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BANGUI PLACEE SOUS HAUTE SURVEILLANCE POLICIERE

Bangui placée sous haute surveillance policière
(APA 26/09/2007)


APA Bangui (Centrafrique) Bangui, la capitale centrafricaine, est placée depuis la semaine dernière sous haute surveillance policière, pour prévenir d’éventuels troubles sociaux dans la ville, qui pourraient porter atteinte à l’ordre public, a constaté APA sur place.

Des éléments de la police et de la gendarmerie nationale ont été déployés au niveau des ronds points de la capitale, suite au mouvement d’humeur des étudiants de l’université de Bangui qui ont barricadé les rues pour réclamer la reprise des cours, gelés depuis près de deux mois à cause de la grève des enseignants du supérieur qui revendiquent le paiement de leurs primes de vacation et de mémoires évalués à 400 millions de FCFA.

La présence policière a été renforcée lundi dernier à la suite de la reconduction pour 10 jours de la grève de l’Union syndicale des travailleurs de Centrafrique (USTC) et l’entrée en grève de la Coordination nationale des travailleurs de Centrafrique (CNTC) qui réclament du gouvernement le paiement de huit mois d’arriérés de salaires représentant 27 milliards de FCFA.

Si les autorités justifient la forte présence policière à Bangui par la prévention des troubles à l’ordre public, la population et les organisations de défense des droits de l’homme estiment, pour leur part, qu’il s’agit là d’une atteinte aux manifestations individuelles et collectives prévues par la constitution centrafricaine.

«La présence quasi permanente des forces de l’ordre dans la ville constitue non seulement une atteinte à la liberté d’aller et venir des citoyens mais aussi une violation des dispositions de la constitution qui autorise les manifestations individuelles et collectives», a confié mercredi à APA, Anne Marie Théouti, membre d’une organisation nationale de défense des droits de l’homme.

Selon Mme Théouti, la résolution des problèmes dans une société ne passe pas par des menaces et les intimidations policières mais par une réelle volonté de dialogue afin d’aboutir à une solution consensuelle.

Alphonse Mokola, un instituteur à la retraite qui a ouvert un petit commerce à Bangui, partage le même point de vue, qui a dénoncé cette démonstration de force du pouvoir qui n’est pas sans rappeler une époque aujourd’hui révolue, celle des dictatures en Centrafrique.

«Les multiples mouvements des véhicules des forces de l’ordre ainsi que la présence massive de ces dernières au niveau des carrefours nous rappelle l’époque des précédents régimes qui croyaient à tort résoudre les problèmes sociaux par la force», a-t-il dit. . Bokassa, Kolingba et Patassé n’hésitaient pas à recourir à la force pour réprimer les manifestations des travailleurs ou des étudiants.


JLG/lmm APA
26-09-2007

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