-même les choses en main. D'où, la proposition qui contredit les décisions de l'Union africaine. Le président français est d'autant plus à l'aise que, et c'est la deuxième motivation de son projet, par un courrier daté du 20 octobre 2006 et adressé à Kofi Annan avec ampliations à tous les membres du Conseil de sécurité (voir encadré, le G7 vend la Côte d'Ivoire à Chirac), l'opposition politico-armée du G7 ivoirien demande “avec insistance la suspension de la Constitution..., la résolution de l'ONU devant être le seul acte juridique qui régisse la nouvelle transition (point 2 des extraits du projet de résolution); la mise à l'écart du chef de l'Etat, Monsieur Laurent Gbagbo, de la gestion de la transition” et, enfin, “la transcription par les Nations unies dans la prochaine résolution de tous les pouvoirs de l'exécutif au Premier ministre pour présider les conseils des ministres, signer les ordonnances et les décrets-lois et nommer aux hautes fonctions politiques, administratives et militaires (points 4 et 5 des extraits du projet chiraquien). Chirac a même si bien entendu les cris de ses suppôts et traîtres à la Nation ivoirienne qu'il a fait droit à leur “recommandation d'une évaluation trimestrielle” de la nouvelle transition (point 13 des extraits du projet de résolution). Enfin, le président français croit tenir son affaire, parce que, dans une déclaration pondue la semaine dernière, le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, énonçait clairement que “les institutions internationales établissant les modalités de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire auront...la prééminence sur la constitution et les lois ivoiriennes ”.
Les choses sont ainsi plus claires que jamais. Jacques Chirac est animé d'une farouche volonté de parachever le coup d'Etat entamé le 19 septembre 2002 par ses bras séculiers ivoiriens et qui a foiré. En face, le président Gbagbo oppose une silencieuse et héroïque résistance qui mérite d'être portée à l'attention des patriotes ivoiriens.

César Etou cesaretou2002@yahoo.fr


Le coup d'Etat de Chirac en treize points

Voici résumé en treize (13) points le projet de résolution que le président français compte faire adopter au Conseil de sécurité de l'ONU demain:
...Le Conseil de sécurité de l'ONU :

1°)*- apporte son soutien au Groupe de travail international (GTI) ;
2°)- décide que la résolution (en préparation) soit le seul cadre légal de la nouvelle transition en Côte d'Ivoire ;
3°)- décide que cette transition (31 octobre 2006-31 octobre 2007) soit la dernière pour les autorités ivoiriennes ;
4°)- décide que le Premier ministre de la transition dispose de tous les pouvoirs nécessaires, y compris les nominations aux emplois civils et militaires ;
5°)- décide que le Premier ministre signe et promulgue les ordonnances et décrets-lois pris en conseil de gouvernement et en conseil de ministres ;
6°)- décide que le Premier ministre autorise par ordonnance la délivrance des jugements supplétifs et des certificats de nationalité au cours des audiences foraines ;
7°)- décide que l'ONUCI et les forces françaises Licorne assurent la restructuration des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire ;
8°)- décide qu'un groupe de travail mis en place par le Haut représentant des Nations-unies pour les élections (HRE) et le Premier ministre procède à l'identification et à l'organisation des élections ;
9°)- décide que le HRE soit la seule autorité chargée d'arbitrer les conflits et contentieux électoraux ;
10°)- décide que la sécurité du Premier ministre, ainsi que la protection de ses bureaux, soient assurées par des éléments des FDS ivoiriennes triés et choisis par le Premier ministre lui-même ;
11°)- décide que toutes les manifestations de rue soient interdites ;
12°)- décide que toute attaque contre les forces de l'ONU et les forces Licorne qui les soutiennent ne sera pas tolérée ;
13°)- décide que le processus de paix dans la nouvelle transition sera évalué tous les trois mois, la première évaluation intervenant avant le 30 avril 2007 et la seconde avant le 31 octobre 2007.
*La numérotation des points du projet est de la rédaction.



C.E


Laurent Gbagbo : “La France et l'Afrique doivent assumer leur histoire commune ”
“Quand nous regardons la liste des anciens combattants, on constate que la plupart sont morts. Nous devons prendre soin de ceux qui sont encore en vie. Et nous en prendrons soin... C'est récemment, grâce à un film produit par un cinéaste, que les soldes des anciens combattants africains ont été alignés sur ceux de leurs amis français. Et qu'ils soient payés au même moment. Il faut que les Africains et les Français comprennent que cette histoire des Africains dans l'armée française, c'est notre histoire commune. C'est aussi bien l'histoire de l'Afrique que de la France. Il faut éviter de biaiser cette histoire. Mon métier m'a appris qu'à des moments, l'histoire de deux, de trois ou de quatre pays est mêlée. Au temps de Charlemagne, on ne pouvait pas faire la distinction entre la France et l'Allemagne. Il y a des moments où l'histoire est commune à plusieurs peuples. Il faut l'assumer. Il ne faut pas dire qu'on ne la voit pas. Il faut la regarder et l'assumer en tant que telle. C'est-à-dire qu'il faut en tirer les leçons. Quelquefois, cela peut mener à des embrassades, à des amitiés. Cela peut quelquefois aussi mener à des frictions. Mais c'est notre histoire commune et nous n'avons pas à la cacher. Nous avons une histoire commune, écrite par la sueur et le sang de nos parents communs. Et, en se battant contre l'Allemagne, l'Italie et le Japon, nos parents se sont battus pour leur pays. Parce que c'était notre pays. C'est l'histoire, et il faut qu'on l'assume. Il faut que les jeunes générations l'apprennent. Nous l'avons appris un peu à l'école, car, à l'époque, nous étions sous régime français. La première fois que j'ai débarqué à Paris, j'avais ma carte d'identité. J'allais d'un point à un autre de mon pays. Je n'avais pas besoin de visa et de passeport. C'est une autre histoire. Donc, nous avons une histoire commune. Nos parents ont servi vaillamment notre pays à cette époque-là. Si, aujourd'hui, les Français décorent l'adjudant Yéo, c'est parce qu'ils reconnaissent cette histoire commune. Nous aussi, nous avons le devoir de le décorer pour reconnaître notre histoire commune. C'est pourquoi adjudant-chef Yéo Naniéné Horona, au nom du peuple de Côte d'Ivoire, nous vous faisons commandeur de l'Ordre national ”.







Propos recueillis par Faustin Yao K.

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans INSECURITE
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23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 22:13
 
 OBSERVATOIRE                       CENTRAFRICAIN                DE         LA       BONNE          GOUVERNANCE
 
                       
        
                                                                             
 ACTE    I
 VERS UNE CRISE INSTITUTIONNELLE, POLITIQUE ET SOCIALE  EN CENTRAFRIQUE..
 
Quelle honte! ! ! Quelle l'ignominie tels sont les vocables usités par un observateur averti de la scène politique centrafricaine pour qualifier la gestion de la chose publique de son cher pays...
Pourquoi autant de mutineries, de coups de force,de rebellions !!! pour une finalité éhontée.. ...TOUS PAREILS!
 
<Un pays sans ambition est comme une boussole dérèglée>  de raymond bomongo 
LA MERITOCRATIE ET LA DECIDABILITE DOIVENT ETRE AU CENTRE DES PREVALENCES NOVATRICES DE NOS HOMMES POLITIQUES.

Hélas, force est de constater que depuis le départ de Bokassa, le peuple ne cesse de scruter le ciel bleu dans l'optique d'un vrai libérateur voire Moïse pour stopper sa souffrance pluri quotidienne.
Les assoiffés du pouvoir ont assassiné la mère patrie, celle qui faisait la fierté de tout centrafricain.
 
A chaque coin de rues de Bangui un loup aux dents longues monte le guet ou  s'excite dans l'expectative d'une hypothético- nommination.
La bonne gouvernance centrafricaine est une chose à réinventer.
« La démocratie n’est pas une donnée immédiate de la conscience politique. Elle ne sort pas toute casquée, toute faite, ni du cerveau d’un dieu ou d’un homme, ni des tréfonds d’une société. La démocratie se doit d’abord d’être une construction historique qui se développe dans la durée, avec ses dynamiques, ses blocages, ses étapes différenciées.
La démocratie représentative serait elle une dictature de plus pour la république centrafricaine ?
La démocratie est un système politique censé donner le pouvoir aux citoyens par consultation électorale. Cette définition minimaliste est pourtant très loin de correspondre à la réalité. Si la pluralité des systèmes démocratiques nous questionne directement sur la monosémie du mot, le paradoxe tient surtout à la nature du vote: exercice, ou abandon du pouvoir?
L'ambiguïté de la relation qu'entretient le vote avec le pouvoir nous conduit à énoncer un autre paradoxe, plus important: la démocratie ne serait-elle pas une dictature de plus?
 Si nous pouvons aisément convenir que la démocratie est le moins mauvais des systèmes politiques, n'en voyons-nous pas les limites?
Une modernisation ne s'impose-t-elle pas, qui prenne en compte les aspirations du peuple tout en limitant ses excès?

Certes, les démocraties offrent au citoyen un certain nombre de garanties, et leur pluralité ne cède rien à une communauté de valeurs fondamentales.
D'abord, le peuple est régulièrement consulté par voie électorale, selon différentes modalités.
 La régularité de cette consultation garantit la représentation des aspirations des citoyens à un moment clef de la vie politique quant à l'élection elle-même elle permet l'alternance, théoriquement la capacité du peuple à défaire ce qu'il a construit la veille.
]Ce qui n’est malheureusement pas le cas dans les pays africains et de loin encore en centrafrique ou le peuple est réduit à son simple dénominateur :
Le stoïcisme exacerbé face à un pouvoir de plus en plus radicalisé dans sa gouvernance.Cependant, la conduite des affaires publiques est assurée par des représentants de la majorité du corps électoral votant, dans le respect d'institutions dont l'objet premier est d'assurer la gouvernance, c'est-à-dire la bonne marche des affaires, même en l'absence de réelle majorité, la représentation de la moitié des citoyens plus un.
En outre, le fonctionnement des institutions et la séparation des pouvoirs trouvent stabilité et équité dans une constitution dont la réforme est rendue difficile dans son applicabilité.
Tout régime démocratique offre enfin au peuple un certain nombre de libertés publiques, et suppose garantir un traitement équitable aux minorités, cet aspect de pratique fait encore défaut dans notre mode de gouvernance
Ces différentes garanties ne doivent pourtant pas cacher l'illusion démocratique. En effet, nos systèmes démocratiques sont représentatifs, c'est- à-dire qu'au moment du vote, le citoyen abandonne son pouvoir à des représentants. Ceux-ci sont élus sur la base d'un choix négatif, non pas positif. Inconstitutionnalité de la vacance du pouvoir et obligation d'une recherche de majorité conduisent généralement l'électeur à porter son vote sur un autre candidat que le sien, lorsque ce dernier n'a pas été retenu dans le dernier carré. Il y aura donc toujours quelqu'un pour lequel voter. L'importance de l'abstention aux différentes élections, associée aux bulletins blancs ou nuls (qui ne sont pas pris en compte), trahit la désaffection de l'électorat non pas pour la politique, mais pour l'élection.
L'urne n'est en effet qu'une chambre d'enregistrement du plus grand dénominateur commun, rien de plus. D'ailleurs, 70% au moins des décisions qui affectent notre devenir sont prises à Bruxelles, sans aucun respect pour les particularismes locaux ni pour la démocratie de proximité. Le citoyen européen est donc unique, standardisé. Il est vrai que l'uniformité est un moyen de contrôle efficace.
Si les textes garantissent à la plupart des citoyens le droit de se présenter à une élection, la réalité est bien différente. D'une part, il faut être soutenu par un parti politique aux finances suffisantes pour communiquer avec le citoyen, tout en étant appuyé par des médias complaisants et des groupes de pression, et, naturellement, trahir les amis de la veille.
L'électeur qui croit choisir son candidat valide ainsi un système qui non seulement le méprise, mais le maintient à la merci de ces fameux lobbies, les seuls à être véritablement écoutés (voir l'influence de la Trilatérale dans les décisions actuelles). L'abstentionnisme grandissant et les politiques impopulaires (depuis Bokassa,Dacko,Kolingba,Patassé et Bozizé) ne font que confirmer cela. D'autre part, il faut être capable de «communiquer», c'est-à-dire de travestir habilement la vérité. L'homme honnête ne peut donc, à quelques exceptions près, représenter les siens. Il ne faudrait pas non plus tomber dans les pièges médiatiques qui fabriquent régulièrement des hommes providentiels (Patassé en annonçant du pétrole à boy rab et le miel coulant à flot pour les centrafricains) afin de donner de faux espoirs aux électeurs.
[g]Si tout homme politique est élu sur la base d'un bilan ou de promesses, il n'est malheureusement pas tenu d'appliquer ces dernières. Pourtant, ne peut-on pas penser l'existence d'un contrat entre l'électeur et son élu? Que ce soit dans le domaine du travail, de la consommation ou des relations sociales (le mariage par exemple), il y a toujours un moyen de revenir sur sa décision lorsqu'on a commis une erreur, lorsqu'on s'est trompé ou lorsqu'on a été mystifié. Au contraire, l'homme politique peut «communiquer» en toute impunité pour conquérir le pouvoir, conforté par la légitimité électorale.
A cela s'ajoute le phénomène de l'escroquerie intellectuelle voire du hold up electoral savamment orchestré par les forces de l'obscurantisme "françafrique, les réseaux mafieux du pays colonisateur,sous la houlette des parrains de sectes rose croix et franc maçonnerie"
Crise sociale :La démocratie représentative s'essouffle, et ne représente plus le peuple, juste un quarteron de nantis et initiés qui concentre l'essentiel des pouvoirs et gère les affaires de la République au mépris des règles élémentaires de bon sens. Le centrafricain est majoritairement contre la guerre, le tribalisme, l'ethnicisme, le népotisme, le clientélisme , pourtant ceux-ci sont toujours omniprésents. Le centrafricain est pour un accès libre à une culture diversifiée, pourtant celle-ci est mise sous tutelle. Le centrafricain est enfin pour le droit à être informé objectivement, pourtant l'information est contrôlée, scénarisée (la fonction référentielle du langage est délaissée au profit des fonctions poétique, conative et expressive) voire biaisée par le pouvoir pour masquer ses carences.
 Le centrafricain n'est donc plus qu'une unité de production-et de soumission , une statistique perdue parmi tant d'autres, infantilisé par des programmes radiodiffusés et télévisés de la propagande du régime en place, observé et manipulé par des groupes de communication  qui vendent à coup de millions de CFA les quelques pages vantant les mérites du chef de l’état voire d'un  Ministre .
La presse dernier rempart contre la dictature, est en passe d'être démantelée et n'enseigne plus à penser. Il est urgent de moderniser la démocratie, afin de replacer le centrafricain et ses aspirations au centre du système démocratique, dont il a été progressivement dépossédé.
 
Ceci, les hommes politiques et les élites qu'ils servent n'en veulent pas, prétextant que les réactions populaires sont dangereuses pour la démocratie. Il est par conséquent utile de rappeler que la démocratie représentative n'a pas empêché des dictateurs d'accéder au pouvoir.
La démocratie participative comporte certes des risques, qu'il convient de limiter pour ne pas tomber dans les excès populaires et démagogiques, et nous pouvons faire confiance aux brillants constitutionnalistes dont ne manque pas notre pays pour les pallier. La Suisse, avec sa démocratie semi-directe, est un exemple dont on peut déjà s'inspirer, sans toutefois fidèlement l'imiter. Arguons cependant que la rénovation de la démocratie, très loin d'aboutir, nécessitera un certain nombre de crises. Peut-être en voyons-nous les prémices?
Crise institutionnelle ?
Conserver un système démocratique représentatif ne serait pas une mauvaise idée non plus, à condition de le mettre sous tutelle citoyenne. Cela devrait se traduire par un certain nombre de réformes profondes.
L'extension de la procédure d'empêchement d'abord. Le Conseil constitutionnel devrait pouvoir être saisi par les citoyens pour retirer son mandat à un élu dans un certain nombre de cas: promesse électorale non tenue (en donnant une valeur contractuelle aux promesses électorales car elles sont un moyen de gagner une élection), et décisions auxquelles n'adhèrent pas la majorité des citoyens. Ensuite, il faudrait intégrer le référendum d'initiative citoyenne sur un certain nombre de thèmes majeurs, référendum qui aurait une valeur juridique supérieure aux décisions de Bruxelles.
De plus, non seulement les hommes politiques devraient être préservés des lobbies afin de prendre leurs décisions en toute objectivité, mais ils ne devraient pas pouvoir se représenter à une élection gagnée.
Ce n'est pas tout. Les partis politiques devraient adopter un fonctionnement réellement démocratique sous peine de ne pas pouvoir présenter de candidats aux élections. Ces mêmes partis devraient avoir une audience égale sur La Chaîne Parlementaire, c'est-à-dire indépendamment du nombre de leurs voix. Les médias télévisés ont en effet une influence prépondérante dans le débat démocratique, alors que leur fonctionnement ne l'est pas.
Le choix des sujets et leur mise en scène les conduit naturellement à manipuler l'opinion, même si ce n'est pas forcément leur intention. Une analyse du contenu rédactionnel comme de leur forme mettrait en évidence les différents usages de l'implicite, les modalisations de l'énoncé et l'abondance des fonctions non informatives du langage. Seuls les communiqués des agences de presse utilisent exclusivement la fonction référentielle et métalinguistique du langage. L'information télévisée n'est qu'une suite de clips vidéo.
Enfin, la représentativité des élus devrait être plus conforme à l'image de la société. Certaines professions sont en effet beaucoup trop représentées: médecins, avocats, fonctionnaires. Le fonds culturel dans lequel baigne tout représentant d'une corporation conditionne en effet son système de pensée et conduit inévitablement au divorce entre les élus et le peuple qu'ils sont censés représenter.
Ces propositions ne sont ni nouvelles, ni révolutionnaires. Elles correspondent à une volonté du citoyen de reprendre le débat démocratique à son compte afin de moderniser la vie publique. Il y a urgence, car la dictature est là qui frappe à nos portes. La concentration d'entreprises en entreprises de taille mondiale, la constitution de groupes de pression financés par ces mêmes entreprises, la désaffection du citoyen pour l'élection, tout cela concourt à valider notre analyse.
Tout organe social (Etat, institutions, associations ou entreprises) dont le pouvoir est trop important est une menace pour la démocratie comme pour les individus, car l'équilibre des pouvoirs est rompu.
La république centrafricaine traverse une vraie crise institutionnelle, politique, et sociale.
L'assemblée Centrafricaine n'est pas représentative des aspirations du peuple
L'état centrafricain dirige le pays par décrets  sans de réelles discussions  devant les representants du peuple, dans ce cas la question que l'on a le droit de se poser est la suivante: Doit on continuer à payer des élus du peuple qui ne jouent point le jeu démocratique pour lequel ils ont été élus?
Le gouvernement actuel est il réellement le reflet des représentants du peuple pour que l'on puisse affirmer qu'il est un gouvernement de large union nationale?
Dans une crise, il faut rechercher les causes endogènes et exogènes, toutes les promesses électoralistes ont elles été tenues?
]Le peuple centrafricain ne souffre t'il plus de sa paupérisation par ses hommes politiques?
]La confiance et la concorde sont elles de retour ?un yakoma peut il enfin  faire confiance à un kaba ? Un Souma à un gbaya ou mandja ?
Quel est le rôle exact que joue l'organe de suivi du dialogue national dans un pays en pleine crise institutionnelle, sociale, et politique?
Existe t'il encore dans ce pays des vrais patriotes hommes et femmes capables de prendre la destinée de se pays et de transformer ce beau pays en un paradis? un vrai lieu de rêve et de convoitise pour les bailleurs de fonds et des touristes?  

 
L'HOMME LIBRE EST LIBRE DE SA PENSEE ET RESPONSABLE DE SES ACTES >raymond Bomongo
                        
CHAQUE HOMME EST FILS DE SON TEMPS
TOUS   ENSEMBLES  !!! CONJUGUONS LE FUTUR


    
 RAYMOND BOMONGO
CENTRAFRIQUE OPINION: http://centrafrique.skyblog.com
CENTRAFRIQUE 2010      : http://centrafrique.over-blog.com
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23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 19:00
THOMAS SANKARA 1949-1987

Né à Yako, en Haute-Volta (actuel Burkina Faso), Thomas SANKARA fait d'abord une carrière militaire, notamment à Madagascar, où il assiste à la révolution qui renverse le régime néocolonialiste.

Ici, naissent ses idées d'une " révolution démocratique et populaire ".
De retour en Haute-Volta, il est d'abord secrétaire d'Etat à l'information sous le régime de Saye ZERBO (1981) d'où il démissionnera.

Il devient Premier ministre sous la présidence de Jean-Baptiste OUEDRAOGO (1983). Dans son discours d'investiture, le mot " peuple " revient 59 fois !
Il rencontre aussi en 1983, à New-Dehli Fidel CASTRO et Samora MACHEL (alors Président du Mozambique).
Cette même année, OUEDRAOGO emprisonne SANKARA, mais il est libéré par son ami Blaise COMPAORE et devient Président.

Commencent ici ses œuvres pour redonner au Burkina Faso une dignité, une autonomie et une indépendance économique (le fameux " consommons Burkinabé ") de par ses actes et ses discours (Thomas SANKARA fût très tôt contre l'injustice) : contre la domination historique des grandes puissances sur son pays et pour la participation du peuple au pouvoir, le mot d'ordre est que le pays doit vivre de ses propres forces et au niveau de ses propres moyens.

Ses grandes actions furent : . campagne massive de vaccination des Burkinabé qui fera chuter le taux de mortalité infantile alors le plus haut d'Afrique, . construction considérable d'écoles et d'hôpitaux, . campagne de reboisement : plantation de millions d'arbres pour faire reculer le Sahel, . grande réforme agraire de redistribution des terres aux paysans, élévation des prix et suppression des impôts agricoles,, . institution de Tribunaux Populaires de la Révolution (TPR), . grandes mesures de libération de la femme (interdiction de l'excision, réglementation de la polygamie, participation à la vie politique, etc.), . aides au logement (baisse des loyers, grandes constructions de logement pour tous), et tant d'autres…

Il est assassiné par son bras droit COMPAORE suite à un coup d'état orchestré le 15 octobre 1987.
Toute la population Burkinabé défile dans les rues pour pleurer l'enfant chéri et les jours suivants, des milliers de personnes se rendent sur sa tombe et condamnent ainsi le crime.
Ses grands discours " Tant qu'il y aura l'oppression et l'exploitation, il y aura toujours deux justices et deux démocraties : celle des oppresseurs et celle des opprimés, celle des exploiteurs et celle des exploités.
La justice sous la révolution démocratique et populaire sera toujours celle des opprimés et des exploités contre la justice néo-coloniale d'hier, qui était celle des oppresseurs et des exploiteurs. "
3 janvier 1984, ouverture des 1ères assises des TPR - " Il n'y a pas de révolution sociale véritable que lorsque la femme est libérée. Que jamais mes yeux ne voient une société où la moitié du peuple est maintenue dans le silence. J'entends le vacarme de ce silence des femmes, je pressens le grondement de leur bourrasque, je sens la furie de leur révolte. J'attends et espère l'irruption féconde de la révolution dont elles traduiront la force et la rigoureuse justesse sorties de leurs entrailles d'opprimées."

8 mars 1987, Ouagadougou
" Le pillage colonial a décimé nos forêts sans la moindre pensée réparatrice pour nos lendemains "

1983, Paris, Conférence Internationale sur l'arbre et la forêt
" Il faut proclamer qu'il ne peut y avoir de salut pour nos peuples que si nous tournons radicalement le dos à tous les modèles que tous les charlatans de même acabit ont essayé de nous vendre 20 années durant. Il ne saurait y avoir pour nous de salut en dehors de ce refus là. Pas de développement en dehors de cette rupture là. Il faut ranimer la confiance du peuple en lui-même en lui rappelant qu'il a été grand hier et donc, peut-être aujourd'hui et demain. Fonder l'espoir. "

" La plus grande difficulté rencontrée est constituée par l'esprit de néo-colonisé qu'il y a dans ce pays. Nous avons été colonisés par un pays, la France, qui nous a donné certaines habitudes.
Et pour nous, réussir dans la vie, avoir le bonheur, c'est essayer de vivre comme en France, comme le plus riche des Français. Si bien que les transformations que nous voulons opérer rencontrent des obstacles, des freins."

A un journaliste américain - " L'esprit de liberté, de dignité, de compter sur ses propres forces, d'indépendance et de lutte anti-impérialiste […] doit souffler du Nord au Sud, du Sud au Nord et franchir allègrement les frontières. D'autant plus que les peuples africains pâtissent des mêmes misères, nourrissent les mêmes sentiments, rêvent des mêmes lendemains meilleurs. "

Août 1984, Conférence de presse - " Nous n'avons pas compris comment ils [Jonas SAVIMBI de l'Angola et Pieter BOTHA d'Afrique du Sud, pro Apartheid] ont eu le droit de parcourir la France si belle et si propre. Ils l'ont tachée de leurs mains et de leurs pieds couverts de sang. Et tous ceux qui leur ont permis de poser ces actes en portent l'entière responsabilité ici et ailleurs, aujourd'hui et toujours. "

Novembre 1986, discours fait à François Mitterrand, en visite à Ouagadougou :

.- " Parce que de toutes les races humaines, nous appartenons à celles qui ont le plus souffert, nous nous sommes jurés de ne plus jamais accepter sur la moindre parcelle de cette terre le moindre déni de justice. "

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23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 11:18

BOZIZE VICTIME DE SON ENTOURAGE



 

L'accession à la magistrature suprême de l'État de l'homme du 15 mars avait suscité au sein de la population centrafricaine l'espoir d'un véritable redressement dans tous les secteurs d'activités pour le développement économique harmonieux du pays. Mais, après quelques années à la tête de l'État, les centrafricains ont vite déchantés tant, les cas de viols, pillages, assassinats, exécutions sommaires, attribués à certains porteurs de tenue. Cette situation a suscité la réaction des organisations des défenses des droits de l'homme qui ont dénoncé avec la manière la plus forte les atrocités commises sur les paisibles citoyens sans pour autant que cela n'émeuve le Président de la République.
En effet, l'entourage de François Bozizé est constitué de parasites ayant précipité la chute du régime de Ange Félix Patassé. Ces mêmes personnalités qui s'accrochent, ayant retourné leurs vestes se retrouvent dans les bras de l'homme fort de Bangui qui n'y prête pas attention. D'aucuns se posent la question de savoir si véritablement ces transhumants politiques aux appétits insatiables peuvent-ils vraiment accompagner Bozize dans sa lourde mission de conduire à bon port le bateau centrafricain? Cette inquiétude trouve son fondement dans la mesure où, les mêmes erreurs du passé sont reconduites au grand dam de la libération annoncée tambour battant par les "libérateurs".
Malgré les multiples exactions commises sur les paisibles citoyens par les ex-libérateurs connus de tous, ceux-ci ne sont nullement inquiétés. Or, depuis la rébellion, tout le monde s'accordait à dire que Bozize était l'homme de la situation, capable de faire face aux maux qui prévalait dans le pays. Il était le seul capable de restructurer les forces armées centrafricaines qui n'était plus que son propre ombre. Ce cas de figure constituait même le slogan de campagne du Général candidat, c'est sur ce mot d'ordre qu'il avait reçu le soutien massif du peuple lors des élections.
Ministre de l'Information sous le règne du Général Kolingba, Inspecteur Général des armées et Chef d'État-major sous le précédent régime, François Bozizé apparaissait comme Celui qui pouvait remettre de l'ordre au sein de l'armée. Toute une illusion.
Aujourd'hui, le peuple est surpris de voir que François Bozizé est victime de son entourage, de son clan. La gestion de la chose publique n'est que pure émanation de la gestion familiale qui épargne les compétences capables de conduire à la destinée du pays. Des nominations se font sur la base de coloration ethnique et tribale. S'ensuit, une démotivation perceptible au sein des fonctionnaires et agents de l'Etat voire de l'armée. Que faire pour redresser la barre et corriger ces erreurs? That's the question.
 

Vendredi 20 Octobre 2006
La Rédaction

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23 octobre 2006 1 23 /10 /octobre /2006 10:48

ENTRE BOZIZE ET PATASSE, LA VENGEANCE EST UN PLAT QUI SE MANGE FROID… MAIS RIEN NE VAUT LE DIALOGUE POLITIQUE



 

Ange Félix Patassé a beau nié son implication directe dans les troubles de l'arrière pays et notamment du Nord-Ouest, du Nord et du Nord-Est, mais il ne fait de secret pour personne que l'homme a l'esprit revanchard et qu'il continue de considérer le général Bozizé comme un « Usurpateur » et un « Putschiste » qui a volé la victoire du peuple centrafricain.
Cela suffit à faire penser que l'ex Président Patassé, tant qu'il est en vie, ferait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher « l'homme du 15 mars 2003 » de gouverner dans la paix et la stabilité et de même de créer les conditions rapides de sa chute Politique. Car il est vrai que « la vengeance Politique est un plat qui se mange froid ».
Pour Patassé en effet, il ne fait de doute que « qui tue par l'épée périra par l'épée », une maxime biblique et donc prophétique ! C'est pourquoi, le général François Bozizé qui s'est fait élire à la magistrature suprême de l'Etat avec la bénédiction de la communauté internationale aurait totalement tort de négliger les menaces ouvertes ou voilées qui pèsent sur le régime de Bangui. Il aurait tort notamment de négliger les attaques sporadiques et les gesticulations armées des bandes armées ou des groupuscules rebelles à qui il manquerait encore un leadership politique et un haut commandement militaire sans compter la logistique nécessaire au renversement d'un pouvoir qui se militarise au fil des jours avec le soutien militaire de la France, de la CEMAC et des bras armées (escadron blindé tchadien attaché à la présidence de la République)
Une chose est sûre, toute prise du pouvoir par les armes est condamnable au nom des principes démocratiques et des Droits de l'Homme, mais elle ne ravive pas moins la haine vengeresse et l'esprit revanchard. Patassé et ses chauds partisans de l'intérieur comme de l'extérieur sont dans cette logique vengeresse qui risque à terme d'installer le pays dans la spirale de la violence et de la vengeance.
Il n'est donc pas illogique de soutenir politiquement qu'entre le général Bozizé et l'ex-Président Patassé, la vengeance est effectivement un plat qui se mange froid sur fond de haine, d'intolérance et de la volonté de nuire notamment à travers des groupuscules rebelles qui même s'ils ne sont pas suffisamment organisés et équipés, disposent d'une réelle capacité de nuisance qui a déjà fait mouche à Markounda, Kabo, Paoua, Birao, Tiringoulou, Gordil et récemment Kaga-Bandoro, Ouandago Kabo au grand dam de la paix et de la stabilité politique.
Ce n'est donc pas sans raison que le ministre de l'Intérieur a dû adresser à la population de Bangui en invoquant la présence dans la capitale des malfrats. Ceci avec l'accord personnel et express du président de la République lui-même qui a poussé son ministre et homme de confiance à tomber dans le ridicule et en devenant la risée de la classe politique centrafricaine, de l'opinion publique nationale et internationale. Tant qu'il est vrai que le ridicule ne tue pas en République Centrafricaine.
Mais somme toute, même s'il est effectivement établi que la vengeance est un plat qui se mange au froid rien ne vaut cependant le dialogue politique qui est à même de préserver la paix civile, la stabilité institutionnelle et peut permettre au pays de se mettre à l'abri d'un nouveau désastre sociopolitique. Car trop c'est trop, avec le cycle infernal de la violence politique et de l'éternel recommencement. L'idée d'un dialogue entre Bozizé et Patassé avait été émise par quelques acteurs de la vie politique et de la société civile.
Mais cette idée a été vite rejetée d'un revers de la main par le Président Bozizé et ses partisans de la majorité dite présidentielle. De son côté l'opposition politique avait proposé l'idée d'un « dialogue politique » entre le gouvernement, l'opposition politique et l'opposition armée. Cette idée pas du tout saugrenue fut également rejetée et méprisée. Le chef de l'Etat ayant clairement opté pour la solution militaire, ce malgré la demande de l'ambassadeur de France qui, lors de la cérémonie du 14 juillet 2006, déclarait solennellement que seule la solution militaire ne peut conduire loin. Cette solution cause la désolation, la mort avec son lot de ratissage, de tortures et d'exécutions sommaires au mépris du respect des Droits de l'Homme.
Qu'on le veuille ou pas, le Dialogue politique apparaît encore comme la solution de sagesse. Elle passe par l'identification des groupes rebelles et de leurs chefs politiques et militaires. Elle demande aussi la désignation d'un « négociateur en chef » ou d'un « Médiateur neutre » capable d'aller vers les protagonistes de la crise actuelles afin de les mettre autour d'une table pour une solution pacifique et dialoguée. Le Dialogue National (D.N) en avait décidé ainsi. Certes entre Bozizé et Patassé c'est la « lutte à mort », mais le dialogue politique vaut plus que toute autre solution aventureuse…

Vendredi 20 Octobre 2006
Jean Ding-Kpin
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21 octobre 2006 6 21 /10 /octobre /2006 17:58
64ème réunion du CPS de l`UA - Les grands enseignements du sommet d`Addis-Abeba / Le vernis écaillé de Sassou
(Le Matin d'Abidjan 20/10/2006)


Realpolitik: La 64ème réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'UA a livré son communiqué final. Après une longue journée d'affrontements entre partisans de la démocratie et putschistes à la solde de la françafrique. Tous les lobbies sont sollicités. De part et d'autre. A l'arrivée, le camp présidentiel a perdu un grand soutien. L'Afrique du Sud de Thabo Mbeki s'est déchargée de la médiation. Sassou le remplace. Le RHDP et la France jubilent. Wade, Tanja, Bongo et autres également. Le communiqué mentionne des pouvoirs élargis pour Banny, le joker de la françafrique. On parle de décrets-lois pris en Conseil des ministres. De l'autorité nécessaire pour nommer sur les FDS. Et quoi d'autre ! Chacun a son communiqué qui l'arrange. Six versions circulent. Mais une seule subsistera. Celle consensuelle dont la lecture irrite les acteurs du tout sauf Gbagbo. Djédjé Mady pleure au nom du RHDP. Il a bien compris. La constitution ivoirienne reste en vigueur. Banny n'a pas les pouvoirs de l'exécutif. Tous les pouvoirs comme ils le souhaitaient. Kofi Annan râle pour Chirac et lui, les futurs retraités. Soro Guillaume au nom de la rébellion. Le Quai d'Orsay tente pour sa part d'intoxiquer l'opinion. En interprétant en sa faveur le texte final. Un baroud d'honneur. Pour rien. Que de déceptions ! Pendant que Gbagbo et l'Afrique digne restent sereins. Fiers d'avoir préservé les acquis.


64ème réunion du CPS de l`UA - Les grands enseignements du sommet d`Addis-Abeba

Que peut-on retenir de la 64è réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l`Union Africaine ? Beaucoup de choses et rien en même temps. A part les mensonges des médias étrangers qui, comme d`habitude, ont joué à intoxiquer, la réalité des débats et la qualité du lobbying entrepris par l`équipe du président Gbagbo auprès de ses pairs d`Afrique Australe, sont les seuls qui ont consacré le vrai contenu du vrai communiqué final, pondu 17 heures après la fin du sommet. Toute chose qui montre que ceux qui en veulent encore à Gbagbo ont encore du chemin à faire. Retour sur tout ce qui a marqué ce rendez-vous africain.

L`un des premiers enseignements à tirer de cette 64è réunion de l`UA est inévitablement le fossé politique qui se creuse chaque jour davantage entre les chefs d`Etat d`Afrique anglophone et leurs homologues francophones, d`une part et entre les chefs d`Etat des pays d`Afrique Australe et ceux de l`Afrique de l`Ouest, d`autre part.

Dans le fond

Sur le point de vue de l`éducation politique, les leaders des pays comme l`Angola, le Burundi, l`Ouganda, le Soudan, le Rwanda, l`Afrique du Sud, etc., généralement héros des indépendances chez eux, ont beaucoup à apprendre aux suiveurs de Jacques Chirac. Le sommet d`Addis Abeba a montré l`immaturité politique de nombre de chefs d`Etat dits incontournables par rapport au dossier ivoirien. C`est chaque fois que les leaders de l`Afrique digne pouffaient de rire lorsqu`un Sassou, un Wade ou un Bongo ouvraient la bouche pour demander, soit que l`on ne condamne pas la rébellion, soit que Banny signe les ordonnances et autres décrets-lois en Conseil des ministres. Ce, en parfaite ignorance de ce qu`un Conseil des ministres se tient toujours en présence du chef d`Etat qui en est le garant. "Cela ne nous surprend pas, lançait un ministre des Affaires d`Afrique Australe, les Conseils de ministres se tiennent si rarement au Congo que Sassou demeure ignorant de qui les dirige". Les uns ont aussi apprécié le degré de légèreté avec laquelle Wade est sorti de la salle des plénières pour s`envoler pour la Mecque. "Cela montre le peu d`intérêt qu`il a pour la crise ivoirienne qui a pourtant pris en otage l`économie de toute la sous-région" A l`opposé, ce même interlocuteur fait la remarque suivante : "Les dirigeants ouest africains n`ont pas de démarche scientifique. Mbeki a marqué la différence en allant à Abidjan pour s`imprégner de la réalité de la crise ivoirienne. Les dirigeants ouest africains peinent à s`affranchir de la tutelle française. Nous n`accepterons jamais une démarche similaire". De sorte que quand la CEDEAO a fait le forcing pour faire admettre sa recommandation mafieuse d`Abuja comme boussole des travaux, les présidents de l`Afrique digne tels que Kagamé, Yoweri Museveni, Dos Santos, et leur homologue du Botswana ont carrément refusé de venir à Addis Abeba pour cautionner la mascarade. Même l`Afrique du Nord avec Mubarak d`Egypte et Bouteflika d`Algerie, a souscrit à cette idée. Ce qui explique que sur 15 chefs d`Etat, seulement 6 parmis eux aient fait acte de présence. C`était tout dire. Et cela situait sur la crédibilité du complot de la CEDEAO et d`une partie de l`UA contre la Côte d`Ivoire.

Dans la forme

Dans la forme, le fait que le sommet n`ait pu immédiatement produire un communiqué final était la preuve q`un malaise subsistait. En effet, 6 communiqués finaux aussi différents les uns que les autres ont été remis à la presse. 3 pour la version française et 3 autres pour la version Anglaise. Au fur et à mesure que l`on avançait dans le temps, un communiqué final particulier était remis à la presse. Par exemple, lorsque la première mouture anglaise comprenait un point précis sur le retrait du médiateur, la seconde ne le contenait pas. Ou encore, alors que la deuxième en français ne comprenait pas la notion "d`Armée intégrée", la première la contenait. La dernière aussi. Ce flou artistique, ajouté au fait que, débuté mardi à 11h15 mns pour finir vers 23h45 mns, le communiqué final n`a été disponible que le mercredi vers 15h, était la preuve que cette partie de l`Afrique qui entendait magouiller pour noyer Laurent Gbagbo, a été sérieusement contrariée. Mais l`élément essentiel qui a davantage contrarié le complot était l`attitude du président Gbagbo. Désormais entouré par des conseillers très au fait de la chose diplomatique, il a été demandé au président Gbagbo de ne quitter les sommets qu`avec les communiqués finaux. A Abuja, le président Gbagbo a exigé de lire et d`approuver le communiqué final avant de quitter les lieux. Il en est reparti avec deux brouillons et un communiqué final au grand désarroi du comploteur Ibn Chambas dont les services avaient sciemment tout retardé aux fins d`insérer des points confligènes dans ledit communiqué. Mais en vain. A Addis, c`était pareil. Conscient du danger, Gbagbo a informé le siège de l`UA, de ce qu`il ne quitterait pas Addis-Abeba sans le communiqué final. C`était le branle-bas. Après avoir "filé les mauvais sons à RFI" pour intoxiquer le monde entier, les comploteurs de Sassou NGuesso ne savaient plus comment faire admettre des points comme "Tout le pouvoir de l`Exécutif à Banny", "Banny désormais à même de nommer aux emplois civils et militaires", etc. Comment remettre ce genre de points main à main à Gbagbo, qui dès qu`il a reçu une première mouture a saisi Konaré qui l`a à son tour assuré qu`elle n`était en rien la mouture dont le conclave avait fait cas au finish. Conséquence, les services de l`UA, après le one man show de Sassou Nguesso, ne savaient plus comment intégrer dans le communiqué à donner à Gbagbo les points confligènes relatifs aux pleins pouvoirs de Banny et sa possibilité nouvelle de nommer aux postes militaires et civils. Or c`est justement ce que RFI et ses relais ont laissé croire tout le temps qu`a duré le sommet.

William-Varlet ASIA,
Envoyé spécial à Addis Abeba


Le vernis écaillé de Sassou

Le président de l'Union africaine et nouveau médiateur, depuis quelques heures, dans la crise ivoirienne, en se rendant mardi dernier à Addis-Abeba, n'avait qu'une mission, une seule : celle d'accomplir les desiderata de son mandant français. A savoir dépouiller totalement le Président Laurent Gbagbo de ses prérogatives. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le Congolais a rempli sa mission, du moins, il en a donné l'impression. Cela, le temps d'un huis clos qui aura réuni 6 Chefs d'Etat sur 15 attendus et d'un communiqué final accouché dans la douleur. Un document qui donne l'illusion du pouvoir au Premier ministre Charles Konan Banny. En lui faisant croire sur papier, qu'il aurait désormais tous les pouvoirs de l'exécutif. Illusion car on imagine difficilement comment dans un régime présidentialiste comme celui de la Côte d'Ivoire, alors que la Constitution n'a pas été suspendue, un homme, fût-il président de l'Union africaine, peut, le temps d'un conclave, transférer les pouvoirs d'un président élu, à un premier ministre. Sans être un féru de la démocratie, Sassou Nguesso sait que ce choix est condamné à être inopérant. Mais là n'était visiblement pas sa préoccupation majeure. L'essentiel était d'obtenir un satisfecit de Paris. Et cela n'a pas tardé puisque mercredi dernier, soit au lendemain de la 64ème réunion du Cps de l'Ua, le porte-parole du ministère français des affaires étrangères accueillait " avec intérêt l'appel au renforcement important des pouvoirs du Premier ministre qui pourra décider par ordonnances ou par décrets-lois et qui aura l'autorité nécessaire sur les forces de défense et de sécurité. (…) Nous formons le vœu que la médiation confiée au Président Sassou Nguesso en sa qualité de président de l'Union africaine permette d'aboutir à des élections incontestables avant le 31 octobre 2007 ". Sinon à bien observer et en lisant entre les lignes du communiqué final, Banny n'a obtenu aucun pouvoir qu'il n'en en avait déjà. Les ordonnances et autres décrets-lois ne pouvant être pris qu'en Conseil des ministres, présidé, on le sait par le Président de la République. Autrement dit, si cela doit se faire, ce sera sous l'autorité et seulement avec l'accord de ce dernier. Donc à ce niveau, il n' y a véritablement rien de nouveau sous le soleil. Quant au contrôle des forces de défense et de sécurité, l'idée est davantage utopique car les troupes régulières sont attachées au Président de la République de par la Constitution qui en fait le chef suprême des armées et non à une tierce personne fût-elle un Premier ministre coopté par la communauté internationale. Or, la Constitution est encore en vigueur. En somme Sassou a voulu faire du neuf avec du vieux. Le premier magistrat de Brazzaville, tel un esthéticien, a seulement passé une nouvelle couche fine de vernis sur la Résolution 1633, afin de présenter le dernier sommet d'Addis-Abeba comme celui de la rupture, en ce qui concerne la crise ivoirienne. Malheureusement pour lui, la couche de vernis n'a pas mis longtemps à s'écailler pour laisser apparaître l'équilibrisme si cher à la diplomatie. Qui consiste toujours à ramener les différents protagonistes dos à dos. D'où la grande tristesse de notre confrère burkinabé " Le Pays ", qui enrage en ces termes : " L'UA indique que Banny aura les pleins pouvoirs. Mais de quels pouvoirs s'agit-il ? Quels pouvoirs peut-il exercer concrètement tant que Gbagbo est président et n'entend pas perdre la moindre parcelle de son autorité ? Tout ce qui est décidé aujourd'hui ne constitue aucune avancée par rapport à la Résolution 1633 ". Un état d'esprit que partage bien le Pr Alphonse Djédjé Mady, ci-devant, président de la coalition des partis politiques opposés au Président Laurent Gbagbo, qui, revenu à plus de lucidité après l'euphorie qui s'était emparée mardi nuit des milieux de l'opposition, demande aujourd'hui aux Nations unies de clarifier certaines dispositions des recommandations du Conseil de paix et de sécurité de l'Ua, qui peuvent selon lui, prêter à confusion. Pour le Secrétaire général du Pdci, " l'Onu devrait par exemple souligner que les décisions internationales doivent s'imposer à la Loi nationale, car jusqu'ici, la primauté accordée à la Constitution a nourri les blocages ". De là à penser que le texte de Sassou est un fourre-tout et que les pouvoirs attribués à Banny sont en réalité une coquille vide, il n'y a qu'un pas que les analystes futés et les observateurs avertis franchissent allègrement. Sacré Sassou!
Yves De Sery


POUVOIRS ELARGIS DU PREMIER MINISTRE
Sassou offre une coquille vide à Banny

Au bloc rebelle, les yeux sont désormais rivés vers New York. Bédié, Ouattara et leurs partisans, désabusés par les conclusions du sommet du Conseil de paix et de sécurité de l'UA, s'en remettent à l'ONU. C'est que, après Abuja, Addis-Abeba n'a pu aller au-delà des simples intentions de doter le Premier ministre de pouvoirs extra constitutionnels.

Désillusion ! Le sommet d'Addis-Abeba n'a pas donné les résultats escomptés par Bédié et Ouattara. Passés les moments d'euphorie, Konan Banny et ses soutiens aussi bien locaux qu’internationaux restent pantois. C'est que la réunion censée doter la Primature de pouvoirs forts a accouché d'une souris. Même si depuis la fin de la rencontre du Conseil de paix et de sécurité, l'Elysée et ses réseaux tentent un baroud d'honneur. En effet, la presse française et le Quai d'Orsay s'extasient sur le point 20 du communiqué final qui stipule que: " Le CPS réaffirme son soutien aux forces impartiales (ONUCI et Licorne), et demande le renforcement de leur mandat. " Le maintien sans surprise du GTI et " un rôle plus important " dévolu au Haut représentant chargé des élections, sont autant de maigres acquis qui ne cachent pas l'amertume de la coalition politico-rebelle et ses parrains. De fait, la Constitution sur laquelle depuis longtemps est lancée une OPA n'a pas fait l'objet de débats. Si le bloc rebelle ne se faisait pas d'illusions sur la mise sous éteignoir de la Loi fondamentale, il a plaçait toutefois son espoir dans les prérogatives extra constitutionnelles de Konan Banny. Mais le document et l'issue des discussions n'a pu aller au-delà des intentions. Ainsi, le CPS convient que " le Premier ministre disposera également de l'autorité nécessaire sur toutes les forces de défense et de sécurité ivoiriennes intégrées, pour lui permettre d'exécuter les tâches qui lui sont assignées. " Constat : Konan Banny ne nommera pas aux emplois militaires. La Constitution étant toujours en vigueur, le chef de l'Etat demeure le chef suprême des armées. Et les Forces de défense et de sécurité qui ne cachent pas leur fidélité à la cause républicaine s'accommoderont mal de deux chefs. La tâche de Banny dans ce domaine est d'autant plus ardue, que l'état-major des FDS rechigne à donner sa caution à un ''état-major intégré''. Ce qui implique au préalable le désarmement des rebelles, une éventualité qui fâche Guillaume Soro et les siens. Tout au plus, la hiérarchie militaire des FDS consent-elle à accepter l'intégration dans ses rangs, des militaires déserteurs qui ont rejoint la rébellion. Avec leurs grades initiaux. Et comme pour mettre fin à de probables supputations, le Général Mangou et ses hommes ont tenu à rencontrer hier le chef de l'Etat. Même si rien n'a filtré de la rencontre, il nous est revenu de bonnes sources que la ''Grande muette'' est allée réaffirmer les contours républicains de sa mission guidée qu’elle est par le strict respect de la Constitution qui désigne Laurent Gbagbo comme seul et unique patron de l’exécutif. Le projet de Konan Banny et ses commanditaires qui, depuis des lustres, ont mis à prix les têtes de Mangou et d'autres galonnés, marque ainsi un coup d'arrêt. Ce n'est pas tout. Addis-Abeba n'a pu s'engager à faire de Banny un président de la République bis. Tout au plus, les chefs d'Etat ont-il fait dans le dilatoire. " Dans l'accomplissement de sa mission, le gouvernement peut, en toutes matières, prendre, en conseil des ministres, des décisions par ordonnance ou décrets-lois. En particulier, le gouvernement peut adopter, par ordonnance, des mesures appropriées pratiques, dans l'esprit de la loi, pour accélérer le processus de délivrance des jugements supplétifs et des certificats de nationalité ", a convenu le sommet. Là encore, une froide analyse laisse peu de place à la jubilation dans le camp rebelle. Car le G7 qui réclame des documents d'identité, notamment le certificat de nationalité à tout requérant pendant les audiences foraines, n'a pas été suivi. La résolution de l'UA soulignant le respect de " l'esprit de la loi " dans l'octroi des certificats. Ce qui, du reste, est conforme au guide des audiences foraines, fort combattu par la rébellion et ses alliées houphouétistes. Qui plus est, les conseils des ministres se tiennent sous la présidence du chef de l'Etat. Et comme à l'ordinaire, le Premier ministre fait des propositions d'ordonnance, la signature étant toujours du ressort de Laurent Gbagbo. Il n’y a donc rien de nouveau en Eburnie. On le voit, le salut pour Chirac et ses filleuls n'est pas venu de la capitale éthiopienne. Les obligés de l'Elysée ont ainsi été freinés dans leur ardeur. Ce qui justifie toute la campagne médiatique enclenchée depuis quelques jours, sur la radio publique française, RFI. Objectif, diluer l'échec du 64è conclave du CPS pour le bloc rebelle ivoirien. Mais les partisans de Bédié et Ouattara ne sont pas dupes. Face à l'implacable réalité, le directoire du Rassemblement des houphouétistes ne se voile pas la face, et fait la moue : " Nous souhaitons la clarification de certaines dispositions qui peuvent prêter à confusion ", plaide déjà Djédjé Mady. Soro n'est pas en reste, qui note que " les recommandations de la réunion ne sont pas suffisantes. " Tous lorgnent désormais vers la maison de verre de New York. Après les douches froides d'Abuja et Addis-Abeba, les mouvements politiques et rebelles coalisés s'en remettent maintenant au Conseil de sécurité de l'Onu, qui se réunit dans quelques jours.

Guillaume N'Guettia




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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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