Ces derniers temps, les banguissois ont constaté la circulation dans les rues de Bangui de quelques dizaines d'hommes en tenues militaires. Cette présence suscite diverses interrogations pour cette population qui a fait corps avec les éléments des FACA, la FOMUC et les troupes françaises.
Selon les dernières informations à notre possession, il s'agit des troupes sud africaines, composées essentiellement des instructeurs. Leur mission à Bangui consiste à former les éléments des FACA, de la police et à la reconstruction du Camp militaire de Bouar. De sources proches de la hiérarchie militaire, les éléments sud africains sont logés aux 14 villas, derrière le ministère des Affaires Etrangères.
Il est prévu initialement qu'elles devraient se baser à Bouar pour mieux remplir leur mission. Le camp militaire de Bouar a été réhabilité par les Eléments Français d'Assistance Opérationnelle (EFAO). Suite aux évènements successifs qui ont eu lieu dans le pays, le camp a été pillé, les fils électriques arrachés, les lavabos enlevés, les battants des portes et fenêtres emportés. Avec le retour à l'ordre constitutionnel en 2005, la nécessité de trouver des casernes pour abriter les éléments des forces de défense et de sécurité puis les former s'est fait sentir. Ainsi les autorités centrafricaines en partenariat avec le ministère sud africain de la défense ont décidé d'une assistance dans le cadre de la restructuration de forces armées centrafricaines.
Cependant, la présence sud africaine suscite des interrogations au sein de l'opinion publique.
Pour beaucoup de compatriotes, les dirigeants centrafricains seraient en train de promouvoir le mercenariat en Centrafrique car dans ce domaine, les Sud-africains sont excellents. Pour d'autres, le régime de Bangui qui a perdu la confiance du suzerain tchadien recherche d'autres protections et à ce titre, tous les moyens sont bons.
Avec l'ancienne puissance colonisatrice, la coopération militaire semble-t-il s'est refroidie depuis l'assassinat de la volontaire du MSF Elsa Serfass et l'affaire Total qui est encore pendant. C'est dans ce cadre que le général président a choisi de diversifier sa coopération militaire avec l'Ouganda, l 'Afrique du Sud… pour la protection de son régime.
De sources proches du Palais de la Renaissance, l'objectif du pouvoir, c'est d'accélérer le processus de la restructuration de l'armée, en diversifiant le cadre du partenariat. Ces mêmes sources précisent que le gouvernement veut ainsi promouvoir la coopération sud sud et profiter de l'expérience Sud africaine. A voir!