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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 12:19

APPEL A MANIFESTER

Nous, personnalités indépendantes civils et politiques, représentants des partis politiques de l’opposition centrafricaine, citoyens centrafricains de France, d’Europe et les amis de Centrafrique, appelons à une manifestation contre le HOLD-UP ELECTORAL conçu par le général François BOZIZE et son parti le KNK. Ce HOLD-UP a été mis en œuvre par Joseph BINGUIMALE président de la commission électorale acquise à la solde de BOZIZE. De ce fait, nous exigeons l’ANNULATION pure et simple des élections du 23 janvier 2011.

Cette manifestation aura lieu le SAMEDI 12 février 2011 de 14h à 18h à la place Edouard HERRIOT située à proximité de l’Assemblée Nationale.

VENEZ NOMBREUX EXPRIMER LA VOLONTE DU PEUPLE CENTRAFRICAIN POUR LA PAIX DANS NOTRE PAYS.

Fait à Paris, le 7 février 2011

Par la « Plate-forme démocratique » de la Diaspora centrafricaine en France et en Europe.


Mardi 8 Février 2011
Plate-forme démocratique



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Published by CENTRAFRIQUE OPINION - dans ELECTIONS CENTRAFRICAINES 2010
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 22:47
bokassa1-1.jpg                                       La Lobaye lâcherait-elle Bozizé ?
(Le Confident

Les Lobayens commencent peu à peu à avoir la tête sur les épaules et à comprendre que la cohabitation avec Bozizé est loin d’être au beau fixe.

Le bilan du quinquennat de Bozizé pour la zone de Lobaye a été tracé avec brio par les jeunes Lobayens dans le journal le « Démocrate » n° 1998 du 8 juillet 2009. Ce bilan, selon le bureau ad hoc de l’association des ressortissants et résidents de la Lobaye, a été mitigé. Les Lobayens entendent réserver à Bozizé un soutien de façade d’ici à 2010. Les raisons fournies dans cette lettre de mécontentement sont bien fondées. Nous nous excusons d’emblée auprès de ceux qui ne nous comprendraient pas. Car, ce que nous dirons choquerait plus d’un Lobayen au point de le révolter. Mais cela permet une prise de conscience réelle et totale de la part des Lobayens.

Les Lobayens ressortissants et résidents se sont déjà démarqués du système. Ces Lobayens démarqués sont abandonnés au front par les « chercher à manger » de Bangui. Ceux qui ne vivent que de la charogne, du relief des repas des princes n’ont pas d’autres choses à faire de trahir leurs prochains. Leur seul soucis est de se remplir le ventre vaille que vaille ; même s’il s’agit de s’asseoir sur les ossements humains. Au fait, si les Lobayens de Bangui et ceux de la diaspora relayaient et emboîtaient les pas aux ressortissants de la Lobaye, nous croyons que le degré d’ingratitude de Bozizé allait régresser.

Dans la lettre de mécontentement des Lobayens résidents et ressortissants de la dite Préfecture, ils ont fait mention de la primature et du ministère d’Etat qui devraient revenir aux Lobayens en compensation des votes du referendum de 2004 et des élections présidentielles de 2005. La primature et le ministère d’Etat ne sont pas tellement les solutions réelles aux problèmes des Lobayens. De Bangui à Koudoum via M’baïki, Boda et Boganangone les voies de communication sont quasiment impraticables. Les multiples fêtes que le pouvoir organise dans la Lobaye n’ont jamais été célébrées à Boganangone. Pourquoi ? Parce que la route Boda—Boganangone est bien ravinée. A Zalingo (Boganagone) les femmes laboureuses vendent leur cuvette de manioc à 500 F, voire 400 F.

Parfois, elles ne trouvent pas des preneurs. L’accès à cette sous-préfecture est difficile. Les ponts sont cassés et les paysans abandonnés à leur triste sort. Il fallait d’abord voir l’aspect routier. Bozizé répondra à cette association de la Lobaye dont il a nommé un Bizot et Mékondongo comme Ministres.

C’est suffisant pour la Lobaye? Non ! C’est pour lui un moyen de récompenser ses connaissances. Qu’est-ce que Bizot et Mékondongo ont fait dans la Lobaye ? D’ailleurs, leurs portes sont fermées aux Lobayens comme le dit une maxime : « diviser pour régner ». Bozizé, dans son plan peu orthodoxe, avait déjà commencé à diviser les Lobayens pour fragiliser leur mouvement (ADELOB).

D’aucuns disent que la nomination de Jean Wilibyro Sako est la récompense du travail qu’il avait fait dans la coordination Nationale de la CEMI. Nous disons Non ! C’était juste pour éloigner cet homme charismatique de la Lobaye du pays afin d’avoir le champs libre. Nous louons l’initiative de l’association des ressortissants et résidents de la Lobaye que pilote le jeune Madakpayen Ozi Okito.
La Lobaye ne doit pas être la chasse gardée de Bozizé et Mamadou Gary. Bozizé n’écoute que la berceuse de Gary « Cooper ». il vient de lui donner 200.000 F pour la pré-campagne. Bozizé croit que Gary à lui seul pourra le hisser pour la seconde fois au pouvoir. Ironie du sort ! Les données ont changé. Les Lobayens de souche réclament un partenariat gagnant gagnant. Autrement dit, ils risqueront de lui donner un soutien de façade qui sera traduit par un vote sanction.

François Bozizé est désormais sur la braise. Les partis politiques de la majorité présidentielle (GPPMP) vont bientôt le lâcher. Les électeurs des zones forestières vont l’abandonner à cause de leurs OR (ordre de recettes) et ceux des zones minières, dépouillés par Doutingaï et ses agents nuisibles ne le voteront plus.

Ha ! Le malheur ne vient jamais seul. Pauvre Bozizé, l’année 2010 ne lui sera plus prometteuse. Bon voyage au pays des anciens Chefs de l’Etat!



Mardi 14 Juillet 2009
Pierre MODIBO

 

 

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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans ELECTIONS CENTRAFRICAINES 2010
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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 12:44

François Bozizé peut-il modifier la Constitution pour proroger son mandat ?

Sauf coup de théâtre de dernière minute comme ce fut le cas au Niger, le président centrafricain ne peut pas grand chose à priori contre la loi fondamentale de son pays, si l’on en croit Me Zarambau Assingambi, l’un des acteurs ayant contribué à l’élaboration du texte constitutionnel.



Le Président centrafricain François Bozizé
Le Président centrafricain François Bozizé
Dans une tribune au vitriol publié lundi par LE CITOYEN, celui-ci démontre pourquoi il serait impossible à François Bozizé de modifier certaines dispositions de la Constitution de décembre 2004 en ce qui concerne la durée des mandats présidentiels.

A propos des tentatives de prorogations des mandats du président de la République et des députés, écrit Me Zarambau, cette manœuvre est vouée à l’échec. En effet, démontre-t-il, la Constitution a été verrouillée, précisément en prévision de telles manœuvres et la clef a été jetée dans l’Oubangui. Selon lui, le vote d’une loi constitutionnelle est inopérante pour modifier la durée du mandat du Président de la République, en vertu de l’article 108 de la Constitution qui dispose : « sont expressément exclus de la révision, la forme républicaine et laïque de l’Etat, le nombre et la durée des mandats présidentiels, les conditions d’éligibilité, les incompatibilités aux fonctions de Chef de l’Etat et les droits fondamentaux du citoyen ».

Et Zarambau de rappeler les articles 106 et 107 de la Constitution qui indiquent les modalités d’une révision constitutionnelle. L’article 106 dispose en effet : « l’initiative de la révision appartient concurremment au président de la République et à l’Assemblée Nationale statuant à la majorité des deux tiers des membres qui la composent ». Et l’article 107 : « la révision intervient lorsque le projet présenté en l’état a été voté par l’Assemblée Nationale à la majorité des trois quarts (3/4) des membres qui la composent ou a été adopté par référendum.

Pour lui, ces deux articles signifient que la proposition de la loi constitutionnelle doit être signée par les deux tiers des Députés, soit par 73 députés et que ladite proposition doit avoir été votée par les trois quart (3/4) des députés, soit 82 députés.

Ce qui veut dire, sauf à organiser un référendum sur la question, hypothèse non envisageable à 6 mois des échéances électorales, le régime de Bangui est constitutionnellement dans l’impossibilité de retoquer la loi fondamentale de la République centrafricaine.

Cette mise au point du bâtonnier Zarabau Assingambi a donc le mérite de remettre les pendules à l’heure et de rappeler aux députés Dondon et Abouka que leur initiative dictée par nous ne savons quel agenda, est aussi saugrenue qu’irresponsable.


Mardi 20 Octobre 2009
L'Indépendant


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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans ELECTIONS CENTRAFRICAINES 2010
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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 20:11
François Bozizé annonce sa candidature pour les élections de 2010



 Nous apprenions de sources très bien informées que de tractations se poursuivent en coulisse pour des alliances avec Bozizé pour le faire gagner en 2010 dès le premier tour comme ce fut le cas d’Ange-Félix Patassé. Certains leaders qui se réclament de la rébellion auraient même, par le biais d’un sous directeur à l’Elysée, solliciter une rencontre avec François Bozizé afin de lui offrir leur service. Tout comme la périodique qui la rend public, cette information est passée inaperçue. « Bozizé redonne espoir aux Centrafricains…. Cinq ans à la tête de l’Etat, ce que le président centrafricain promet pour les années à venir », c’est ce qu’annonce le très secret L’Expression du Centre, dans son hors série du mois de septembre. A la lecture de ce tissu de contre-vérités, voire même de mensonges éhontés, colportés pour l’éloge d’un homme qui, cinq ans durant, a mis le pays en lambeau, on croirait rêver. On a du mal à imaginer que le fil directeur de cet « papier-commande » dithyrambique est la République Centrafricaine, ce pays qui donne aujourd’hui l’image d’un navire en détresse ivre et sans capitaine à bord. Renseignements pris. Ceci est l’œuvre de l’ancien animateur d’Africa N°1, Henri Pascal Boulanga dit HPB, qui après l’expérience de la radio africaine s’est reconverti en « Sorciers Noirs », au sens de Vincent Hugeux. HPB qui dispose d’un bureau au palais de la Renaissance et qui est payé rubis-sur-ongle, fait partie de cette meute parée des atours de « spécialiste en communication », qui ne sont en réalité spécialistes que de coup foireux et des pantalonnades médiatiques ne lésinant sur aucun moyen pour cornaquer les roitelets africains en mal de reconnaissance internationale tels que François Bozizé. Ainsi donc, HPB qui est de tous les voyages présidentiels officiels ou officieux, est devenu l’homme-orchestre à qui incombe la responsabilité de faire avaler, à coup de publi-reportage, au peuple martyr de Centrafricaine, la couleuvre d’une prochaine candidature de celui qui depuis moins de dix ans à la tête du pays, fait plus pire que ses prédécesseurs réunis. La farce En abordant la possibilité d’une prochaine et désormais inéluctable candidature de François Bozizé aux échéances électorales de 2010, ce serait manqué de lucidité que d’éluder un certains nombre de questions de fond. La première, est-ce que l’actuel maitre de Bangui peut se regarder dans une glace et affirmer comme ça été le cas, qu’il a encore dans sa besace, un quelconque « espoir » à redonner aux centrafricains si ce ne sont souffrances, désolations, enrichissements faciles, très illicites et violations systématiques et quasi-quotidiennes des droits humains fondamentaux ? Secundo, que peut-il vraiment nous répondre des arriérés de salaires, pensions et bourses alors qu’on note nombre d’aides bilatéraux et multilatéraux et de contrats en tout genre, qui font rentrer énormément de l’argent dans les caisses de l’Etat ? Tertio, qu’avance-t-il pour justifier la recrudescence de la violence et des guerres larvées sur l’ensemble du sol national ainsi que de la violation de l’intégrité territoriale du pays par des bandes armées telles que la rébellion ougandaise de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony, sans que son Gouvernement et lui-même ne fasse une déclaration ? Enfin, (c’est malheureusement pas exhaustive) que fera-t-il dans les cinq ans à venir si ce n’est déjà fait ? Il est malsain et absolument déplacé de remuer le couteau dans la plaie des centrafricains qui ne savent à quel saint se vouer pour joindre les deux bouts en annonçant de manière prématurée, la candidature de celui qui est considéré comme le véritable responsable de cette misère. François Bozizé aurait pu y’a longtemps se rendre compte de cette pauvreté qui s’abat sur ses compatriotes avec l’élégance d’un bloc de béton et renoncer de faire acte de candidature pour les prochaines élections parce qu’il a lamentablement échoué. Le peuple centrafricain tarde encore à observer dans son assiette ou sa marmite, les retombés des cinq années de sa présidence avec toutes les promesses qui vont avec. Ce qui alimente en ce moment même les conversations dans toutes les villes du pays, c’est comment faire pour bouillir la marmite ? L’initiative est bancale et l’annonce grotesque, l’usage à démontrer que les présidents sortants annoncent souvent leur recandidature après que tous les autres prétendants au fauteuil suprême aient brisé les masques en se déclarant officiellement candidats. Quand on s’appelle Bozizé ont n’hésite pas à aller vite en besogne. On a que faire des réactions et autres interprétations que l’extérieur peut faire de nos actes et actions. N’est-ce pas lui qui a nommé le premier de ses rejetons, Ministre de la défense, et un autre, Commandant en chef de la SRI, sa police politique ? Allez-y comprendre quelques choses ! Mobilisation Dans l’histoire récente de la démocratie centrafricaine naissante, jamais une opposition dite démocratique aura été aussi désorganisée au point de briller que par son absence sur la scène politico-médiatique. Cette miraculeuse entente entre pouvoir et opposition n’augure pas un ciel sans nuage et dégagé pour le peuple centrafricain. Tous les observateurs crédibles s’accordent à dire que cinq ans de plus d’une présidence Bozizé sera la pire des scénarios qu’il faudrait éviter au pays. Mais personne, aussi bien de la résistance armée et de l’opposition pacifique, semble prendre la mesure de cette fâcheuse alternative qui se présente aux centrafricains. Tout se passe comme si les calamiteuses précédentes années de la présidence Bozizé n’ont pas servit de leçon à ceux qui aspirent à le remplacer. Nous apprenions de sources très bien informées que de tractations se poursuivent en coulisse pour des alliances avec Bozizé pour le faire gagner en 2010 dès le premier tour comme ce fut le cas d’Ange-Félix Patassé. Certains leaders qui se réclament de la rébellion auraient même, par le biais d’un sous directeur à l’Elysée, solliciter une rencontre avec François Bozizé afin de lui offrir leur service. Fort de tout cela, une vraie mobilisation de tous les démocrates et patriotes convaincus s’impose. Un front uni pour barrer la route de 2010 à Bozizé et ses thuriféraires doit se constituer en urgence. Il n’y a plus une once de seconde à perdre, sinon le navire Centrafrique coulera à coup sûr et nous autres avec. Candidature ou pas, François Bozizé ne doit plus rester à la tête du pays après la fin de son mandat. Il y va de la survie même du peuple centrafricain. Mardi 04 Novembre 2008 Adrien Poussou
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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 21:35
T
Centrafrique
Gros malheur, gros malheur, gros malheur ...

Elle en a eu des gros malheurs, la Centrafrique, et pas des moindres !
Six présidents depuis l'indépendance en 1960, et pas n'importe lesquels. Si l'adage qui veut que les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent, qu'ont donc fait aux Dieux les Centrafricains pour avoir de tels "chefs" ?
Trois militaires, dont un particulièrement fêlé. Deux civils, dont un particulièrement "étrange". Et un brave curé, qui n'est resté au pouvoir que quatre petits mois.
D’abord, tout juste avant son indépendance. Son « premier président » (en fait premier « Premier ministre » de la République centrafricaine, proclamée comme telle mais pas encore indépendante, le 1er décembre 1958), ne sera au pouvoir que quatre mois. Du 1er décembre 1958 au 29 mars 1959, jour où il est mort dans un accident d’avion des plus étranges. Pas de chance.
Pour lui d’abord, Barthélemy Boganda, et pour les Centrafricains ensuite, qui vont se payer pendant des années et jusqu’à nos jours des « présidents » tous plus « décalés » les uns que les autres.


Premier gros malheur

Barthélemy Boganda, c’était le bon gars, ordonné prêtre en 1938, très vite député à l’Assemblée nationale française, mais trop enclin sans doute pour la France de l’époque aux idées panafricanistes. Il crée le Mouvement pour l'Evolution Sociale en Afrique Noire (MESAN) en 1948 en caressant le rêve d’un regroupement des anciennes colonies dans de grands ensembles politiques, une ambition inacceptable pour la métropole, dans l’optique de la période post-coloniale. Son idéal ? Une vaste République englobant le Cameroun et la République centrafricaine, prémices des Etats-Unis d’Afrique latine qui auraient aussi englobé les anciennes colonies belges et portugaises voisines. Un fou, très certainement, aux yeux de gens comme Jacques Foccart, le tout puissant conseiller de De Gaule aux affaires africaines à l’époque.Donc, Barthélemy Boganda, on en parle plus. Il est mort.
Premier malheur. Son poulain, héritier de ses idées, le professeur Abel Goumba, n’assurera l’intérim de la présidence du gouvernement que pendant un petit mois. Entre temps, la France met en scène un cousin de Boganda, David Dacko, beaucoup plus « docile » et francophile que Goumba. C’est ce brave Dacko, jeune - il a à peine trente ans - qui est donc élu 5 mai  1959 Président et qui reçoit des mains du représentant de la France, André Malraux, le 13 août 1960, jour de la proclamation officielle de l'Indépendance, les clefs du nouvel Etat et du pouvoir.

Deuxième gros malheur

Ça, c’est le deuxième gros malheur, parce que Dacko va très vite se montrer un homme à poigne. Il fait arrêter son seul opposant, Abel Goumba, et dissout le parti d’opposition que Goumba venait de créer, le Mouvement pour l'Evolution de l'Afrique Centrale (MEDAC).
Le brave Dacko réinstaure aussi le travail forcé, une pratique honnie des Centrafricains. Pas officiellement bien sûr, mais à coup de décrets comme celui qui fixe des objectifs de production à atteindre pour les travailleurs, des récompenses comme le « tableau d’honneur des paysans » et de l’autre côté de la balance, de lourdes amendes pour les fainéants qui produisent peu.
Petite touche démocratique du 1er régime Dacko : en mai 1963, il fait voter une loi constitutionnelle qui fait du MESAN le parti unique auquel tous les citoyens doivent adhérer. Entre temps, en 1962, Goumba, après deux ans de résidence surveillée, avait été envoyé en exil. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf que le pays part à la dérive. Et Dacko commet l’erreur fatale, celle d’établir des relations diplomatiques avec la Chine communiste. Il signe un accord avec Pékin le 29 septembre 1964 et signe en même temps son arrêt de mort, « politique » s’entend. Foccart veille au grain sur les anciennes colonies françaises. On est en pleine guerre froide. Pour Paris, l’axe du mal est toujours à l’Est : Moscou et Pékin. Aussi, Foccart aura eu beau jurer ses grands dieux que la France n'était pas derrière Bokassa quand il renversa le président Dacko, le soir de la Saint Sylvestre 1965, bien peu ne peuvent le croire.
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Troisième gros, gros malheur

L'arrivée au pouvoir de Jean-Bedel Bokassa, à l'époque colonel, c'est le troisième gros malheur pour les Centrafricains, même si quelques nostalgiques regrettent aujourd'hui cette "belle époque". Mais ça, c'est du gros, gros malheur. Bokassa, c'est le doux dingue, cruel, rusé, ignare, formé dans sa jeunesse à l'école de la guerre par l'armée française puisqu'il a fait la guerre d'Indochine, sous le drapeau tricolore. Ca n'arrange pas un cerveau fragile. Le résultat fut sanglant, catastrophique, et fort révélateur des compromissions et de la responsabilité de la France vis-à-vis de ses anciennes colonies.
On vous épargne le détail du règne de Bokassa. Ça a duré quatorze ans. On va directement à l'essentiel : quand il décide de se faire couronner empereur, en 1976, il était tout simplement :  "Président à vie de la République, président du gouvernement, Président à vie et secrétaire général du MESAN, Garde des sceaux, ministre de la Défense nationale, des Anciens combattants et des victimes de guerre, ministre de la Fonction publique, de la Sécurité sociale, du Commerce, de l'Industrie et des mines, ministre des PTT et ministre de l'Information".
En dix ans, entre janvier 1966 et décembre 1976, il a procédé à 44 remaniements ministériels, soit une moyenne d'un remaniement tous les deux mois. La plupart des têtes de l'armée ont été liquidées après avoir été accusées de complot, vrai ou faux selon les cas. La prison de Ngaragba était devenue un lieu maudit pour qui y entrait. Qu'à cela ne tienne. Le président français Giscard d'Estaing se faisait un plaisir d'aller chasser le gibier en terre centrafricaine, chez son "cher parent et ami" Jean-Bedel.
Lorsque Bokassa se fait couronner empereur, c'est la France, officielle et officieuse qui est aux cuisines pour les préparatifs du sacre qui a lieu, avec faste, le 4 décembre 1977.
Bokassa "tombe" finalement en 1979, après avoir fait réprimer dans le sang des manifestations d'écoliers qui protestaient contre l'obligation de porter des tenues scolaires à des prix exorbitants. C'est encore la France qui intervient, et cette fois sans scrupules, pour se débarrasser du jouet encombrant qu'était devenu l'empereur. Le 20 septembre 1979, Paris déclenche l'opération Barracuda, avec les gros bras du SDCE, ancêtre de la DGSE, les services secrets français, alors que Bokassa est en visite en Libye, chez Kadhafi. David Dacko revient au pouvoir, convoyé dans un avion Transall de l'armée française. Au moins c'était clair. Bokassa passera des années en exil, avant son retour en Centrafrique le 24 octobre 1986. Arrêté puis jugé, à l'issue d'un procès de plusieurs mois, il est condamné à mort. Sa peine sera commuée en détention à perpétuité le 29 février 1988, puis à dix ans de réclusion. Libéré le 1er août 1993, il meurt  le 3 novembre 1996.
Vous vous dites : quatorze années d'un régime de dingue, ce n’est pas la fin du monde. D'autres pays ont connu le même sort. Soit. Mais le règne de Bokassa a marqué durablement la Centrafrique. Une génération d'intellectuels décimée, une population totalement "abrutie" par un régime délirant. Et le plus grave, c’est que l'on va retrouver les « rescapés » du régime Bokassa aux affaires. Et quand on dit « rescapés », mieux vaudrait dire les « acteurs ».
Revenons-ens à 1979 et à l'opération Barracuda.
Notre brave Dacko reprend donc le pouvoir. A-t-il changé, quatorze ans après avoir été renversé par Bokassa ? Pas vraiment. Et pourquoi d’ailleurs aurait-il changé ? Il revient au pouvoir dans un Transall de l’armée française, comme aux plus belles heures de l’époque Foccart. Le sort de l’Afrique se décide toujours à Paris. Alors reprenons les bonnes vieilles habitudes.
Le 20 Mars 1980, il crée son nouveau parti, l’Union démocratique africaine  UDC) et en fait un … parti unique. En février 1981, sous pression, il fait adopter une nouvelle constitution qui réinstaure le multipartisme. A l’élection présidentielle qui suit, le 15 mars 1981, David Dacko est élu avec 50,23% des suffrages devant un certain Ange-Félix Patassé, leader du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC).
Tout va bien ! De quoi se plaignent les Centrafricains ? Ils ont eu une élection présidentielle « démocratique » ! Oui, sauf que Dacko est incapable de gérer son nouveau pouvoir. D’abord, les fraudes. Son élection a été vivement contestée. Dès le mois de mai, grèves et attentats ponctuent la vie quotidienne à Bangui, à tel point que Dacko décrète l’état de siège le 21 juillet. C’est la porte ouverte aux militaires qui ne se feront pas priés pour entrer en scène.
Le 1er septembre 1981 le général André Kolingba fomente un  coup d'État  et exit Dacko. La Constitution est suspendue, les partis interdits. Le général André Kolingba a beau promettre qu’il va rapidement remettre le pouvoir aux civils, il n’est pas prêt de retourner dans ses casernes. Il crée son parti, le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), nouveau parti unique. Pourquoi se gêner ? Toute l’Afrique ou presque est la même enseigne.
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Quatrième gros malheur

Kolingba, c’est le quatrième gros malheur pour les Centrafricains. Arrivé en libérateur, il ne partira du pouvoir qu’en septembre 1993, battu dans une élection présidentielle pluraliste, imposée la France. Mitterrand et son discours de La Baule sur la démocratisation de l’Afrique étant passés par là. Avec Kolingba, les Centrafricains se sont repris douze ans de régime militaire, un régime tribaliste dont la caractéristique principale était la redistribution des maigres richesses du pays aux membres de l’ethnie de Kolingba, les Yakomas. Et pour bien faire – là c’est une des mega-contradictions de la politique des socialistes français en Afrique -, le général président s’était attaché les bons offices d’un conseiller de l’ombre, homme à tout faire, omniprésent, tout puissant, gardien du temple et de l’armée, un certain colonel Mansion, « ex » ou « futur » ou « toujours » agent des services secrets français. Pas une mouche ne pouvait arriver à l’aéroport de Bangui sans que Mansion n’en soit informé et qu’il décide du bien fondé ou non du nouvel arrivant dans le pays. C’est lui qui a géré le retour au pays de Bokassa, son arrestation, sa détention, voire même sa « protection » en cellule. Mansion gérait aussi les opposants, à sa manière.
Aussi, en ce mois de septembre 1993, au deuxième tour de l’élection présidentielle, le 19 septembre, Ange-Félix Patassé est élu avec 53,45% des voix, devançant Abel Goumba, le général André Kolingba ayant été éliminé dès le premier tour.
On vous sent optimiste : enfin la démocratie, enfin un vrai président, élu à la régulière.
Excusez-nous. Tout est de notre faute. Nous avions omis de vous parler de Patassé avant d’en arriver à ce mois de septembre 1993.
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Cinquième "énorme" gros malheur

Patassé, Ange-Félix, c’est le cinquième « énorme » malheur pour les Centrafricains qui n’en demandaient pas tant après s’être « cogné » les régimes de Bokassa et de Kolingba. Patassé, c’était un « civil », direz-vous, ingénieur agronome qui plus est. Certes, mais quel civil ! Un doux dingue, qui n’est pas sorti de terre un beau matin de 1993. Patassé fut Premier ministre de Bokassa, à l’époque du délire impérial. Patassé a fait toutes ses classes chez l’empereur. Excusez du peu, mais son C.V. se présente ainsi quand il est élu président de la République : ancien ministre du Développement (janvier 1966-avril 1968), ancien ministre du Développement rural (mai 1972-avril 1973), ancien ministre du Tourisme, de l'Eau, des Bois, de la Chasse et de la pêche (juin 1974-octobre 1975), et ancien Premier ministre (décembre 1976-juillet 1978). A ce titre de Premier ministre, c’est lui qui fut le grand ordonnateur des cérémonies du sacre de l’empereur Bokassa, en décembre 1977. C’est dire si l’irréel, la mégalomanie, la déviance cérébrale, il connaît.
Patassé, c’est le gars qui, en conseil des ministres, lorsque les ambassadeurs étrangers étaient conviés à y assister (c’était une des particularités du régime de Bokassa), montait sur la table et leur criait en imitant le singe : « On va tous vous manger ». Patassé, c’était aussi l’ingénieur agronome qui, pendant la campagne électorale de la présidentielle de cette année 1993, face à une population arriérée, n’hésitait pas à sortir de sa poche un gigantesque épi de maïs et à lancer aux paysans que ça, c’était le maïs « made in Patassé » et que fort de ses connaissances en agronomie, il allait en faire pousser partout des épis de maïs gros comme ça. Cinquième gros malheur, disions-nous, car le régime de Patassé a été sanglant.
Autant, si ce n’est davantage que le régime de Bokassa. Patassé ne sera renversé par un coup d'État le 15 mars 2003.
22 octobre 1993- 15 mars 2003. Ça fait un peu moins de dix ans. Dix ans ponctués de mutineries, de tentatives de coup d’Etats, d’assassinats, de misère, de terreur, d’interventions de l’armée française pour sauver un régime en miettes, d’interventions de l’ONU, d’interventions de troupes étrangères comme les rebelles du Congolais Jean-Pierre Bemba. Dix ans ponctués de violence inter-ethnique, entrecoupés d’une Conférence nationale inutile, de tentatives de coup d'Etat
Coup d’Etat … coup d’Etat…coup d’Etat … coup d’Etat ? Ça vous dit quelque chose ?
Et qui nous le fait ce beau coup d’Etat ? Un jeune et vaillant rebelle progressiste, façon Thomas Sankara, l’idéaliste burkinabé ? Un militaire rectiligne, façon Amadou Toumani Touré, ce sacré malien qui remit le pouvoir au civil, un an après sa prise du pouvoir ?
Excusez-nous encore, mais vous n’avez pas bien suivi. On est en Centrafrique, le pays des « Gros » « Gros » malheurs.
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Sixième gros malheur

Alors voici le sixième gros malheur. Qui déloge du pouvoir par la force le président Patassé ? Le général François Bozizé, son ancien chef d’état-major, aidé dans cette tâche par l’armée tchadienne et en sous-main, la France, comme d’habitude.
La ligne de Paris vis-àvis de la Centrafrique a toujours été simple : on soutient le régime en place, fut-il pourri jusqu’à la moelle, et quand le cancer est généralisé, on remplace par une autre marionnette.
Dacko viré par Bokassa. Bokassa, viré par Dacko. Dacko, viré par Kolingba. Kolingba viré par Patassé. Patassé viré par Bozizé, et Paris toujours aux manettes.
François Bozizé, comme Patassé n’est pas un jeune premier. Lui aussi a sévi sous le régime de Bokassa. Il était aux commandes des opérations de maintien de l’ordre, avec le général Mayomokola, pour réprimer les émeutes des étudiants et des lycéens en 1979. C’est dire s’il a de l’expérience !
Il fut aussi partie prenante dans une tentative coup d’Etat contre Kolingba en mars 1982, avec Patassé, tentative infructueuse qui conduisit les deux hommes à l’exil. Réfugié au Bénin, il a été « lâché » par le régime béninois de l’époque et rapatrié manu militari par des mercenaires à Bangui le 31 août 1989. Il passera un an de détention dans des conditions très dures. A l’époque, rappelons-le pour l’histoire, c’était notre brave colonel Mansion, qui orchestrait la sécurité du régime de Kolingba. Ça laisse des traces.
Acquitté par la Haute Cour de Justice de Bangui, à l’issue d’un procès tenu sous la pression internationale et grâce à l’opiniâtreté de son avocat, Me Nicolas Tiangaye, il sera finalement libéré le 1er décembre 1991. En 1993, il s’était présenté sans succès à l'élection présidentielle, remportée par Ange-Félix Patassé. En 1996, il est nommé chef d'état-major des forces armées centrafricaines (FACA) par Patassé, son « frère » du Nord de la RCA. Tous deux sont d’ethnie Gbaya. Mais le désamour entre les deux hommes arrive à grands pas. Le 26 octobre 2001, cinq mois après un coup d'Etat avorté en mai 2001 attribué à l'ancien président André Kolingba, il est limogé. Il résiste par les armes à des tentatives d’arrestations et se réfugie au Tchad, puis en France, d’où il aura tout loisir d’organiser sa prise du pouvoir et le renversement de Patassé.
Le début du régime de Bozizé se passe dans l’euphorie. La Centrafrique semble retrouver un peu d’air pur. Tous les exilés politiques et militaires rentrent au pays. Patassé se réfugie au Cameroun, puis au Togo. Mieux, Bozizé prend comme Premier ministre, l’éternel opposant, Abel Goumba, le seul homme politique centrafricain qui n’ait pas de sang ni de casserole derrière lui.
Mais dès le début aussi, Bozizé donne des signes inquiétants. Il passe la deuxième semaine de son pouvoir à faire le tour de toutes les chapelles et autres lieux de cultes : cathédrale, temple, église évangélique, mosquée, tout y passe. Un véritable marathon œcuménique. La ferveur religieuse du nouveau chef d’Etat, qui est membre de l’Eglise du Christianisme céleste (voir page Bénin) n’a guère de limite.A tel point qu’à la fin de l’année 2006, son ministre de l’Intérieur met la nation à la diète et décrète « trois jours de jeûne et de prières de repentance, de pardon et de remerciements à Dieu l'Eternel Tout-Puissant », à l'occasion de la célébration de la fête de nouvel an 2007. Bigre !
haut
A-t-il un peu « honte » de son passé en tant que général sous Bokassa ? Pas le moins du monde. Quand l’hebdomadaire Jeune Afrique lui demande pourquoi il est allé fleurir la tombe de Bokassa et si c’était pour réhabiliter l’ex-empereur, il répond : «  Tout à fait. On peut reprocher beaucoup de choses à Bokassa, mais à son époque, la Centrafrique était un havre de paix et de stabilité. L'économie tournait. Les salaires étaient payés. J'ai beaucoup appris auprès de lui. » Re-bigre !
La fin du régime de transition, instauré après sa prise du pouvoir, le 15 mars 2003, a pris corps lors des élections législatives et présidentielle qui ont eu lieu le 8 mai 2005. Bozizé l’a emporté au deuxième tour de la présidentielle, face au candidat du MLPC (le parti de l’ancien président Patassé), Martin Ziguélé. Aux législatives, une coalition soutenant Bozizé qui n’a pas de parti politique, coalition dénommée "Kwa na kwa" (le travail rien que le travail, en langue nationale sango), a obtenu 42 députés sur les 105 de l’Assemblée nationale.
Pour l’heure, en ce milieu d’année 2008, le régime du Général d'Armée François Bozizé qui est aussi ministre de la Défense nationale, des Anciens combattants, des Victimes de guerre, du Désarmement et de la Restructuration de l'Armée, à ne pas confondre avec son fils, Francis Bozizé qui, lui, est seulement ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale, des Anciens Combattants, des Victimes de Guerre, du désarmement et de la restructuration de l'Armée chargé du Désarmement, de la restructuration de l'Armée, des Anciens Combattants et des Victimes de Guerre – inspirez, soufflez – est empêtré avec les mouvements rebelles qui sévissent dans le Nord du pays, et mise sur l’appui de l’EUOFOR. L'Union européenne a donné son feu vert le 28 janvier 2008 au déploiement de cette force de maintien de la paix dans l'est du Tchad et dans le nord-est de la Centrafrique pour protéger les réfugiés soudanais et les déplacés tchadiens et centrafricains dans ces régions.
Sur le plan de la politique intérieure, un laborieux « dialogue national » entre le président Bozizé et ses adversaires politiques tente de voir le jour sous l'égide de la communauté internationale. Des divergences persistent sur le lieu de la tenue d’une "conférence du dialogue politique" et sur son ordre du jour. C’est le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, qui joue les médiateurs entre notamment le président Bozizé et les Forces républicaines nouvelles (FRN), une rébellion armée, dirigée par un certain Christophe Gazam Betty.
Par ailleurs, la Centrafrique est confrontée aux pillages, exactions et autres meurtres commis par des bandes de bandits de grands chemins, dénommés les Zaraguinas, qui sévissent aux confins du Cameroun et du Tchad. Parmi eux, des mercenaires tchadiens qui avaient aidé Bozizé dans sa conquête du pouvoir, mais qui ont été abandonnés à leur sort par la suite et qui, aujourd’hui, se payent sur la bête, en l’occurrence les populations villageoises et les éleveurs nomades. Le phénomène est si grave qu’une armée d’autodéfense, totalement illégale (dénommée l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie), s’est constituée pour répondre aux exactions des Zaraguinas.

C’est donc un peu la loi de la jungle à l’état pur. La jungle, l’Etat sauvage ? Ça ne vous rappelle rien ? Un roman de Georges Conchon, «L’Etat sauvage», dont le cinéaste Francis Girod a fait un film en 1977. L’histoire se déroule dans une toute jeune République africaine. Au menu :  magouilles, trafics, délires, meurtres … Rien que des gros malheurs.
N’allez surtout pas penser que Georges Conchon s’était inspiré de la Centrafrique. Il avait seulement été pendant un an premier secrétaire général de l'Assemblée nationale de Centrafrique, avant d’embrasser une carrière de journaliste-écrivain. Pure coïncidence sans doute.
R-J Lique

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5 août 2008 2 05 /08 /août /2008 16:07

PERSONNE N'EST DUPE ET  NE POUVAIT CROIRE  VOIRE ACCEPTER  CETTE MASCARDE DE DIALOGUE POLITIQUE INCLUSIF.

CE DIALOGUE EN GUISE DE TREMPE L'OEIL N'A FAIT FAIT QUE CONFORTER LES REBELLES DANS LEURS EXIGEANCES.

PEUPLE CENTRAFRICAIN, REVEILLE TOI ! TA SOUFFRANCE DEPUIS 50 ANS N'A FAIT QUE S'ACCENTUE...

QUEL PRESIDENT OU HOMME POLITIQUE POURRA TE SORTIR DE CE MARASME SOCIO ECONOMIQUE QUI TE TOUCHE TOI LE PAUVRE, MAIS REGARDE AUTOUR DE TOI TOUTES CES BELLES VOITURES ET VILLAS A QUI, ELLES APPARTIENNENT ????
ON DEVIENT PRESIDENT OU MINISTRE POUR ENRECHIR SA FAMILLE ,SON CLAN ET SA REGION ....

OU EST L'INTERÊT NATIONAL? OU EST L'ESPRIT PATRIOTIQUE QUI NOUS INCARNAIT ? OU SONT LA FRATERNITE ET L'ENTRAIDE RECIPROQUE QUI  NOUS  ANIMAIENT?

REVEILLE TOI ET PREPARE TOI POUR  2010

ON A PLUS LE DROIT DE TE VOLER TA VICTOIRE SOIT DISANT QUE KOLINGBA OU LES YAKOMA VONT AMENER LA GUERRE CONTRE LE NORD, ET QUE BOZIZE SEUL PEUT SAUVER LE PAYS....
L ETHNOTRIBALISME QUI SEVIT EN CE MOMENT NOUS RAPPELLE LA TRISTE EPOQUE DE LA YAKOMALISATION DES INSTITUTIONS PUBLIQUES.
 
CETTE GEURRE LARVEE ENTRE LES NORDISTES GBAYA DE BOSSAGOA  (BOZIZE )ET LES KABA + SOUMA(PATASSE) PLONGE NOTRE PAYS DANS UNE DECRIPITUDE ECONOMIQUE LES PLUS RARISSIMES DU MONDE.

PEUPLE CENTRAFRICAIN DU NORD EPARGNEZ NOUS AUTRES PEUPLES PACIFIQUES DE CETTE BASSESSE ET IGNOMINIE.

A L'ESPRIT DE LA  GUERRE,DE LA DIVISON,TERREUR,LA TUERIE DE LA HAINE VISCERALE,DU MEPRIS,DE LA DESINVOLTURE,DE L'ETHNICISME,DU REGIONNALISME,DE LA PAUPERISATION ET CLOCHARDISATION DU PEUPLE CENTRAFRICAIN NOUS REPONDONS NON ET ENCORE NON

SUIVEZ MON REGARD POUR UN CENTRAFRIQUE MEILLEUR

RAYMOND BOMONGO

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2 mai 2006 2 02 /05 /mai /2006 17:03

A la veille des élections présidentielles devant avoir lieu en Centrafrique, la plupart des médias hexagonaux parlent déja d'une élection démocratique mais il n'en sera rien. Comme à son accoutumé la françafrique, dans un de ses joyaux déchirés par la guerre civile, s'apprête à légitimer un dictateur venu au pouvoir par un coup d'état. Après le Cameroun en octobre 2004 et bientôt le Togo en avril 2005  voici venu le temps du Centrafrique.

Posture médiatique et limites du politique
Les médias hexagonaux auront bon adopter, comme à l'accoutumé, une posture culturaliste en estimant que ces coups d'état sont des maux endémiques au Centrafrique, encore une fois ce n'est que propagande la plupart furent soutenus par la France dans une optique néocoloniale. Le processus consiste à porter au pouvoir un dictateur - souvent inculte  et made in France (comme Eyadéma, Bokassa, Déby, Bongo....) - de manière à régenter les intérêts français dans le pré-carré. Ce sont les fameux  "gouverneurs à peau noire" de nos néo-colonies (Tchad, Centrafrique, Cameroun, Gabon, Togo, Congo,...). Cette politique africaine de la France s'accompagne d'un discours politique méprisant à l'égard des Africains légitimant de telles pratiques coloniales :  "les Africains sont naturellement joyeux", "ils ne sont pas mûrs pour la démocratie", " vous savez dans ces pays là un génocide..." ou bien  "si on ne les aide pas à s'aider par eux-mêmes seulement deux cent millions auront notre niveau de vie tandis que la majorité colportera le sida et la misère" (lire
le florilège d'ethnomanies). A y regarder de plus près, ce sont bien les pratiques néocoloniales françaises qui plongent ces peuples dans la misère en soutenant des dictatures maquillées ensuite en démocratures et en instituant comme régent du pré-carré des crapules dont les armées se fondent sur un pouvoir clanique dans la plus pure tradition coloniale. Ces dictateurs-amis de la France et amis personnels des présidents français- sont pour la plupart des criminels contre l'humanité qui laminent l'opposition politique et servent les intérêts mercantiles de la métropole par des accords léonins. Or les médias français, assujettis pour bon nombre au lobby militaro-industriel (80% de l'édition française étant détenue par des marchands d'armes), ne sont pas en mesure de penser  cette face cachée de la politique africaine de la France et reprennent en écho le fameux discours néocolonial à l'égard des peuples africains. Dans le meilleur des cas ils veulent bien reconnaître ces pratiques françafricaines comme relevant du passé, dans le pire ils distillent un racisme de bon aloi qui n'est pas sans affecter notre conception de la multiculturalité française et la façon dont nous traitons et codifions nos "sauvageons" et leur intégration républicaine dans l'espace politico-médiatico-culturel (lire la fabrique). L'histoire métropolitaine et néocoloniale s'influençant réciproquement au point que la façon dont nous traitons les minorités françaises d'origine africaine emprunte beaucoup aux représentations coloniales et néocoloniales. Quant au système monarchique de la Vème république, il ne permet quasiment aucun contrôle parlementaire de la politique africaine de la France. En d'autres termes les citoyens français n'ont pas la possibilité d'être informé par le politique et de connaître les tenants et les aboutissants de la politique menée  en leur nom avec leurs impôts en Afrique dans la plus grande opacité. Faits exceptionnels la Mission d'Information Parlementaire Française sur le rôle de la France concernant le génocide au  Rwanda qu'elle avait qualifié de manière scandaleuse (au regard des faits recensés et documentés) de simple "erreur d'évaluation", avait préconisé un meilleur contrôle du pouvoir exécutif par le parlement.  Dix ans plus tard il n'en est rien et l'on constate qu'un président peut décider seul (c'est à dire sans contrôle démocratique) des représailles a effectuer en Côte d'Ivoire, que l'armée française peut réprimer dans le sang une manifestation sans qu'il n'y ait la moindre commission d'enquête à l'Assemblée Nationale. Une omerta française dans la plus pure tradition coloniale qui affecte l'ensemble de la société civile et politique. Ainsi les crimes contre l'humanité au sein du pré-carré, légitimés par les présidents français successifs - véritable maréchaux des armées  (encore seuls détenteurs de l'exécutif et chef des états majors) - sont passés sous silence dans l'ancienne métropole par des médias à la botte colportant un discours quasiment raciste sous couvert d'un relativisme culturel à l'égard de ceux auxquels nous devons tant (économiquement par l'accaparementde la rente des matières premières et des marchés particulièrement juteux obtenus à vil prix pour nos multinationales : Bolloré, Bouygues, Total, Pechiney, Areva... ; culturellement et géopolitiquement par le rayonnement international que procurent les voix des gouverneurs néocoloniaux au conseil de sécurité de l'ONU, véritable levier de la géopolitique française). On a coutume de dire que la France n'est grande que lorsqu'elle monte sur les épaules de l'Afrique francophone mais c'est au prix du plus profond mépris adressé aux francophones d'Afrique. Passé sous silence  donc : le massacre à caractère génocidaire des Bamilékés au Cameroun par l'armée française, la politique de sécession menée par le tandem De Gaulle-Foccart au Nigéria qui fera des millions de morts au Biafra, le soutien et la légitimation d'un génocide au Rwanda  au coeur de l'exécutif  français, la guerre civile au Congo en 1997-1999 soutenue par Elf, l'Etat-major et l'Elysée, le soutien inconditionnel à des potentats françafricains et le trucage des élections africaines made in France.

Centrafrique : une histoire françafricaine.  
Dès la pseudo-indépendance de l'ex Oubangui-Chari, la France a continué à faire la pluie et le beau temps en son temple centrafricain. On y retrouve le même mode opératoire que dans les autres néo-colonies françaises (Tchad, Cameroun, Togo, Gabon,...). A la veille de l'indépendance, Barthélemy Boganda, son principal artisan, meurt dans un accident d'avion à ce jour inexpliqué. David Dacko est alors porté au pouvoir par les riches planteurs français pour évincer le représentant du peuple Abel Goumba successeur de Boganda hostile aux intérêts français. Toujours conseillé par les militaires français, il interdit le parti de l'opposition de feu Boganda et de Goumba pourtant seuls à avoir été élu par le peuple puis interdit le multipartisme pour consacrer la politique du parti unique (mode opératoire retrouvé constamment dans les néocolonies françaises jusque dans les années 80). Lorsqu'en 1964 Dacko finit par reconnaître la Chine populaire en appelant à une étroite collaboration entre Bangui et Pékin c'en est trop pour l'ancienne puissance coloniale qui le remplace par le tout jeune et inexpérimenté jean-Bedel Bokassa. A l'instar de ce qui s'est passé au Togo, un dictateur plutôt rustre sans grande éducation faisant partie de l'armée coloniale française est placé à la tête de l'état centrafricain. Bokassa est adoubé par le bras droit de De Gaulle, le bien nommé Foccart, en ses termes « Après tout Bokassa était un militaire très francophile ».
Jean-Bedel  Bokassa est l'homme de la situation, formé dans l'armée française, ancien de l'Indochine il sera toujours présent pour servir les intérêts français. Et l'on parlera du Centrafrique comme d'un haut-lieu de la Françafrique distillant ses richesses minières (diamants, or, bois) à son clan et aux parrains françafricains. Le Centrafrique devient un haut-lieu de réjouissance pour invités prestigieux de l'ex métropole : surprise-party, safari-party et cadeautage en tout genre. Puis le dictateur françafricain, devenant trop encombrant de par sa déraison mais aussi en raison de ses tentations d'éloignement de la tutélaire métropole, est débarqué par Paris.  

En 1979, La France lance l'opération « Barracuda », l'armée française prend Bangui, ramenant dans ses bagages le président David Dacko. Sous le règne de Dacko, la France renforce ses positions en Centrafrique et y place une force militaire d'occupation de près de 1500 hommes pouvant irradier dans toute la région et faire contre-poids aux appétits féroces de la Libye. Dacko sera à nouveau renversé en 1981 par le général Kolingba toujours conseillé par Paris instituant ainsi un véritable régime tutélaire sous les bons offices du colonel de la DGSE Jean-Claude Mantion. Pour Verschave, Kolingba fait de la "figuration" tandis que Mantion a "carte blanche" et en "profite pour asservir le pays a une stratégie toute militaire. Il s'agit de maintenir la capacité d'entraînement et d'intervention aéroportée des troupes françaises dans un vaste périmère africain incluant les champs pétroliers du Golfe de Guinée. Il s'agit aussi d'étendre les capacités d'action secrète dans les pays de la région : Zaïre, Tchad, Rwanda, Soudan, Congo, etc..."[
1].

Selon Verschave, "Mantion forme autour de Kolingba une armée très majoritairement issue de l'ethnie présidentielle (on retrouvera les mêmes procédés au Tchad, au Togo, au Gabon, au Cameroun...ndlr). Il généralise les écoutes téléphoniques, afin d'étouffer dans l'oeuf toute vélléité d'opposition au régime". Le journaliste Francis Laloupo [
2] a résumé le système mis en place qui encourageait la prédation et l'essor des trafics en tous genres.

NOUVEL AFRIQUE-ASIE février 1997 [2

"Dans une économie de comptoir, [...] on distribue des concessions minières à des individus en mal d'aventures tropicales, de préférence d'origine étrangère, française singulièrement, sur la base de contrats d'ivrogne, vite rédigés, aux clauses fantaisistes, mais suffisamment explicites pour se prémunir contre les indiscrétions et garantir les commissions et ristournes réservées au pouvoir[...] Cette galaxie de rustres[...] à la lisière du politique et du business tropical [...] ne seraient pas étrangers aux évènements politiques en RCA. [...] En Centrafrique bien davantage qu'ailleurs, ces chercheurs d'or et de diamants [...] ont avec le temps et le laisser-faire des régimes centrafricains, fixé de véritables territoires de puissance[...]. L'une des régions à fort rendement minier, Berberati, est classée "zone d'activité militiare", et exclusivement occupée par l'armée française".



La stratégie du tout militaire atteint vite ses limites et entraîne de nombreuses exactions dont les échos  remontent parfois jusque dans l'ancienne métropole.
En 1994 Libération évoque les dérives néocoloniales françaises en Centrafrique :      

LIBERATION des 11 et 12/05/94 (SURVIE)

"Un siècle et demi de présence militaire française en Afrique induit de curieux raisonnements. Et la présence en Centrafrique d'une base militaire au coeur de ce dispositif induit qu'on prenne ses aises en ce pays. Le commandant du 2e REP Paul Serves a été condamné en 1994 à 4 ans de prison. Il avait donné (transmis ?) l'ordre de ne pas faire de prisonniers, lors d'une expédition de la Légion contre les braconniers d'une réserve de chasse du Président centrafricain. L'ordre a été exécuté. L'affaire a, exceptionnellement, été jugée. Mais on ne saura pas ce qu'allait faire l'armée française dans cette partie de garde-chasse en pays étranger, ni comment de tels ordres ont pu, au moins jusqu'à ce niveau, paraître aller de soi. " On m'a fait comprendre qu'il valait mieux que l'affaire reste à mon niveau ", a confié le commandant. En Centrafrique " régnait " en effet le colonel Mantion, évoqué plus haut. Le point de vue du procureur est significatif : " le contexte centrafricain [...] atténue très largement les responsabilités des uns et des autres (94)".
94. D'après Libération des 11 et 12/05/94.



Dans le contexte du vent de démocratisation qui soufle sur l'Afrique francophone au début des  années 1990, la France somme Kolingba d'effectuer des élections démocratiques qu'il perdra au profit de Patassé lui-même en étroite collaboration avec les services français et notamment avec un certain Paul Barril. 

Recruté par le nouveau président centrafricain Ange Felix Patassé qui le paie avec l'argent du diamant et les fonds mis à sa disposition par les services secrets libyens, Paul Barril était un proche du président socialiste François Mitterrand dont il a dirigé la cellule anti-terroriste à l'Elysée. Les réseaux mitterrandiens, pasquaïens et chiraquiens cohabitent allègrement en Afrique.
Barril, nouveau Denard de l'Afrique des grands lacs a été chargé selon Verschave [
1] de constituer des réseaux de mercenaires pour défendre le Zaïre de Mobutu face à l'avancées des soldats de Kagamé puis de constituer une armée au service de Sassou N'Guesso et enfin il a son royaume en Centrafrique ou une de ses nombreuses entreprises, Secrets, était chargée de la sécurité du président Patassé. Il a été a bonne école puisqu'il fut l'homme providentiel du gouvernement intérimaire rwandais lors du génocide. Barril avec l'armée française participa également à l'encadrement et à la formation des soldats du gouvernement Habyarimana avant le génocide.  Barril déclarant lui-même à Playboy : « Kagame, l'actuel vice-président du Rwanda (...) a mis un million de dollars sur ma tête...ce qui ne m'empêche pas de vivre et d'avoir mis de mon côté la sienne à prix ». Il est visiblement familier de ce genre de service et a des appuis en haut-lieu.

 

NOIR SILENCE. François-Xavier VERSCHAVE [1]

"Le 15 mai 1998 en perquisitionnant la Tour Elf, Les juges Eva Joly et Vichnievsky découvrent, on l'a vu, des notes du colonel Daniel - ex.Dgse. L'une d'elles indique qu'en 1991, un certain « B » a rencontré le dictateur Sassou Nguesso, brimé par la Conférence nationale souveraine, et lui a propose d'assassiner ses opposants. La justice française n'a pas exploité ces informations. Elle n'a pas demandé à Paul Barril, qui, à cette époque, fournissait des mercenaires à Sassou Nguesso, s'il connaissait ce monsieur « B ». Sur ses pratiques en Afrique et ailleurs, il n'a de comptes à rendre ni aux juges ni aux députés. A qui donc alors?"



Dans sa néocolonie centrafricaine, l'armée française continue à faire le gendarme et intervient à plusieurs reprises au cours des opérations « Alamandin 1 et 2».  En 1996 elle réprime des soldats qui réclament leurs arriérés de salaires. L'armée française était devenue l'unique arbitre entre Patassé et les mutins. L'Elysée gère politiquement la crise allant jusqu'à couper les téléphones des leaders  de l'opposition [1 ]. Elle intervient à  nouveau fin mai 1996 avec plus de 1400 soldats pour réprimer une mutinerie au sein de l'armée centrafricaine. Il s'en trouve que des émeutes anti-françaises éclatent à Bangui obligeant, comme en Côte d'Ivoire 8 ans plus tard, les forces militaires françaises d'occupation à évacuer les Européens tandis que les médias français glosent sur l'Afrique sauvage avec ses despotes à leurs têtes. Sur  le plan international, la stratégie française dans son ancienne colonie semble de plus en plus critiquée  et Patassé fort du soutien français n'hésite pas à déclarer à Jacques Chirac : " tu nous a renvoyé l'ascenceur, tu n'as pas à rougir de ce que tu as fait" (Bernard Langlois, Nos bourbiers d'outre-mer, in Politis 30.05.1996 cité par Verschave [1]ibid, p.227).  Ce sont donc les forces africaines et internationales onusiennes qui interviendront dominées essentiellement par un noyau militaire franco-tchadien (avec le soutien du criminel françafricain Idriss Déby). Le Centrafrique demeure une néocolonie caricaturale, Bokassa, le proconsulat barbouzard du colonel Mantion, l'exacerbation des clivages ethniques et la déliquescence du régime Patassé sur fond de prédation des richesses du pays : diamants, or, bois tandis que le peuple s'appauvrit de plus en plus. 

  Malgré une réélection douteuse en 1999 avec 51,6% des voix et le soutien des parrains français, Patassé continue à mener d'une main de fer le pouvoir tout en s'appuyant sur une légitimité libyenne et une partie de la Françafrique. Sur fond de convoitise des richesses diamantifères et  pétrolières du pays, la Françafrique s'entredéchire mais comme toujours ce sont les africains qui en font les frais. Devant la gabégie de l'état et la paupérisation de la population, les coups d'états se succèdent pour déstabiliser un Patassé dont la dérive criminelle du pouvoir semble de plus en plus manifeste. D'autres part son rapprochement avec le Libyen Khadafi n'est pas sans chatouiller les susceptibilités françafricaines. Après maints coup d'Etats, celui de Bozizé en mars 2003 destitue Ange-Félix Patassé et le contraint à fuir au nord du pays pour finir par se réfugier au Togo.



 L'HUMANITE 12.03.05 [3] 
L'histoire mouvementée du "porte-avions" français 

"La réélection de Patassé en 1999 ne met pas fin à l'instabilité, sur fond de désaccords entre clans français. Après une grave crise sociale en 2000, une tentative de coup d'État est lancée en 2001 par Kolingba. Bien équipés, les putschistes seraient soutenus par d'anciens mobutistes et par des « Français nostalgiques ». Mais Patassé est sauvé par l'intervention de la Libye. Côté français, des réseaux différents semblent soutenir les camps qui s'affrontent. Nouvelle tentative de putsch en 2002, menée cette fois par Bozizé, ancien chef d'état-major de Patassé. Avec lui on retrouve les Tchadiens d'Idriss Deby, grand ami de la France, quand Patassé est soutenu par les Libyens et par Jean Pierre Bemba, chef du MLC, un mouvement rebelle congolais. On semble assister à une coupure croissante entre la France officielle et ses barbouzes. Lassée de Patassé, la première est intéressée par les perspectives pétrolières tchado-centrafricaines, quand les deuxièmes sont impliqués dans le commerce du diamant. C'est en tout cas le bain de sang. Les sauveurs du régime exercent leurs représailles sur les populations. En mars 2003, Bozizé réussi son coup et s'empare du pouvoir... Trois cent soldats français débarquent dans la foulée du général putschiste. Ils sont alors chargés de restructurer l'armée centrafricaine. Et, pour couronner le dispositif, la France envoie en octobre le général Jean-Pierre Pérez, nommé « conseiller en matière de défense du président centrafricain »"



Centrafrique : des élections en trompe l'oeil
Sur fond de guerre civile, alors qu'il ne contrôle plus que les deux tiers du pays, le général Bozizé (qui doit son grade à Bokassa) a poursuivi la même politique que ses prédécesseurs associant système répressif et pillage des richesses de son pays à des fins françafricaines et personnelles. Selon la Lettre du Continent repris dans Le Monde [
4],  lors d'un voyage à Düsseldorf,  les policiers allemands l'ont pris la main dans le sac transportant une valise de diamants. Bozizé comme ses prédécesseurs, conseillé par les mêmes parrains a verrouillé le scrutin présidentiel en excluant les candidats potentiellement dangereux pour "assurer sa propre succession".  Un rapport de  la FIDH [5] publié récemment met en avant "les graves violations des droits de l'Homme commises contre la population civile qui ont émaillé la période de transition. Il insiste notamment sur les exécutions sommaires perpétrées par les forces de sécurité avec l'aval implicite des autorités de l'Etat". Cette impunité hypothèque très lourdement les lendemains démocratiques annoncés par le général Bozizé en réponse aux exhortes internationales. Bozizé s'est servi d'une audience judiciaire précipitée, le 22 décembre 2004, pour relancer contre Patassé des accusations de «crimes de sang et de crimes économiques» afin de l'écarter de la joute présidentielle [6]. Ainsi la cour criminelle centraficaine visant à juger "les crimes de sang et les crimes économiques" du régime d'Ange-Félix Patassé a tourné rapidement en eau de boudin. Elle ne visait qu'à trouver un prétexte pour empêcher tout retour sur la scène politique de l'ancien dictateur. Les violatons des droits de l'homme constatés pendant la première tentative de coup d'état de Bozizé mettaient en cause le président déchu, Ange-Félix Patassé, ses miliciens et ses alliés, le Congolais Jean-Pierre Bemba, le Tchadien Miskine ainsi que Paul Barril : Abdoulaye Miskine et Paul Barril le sont pour atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l'Etat, pour "intelligence avec les puissance étrangères, de complicité d'assassinat, de coups mortels, d'arrestation et de séquestration arbitraire, de vols, de viols et pillage" [5], mais des ex-rebelles de Bozizé pourraient etre impliqués.

Les élections prochaines telles qu'elles se déroulent apparaissent comme un plaidoyer pour les démocratures françafricaines.  Ces dictatures sont maquillées en démocratie par les bons soins parisiens à l'aide d'élections le plus souvent truquées. Il ne s'agit rien de moins que de l'habillage  "démocratique" d'un coup d'état. La FIDH a repéré de nombreux dysfonctionnements à tous les niveaux du recensement d'octobre 2004 et du référendum de décembre 2004 ainsi que dans le traitement politique et médiatique des candidats. Selon la FIDH "Tous les doutes sont permis pour les futures élections".  

 FIDH 04.03.05 [5]
Fin de la transition politique sur fond d'impunité - Quelle réponse apportera la CPI ?

...Le rapport détaille également les démarches du chef de l'Etat auto proclamé pour verrouiller en amont le scrutin présidentiel en vue d'assurer sa propre succession et présente les risques de dysfonctionnements et de fraudes à l'occasion du vote du 13 mars (p.11-21) :

  1.Nomination de proches du pouvoir au sein de la Commission électorale mixte indépendante, chargée de contrôler le bon déroulement des processus électoraux. De fait, les dysfonctionnements constatés le jour du référendum constitutionnel le 5 décembre 2004 et lors du dépouillement n'ont pas été sanctionnés.

  2.Placement des proches collaborateurs de Bozizé à la tête de la Cour constitutionnelle de transition. Cette composition partisane a été à l'origine de la « crise des candidatures » qui a vu dans un premier temps la Cour recaler 7 candidats à la course présidentielle avant que la médiation gabonaise ne remette ces derniers en lice, à l'exception de l'ex Président Ange-Félix Patassé.

  3.Audiencement à la hâte le 22 décembre 2004 du procès contre les anciens tenants du régime pour crimes de sang et crimes économiques permettant au général Bozzizé de confirmer pour « défaut de moralité » l'éviction de la candidature de son principal adversaire politique, Ange Felix Patassé.


Le rapport insiste enfin sur la procédure judiciaire lancée contre Ange-Félix Patassé, Jean-Pierre Bemba, Abdoulaye Miskine, Paul Barril et consorts (p.27-39) pour crimes de sang.

Dans ce cadre, le 16 décembre 2004, la justice centrafricaine a considéré que les poursuites contre les auteurs de crimes de sang, commis à l'occasion du coup d'Etat de Bozizé, relevaient de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision a été confirmée par la saisine de la CPI par l'Etat centrafricain le 23 décembre 2004.

Devant le refus de la justice centrafricaine de juger les crimes de sang, la FIDH demande donc au Procureur de la CPI d'ouvrir immédiatement une enquête pour satisfaire les attentes des victimes et répondre aux objectifs de la Cour définis dans son Statut : « mettre un terme à l'impunité des auteurs des crimes [internationaux] et concourir ainsi à la prévention de nouveaux crimes. » ...


 Lorsque les coups d'états, le trucage des élections  ne suffisent plus on envoit des mercenaires français en "col blanc" modifier les constitutions des kleptocrates françafricains pour leur tailler des lois sur mesure leur permettant de se présenter à vie aux présidentielles  dont le résultat sort invariablement en leur faveur ( Biya, Bongo, Eyadéma, Sasou, Déby...) sous la bienveillance de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Ces constitutionnalistes, dont le fameux Charles Debbasch, sont rodés à ce genre d'exercice antidémocratique. Poursuivi par la justice française en France, il vit à Lomé au frais du contribuable Togolais. En France, on le suspecte  d'avoir abusé de son poste de président de la Fondation Vasarely pour détourner à son profit des oeuvres du peintre et 450 000 euros.  En Afrique Debbasch est accueilli en roi dans le pré-carré français. Il a déja fourni ses bons offices à Sassou et Eyadéma avec probablement le feu orange de l'Elysée. Il s'est d'ailleurs vanté d'avoir inspiré le tour de passe-passe juridique qui a permis à Faure Gnassingbé de succéder à son père[ 7]. Quant à Pierre Mazeaud selon la LDC [8], il devrait  être le "constitutionnaliste" du fils Kabila en vue des prochaines élections en RDC.   

L'élection présidentielle supervisée par l'Organisation Internationale de la Francophonie, par l'Union Européenne  ne laisse présager rien de bon. Selon la LDC [
9 ] "Malgré les conseils de Paris pour qu'il "s'offre" un deuxième tour à la présidentielle du 13 mars, le président François Bozize opterait plutôt pour un premier tour avec une fourchette comprise entre 51% et 55% des voix." A moins que Bozizé attende le deuxième tour pour être consacré, ce qui serait unique dans les annales de la Françafrique.
Bozizé aurait le soutien des criminels françafricains de la région : Idriss Déby, Sassou NGuesso et Paul Biya.


Références :


1. François Xavier Vershave, Noir silence. Qui arrêtera la Françafrique ? Éditions Les Arènes, 2000.

2.
Francis Laloupo, comptoir colonial en péril.  Nouvel Afrique-Asie  février 1997  

3. Camille Bauer, L'Humanité 12.03.05 
L'histoire mouvementée du "porte-avions" français 

4. Jean-Pierre Tuquoi, Le Monde 12.03.05
La Centrafrique élit son chef de l'Etat sur fond de marasme économique

5. FIDH 04.03.05
- Fin de la transition politique sur fond d'impunité - Quelle réponse apportera la CPI ?
- « Fin de la transition politique sur fond d'impunité - Quelle réponse apportera la Cour pénale internationale » Le rapport en format PDF. 

6.
Monique Mas, RFI 04.03.05
Selon la FIDH, «la fête démocratique n'aura pas lieu»

7. Le Canard Enchaîné 09.02 Le réseau France-Afrique.

8.
LDC 10.03.05
Pierre Mazeaud "constitutionnaliste" de Kabila Jr

9. LDC 10.03.05
Bozizé I, au 1er tour avec 53%?


 

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5 avril 2006 3 05 /04 /avril /2006 13:13

A quoi a servi le scrutin du 13 mars 2005 et quelles leçons peut-on déjà en tirer ?   

 

 Alors que le souffle des élections est presque retombé, celui de l’attente des résultats est à son paroxysme à cause des rumeurs et supputations de toutes sortes dont grouillent les états majors de certains candidats et aussi le pays. Sans préjuger des résultats officiels qui seront publiés par la CEMI et de ce qui adviendra par la suite, quelques leçons peuvent dores et déjà être tirées du scrutin du 13 mars en République centrafricaine.

1°/. La première est de dire que tous ceux des candidats qui croyaient qu’il suffirait de recourir à la médiation de Omar Bongo Ondimba et les accords de Libreville auxquels elle a donné lieu, d’écarter arbitrairement le président Ange Félix Patassé pourraient garantir la transparence et la crédibilité à ces élections en sont pour leur frais. Pleurer maintenant des agissements de la CEMI n'est pas très sérieux lorsqu'à Libreville on a tous accepté de lui confier la proclamation des résultats au détriment de la cour constitutionnelle de transition dont on a pas arrêter de dénoncer l'incompétence et la dévotion à Bozizé.

2°/. Le premier gagnant de ces élections est la fraude. Certains candidats et partis politiques ne vont aux élections que parce qu’ils comptent essentiellement sur la fraude pour gagner. L’éradication de celle-ci est dorénavant une condition sine qua non pour la tenue d’élections réellement fiables et crédibles dans le pays. Il faut donc mettre en place de vigoureuses mesures efficaces et prendre de sérieuses dispositions dissuasives à cet effet à l’encontre des fraudeurs de tout poil.

3°/. Les partis politiques n’ayant aucune implantation nationale de même que tous ceux dont on entend les noms pour la première fois dans le pays qu’au moment du dépôt de leur candidature devraient s’abstenir d’être candidat pour ne pas grossir inutilement le nombre des candidats à une élection en amusant la galerie.

4°/. Ainsi que tout semble l’indiquer, tout est en train d’être orchestré par le pouvoir en place, la CEMI et le général Lamine Cissé du BONUCA, tous à sa dévotion, pour que l’impopularité réelle sur le terrain du putschiste Bozizé ne soit pas traduite dans les urnes et que bien au contraire ce soit lui qui puisse s’autoproclamer une seconde fois vainqueur cette fois-ci dans les urnes pour la seule raison qu’il s’est surarmé et est prêt à faire la guerre.

Ceci étant, ceux qui se préparent déjà à contester les résultats ne pouvaient pas ne pas se douter que c’était malgré lui que Bozizé avait accepté l’organisation de ces élections. C’est très cruel d’être au pouvoir et d’organiser des élections pour les perdre. Bozizé l’a si bien compris qu’il a tiré leçon de l’expérience d’André Kolingba. Il entend conserver à tout prix le pouvoir qu’il a pris par coup d’état et tant pis pour ses naïfs alliés d’hier qui l’avaient aidé pour ce faire. Qu’ils veuillent contester les résultats maintenant ne change pas grand chose à la chose. Ils trouveront en face le dictateur sur lequel ils s’était fait des illusions.

En clair, ce sont des élections pour rien car à quoi cela sert-il d’organiser des élections pour ne pas en respecter les résultats ! On aurait pu faire l’économie de ces milliards engloutis inutilement dans une telle mascarade électorale et les utiliser pour la lutte contre la pauvreté et la misère dans le pays. Nous voilà revenus case départ. La prétendue transition consensuelle qui devrait prendre fin avec ces élections tend à déboucher plutôt sur une dictature musclée et non au retour à la légalité constitutionnelle. Bozizé s’apprête à mettre la main sur tous ceux qui oseront faire recours à la rue pour troubler l’ordre public. Des informations de sources dignes de foi font état de ce que ses hommes en civil mais armés surveillent déjà discrètement l’accès des ambassades à Bangui afin d’arrêter tous ceux qui tenteraient d’y trouver refuge. Voilà qui est clair.

Se pose donc la question de la responsabilité de ceux qui avaient pris sur eux de déstabiliser les institutions démocratique et républicaines en place avant le 15 mars 2003 et de les faire renverser. Ils ont introduit un loup dans la bergerie qu’ils ont à présent beaucoup de mal à extirper.

Centrafrique Presse le: March 18, 2005

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25 mars 2006 6 25 /03 /mars /2006 17:21

ENFIN MARTIN ZIGUELE SE PRONONCE SUR L'ETAT DU PAYS ET DU MLPC



 

Martin Ziguélé
Le Confident : M. Martin Ziguelé vous êtes ancien Premier ministre et candidat malheureux à la présidentielle de mars et mai 2005. Quelles sont les raisons qui vous ont conduit à quitter Bangui au lieu d'y rester pour animer la vie politique nationale et préparer les échéances électorales de 2010 ?
Martin Ziguele: Je voudrais tout d'abord vous féliciter pour le professionnalisme dont vous faites preuve en m'interviewant , car vous auriez pu préférer céder à la facilité ambiante en vous contentant de colporter des rumeurs et des ragots. Je vous remercie également pour cette occasion que vous m'offrez de m'exprimer et de m'adresser, à travers votre journal, à mes compatriotes.
Je réponds maintenant à votre question. Après le coup d'Etat du 15 mars 2003, je m'étais réfugié d'abord au BONUCA, puis ensuite à l'Ambassade de France à Bangui quelques jours plus tard. Je n'avais aucune intention de quitter la RCA. En effet, après douze années ininterrompues passées à l'étranger, je ne voulais plus repartir et j'attendais le retour à l'ordre et à une sécurité minimale après ces évènements pour sortir de l'Ambassade de France. Malheureusement, l'esprit de vengeance et d'inquisition développé contre moi m'a poussé à quitter mon pays contre mon gré et à demander l'asile politique à la France.
Donc depuis juin 2003, je vis en France avec ma famille, et ne pouvant rester les bras croisés, j'ai décidé de démarrer et de développer des activités de consultant international. A ce titre, j'avais pris des engagements auprès de partenaires qui m'ont fait confiance au moment où j'étais pratiquement infréquentable. Je me devais donc, après ces élections, d'honorer mes engagements et aujourd'hui c'est ce que je suis entrain de faire.
Cependant, mon objectif premier reste intangible: je dois rentrer le plus tôt possible en République centrafricaine , mon pays que j'adore, pour préparer l'avenir avec mon Parti, le MLPC, dans le cadre de l'Union des Forces Vives de la Nation, et dans la légalité. Et je m'y prépare activement.

LC. : Quelle est votre lecture de la crise qui secoue présentement le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) et fragilise l'Union des Forces Vives de la Nations (UFVN) ?
M.Z. : Dans toute famille, qu'elle soit biologique ou politique, des divergences de vue tactiques ou stratégiques peuvent apparaître. Le MLPC étant un grand parti, donc une grande famille, de tels évènements, malgré leurs nuisances indéniables, ne doivent pas surprendre outre mesure. L'essentiel est que le Parti, c'est-à-dire l'ensemble de nos militantes et militants sans exclusive, se ressaisisse à temps et ne se trompe ni d'adversaires ni d'objectifs : si le MLPC veut reconquérir par les urnes le pouvoir qu'il a perdu par les armes en 2003, ce n'est sûrement pas en nous auto- flagellant ni en pratiquant cette scissiparité absurde qui consiste à s'enfermer dans des valeurs refuges négatives.
Si nous voulons que la majorité des centrafricaines et de centrafricains nous accorde à nouveau leur confiance demain, alors il nous faut leur donner dès aujourd'hui des preuves d'humilité, de tolérance réciproque, d'ouverture d'esprit et d'acceptation de la critique et à l'autocritique : il nous faut rassembler le maximum possible de centrafricaines et de centrafricains autour des idéaux de progrès, de justice et de paix que nous devons promouvoir. Cela signifie concrètement que nous devons surpasser nos replis et nos égoïsmes pour nous donner les moyens de restructurer et de renforcer toutes les structures et tous les organes du Parti, dont j'ai personnellement constaté la pusillanimité dans beaucoup de régions du pays pendant la campagne électorale au cours de la quelle, comme vous le savez, j'ai parcouru la quasi-totalité du pays.
La crise actuelle du MLPC, avec les excommunications réciproques, les « nominations » et cooptations des dirigeants, ainsi que les sanctions croisées , avec un grand renfort publicitaire par médias interposées, est clairement identifiable comme une crise de légitimité de son leadership, et au-delà , également comme une crise d'identité.
Nos militantes et militants sont toujours massivement attachés au Parti. C'est un acquis important qui permettra de mettre en œuvre la seule solution viable qui , d'après moi, consiste en la restructuration et en la revitalisation nécessaires des organes du Parti. Les dirigeants des différents organes restructurés et/ou renouvelés démocratiquement, auront la légitimité nécessaire pour envoyer au prochain congrès des délégués eux-mêmes légitimes ou légitimés, afin de mettre en place les structures faîtières et leurs animateurs de ce fait légitimes ou re-légitimés. Et forts de cette légitimité, ils seront à même , conformément aux dispositions statutaires, et dans le respect scrupuleux des devoirs de critique et de l'autocritique, et du principe du centralisme démocratique, d'imprimer au Parti un nouveau départ, plus fort et plus uni. Le statu quo est un soutien objectif aux adversaires du MLPC comme force politique devant et pouvant constituer une alternative crédible.

L.C. : Êtes–vous optimiste quant à l'avenir de ce parti politique ?
M.Z. : Je suis optimiste quand je vois la détermination des militantes et militants du MLPC, des jeunes du MLJC et des femmes de l'OLFC à maintenir le Parti uni et fort. Mais comme je le sais d'expérience, la situation actuelle arrange les adversaires du MLPC qui souhaitent que cette situation perdure et que le Parti s'affaiblisse davantage.
C'est pour cela que je profite de vos colonnes pour demander à toutes et à tous mes camarades de rester unis dans le Parti, et à tous ceux qui ont de la sympathie pour nous de nous aider à surmonter ce cap difficile. En ma qualité de membre du Conseil Politique National du MLPC, mais surtout en ma qualité de simple militant ayant accepté de représenter le Parti aux dernières élections présidentielles dans des conditions difficiles, j'interpelle tous les membres du Bureau Politique et du CPN du MLPC de ne pas trahir le Parti, et de penser à tous nos camarades qui sont tombés depuis 1979, 1982, 1996/ 1997 et 2001/2003 et encore aujourd'hui. Sauver le Parti , c'est accepter de nous retrouver au Congrès pour tracer les voies du futur et repartir sur des bases solides.
Dans l'intérêt de la démocratie centrafricaine, il faut que le MLPC reste uni, efficace et grand. Aucun démocrate digne de ce nom ne doit accepter que les partis politiques , animateurs de la démocratie pluraliste, perdent de leur substance , surtout dans un pays comme le nôtre où l'autoritarisme politique est une seconde nature de nos dirigeants. Il y va de l'avenir de la démocratie dans notre pays et de la vie de nos compatriotes. Et à cela, tous mes camarades militantes et militants du MLPC et de l'UFVN doivent tenir.

L.C.: Seriez-vous candidat à la prochaine présidence du MLPC ?
M.Z. Je suis militant du MLPC depuis 1979, donc depuis l'âge de 22 ans.. Aujourd'hui j'ai presque 49 ans, cela veut dire que j'ai totalisé 27 ans de vie militante au MLPC sans discontinuité, sans trahison ni transhumance. Je suis membre du Conseil Politique National du Parti, j'ai accepté dans des conditions difficiles d'être Premier Ministre MLPC avec la bénédiction et le soutien exprimé par communiqué du Bureau Politique du Parti. J'ai participé aux dernières élections comme candidat de précaution désigné par le Parti lors de primaires ouvertes à d'autres camarades prétendants. J'ai donc toujours répondu présent quand le Parti a besoin de moi . Il découle de tout ce qui précède qu'hier comme aujourd'hui, je suis à la disposition du Parti.
Je suis un homme de devoir, et je ne recule ni devant le devoir ni devant l'adversité, et je crois en avoir fait la preuve lors de ces élections . Je prends mes responsabilités en toutes circonstances, en harmonie avec le Parti et conformément aux dispositions statutaires du Parti. Et pour moi l'urgence aujourd'hui c'est d' aider mon Parti à s'affirmer comme une force de propositions et comme une alternative politique crédible pour notre pays. Le MLPC aujourd'hui a pour devoir de combattre les injustices et la misère dont nos compatriotes sont victimes chaque jour en RCA,. Les derniers événements qui ont eu lieu en début de cette année nous interpellent , car ils sont anti-républicains , graves et inquiétants. Nous assistons à une dégradation vertigineuse de la situation des droits de l'homme en RCA , sans parler des conditions de vie de nos compatriotes. Voilà les urgences pour le MLPC, parti d'avant-garde et parti de masse.

L.C. : Depuis la dernière élection, avez-vous rencontré l'ancien Président Patassé et aussi Jean-Jacques Demafouth ?
M.Z. : Non

L.C.: La République Centrafricaine connaît depuis la transition jusqu'à ce jour de graves difficultés financières malgré les aides extérieures et organisation de l'opération recensement - paiement. Comment peut - on y remédier ?
M.Z. La question devrait être posée au candidat BOZIZE qui avait fait des promesses en matière de redressement économique et financier pendant la campagne électorale. C'est maintenant qu'il doit réaliser ce qu'il a promettait urbi et orbi, et les centrafricains doivent l'interpeller là-dessus. En ce qui me concerne , des camarades du MLPC et de l'UFVN et moi-même menons actuellement des réflexions autour d'un projet de société cohérent et viable afin de relever les grands défis qui nous attendent, le jour où les centrafricains nous feront confiance par les urnes.
Comme je suis démocrate et républicain, je répondrai quand même à votre question : dans le cas de la RCA, le ver est dans le fruit et il faut remonter aux causes du mal. Quand le 15 mars 2003 les hommes en armes du Général BOZIZE sont entrés dans Bangui, c'était l'aboutissement d'une rébellion qui a détruit, pillé et saccagé l'arrière-pays. Ils avaient pillé et/ou tout détruit à leur passage. L'arrière-pays est revenu à l'économie de troc et s'est démonétisé. Des quelques centaines de sociétés qui payaient des taxes à l'Etat, il n'en reste plus que deux dizaines.
Comment peut-on, dans ces conditions réaliser d'importantes rentrées fiscales ? Plus grave, depuis ce qui a été appelé le «sursaut patriotique», d'importantes aides financières ont été accordées à l'Etat centrafricain tantôt par la CEMAC , la BEAC, la France , la Chine et j'en passe, mais son impécuniosité s'aggrave plutôt. Alors, je me pose des questions surtout lorsque je me rappelle que lorsque j'étais Chef de Gouvernement je n'ai reçu aucune aide extérieure, mais nous arrivions malgré tout à payer les fonctionnaires au plus tard tous les 45 jours.
Quant au « contrôle-paiement », mêmes si les intention s tétaient bonnes, force est de constater que c'est de la poudre aux yeux : les ministères où les plus importantes fraudes aux salaires ont été détectées sont épargnées de toutes sanctions, et des fraudeurs bien nés et haut placés sont épargnés mais leurs collègues sanctionnés. Deux poids, deux mesures, et beaucoup de bruit pour rien.

L.C. : L'insécurité et les violations des droits de l'Homme démotivent les investisseurs et partenaires au développement de la République Centrafricaine. Comment peut-on éradiquer ces deux maux qui bloquent le développement de ce pays ?
M.Z. : Je me souviens des déclarations du Président BOZIZE qui affirmait encore récemment que la sécurité est revenue à 100% à Bangui et à 80% à l'intérieur du pays. Aurait-on donc envoyé des contingents de la FOMUC, des FACA et de la France pour combattre une insécurité qui n'existe pas ou qui est résiduelle ?
Tout le monde sait que l'insécurité qui règne dans le pays est le fait des bandes armées issues des rangs des anciens compagnons du Général BOZIZE, puisque les coupeurs de route qui sont apparus dans notre pays depuis les années 1980 n'ont jamais eu une telle capacité de nuisance. C'est au Général d'armée BOZIZE que revient à plus d'un titre le devoir de ramener la paix et la sérénité sur tout le territoire et en particulier dans les régions Nord, Nord-Ouest et Nord-Est du pays. Les violations quotidiennes des Droits de l'Homme sont aussi le fait des actes de sa garde personnelle à laquelle il doit rappeler les principes d'une force armée républicaine. Tout comme il doit cesser de laisser impunis tous les crimes crapuleux qui ont lieu de manière permanente.

L.C. : Des bandes armées à l'instar de l'UFR demandent la démission du président Bozize. Qu'en pensez-vous ?
M.Z. Je suis démocrate et républicain , et respectueux de la légalité : je l'ai suffisamment prouvé me semble- t'il. Vous savez également que je suis militant du MLPC qui est un parti légalement reconnu en RCA , qui a pignon sur rue, et que j'ai représenté aux dernières élections présidentielles.

L.C. : En votre qualité d'ancien Premier ministre approuvez-vous la démarche du Président Bozizé qui veut légiférer par ordonnances ?
M.Z. Fallait-il dépenser des milliards dans un pays exsangue comme la RCA pour organiser des élections législatives et six mois plus tard renvoyer l'Assemblée Nationale en congés et permettre au Chef de l'Exécutif de légiférer par ordonnances ? Cela est une régression constitutionnelle inacceptable qui rappelle que ce pouvoir est toujours imprégné de la culture des pouvoirs d'exception, car on ne peut pas dire qu'on est en démocratie et dans le même temps gouverner par ordonnances en temps de paix. C'est antinomique.
Je félicite les Députés MLPC et de l'UFVN qui se sont farouchement opposés au vote de ce texte. De deux choses, l'une : soit nous sommes en démocratie et les lois doivent être votées à l'Assemblée Nationale, soit nous sommes dans une dictature et dans ce cas il ne fallait pas distraire nos maigres ressources pour organiser des élections dont sont issues des institutions que le pouvoir vide aussitôt de sa substance. Je crains que nous soyons en train de glisser vers une dictature qui ne dit pas son nom, une dictature grise. Le peuple centrafricain acceptera -t'il cela ?

L.C. : Avez-vous des contacts avec le président Bozize ?
M.Z. Non , aucun contact.

L.C. : A quand votre retour à Bangui ?
M.Z. Je vais rentrer très bientôt au pays. Je profite de cette occasion que vous m'accorder pour appeler tous mes compatriotes des quartiers Nord de Bangui à l'apaisement afin d'éviter de tomber dans l'irréparable. Je les exhorte de toutes mes forces à continuer à cultiver l'amour, la paix et l'unité, vertus sans lesquelles notre cher et beau pays ne retrouvera jamais le chemin du développement. Pour terminer je souhaite à tous mes compatriotes sans exception, aux militantes et militants du MLPC et de l'UFVN une bonne et heureuse année 2006 pleine d'espoir pour l'avenir de notre patrie, la République Centrafricaine. Bonne et Heureuse Année 2006 ! Nzapa a bata é koué na ya ti fini ngou so !
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Published by BOMONGO Lucé Raymond - dans ELECTIONS CENTRAFRICAINES 2010
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