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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 19:45

Les chefs coutumiers constituent-ils un pouvoir concédant au Congo ?


(Congo Vision 12/06/2006)


Une question particulièrement importante est ressortie des échanges qui ont eu lieu ce dernier temps. En ce moment où se pose le problème de la prédation de nos ressources, il est important de savoir si les chefs coutumiers sont habilités à accorder des concessions à ceux qui viennent leur proposer des pacotilles.

Un regard sur les politiques foncières successives dans notre pays depuis l'époque léopoldiennes s'avère utile.

Sommaire :

I. L'accès à la propriété foncière sous le règne de Léopold II

I.1. Un cas d'extorsion des terres par le biais des soit disant ‘'Traités d'amitiés'' avec des chefs coutumiers.

I.2. Naissance du Domaine de la Couronne

II. L'accès à la propriété foncière durant la période coloniale

III. Conséquence de l'indépendance : la loi Bakajika

IV. L'accès à la propriété foncière dans l'après Mobutu

I. L'accès à la propriété foncière sous le règne de Léopold II
Lorsque les agents de Léopold de Saxe Combourg, fait roi des Belges, arrivaient au Congo, il existait déjà deux types de propriétés, à savoir les terres occupées par les indigènes et celles, très rares, occupées par des colons hollandais, portugais et anglais, en vertu des ententes conclues avec des chefs locaux.

I.1. Un cas d'extorsion des terres par le biais des soit disant ‘'Traités d'amitiés'' avec des chefs coutumiers.
Une des premières démarches des agents léopoldiens dans le domaine foncier était la conclusion des traités dits d'amitié avec des chefs locaux, au nom du roi des Belges. Fort de ces traités et de la reconnaissance internationale de l'ÉIC, à travers l'Actes de Berlin, l'administrateur général du Congo décrétait non valide, par son ordonnance, du 1 er août 1885, toute concession qui viendrait à être obtenue par un tiers, de la part des autorités traditionnelles. Les concessions obtenues avant le 1 er juillet de la même année sont toutefois déclarées valides. Seules les terres vouées aux usages vitaux, à savoir, la culture, la chasse et l'habitation étaient restées de la compétence des chefs coutumiers.

Pour A. Conan Doyle

«Léopold II était un homme riche, mais pas assez pour supporter les dépenses nécessaires au développement du territoire du Congo. Il voulait tirer des richesses du Congo, et non point se ruiner. Il exigea donc qu'un rendement maximal fût tiré de la colonie. Le premier grand changement fut la mise en place du régime domanial, qui consistait à nationaliser tout territoire qui n'avait pas encore été colonisé. Les terres furent octroyées à l'État et les employés de l'État furent chargés de leur exploitation. Les indigènes et les Européens établis en dehors des lieux historiques de colonisation (à l'embouchure du fleuve Congo) se voyaient ainsi dépossédés de jure de leur propres terres.

Ensuite, le territoire fut divisé en deux zones économiques : la zone confiée à des entreprises concessionnaires et la zone domaniale, qui était la propriété de l'Etat indépendant du Congo, et donc de Léopold II .

Dans le sillage de l'Association Internationale Africaine (AIA),…qui sera remplacé par " l'Association Internationale du Congo" (1878),…on a permis au roi d'intensifier sa conquête du bassin du Congo par l'entremise de Stanley dont il s'était approprié les services à partir de 1878 (. …)»

En plus d'un travail de reconnaissance, de création de poste, d'assemblage de bateaux à vapeur, Stanley se devait d'obtenir par n'importe quels moyens des contrats d'exclusivité avec les chefs autochtones . C'était en fait des contrats d'exploitations de leurs terres par l'AIC et même pire : ces "traités" cédaient à l'association créée par le roi, la souveraineté de leurs territoires et permettaient à l'AIA de proclamer ces territoires "états libres". Dès 1882, des affrontements entre ces postes et les populations engendrèrent des répressions sanglantes de la part des groupes armés de Stanley et des agents de l'AIC.

À peine commençait l'exploitation intensive de l'ivoire, du caoutchouc naturel et autres produits des terres domaniales réservés à l'Etat, entendez à Léopold de Saxe Combourg, le roi des Belges, les agents léopoldiens, se heurtèrent déjà dès 1891, aux premiers actes de résistance de chefs locaux et des Arabes, dont l'autorité s'étendait en fait sur près d'un tiers du territoire congolais. Le grand chef M'siri des Bayeke au Katanga, a été de ceux-là.

I.2. Naissance du Domaine de la Couronne
Pour A. Conan Doyle :

« (…) Le roi Léopold II décréta lors de la création en 1885 de l'EIC que les terres vacantes , appartenaient à l'état. Il allait s'agir d'une confiscation pure et simple de la quasi-totalité des terres de la région.

(…)A partir de 1890, plusieurs décrets stipuleront le partage du Congo en 2 zones pour l'acquisition de l'ivoire : la première destinée aux sociétés privées et la deuxième, bien plus vaste, était considérée comme le domaine privé du roi

(…) Un décret secret, les agents devaient prendre les mesures"nécessaires pour conserver à la disposition de l'état les fruits des terrains domaniaux[du domaine privé], notamment l'ivoire et le caoutchouc". Il existait un véritable bras de fer entre les sociétés de Thys et les agents de l'EIC, qui allaient jusqu'à obliger les Africains à leur vendre et à eux seuls cet ivoire sous peine de punition. Le roi exerçait régulièrement des pressions sur le gouverneur général comme on peut le lire via un extrait d'une lettre envoyée à Wahis en avril 1892 :"Il importe d'activer promptement…le développement bien nécessaire de nos récoltes d'ivoire et de caoutchouc. L'Etat ne peut maintenir son existence qu'au moyen de très larges et très fructueuses récoltes".

Une lettre de Wahis aux commissaires de district illustre bien les résultats de la pression exercée par les autorités de l'EIC : "…Celui qui dans ces parages achèterait du caoutchouc, inciterait ainsi les indigènes à exploiter le domaine privé, et il s'associerait à un délit prévu par la loi. Pour mettre fin à une telle exploitation illicite, le commissaire de district devra de préférence punir les principaux délinquants, c'est à dire les indigènes eux-mêmes et les mettre administrativement et judiciairement en demeure de livrer à l'Etat le caoutchouc récolté sur le domaine privé. Cela le dispensera probablement de poursuivre devant les tribunaux ceux qui achètent le produit; car il est désirable de ne leur intenter des poursuites que si l'on ne parvenait pas à maintenir les indigènes dans la légalité…»

Nous pouvons ainsi conclure que dès la mise en train de l'État Indépendant du Congo, la puissance publique a pris à main la régulation du droit foncier. Le décret d'État devint un moyen de légitimation de la propriété du sol. L'extorsion de leurs pouvoirs de mise en valeur ou de cession des terres héritées de leurs ancêtres, au moyen de la signature des traités dits d'amitié avec la couronne belge, n'avait laissé aux chefs tribaux qu'un pouvoir symbolique.

II. L'accès à la propriété foncière durant la période coloniale
Le 20 août 1908, le parlement belge acceptait l'offre royale de prise en charge de la gestion du Congo. L a Belgique prenait alors la responsabilité juridique de la colonie.

Le 18 octobre 1908 : la Loi sur le Gouvernement du Congo belge dite la Charte coloniale a été signée. Elle fixait le statut administratif et politique du Congo, avec un roi qui légifère en collaboration avec le ministre des colonies et avec l'assistance d'un conseil colonial. Des pouvoirs locaux ont été reconnus à un gouverneur général, qui gouverne par voie d'ordonnances.

Cette sorte de constitution qui modifia les structures de la Colonie qu'on allait alors appeler Congo-Belge, dans ces articles I et II consacra l'autonomie financière du Congo-Belge. Au terme de ce texte, c'est le gouvernement belge, surtout le Gouverneur général qui représente la Belgique et est le vrai responsable de l'administration de la colonie via le Ministère des colonies, lequel est en charge de l'administration du territoire congolais. C'est alors au Ministre de la Colonie que revient la charge d'accorder des concessions territoriales aux compagnies, de les prolonger, de les suspendre ou de les révoquer, sous le contreseing du Gouverneur général du Congo-Belge.

L'article 15 de la Charte coloniale conditionnait, toute fois, l'attribution des concessions d'une certaine étendue à l'avis du parlement belge. Nous sommes alors très loin de la compétence des chefs traditionnels, dans les concessions minières surtout. En plus des compétences étatiques reconnues à ces institutions, trois sociétés concessionnaires, dites compagnies à charte, avaient reçu le pouvoir d'explorer des ressources, d'administrer et voir de concéder une partie des terres leurs cédées par l'État colonial, il s'agit de la Compagnie spéciale du Katanga (CSK), du Comité national du Kivu et de la Compagnie des chemins de fer des Grands-Lacs africains (CFL).

G. TONDEUR, dans une étude consacrée à l'agriculture nomade au Congo belge, réalisée pour le compte de la FAO, précise que :

«Le régime foncier primitif n'a pas été altéré par la colonisation. En effet, la politique coloniale belge s'inspire du respect des institutions traditionnelles indigènes. Il en résulte que le régime de propriété du sol précédemment décrit est resté en vigueur. Les autorités coutumières restent compétentes pour la répartition des terres de culture entre les ressortissants du clan ou de la tribu. Nous rechercherons donc les formes améliorées d'agriculture qui soient applicables sans bouleversement des institutions indigènes. Une agriculture intensive serait difficile à intégrer d'emblée dans ce cadre. Elle s'accorderait mal avec le degré d'évolution de la société. Autrement dit, il faut tenir compte du facteur humain, lequel ne peut être modifié que par une action lente et progressive.»

Il faut toutefois signaler que le régime foncier traditionnel n'a pas été altéré par la colonisation, dès lors que les chefs locaux gardaient le pouvoir de répartition des terres agricoles aux membres de leurs clans. Quoi qu'il en soit, l'accès à la grande propriété agricole ou industrielle relevait de l'État colonial.

III. Conséquence de l'indépendance : la loi Bakajika
L'exode massif des Belges et autres étrangers, consécutivement aux troubles post-indépendances a provoqué un phénomène de friches industrielles, des fermes et autres propriétés foncières abandonnées. Mais, repartis leur mère patrie, nombre des gens tenaient à garder la haute main sur leurs propriétés restées au Congo. Aucune politique interne de remise en valeur n'était facile dans ces conditions. C'est pour réduire la contradiction entre un pouvoir de décision expatrié et des propriétés demeurant au pays qu'une initiative de déblocage, aux relents nationalistes, fut entreprisse.

Le 06.06. 1966 : Un projet de loi initié par le député Bakajika est promulgué, devenant ce qu'on appellera loi Bakajika. Celle-ci précise que "le sol et le sous-sol appartiennent à l'état congolais." Ce dernier a reçu le pouvoir d'y accorder des concessions, pour besoin de mise en valeur.

Tout en introduisant une disposition qui permettait de débloquer la situation, la loi Bakajika a reconduit dans l'essentiel le régime foncier mis en place par le colonisateur. Elle a consisté en des textes qui ont annulé toutes les cessions et les concessions accordées par l'ÉIC, l'État colonial belge et tous les autres pouvoirs concédant. Les anciens bénéficiaires des concessions avaient l'obligation d'introduire de nouvelles demandes dans un délai déterminé, faute de quoi, leurs propriétés devenaient des biens abandonnés, ce qui donnait droit à l'État de les céder à d'autres requérrant pour la remise en valeur.

Cette loi a permis à l'État congolais d'accorder des concessions, plus particulièrement sur des propriétés dites abandonnées, dans l'espoir de relancer la production économique.

Une rupture radicale est intervenue avec une ordonnance- loi signée le 20 juillet 1973 et publié au journal officiel le 1 er avril 1974. Ce texte révisait littéralement le régime foncier congolais. En rapport avec la spécificité de la loi Bakajika, l'ordonnance de 1973 attribuait le sol à l'État comme propriété exclusive, inaliénable et imprescriptible, abolissant, en conséquence tout appropriation privative du sol.

Des critiques n'ont certes pas manqué. C'est ainsi que bien des milieux financiers ont développé une méfiance chronique vis-à-vis de tout projet d'investissement agricole nécessitant des immobilisations. La loi congolaise se posant en antithèse de la politique ivoirienne en la matière, a donné lieu à de petits investissements temporels et conduit à des attitudes de dissimulation des profits. S'ajoutant aux effets de la terreur politique provenant des mesures fréquentes de confiscation générale des biens, la loi Bakajika qui a redonné la terre à l'État congolais n'a pas permis de drainer l'investissement agricole. Des initiatives importantes furent observées, tout de même, sur le plan minier, notamment la SODIMICO et la SMTF au Katanga, la SODIMIKI au Kivu.

Encore une fois, nous voyons qu'en matière foncière le pouvoir de concéder était loin des milieux coutumiers, aussi bien sous l'emprise de la loi Bakajika que sous l'emprise de l'ordonnance-loi du 20 juillet 1973.

IV. L'accès à la propriété foncière dans l'après Mobutu
En 2002, le Congo a entrepris une réforme de sa politique foncière. Celle-ci distingue les conditions particulières auxquelles doivent se soumettre les régimes perpétuels et celles qui régissent les régimes ordinaires ; elle pose des conditions particulières pour des concessions minières, ainsi distinguées des concessions forestières. Elle va plus loin en énumérant les types de taxes auxquelles sont assujettis les exploitants, ainsi que les outils de gestion du foncier.

Quant à ce qui est des instances habilitées à en assurer l'attribution aujourd'hui, notre frère Alphonse Ndjate, a dans son intervention, bien précisé les clauses constitutionnelles en la matière :

«Je voudrais juste verser au débat ces quelques articles de notre Constitution pour nous édifier davantage sur ce sujet :

"Article 9

L'État exerce une souveraineté permanente notamment sur le sol, le sous-sol, les eaux et les forêts, sur les espaces aérien, fluvial, lacustre et maritime congolais ainsi que sur la mer territoriale congolaise et sur le plateau continental."

"Article 123

Sans préjudicie des autres dispositions de la présente constitution, la loi détermine les principes fondamentaux concernant :

3. le régime foncier, minier, forestier et immobilier..».

Au regard de ce qui précède, je suis tenté de penser que si les normes congolaises en matière de gestion foncière sont encore loin d'être parfaites, elles progressent au moins. Le régime instauré par la Charte coloniale a représenté un progrès par rapport à la jungle léopoldien, la loi Bakajika a permis à l'État congolais de contrôler le processus de redistributions des propriétés abandonnées par les coloniaux fuyards, l'ordonnance de Mobutu en 1973 a révisé radicalement le régime foncier colonial ; la réforme du régime foncier congolais en 2002, est venue définir des règles spécifiques à chaque type de concession. À chaque étape, depuis la ‘'signature'' des traités dits ‘'d'amitié'' avec la couronne belge, les chefs traditionnels ont perdu toute compétence en matière d'attribution des concessions.

Lambert Opula.
Montréal, Québec, Canada.
opulalambert@yahoo.fr

© Congo Vision

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans TRIBUNE GOUVERNEMENTALE
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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 18:55
  FOCUS SUR L'ACTUALITÉ

 

Processus électoral en République Démocratique du Congo : Enjeux et risques (Révélations sur la face cachée de la gestion par l’UE de la Transition en RDC)
(Congo Liberté 12/06/2006)
( 12/06/2006)


Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,
Chers Compatriotes,
Distingués invités,

Depuis sa sortie le samedi 4 juin 2005, l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (APARECO) que j’ai l’honneur de présider, ne cesse de dénoncer avec force le processus vicié des élections que la Communauté Internationale pilote dans mon pays. Pour avoir dénoncé l’occupation de son pays par des puissances étrangères qui agissent derrière le voile de la Communauté Internationale pour légitimer l’occupation et le pillage de la RDC, l’APARECO est diabolisée et couvert de toutes sortes d’étiquettes qui servent d’épouvantail aux clichés établis dans l’opinion internationale. Les uns lui reprochent un discours xénophobe, les autres un langage de haine et les autres encore une théorie révisionniste.

Mais la vérité est simple : l’APARECO se bat contre l’occupation de son pays suite aux deux guerres d’agression de 1996 et de 1998. Cette occupation, habillée et maquillée à travers le dialogue dit inter congolais, a imposé au peuple congolais un système monstrueux, conflictuel et incompétent qui n’avait aucune capacité ni aucune volonté d’apporter des solutions aux véritables causes de la crise la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité, après la deuxième guerre mondiale.

Nous avons dénoncé le piège du système 1+4, nous avons stigmatisé le refus exprès et le blocage systématique de l’application du programme de la transition par le pouvoir d’occupation qui n’avait et n’aura jamais intérêt à voir la paix et l’unité revenir en RDC, ni à voir celle-ci se doter d’une armée nationale forte et efficace pour protéger l’intégrité de son territoire national, en neutralisant toutes les milices nationales et étrangères qui créent l’insécurité à l’est de la RDC et fournissent des prétextes à ses voisins de l’Est d’envahir son territoire.

Pour avoir défendu ces thèses patriotiques et nationalistes, on nous a traité d’extrémistes et des militaristes !

C’est pourquoi nous tenons ce jour à vous fournir les preuves de la justesse de notre combat. Et ces preuves émanent du témoignage accablant de ceux-là mêmes qui président au fameux processus électoral de notre pays, la RDC. Nous présentons donc à la presse nationale et internationale deux documents officiels et confidentiels de l’Union Européenne qui livrent toute la vision et toute la stratégie de l’Union Européenne dans la gestion de la transition en RDC, et qui donne son analyse et son évaluation sur cette même transition ainsi que sur ses acteurs.


Il s’agit d’abord du « Rapport politique sur la République Démocratique du Congo » fait au mois de mai 2006 par Monsieur Carlo DE FILIPI, Chef de Délégation de la Commission européenne en RDC, et dont le cercle de distribution est recommandé « restreint » pour des raisons évidentes. Il s’agit ensuite d’une note du même Chef de Délégation de la Commission européenne, Monsieur Carlo DE FILIPPI, adressée à l’intention de Mr. Stefano MANSERVISI, Directeur Général de la DEV. Nous avons choisi de rendre publique cette note du 11 janvier 2006 à cause de son objet : « Risques pour le processus de la Transition en République Démocratique du Congo (RDC) ». Ce second document nous révèle la prise de conscience de la Communauté Internationale déjà au mois de janvier 2006 et bien avant, des risques inévitables de dérapages que nous dénoncions nous aussi à la même période avec force, mais en vain !

Avant de vous remettre ces deux documents à la fin de mon exposé, permettez-moi de vous présenter pendant quelques minutes, mon analyse et mes commentaires sur des révélations importantes qui sont contenues dans ces deux notes officielles.

X

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I. Constat et causes d’échec de la transition, « comme prévu », face à l’échéance du 30 juin


1. L’aveu d’impuissance et de complicité de la Communauté Internationale

Le rapport de Carlo DE FILIPPI du 5 mai 2006 débute par un aveu cinglant d’impuissance et de complicité. Il y affirme péremptoirement : « Comme prévu il n’a pas été possible de respecter l’échéance du 30 juin 2006 fixé par l’Accord Global et Inclusif. Depuis le début de la Transition, la Communauté Internationale n’a pas su ou pas voulu s’opposer aux manœuvres dilatoires des dirigeants congolais »

Cet aveu du responsable de l’UE sonne comme une sentence contre la mauvaise foi des dirigeants congolais d’une part, et contre l’impuissance et complicité de la Communauté Internationale d’autre part !

2. La reconnaissance de l’erreur du système 1+4

Carlo DE FILIPPI reconnaît dans son rapport l’erreur du choix du système mis en place durant la transition en RDC. Il écrit à cet effet : « De ce point de vue, l’installation au pouvoir, suite à Sun City, des anciens belligérants s’est révélée être une erreur tant elle a favorisé sur fond de méfiance réciproque, et les pratiques de corruption et de mauvaise gouvernance, et les manœuvres dilatoires et leur volonté de rester au pouvoir coûte que coûte. »



3. Les divisions et les rivalités au sein de la Communauté Internationale

Les deux rapports de Carlo DE FILIPPI nous révèlent les divisions et les rivalités qui déchirent les pays membres de la C.I. « intéressés à avoir un accès privilégiés aux ressources naturelles du pays ». A ce sujet il affirme : « La Communauté Internationale, soudée en façade mais largement divisée en profondeur, a préféré agir en ordre dispersé dans la dénonciation des manœuvres dilatoires des dirigeants congolais, qu’il s’agisse de la promulgation de la constitution ou de l’intégration de l’armée et des discussion sur la Gouvernance. » A ce sujet, dans ces recommandations, le Chef de Délégation de la Commission européenne en RDC s’interroge non sans inquiétude sur les capacités des pays membre de l’UE à s’entendre sur une politique commune post électorale en RDC: « Sera-t-elle (UE) capable de le faire facilement sur un plan local lorsque l’on observe le comportement de certains représentants de nos Etats membres actuellement membres du CIAT qui éprouvent des difficultés à jouer franchement le jeu de la coordination… » ! L’allusion est faite ici clairement à l’attitude du grand mentor belge de Joseph KABILA, connu de tous pour ses intérêts financiers personnels avec les dirigeants congolais!

4. La complaisance de la Communauté Internationale devant la mauvaise foi des dirigeants congolais de la transition

Carlo DE FILIPPI dénonce une attitude très grave de la C.I. En effet, après avoir révélé que « les dirigeants congolais depuis janvier 2006 ne prennent plus de gants pour refuser tout dialogue avec la Communauté Internationale », le Chef de Délégation de la Commission européenne accuse le CIAT de « diffuser des communiqués relativement complaisants sur les problèmes de la transition congolaise ».

5. La responsabilité personnelle de Joseph KABILA dans le retard de la Transition épinglée

Dans sa note à Mr Stefano MANSERVISI, Mr. Carlo DE FILIPPI rend Joseph KABILA responsable du retard de ce processus. Il affirme en effet : « Alors qu’il était possible pour le Président KABILA de signer ce décret immédiatement après le passage de Louis MICHEL (les 20-21 et 22 décembre 2005) …., ce document, ne serait signé que le 12 janvier 2006 » !

6. L’inféodation du Sénat à Joseph KABILA

Dans ce même document Carlo DE FILIPPI fait état des confidences de Mr Olivier KAMIATTU, à l’époque Président du Parlement : « Si le Président de l’Assemblée Nationale est plutôt rassurant sur le comportement de son institution, il se montre en revanche inquiet sur celui du Sénat qui semble « totalement inféodé » au Chef de l’Etat et qui risque donc de faire durer la procédure d’adoption de la loi électorale » !

Cette révélation apporte une preuve de plus sur la volonté manifeste de Joseph KABILA de « faire durer » la transition au-delà du délai légal ! Cependant une question se pose : Pourquoi ?




7. L’inféodation de la C.E.I. et de MALU MALU à Joseph KABILA

S’interrogeant sur le retard inexplicable pris part le Président de la CEI pour promulguer la constitution, Carlo DE FILIPPI écrit : « L’abbé MALU MALU a-t-il voulu faire plaisir au Président KABILA qui souhaiterait pouvoir promulguer la Constitution de la 3e République le 26 janvier 2006, soit cinq ans exactement après son entrée en fonction ? »

Le Chef de Délégation de l’UE n’a pas hésité de parler dans son rapport du « comportement présidentialiste de certains de ses membres ». Ce qui signifie l’alignement de ces membres derrière Joseph KABILA. Mais ce constat n’est suivi d’aucune mesure !

C’est dire avec quelle légèreté le dossier de la Transition est traité par ceux qui ont en main la destinée de tout un peuple meurtri par la misère !

8. La responsabilité de la C.E.I. dans le retard de la Transition

« D’une manière générale, la CEI a été largement critiquée à l’occasion du scrutin référendaire : retards, hésitations, manque de transparence, gestion politique des résultats, manipulations…. » !

Et malgré le constat de ce bilan très largement négatif fait en coulisse , la Communauté Internationale n’a pas tari d’éloge à travers les médias internationaux sur l’organisation impeccable du même scrutin référendaire!

9. La fragilité du processus et l’insécurité grandissante à l’Est de la RDC

Le rapport reconnaît le « contexte d’extrême fragilité du processus de Transition, marquée entre autres par l’insécurité croissante à l’Est de la RDC, notamment en ITURI où le regain des milices cache mal les ingérences croissantes de l’Ouganda… »

L’APARECO continue de publier toutes les données militaires à l’Est de la RDC relatives aux préparatifs de la déstabilisation de notre pays avant ou durant les élections.

10. Projet de déstabilisation du pays par le RCD

Ce même rapport fait mention de la déclaration de International Crisis Group « qui souligne que le RCD, un des déçus probable du processus électoral en cours, pourrait être tenté de déstabiliser l’Est du pays. »

L’APARECO a déjà fourni plusieurs indications précises démontrant les préparatifs très avancés de ce projet de déstabilisation de l’Est du pays, sans que la C.I. ne les prenne en considération !

11. Le climat de méfiance croissante entre les membres de l’espace présidentiel

Le climat de tension permanente entre les membres de l’espace présidentiel, presque tous candidats aux élections présidentiels a été et reste un motif sérieux de blocage : « Par exemple Jean-Pierre BEMBA se plaint ouvertement que les troupes de Joseph KABILA, essentiellement la GSSP, n’ont pas été brassées, contrairement à la plupart de ses soldats ».
Cependant, aucune mesure concrète n’est envisagée pour juguler ce danger imminent !

II. L’organisation des élections

A. Le calendrier électoral

1. L’incertitude quant au respect de la date du 30 juillet fixée par la CEI

Ce qui est plus grave, c’est qu’au-delà du débat sur la procédure de la prolongation unilatérale de la transition par la CEI, Mr. Carlo DE FILIPPI s’inquiète sur le respect de la date du 30 juillet 2006 ! Il affirme à cet effet : « Il convient en outre d’être conscient que la date du 30 juillet 2006 risque encore d’être difficile à respecter » !

Ce constat mérite de retenir l’attention du peuple congolais, car il confirme ce que nous lui disons depuis le début de cette transition : ces étrangers au pouvoir n’ont pas la volonté d’organiser des élections crédibles et transparentes !

2. Le choix de la date du 30 juillet est simplement psychologique et stratégique !

Carlo DE FILIPPI livre ici le secret de ce choix : « En fait le choix du 30 juillet offre le grand avantage de faire démarrer les campagnes législatives et présidentielles avant le 30 juin 2006, le 29 juin exactement, ce qui est psychologiquement très important » !

3. La mise en place des nouvelles institutions de la 3e République est prévue seulement pour la fin de l’année 2006 !

Mais la vraie réalité que la C.I. cache au peuple congolais, ce que ces élections risquent de durer plusieurs années, selon la volonté de l’homme qu’elle placera au pouvoir à la tête du pays. Carlo DE FILIPPI projette l’installation des nouvelles institutions vers la fin de l’année 2006. Il écrit à cet effet : « A signaler en outre que la date d’un éventuel deuxième tour de l’élection présidentielle ainsi que des élections provinciales ne sera annoncée qu’après la publication des listes définitives des candidats aux élections provinciales dont l’enregistrement vient de commencer. Selon certaines sources, cette date ne pourrait pas intervenir avant la mi octobre au plus tôt, ce qui risque de renvoyer vers la fin de l’année 2006 la mise en place des nouvelles instituions congolaises » !

Je fais remarquer que cette hypothèse vaut seulement au cas où la date du 30 juillet est scrupuleusement respectée. Or le rapport de Carlo DE FILIPPI exprime des doutes justifiés quand au respect de cette date. Ce qui renvoie la date probable de la mise en place des nouvelles institutions à 2007 ! Je parie que les Français finiront leurs élections avant les nôtres !

Et pendant ce temps, la C.I. nous demandent de croiser les bras pour contempler les mêmes prédateurs continuer à piller nos richesses et à violer nos filles, nos sœurs et nos mères !

4. Les élections ne mettront pas fin à la guerre ni à la crise interne et régionale

Je vous rappelle que l’APARECO a refusé de s’inscrire dans ce processus électoral parce que la C.I. l’a imposé comme une panacée en prétendant vouloir par là mettre fin à la guerre et à la misère du peuple congolais, alors qu’elle a totalement négligé les 5 préalables contenus dans l’Accord Global et Inclusif. L’alliance des patriotes congolais a toujours clamée que tant que les causes profondes de la crise n’ont pas été résolues avant les élections, celles-ci risquent de conduire le pays vers une autre implosion plus meurtrière et incontrôlable.

Aujourd’hui, le rapport secret de Carlo DE FILIPPI reprend mot à mot la thèse défendue par l’APARECO. Il écrit : « après les élections, en étant conscient que les élections très coûteuses ne constitueront pas la panacée et ne permettront pas forcément de tourner la page de la guerre civile, des abus et de la corruption ».

Voilà qui donne raison à la crainte qu’exprime l’APARECO : à quoi sert de précipiter le peuple dans des élections dont le processus est vicié en amont, et qui risque de le conduire vers une guerre civile plus violente et plus meurtrière, alors qu’on a la possibilité d’éviter ce drame en négociant un nouveau virage vers plus de stabilité et plus de transparence ?


5. La Communauté Internationale reconnaît que les 5 préalables aux élections n’ont pas été traités lors de la Transition

Le rapport de Carlo DE FILIPPI reconnaît que ces préalables qu’il appelle « thèmes » « n’ont pas pu être abordés sérieusement durant la transition et (ils) risquent d’affecter la stabilité du pays même après les élections : intégration de l’armée et création d’une armée républicaine, création d’une nouvelle police, gouvernance, … la reconstruction du pays ».

Cet aveu de l’Union Européenne est capital quant à sa responsabilité dans l’investissement qu’elle a faite dans la gestion de la Transition en RDC. Nous ne nous expliquons pas la raison pour laquelle l’Union Européenne n’a pas suivi l’ordre de priorité de l’Accord Global et Inclusif en investissant d’abord dans l’effort de résoudre les préalables devant permettre l’organisation des élections dans un environnement sécurisé !


B. Les astuces politiques de Joseph Kabila pour conserver le pouvoir

Mr. Carlo DE FILIPPI ne cache pas sa satisfaction face aux astuces que déploie Joseph KABILA pour conserver le pouvoir à tout prix. Il constate qu’ « avec beaucoup d’habilité, il (J. KABILA) est en train de réussir plusieurs choses » :

1. « Sa séparation de façade avec le PPRD constitue une bonne opération politique »

La fameuse candidature indépendant de Joseph KANBILA n’est qu’une simple mise en scène !

2. « De même que son futur mariage en juin prochain, qui serait béni par le Cardinal Etsou »

Comme nous l’avions dénoncé, le mariage de Joseph KABILA est une simple opération politique de charme à l’égard des chrétiens majoritaires en RDC. L’homme sans scrupule voudrait seulement instrumentaliser les églises catholique et protestante pour s’attirer la sympathie de leurs fidèles !


Voilà qui explique que Joseph KABILA ait annoncé son mariage dans une église catholique dont il se réclame membre, et deux semaines près, suite aux observations pertinentes sur la nécessité de connaître les détails sur son lieu et son identité de baptême, le Chef de sa maison civile annonce brusquement au peuple, que son président est de religion….protestante ! Décidément, le peuple congolais ne saura jamais rien sur l’identité réelle de celui qui le gouverne. Son CV et sa fiche d’identité changent au même rythme que son look quotidien : tantôt crâne rasée, tantôt coiffé, tantôt moustache et barbe, tantôt barbe sans moustache… !

3. « Accélérer la décomposition du MLC »

Les différents scénarii de débauchage des collaborateurs du Vice Président Jean Pierre BEMBA par Joseph KABILA font donc parti d’un plan prémédité visant à affaiblir son adversaire principal de l’espace présidentiel. Quelles que soit les conséquences de ces opérations, la C.I. estime que c’est « une bonne opération politique » pour Joseph KABILA qui le fait « avec beaucoup d’habileté » !

4. « Donner l’impression de venir en aide au RCD sur la question de Minembwe sans pour autant s’exposer publiquement à l’impopularité qu’une telle décision entraînerait.»

Nous avons toujours soutenu que le dossier de Minembwe est resté entier car il constitue l’élément clé de la stratégie d’occupation de la RDC arrêtée par le Rwanda et tous ses représentants au pouvoir en RDC. En voici une illustration !

5. La multiplication de candidatures de complaisance par Joseph KABILA

Mr. Carlo DE FILIPPI estime qu’une autre « bonne opération politique » de Joseph KABILA consiste à « favoriser un grand nombre de candidatures de complaisance qui se rallieront à lui, juste avant le premier tour des présidentielles, afin de provoquer un grand rassemblement, soit avant le deuxième tour, si le deuxième tour est nécessaire. »

Voilà qui justifient la crainte exprimée par l’Eglise catholique romaine, par la voix du président de la CEEC, Mgr MONSENGWO qui exigeait que « le peuple et l’opinion nationale autant qu’internationale (aient) le droit de savoir s’il y a des ‘candidats alimentaires’, qui sont de simples figurants ou de prête-noms et dont la candidature ne sert qu’à induire le lecteur dans l’erreur »!

Le drame de cette supercherie, ce qu’on utilise malhonnêtement l’argent de l’Etat congolais, pour créer des candidatures fictives en vue de fausser les enjeux électoraux. Sous d’autres cieux, pareille pratique aurait soulevé le tollé dans la CI ; en RDC, elle est félicitée comme étant plutôt « une bonne opération politique » !

Chose plus grave, Carlo DE FILIPPI affirme au sujet de ces candidatures de complaisance : « D’autres sont là pour marquer les vrais adversaires de Joseph KABILA, en particulier les Forces du Renouveau d’Olivier KAMITATU et MBUSA NYAMWISI qui visent surtout à prendre des voix au CODECO de PAY PAY à l’Est ainsi qu’au RCD d’Azarias RUBERWA, sans oublier le MLC de Jean-Pierre BEMBA à l’Ouest.»



Mais ce travail d’Olivier KAMITATU n’est pas bénévole : « la promesse de haut niveau peut également favoriser les ralliements, Olivier KAMITATU étant de plus en plus convaincu d’être choisi par Joseph KABILA pour diriger le futur gouvernement issu des élections… »

6. Le plan caché de découplage des élections législatives et présidentielles

Alors qu’il était prévu initialement de procéder d’abord aux élections provinciales et législatives pour éviter que le Président élu influence leur scrutin ou prolonge indéfiniment le calendrier à son gré, Joseph KABILA a non seulement réussi, par des manœuvres dilatoires, à combiner ses scrutins, mais il est en passe de découpler ces élections et reporter les élections provinciales et législatives après les élections présidentielles.

Carlo DE FILIPPI qui dénonce cette tentative craint cependant qu’elle réussisse. Il dit dans son rapport : «il sera peut-être difficile d’organiser les élections législatives pour le 30 juillet ; l’entourage de Joseph KABILA est naturellement très favorables à ce découplage faisant même courir le bruit que si les élections n’ont pas lieu avant le 30 juin 2006, il risque d’y avoir des troubles à Kinshasa » !

Cependant, le Chef de Délégation de la Commission Européenne reconnaît clairement les conséquences néfastes de cette astuce quand il déclare : « …certains veulent manipuler ce processus en privilégiant, compte tenu du peu de temps qui reste d’ici au 30 juin 2006 et du fait que l’élection présidentielle est plus facile à organiser, les présidentielles au détriment des législatives. »

Et Carlo DE FILIPPI de conclure sur les conséquences de la réussite d’un tel scénario : « Dans ce scénario catastrophe, la Transition s’achèverait avec un Président élu qui, dans un deuxième temps, prendrait tout son temps pour organiser des élections législatives et provinciales à sa guise… Il va sans dire que cette ‘Transition au rabais’, qui (tenez bien !) semblent avoir les faveurs de certains membres éminents de la Communauté Internationale, est non seulement contraire à l’Accord Global et Inclusif, qui dispose clairement que les élections présidentielles auront lieu après les élections législatives, mais surtout à la lettre et à l’esprit de la nouvelle Constitution congolaise qui prévoit, au contraire, un équilibre entre l’exécutif et le législatif » !

Mais force est de constater que, malgré cette dénonciation fracassante du Chef de Délégation de la Commission Européenne en RDC depuis le 11 janvier 2006, six mois après, aucune mesure pratique n’a jamais été prise par le CIAT pour écarter ce « scénario catastrophe » ! Bien au contraire, tout est fait pour favoriser son application dans les mois qui viennent.

7. Résultats de ces astuces de Joseph KABILA :

a. « De fait, il existe une forte chance que Joseph KABILA soit élu au premier tour » !

b. Pour Joseph KABILA lui-même, « son élection sera une simple formalité » !

c. « S’agissant des législatives, la multitude des candidatures retenues par la CEI (9632) risque, sans grands partis vraiment structurés, d’accoucher d’un Parlement atomisé, donc faible et sans doute, à la botte de Joseph KABILA. »


C. L’attitude partisane de la Communauté Internationale

Plus d’une fois, nous avons dénoncé le comportement partisan voir complice de la Communauté Internationale en faveur du pouvoir d’occupation au sommet de l’état congolais. A travers ces deux documents officiels de l’UE, Mr. Carlo DE FILIPPI exprime dans des termes très clairs cette réalité que d’aucuns continuent à nier jusqu’ici et que nous relevons pour l’opinion nationale et internationale.

1. « Le comportement présidentialiste d’une partie de la Communauté Internationale »

Abordant le problème de la cohésion au sein du CIAT dans son rapport adressé au Directeur Général de la DEV, Mr. Carlo DE FILIPPI estime qu’«il est trop tôt pour dire quel sera l’attitude du CIAT compte tenu du comportement présidentialiste de certains de ses membres ». Ce qui veut dire en clair que certains pays membres du CIAT roulent déjà ouvertement pour Joseph KABILA dans leur gestion de la transition congolaise !

Nous comprenons bien de quel pays il est fait allusion dans son rapport quand DE FILIPPI conclut en faisant la suggestion suivante : « Dans ce contexte une visite conjointe (en RDC) de MM SOLANA et MICHEL s’imposerait ». Dans l’esprit de l’auteur du rapport, entre ces deux personnalités citées, l’une doit se joindre l’autre pour tempérer sa partialité. Cherchez laquelle des deux !

2. La préférence de Joseph KABILA par certains pays membres du CIAT

Mais dans son rapport du 5 mai, DE FILIPPI est encore plus explicite lorsqu’il dit : « De fait certains acteurs bilatéraux membres du CIAT qui étaient jusqu’ici plutôt neutres par rapport au processus électoral, semblent maintenant vouloir changer d’attitude pour appartenir au camp des vainqueurs.

3. Procès d’intention contre le Président SASSOU NGUESSO

C’est dans cette optique que l’effort entrepris par le Président SASSOU pour ramener l’UDPS dans le processus électoral est perçu par Carlo DE FILIPPI comme négatif aux intérêts de Joseph KABILA : « l’actuel Président de l’Union Africaine, Denis SASSOU NGUESSO, ferait tout, pour compliquer la tâche de Joseph KABILA en incitant l’UDPS à participer au processus électoral » !

Cette critique gratuite contre SASSOU NGUESSO relève de la stratégie de la CI qui compte se servir de l’UDPS comme clé pour débloquer le processus quand il est bloqué, mais qui ne souhaite pas voir ce parti affronter Joseph KABILA aux élections présidentielles, car il compromettrait sa chance de passer au 1° tour. Pour le CIAT, il faut laisser l’UDPS en dehors du processus des élections présidentielles et essayer de le « convaincre à participer aux élections provinciales qui serviront à la désignation des Sénateurs et des Gouverneurs ». « Ce retour est souhaitable car il permettra d’assurer la sérénité des différents scrutins qui doivent se tenir mais surtout celle de l’échéance du 30 juin 2006 surtout si celle-ci ne peut être respectée. »

4. Rivalité et lutte d’intérêt au sein des pays membres de l’UE et du CIAT

Mr Carlo DE FILIPPI ne fait pas de mystère autour du combat des fauves entre les membres du CIAT, il reconnaît sans ambages que certains pays dont les Etats-Unis « sont peu enclins à faire porter le dialogue sur la gouvernance », parce qu’ils sont « plutôt intéressés à avoir accès privilégié aux ressources naturelles du pays ». Ce climat de concurrence entre pays membres du CIAT et de la CI permet à Joseph KABILA, sous les conseils de ses sponsors européens, « éminents membres du CIAT », de manipuler à son gré l’opinion internationale !

III. Propositions de solutions irréalistes de l’UE ou des simples vœux pieux !

Après la lecture des analyses et des observations combien pertinentes qui sont contenues dans les deux documents de Carlo DE FILIPPI, et que nous venons de vous livrer, tout esprit cartésien s’attend de la part de leur auteur à des propositions de solutions claires et efficaces pour redresser la barre. Mais hélas ! Nous assistons plutôt à la présentation des propositions de complaisance, irréalistes les unes que les autres. Car chaque fois qu’il formule une proposition, l’auteur la fait suivre d’observations pour démontrer l’improbabilité de son application ou de sa réalisation. On se demanderait en fin de compte pourquoi il les formule.

Carlo DE FILIPPI conclut en effet son rapport par cette recommandation : « Devant le risque de voir un système démocratique dévié de ses objectifs, la Communauté Internationale, et surtout l’Union Européenne doit rester très vigilante. » Comment ?

1. « Tout d’abord en s’assurant que le processus électoral encours soit au minimum crédible, c’est-à-dire en faisant tout pour que ce processus évite essentiellement de ‘légitimer par avance’ Joseph KABILA ».

A ce jour, c’est juste le contraire qui se produit : toutes le conditions sont réunies pour légitimer à l’avance Joseph KABILA ! Car toutes les mesures proposées pour y parvenir n’ont jamais été appliquées.

2. Il est proposé de « veiller au strict respect du calendrier fixé » !

Les analyses et les révélations faites par DE FILIPPI au travers des deux documents viennent de démontrer juste le contraire: il a reconnu que la date du 30 juillet risque de ne pas être respectée, et nous savons que c’est pour la 5e fois que la date des élections vient d’être reportée ! Par ailleurs, il a fait une évaluation qui situe la mise en place des nouvelles institutions vers fin 2006 !

3. Carlo DE FILIPPI recommande aux pays membres du CIAT d’«afficher une stricte neutralité vis-à-vis des candidats aux législatives ainsi qu’aux présidentielles » !

Cette recommandation frise l’ironie ou le sarcasme. Car le même homme enchaîne immédiatement avec des observations démontrant l’improbabilité de la réalisation de sa recommandation: « Cette attitude sera difficile à observer vis-à-vis de certains candidats appartenant à l’espace présidentiel et qui sont incontournables si on veut maintenir un minimum de dialogue avec les dirigeants de la RDC. » Et il poursuit : « Elle (l’attitude) sera encore plus difficile à observer de la part des Etats qui ont déjà publiquement manifesté leur préférence au point d’induire l’opinion publique congolaise en erreur » !

Cependant, à aucun moment Carlo DE FILIPPI nous signale la tentative de la Communauté Internationale de corriger ces erreurs dans lesquelles ils ont plongé le peuple congolais ! Mais quand l’APARECO dénonce ces erreurs, on la qualifie de tous les maux !

4. Il recommande au CIAT «d’empêcher toute tentative de découplage entre législatives et présidentielles » !

Mais il signale tout de suite après que « l’entourage de Joseph KABILA est naturellement très favorables à ce découplage ». Et dans son rapport il reconnaît sans fioriture que « certains veulent manipuler ce processus en privilégiant, compte tenu du peu de temps qui reste d’ici au 30 juin 2006 et du fait que les l’élection présidentielle est plus facile à organiser, les présidentielles au détriment des législatives ». Et à ce jour, aucune mesure concrète n’a été prise pour éviter ce scénario !

5. Il recommande «de permettre à l’HAM de jouer son rôle en matière d’égalité d’accès aux médias, de transparence, et respect absolu de la liberté d’expression » !

Mais tout observateur qui habite en RDC sait que cette recommandation reste au niveau de simples vœux pieux ! Des candidats politiques sont exclus des médias, des télévisions privées sont fermées arbitrairement, des journalistes critiques sont enlevés ou assassinés…. Sans qu’une enquête sérieuse ne soit initiée par les autorités judiciaires.

6. Il recommande « de poursuivre, sans compromissions, l’objectif d’inclusivité du processus par exemple en essayant de convaincre l’UDPS à participer aux élections provinciales »

Mais Carlo DE FILIPPI sait pertinemment bien que l’UDPS n’acceptera jamais une telle proposition qui l’exclut des présidentielles pour la confiner aux seules provinciales !

7. Il recommande enfin « d’instaurer un véritable dialogue avec les autorités congolaises issues des élections » « Ce dialogue doit porter notamment sur des thèmes qui n’ont pas pu être abordés sérieusement durant la Transition et qui risquent d’affecter la stabilité du pays après les élections !

Cette recommandation de Carlo DE FILIPPI appelle deux observations :

a. Primo : Carlo DE FILIPPI reconnaît ouvertement que le CIAT n’a pas engagé un vrai dialogue avec les autorités congolaises de la Transition. Mais il ne nous dit pas pourquoi ce dialogue indispensable n’a pas été fait, d’autant plus il reconnaît, comme l’APARECO, que faute de régler ces préalables avant les élections, ils « risquent d’affecter la stabilité du pays après les élections » ! A quoi la CI a-t-elle consacré son investissement en premier ?

b. Secundo : Le Chef de Délégation de la Commission Européenne en RDC propose de négocier les 5 préalables de l’Accord Global et Inclusif avec « les autorités congolaises issues des élections » ! Alors qu’il est parfaitement conscient de l’impossibilité de ce dialogue lorsqu’il relève lui-même : « La question est de savoir si les nouvelles autorités congolaises, légitimés par un corps électoral de 25 millions d’électeurs et sans doute à nouveau courtisées par un grand nombre d’Etats dont la Chine et les Etats-Unis, peu enclins à faire porter le dialogue sur la gouvernance, accepteront ce véritable dialogue alors qu’ils l’ont refusé de facto pendant toute la Transition » !

Je me pose alors très sincèrement la question de savoir à quoi servent les propositions et les recommandations de Carlo DE FILIPPI, lors qu’il les fait suivre toutes des raisons très valables qui démontrent qu’elles ne seront jamais être appliquées !


Conclusion

Mes Dames et Messieurs,
Chers compatriotes,
Distingués invités,

L’analyse des documents officiels et confidentiels de l’UE que je viens de vous présenter est suffisamment éloquente sur la face cachée de la gestion de la Transition dans mon pays, la République Démocratique du Congo. J’ai hésité longtemps avant de prendre la décision de les rendre publiques. Car j’ai compris que cela constitue la seule preuve que je peux fournir au peuple congolais et à son élite sur la justesse du combat que je mène pour le retour d’une paix véritable et durable dans mon pays et dans toute la région des Grands Lacs.

Ce document révèle la duplicité du langage de la Communauté internationale qui fait croire au monde que le schéma actuel du processus électoral en cours demeure la seule voie de salut pour le peuple congolais, et au même moment, dans son analyse interne et secrète, cette même Communauté Internationale reconnaît avoir induit le peuple congolais en erreur pour ses intérêts privés. Elle exprime ses inquiétudes face à la division interne de ses membres suite aux conflits d’intérêts qui les opposent, elle confirme l’attitude partisane de certains de ces membres en faveur de Joseph KABILA, elle révèle le soutien passif et actif de la CI aux astuces du président sortant pour se maintenir au pouvoir…. Mais à la fin, elle ne nous propose aucune solution efficace et crédible pour éviter au peuple congolais la descente en enfer !

Voilà pourquoi je lance un dernier appel aux gens de bonne volonté parmi les dirigeants politiques des pays membres du CIAT, aux parlementaires de la majorité comme de l’opposition, aux organismes de Droit de l’Homme, aux associations humanitaires, afin qu’ils exercent ensemble la pression sur les autorités de l’UE chargées de la gestion de la Transition en RDC, afin qu’ils stoppent ce processus machiavélique des élections en cours, pour résoudre rapidement des problèmes de fond qui se posent, et qui constituent la seule garantie de paix et de sécurité pour leurs propres investissements et pour le peuple congolais.

Je lance un appel vibrant à tous mes compatriotes congolais, aux leaders politiques et religieux, aux chefs militaires et aux dirigeants des syndicats des fonctionnaires et des étudiants. Je les invite tous sans exception, à transcender leur divergence et leur querelles intestines, et à rejeter fermement comme un seul homme, ce processus piégé auquel la CI elle-même n’y croit pas, comme elle l’exprime dans ces propres documents secrets, destinés à sa propre consommation, alors qu’elle continue de nous tenir un autre langage !

Nous ne refusons pas les élections. Mais comme nous, la CI reconnaît que le choix du système 1+4 a été une erreur ; comme nous la CI reconnaît qu’elle traite le dossier de la Transition avec complaisance et partialité ; comme nous la CI reconnaît que la CEI a mal géré et a manipulé le scrutin référendaire; comme nous la CI admet que les élections ne constituent pas une panacée à la solution des problèmes de fond ; comme nous la CI reconnaît que les préalables de Sun City ne pourront pas être réglées après les élections, mais avant celles-ci ; comme nous la CI est convaincue que seuls les Congolais pourront apporter la solution finale à la crise en RDC.

Alors, débout Congolais ! Unissons-nous autour d’une table ronde comme en 1959 à Bruxelles, comme en 1964 à Luluabourg, comme en 1991 au Palais du Marbre I et II, chaque fois que la nation était en danger. Nous avons prouvé par le passé que nous étions capables de rebondir de nos faiblesses pour sauver la nation de la mort, montrons que nous sommes encore capables du même exploit demain.
Que Dieu bénisse la RDC et son peuple !

Je vous remercie.
Paris, le 7 juin 2006


Honoré NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA

Président national de l’APARECO

© Copyright Congo Liberté

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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 18:46

12/06 :Tchad: L'aile Fuc de Aljinedi déclare avoir abattu l'avion écrasé à Abeché (communiqué)

                       Communique de presse n°09

                                                 

Les forces révolutionnaires du front unie pour le changement démocratique F.U.C.D ont abattues un avion militaire dans la ville d’ABECHE par un tire de Missile-sol –air et de violent affrontement oppose l’armée tribale autour de toutes les petites localités de l’ouest sud de la région.
Le vice-président du F.U.C.D Hassan Aldjineidi estime que la Communauté Internationale, l’U.A ,et en particulier la France ,l’Allemagne , la Libye afin de trouver une solution globale au conflit Tchadien et examine les conditions du départ du Général président Deby.
Il va de soi qu’un tel scandale politique ne saurait être cautionné par PARIS.
Nous pensons que le plus important est de réaliser une véritable unité nationale
Autour d’objectifs politique clairs pour mettre fin à la gestion maffieuse de notre
Pays par le général Déby et ses griots.
Le F.U.C.D à toujours opte pour une solution négocie et pour qu’il ait une paix véritable et définitive au drame Tchadien.
et surtout l’unification est très souhaitable de tous les Mouvements politico-militaires et partis politiques d’opposition, en vue de constituer une seule force politique rassembler et à bâtir une nouvelle Nation ,un Etat de droit ,susceptible de promouvoir une bonne gouvernance, un développement durable sur une base la plus démocratiques et le respect des droits de l’hommes.

Fait à Tiné le 11 juin 2006
Chargé des relations extérieures
Ali Fadali Ali

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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 18:31
 

12/06 :Tchad: L'avion militaire s'écrase à Abéché, une dizaine de corps denombré

les précisions sur les circontances de l'accident de l'appareil Helcule C130 de l'Armée de l'Air Tchadienne sur Abéché. L'avion a visiblement raté sa piste à l'attérissage côté Est de la base militaire Française. Il faut dire que l'appareil cherchait à atterir la nuit et dans des conditions certainement difficiles puisque la piste d'Abéché n'a pas des lampes d'identification. Il y'a des militaires et des civils dans l'avion et il faut dire qu'en ce moment même la recherche des corps se poursuit.

Il y'a eu des morts une dizaine denombrée pour le moment contrairement à ce que RFI a annoncé ce matin sur ses antennes. L'avion s'est ecrassé à environ 150m du début de la piste de l'aéroport. L'avion transportait des armes, selon un haut responsable de l'armée.

Il faut rappeler qu’un avion cargo militaire libyen s’est écrasé dimanche 23 Avril sur la ville camerounaise de Kousseri, à la frontière du Cameroun et du Tchad, après avoir manqué son atterrissage à N’Djamena, la capitale tchadienne, tuant ses six hommes d’équipage.

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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 12:44

CENTRAFRIQUE - Amadou Toumani Touré sollicité



L'ex-lieutenant Florian N'Djadder-Bedata, secrétaire général de
l'Union des forces républicaines (UFR, opposition centrafricaine),
séjourne depuis bientôt deux mois à Bamako, au Mali. Une sorte
d'exil, après ses démélés avec le gouvernement de son pays. A son
arrivée, il a notamment rencontré Amadou Sissoko, ancien directeur
général de la Sécurité d'Etat et actuel conseiller en matière de
médiation du président Amadou Toumani Touré, et Anatole Sangaré,
secrétaire général au ministère de la Protection civile. Il leur a
remis un dossier destiné au chef de l'Etat malien, dont il sollicite
la médiation dans la nouvelle crise politique centrafricaine. Une
table ronde est en effet prévue à Libreville, au Gabon, sous les
auspices de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique
centrale (Cemac), entre les représentants du pouvoir centrafricain
et ceux de l'UFR, des Forces démocratiques du peuple centrafricain
(FDPC) et de l'Armée populaire pour la restauration de la république
et la démocratie (APRD). Mais ces trois mouvements préfèrent voir
Amadou Toumani Touré prendre l'affaire en main, compte tenu de sa
connaissance des problèmes de la République centrafricaine. Ce n'est
que lors d'une réception organisée à Bamako, le 8 juin, pour marquer
le quatrième anniversaire de l'accession au pouvoir du président
malien, que Florian N'Djadder-Bedaya a pu parler brièvement à ATT.
Le numéro un malien a confirmé avoir reçu le dossier, qu'il aurait
confié à un de ses collaborateurs.

(c) JEUNE AFRIQUE N° 2370 - DU 11 AU 17 JUIN 2006

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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 16:29

Centrafrique

A MEDITER!!!!!

 

«Le putsch est dû à une crise de fond»

Les autorités françaises ont confirmé, jeudi 7 juin, la reprise par les forces loyalistes des quartiers de Bangui tenus par les militaires putschistes. Dans la capitale centrafricaine, l'heure est déjà au bilan. Certaines sources font état de 250 à 300 morts, mais ces chiffres pourraient être largement dépassés. Reste aussi à savoir comment la Centrafrique en est arrivé là. Pour Joseph-Vincent Ntuda Ebodé, politilogue et président de la Fondation camerounaise de science politique, il faut chercher du côté des nombreuses questions non résolues depuis les mutineries qui ont secoué le pays en 1996 et 1997.
RFI : La tentative de putsch à laquelle a échappé le président centrafricain intervient dans un contexte de crispation politique et de crise économique. Faut-il y voir la cause de la crise actuelle ?

En effet, un certain nombre de problèmes n'ont pas été résolus depuis les mutineries de 1996 et 1997. La situation économique ne s'arrange pas. Les négociations avec les institutions financières internationales sont bloquées, les fonctionnaires ne sont toujours pas payés, malgré les promesses, et ce depuis plusieurs mois. Mais il y a beaucoup d'autres raisons de fond à la crise actuelle. A commencer par les problèmes au sein de l'armée. On a demandé de réformer cette armée. Or la résistance est forte. En particulier à propos de la lutte contre la fraude en matière de trafic de diamants, engagée sur pression des institutions financières internationales. Elle a privé un certain nombre de réseaux de ressources, notamment dans l'armée.

RFI : N'est-ce pas aussi le signe de l'échec du régime d'Ange-Félix Patassé, dont la gestion, notamment de la dernière grève des fonctionnaires, a été très critiquée à la fois par les intéressés et par l'opposition?

On peut valablement invoquer un problème de gouvernance. Mais il est difficile de parler de gouvernance dans un pays où on ne peut même pas payer les fonctionnaires. Le président peut bien donner des instructions. Mais si les personnes chargées de les faire appliquer ne sont pas payées, je ne vois pas comment la situation peut s'arranger.

RFI : L'inimitié entre le président Patassé et le général André Kolingba est ancienne. Après les mutineries de 1996 et 1997, derrière lesquelles le chef de l'Etat a toujours vu la main de son prédécesseur, cette tentative de putsch est-elle l'ultime épisode de leur vieille querelle ?

Je crois que de manière stratégique le président Patassé peut tenter d'écarter le général Kolingba de la scène politique. Mais ce n'est que le début du processus. Il n'est pas évident que dans les six mois qui viennent on reste sur le même discours. On a déjà vu quelque chose de ce genre-là au Congo Brazzaville. On a bien négocié avec des gens qualifiés auparavant de «génocidaires». Donc je pense que c'est un discours politique conjoncturel qui permet certes d'identifier qui est l'ennemi et de faire l'union autour du président. Mais comme nous sommes dans un processus de démocratisation, je ne pense pas que le discours tiendra jusqu'au bout, surtout si le président n'a pas les moyens de gouverner correctement le pays.

RFI : Le président Patassé, qui a déjà failli perdre le pouvoir à plusieurs occasions depuis le milieu des années 90, s'en sort une fois de plus, mais forcément affaibli. A quel point ?

Tout dépend comment il va gérer la situation. A ce propos, je crois qu'il y a deux perspectives possibles. Soit il réussi à prendre entièrement le contrôle de son armée, ce qui lui permet de gouverner de manière autoritaire mais efficace. Soit il n'y parvient pas et, dans ce cas, il sera obligé de faire durablement appel aux pays étrangers. Mais il est évident qu'il sort affaibli de cette crise.

RFI : A travers l'intervention des hommes de Jean-Pierre Bemba et des soldats libyens aux côtés des forces loyalistes, on a assisté à une régionalisation de la crise. Quelles peuvent en être les conséquences, notamment sur les relations avec Kinshasa?

Depuis toujours, les crises de l'Afrique centrale ont une dimension internationale. Le problème est de savoir qui joue avec qui et pendant combien de temps. Je crois par rapport au pouvoir de Kinshasa qu'il y aura un intérêt à surveiller ce qui se passe du côté de la Centrafrique. Mais il faut également surveiller les positions tchadienne et libyenne. Ces deux pays sont généralement impliqués dans les conflits de la sous-région. Mais ce sont des alliances conjoncturelles. Rien ne dit qu'elles tiendront.

RFI : On parle peu du Cameroun dans cette crise, alors qu'il est un voisin direct de la Centrafrique. Comment les événements de ces derniers jours sont-ils perçus dans votre pays ?

Je crois que le Cameroun est préoccupé par toute crise qui se passe à ses frontières. Mais de là à intervenir, c'est une autre histoire. Le Cameroun estime qu'il a deux problèmes fondamentaux : la lutte contre la grand banditisme, nourri d'ailleurs par les conflits sous-régionaux, et le différent frontalier avec le Nigeria. Cela amène Yaoundé à adopter un profil bas. Et puis le pays sort d'une grave crise économique. Il n'a donc pas intérêt à intervenir à l'extérieur de son territoire.


par Propos recueillis par Christophe  CHAMPIN

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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 16:04

ERREUR JUDICIAIRE: ARRESTATION DE FONCTIONNAIRES SUR FOND DE JALOUSIE ?


Bangui le 1er Juin 2006: des policiers zellés et mal intentionnés auraient truqué des rapports d'enquête dans le seul but de faire arrêter des fonctionnaires supposés avoir perçus indûment des indemnités de direction. Ainsi, de source pénitentiaire de bonne foie, deux ou trois instituteurs seraient incarcérés à Ngarangba suite à cette dénonciation depuis une semaine. Selon la même source (droit de l'homme), aucun acte d’accusation n’a pu être vérifié auprès du tribunal compétent. Le juge d'instruction a donc envoyé des fonctionnaires en prison sans procès faisant ainsi une nouvelle loi en R.C.A, qui veut que les accusés Centrafricains soient d'abord emprisonnés avant d'être jugés. Si cette incarcération pénitentiaire devait se vérifier injuste, le peuple ainsi que l'opinion internationale auront donc la preuve qu’il n’y a pas seulement les soldats égarés qui nuisent à l’image du Président de la République et du Premier Ministre mais que l’appareil judiciaire du pays serait aussi injuste, ce qui justifierait les dernières réactions du Chef de l’Etat envers la l’appareil de la justice en RCA. Si tel en est le cas, le Président serait encore une fois obligé de jouer le rôle du Ministre de la Justice alors qu'il y a un titulaire.
Le juge ayant procédé à l’arrestation ainsi que les enquêteurs impliqués étant connus, on est en droit d'attendre des clarifications avec les conséquences administratives et judiciaires.
L’affaire suit son cours et nous attendons avec beaucoup de patience les réactions administratives et politiques qui vont découlées de ces incarcérations avant un jugement. Nous espérons aussi que les auteurs n'auront pas le temps de manipuler les preuves pouvant conduire le gouvernement à demander des comptes aux auteurs de cet acte qui nuit à l'image de la République... A SUIVRE

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Published by ACAP - dans JUSTICE
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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 15:53
 

10/06 :Tchad : la CPDC et le parti FAR rejettent l’offre de Deby et appellent à un dialogue politique inclusif

Tchad : L’opposition radicale, la CPDC et le parti FAR rejettent l’offre de Deby et appellent à un dialogue politique inclusif.

La Coordination des Partis politiques pour la Défense de la Coordination « CPDC » et la Fédération Action pour la République « FAR » de Ngarlédji Yorongar se démarquent totalement du régime d’Idriss Deby et rejettent en bloc son offre de dialogue politique exclusif.
Ainsi, la France, la Communauté Africaine et Internationale doivent se rendre à l’évidence qu’aucun dialogue politique postélectoral n’est possible avec le régime de Ndjaména incarné par un seul homme qui fait du Tchad son apanage exclusif. Très mal réélu Idriss Deby se fait légitimer pour s’imposer. Il n’est pas habilité à inviter les gens au dialogue, selon ses humeurs.

Nous pensons donc que le peuple tchadien par la voix de l’opposition légitime a rebuté définitivement Idriss Deby et qu’il est clair et précis que les gens prennent acte et notent les réelles revendications populaires.

Pour Ngarlédji Yorongar : « Nous avons demandé un dialogue politique avant la réforme de la constitution, le recensement électoral et l’élection, Idriss Deby nous l’a refusé, alors pourquoi nous faire maintenant une proposition de dialogue après l’élection. C ‘est parce qu’il est acculé par la Communauté Internationale qui s’intéresse de plus en plus sur le conflit tchadien et lui fait de pression qu’il veut dialoguer. Nous réclamons un dialogue politique inclusif avec toutes les forces politiques et les Tchadiens de la diaspora ». Conclut le fédéraliste, Ngarlédji. Même son de cloche du côté de Ibn Oumar Mahamat Salef, porte-parole de la CPDC : « Nous réclamons un dialogue politique national avec le soutien et la garantie de la Communauté Internationale ». Ajoute, Ibn Oumar. Idriss Deby est décidément plus que jamais bloqué.

Idriss Deby est plus que jamais discrédité à tous les escaliers de la société tchadienne et qu’il est temps que son protecteur Chirac et son Ambassadeur au Tchad, confident de Deby réexaminent leur soutien en terme de politique tchadienne avant que les choses ne se compliquent et que l’étau ne resserre littéralement sur le régime qu’ils imposent aux Tchadiens.

Franchement, Idriss Deby n’a toujours pas une très bonne cote de popularité au Tchad, de même que son audience internationale est ternie par de nombreuses révélations scandaleuses. Les gens doivent vraiment aider les Tchad à débarrasser de cet homme que de fermer les yeux sur ses agissements obscènes.

Nous saluons à nouveau cette prise de position commune et concertée de la CPDC et de la FAR, qui réconforte énormément les politico-militaires exclus par le régime tchadien pour des considérations infondées.
En dépit de campagne de dénigrement tous azimut mené par Idriss Deby contre les mouvements rebelles de l’Est, il faut dire clairement qu’à défaut d’une alternance pacifique et démocratique, le changement militaire reste l’ultime alternative pour la majorité de Tchadiens qui nourrissent le vœux de voir déguerpir du pouvoir Idriss Deby sans délai. D’ailleurs, il est opportun de réclamer sa démission puisqu’il est illégitime.

Rien ne peut donc empêcher la machine du changement politique lancée par les forces politiques de l’opposition élargie qui réclament à cor et à cri le départ du pouvoir d’ Idriss Deby quelle que soit la nature. Car, les gens ne supportent plus le rythme de vie actuel, auquel ils sont assujettis par ce régime cruel. Le peuple tchadien qui subit une souffrance dans le silence souhaite comme tous les autres peuples du monde avoir accès à l’eau, à l’électricité, à l’éducation, à la santé, au respect de sa dignité, de ses droits élémentaires reconnus dans les instruments internationaux au niveau universel, bref au minimum vital, auquel il est privé pour cause de l’incurie, de la prévarication d’Idriss Deby cupide et avide.

Par Makaila Nguebla
Activiste pour le Changement Politique
Et la Résistance Citoyenne
Diaspora Tchadienne
Membre de la rédaction d’Alwihda.

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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 15:41

09/06 :Zarkaoui capturé vivant serait achevé par la police irakienne

Mortellement blessé, mercredi, par le bombardement dans le lieu où il dormait, Zarkaoui, le chef d'Al Qaïda en Irak, n'était pas encore mort quand l'armée irakienne était arrivée sur place. Il a été capturé vivant par les irakiens et a reconnu les américains puisqu'il était même conscient, selon le porte-parole de l'armée américaine en Irak, le général William Caldwell.

A t-il été anéanti par la police irakienne avant l'arrivée de l'armée américaine pour éviter des scandales dans une éventuelle enquête, s'interrogeaient certaines personnalités politiques. Pour rassurer ceux qui s'en doutent, le général américain Caldwell a indiqué que l'armée américaine est en possession de documents d'une importance non négligeable et que l'exploitation de ces documents a déjà commencé.

Trahi par de hauts responsables de son groupe, l'ennemi public numéro 1 des américains, a été tué, mercredi, à Bakouba, par un bombardement dans une maison en compagnie de son conseiller spirituel, cheikh Abdouk Rahman, et de quatre autres personnes parmi lesquelles trois femmes.

Toutefois, la dispariton de Abou Moussab al-Zarqaoui est un coup dur porté au réseau terroriste Al-Qaïda mais de l'aveu même des Etats-Unis et de ses proches alliés, les violences ne s'arrêteront pas pour autant en Irak. La nébuleuse l'a d'ailleurs confirmé jeudi, s'engageant à poursuivre le jihad même sans son fidèle lieutenant.

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10 juin 2006 6 10 /06 /juin /2006 00:16

LA VIGILANCE DOIT ETRE DE MISE



 

Ces jours-ci, les centrafricains ont été informés et pour la première fois, des cas de fraudes qui s'opèrent sur les ressources de la République Centrafricaine, pays dont on ne cesse de chanter qu'elle est assez riche, et pourtant, cette richesse annoncée en grande pompe se retrouve curieusement aux mains d'une classe minoritaire, faisant de fait une grande proportion de pauvres. Il a fallu l'intervention vigilante du ministre Ndoutingaï pour que la communauté nationale et internationale soient fixées sur l'existence de sociétés voraces, prédatrices, dont l'unique but est de détruire la Centrafrique avec la complicité active de certaines personnalités qui agissent dans l'ombre au nom de la haute sphère de l'Etat.
Alors qu'on ne cesse de scander la tension de trésorerie qui fait que le commun du peuple n'arrive plus à assurer son minimum vital journalier, les richesses du pays sont pillées incessamment par des malins escrocs. Là où le bas blesse, c'est le pharisaïsme de certains fils du pays qui, pour peu ou pour rien se donnent à cœur joie de faciliter la soustraction frauduleuse des richesses du pays et à leur propre détriment.
De tout ce qui se passe maintenant, avec le climat torride et très menaçant que l'on observe, c'est la vigilance du peuple Centrafricain qui lui sera salutaire. Mais que dire si c'est la haute sphère de l'Etat qui se prête à ces jeux ?
De l'affairisme à gogo au sommet de l'Etat, ce qui compromet véritablement toute action visant à bouter hors du territoire national ces mafieux qui écument nos richesses. Que dire aussi du comportement violent des forces de défense et de sécurité, qui au lieu de défendre les intérêts des centrafricains, se prêtent plutôt au jeu de ces sociétés voraces qui s'affichent dans l'illégalité. A quand peut on parler d'une armée nationale qui doit assurer la protection des richesses du pays.
Les médias centrafricains et surtout la presse privée indépendante en Centrafrique que l'on considère à tord comme un obstacle aux actions gouvernementales finira par se faire reconnaître comme un outils précieux, sinon un incontournable partenaire au développement de la Centrafrique. Les infrastructures routières, immobilières et les équipements des sociétés Lobaye Gold et GETRAD, deux sociétés prédatrices installées en pleine forêt et qui font mouche avec les pierres précieuses de la Centrafrique sont un ardent appel à la vigilance de tous les centrafricains pour la sauvegarde et l'exploitation rationnelle du patrimoine national.
Et puis la vigilance doit être de mise, quant à ce qui se passe dans le nord car, Elie Doté s'y rend en mission de paix.



Jeudi 08 Juin 2006
La Rédaction
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