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La France se débat pour tenter d’empêcher la prise du pouvoir à N’Djamena par un groupe de rebelles qui ont mené une offensive jusqu’aux portes de la capitale. À l’Élysée, au Quai d’Orsay et au ministère de la Défense, c’est le branle-bas de combat. Comment faire pour éviter la prise du pouvoir au Tchad, bastion du pré carré français en Afrique, par un groupe de rebelles ? Mercredi, alors que cette rébellion des Forces unies pour le changement et la démocratie (FUC) étaient aux abords de la capitale, N’Djamena, et assuraient contrôler 80 % du territoire tchadien, une réunion interministérielle de haut niveau a été convoquée à l’Élysée, pour « faire le point sur la situation ». Selon l’Agence France Presse, le président français, qui entretient des relations amicales avec son homologue tchadien, Idriss Deby, a consulté des chefs d’États africains, parmi lesquels le Congolais Denis Sassous Nguesso, actuel président de l’Union africaine. Parmi les options envisagées, Jacques Chirac aurait notamment conseillé à Deby une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU « pour rappeler le refus des coups de force ». Par ailleurs, alors que le Tchad a réitéré hier, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, ses accusations contre le Soudan voisin, soupçonné d’être derrière le FUC, Paris chercherait également à recueillir les preuves d’une éventuelle « intervention extérieure ». Un engagement direct pas exclu Au niveau militaire, la France dispose de 1 200 hommes sur place, équipés d’au moins six chasseurs mirages et d’avions de transport. Par ailleurs, environ une dizaine de conseillers militaires travaillent directement auprès de l’armée tchadienne. Ce dispositif a été renforcé mercredi par l’envoi d’une compagnie de 150 hommes basée au Gabon. Jusqu’à présent, « les forces françaises ne sont pas impliquées dans les combats, mais sont là pour du soutien logistique et du renseignement », affirme-t-on du côté de l’Élysée. Ces forces doivent également se tenir prêtes à évacuer les 1 500 ressortissants français, ainsi que les autres étrangers. Un engagement plus direct n’est pourtant pas exclu. Le porte-parole du ministère de la Défense a confirmé hier qu’un Mirage a tiré « un coup de semonce mercredi matin à l’est de la capitale dans la zone où la colonne de rebelles tchadiens faisait route vers la capitale ». Par ailleurs, Loana Gong, représentant en France du FUC a affirmé hier que « l’armée française intervient militairement avec des avions » dans l’est du pays, notamment près d’Adré où il y a eu en matinée des combats entre rebelles et forces gouvernementales. Le ministère français de la Défense a démenti cette information, mais a reconnu « un vol de reconnaissance ». Il était difficile de savoir hier ce qui se passait réellement à l’est du pays, mais il semblerait que des avions aient bien survolé la zone et peut-être tiré. Une constitution trafiquée Paris explique par la crainte du chaos sa volonté de sauver Deby. Elle pourrait peut-être s’interroger pour savoir si son soutien indéfectible à un président délégitimé, arrivé au pouvoir par un coup d’État, élu à deux reprises dans des conditions douteuses et qui s’apprêtait à briguer un troisième mandat après avoir pour cela trafiqué la constitution, n’est pas au contraire une des causes du désastre actuel. Camille Bauer © Copyright L'Humanite |