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(Xinhuanet 12/04/2006) ( 12/04/2006) Les autorités tchadiennes ont affirmé mercredi avoir mis un coup d'arrêt à l'offensive des rebelles du Front uni pour le changement (Fuc), qui s'étaient rapprochés mardi à moins de 400 km de la capitale N'Djamena en prenant le contrôle de la ville de Mongo. Au lendemain de trois jours d'attaques menées par la rébellion en plusieurs points de l'est et du centre du pays, le ministre de la Défense a annoncé que les troupes fidèles au président Idriss Deby Itno avaient repris le contrôle de Mongo et dispersé les colonnes du Fuc dans la région. "La ville de Mongo est sous contrôle de l'armée tchadienne depuis 19h00 (18h00 GMT) hier (mardi) soir", a déclaré Bichara Issa Djadallah. "Des hélicoptères de l'armée ont attaqué les positions des rebelles dans la région de Bitkine (60 km à l'ouest de Mongo). Les rebelles se sont dispersés dans la région et, depuis ce matin, l'armée tchadienne les poursuit", a ajouté le ministre de la Défense. "La situation est sous contrôle", a insisté Bichara Issa Djadallah. "Le plan des rebelles est suicidaire, ils sont encerclés de partout", a-t-il commenté. Interrogé par l'AFP depuis Libreville par téléphone satellitaire, un porte-parole du Fuc a catégoriquement démenti ces informations. "Mongo n'a pas été reprise par l'armée tchadienne, c'est complètement faux", a déclaré Abdoulaye Abdelkerim, membre du bureau exécutif du Fuc. "Un hélicoptère de l'armée tchadienne a bien bombardé hier (mardi) soir la ville mais une partie de nos forces se trouve toujours actuellement à Mongo", a poursuivi le porte-parole des rebelles. "Nos forces n'ont pas été dispersées", a poursuivi Abdoulaye Abdelkerim, se refusant à préciser leurs positions. "Nous sommes plus près de N'Djamena qu'hier", s'est-il contenté d'ajouter. Mardi à la mi-journée, plusieurs centaines de rebelles du Fuc se sont emparés sans résistance de Mongo, avant de poursuivre leur offensive vers le nord en direction d'Ati, située sur la route qui relie la capitale tchadienne à Abéché, 700 km à l'est. Selon le ministre de la Défense, les rebelles n'ont pas réussi à atteindre la ville d'Ati, à une centaine de kilomètres au nord de Mongo. La situation était calme mercredi matin dans les rues de N'Djamena, où aucun mouvement particulier de militaires ou de forces de l'ordre n'était visible. Toutefois, le lycée français de N'Djamena, qui accueille 430 élèves, a été fermé dans la matinée "étant donné l'accélération des événements", selon une source proche de l'ambassade de France, qui a précisé que le Centre culturel français et l'ambassade restaient ouverts normalement. A Paris, une source militaire française a indiqué mercredi que l'état-major était "préoccupé" par l'avancée des rebelles mais que les forces françaises présentes au Tchad, qui comptent 1.200 soldats soutenus par 6 avions de chasse de type Mirage F1, se limitaient à un "soutien de renseignement" au gouvernement de N'Djamena. Le ministre tchadien de la Défense a confirmé mercredi que d'importants effectifs venus du sud du pays et de la région du lac Tchad (ouest) notamment avaient été dépêchés en renfort à N'Djamena et sur les différents fronts ouverts par les rebelles depuis trois jours. Dimanche, les hommes du Fuc avaient pris le contrôle de la garnison d'Haraz Manguegne (sud-est), près de la frontière centrafricaine, et lundi la localité de Koukou (est), à 50 km au sud-est de la ville de Goz Beïda, à moins d'une centaine de kilomètres de la frontière soudanaise. Ces événements interviennent à moins de trois semaines de l'élection présidentielle du 3 mai, dont le président Deby, au pouvoir depuis 1990, est le grandissime favori en l'absence de candidat de l'opposition. © Copyright Xinhuanet |