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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 01:54
Françafrique

Des tortionnaires et criminels contre l’humanité formés par la France

Forum de la Semaine (Togo) 10 juillet 2006 publié sur ufctogo.com le 14 juillet 2006


 

Le DG de la Police en stage : Les turpitudes d’une France qui se cherche



 

  Nous vous l’annoncions il y a de cela quelques jours : la France, « pays des droits de l’Homme et des libertés » accueille et forme à l’Ecole de guerre de Paris le Capitaine de Frégate Néyo Takougnadi, le tout-puissant Directeur général de la Police nationale. Ce marin parachuté à la tête de la Police nationale par feu Général Eyadema pour « service rendu », et contre l’avis de nombreux policiers de métier formés sur le budget de l’Etat pour œuvre utile, a érigé la Police nationale en haut lieu de tortures et autres traitements inhumains et dégradants. Des crimes contre l’humanité, puisque c’est ainsi que la torture est reconnue, sont monnaie courante dans les lieux de détentions secrets et des Commissariats.

Nous n’en voulons pour preuve que le Commissariat de la villa Donou à Djidjolé où des rescapés racontent des scènes de tortures abominables et inimaginables. C’est de là où fut torturé, l’actuel Directeur de Cabinet du Ministre de la Ville, Daniel Kofi Aganon arrêté alors qu’il était le Président de la Jeunesse de l’Union des Forces de Changement (UFC) parti de Gilchrist Olympio. En compagnie de son collègue Vincent Godévi et en plus d’une dizaine de jeunes militants du même parti, il fut victime des pires atrocités des tortionnaires à la solde du tout-puissant Capitaine de Frégate. Ployant sous les coups des bâtons, matraques et autres barres de fer en plus des scènes et positions de souffrances difficiles à décrire, nos malheureux militants de l’opposition se sont évanouis à plusieurs reprises et traînent à vie et de façon quasi-irréversible, les séquelles de ces atrocités, de ces crimes contre l’humanité.

Nombreux sont ceux qui y ont laissé leur vie sans que l’opinion ne soit ameutée. Car, ces atrocités sont commises dans presque tous les commissariats et postes de police du Togo au nom de la « realpolitik » dont l’éminence grise est le Capitaine de Frégate Néyo Takougnadi. Et la France, « pays des droits de l’Homme » en sait quelque chose. Car elle ne peut pas l’ignorer vu que les cas patents de Tengué Komi Kouma hier et aujourd’hui de Yaya Moussa sont fort illustratifs.

En effet, Tengué Komi-Kouma du nom du jeune Président du Comité villageois de développement (CVD) de Dzolo, livré à la police par le Chef Canton Amaglo Sadjo III du village de Dzolo (Avé 60 km de Lomé) a été retrouvé mort dans le Commissariat de Kévé le 12 janvier 2004 drainant sur son corps des traces de coups et blessures et la bourse de son testicule écrasée se transformant en une forme de « galette » selon le résultat de l’autopsie. Les policiers ont ensuite jeté le cadavre dans une réserve d’eau sur la cour du Commissariat pour simuler une noyade. Malgré que le résultat de l’autopsie ait révélé que « la mort est survenue dans un état de choc aigu et l’examen de l’eau s’est révélé négatif », les Policiers Lossina et Koudzi qui étaient de garde le jour du décès n’ont pas été mis aux arrêts et traduits devant la justice. Surtout que les riverains ont témoigné des cris et pleurs de supplices venus du Commissariat durant toute la nuit. Qui plus est, ces policiers assassins sont simplement convoyés au Commissariat central, libres de leur mouvement jusqu’à leur mutation définitive de Kévé. Cette affaire a fait le tour du monde et repris abondamment dans des différents rapports des ONGs des droits de l’Homme (FIDH, Amnesty International) sur le Togo. Dans un pays normal, le Directeur de la Police nationale devait démissionner. Le corps de M. Tengué se trouve jusqu’à ce jour à la morgue du CHU de Tokoin-Lomé.

Ensuite, et tout récemment, c’est l’affaire Yaya Moussa qui a défrayé le chronique. Le jeune commerçant était arrêté nuitamment à Doulassamé en compagnie d’un de ses amis puis conduit dans les locaux de la Direction centrale de la Police Judiciaire. Torturé, il fut retrouvé mort et son corps déposé à la morgue avant que les parents ne soient informés. Le Directeur central de la Police judiciaire, dépassé par les évènements a dû ficeler une histoire à dormir debout qui n’implique pas moins ses agents. Pour le Commissaire Koudowovoh, la malheureuse victime a été lynchée par une foule sur l’alerte de ses agents alors qu’elle tentait une désertion sur le terrain où elle était amenée sur la base de sa propre dénonciation. En réalité, Yaya Moussa a été torturé à mort mais pas par une foule. Aucune procédure judiciaire n’est ouverte contre les agents impliqués dans cette affaire. Serait-ce la France que le DG de la Police aurait démissionné. Les droits de l’Homme n’ont de valeur que pour ceux qui sont murs pour la démocratie.

De nombreuses séances de tortures ont cours au sein des locaux même de la direction générale de la Police nationale et très souvent sur les ordres de Takougnadi qui suit tout de près lui-même. Une douloureuse expérience que nous avons vécue lors de notre détention (nous étions détenus avec Colombo Kpakpabia et Filip Evégno l’actuel Président de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication), nous avions remarqué que l’Officier de Police Adjoint qui a ordonné les tortures pratiquées sur notre personne et qui a participé à ces séances de traitements inhumains et dégradants, le tortionnaire Karbou Alain Agoura, était en contact téléphonique permanent avec quelqu’un à qui il répondait avec toutes les références. Nos soupçons ont été confirmés plus tard par un agent qui nous révélait que c’était « le D.G lui-même ». Ce que nous avions souligné à l’époque au Doyen des Juges d’Instruction Pawélé Sogoyou, resté impuissant sur ce dossier jusqu’à ce jour.

Le Capitaine de Frégate Néyo Takougnadi ne mérite pas de fréquenter une école de guerre qui a formé d’éminents militaires africains qui font honneur au continent à l’instar d’Amani Tounami Touré l’actuel Président du Mali. Takougnadi est un criminel, un tortionnaire qui a transformé la Police nationale a un goulag et un schéol qui n’honorent pas notre pays avec leurs morts et leurs traumatisés à vie.

Le contribuable français doit demander des comptes au gouvernement de Chirac- Villepin qui utilise les recettes du budget français pour former des tortionnaires et des criminels contre l’humanité pour les lâcher ensuite dans nos pays afin qu’ils écrasent mieux les velléités de « ceux qui ne sont pas mûrs pour la démocratie ». C’est une véritable prime à l’impunité, terreau des violations massives des droits de l’homme. Auparavant, Faure Gnassingbé doit avoir le courage pour nommer un vrai Commissaire de Police à la tête de ce corps dont le peuple a besoin pour son épanouissement.

Dimas DZIKODO
Forum de la Semaine N°170 : du 10 juillet 2006

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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 01:50
FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Statu quo dans la gestion des affaires au Togo: Faure Gnassingbé est la photocopie conforme de son père
(Togoforum.com 24/07/2006)
( 24/07/2006)


A la veille de l'élection présidentielle du 1 er juin 2003, des rumeurs persistantes faisaient état de ce que les barons, qui gravitaient autour du Général-Président, déclareraient «ne pas vouloir, après avoir soutenu le père pendant des décennies, soutenir encore un fils… ». Mais bizarrement, c'est ce qui se passe depuis le 05 février 2005, date de la fameuse « catastrophe nationale ». Tous les officiers qui avaient servi Gnassingbé père et qui n'étaient même plus en fonction, avaient subitement retrouvé leurs treillis pour faire allégeance à Faure au mépris des lois et textes qui régissent le pays. Même des intellectuels de la trempe de Barqué, Abdou Assouma, Roland Kpotsra, Kwassi Klutsè, s'étaient associés à cette comédie. Le tout suivi d'un vrai faux retrait de Faure «légalisé» quelques semaines plus tard par la boucherie électorale du 24 avril 2005.

Cependant, «un leader nouveau, un esprit nouveau» qu'on avait chanté pendant la campagne électorale a de la peine à prendre ses marques. Celui qui ressassait à qui voulait l'entendre: «lui c'est lui, moi c'est moi», à part le fameux déblocage des avancements et l'intégration de certains enseignants contractuels, ne fait rien pour mettre le pays sur la voie de la modernisation. Il se comporte exactement comme «papa» en reprenant pour ses comptes les nombreuses fêtes qui ont marqué le règne de son géniteur. Et à chaque occasion, il donne l'impression de celui qui est forcé de commémorer ces événements. «Faure même ne voulait pas fêter. Ce sont ses petits-frères et les officiers qui lui ont forcé la main», entend-on souvent dire. C'est du leurre, c'est une fausse innocence, bref de l'hypocrisie. Ainsi, il était à Pya pour prendre part aux festivités marquant le 22 è anniversaire du décès de sa grand-mère Maman N'danidaha et vient de passer toute sa semaine pour prendre part à la lutte des Evala. On n'hésite pas non plus à affirmer que le 23 septembre va être célébré avec faste.

Sur le plan politique, il use des mêmes pratiques que son père: dilatoire, fuite en avant, roublardise, manipulation, stratégie de «diviser pour régner». Pour le dialogue dont l'apothéose a été le débauchage de Me Agboyibo, les jeunes loups du RPT n'ont rien perdu des «habitudes de la maison». Si les personnes ont changé, les idées sont les mêmes. D'ailleurs, le groupe RPT au dialogue n'était présent que pour conserver les acquis du clan et tromper ceux qui croient que tout change au sein du parti. Ce parti et son « mal élu » ne veulent qu'une façade d'accord pour aller tout de suite aux élections législatives, condition sine qua non pour une reprise de la coopération avec l'Union Européenne.

Comme « papa » qui courait derrière les dialogues politiques après chaque hold-up électoral, Faure initie à son tour un dialogue mais ne veut pas que les problèmes soient résolus en profondeur. Conscients d'un «tsunami électoral» suite à un scrutin transparent, Faure et ses copains font feu de tout bois pour garder en l'état la machine à fraudes «made by RPT». Il est étonnant que Me Agboyibo ait pu accepter dans la version révisée du protocole d'accord qu'on réserve deux places au gouvernement dans la CENI.

En outre, comme «papa», Faure a mis en place au lendemain de son «élection» une kyrielle de commissions pour tenter de séduire la Communauté Internationale. Il y a d'abord la commission dirigée par son «oncle» Me Koffigoh pour enquêter sur les violences qu'a connues le pays lors de la période intérimaire. Cette commission avait également pour mission de poursuivre les auteurs et les commanditaires des actes de violence. Bien que les résultats soient rendus publics depuis novembre 2005, rien n'a été fait jusqu'à ce jour. On se souvient aussi de la commission Dosseh-Anyron qui n'a servi aux Togolais qu'une version biaisée de leur histoire.

Comme «papa», il ne prend aucune mesure idoine pour améliorer le vécu des populations. Quand une lame de tôle enlève le cou à un élève dans une région donnée, on envoie une délégation ministérielle pour apporter à la famille éplorée quelques CFA comme soutien du «chef de l'Etat». Tout continue de se décider sur «instruction personnelle du chef de l'Etat». N'a-t-on pas entendu lors du choix du président du Bureau du dialogue que «Grâce à la magnanimité du chef de l'Etat, le RPT retire sa candidature»?

On peut multiplier les exemples à loisir. Faure Gnassingbé n'est pas un homme de renouveau. Il va même plus loin que son père en nommant à des postes stratégiques petits-frères, cousins, cousines, oncles, maîtresses… C'est la gestion « familiale » qui a cours dans le pays. Même si certains, par des arguments tirés par les cheveux, soutiennent que c'est «une polémique de trop», nous pensons que c'est de la pagaille qui se fait au sommet de l'Etat.

Z.A.



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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 01:46
FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Du désordre en Côte-d'Ivoire: Un rapport des services français prouve l'implication du Togo et de la France dans la catastrophe ivoirienne
(Etiame.com 24/07/2006)
( 24/07/2006)


Les mercenaires auteurs des bombardements sur les militaires français en 2004 avaient été arrêtés, puis relâchés, sans que Paris n'y fasse obstacle.

Un an et demi après le drame, plusieurs dizaines de familles de militaires français désespèrent de savoir pourquoi, le 6 novembre 2004, leur mari, leur fils ou leur frère, envoyé en Côte-d'Ivoire dans le cadre d'une mission de paix, a été délibérément bombardé par un avion Sukhoï-25 de l'armée du président ivoirien, Laurent Gbagbo. Ce raid sur un campement de la force «Licorne» à Bouaké (centre) a causé la mort de neuf soldats français et d'un civil américain. Trente-huit militaires ont été blessés, parfois grièvement. Depuis l'attentat en 1983 contre les parachutistes à Beyrouth (58 victimes), aucune attaque n'avait été aussi meurtrière pour l'armée.

Paradoxalement, les autorités françaises semblent peu disposées à faire toute la lumière sur ces événements. C'est ce qui ressort de l'instruction menée par Brigitte Raynaud, l'ex-juge près le tribunal aux armées, saisie deux mois et demi après les faits d'une plainte contre X pour « assassinats» et « tentatives d'assassinat». Le 10 février dernier, au moment de quitter ses fonctions pour rejoindre la Délégation interministérielle à la ville, la magistrate s'est adressée en ces termes dans un courrier à la ministre de la Défense , Michèle Alliot-Marie: «Aucun renseignement ne m'a été fourni sur les raisons pour lesquelles les mercenaires et leurs complices, identifiés comme auteurs de ce crime, bien qu'arrêtés immédiatement et dans les jours qui ont suivi les faits, avaient été libérés sur instruction ou avec le consentement des autorités françaises sans avoir été déférés devant la justice.»

Car, après le raid de Bouaké, la France a eu à sa disposition, à Abidjan puis à Lomé (Togo), les techniciens et les pilotes biélorusses, ukrainiens et russes impliqués dans les raids aériens de l'armée ivoirienne contre les rebelles du nord de la Côte-d 'Ivoire. Pour quelle(s) raison(s) la France les a-t-elle laissés filer ? Retour sur une affaire d'Etat.

Paris au courant des préparatifs

Depuis la signature, fin janvier 2003, des accords de paix de Marcoussis (Essonne), l'ancienne puissance coloniale tente de convaincre les parties en conflit en Côte-d'Ivoire de désarmer et d'aller aux élections. Paris espère ainsi rapatrier ses 3 500 soldats déployés dans le cadre de l'opération «Licorne». Mais, à la mi-octobre 2004, les rebelles refusent une nouvelle fois de rendre leurs armes. Le président ivoirien décide d'accélérer les préparatifs d'une offensive militaire. Selon le commandant de la force Licorne à cette époque, le général Henri Poncet, Gbagbo est sous la pression de « son environnement radical» et d'une « certaine partie des Forces armées nationales de Côte-d'Ivoire (Fanci)» qui lui reprochent son attentisme. Le général Poncet souligne aussi l'exaspération croissante de la « communauté internationale» ­ autrement dit de Paris, qui gère le dossier ivoirien à l'ONU.

Après Marcoussis, la ligne définie par Dominique de Villepin au Quai d'Orsay et par sa conseillère pour l'Afrique, Nathalie Delapalme, consiste à soutenir Gbagbo pour sortir de la crise. Passé au ministère de l'Intérieur, «DDV» garde toutefois la haute main sur ce dossier. A la Défense , Michèle Alliot-Marie et les militaires de «Licorne» sont plus réservés : ils se méfient tout autant des « petits chefs de guerre» rebelles que de l'insaisissable président ivoirien. Mais Paris décide de laisser faire Gbagbo.

Car les Français n'ignorent rien des préparatifs de son offensive. Courant octobre, informé de l'arrivée suspecte de matériels militaires et de «mercenaires slaves»sur l'aéroport de Lomé, le ministre togolais de l'Intérieur (1) dit avoir alerté «(...) l'ensemble des autorités locales françaises(...)». Elles « ont été sensibilisées en temps utiles à tous ces mouvements aériens, à ces arrivages d'armes et à la mise en place des avions Sukhoï(...)», précise François Boko à la juge Raynaud. Paris est d'autant mieux placé pour le savoir que ses soldats sont présents à Lomé, une base arrière de «Licorne».

Ces matériels militaires ­ notamment deux Sukhoï-25 et deux hélicoptères MI-24 ­ ont été vendus à la Côte-d 'Ivoire par la société biélorusse BVST et acheminés jusqu'à Lomé par un intermédiaire français, Robert Montoya. Cet ex-gendarme de l'Elysée, qui s'est installé au Togo en 1993 après avoir eu des démêlés judiciaires en France, fournit aussi les pilotes et les techniciens pour faire fonctionner les aéronefs.

Malgré les inquiétudes de François Boko, Paris ne bouge pas. Devant la magistrate, il se dit « étonné» par le « manque de fermeté de la France » vis-à-vis du président Gnassingbé Eyadema, l'un de ses plus fidèles alliés en Afrique. De l'aveu même de ses proches, ce dernier aurait bloqué les livraisons d'armes si la France le lui avait demandé. Elle ne le fera pas.

Paris donne son feu vert

Le 2 novembre 2004, un Antonov atterrit à l'aéroport de Yamoussoukro, une ville ivoirienne située en «zone gouvernementale». Une vingtaine de «Slaves» débarquent et préparent le matériel. Un peu plus tard, deux Sukhoï-25 se posent. L'ensemble de ces préparatifs se déroule sous les yeux de 150 militaires français, présents sur l'aéroport depuis septembre 2002 et chargés, pour l'essentiel, d'une « mission de renseignement avec prise de clichés photographiques et de films», selon le général Poncet. Il ajoute : « C'est ainsi que j'ai pu disposer quotidiennement des photographies prises par les militaires français de ces personnels blancs, a priori des mercenaires, et aussi des personnels de couleur noire».

Avec l'arrivée des Sukhoï, le doute n'est plus permis : l'offensive est imminente. Comment va réagir l'ONU dont les «forces impartiales» ­ 6 000 Casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte-d'Ivoire (Onuci) et 3 500 soldats de «Licorne» ­ sont censées veiller au respect du cessez-le-feu ? Le Conseil de sécurité décide qu'il faut attendre et programme une réunion pour le 9 novembre. Dès lors, le général Poncet en convient lui-même, le président ivoirien « a pu considérer que la communauté internationale lui avait donné un "feu vert" tacite».

En Côte-d'Ivoire, les autorités politiques et militaires françaises veillent à obtenir d'Abidjan des garanties que les soldats français ne seront pas attaqués. Le 2 novembre, le colonel Patrick Destremau, qui commande les troupes à Bouaké, rencontre le colonel ivoirien Philippe Mangou, chargé de superviser l'offensive. « Nous n'avons pas eu de message menaçant directement les militaires français. Je dirais même au contraire», souligne Destremau à la juge Raynaud.

Le même jour, à Abidjan, le général Poncet, flanqué de l'ambassadeur français Gildas le Lidec, rencontre le président Gbagbo pour, assure-t-il, le prévenir que « la communauté internationale n'admettrait pas d'exactions contre les populations» et que « les forces impartiales ne pourraient rester sans réaction si elles étaient mises en état de légitime défense, donc attaquées». Pour le reste, il peut lancer son offensive. Après le drame de Bouaké, l'Elysée indiquera que Jacques Chirac a tenté, le 3 novembre, de dissuader par téléphone son homologue ivoirien de passer à l'attaque. Mais, dès le lendemain, l'opération ivoirienne Dignité commence.

Les soldats français sont bombardés

Les 4 et 5 novembre, les deux SU-25 et les hélicoptères MI-24 livrés par Montoya bombardent des positions rebelles dans le nord. Ils ratent parfois leurs cibles, tuant plusieurs dizaines de civils ivoiriens. La communauté internationale ne bronche pas. En vertu de la résolution 1528 du Conseil de sécurité, les forces impartiales ne peuvent réagir qu'en cas de légitime défense ou d'exactions contre les populations civiles. Paris peut donc s'abriter derrière ce mandat pour justifier sa passivité.

Les Fanci tentent aussi une percée au sol en direction de Bouaké, la «capitale» des rebelles, dont la chute est cruciale pour le clan Gbagbo. Mais, le 5 novembre au soir, les soldats loyalistes, précédés par des «jeunes patriotes», sont stoppés par des tirs de sommation des casques bleus marocains. En octobre 2002, une première offensive loyaliste sur la ville s'était soldée par une défaite cuisante face aux rebelles. Gbagbo peut-il se permettre une nouvelle humiliation ?

Selon le général Poncet, au matin du 6 novembre, « des informations contradictoires commencent à circuler sur l'ampleur de la progression des forces terrestres qui prétendent continuer à progresser sur Bouaké appuyées par des SU-25. On perçoit un certain flottement dans les rangs des Fanci». Détail troublant, il affirme aussi avoir « senti que l'offensive terrestre n'avançait pas aussi vite que prévu au niveau des forces loyalistes, qui avaient peu progressé en deux jours par rapport au projet initial». Ce qui laisse à penser que non seulement Paris a laissé faire Gbagbo, mais aussi que l'armée française était parfaitement au courant de ses plans d'attaque...

Vers 13 heures, comme lors des raids précédents, les forces françaises sont informées en temps réel du décollage des deux Sukhoï. Le capitaine Brice Thierry, un subordonné du colonel Destremau à Bouaké, raconte avoir « diffusé cette alerte à la radio, sur réseau interne, de façon à ce que les gens prennent les mesures de sauvegarde», avant d'aller déjeuner... Toutes les mesures de protection ont-elles été mises en oeuvre par l'état-major de «Licorne» ? Pas si sûr, affirme une source militaire française, car une attaque visant les soldats tricolores paraissait inimaginable.

Or, après avoir bombardé une position rebelle située à proximité, les deux SU-25 effectuent, vers 13 h 20, une première «passe» de reconnaissance au-dessus du lycée Descartes, un campement français. Puis l'un d'entre eux plonge en piqué et lâche un panier de roquettes en plein sur son objectif. Aucune erreur possible, selon les témoignages unanimes des rescapés : un drapeau tricolore flottait sur un mât et une large croix rouge avait été accrochée sur le toit du bâtiment principal. Depuis Paris, le chef d'état-major des armées françaises, Henri Bentégeat, donne l'ordre de détruire les deux SU-25 à leur atterrissage à Yamoussoukro. Vers 14 h 20, les avions sont neutralisés par deux missiles Milan. Auparavant, les services de renseignements ont pris soin de photographier leurs équipages, qui disparaissent rapidement des lieux.

Craignant de nouveaux raids meurtriers, les forces françaises détruisent, en quelques heures, la quasi-totalité de la flotte militaire ivoirienne dans l'enceinte du palais présidentiel de Yamoussoukro et sur l'aéroport d'Abidjan. Dans des représailles visiblement planifiées, des milliers de «patriotes» attaquent presque instantanément les Français qui résident à Abidjan. Durant trois jours, l'armée va secourir et évacuer 8 000 civils dans des conditions périlleuses. Aucun mort, mais trois cas de viols sont à déplorer.

Qui a donné l'ordre de viser les soldats français?

Paris a d'emblée écarté l'hypothèse d'une bavure, toujours défendue par le régime d'Abidjan. Pour les plus hautes autorités de l'Etat français, l'attaque de Bouaké est un « acte délibéré». Mais qui en est le commanditaire ? Dès le lendemain du raid, Paris disculpe Gbagbo. Devant la juge Raynaud, le général Poncet et le colonel Destremau accusent les «radicaux» qui l'entourent : son conseiller pour les questions de défense (et neveu), Bertin Kadet, et le commandant de l'armée de l'air, Edouard Séka Yapo, auraient voulu masquer l'échec de l'offensive sur Bouaké et, pense Poncet, circonvenir toute tentative de coup d'Etat. Sans en informer le principal intéressé ? Au premier jour de l'offensive, un télégramme diplomatique de l'ambassade de France à Abidjan note l'utilisation des « seuls moyens aériens, dont on sait qu'ils sont directement commandés par la présidence». Et, dans une note de synthèse du 17 novembre 2005, la DGSE affirme que le pilote slave responsable du bombardement de Bouaké « aurait été pris en charge par une unité des fusiliers commandos de l'armée de l'air ivoirienne pour être caché, dans un premier temps, à la présidence de Yamoussoukro, puis dans des villas, avant d'être exfiltré six jours plus tard».

En définitive, Gbagbo, qui s'est toujours méfié des autorités françaises, au point de les soupçonner d'être derrière la tentative de coup d'Etat de septembre 2002, n'a-t-il pas cru qu'elles avaient voulu le piéger en le laissant se fourvoyer dans l'attaque des rebelles ? N'a-t-il pas tenté un coup de poker désespéré, avant de lancer ses patriotes dans les rues d'Abidjan pour se protéger. La France , qui dit n'avoir aucune preuve formelle contre lui, le ménage. Parce qu'elle ne peut se permettre de rompre avec lui pour le règlement de la crise ? Ou parce qu'il pourrait, dans ce cas, révéler comment la France s'est rendue complice d'une offensive militaire qui s'est retournée contre ses soldats ? Pour tenter de mieux cerner ses responsabilités, l'interrogatoire des pilotes et techniciens slaves aurait été précieux. Mais la France a choisi de les laisser filer.

Quinze techniciens «slaves» élargis à Abidjan

Dans l'après-midi du 6 novembre, après le bombardement de Bouaké, les militaires français prennent d'assaut l'aéroport d'Abidjan, lieu stratégique pour acheminer des renforts militaires et évacuer les civils. Sur place, ils «tombent» sur quinze techniciens russes, biélorusses et ukrainiens chargés de la préparation des aéronefs de fabrication soviétique livrés par Montoya. Ils les retiennent durant quatre jours, avant de les remettre, sur instruction de l'état-major à Paris, au consul de Russie, le 11 novembre, en présence d'un délégué du Comité international de la Croix-Rouge. Avant de les libérer, des gendarmes français photographient, de leur propre initiative, ces hommes qui, au moins indirectement, ont une part de responsabilité dans la mort de neuf de leurs compagnons.

Les mercenaires ont-ils été «débriefés» auparavant? Le général Poncet déclare qu'un gendarme affecté au COS (commandement des opérations spéciales) «a procédé à l'audition de chacun des quinze mercenaires (...)», mais que, «sur le fond, les gens ne se sont pas exprimés». Dans une lettre adressée le 7 juin à l'un des avocats des parties civiles, Me Jean Balan, Michèle Alliot-Marie se «félicite» qu'aucun interrogatoire « au fond» n'ait été mené, au nom du « respect des principes fondamentaux du droit» et en l'absence de toute procédure judiciaire. A la suite de sa demande de déclassification des documents sur cette affaire, la juge Raynaud s'est vue remettre les photos de ces techniciens. Mais aucun rapport précisant que ces derniers avaient refusé de s'exprimer.

La France laisse filer les pilotes biélorusses

Le 16 novembre, comme l'a raconté l'Express, un minibus arrive à la frontière togolaise, avec à son bord huit Biélorusses qui se présentent comme «mécaniciens agricoles». Le ministre togolais de l'Intérieur, qui fait le lien avec les événements en Côte-d'Ivoire, décide de les placer en garde à vue : «(...) Nous avons décidé de les arrêter pendant deux semaines et de les maintenir à la disposition des autorités françaises.» Comme en octobre, Boko alerte immédiatement les correspondants locaux des services de renseignements français et leur fournit les copies des passeports pour vérification d'identité. Mais, dans la soirée, les instructions de Paris tombent: ne vous mêlez pas de cette affaire. Fin novembre, selon la DGSE , les huit mercenaires sont exfiltrés vers Moscou. Les autorités françaises savaient-elles, dès ce moment, qu'au sein de ce groupe figurait, comme l'affirme à la magistrate le patron de la Direction du renseignement militaire (DRM), Michel Masson, au moins « un Blanc présumé être l'un des pilotes des avions Sukhoï» ? Michèle Alliot-Marie répond par la négative. Est-ce si sûr?

Notant que, le 2 novembre, l'Antonov et les deux SU-25 «se sont posés dans un premier temps devant nous», le capitaine Jean-Hillaire Millet a pris des clichés précis des mercenaires à Yamoussoukro. Après le raid de Bouaké du 6 novembre, il transmet « dans les quarante-huit heures ou soixante-douze heures suivantes» tous ces documents à l'état-major de «Licorne» à Abidjan, y compris les photos prises de loin ( 600 mètres ) des pilotes restés casqués. « Dans la quinzaine de jours qui ont suivi» ­ au moment, donc, où les huit Biélorusses étaient toujours à Lomé ­, le capitaine Millet précise avoir « fait un travail plus poussé de comparaison de photographies». Il conclut : « Nous avons des photographies exploitables des membres des équipages susceptibles d'avoir été aux commandes des avions en cause lors du bombardement de nos troupes.» Dans une note de synthèse du 17 novembre 2005, la DGSE donne les noms des pilotes biélorusses, précisant qu'ils sont tous deux cités « dans le groupe interpellé au Togo», et ceux des copilotes ivoiriens visés, depuis, par deux mandats d'arrêt internationaux.

Le 23 novembre 2004, en réponse à la question d'un parlementaire UMP, la ministre de la Défense a rappelé que l'article 65 du code de justice militaire prévoit que « sont justiciables du tribunal aux armées tous auteurs ou complices d'une infraction contre les forces armées françaises». Et ajouté que « la loi pénale française est applicable à tout crime(...) commis par un étranger hors du territoire de la République lorsque la victime est de nationalité française au moment de l'infraction». Encore faut-il avoir la volonté de faire justice.

Par Thomas HOFNUNG

Libération, lundi 3 juillet 2006



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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 01:42

BEGOTO BALLA ALIAS JEAN MALET TORTURE ET BATTU A MORT PAR LES FACA A PAOUA



 

balla begoto
Quarante trois ans révolu, Begoto Balla Bernard est natif du village Bédaya I, village du regretté général de division N'djadder Bédaya François. C'est un opérateur économique qui a opté pour la mise en valeur des produits locaux de sa région de Paoua, notamment le tabac prisé qu'il s'est spécialisé dans la commercialisation. En effet, Begoto achète à Paoua et ses environs les bottes de tabac qu'il vient écouler à Bangui. C'est ainsi qu'après une opération de vente à Bangui, Bégoto Balla alias Jean Malet a repris la route le vendredi 07 juillet pour Paoua via Bozoum où il devait passer la nuit avant de poursuivre son voyage. Au cours de cette escale, il sera interpellé par le Commandant de la Brigade minière en exercice à Bozoum, ancien CB de gendarmerie de Bémal et de Paoua avant d'être affecté à Bozoum. Celui-ci va le rabrouer de façon inquiétante le traitant d'être de connivence avec les mouvements rebelles qui sévissent dans le nord du pays. Bégoto se défendra tant bien que mal pour retrouver sa liberté non, sans être promis que les FACA de Paoua s'occuperont de lui. C'est avec la mort dans l'âme que malgré lui, Bégoto va poursuivre son voyage le lendemain à destination de Paoua. Chose qui ne l'a pas surpris outre mesure, il sera arrêté au poste de contrôle de la gendarmerie à 5 km à l'entrée de Paoua et sera conduit à la dite brigade pour y être entendu. Suite à son audition sur son éventuelle relation avec les rebelles, le CB lui dira qu'il n'a rien contre lui mais, qu'il est arrêté sur instruction du responsable du détachement des FACA à Paoua. Malgré ses justifications , Bégoto sera mis aux arrêts dans les geôles de la brigade de gendarmerie de Paoua d'où il sera extrait par des éléments du détachement des FACA de Paoua. Après son transfert au camp du détachement, il y sera sauvagement torturé par le système arba-tacha. Selon les informations reçues, ses bourreaux lui ont enfoncé des éponges dans la bouche, dans les voies nasales et anales et l'ont roué de coups tout en lui versant sur le corps des larves brûlantes de nylons enflammés. C'est sous le coup de ces actes ignobles, inhumains et odieux que Bernard Bégoto Balla alias Jean Malet a rendu l'âme dans l'après midi du lundi 10 juillet après deux jours de torture. Son corps a été enfoui dans un sac et déposé au centre de santé urbain de Paoua où les parents alertés l'ont récupéré pour l'ensevelir.
Ce triste et douloureux récit démontre que les centrafricains en général et la population du nord en particulier ne peuvent nullement se fier aux forces de sécurité qui ont pour mission d'assurer leur sécurité. Les éléments de nos forces de défense et de sécurité qui brillent par leurs débâcles devant l'ennemi trouvent curieusement toute l'énergie et le courage dignes d'une armée républicaine de sévir seulement sur la pauvre et paisible population qu'ils sont pourtant sensés protéger. Ce qui est écoeurant, c'est le fait que ces éléments de la gendarmerie nationale n'opposent aucune résistance lorsque quelques éléments des FACA font irruption de force dans leurs geôles pour extraire des personnes supposées être en danger. Ce qui s'est passé à Paoua rappelle le triste sort qu'avait subi le Sergent Chef Sanzé qui avait été extrait des geôles de la SRI par des amis du feu Lt Yango Kapita pour être sauvagement torturé et assassiné. Il convient aussi de relever le mutisme complice des autorités politico administratives et militaires de Paoua, notamment le Sous-préfet, le Commissaire de la ville et autres responsables qui, alerté, n'ont rien fait, laissant un centrafricain être assassiné de façon ignoble par les porteurs de tenues.
La crise de confiance entre la population et les éléments de nos forces de défense et de sécurité se creuse davantage. Les sonnettes d'alarme se généralisent. Que faut il faire ?


Lundi 24 Juillet 2006
Grand. Petit-Jean
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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 01:38

LES PARTISANS DE J.J. DEMAFOUTH S'INTERROGENT SUR L'AVENIR DE LA « NOUVELLE ALLIANCE POUR LE PROGRES »



 

L'annonce de la création d'un nouveau parti politique a mis un baume au cœur des partisans de Jean-Jacques Demafouth qui se croyaient abandonner après l'échec de leur candidat à l'élection présidentielle de 2005.
La création du parti dénommée NAP (Nouvelle Alliance pour le Progrès) leur a redonné confiance mais n'empêche qu'ils se posent énormément de questions sur cette manière d'annoncer la création d'un parti politique depuis l'étranger. Beaucoup craignent en effet qu'en raison de divers contentieux avec le président Bozizé et le régime actuel, que le pouvoir actuel fasse tout pour empêcher l'organisation et le fonctionnement de ce parti sur le territoire national.
D'autres se demandant encore s'il ne s'agit pas tout simplement d'un « effet d'annonce » sans lendemain. Mais il va de soi que Jean Jacques Demafouth qui est avant un « homme de l'ombre » a senti que l'heure a sonné pour lui de se donner une formation politique pour lui servir de support aux actions futures. Mais quelles actions et quelle alternative ?
On pense aussi que l'annonce de la création d'un nouveau parti par Jean Jacques Demafouth s'adresse avant tout aux multiples réseaux que l'homme a crée dans le pays aussi bien dans les forces armées centrafricaines qu'au sein de l'opinion publique et de la classe politique centrafricaine. Elle pourrait également s'adresser à certains milieux politiques français favorables à Jean Jacques Demafouth. Une chose est sûre, ce dernier voudrait dorénavant que l'on compte avec lui dans les prochains débats politiques.
Va-t-il jouer la course de vitesse ou la course de fond ? Où siègera la direction politique de la « Nouvelle Alliance pour le Progrès » (NAP) ?.. Ce sont autant de questions que se posent les partisans de Jean Jacques Demafouth dont certains souhaiteraient qu'il leur laisse la latitude de préparer et d'organiser l'assemblée constitutive du nouveau parti sur le sol national par la mise en place d'un « Directoire Provisoire » avec des hommes et des femmes résidant au pays en attendant que la situation se clarifie pour leur leader déclaré.
Car à partir du moment où l'UMPCA de Yvonne Mboïssona a été créée après la promulgation de l'ordonnance relative aux partis politiques et au statut de l'opposition centrafricaine. Ordonnance dont l'application est renvoyée aux prochaines échéances électorales c'est-à-dire en 2010, on voit mal comment on pourrait refuser à Demafouth et à ses partisans de créer un parti politique et de l'animer. Mais la meilleure manière de participer à la vie politique nationale, c'est de résider sur le sol national et non à l'étranger. C'est ce qui perturbe nombre de partisans de Jean Jacques Demafouth qui s'interrogent à n'en pas finir. Ils ont raison, car tirant leçon des errements du passé, ils voudraient savoir à quelle sauce ils iront manger. Ils voudraient aussi savoir quelle sera leur marge de manœuvre dans ce nouveau parti qui s'annonce avant tout démocratique. Nul doute que Jean Jacques Demafouth s'emploiera très rapidement à éclairer les lanternes de ses partisans, car c'est en leur nom et suite à leur appel qu'il s'est engagé à créer ce parti. Après il aura à affronter les autorités politiques pour la reconnaissance de la « Nouvelle Alliance pour le Progrès ». Mais cette partie n'est gagnée d'avance même si la création de l'UMPCA pourrait faire jurisprudence…



Lundi 24 Juillet 2006
Jean Siopassa
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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 01:35

L'AIDE MILITAIRE DE LA FRANCE FAIT DES VAGUES DANS LA MAJORITE PRESIDENTIELLE



 

L'aide militaire de la France fait des vagues non seulement au sein des populations mais aussi dans certains milieux politiques notamment au sein de la majorité présidentielle.
Si les populations civiles et souvent désarmées ont poussé un ‘‘ouf'' de soulagement parce qu'elles sont les principales victimes des coupeurs de route et des bandes armées qui empêchent manifestement le développement économique et social de la République centrafricaine, ce n'est pas le même ton au sein de l'opposition qui pense que l'option militaire est toujours une option dangereuse aux conséquences incalculables. Par ailleurs, l'opposition pense qu'il s'agit d'un appui logistique temporaire qui ne saurait régler tous les problèmes de la RCA qui sont d'abord des problèmes de gouvernance, de respect des libertés et des droits de l'homme, de respect des engagements politiques afin de rompre définitivement avec les errements du passé qui ont conduit aux soubresauts politico-militaires de 1996 à 2003.
C'es à ce titre qu'un texte de l'opposition parle avec véhémence de ‘‘Pansement alcoolisé'' qui peut soulager mais ne saurait régler les problèmes à la racine. Il va sans dire que l'opposition politique continue de camper sur l'exigence d'un dialogue politique entre les pouvoirs publics, l'opposition politique et l'opposition armée afin de trouver des solutions politiques durables aux problèmes intérieurs de la RCA qui sont induits par le mal gouvernance, la gestion patrimoniale, le tribalisme, l'exclusion, la corruption et l'impunité.
Bien évidemment, le gouvernement, la majorité présidentielle n'émettent pas sur la même longueur d'onde. Et pour cause ! Chaque entité défend sa chapelle. De fait, la majorité présidentielle se réjouit de l'aide militaire (aide logistique, renseignements aériens pour sécuriser l'ensemble du territoire). On applaudit la France à l'Assemblée Nationale (discours du président Célestin Leroy Gaombalet). L'ancien Directeur National de Campagne (DNC) de François Bozizé et ancien ministre de la Communication limogé pour malversations financières (contrôle paiement) vient de rendre public un communiqué de l'Association KNK qui se félicite de l'aide militaire française non sans remercier la France pour ce geste d'amitié et de coopération agissante.
On sait le GPPMP a concocté un communiqué de presse relatif à l'aide militaire française à la République Centrafricaine dont la publication a été différée pour ce jeudi. Précaution d'usage ou attentisme ? Dans tous les cas, le GPPMP inscrit cette aide dans la longue tradition de coopération entre la RCA e la France. Il pense aussi qu'à travers un appui et une couverture aériens consistants et conséquents, les FACA et la FOPMUC qui se battent sur le terrain avec courage et détermination verront leurs capacités opérationnelles renforcées. Mais, le GPPMP exhorte par ailleurs la France à poursuivre son aide dans des domaines sensibles comme la santé, l'éducation, l'aide budgétaire, l'environnement et les infrastructures.
Mais ce groupe politique ne pense pas moins que quand le pays brûle, les centrafricains de tous bords doivent taire leurs divergences politiques afin de conjurer le mal d'abord avant d'agiter des exigences politiques comme le dialogue politique. Une manière pour le GPPMP d'amorcer la le débat sur la question du dialogue politique que continue d'exiger l'opposition ?
Tant mieux si l'aide militaire française ne fait pas obstruction à la question du dialogue politique. Car, on aimerait tant connaître la position du Président de la République et de sa majorité politique plutôt divisée et en ébullition. Il n'en demeure pas moins que facteurs extérieurs, fussent-ils de l'aide extérieure massive, ne saurait durablement et valablement garanti la paix intérieure, l'unité, la bonne gouvernance et la réconciliation nationale.
On peut penser à juste titre, que'' les mêmes causes placées dans les mêmes conditions produisent les mêmes effets''. Un principe politique qui s'applique. Car, il est aisé de démontrer que le mal gouvernance, la gestion patrimoniale, clanique, clientéliste, népotiste, la corruption et l'impunité ont été à la source des soubresauts politico-militaires qui ont failli embraser le pays dans un passé récent.
Un Etat démuni comme la RCA ne peut toujours compter sur l'aide extérieure, fut-elle militaire, mais comme le dit cette sagesse séculaire : « AIDE-TOI LE CIEL T'AIDERA ». A bon entendeur salut !

Lundi 24 Juillet 2006
Eloi Koyo
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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 01:31
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

LES PREUVES D’ACHAT DU HERCULES C 130 DE BOZIZE
(Centrafrique-Presse 23/07/2006)
( 23/07/2006)


Dans ses précédentes parutions, Centrafrique-Presse avait révélé l’affaire des embrouilles financières nées entre Bozizé et Urbain Randall, pourtant diacre de son église du Christianisme céleste et un des responsables de la société de diamant Lobaye Gold que le même Bozizé a fait récemment dissoudre pour soi-disant manque de rentabilité et fraude fiscale.

Bozizé reprocherait à Randall la disparition d’une enveloppe d’un montant équivalent à plusieurs centaines de millions de f CFA qui aurait dû servir au bouclage du financement de l’avion Hercules C 130.

A présent, la rédaction publie en exclusivité les documents relatifs à l’acquisition de ce coucou que Bozizé est en train d’acheter aux USA à coup de millions de dollars US pendant que nombre de Centrafricains souffrent et meurent de faim. Quant à l’immeuble qui abrite la chancellerie de la République centrafricaine à Washington, il est dans un état tel état de délabrement que le Département d’Etat américain s’est vu dernièrement dans l’obligation de tirer la sonnette d’alarme mais l’ambassadeur centrafricain aux USA préfère s’occuper de la juteuse affaire du Hercules C 130 de Bozizé.

Les documents sont évidemment en Anglais mais pour en faciliter la compréhension et la lecture par nos internautes, la rédaction a pris soin de les traduire en Français.



AeroMarine International

A DVB HOLDINGS COMPANY
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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 01:28
FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Fort de l’appui financier et militaire de la France, Bozizé met le feu à Paoua et sa région
(Centrafrique-Presse 24/07/2006)
( 24/07/2006)


Ce qui se passe à Paoua et sa région dépasse l’entendement. Après les massacres à grande échelle commis en janvier, février, mars et avril derniers, plusieurs voix dont celles des trois députés de Paoua se sont élevées pour réclamer en vain une enquête indépendante afin que la lumière soit établie sur les responsabilités de la soldatesque de Bozizé avec ses tueurs génocidaires tels que Eugène Ngaikoisset et ses éléments.

Le premier ministre de Bozizé, Elie Doté s’est rendu à Paoua promettre que son gouvernement allait désormais assurer la sécurité des paisibles citoyens de cette localité dont il s’est lui-même rendu compte qu’ils avaient pratiquement déserté tous les villages pour vivre en brousse à cause des tueries aveugles des soldats de Bozizé.

Force est constater que non seulement les prétendus engagements de Elie Doté n’existent que dans la tête de ce dernier mais encore et surtout, les assassinats se poursuivent de plus belle. Il avait demandé aux paysans de quitter leur planque de la brousse et de revenir dans les villages. Résultat, ceux qui ont osé le faire sont massacrés. Il ne se passe de semaines et de jours sans qu’on apprenne que des familles continuent d’être endeuillées dans Paoua et sa région. De Paoua à Bétoko, de Bémal à Béboura, de Bétoko à la frontière du Tchad vers Bégouladjé et Bébingui, non seulement on tue mais on incendie les villages. Une véritable opération « terre brûlée » consistant à rayer purement et simplement de la carte plusieurs villages de cette région. Ce qui s’était passé du temps du général Kolingba en 1985 dans cette région où mission avait été donnée au général Lucien Guillaume Ndjengbot de brûler aussi des villages n’était qu’une entrée en matière.

Début juillet dernier, pendant qu’Elie Doté prenait ses vacances au Canada, plusieurs villages ont été incendiés. Il s’agit des villages Bébingui, Bédaya 2 (village natal de feu général François Ndjadder), Bégouladjé 1 et Bégouladjé 2, Bémbaïndi, entièrement pillé. La maison du président de la délégation spéciale de la commune de Mia Pendé à Bétoko a été incendiée ainsi que plusieurs autres maisons.

Dans la commune de Bah-Behssar, les villages Bétokomia 2, Bébogda, Bétein, Bénodil 1 et Bénodil 2 ont également été incendiés.

Un jeune homme du nom Bernard Bégoto, qui a l’habitude de se procurer du tabac à priser Paoua pour le revendre à Bangui a été arrêté à Bangui, ramené à Paoua pour y être atrocement torturé jusqu’à ce que mort s’en suive. On lui a mis des chiffons de tissus dans la bouche et emballé avec du plastic auquel on a mis ensuite le feu. Tout cela, parce que ce jeune homme est soupçonné d’être un informateur des rebelles.

La ville de Paoua abritant maintenant une antenne du CICR, tous ces exploits criminels de la garde présidentielle de Bozizé peuvent parfaitement être vérifiés de façon indépendante auprès d’elle.

On ne peut comprendre que ce soit précisément dans un contexte de violence criminelle tous azimuts, où Bozizé a lamentablement échoué dans la gestion des affaires du pays malgré tous les soutiens politiques et financiers considérables qu’il a reçus au lendemain de son putsch, que le gouvernement français puisse décider de voler militairement à son secours. L’envoi massif de bérets verts français sur le territoire centrafricain pour tuer encore davantage de Centrafricains aux côtés du criminel Bozizé n’est pas l’aide et la meilleure forme de coopération que le peuple centrafricain attend de la France.

Alors qu’il déchaîne une répression dictatoriale aveugle et criminelle pour tenter d’éradiquer les différents mouvements de rébellion qui entendent le chasser du pouvoir, l’intervention de la France apparaît inévitablement comme un encouragement de ce putschiste à poursuivre dans la voie de l’incompétence, de la mauvaise gouvernance et de sa politique criminelle.


Auteur : La Rédaction

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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 01:19
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Le président ivoirien écarte l'éventualité d'une guerre civille même sans présidentielle
(CRI 24/07/2006)
( 24/07/2006)


Il n'y aura pas de guerre civile en Côte d'Ivoire, même si la prochaine présidentielle ne pouvait pas se tenir le 30 octobre 2005, a affirmé samedi le président ivoirien Laurent Gbagbo, cité dimanche par la télévision nationale ivoirienne.

"Il faut qu'ils (Ivoiriens) comprennent que notre destin est entre nos mains à nous, et à nous seuls. Chers Ivoiriens, après le 30 octobre, il n'y aura pas la guerre civile ici, il n'y aura rien du tout", a assuré M. Gbagbo devant un rassemblement lors de sa visite à Jacqueville, un département situé à l'ouest d'Abidjan.

"Chers amis de Jacqueville, et chers Ivoiriens, je voudrais que vous vous tranquillisiez (...) Après le 30 Octobre, ou bien il y a des élections et il y a un nouveau président, ou bien il n'y a pas d'élection et nous allons fixer un autre jour", a précisé M. Gbagbo.

Le 8 septembre, le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, a estimé que la prochaine élection présidentielle ne pourrait pas avoir lieu en Côte d'Ivoire à la date indiquée, lors d'une interview accordée à des médias français.


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25 juillet 2006 2 25 /07 /juillet /2006 00:50
FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Incidents après un meeting de Kabila à Mbuji-Mayi
(Le Monde 24/07/2006)
( 24/07/2006)


Plusieurs personnes ont été arrêtées dimanche soir par la police à Mbuji-Mayi, fief de l'opposition dans le centre de la République démocratique du Congo, lors d'incidents après un meeting électoral du président Joseph Kabila, a-t-on appris lundi auprès de l'Onu.
Le porte-parole de la Mission des Nations unies au Congo (Monuc) à Mbuji-Mayi, Saidou Abdou, n'a néanmoins pas été en mesure de préciser les circonstances précises de ces arrestations.

Mbuji-Mayi est le fief de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti de l'opposant Etienne Tshisekedi, qui boycotte les élections présidentielle et législatives du 30 juillet, jugeant le processus "opaque".

Les incidents ont éclaté quand de jeunes manifestants proches de l'opposition ont jeté des pierres sur le cortège du président Kabila qui regagnait le centre-ville, après un meeting à l'aéroport de Mbuji-Mayi. La police est alors intervenue, a-t-on indiqué de source policière.

Auparavant, des "tracts avaient été distribués dans la ville appelant la population locale à manifester contre la présence du président Kabila et la campagne électorale", a-t-on ajouté de même source.

Le représentant de l'UDPS à Mbuji-Mayi, Pierre Nsana, a jugé que ces incidents étaient "la conséquence d'une parodie d'élections qu'on veut imposer aux Congolais".

"La population continuera de s'opposer à la campagne électorale tant qu'il n'y aura pas de concertations nationales pour rendre le processus électoral transparent", a-t-il ajouté.

Depuis le lancement de la campagne, l'UDPS s'est essentiellement mobilisée à Kinshasa, où plusieurs manifestations hostiles au processus électoral ont donné lieu à la destruction systématique d'affiches de campagne et à des interventions musclées des forces de l'ordre.


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