| L'arrestation fait grand bruit à Brazza. Le 10 avril, les Congolais apprenaient, médusés, l'incarcération de Christian Mounzéo et d'un complice à la maison d'arrêt de Brazzaville, dans une affaire de détournements de fonds. Réputé l'un des plus courageux activistes congolais des droits de l’Homme, ce militant avait été suspendu en décembre dernier de ses fonctions de président de l’association Rencontre pour la paix et les droits de l'homme (RPDH), créée il y a deux ans. Le bureau exécutif de cette organisation l'accuse d'avoir détourné plus de 3 millions de Fcfa (près de 4 600 €) des financements accordés par l'Ong britannique Global Witness. Des fonds censés financer la campagne de la Coalition "Publiez ce que vous payez"… dont l'objectif est l'exigence de transparence dans le traitement des questions liées aux industries extractives dans le golfe de Guinée. Le cas Mounzéo est loin d'être isolé. En 2005, Yvan Kibangou, président du Conseil national des électeurs du Congo, ex-Ligue congolaise pour le système électoral (Licose), a dû se réfugier en catastrophe à Pointe-Noire, à 510 km à l'ouest de Brazza, pour échapper aux différents bailleurs de fonds, notamment l'ambassade américaine et l’Institut suédois Vie et Paix. "J’ai tout fait pour qu’il revienne à Brazzaville. Un de ses donateurs, qui voulait le faire arrêter, exerçait une forte pression sur moi. Uniquement parce que je travaillais avec lui", confie, sous le strict anonymat, un de ses anciens collaborateurs.
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