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(La Griffe du 13 au 19 août 2007) Dans la nuit du jeudi 9 août dernier, les combattants du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) ont mené deux attaques à Agadez et Tchirozérine. Ces attaques – qui ont fait deux morts et de nombreux dégâts matériels – interviennent, quelques jours seulement, après l’annonce par le Président de la République et les Chefs traditionnels de la région d’Agadez de l’implication du guide libyen dans la recherche d’une solution pacifique au conflit armé qui secoue le Nord du Niger. C’était au cours d’une rencontre avec les responsables du Mouvement citoyen pour la paix et la démocratie (MCPD) que le Président Tandja a informé les Nigériens du fait que le guide libyen Mouammar Kadhafi s’est impliqué, en sa qualité de haut médiateur de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD), dans la recherche d’une solution pacifique au conflit armé du Nord Niger. « J’ai demandé à mon ami Kadhafi, qui est en même temps haut médiateur de la CEN-SAD, de s’impliquer dans la résolution de ce problème. Il m’a rassuré qu’il fera de son mieux pour que cette insécurité qui prévaut dans le Nord de notre pays trouve une solution rapide », a déclaré en substance le Président Tandja Mamadou. Qui a dit attendre une première retombée de cette « médiation » libyenne et qu’il allait même l’annoncer aux Nigériens dans son message à la nation, sage dans notre pays ; il préserveral’intégrité de notre territoire ;il combattra sans faiblesse ceux qui ont décidé de prendre les armes dans ce pays où la démocratie est une réalité tangible et où des mécanismes pour un dialoguefranc et ouvert ont donné la preuve de leur efficacité », avait martelé le Président Tandja. Ce n’est que le 3 août, au soir, qu’on a appris le retour d’une délégation des chefs traditionnels et des députés de la région d’Agadez qui s’étaient rendus en Libye pour demander une autre implication du guide libyen. Le porte-parole de cette délégation, le député Brigi Rafini avait déclaré, sur les ondesdes médias d’Etat, que les autorités libyennes sont très avancéesdans les négociations avec les responsables du MNJ.Dans la foulée, le parlementaireavait même annoncé la libération, par le MNJ, de six (6) autres otages militaires. En écoutant le députéBrigi Rafini, nombreux étaien les Nigériens qui avaient commencé à nourrir l’espoir quant à un retour imminent au calme dans la partie Nord du Niger devenue depuis quelques mois infréquentable,en raison des attaques et des mines anti-personnels et anti-charsqui peuvent sauter à tout moment.Mais avec les dernières attaquesqui ont visé le dépôt de la Sociéténigérienne des produits pétroliers (SONIDEP) d’Agadez et la Société nigérienne de charbon(SONICHAR) de Tchirozérine,nombreux sont les observateurs qui s’accordent à dire que le retour de la paix dans la région d’Agadez n’est pas pour demain.Ils sont encore plus nombreux qui se demandent à quoi a finalement abouti la « médiation » de Kadhafi annoncée à grande pompe par lePrésident de la République, les chefs traditionnels et les députés de la région d’Agadez. De deux choses l’une : ou le guide libyen ne s’est pas réellement impliqué dans la recherche d’une solution à l’insécurité dans le Nord du Niger,ou alors il a laissé le MNJ agir pour démentir tous ceux qui l’accusent d’être un parrain de ce mouvement armé.Quand les actes du MNJ démentent son discours… L’une des revendications du Mouvement des Nigériens pour la justiceest le « désenclavement » de la région d’Agadez.C’est sans doute cette revendication qui explique le semblant de sympathie que manifeste une partie de la population d’Agadez à ce mouvement. Mais il reste qu’à travers les actes qu’il pose, le MNJ veut plutôt isoler davantage la région d’Agadez. Sinon comment comprendre les dernières attaques qui ont visé la SONICHAR et la SONIDEP qui ravitaillent une grande partie de la région en électricité et en carburant ? Comment surtout comprendre cette utilisation abusive des mines anti-personnels et anti-chars qui ont fait qu’aujourd’hui tous les projets qui interviennent dans la région d’Agadez ont réduit leurs interventions, s’ils n’ont pas carrément plié bagages ? Ces actes et bien d’autres autorisent à croire ceux qui considèrent le MNJ comme un mouvement à la solde des intérêts étrangers et dont la mission consiste simplement à entretenir un climat de terreur dans la région d’Agadez pour empêcher au Niger d’exploiter ses importantes ressources pétrolières et uranifères. Un défi pour l’armée nigérienne Avant celles du jeudi dernier, le MNJ avait déjà mené deux autres attaques à Agadez et à Tchirozérine, le 17 juillet et le 4 août derniers. En menant des attaques dans les centres urbains, le MNJ vise un double objectif : premièrement, il veut démoraliser les centaines de militaires déployés aux pieds des montagnes et, deuxièmement, faire un grand coup médiatique, en faisant croire qu’il peut frapper partout et à tout moment. Il est vrai que selon certains analystes, les combattants du MNJ qui ont attaqué Agadez et Tchirozérine ne sont pas descendus des montagnes, mais résident déjà dans la ville d’Agadez. Cependant, beaucoup d’observateurs se demandent comment des combattants du MNJ parviennent à mener des attaques dans les villes d’Agadez et de Tchirozérine et réussissent à s’échapper sans difficulté, dans une zone où l’armée a renforcé sa présence depuis le déclenchement des attaques armées du MNJ. Kané Illa à l’occasion de l’anniversaire de l’accession du Niger à l’indépendance. N’ayant sans doute eu aucune réaction de Tripoli, le N°1 nigérien a livré un message, le 2 août, dont le contenu a sonné comme une véritable déclaration de guerre à l’endroit du MNJ. « Notre pays, qui se trouve déjà confronté à d’autres défis importants, n’aspire qu’à vivre dans la paix et la quiétude. Pour ce faire, l’Etat, comme il l’a toujours fait, assumera ses responsabilités et toutes ses responsabilités. Il garantira la sécurité à tous les Nigériens, à tous les ressortissants étrangers exerçant ou de pas-
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